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mardi 8 mars 2011

Haiti-Carnaval : La fête n’attire pas la grande foule

P-au-P., 7 mars 2011 [AlterPresse]--- Les festivités carnavalesques de cette année, les premières depuis le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, ont peu d’envergure en comparaison aux années précédentes.
Les activités ont débuté timidement le dimanche 6 mars en milieu d’après-midi et doivent durer jusqu’au 8 mars en cours, autour du thème « Ann selebre la vi (Célébrons la vie) ».
Des milliers de fêtards ont quand-même occupé les rues en dansant et chantant, certains d’entre eux munis de photos des deux candidats à la présidence (Mirlande Manigat et Michel Martelly) donnant une allure électorale aux festivités.
Contrairement aux années antérieures, de rares chars allégoriques ont été remarqués sur le parcours et les groupes les plus représentatifs des différentes tendances musicales d’Haïti n’étaient pas au rendez-vous.
Le décor est le même que pour les dimanches pré-carnavalesques : une dizaine de bandes à pied, quelques Dj et divers groupes musicaux constitués de jeunes défilent de la Mairie de Port-au-Prince (Bicentenaire, cote ouest de la capitale) vers le stade Sylvio Cartor (centre) en passant par les rues des Casernes, de la République et Oswald Durand.
Des pluies inattendues annonçant l’arrivée prochaine du printemps n’arrangent pas les choses. La première journée s’est terminée prématurément vers 9 :00 du soir (heure locale), tandis que la clôture était prévue à minuit.
Le gouvernement, via le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC), a décaissé 50 millions de gourdes pour la réalisation du carnaval sur l’ensemble du territoire. La moitié de cette somme est allée à la commune de Port-au-Prince.
De l’avis de certains citoyens qui ne voient pas d’un bon œil la réalisation de cette fête populaire dans le contexte de l’après-séisme, ces fonds devraient de préférence être utilisés à améliorer les conditions de vie des victimes du cataclysme qui vivent actuellement dans des camps de fortune.
C’est aussi l’avis de plusieurs groupes musicaux comme Ram, T-Vice, Djakout Mizik, Kreyol La, Carimi et tant d’autres qui n’ont pas répondu au rendez-vous.
Plus de 800.000 Haïtiens, selon un rapport de l’ONU, vivent encore sous les tentes dans les environs de Port-au-Prince, notamment au Champ de Mars, haut-lieu du carnaval haitien. [sfd gp apr 07/03/2011 15 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10723
Commentaire:
Avis plutôt mitigé aussi sur la réalisation du Carnaval. Heureusement que tout le monde aura été raisonnable. Le gouvernement aurait décaissé seulement l'équivalent de 20% du montant généralement alloué à cette activité.
En ce qui cocnerne les groupes musicaux les plus populaires qui ont l'habitude de recevoir des cachéts très juteux pour leur participation, ils auraient pu faire un effort et faire danser les caranavaliers.
C'est à se demander si la motivation de la non participation n'est pas bien ailleurs que le faux scrupule monté autour de la situation du pays.

Un premier Carnaval à Port-au-Prince depuis le séisme

Publié le 06 mars
Associated Press, Port-au-Prince
Des foules en liesse dansaient dans les rues de Port-au-Prince, dimanche, alors que la capitale haïtienne célébrait son premier Carnaval depuis le tremblement de terre de janvier 2010.
Photo: AFP
Le défilé s'est déplacé devant des façades de commerces dévastés du centre-ville. Pour l'occasion, le boulevard habituellement achalandé qui passe devant le Palais national, en ruines, a été transformé en zone piétonnière durant les trois jours de festivités.
Les organisateurs ont érigé un mur en contreplaqué pour séparer la zone réservée au Carnaval, événement annuel, de l'immense place Champ de Mars, désormais le lieu de campement pour des dizaines de milliers de personnes ayant été réduites au statut de sans-abri par le séisme.
Plusieurs spectateurs maugréaient, estimant que l'envergure du Carnaval de cette année était bien inférieure à celle des événements précédents. D'autres ont plutôt affirmé que Port-au-Prince n'aurait pas dû organiser le Carnaval.
Un homme de 24 ans, Gerda Delcy, qui attendait de voir passer sa fille dans le défilé a fait valoir qu'il ne s'agissait pas d'un moment approprié pour fêter, car des Haïtiens vivent toujours dans des tentes et dans la misère.
Même certains participants au défilé partageaient ce point de vue.
Portant une longue robe, Nerne Karinar, 59 ans, a affirmé que le pays n'était pas prêt pour le Carnaval, tout en se plaignant de la petite envergure de la parade.
Le séisme du 12 janvier 2010 a tué environ 300 000 personnes, laissé la majeure partie de la capitale haïtienne en ruines et forcé l'annulation du Carnaval.
L'Organisation des Nations unies affirme qu'environ 800 000 Haïtiens vivent encore dans des campements temporaires à proximité de Port-au-Prince.
Pour expliquer l'envergure du Carnaval, le coordonnateur de l'événement pour la ville de Port-au-Prince, Hervé Saint-Preux, a précisé que les organisateurs disposaient d'un budget correspondant à environ 20 pour cent des montants dépensés au cours des années précédentes.
M. Saint-Preux a expliqué que les autorités locales estimaient qu'il était important de tenir le Carnaval malgré les difficultés auxquelles fait face Haïti.
Il a fait valoir que la population désirait un Carnaval et qu'elle l'aurait planifié elle-même si les autorités n'avaient pas organisé l'événement.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201103/06/01-4376649-un-premier-carnaval-a-port-au-prince-depuis-le-seisme.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4376596_article_POS1