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mercredi 21 novembre 2007

RÉGION MÉTROPOLITAINE / Un plan de sécurité pour les prochains six mois

Par Alix Laroche
alixlaroche@lematinhaiti.com
Pour contrer la recrudescence des actes de banditisme dans la zone métropolitaine, les autorités annoncent l’élaboration d’un plan de sécurité. Hier, mardi 20 novembre, une réunion s’est tenue au bureau de la Délégation du département de l’Ouest entre les autorités policières haïtiennes, la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) et quelques maires de la zone métropolitaine. Il s’agissait d’une rencontre de travail au cours de laquelle le directeur départemental de l’Ouest de la Police nationale, Stanley Jean Brice, a présenté aux maires de la région métropolitaine un plan de sécurité pour les prochains 6 mois et, surtout, pour les fêtes de fin d’année. Cependant, les axes stratégiques de ce plan de sécurité n’ont pas été communiqués à la presse « pour des raisons d’État », à en croire le délégué de l’Ouest, Michel Bernadin qui a cependant indiqué que les points débattus à la rencontre ont mis particulièrement l’accent sur la nécessité de renforcer le système sécuritaire qui accuse des défaillances ces derniers jours.

« Avec l’implication immédiate de la Minustah, la Police nationale d’Haïti (PNH) va passer des actions pompiers à l’intensification de ses préventions », a souligné Michel Bernadin qui a annoncé, le déploiement officiel, d’ici quelques jours, de la Brigade d’intervention motorisée (Bim). Les membres de ce nouveau corps, mieux équipés que ceux de la dernière promotion de la PNH, assureront des patrouilles dans des zones établies et seront aidés par des policiers en civil.
En plus de ce plan, la Direction départementale de la police de l’Ouest est en train de travailler, de concert avec les commissariats et les municipalités de la région métropolitaine, sur un programme d’apaisement social pour les festivités de fin d’année.
Au menu de ce programme, des centres de cantines communautaires seront installés ici et là dans les communes, a fait savoir le délégué de l’Ouest.
De l’avis du maire de Carrefour, Yvon Jérôme, « la réunion était importante dans la mesure où elle a permis aux autorités de voir la nécessité pour l’État de se responsabiliser envers les citoyens ». M. Jérôme a dit croire que le gouvernement peut éradiquer l’insécurité dans le pays s’il résout l’équation suivante : « Volonté + moyens = résultat ».Par ailleurs, la Police nationale a déjoué, lundi, une tentative de kidnapping. La victime, un homme d’affaires, enlevée au Bel-Air et conduite au bas de Delmas (Carrefour de l’Aviation) a été libérée et les ravisseurs arrêtés, a souligné un commissaire de police.
Mercredi 21 novembre 2007
http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=9668

UNICEF / JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT / Plus de 50% des enfants haïtiens considérés comme pauvres ou très pauvres

Par Jean Panel Fanfan
fanfanjeanpanel@yahoo.fr
Dans le cadre de la commémoration du 18e anniversaire de la Journée internationale des droits de l’enfant, l’Unicef a organisé, hier mardi, une conférence-débat à la faculté des Sciences humaines (Fasch) sur « l’adoption et les droits de l’enfant ». Des institutions nationales, dont l’Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), ont été associées à cette initiative, Marie-Josée Audet, consultante pour la protection de l’enfant à l’Unicef, a rappelé qu’Haïti a ratifié, en 1994, la Convention relative aux droits de l’enfant. « Donc, elle accepte d’honorer les obligations stipulées dans la Convention ; s’engager à défendre les droits de l’enfant ; mettre en œuvre des mesures et des politiques qui tiennent compte de l’intérêt supérieur de l’enfant », a souligné Mme Audet.

«Les droits reconnus par la Convention sont inhérents à la dignité humaine et au développement harmonieux de chaque enfant », a-t-elle poursuivi, précisant que la mission de l’Unicef est de défendre les droits des enfants et d’aider à répondre à leurs besoins essentiels. « Par institution, on entend des établissements résidentiels qui accueillent les enfants avec un personnel d’encadrement rémunéré », a expliqué plus loin Marie-Josée Audet, avançant le chiffre de deux millions d’enfants placés dans les foyers à travers le monde. « En Haïti, quand on parle d’institution, on parle de maisons d’enfants et cela inclut les crèches », a-t-elle précisé.
De son côté, Magarett V. Lubin, responsable de la section « Protection de l’enfant » à Save the Children a estimé que « dans les foyers d’accueil, il faut qu’il y ait une politique de protection de l’enfant, laquelle doit être écrite dans une langue apte à être comprise par l’enfant et le personnel ». Magarett V. Lubin a indiqué par ailleurs que «avec l’aide de l’Unicef, l’organisation Save the Children a un projet dans seize foyers d’accueil, intitulé Atteindre les standards dans les organisations de protection de l’enfant, à travers la formation, un manuel de soin et l’élaboration d’un code de conduite ».
L’adoption internationale en Haïti

Selon un document de l’Unicef, la population d’Haïti était estimée en 2002 à 8,2 millions de personnes, dont 47 % âgées de moins de 18 ans et 12 % de moins de 5 ans. Plus de 50 % des enfants sont considérés comme pauvres ou très pauvres. Ce qui favorise l’adoption.Selon le décret du 4 avril 1974, l’adoptant peut être célibataire ou marié et doit avoir plus de 35 ans. Un minimum d’âge de 19 ans est exigé entre l’adoptant et l’adopté, sauf en cas de l’adoption de l’enfant du conjoint. L’adopté doit être âgé de moins de 16 ans, et l’adoption doit être fondée sur de justes motifs en présentant des avantages certains pour l’adopté.
Les grandes lignes de l’adoption sont : le consentement devant le juge de paix ; la constitution du dossier de l’enfant et des adoptants et son dépôt auprès de l’IBSER pour approbation ; l’homologation de l’adoption par le doyen du tribunal civil compétent et l’enregistrement du jugement d’homologation dans les registres de l’État civil.
Mercredi 21 novembre 2007

http://www.lematinhaiti.com/PageArticle.asp?ArticleID=9674

Folle et libre escale du livre à Jérémie

Par Mèrès Weche
Issu de « Livres en Folie », une activité de promotion littéraire plutôt fixe, bien que sujette à des innovation d'année en année, « Livres en Liberté » se veut une démarche dynamique de mise en plein vent de l'écriture en Haïti. Partie de la bibliothèque Georges Castera du Limbé, cette heureuse initiative de Clément Benoît II s'est déjà déployée au Cap-Haïtien, aux Cayes, à Aquin et à Jacmel, pour cette fois-ci gagner Jérémie, la cité fétiche de la poésie haïtienne.
Dénué de tout sentiment régionaliste et de tout esprit clanique, l'initiateur de « Livres en Liberté » veut, par ce concept, concilier les contraires, bannir l'ostracisme et surtout rapprocher les entités écartées, que dis-je, écartelées de la créativité littéraire nationale.Tout en facilitant la libre circulation du livre à travers tout le pays, « Livres en Liberté » se garde d'encourager la médiocrité, car son répertoire, non exhautif, compte de nombreux écrivains dont la réputation n'est plus à faire tels que Jean-Claude Fignolé, Ernest Bennett, Lyonel Trouillot, Syto Cavé, Claude Pierre, Marc Exavier pour ne citer que ceux-là.
Ils seront en signature à côté d'une pléiade d'autres auteurs répondant aux noms de : Verly Dabel, Clausel Midy, Johel Dominique, Bonel Auguste, Evelyne Trouillot, Hérold Jn-François, Frantz Caly, Maguy Durcé, Michel G. Bertrand, Viviane Gauthier, Marie Gessie Cameau Coicou, Angélique Jules, Ange Bellie Andou, Marie Marcelle Ferjuste, Ketsia Audain et Woodly Fleurjuste.Tous ces créatures se sont donnés rendez-vous dans la Grand'Anse, du 23 au 25 novembre 2007, pour non seulement présenter et signer leurs oeuvres, mais aussi pour, dans la plus entière liberté, découvrir cette belle et vaste région baignée par la rivière du même nom dont le superbe pont érigé sous la présidence de Dumarsais Estimé fut baptisé « Alexandrin métallique », en comparaison à un vers de douze pieds.
Par cette neuvième édition, « Livres en Liberté » fait peau neuve à Jérémie en mobilisant plus d'une dizaine de communes, telles que Corail, Pestel, Abricots, Moron, Beaumont, Marfranc, Dame-Marie, etc., dont nombre de ressortissants ont manifesté le vif désir de soutenir l'événement dans toutes ses composantes.Clément Benoit II qui mène tambour battant cette initiative, dit compter sur plus de 40 000 participants dans le secteur scolaire, pour avoir fait le tour de plusieurs centres d'enseignements auxquels il a communiqué le mobile de son action ainsi que le contenu des principaux titres disponibles. Il en a profité également pour présenter ses différents partenaires dans le domaine de l'édition : Communication Plus, Editions Fardin, Choucoune, Areytos, Deschamps, A. Coicou, ainsi que les Presses de l'Université Caraïbe. Un rabais appréciable est consenti sur les achats grâce au support de la Primature et de la Unibank. Cette offre spéciale s'applique sur plus de 900 titres.

Les sites retenus pour le déroulement de cet important événement sont : le Lycée de Jeunes filles de la Ville, le collège Saint-Louis et le Foyer Culturel où se tiendra le dimanche 25 au soir un spectacle en hommage au quaterne Etzer Vilaire, Jean Brierre, Emile Roumer et René Philoctète.

Seront en spectacle : Eric Charles, Tifane, Jeanjean Roosvelt, Wooly St-Louis, Maurice Léonce, ainsi que d'autres artistes contactés par le comité d'organisation.
En marge de cette grande foire du livre se tiendront une exposition artisanale et un impressionnant défilé de mode avec la participation de Carly Arts et Ketty Création.
En substance, durant les trois jours de l'événement, la population grand'anselaise aura droit à une série d'ateliers d'écriture et de théâtre, ainsi qu'une causerie autour du livre, faisant appel à Claude C. Pierre, Max Exavier, Syto Cavé, Lyonel Trouillot, Frantz Carly et Johel Dominique.

- « Livres en Liberté », cette initiative enjointe de la Bibliothèque Georges Castera du Limbé, de Caribintair et de CREFI, a pour partenaires le ministère de l'Education nationale, l'Université Métropolitaine Anacaona, Les Editions Solèy pa nou, Volontariat pour le Développement d'Haïti (VDH), la primature, PCXpress, Rhum Barbancourt et la Unibank.
Mèrès Weche
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50875&PubDate=2007-11-20

Etonnants Voyageurs : un lieu de rencontre et de partage

Du 1er au 4 décembre 2007, se tiendra, à Port-au-Prince, le festival Etonnants voyageurs. Ce sera une occasion de partage et d'échanges inoubliables. Entretien avec le président de Etonnants voyageurs Haïti, Lyonel Trouillot.

Le Nouvelliste : Du 1er au 4 décembre 2007, ce sera le festival du livre et de la littérature en Haïti. Pendant quatre jours, cinquante auteurs haïtiens et étrangers se réuniront dans le pays avec pour objectif principal de créer un forum de discussion sur des problèmes littéraires. Que peut apporter ce festival à Haïti ?

Lyonel Trouillot : Le festival Etonnants Voyageurs est une manifestation littéraire qui depuis plus de dix-huit ans marque le paysage littéraire et culturel français et mondial. C'est un lieu de rencontre et de partage, un espace d'échanges autour de la littérature entre des écrivains du monde entier. En ce sens, son action et ses retombées vont au-delà d'un simple salon du livre. La richesse des débats, la renommée des participants, l'apport du public toujours nombreux, font de ce Festival un haut lieu de la littérature mondiale. Cette année, Haïti sera le pays d'accueil de ce fusionnement littéraire et culturel, pendant quatre jours. Quatre jours durant lesquels le grand public, les étudiants, les scolaires, les professeurs de lettres, tous ceux et celles intéressés aux choses littéraires et culturelles pourront voir et entendre de près des écrivains qui ont contribué à enrichir la littérature. Ce sera une occasion de partage et d'échanges inoubliables. Imaginez un jeune de seconde qui rencontre Alain Mabanckou, un étudiant de l'Ecole Normale Supérieure qui a l'occasion de poser des questions à Jamaica Kincaid ou à Russell Banks, un professeur de littérature qui assiste à un débat où Edwidge Danticat et Maryse Condé prennent la parole. Ce sera aussi l'occasion de présenter au monde une autre vision d'Haïti, ce pays qui, pour plusieurs raisons, fait si souvent la une de manière tragique ou négative. Montrer au monde une autre facette, une Haïti vibrante et curieuse, exigeante et avide de participer à ce festival. Car ce n'est pas l'affaire de l'association, c'est une manifestation qui, pour se réaliser, a exigé la contribution et la collaboration de plusieurs citoyens et citoyennes, de représentants de divers secteurs de la société haïtienne.
L.N : C'est une association haïtienne Etonnants Voyageurs Haïti qui, de concert avec l'association Etonnants Voyageurs France, va réaliser ce festival avec le soutien de deux principaux partenaires : le ministère de la Culture et de la Communication et l'ambassade de France en Haïti. Quand a été créée cette association et de combien de membres est-elle composée ?

L.T : L'association Etonnants Voyageurs Haïti a été créée en décembre dernier dans le but de travailler à la planification et à la réalisation de cette première édition du Festival Etonnants Voyageurs en Haiti, de concert avec l'Association Etonnants Voyageurs France. Dany Laferrière et moi sommes les présidents de l'association et le comité exécutif est composé de Patrice Dumont, Pierre Buteau, Jean Lhérisson, Kesner Pharel, Evelyne Trouillot et Georges Castera. Comme vous pouvez le voir, l'association ne se compose pas seulement d'écrivains mais compte parmi les membres fondateurs des économistes, des historiens, des directeurs d'école, des journalistes. Dès le départ, il s'agissait d'impliquer une grande diversité de ressources pour donner à cet événement l'ampleur qu'il mérite. L'association compte une vingtaine de membres et nous travaillons avec des institutions et citoyens qui se sont impliqués dans le projet.

L.N : Le thème retenu pour ce grand événement est « Toute écriture est une île qui marche ». Pourquoi un tel thème ?

L.T : Il s'agit avant tout d'ouverture : ouvrir Haïti au monde et amener le monde ici. L'île dans ce sens n'est pas statique, elle symbolise les voyages, le mouvement, terre de rencontres, d'arrivée et de départ. Le lecteur reconnaîtra ce clin d'oeil au grand poète René Philoctète et son recueil "Ces îles qui marchent". L'île devient espace d'ouverture, espace d'écritures.

L.N : Le festival Etonnants Voyageurs est organisé depuis plus dix-huit ans en France à Saint Malo, et depuis six ans à Bamako, au Mali, et se tiendra du 1er au 4 décembre 2007 à Port-au-Prince. Pourquoi avez-vous attendu si longtemps pour que le Festival se fasse en Haïti ?
L.T : La première à avoir eu l'idée de ce festival, c'est Lilas Desquiron au début des années 2000. Pour un ensemble de raisons liées aux conjonctures politiques, cela n'avait pas pu se faire. Mais c'est une idée à laquelle nous sommes restés fidèles. Aujourd'hui les conditions semblent réunies.


L.N : À partir de quel(s) critère(s) le comité de l'association Etonnants Voyageurs Haïti a-t-il choisi les écrivains ? Quels sont les principaux écrivains haïtiens qui prendront part à cet événement ?

L.T : L'association aurait voulu que tous les écrivains haïtiens d'ici et de l'étranger puissent participer au Festival Etonnants Voyageurs, mais naturellement il a fallu faire un choix. Pour des raisons économiques et pour des raisons liées à la nature même du Festival qui se veut un lieu de rencontre d'écrivains de différentes origines. Le nombre d'auteurs haïtiens constitue un fort pourcentage des écrivains invités, ce qui est une anomalie. Donc, pour vous dire que cela n'a pas été facile. Nos critères furent le nombre de publications et la capacité de produire un discours d'accompagnement sur ses textes. Et nous avons choisi des auteurs qui publient depuis au moins cinq ans. L'idée, c'est aussi de rendre hommage à ceux qui travaillent depuis longtemps dans le domaine de la littérature. Ceux qui vivent et produisent ici, dans les conditions difficiles que vous connaissez.L.N : Dans ce cas, peut-on dire que tous les cinquante auteurs seront en signature ?L.T : Les signatures ne sont pas l'élément clé du Festival. Il y en aura. Des libraires de la place ont consenti un gros effort pour qu'il y ait des ouvrages de tous les auteurs invités, haïtiens et étrangers. Nous les en remercions. Les auteurs pourront donc dédicacer ces livres qui seront cependant en quantité limitée. Il arrive qu'après un débat ou une lecture, on désire se procurer l'ouvrage d'un auteur dont les propos ou les extraits de texte ont produit un effet positif et suscité notre intérêt.

L.N : Le principe est d'inviter des auteurs à venir parler de leurs oeuvres et de leur expérience au cours des conférences-débats. Pourriez-vous nous indiquer les lieux, les dates et les thèmes des rencontres ?

L.T : Le programme sera disponible dans les journaux et sera distribué gratuitement bientôt. Ce que je peux rappeler, ce sont les principaux lieux de rencontre : le Ritz Kinam, la Fokal, l'Institut Français d'Haïti et sa médiathèque et l'auditorium de la Chambre de commerce et d'industrie. Certains écrivains iront également dans des écoles pour rencontrer des groupes d'élèves.

L.N : Il y aura, bien sûr, durant les quatre jours des émissions radiophoniques et télévisées, des projections de films, des spectacles, etc. Pourriez-vous nous fournir de plus amples informations ?

L.T : Les émissions télévisées ont déjà commencé à être diffusées. De même, des émissions radiophoniques sont prévues et commenceront au cours de cette semaine, bien avant les quatre jours du Festival. J'en profite pour mettre l'accent sur la réception positive dont l'association a bénéficié de la part de la plupart des médias. Certains de la presse orale et écrite ont conclu avec nous un partenariat, mais tous se sont montrés vivement intéressés à contribuer à la réussite de ce projet.

L.N : Donc, c'est l'ouverture des écrivains haïtiens au monde et vice versa. Nos écrivains pourront engager des dialogues avec d'autres écrivains, des éditeurs et journalistes internationaux. Peut-on dire avec force détails que l'objectif de la première édition du festival est de faire savoir au lectorat haïtien ce qui se passe dans le monde en matière de littérature ?

L.T : C'est un des objectifs. Amener des représentants de la littérature mondiale, avec un fort accent sur ce qui se passe dans la Caraïbe, au lectorat haïtien, aux jeunes en particulier.

L.N : A un autre niveau, combien d'éditeurs étrangers seront présents pour la circonstance ? En quoi les éditeurs étrangers vont-ils être utiles aux jeunes écrivains haïtiens ?

L.T : C'est un autre de nos objectifs. Faciliter les contacts entre les auteurs haïtiens et le milieu international de l'édition. Je ne peux préciser le nombre d'éditeurs, mais il y en aura. Et aussi des représentants de la presse culturelle. Nous souhaitons vivement que les Haïtiens s'approprient ce festival et qu'il contribue à installer notre pays dans la place qu'il mérite dans la vie culturelle de la région. L'entrée est bien sûr gratuite à toutes les activités du festival.

(Propos recueillis par Jobnel Pierre)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50939&PubDate=2007-11-20

Ticket Nemours est consacré

Ticket Nemours, une statuette coulée dans le bronze par Ludovic Booz, est consacré. A l'ouverture de Musique en folie, au Parc historique de la Canne à Sucre, le grand public a assisté à la remise de ce prix qui récompense les acteurs culturels haïtiens. Définitivement, chaque année, à cette grande foire, personnes physiques et morales retiendront leur souffle.
Musique
Cette année, à la 8e édition de Musique en folie, Ticket a honoré formations musicales et chanteurs qui ont mis la barre haut : Gracia et Richie, Stevie Dogg, Alan Cavé, Olivier Duret, Jude Jean, Armstrong Jeune, Jameson Innocent, Tifane, les groupes Carimi, Djakout Mizik, Boukman Eksperyans, Do-la, Mystère Divin, le groupe Salvation Choir.
Orchestre Phillarmonique de Sainte Trinité.Personnalités et institutionsDans le monde de la radio et de la télédiffusion, des Tickets Nemours ont récompensé les personnalités suivantes : Robert Stanley Figaro de Canal Bleu, Brégard Anderson et Ladouceur Méjuste de Radio Caraïbes, Jean-Claude Damas de Radio Métropole.
Des institutions qui oeuvrent pour l'avancement de la culture haïtienne ont été distinguées par Ticket Magazine : le Parc Historique de la Canne à Sucre, La Unibank, le Rhum Barbancourt, Visa FM et Le Nouvelliste ont eu droit à leur Ticket Nemours.
Les concepteurs de ce prix ont frappé un grand coup. Ticket Nemours marquera longtemps les esprits parce qu'il est en train d'instaurer dans notre milieu la culture de l'effort. Ce bronze qui immortalise le père du compas direct, Nemours Jean-Baptiste, aura la vertu de revitaliser notre culture.
Debout sur son socle, le saxophone agraphes agraffes en relief, le père du compas direct, Nemours Jean-Baptiste, immortalisé dans le bronze, a l'air de jouer des notes dans un espace culturel où viennent se ressourcer des musiciens.
Claude Bernard Sérant
Notre avis:
Définitivement une très belle initiative àapplaudir et surtout à appuyer et encourager. Une initiative perfectible certes. Sans vouloir rentrer dans la logique du Oui...mais; onpeut déplorer par exemple qu'à travers ce pris, Le Maestro Nemours ne soit pas définitivement consacré. Ou un peu plus dira-t-on. La personnification de l'artiste et le prix sans intermédiaire par exemple. Au lieu de "Ticket Nemours" le prix s'appellerait tout bonnement " LE NEMOURS OU UN NEMOURS".
Nous comprenons aisément le travail de TICKET pour instaurer et réaliser ce genre d'activité mais nous pensosn qu'un geste d'altruisme à ce niveau n'enlèverait rien ni à la portée ni à l'envergure de cette intiative.

La PNH déjoue la tentative d’enlèvement d’un commerçant et arrête trois des ravisseurs

Le commissaire de Port-au-Prince, Michel-Ange Gédéon, salue l’intelligence du kidnappé libéré qui avait attiré l’attention de la police sur le rapt
mardi 20 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Jean Donald Pamphile, un commerçant enlevé lundi soir dans le quartier populaire du Bel-Air (centre de Port-au-Prince), a été libéré quelques minutes après par des agents de la Police Nationale qui ont aussi procédé à l’arrestation de trois de ses ravisseurs en route pour Cité Soleil (banlieue nord) à bord d’un minibus, a annoncé mardi le commissaire de Port-au-Prince, Michel-Ange Gédéon.
Des gestes désespérés de l’otage au passage d’une patrouille a permis aux policiers de déjouer le rapt à la gare routière de Port-de-Paix au boulevard La Saline. Trois des six présumés auteurs de ce kidnapping ont été neutralisés et arrêtés tandis que trois autres étaient encore en cavale mardi. Le véhicule à bord duquel ils circulaient a été confisqué de même qu’un revolver de calibre 9 millimètres.
Selon le commissaire Gédéon, M. Pamphile a été retrouvé en mauvais état après avoir été tabassé par ses bourreaux. Le commerçant, qui venait de fermer son entreprise, avait été kidnappé derrière le mur de clôture du lycée Alexandre Pétion où il venait de fermer son entreprise.
La PNH se félicite du succès de cette opération qu’elle attribue d’abord à la vaillance et à l’intelligence de Jean Donald Pamphile. Les forces de l’ordre ont aussi promis de contrecarrer l’action des bandits devenus de plus en plus hardis.
Au cours de ces derniers jours, des enfants en bas âge, deux cadres de banque et un ancien responsable de la TELECO ont été notamment enlevés à Port-au-Prince. spp/Radio Kiskeya

Un journaliste, cible de menaces de mort, laisse Haiti, selon Reporters Sans Frontières

Mardi 20 novembre 2007
Communiqué de Reporters Sans Frontières
Soumis à AlterPresse le 20 novembre 2007
Reporters sans frontières exprime son inquiétude après le départ forcé, le 9 novembre 2007, du journaliste Joseph Guyler C. Delva, cible de menaces de mort à répétition depuis le 25 octobre 2007.
"Ce départ forcé d’un journaliste connu pour son engagement en faveur de sa profession montre que le combat pour la liberté de la presse reste d’actualité en Haïti. Joseph Guyler C. Delva est obligé de s’exiler trois mois après sa prise de fonction à la tête d’une commission chargée de lutter contre l’impunité dans les assassinats de journaliste. Cet épisode ne pouvait pas plus mal tomber. Nous exprimons notre solidarité à l’égard du journaliste et de sa famille et appelons les autorités à faire très vite la lumière sur les menaces et les intimidations qui l’ont conduit à quitter précipitamment le pays", a déclaré Reporters sans frontières.
Joseph Guyler C. Delva a été pris en filature par des inconnus, dans la soirée du 5 novembre 2007, alors qu’il circulait en voiture à Port-au-Prince. A plusieurs reprises, le journaliste a simulé un stationnement pour s’assurer qu’il était réellement suivi. "Arrivé à une station-service, Joseph Guyler C. Delva s’est arrêté pour faire le plein. A ce moment, les inconnus ont, à leur tour, garé leur véhicule. Certains en sont descendus et se sont dirigés vers sa voiture. Pris de panique, le journaliste est reparti dans son véhicule et est allé chercher de l’aide au commissariat de Pétion-Ville où des policiers l’ont accompagné à son domicile", a expliqué à Reporters sans frontières Jean Wilner Morin, porte-parole de la Commission indépendante d’appui aux enquêtes relatives aux assassinats de journalistes (CIAPEAJ), dont Joseph Guyler C. Delva est le président. Sur les conseils de sa famille, le journaliste a décidé de quitter provisoirement le pays. Il s’est réfugié aux États-Unis.
Destinée à lutter contre l’impunité entourant les principales affaires qui ont endeuillé la presse haïtienne, la CIAPEAJ a été instituée, le 10 août dernier, à l’initiative du président de la République René Préval. Selon les informations recueillies par Reporters sans frontières, les fonctions occupées par Joseph Guyler C. Delva à la tête de cette commission ne seraient pas la seule raison des menaces dont il est l’objet.
Correspondant de plusieurs médias étrangers à Port-au-Prince, dont la BBC et l’agence Reuters, Joseph Guyler C. Delva est aussi l’animateur d’un programme d’actualité de la station de radio Mélodie FM. Il a plusieurs fois évoqué à l’antenne des dossiers sensibles, dont celui d’un sénateur titulaire d’une double nationalité, une pratique pourtant interdite par la Constitution haïtienne de 1987.
Le 25 octobre, Joseph Guyler C. Delva avait été averti à deux reprises sur son portable "qu’il devait faire attention, que l’on savait où le trouver et qu’on allait l’avoir".
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6651

mardi 20 novembre 2007

Haïti/ Cité Soleil : Projet pilote de coopération décentralisée avec la ville française de Nantes

Mardi 20 novembre 2007
Deux membres de l’association nantaise « Les Anneaux de la Mémoire », ont effectué une visite en Haïti, du 12 au 18 novembre 2007, afin de jeter les bases d’une coopération décentralisée entre la ville de Nantes (France) et la commune de Cité Soleil (grande agglomération à la sortie nord de la capitale haïtienne).
AlterPresse les a suivis durant la journée du 16 novembre.
P-au-P, 20 nov. 07 [AlterPresse] --- Un des axes de travail de l’association « Les Anneaux de la Mémoire » consiste à promouvoir un partenariat entre la France et Haïti, d’abord une coopération décentralisée entre villes françaises et haïtiennes.
« La décentralisation et la démocratie locale sont les conditions indispensables pour le développement d’Haïti », indique à AlterPresse Jean-Pierre Denis, membre de l’association, qui estime urgent d’imprimer un vrai poids aux collectivités locales par la disponibilité de moyens d’agir sur leurs territoires.
Jean-Pierre Denis et Mathilde Brossard ont rencontré et travaillé avec le maire principal de Cité Soleil, Wilson Louis, avec différents comités de quartiers et acteurs locaux (Soleil 19, Warf, Belekou), ainsi que des organisations non gouvernementales (Ong) dans le but de définir le cadre et d’envisager des modalités d’actions sur la commune.
Dans les jours à venir, une opération d’assainissement (curage de canaux) aura lieu au quartier de Belekou, où prévaut actuellement une situation catastrophique.
Quotidiennement, 5 salariés et une dizaine de bénévoles œuvreront à donner un nouveau visage au quartier en collectant les immondices et en assurant une bonne gestion dans un endroit approprié.
Chaque bénévole bénéficiera d’un repas et d’une vaccination. Les équipes seront munies de fourches, de gants et de charrettes afin de nettoyer les canaux.
« Si ce projet fonctionne, il sera étendu à d’autres quartiers de Cité Soleil », avance Jean Pierre Denis.
A terme, l’amélioration dans la gestion des déchets devrait avoir des incidences sur le milieu ambiant de la commune et, par voie de conséquence, sur la santé des habitants.
Par ailleurs, il est envisagé un projet de réhabilitation d’une salle de travail, actuellement insalubre, à transformer en un espace culturel avec des activités de diffusion de cassettes vidéo, d’apprentissage de la danse et de la musique, entre autres. Il est également prévu la construction d’un télécentre de jeunes dans la perspective d’aménagement d’un lieu de création numérique.
Jean-Pierre Denis viendra, à la fin de l’année 2007, observer les avancées du projet pilote et envisager la suite à donner à ce projet de coopération décentralisée.
L’association « Les Anneaux de la Mémoire » de Nantes (France) a été créée en 1991, dans l’objectif de promouvoir de nouveaux échanges, équilibrés et équitables entre les sociétés d’Afrique, d’Amérique et d’Europe, explique à AlterPresse Mathilde Brossard, chargée de projet.
« Depuis sa création, l’association est à l’origine de nombreuses actions, telles des expositions, des conférences, des publications, mais aussi des projets de développement », ajoute-t-elle. [cd rc apr 20/11/2007 10 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6649

Haïti/Genre : La représentation de la femme dans les chansons d’un défunt musicien du compas, vue par un jeune chercheur

mardi 20 novembre 2007
Les textes chantés de Jean Gesner Henri, dit « Koupe Klouwe », continuent d’exercer une attraction sociale en Haïti, constate Vantz Brutus, chercheur en communication sociale.
P-au-P, 20 nov. 07 [AlterPresse] --- Le défunt musicien du rythme dénommé « Konpa » (compas), Jean Gesner Henri, plus connu en Haïti sous le nom de « Koupe Klouwe », sobriquet obtenu pendant son passage dans un club de football de la capitale haïtienne, avait accordé une préférence pour la thématique « femme et sexualité », révèle une étude sur la représentation du genre réalisée par Vantz Brutus, jeune chercheur en communication sociale.
« Ce qui m’intrigue, c’est l’attraction sociale que ces chansons [de Gesner Henri qui a évolué au sein de « l’ensemble select »] traitant de la femme continuent d’exercer », affirme l’universitaire Brutus qui a soutenu, le jeudi 15 novembre 2007 à Port-au-Prince, son mémoire de sortie à la faculté des sciences humaines de l’université d’Etat d’Haïti (Ueh).
La présentation des résultats de cette étude, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse, s’inscrit dans le cadre du mémoire de sortie de Brutus, pour l’obtention de licence en communication sociale, à la faculté des sciences humaines.
L’étude de Vantz Brutus concerne le « matériel verbal » des chansons composées et interprétées par Jean Gesner Henri et son groupe dénommé « Ensemble Select Coupé Cloué ».
« Il ne s’agit pas d’un procès de l’Ensemble Sélect Coupé Cloué. Nous ne portons pas de jugements de valeur sur le contenu des messages véhiculés. Nous cherchons juste à saisir le contenu des chansons consacrées à la femme », précise Vantz Brutus dans sa recherche.
Les chansons de Jean Gesner Henri (10 mai 1925 – 29 janvier 1998) sont aujourd’hui encore très prisées dans le monde musical haïtien, où certaines d’entre elles sont utilisées par de jeunes formations musicales.
Dans son mémoire de sortie, Vantz Brutus signale l’utilisation, en 2006, d’un morceau de Coupé cloué « Ban m afè m » (Donne-moi mon affaire, en Français) par le groupe hip-hop « Barikad Crew ».
Le groupe « Barikad Crew » a été désigné, par la revue « Ticket Magazine », meilleur groupe rap de l’année, avec cette chanson, qui a connu un succès remarquable à la radio et est très sollicitée par les jeunes, rappelle Brutus.
Chaque week-end, les chansons de Gesner Henri sont régulièrement en rotation sur plusieurs stations de radio à Port-au-Prince. Ces chansons sont, en général, dédiées à la gente féminine posant ainsi la question de la représentation sociale de la femme en Haïti, souligne le jeune chercheur.
La représentation sociale des femmes est, selon Brutus, un sujet qui gagne de l’intérêt depuis les 50 dernières années, dès la parution en France du livre de Simone de Beauvoir « Le deuxième sexe ».
En Haïti, très peu de recherches scientifiques inspirées du milieu ont été effectuées sur la question du genre, constate Vantz Brutus. En outre, souligne-t-il, des griefs sont régulièrement soulevés contre les musiciens haïtiens qui véhiculent des messages sexistes à travers leurs chansons.
Le chercheur affirme n’avoir retrouvé qu’une étude de Raoul Vital (licencié lui aussi en communication sociale) sur les représentations sociales de la femme.
D’après les conclusions de Vantz Brutus, les chansons de Jean Gesner Henri dit « Coupé Cloué » présentent une image négative de la femme, en raison du fait que ces chansons privilégient un angle dégradant de la femme.
« La femme est peinte comme le mal, les termes les plus imagés et les plus dégradants sont utilisés pour souligner le dégoût et l’aversion pour ce sexe », écrit le jeune chercheur.
Les compositions de « Coupé Cloué », aux dires de Brutus, devraient être considérées comme un baromètre pour s’évaluer et apprécier l’évolution des idées sur la perception de la femme, tant au niveau social qu’individuel en Haïti. [do rc apr 20/11/2007 9:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6648

Haïti/ R.dominicaine : Interdiction temporaire d’exportation de produits agricoles vers Haïti


lundi 19 novembre 2007
P-au-P, 19 nov. 07 [AlterPresse] --- Le secrétariat d’État à l’Agriculture dominicain (Sea) vient de décider une interdiction temporaire d’exportation de certains produits agricoles et d’élevage vers le territoire voisin haïtien, comme les bananes, les figues-bananes et les œufs, selon un communiqué transmis à Espacinsular, partenaire de l’agence en ligne AlterPresse.
La mesure, qui est critiquée par les producteurs dominicains de la région nord-est du pays, répond à l’intérêt des autorités dominicaines de préserver la production existante pour le marché national dominicain, au lendemain des dommages causés par l’orage tropical Noël dans les plantations agricoles du territoire voisin d’Haïti.
Face aux levées de boucliers contre le nouveau corps spécialisé de sécurité (Cesfront) à la frontière commune entre les deux pays, accusé par exemple par divers secteurs dont la mairesse de la ville de Dajabón (commune frontalière avec Ouanaminthe) d’obstruer les échanges commerciaux entre les deux pays, le directeur du Cesfront a indiqué que ses hommes "exécutent seulement les ordres supérieurs" dans le cadre de la disposition officielle visant à éviter une pénurie de ces produits pour les consommatrices et consommateurs dominicains.
L’Association nationale de producteurs d’oeufs (Asohuevos) envisage de présenter aux autorités dominicaines une protestation formelle, afin de faire savoir que la production mensuelle de quelques 140 millions d’œufs, destinés aux deux pays qui partagent l’île, n’a pas été affectée par la récente tempête tropicale, annonce Manuel Escana, président de Asohuevos, qui exige de retirer les oeufs de la liste indiquée dans la mesure officielle.
En Haïti, la production agricole, déjà insuffisante à la demande d’une population de 8.4 millions de personnes, a également enregistré de nombreuses pertes à cause de la tempête Noël, surtout dans le Sud du pays.
Cette situation a provoqué une plus grande nécessité d’importation de produits comestibles depuis le territoire voisin. Cependant, le commerce entre les deux pays n’est encore réglé par aucun accord formel. C’est pourquoi, d’ailleurs, la disposition soudaine du gouvernement dominicain d’interdire l’exportation de figues-bananes, de bananes, d’œufs vers Haïti, semble apparaître comme une mesure unilatérale.
Cette disposition dominicaine contraindrait les autorités haïtiennes à chercher d’autres marchés d’approvisionnement, ce qui aura l’effet d’une augmentation des prix sur le marché de la République Dominicaine.
A rappeler que les œufs constituent l’un des produits transitant régulièrement en quantités importantes aux différents postes frontaliers entre les deux pays partageant l’île, notamment à Dajabon/Ouanaminthe les lundis et vendredis, jours de marché binational.
Entre-temps, des spécialistes ainsi que les ménages haïtiens craignent une rareté prochaine de différents produits agricoles par suite des dégâts enregistrés dans les plantations en Haïti, où une hausse des prix serait prévisible, entre autres incidences de la tempête tropicale Noël sur le marché national. [cd rc apr 19/11/2007 10 :45]

Le Bloc parlementaire de la Plate forme présidentielle LESPWA revendique le droit d’être représenté au nouveau Conseil Electoral Provisoire

Le secteur syndical révèle ses choix pour le CEP
lundi 19 novembre 2007,
Radio Kiskeya
Les députés du bloc parlementaire LESPWA (Espoir, plate-forme politique sous la bannière de laquelle René Préval a brigué son second mandat présidentiel) ont estimé lundi que ce sont les institutions prévues dans les dispositions transitoires de la Constitution de 1987 qui devraient se faire représenter au sein de l’institution, vu qu’il s’agit encore d’un Conseil Electoral Provisoire (CEP).
S’il en est autrement et que les partis politiques y délèguent leurs représentants, LESPWA doit être autorisé à en faire autant, ont-ils soutenu lors d’une conférence de presse au Palais législatif.
C’est le député Sainvil Lucas qui a défendu la position de la Plate forme LESPWA créant ainsi une nouvelle donne au moment où divers secteurs collaborent déjà à la formation d’un nouveau CEP sur le modèle de l’actuel formé de représentants des secteurs d’affaires, des églises, des droits humains, de l’Exécutif, du Judiciaire, du secteur syndical et des partis politiques.
A l’instar de nombreux secteurs, les syndicats ont révélé lundi leur choix de deux personnalités dont une devrait les représenter au sein de la nouvelle institution électorale. Il s’agit de MM. Ernso Saint-Clair et Jacques Belzin.
Le premier est un ancien responsable du Bureau Electoral Départemental (BED) du département de la Grande Anse (Sud-Ouest). Le second est le secrétaire général adjoint de la Confédération des Travailleurs Haïtiens (CTH) et secrétaire général de la Fédération Nationale des Travailleurs en Education et Culture (FENATEC).
A rappeler que la Convention des partis politiques a déjà soumis deux propositions au Président René Préval. Wilderson Thimothée du Parti nationaliste démocratique et progressiste haïtien (PNDPH) ou Fritz Rosemé du Grand rassemblement pour l’évolution d’Haïti (GREH) devrait être le représentant de ce regroupement politique réunissant des partis de diverses tendances, dont la Fusion des sociaux-démocrates (FUSION), l’Organisation du peuple en lutte (OPL) et Fanmi Lavalas de Jean-Bertrand Aristide.
Le patronat a désigné son actuel représentant au CEP, François Benoît et l’ancien directeur général de l’institution, Jacques Bernard. Pour sa part, la Fédération protestante d’Haïti (FPH) a renouvelé sa confiance au pasteur Pauris Jean-Baptiste, un conseiller électoral encore en fonction, tout en présentant la nomination du pasteur Leonel Raphaël comme une autre option. Quant à l’église épiscopale d’Haïti, elle a fixé son choix sur Me Laurette Croyance en remplacement du président de l’actuel CEP, Max Mathurin qui la représentait au sein de l’institution.
Après ces propositions, nonobstant « l’irruption de LESPWA » dans le processus, il revient à l’Exécutif, au pouvoir judiciaire, à l’église catholique et au Conseil national des partis politiques de désigner leurs représentants respectifs au sein de la nouvelle institution électorale.
Alors que le processus en vue de la formation du nouveau CEP avance à grand pas, une interrogation demeure quant à son mandat : aura-t-elle à organiser uniquement les élections pour le renouvellement du tiers du sénat ou, en même temps, les élections indirectes devant conduire, entre autres étapes, à la formation du Conseil Electoral Permanent ? [jmd/RK]
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4441

Douleur et indignation après les funérailles d’un jeune haïtien tué à Miami

La communauté haïtienne entoure la mère de Gracia Beaugris abattu dans des circonstances confuses par un policier le 25 octobre ; des leaders communautaires réclament justice
lundi 19 novembre 2007,
Radio Kiskeya

Medilia Philibert, la mère d’un jeune haïtien de 19 ans, Gracia Beaugris, assassiné le mois dernier à Miami par un policier, a connu une journée extrêmement pénible lundi au lendemain des funérailles de son fils qu’elle n’avait plus revu depuis six ans, rapporte le Miami Herald.
Le choc a été très violent pour Mme Philibert qui a effectué son tout premier voyage aux Etats-Unis dans des circonstances aussi dramatiques.
"Vous pouvez imaginer ce qui arrive à quelqu’un n’ayant jamais vu son fils depuis six ans et qui cet après-midi le retrouve allongé dans un cercueil", a déclaré Jude Alcindor, porte-parole de la famille éplorée avant d’ajouter "il s’agit de l’une des plus grandes tristesses de la vie".
Grâce à l’aide de plusieurs organisations dont Fanm Ayisyèn nan Miyami (Femmes haïtiennes de Miami) de Marlène Bastien, Medilia Philibert a pu obtenir du consulat américain à Port-au-Prince un visa qui lui a permis d’assister samedi aux funérailles à la cathédrale New Birth Baptist of Faith International d’Opa-Locka. Le consul général d’Haïti à Miami, Ralph Latortue et l’activiste américain Jack Liberman, considéré comme un ami des haïtiens, se trouvaient notamment dans l’assistance. Le corps de Gracia Beaugris a été inhumé au Southern Memorial Park à North Miami Beach.
Vendredi, plus de 250 personnes avaient fait le déplacement pour la veillée funèbre à l’église Shalom de North Miami.
"Avec tout ce qui est arrivé, l’émotion est beaucoup trop forte pour moi. Je ne suis pas en mesure de parler", a indiqué Max Beaugris, le père du défunt, à l’issue de la cérémonie.
Pour sa part, Michael Beaugris, un cousin de Gracia Beaugris surnommé affectueusement "BG", a amèrement regretté son départ brutal ayant mis fin à son rêve de devenir rappeur tout en se souvenant de son altruisme qui faisait de lui un bon samaritain.
L’officier de police Christopher Villano du comté de Miami-Dade, qui a reconnu avoir abattu le 25 octobre dernier le jeune haïtien, fait l’objet d’une enquête criminelle. Cependant, la police affirme d’ores et déjà que Beaugris, arrivé aux Etats-Unis en 2001, a été tué au cours d’un affrontement en tentant de s’emparer de l’arme de service du policier.
Cependant, selon la version haïtienne de l’incident, l’immigré, qui revenait d’un dry cleaning avec des vêtements, regagnait tranquillement sa résidence. Il aurait été donc délibérément ciblé par Villano.
Ce meurtre a été vivement condamné par des leaders communautaires haïtiens et américains, dont Marlène Bastien et Jack Liberman, qui réclament justice pour la victime. Ils ont aussi appelé les autorités à opérer des réformes au sein de la police de Miami impliquée dans de nombreux épisodes de violence non élucidés.
Ces derniers mois, plusieurs haïtiens ont été victimes de bavures policières souvent à la limite du racisme. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4442

Les bandits sont pourchassés mais continuent à perpétrer des kidnappings

Les forces de l’ordre ont déjoué un kidnapping et appréhendé 3 bandits non loin du bidonville de Cité Soleil, hier soir. Le commissaire de police de Port-au-Prince, Michel Ange Gédéon, indique que la victime, un homme d’affaires du quartier de Bel air, avait été enlevé par un groupe de 7 bandits vers 7 heures du soir. Selon le commissaire Gédéon, les criminels qui se trouvaient à bord d’un mini bus avaient fini de contourner les différents points fixes de la police quand ils ont été interceptés par une patrouille mobile. " La victime avait attiré l’attention des policiers en frappant la porte du véhicule de ses bourreaux ", soutient le commissaire qui salue la vigilance et la détermination des agents de police. Michel Ange Gédéon précise qu’une arme à feu a été également saisie lors de l’opération. Par ailleurs, le porte parole de la Police, Frantz Lerebours, a confirmé l’arrestation d’un criminel, Stanley Figaro, recherché depuis plusieurs mois par la justice. Ce bandit, impliqué dans de nombreux actes de kidnapping, a été arrêté dans le quartier de 1ère avenue Bolosse, alors qu’il avait en sa possession un pistolet de calibre 38. De plus un avis de recherche a été lancé contre Bruny Rincher, responsable de l’enlèvement la semaine dernière de Odette Castelli. Après 4 jours de détention, Odette Castelli a été libérée après versement d’une rançon de 23 000 dollars et sur pression de la police. Le porte parole de la PNH, indique que les forces de l’ordre avaient procédé à l’arrestation de la mère du criminel, Anne-Rose Pierre, qui elle aussi détient un casier judiciaire. Recherché pour meurtre par la justice américaine, Bruny Rincher, est rentré au pays il y a 5 mois et dirige un gang spécialisé dans le kidnapping selon les autorités policières.
Plusieurs cas d’enlèvement ont été enregistrés ces derniers jours dans la région métropolitaine en dépit du renforcement du dispositif sécuritaire dans la capitale. Un ancien employé de la Téléco avait été relâché vendredi dernier après versement d’une rançon de plus de 10 000 dollars.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13244

Les kidnappeurs s'activent, la police aussi

Les kidnappeurs reprennent du service. Horrifiées par le spectre de revivre les jours sombres de fin 2006, les familles pressent la police à agir afin de maintenir la sécurité à un seuil vivable.
Les kidnappeurs s'activent à l'approche des fêtes de fin d'année. Ils s'en prennent particulièrement aux femmes et aux enfants, a confirmé le responsable de la cellule contre enlèvements (CEC) de la DCPJ. Les ravisseurs sont particulièrement actifs à Delmas, entre 41 et 75, a-t-il poursuivi. La CEC partage ses renseignements avec les éléments de la Brigade d'intervention motorisée (BIM) de la police administrative afin de renforcer une « présence préventive effective» dans les zones sensibles, a garanti le policier.

Reconnaissant l'émoi que suscite le regain d'activité des ravisseurs, il a souligné que le nombre de rapts recensés au cours du mois de novembre 2007 est toutefois largement inférieur comparativement à celui de l'année dernière.
Actuellement, nos investigateurs travaillent sur le dossier d'un mineur de 7 ans et d'un ingénieur enlevés récemment, a ajouté ce responsable.

Samedi soir, Charles Henri Laroche, enlevé la veille, non loin de sa résidence au Canapé-Vert, a recouvré sa liberté en échange d'une rançon. Vendredi et jeudi soir, Odette Castelli et Gina Achille, deux cadres de la SOGEBANK, ont, elles aussi, été libérées contre de l'argent à l'issue de plusieurs jours de captivité.Bruny Rincher, le cerveau de l'enlèvement de Mme Castelli est activement recherché par la police, a indiqué Frantz Lerebours.
A l'instar du responsable de la Cellule contre enlèvement, le porte-parole assure que la PNH redouble d'effort afin de contrer le kidnapping qui a tendance à refaire surface surtout dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Quatre enfants enlevés à Carrefour, il y a quelques jours, ont pu être libérés par la police, a-t-il dit, en informant de l'arrestation, pour enquête, de neuf suspects. Horrifiés par le spectre de revivre les jours sombres de fin 2006, plus d'un presse les autorités à redoubler d'effort pour conserver le niveau de sécurité. L'accalmie des derniers mois en matière de sécurité est l'un des rares acquis que nous n'avons pas encore perdu, soupire-t-on dans les foyers.
Roberson Alphonse

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50940&PubDate=2007-11-19

Musique en folie : double succès






Dimanche 18 novembre, jour de la célébration de la bataille de Vertières, la guerre des décibels faisait rage au Parc Historique de la Canne à Sucre. Les big band du compas et du rap ont mis le feu aux poudres. Hangout, Djakout Mizik, Cinik Mizik, Kreyòl Mizik, Kreyòl la, T-Kompa, Barikad Crew, Rock Farm, Pick Up Click, Code 2, la bande à pied Raram No Limit, Dj Scratch, faisaient des étincelles. La belle jeunesse se trémoussait devant le podium des stars. Danse, défilés de mode revenaient, une fois encore, sur le podium. Jean Yves Marchand, Harry Lafond et Phelicia Dell ont déployé leurs mannequins.

Toute l'attention était convergée autour du festival. Le public s'enflammait pour Ti Djo Zenny, le chanteur vedette de Kreyòl la. Il brûlait de passion pour Mimi et Frérot de Hangout. Djakout, le groupe qui a mis la finale à cette grande soirée, a su mobiliser une multitude de fans dans le parc.
La palette musicale RAP
Les groupes RAP ont donné un autre goût au spectacle. Leurs paroles scandées sur des rythmes très martelés soutenaient des revendications légitimes. Un mélange de fantaisie et du sérieux constituaient la palette musicale de Barikad Crew (BC) et de Rock Fam. A leur façon, le BC de Bas-peu-de-chose a sensibilisé leurs fans sur la nécessité de protéger l'environnement. Les rappeurs de Rockfam « la me-a », soldats en treillis, ont prêché la tolérance entre les rappeurs haïtiens. « Nous sommes plusieurs groupes, mais le rap créole est Un », a lancé un chanteur de la bande à Knass, pour encourager ses confrères à mettre de côté toute fausse polémique.

DJ Scratch a fait le bonheur des participants dans le parc. A partir d'une technique chère au chanteur de jazz, le rappeur imitait les instruments avec sa voix. Très naturel, il improvisait des beat tout en donnant l'impression qu'un DJ assurait la touche technique d'une console où plusieurs CD de musique sont mis en rotation l'un après l'autre. Passant allègrement d'un hit à l'autre, DJ Scratch relayait joyeusement DJ Fanfan.Le goût de l'attente
La 8e édition de musique en folie, selon certains observateurs, a mis tout le paquet sur le spectacle. Aussi, tout le monde attendait patiemment sa vedette préférée. On prenait un feeling à attendre Ti Djo, Pouchon Duverger, Mimi. Le goût de l'attente s'appréciait à l'aune de la performance des stars. « S'il faut que je reste jusqu'à trois heures du matin pour voir performer Djakout, je le ferai », confie un fan de la bande à Pouchon Duverger et de Shabba. Caleb Desrameaux, le maître de cérémonie, ne ratait pas l'occasion pour demander instamment aux spectateurs : où sont les fans de tel ou tel groupe?Un ensemble religieux, contrairement à ce qui était prévu, participait à la clôture de la foire musicale. Le duo des deux frères, Yves & Yvan, n'avait rien à envier à un exploit d'un Djakout ou d'un Krezi lors des périodes carnavalesques. Avec leur tube à succès « Deyo a pa gen anyen », ce duo explosif a fait trembler le parc historique de la Canne à Sucre.

Et la mode aussi...Les mannequins des productions Jean Yves Marchand, Phélicia Dell et de Harry Lafond ont défilé sur les planches. Le public s'est rincé les yeux sur les vêtements élégamment portés par les mannequins de ces deux créateurs. Les toiles d'araignée d'Harry Lafond ont accroché le regard. Avec lui, le produit local est mis en valeur. Les collections de Phélicia Dell ont également suscité des réactions positives dans le public.La promesse des fleurs
Le coeur de Port-au-Prince battait à Tabarre. Flot de voitures, vagues successives de personnes déferlaient dans le Parc. Les « Dasoman » après avoir escaladé les clôtures, arrivaient en grand nombre, grossissaient la foule. Devant une telle affluence, les disquaires croyaient que le décor était planté pour réaliser une vente phénoménale. Un représentant de Nouvel Jenerasyon a fait savoir que le samedi 17 novembre et jour consacré à la musique religieuse, les gens achetaient au compte-gouttes. Le lendemain, les acheteurs se sont présentés en plus grand nombre aux stands des disquaires. Certains regrettent les éditions des années précédentes où les acheteurs venaient en famille et vidaient les bacs des disquaires.

Pour le représentant de Mélo Disque, définitivement, il faudra que les organisateurs de Musique en folie repensent le concept de cette foire pour que le spectacle ne prime pas sur la vente des CD. « L'année prochaine, on se réunira autour d'une table pour discuter », déclare-t-il.A Livre en folie, l'accent est porté sur le livre. A Musique en folie, l'attention doit être porté sur le disque, pense Mme Michaelle Saint-Natus. Aussi souhaite-t-elle qu'il y ait moins de spectacles. Les années passent et ne se ressemblent pas. En tout cas, Musique en folie cette année, c'était plus que la folie.
Péguy André Joseph
Claude Bernard Sérant

Musique en folie : double succès

Dimanche 18 novembre, jour de la célébration de la bataille de Vertières, la guerre des décibels faisait rage au Parc Historique de la Canne à Sucre. Les big band du compas et du rap ont mis le feu aux poudres. Hangout, Djakout Mizik, Cinik Mizik, Kreyòl Mizik, Kreyòl la, T-Kompa, Barikad Crew, Rock Farm, Pick Up Click, Code 2, la bande à pied Raram No Limit, Dj Scratch, faisaient des étincelles. La belle jeunesse se trémoussait devant le podium des stars. Danse, défilés de mode revenaient, une fois encore, sur le podium. Jean Yves Marchand, Harry Lafond et Phelicia Dell ont déployé leurs mannequins.

Toute l'attention était convergée autour du festival. Le public s'enflammait pour Ti Djo Zenny, le chanteur vedette de Kreyòl la. Il brûlait de passion pour Mimi et Frérot de Hangout. Djakout, le groupe qui a mis la finale à cette grande soirée, a su mobiliser une multitude de fans dans le parc.La palette musicale RAPLes groupes RAP ont donné un autre goût au spectacle. Leurs paroles scandées sur des rythmes très martelés soutenaient des revendications légitimes. Un mélange de fantaisie et du sérieux constituaient la palette musicale de Barikad Crew (BC) et de Rock Fam. A leur façon, le BC de Bas-peu-de-chose a sensibilisé leurs fans sur la nécessité de protéger l'environnement. Les rappeurs de Rockfam « la me-a », soldats en treillis, ont prêché la tolérance entre les rappeurs haïtiens. « Nous sommes plusieurs groupes, mais le rap créole est Un », a lancé un chanteur de la bande à Knass, pour encourager ses confrères à mettre de côté toute fausse polémique.

DJ Scratch a fait le bonheur des participants dans le parc. A partir d'une technique chère au chanteur de jazz, le rappeur imitait les instruments avec sa voix. Très naturel, il improvisait des beat tout en donnant l'impression qu'un DJ assurait la touche technique d'une console où plusieurs CD de musique sont mis en rotation l'un après l'autre. Passant allègrement d'un hit à l'autre, DJ Scratch relayait joyeusement DJ Fanfan.Le goût de l'attente
La 8e édition de musique en folie, selon certains observateurs, a mis tout le paquet sur le spectacle. Aussi, tout le monde attendait patiemment sa vedette préférée. On prenait un feeling à attendre Ti Djo, Pouchon Duverger, Mimi. Le goût de l'attente s'appréciait à l'aune de la performance des stars. « S'il faut que je reste jusqu'à trois heures du matin pour voir performer Djakout, je le ferai », confie un fan de la bande à Pouchon Duverger et de Shabba. Caleb Desrameaux, le maître de cérémonie, ne ratait pas l'occasion pour demander instamment aux spectateurs : où sont les fans de tel ou tel groupe?Un ensemble religieux, contrairement à ce qui était prévu, participait à la clôture de la foire musicale. Le duo des deux frères, Yves & Yvan, n'avait rien à envier à un exploit d'un Djakout ou d'un Krezi lors des périodes carnavalesques. Avec leur tube à succès « Deyo a pa gen anyen », ce duo explosif a fait trembler le parc historique de la Canne à Sucre.

Et la mode aussi...Les mannequins des productions Jean Yves Marchand, Phélicia Dell et de Harry Lafond ont défilé sur les planches. Le public s'est rincé les yeux sur les vêtements élégamment portés par les mannequins de ces deux créateurs. Les toiles d'araignée d'Harry Lafond ont accroché le regard. Avec lui, le produit local est mis en valeur. Les collections de Phélicia Dell ont également suscité des réactions positives dans le public.La promesse des fleurs

Le coeur de Port-au-Prince battait à Tabarre. Flot de voitures, vagues successives de personnes déferlaient dans le Parc. Les « Dasoman » après avoir escaladé les clôtures, arrivaient en grand nombre, grossissaient la foule. Devant une telle affluence, les disquaires croyaient que le décor était planté pour réaliser une vente phénoménale. Un représentant de Nouvel Jenerasyon a fait savoir que le samedi 17 novembre et jour consacré à la musique religieuse, les gens achetaient au compte-gouttes. Le lendemain, les acheteurs se sont présentés en plus grand nombre aux stands des disquaires. Certains regrettent les éditions des années précédentes où les acheteurs venaient en famille et vidaient les bacs des disquaires.

Pour le représentant de Mélo Disque, définitivement, il faudra que les organisateurs de Musique en folie repensent le concept de cette foire pour que le spectacle ne prime pas sur la vente des CD. « L'année prochaine, on se réunira autour d'une table pour discuter », déclare-t-il.A Livre en folie, l'accent est porté sur le livre. A Musique en folie, l'attention doit être porté sur le disque, pense Mme Michaelle Saint-Natus. Aussi souhaite-t-elle qu'il y ait moins de spectacles. Les années passent et ne se ressemblent pas. En tout cas, Musique en folie cette année, c'était plus que la folie.
Péguy André Joseph

Claude Bernard Sérant
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50928&PubDate=2007-11-20

"Mon pays, mon parti et moi-même"!


Le 2e congrès national du Mouvement des Jeunes de l'organisation du Peuple en lutte (OPL) a eu lieu au cours du week-end. Les responsables de cette formation politique entendent ainsi préparer la relève.

Quelque 300 délégués venus des dix départements géographiques du pays ont pris part à ce congrès au siège central du parti à Pont Morin qui a eu pour thème : « Mon pays, mon parti, et moi-même ». Les membres du comité exécutif de l'OPL ainsi que ses représentants à la 48e législature étaient aussi au rendez-vous.« C'est avec une grande joie et un doux sentiment de satisfaction que je vous accueille, participants et participantes au Congrès national du Mouvement des jeunes, préparatoire au congrès national du parti », a lancé le coordonnateur général de l'OPL, Edgar Leblanc Fils, en donnant le coup d'envoi de la manifestation.
Edgar Leblanc a par ailleurs félicité les animateurs et organisateurs, les coordonnateurs communaux et départementaux qui ont travaillé afin de rendre possible ce deuxième congrès organisé trois ans après le premier. Des congrès locaux et régionaux avaient été tenus en préparation du congrès national. Tout cela a fait éclater la joie du coordonnateur général de l'OPL. « C'est aujourd'hui un mouvement national, dynamique, plein de personnalités et de ressources qui réunit ses délégués en congrès national après avoir organisé tous ses congrès régionaux et élus ses dirigeants à l'échelle des départements », s'est-il réjoui.De son coté, le coordonnateur départemental de l'Ouest, Pierre Richard Marcelin, a félicité ses collègues pour avoir décidé de créer une structure pour les jeunes au sein du parti. Une telle initiative, a-t-il dit, doit non seulement permettre le renouvellement de la classe politique haïtienne, mais aussi de donner aux jeunes la possibilité de poser leur pierre dans la construction du pays.

« Le Mouvement des Jeunes de l'OPL est une école pour former les jeunes », a enchaîné Saintima Maximot, Secrétaire général sortant du mouvement. Il a applaudi des deux mains, l'engouement des jeunes à travers tous le pays à investir la scène politique. « La politique ne doit plus l'affaire des bandits et de voyous », a-t-il dit tout en rappelant que l'avenir d'Haïti repose sur les jeunes. Plusieurs sujets comme le mouvement de jeunesse en Haïti, les Jeunes dans les politiques publiques du gouvernement, Etudiants et partis politiques : intégration des étudiants dans la vie politique active ...ont été abordés au cours de ce congrès de deux jours. Regroupant des jeunes de 18 à 34 ans, le Mouvement des jeunes de l'OPL a été créé en 1997. Son premier congrès a eu lieu en novembre 2004. http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50924&PubDate=2007-11-20

Non à la domesticité des enfants !


La domesticité des enfants est une forme d'esclavage. Le temps est révolu, cette pratique n'a plus sa place. Le réseau « Aba sistèm restavèk » s'engage dans cette lutte.
« Un Haïti sans enfant en domesticité est possible » a été le thème retenu, cette année, par le réseau ''Aba sistèm restavèk'' pour la célébration de la deuxième journée nationale contre la domesticité des enfants. Selon l'un des membres du conseil administratif de ce réseau, Jean Alix, plusieurs activités ont marqué cette 2e journée. « Nous avons fait chanter, samedi, une messe en la circonstance en la cathédrale Sainte Trinité. Des milliers de participants de confessions différentes y ont pris part», a-t-il expliqué.M. Alix a ajouté que « suite à cette cérémonie religieuse, les responsables du réseau ''Aba sistèm restavèk'' ont marché dans les rues de la capitale en compagnie d'environ 1500 enfants victimes de la domesticité». Partant de la cathédrale Sainte Trinité, cette marche s'est terminée au Champ de Mars. Outre ces activités, une table ronde a été organisée à l'hôtel Le Plaza autour de la problématique des enfants en domesticité. Elia Lajeunesse et Jean Robert Cadet, deux adultes victimes de cette situation dans leur enfance, ont été les principaux panélistes.
Au cours de son intervention, Jean Robert Cadet a permis à l'assistance de revivre les moments les plus difficiles de ses dix années passées en domesticité. « Certaines fois, la personne chez qui j'étais en domesticité me prêtait à ses amies. Après m'avoir utilisé pour leurs services domestiques, on remerciait ma responsable », a-t- lâché, arguant qu'on l'appelait « Ti gason » et non Jean Robert.
M. Cadet, qui a aussi rappelé qu'on le maltraitait, a avoué qu'il s'engage dans la lutte contre cette forme d'esclavage. Jean Robert Cadet est actuellement professeur d'université. Il vit aux Etats-Unis d'Amérique. Pour sa part, Elia Lajeunesse, cherchant de se détacher de la bestialité à laquelle elle était réduite, a dû abandonner la résidence de ses responsables. Pour survivre, elle était obligée de trouver un emploi. Là, commence une nouvelle mésaventure. Elle s'est fait violer par ses employeurs.
Déterminés à lutter contre ce système, les responsables du réseau entendent sensibiliser tous les secteurs de la vie nationale. Ils prévoient, pour bientôt, des rencontres avec les parlementaires. Ils comptent aussi réaliser des activités de sensibilisation dans les villes de province.
Jean Gardy Gauthier
gauthierjeangardy2001@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50947&PubDate=2007-11-20

La musique haïtienne peut être rentable

Tandis que la musique haïtienne est sur scène dans toutes ses dimensions, disquaires, producteurs et distributeurs s'accordent à reconnaître que celle-ci peut se targuer d'avoir plus que jamais un meilleur avenir. Musique en Folie en est une initiative parmi tant d'autres qui contribuent à relever le défi de la rentabilité de l'art musical. Si les uns sont épatés par la vente de l'album de Révélation, d'autres, surpris par la performance de Dola, d'autres encore enchantés par le professionnalisme mis peu à peu dans la production musicale c'est qu'ils croient tous que la musique peut se targuer d'avoir peu à peu une marge dans l'économie haïtienne. Mais le rôle de l'Etat haïtien dans la promotion de la musique est primordial, estime Frantz Révil de Rêve Record, participant à Musique en Folie.« Dans la mesure où la musique représente un grand créneau sur le marché mondial, l'Etat haïtien doit finalement sortir de son laxisme qui cause beaucoup d'ennuis au marché musical haïtien », souligne-t-il.M. Révil se plaint de la production musicale qui se fait ailleurs dans sa quasi-totalité et ne bénéficie d'aucun regard de la part des autorités haïtiennes. Frais de douanes exorbitants, TCA, coûts de production et de transport ne font que décourager les distributeurs qui sont obligés, de leur côté, de garder le prix fort sur les produits. « Ce sont les consommateurs finaux et la musique elle-même qui en pâtissent », regrette-t-il. En dehors de ces avantages que le ministère de la Culture aurait dû accorder aux distributeurs, la musique haïtienne ne peut rien promettre comme facteur de développement.
« En Haïti, s'indigne le producteur, on continue à considérer le commerce de la musique comme la revente de céréales. Tandis que certains Etats industrialisés assurent eux-mêmes la promotion de leurs produits. »Toutefois, Frantz Révil se veut optimiste. « Il y a plein d'avenir pour la musique haïtienne », se réjouit-il. Pour lui, l'intérêt des Haïtiens pour leurs tendances musicales, toutes incluses, permet d'espérer mieux.Musique en Folie, l'étape décisive
Beaucoup d'institutions publiques privées ont rejoint Le Nouvelliste, la Unibank et le Rhum Barbancourt, initiateurs de la foire musicale haïtienne. Ce qui constitue une bonne piste pour les diverses tendances de cette musique qui a longtemps piétiné dans la pénurie.Cette huitième édition de Musique en Folie laisse transpirer une certaine maturité au niveau des groupes musicaux haïtiens, selon certains participants. Accordant cette année beaucoup d'intérêt aux spectacles, les organisateurs de la foire musicale ont été la cible de plusieurs disquaires dénonçant la tendance de ceux-ci à contourner ainsi le vrai but de la foire.
D'autres disquaires ne vont pas par quatre chemins : on n'est pas satisfaits sur toute la ligne, mais c'est acceptable. Si les nouveaux albums de Révélation, Dola, Zin, Richie et Gracia, Mass Compas, Tifane et le répertoire de Kdans sont les plus demandés du côté de Mélodisque, pour Philippe Saint-Louis de Mizikanou Barikad Crew a remporté la palme au niveau de la vente. Suivent après Emmeline Michel, Carimi, Rockfam.Les entreprises publiques et privées qui ont eu leur kiosque sur le site se sont félicités d'avoir choisi le public de Musique en Folie. L'APAAC, le ministère à la conditions féminines et aux droits de la femme, le bureau haïtien du droit d'auteur tous disent avoir y fait bonne campagne.
Lima Soirélus

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50963&PubDate=2007-11-19

Guyre Poulard réclame une lutte contre la corruption non partisane

L'évêque de Jacmel, Guyre Poulard, dénonce la politique deux poids deux mesures du gouvernement dans la lutte contre la corruption tout en saluant les multiples actions des autorités gouvernementales à l'initiative du chef de l'état. Tout en estimant que le pays a la chance de bénéficier d'une telle campagne, Guyre Poulard rappelle que la campagne contre la corruption sera longue. Toutefois il soutient que cette lutte ne doit pas être partisane pour qu'elle soit efficace. Selon lui, l'annulation de la plainte à l'encontre de l'ex président Aristide est un signe qui laisse croire que certains secteurs ne sont pas concernés. " En annulant la plainte contre Jean Bertrand Aristide et en libérant des anciens membres du gouvernement lavalas sans aucune décision de justice le gouvernement n'encourage pas la lutte contre la corruption", ajoute t-il. En juillet 2006, le gouvernement avait retiré la plainte pour vol de " millions de dollars " déposée aux États-Unis par le gouvernement intérimaire de Gérard Latortue à l'encontre de Jean Bertrand Aristide. Dans un document remis à un tribunal fédéral de Miami, les avocats du gouvernement haïtien ont demandé le "retrait volontaire " sans conséquence financière de la plainte déposée en novembre 2005 par l'ancien gouvernement du premier ministre Gérard Latortue.
L'évêque du sud-est déclare que l'administration publique est pourrie ce qui selon lui prouve l'importance de cette lutte. " La lutte contre la corruption est le point de départ pour un pays qui veut s'engager dans la voie du progrès", martèle Guyre Poulard qui rappelle que des enquêtes doivent être réalisées avant de porter des accusations contre des individus. " Les autorités judiciaires doivent trouver des preuves contre les personnes accusées pour éviter d'avilir d'honnête gens", dit-il estimant que tous les secteurs de la vie nationale doivent s'impliquer dans la lutte contre la corruption.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50914&PubDate=2007-11-20