Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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mercredi 21 novembre 2012
AMIENS.- Raoul Peck, cinéaste sans frontières mais homme du monde avant tout ;
Le réalisateur haïtien est allergique aux cartes d'identité. Son cinéma aussi. Invité, d'honneur du Festival international du film d'Amiens, le globe-trotter se confie.
Un entretien avec Raoul Peck, vous plaisantez? Le «Raoul Peck», ce réalisateur sans étiquette, ce journaliste mordu de photographies, cet ancien ministre de la Culture d'Haïti, l'actuel président de la Fondation européenne pour les métiers de l'image et du son (Femis)?
De toute façon, plus la peine de reculer: par deux fois, le rendez-vous a été repoussé. Cette fois-ci, il est bel et bien fixé. Le réalisateur gentleman - qui ne fait d'ailleurs pas ses 59 ans dans son élégante veste de costume moutarde - reçoit à la bonne franquette à l'une des tables installée dans le hall de la Maison de la Culture.
À peine le mot «cinéma» est-il prononcé que ses yeux s'illuminent: «J'essaie de rendre présent ce qu'on a tendance à oublier. Mes films ne proposent ni plus ni moins qu'une lecture de vie différente», confie-t-il.
Sur son travail, il est tatillon et extrêmement bavard. Mais sur sa vie intime, pas le moins du monde. Il ne lâche rien, si ce n'est peut-être que certains de ses enfants vivent aux États-Unis. «Mes enfants, ce sont mes films, les spectateurs, les cinéphiles, les élèves du Femis... Quand on passe plusieurs années de sa vie à travailler sur un film, les frontières entre l'artistique et l'intime se mélangent. Ce que je fais se nourrit de mon expérience», assure-t-il.
Une expérience qu'il a accumulée aux quatre coins du monde. Son pays d'origine? Haïti où il est né en1953, d'un père ingénieur agronome et d'une mère secrétaire de direction. «J'ai eu la chance de grandir dans une famille assez aisée qui voyageait beaucoup et qui avait une très grande ouverture culturelle.»
Mais même s'il est né dans un pays féru de cinéma qui comptait plus d'un million de cinéphiles pendant les années de dictature, rien ne le prédestinait à devenir réalisateur. «Je ne savais même pas qu'on pouvait faire carrière dans le cinéma ! Et si j'avais osé dire à mes parents que je souhaitais devenir artiste, j'aurais été certainement taxé de saltimbanque», avoue-t-il, le sourire aux lèvres.
Sélectionné à Cannes en1993
Ce choix de carrière, il ne l'a pas fait sur un coup de tête. Loin de là. Ce projet de vie s'est imposé à lui lentement mais sûrement. Il a mûri au fil des rencontres et des histoires qu'il a compilées.
Au final, l'enfance de Sarah, la petite héroïne de son film L'Homme sur les quais qui lui a valu une sélection à Cannes en1993, n'est pas si éloignée de la sienne. Lui aussi était aux premières loges de la dictature des Duvalier.
Lui aussi a connu violences arbitraires et angoisses quotidiennes. Sa famille s'est exilée au Congo. Il avait à peine 9 ans. Mais le pathos, il s'en fiche.
Seul le devoir de mémoire compte: «Je fais des films pour poser les choses, pour inviter à la réflexion, pour éviter que l'horreur ne recommence. Et si je n'ai remis les pieds à Haïti qu'après 25 ans d'exil, mes origines coulent toujours dans mes veines.»
Qu'importe s'il a passé sa vie à brandir son passeport à chaque frontière, ses films, eux, n'ont pas de nationalité: «Ce qui m'intéresse, ce sont les renversements de perspective. J'essaie de casser cette vision euro-centrique du monde. Quand je tourne à Haïti, je m'engage là-bas. De même, au Congo ou au Rwanda.»
Et cette France qu'il dépeint dans sa série l'Affaire Villemin, il l'a connue lycéen alors qu'il avait été envoyé en pension chez les jésuites à Orléans. «Un gros plan sur la société française mais aussi sur les dérapages médiatiques, les alliances nouées entre avocats et journalistes ou police et médias», explique-t-il.
Cette France qu'il quitte pourtant son bac en poche pour rallier Berlin: «Je me sentais à l'étroit. L'Allemagne me promettait à la fois des études pointues et une ouverture culturelle sur le monde.»
C'est Outre-Rhin qu'il fait ses études d'ingénieur, qu'il se passionne pour Karl Marx, qu'il rentre à l'Académie du film de Berlin et qu'il réalise ses premiers courts métrages. Avant de quitter l'Allemagne pour devenir ministre de la Culture d'Haïti en1996.
Polyglotte saute-frontières, accro de culture melting-pot, homme du monde. Cette rencontre à la Maison de la Culture est à l'image de sa personnalité: délicieusement insaisissable.
http://www.courrier-picard.fr/courrier/Loisirs/Arts-Spectacles/Raoul-Peck-cineaste-sans-frontieres-mais-homme-du-monde-avant-tout
dimanche 12 septembre 2010
Arte : la chute d’un dictateur populiste en Haïti...MOLOCH TROPICAL...UN FILM DE RAOUL PECK
Arte, Haïti, Télévision Par yucatan
le 11/09/2010
Vendredi 10 septembre nous avons eu le plaisir de voir sur Arte, un film exceptionnel qui n’a pas encore été programmé dans les salles obscures de l’hexagone. Son titre Moloch tropical. Le Parisien le décrit ainsi : « film franco-haïtien de Raoul Peck 2009, 105 min. Avec Zinedine Soualem et Sonia Rolland. Les dernières 24 heures avant sa chute, du président haïtien démocratiquement élu, Jean de Dieu Théogène, renversé par une révolte populaire. »
Il s’agit en fait, de l’histoire légèrement romancée de la fin du deuxième mandat du président haïtien Aristide, ancien prêtre catholique de la théologie de la Libération, élu avec 93 % des voix et... 5 % de votants.
L’action se passe à huis clos dans l’impressionnant palais de l’ancien roi Christophe (1767 - 1820), perché sur une montagne toute nimbée de brouillard. La commémoration du bicentenaire de l’indépendance sert de fil conducteur. Magistralement interprété par Zinedine Soualem, le président haïtien nous est montré dans une lente descente aux enfers qui se termine par une crise de folie. Crise révélée par son discours de commémoration où il se prend pour Gandhi, De Gaulle, Antoine et Cléopâtre et de nombreux autres personnages hétéroclites. Abandonné par tous ses amis et commanditaires, dont les USA en tête, il finira nu au sens propre comme au figuré. Prisonnier dans son palais bunker, dont les soubresauts du soulèvement de son peuple, ne lui parviennent que par écrans de télévision ou téléphones interposés, on ne peut que penser à Hitler éructant contre le monde entier dans son trou, tandis que Berlin au-dessus est à feu et a sang. Le ‘’héros’’ malgré lui, nous fait part, avec un certain humour inconscient et macabre, durant tout son calvaire, de sa conception du monde, du pouvoir et des difficultés à gérer un peuple d’anciens esclaves, qui depuis 200 ans cherche son centre de gravité. L’orchestre du palais, omniprésent et qui doit inaugurer les festivités du bicentenaire, matérialise le discours de son président : même dans la musique, malgré les efforts surhumains du chef d’orchestre, il n’arrive pas à jouer l’hymne national. Difficile entente et coordination entre les métis et les noirs traités de paysans par le chef des musiciens épuisé. Noirs qui ne servent que de valets ou d’exutoires sexuels aux dirigeants métis en mal d’être. Belle prestation de la femme de Théogène, interprétée par l’ancienne miss France : Sonia Rolland.
L’atmosphère de fin de règne, qui oscille entre le tragique, le morbide, le scatalogique et l’ubuesque, est interprétée de main de maître par le réalisateur, enfant du pays. Spectacle à ne pas manquer lors de son passage sur les écrans français.
http://www.lepost.fr/article/2010/09/11/2215661_arte-la-chute-d-un-dictateur-populiste-en-haiti.html
Moloch Tropical - Sonia Rolland / Une première dame de coeur
Première dame d’Haïti, Michaëlle a beaucoup fait pour la carrière de Jean de Dieu. Épouse fidèle aujourd’hui délaissée, elle assiste à sa chute, impuissante.
« Michaëlle est une bourgeoise haïtianno-américaine de 35 ans. Autrement dit, rien à voir avec moi ! Mais Raoul Peck va toujours au-delà des apparences, comme le prouve le choix de Zinedine. Il m’a dit : tu es une bosseuse, tu n’as pas froid aux yeux, alors montre-moi que tu en es capable. Pile les mots qu’il faut pour me pousser… Car évidemment, j’aimerais aller de plus en plus vers ce type de rôles. J’ai travaillé mon anglais, étudié les différents profils des premières dames, beaucoup observé Carla Bruni-Sarkozy et Michelle Obama, qui incarnent ce rôle de façon très moderne. Michaëlle est une combattante.
Le message du film est universel.
Elle est tombée amoureuse d’un homme aux fortes convictions politiques et elle a cru en lui comme beaucoup d’autres. Mais malgré la violence de sa déception, elle choisit de rester – par amour, et poussée par ce fatalisme qu’on retrouve en Afrique, dans tous les pays qui ont connu la dictature. Le message du film est universel. Il parle du pouvoir en général, montrant comment on finit par se perdre dans ses dédales.
Nous étions vraiment conditionnés : coupés du monde, comme les personnages, dans cette citadelle perchée en altitude, dans une humidité constante. Cela nous a tous animés d’une même énergie… Raoul sait créer un climat d’intimité très créatif. Il susurre ses indications à l’oreille, pour ne jamais vous mettre dans l’embarras. Je suis très fière d’avoir travaillé avec lui. On s’était rencontrés il y a des années sur le casting de son film Quelques jours en avril (HBO Films). Depuis ce jour, on savait qu’on ferait quelque chose ensemble. »
vendredi 3 septembre 2010
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83121&PubDate=2010-09-02
Haïti: Jean de Dieu dirige Haïti d'une main de fer, sourd aux critiques du peuple. Mais un beau jour, le pays se révolte: le film "Moloch tropical", co-produit par Arte, est directement inspiré des années noires de l'île et analyse les dérives du pouvoir.
Initialement prévu pour le grand écran, le film (1H46) réalisé par Raoul Peck ("L'école du pouvoir", "L'affaire Villemin", "Lumumba") a finalement été co-produit par la chaîne franco-allemande, qui le diffusera le 10 septembre à 20H45.
Jean de Dieu (Zinédine Soualem), président "élu démocratiquement", vit depuis des années reclus dans son palais-forteresse niché au sommet d'une montagne. Entouré d'une multitude de gardes du corps et de collaborateurs plus ou moins fidèles, il ne sort jamais de sa résidence.
Un jour il organise une grande soirée commémorative, où devraient être présents les dignitaires et chefs d'Etats étrangers, mais le peuple se révolte, exténué par la détérioration de ses conditions de vie. Jean de Dieu, qui se prend pour "le Christ Rédempteur", ne comprend pas: "depuis quand le peuple sait ce qu'il veut ?". Il envoie sa milice réprimer les révoltés dans le sang.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83121&PubDate=2010-09-02
Raoul Peck s'est très largement inspiré de Jean-Bertrand Aristide, président de Haïti à plusieurs reprises, entre 1991 et 2004. "Mais pas exclusivement. Il ne manque malheureusement pas de modèles tout aussi parlant, en Europe comme en Amérique pour ce genre de comportement", estime M. Peck dans une interview à l'AFP.
La personnalité de Jean de Dieu est particulièrement complexe, loin de la caricature de vil dictateur. "C'est un être humain, surtout pas un monstre. C'est nous!", estime M. Peck. Pour le réalisateur, "c'est la fonction qui ouvre la porte à ces dérives, c'est l'entourage qui peu à peu tolère et encourage la folie".
A souligner les belles prestations d'une palette d'acteurs, à commencer par celle de Zinédine Soualem, plutôt habitué aux seconds rôles ("Bienvenue chez les Ch'tis", "Les poupées russes"), mais aussi de Mireille Metellus, bras droit de Jean de Dieu, percutante dans son rôle de dame de fer vénale.
Convaincante aussi Sonia Rolland, qui joue la touchante "Michaëlle", épouse délaissée de Jean de Dieu. Le film revient également sur un épisode délicat de l'histoire franco-haïtienne, qui a récemment défrayé la chronique: le paiement des 90 millions francs-or imposé par le roi Charles X (1824-1830) pour accorder l'indépendance à Haïti.
Jean-Bertrand Aristide avait réclamé ces milliards à Jacques Chirac en vain et dans l'espoir de "détourner l'attention de son opinion publique locale qui commençait à la menacer sérieusement", rappelle M. Peck. Mi-août, un groupe d'intellectuels et de responsables politiques avait appelé la France à rembourser ces francs-or, équivalents à plus de 17 milliards d'euros, dans une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy.
En juillet, un comité militant pour le remboursement de cette somme avait truqué le site internet du Quai d'Orsay en annonçant le versement à venir par la France de ces milliards à Haïti.
Initialement prévu pour le grand écran, le film (1H46) réalisé par Raoul Peck ("L'école du pouvoir", "L'affaire Villemin", "Lumumba") a finalement été co-produit par la chaîne franco-allemande, qui le diffusera le 10 septembre à 20H45.
Jean de Dieu (Zinédine Soualem), président "élu démocratiquement", vit depuis des années reclus dans son palais-forteresse niché au sommet d'une montagne. Entouré d'une multitude de gardes du corps et de collaborateurs plus ou moins fidèles, il ne sort jamais de sa résidence.
Un jour il organise une grande soirée commémorative, où devraient être présents les dignitaires et chefs d'Etats étrangers, mais le peuple se révolte, exténué par la détérioration de ses conditions de vie. Jean de Dieu, qui se prend pour "le Christ Rédempteur", ne comprend pas: "depuis quand le peuple sait ce qu'il veut ?". Il envoie sa milice réprimer les révoltés dans le sang.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83121&PubDate=2010-09-02
Raoul Peck s'est très largement inspiré de Jean-Bertrand Aristide, président de Haïti à plusieurs reprises, entre 1991 et 2004. "Mais pas exclusivement. Il ne manque malheureusement pas de modèles tout aussi parlant, en Europe comme en Amérique pour ce genre de comportement", estime M. Peck dans une interview à l'AFP.
La personnalité de Jean de Dieu est particulièrement complexe, loin de la caricature de vil dictateur. "C'est un être humain, surtout pas un monstre. C'est nous!", estime M. Peck. Pour le réalisateur, "c'est la fonction qui ouvre la porte à ces dérives, c'est l'entourage qui peu à peu tolère et encourage la folie".
A souligner les belles prestations d'une palette d'acteurs, à commencer par celle de Zinédine Soualem, plutôt habitué aux seconds rôles ("Bienvenue chez les Ch'tis", "Les poupées russes"), mais aussi de Mireille Metellus, bras droit de Jean de Dieu, percutante dans son rôle de dame de fer vénale.
Convaincante aussi Sonia Rolland, qui joue la touchante "Michaëlle", épouse délaissée de Jean de Dieu. Le film revient également sur un épisode délicat de l'histoire franco-haïtienne, qui a récemment défrayé la chronique: le paiement des 90 millions francs-or imposé par le roi Charles X (1824-1830) pour accorder l'indépendance à Haïti.
Jean-Bertrand Aristide avait réclamé ces milliards à Jacques Chirac en vain et dans l'espoir de "détourner l'attention de son opinion publique locale qui commençait à la menacer sérieusement", rappelle M. Peck. Mi-août, un groupe d'intellectuels et de responsables politiques avait appelé la France à rembourser ces francs-or, équivalents à plus de 17 milliards d'euros, dans une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy.
En juillet, un comité militant pour le remboursement de cette somme avait truqué le site internet du Quai d'Orsay en annonçant le versement à venir par la France de ces milliards à Haïti.
dimanche 15 août 2010
Moloch Tropical : le téléfilm avec Sonia Rolland le 10 septembre 2010 sur Arte
Par Première
Nous avions assisté à la projection du téléfilm de Raoul Peck , Moloch Tropical , qui sera diffusé le 10 septembre prochain sur Arte. Les acteurs Sonia Rolland et Zinedine Soualem reviennent sur cette expérience.
Sonia Rolland, notre ex-miss France 2000, s'est fait un nom d'actrice avec la série télé Léa Parker . Elle poursuit dans cette voie avec Moloch Tropical, le nouveau film pour la télévision de Raoul Peck.
Cette fiction sera en effet diffusée sur Arte le vendredi 10 septembre 2010 à 20h40.
Cette fable satirico-politique a été intégralement tournée en huis clos du haut d'une citadelle à Haïti.
Au casting, on retrouve l'excellent Zinedine Soualem, Mireille Metellus , Nicole Dogue , Jimmy Jean-Louis , Elli Meideiros ...
L'histoire en quelques mots : Le Président Jean de Dieu Théogène dirige son pays, coupé du peuple. Élu "démocratiquement", autrefois plein d'idéaux, il est aujourd'hui incapable d'admettre l'échec de sa politique.L'ultime journée de son pouvoir le confronte de façon tragi-comique à sa solitude et à sa folie.
Raoul Peck, le réalisateur, explique sa démarche : " Il s'agit, dans une grande liberté créative, d'intégrer l'humour dans le chaos, l'ironie dans la poésie, le cynisme dans l'humanité pourtant réelle des personnages. Le pouvoir aujourd'hui, loin des clichés habituels de dictature tropicale, prend même dans les pays les plus démocratiquement avancés, des formes et des expressions pour le moins scabreuses".
Il revient avec émotion sur le tournage peu ordinaire de cette fiction : " il faut monter à pied ou à dos de mulet un petit chemin serpentant la montagne. Ni eau courante, ni électricité... Et c'est pourtant dans ce lieu et ces conditions qu'ont vécu les équipes".
Zinedine Soualem, l'acteur principal, explique à son tour : " Raoul s'est servi de ma nature d'acteur comique, pour créer un décalage entre la situation, très dramatique, et ce personnage que malgré tout on n'arrive pas à détester. Il a très bien senti que j'étais capable d'aller assez loin".
La belle Sonia Rolland, qui interprète la femme du Président, explique comment elle a abordé ce rôle : " J'ai travaillé mon anglais, étudié les différents profils des premières dames, beaucoup observé Carla Bruni-Sarkozy et Michelle Obama , qui incarnent ce rôle de façon très moderne".
Pour découvrir Moloch Tropical, il va falloir patienter jusqu'au 10 septembre !
http://www.lepost.fr/article/2010/08/12/2182250_moloch-tropical-le-telefilm-avec-sonia-rolland-le-10-septembre-2010-sur-arte.html
Nous avions assisté à la projection du téléfilm de Raoul Peck , Moloch Tropical , qui sera diffusé le 10 septembre prochain sur Arte. Les acteurs Sonia Rolland et Zinedine Soualem reviennent sur cette expérience.
Sonia Rolland, notre ex-miss France 2000, s'est fait un nom d'actrice avec la série télé Léa Parker . Elle poursuit dans cette voie avec Moloch Tropical, le nouveau film pour la télévision de Raoul Peck.
Cette fiction sera en effet diffusée sur Arte le vendredi 10 septembre 2010 à 20h40.
Cette fable satirico-politique a été intégralement tournée en huis clos du haut d'une citadelle à Haïti.
Au casting, on retrouve l'excellent Zinedine Soualem, Mireille Metellus , Nicole Dogue , Jimmy Jean-Louis , Elli Meideiros ...
L'histoire en quelques mots : Le Président Jean de Dieu Théogène dirige son pays, coupé du peuple. Élu "démocratiquement", autrefois plein d'idéaux, il est aujourd'hui incapable d'admettre l'échec de sa politique.L'ultime journée de son pouvoir le confronte de façon tragi-comique à sa solitude et à sa folie.
Raoul Peck, le réalisateur, explique sa démarche : " Il s'agit, dans une grande liberté créative, d'intégrer l'humour dans le chaos, l'ironie dans la poésie, le cynisme dans l'humanité pourtant réelle des personnages. Le pouvoir aujourd'hui, loin des clichés habituels de dictature tropicale, prend même dans les pays les plus démocratiquement avancés, des formes et des expressions pour le moins scabreuses".
Il revient avec émotion sur le tournage peu ordinaire de cette fiction : " il faut monter à pied ou à dos de mulet un petit chemin serpentant la montagne. Ni eau courante, ni électricité... Et c'est pourtant dans ce lieu et ces conditions qu'ont vécu les équipes".
Zinedine Soualem, l'acteur principal, explique à son tour : " Raoul s'est servi de ma nature d'acteur comique, pour créer un décalage entre la situation, très dramatique, et ce personnage que malgré tout on n'arrive pas à détester. Il a très bien senti que j'étais capable d'aller assez loin".
La belle Sonia Rolland, qui interprète la femme du Président, explique comment elle a abordé ce rôle : " J'ai travaillé mon anglais, étudié les différents profils des premières dames, beaucoup observé Carla Bruni-Sarkozy et Michelle Obama , qui incarnent ce rôle de façon très moderne".
Pour découvrir Moloch Tropical, il va falloir patienter jusqu'au 10 septembre !
http://www.lepost.fr/article/2010/08/12/2182250_moloch-tropical-le-telefilm-avec-sonia-rolland-le-10-septembre-2010-sur-arte.html
jeudi 10 juin 2010
PREVIEW - Moloch Tropical : le réalisateur politique Raoul Peck récidive en beauté pour Arte
Par Première le 09/06/2010 à 19:32 Ce matin, nous étions conviés par Arte à la projection du film de Raoul Peck , Moloch Tropical . Diffusée le 10 septembre prochain sur la chaîne franco-allemande, cette fable satirico-politique a été intégralement tournée en huis clos du haut d'une citadelle à Haïti. Zinedine Soualem ( Bienvenue chez les Ch'tis , Paris ) y incarne un président déchu et pathétique aux cotés de Sonia Rolland ( Léa Parker ) en Première dame abandonnée.
Raoul Peck était Ministre de la Culture de la République d'Haïti de 1995 à 1997. Ces dernières années, il a réalisé pour la télévision des oeuvres foncièrement politiques et engagées, notamment L'Affaire Villemin et L'Ecole du pouvoir . Ce matin, mercredi 9 juin, le cinéaste nous présentait Moloch Tropical, ou le récit des dernières 24h d'un président à Haïti avant de perdre le pouvoir.
Cette fois, enrichi par son expérience de ministre, le réalisateur a pu "affronter le noyau du pouvoir et pas seulement les effets du pouvoir sur les gens". Le film co-produit par Arte tourne autour du personnage incarné par Zinedine Soualem, un président roi qui ne cesse de jurer, balançant des "enculés" à en-veux-tu-en-voilà, de "draguer" enfin plutôt harceler sexuellement ses employées, envoyer à la potence ses opposants malgré l'amitié, et repousser sa femme, une 1ère dame droite et charismatique interprétée par la splendide Sonia Rolland.
Le président Jean de Dieu est à la fois inspiré du réel, son comportement et son action politique sont comparables à ceux d'un très grand nombre de dirigeants, européens, américains ou africains, actuels ou passés. Ses collaborateurs, et collaboratrices surtout, suivent son chemin et se laissent eux aussi gagner par l'ivresse du pouvoir.
Alors que les échos de la ville racontent un soulèvement de la population, tous ne pensent qu'à la grande soirée de gala à venir où doivent être présentes stars américaines et françaises. Le huis-clos théàtral juché sur cette citadelle aux allures de tour d'ivoire donne au récit la dimension d'un conte universel, d'une fable grecque, burlesque et tragique.
Nous ne pouvons que saluer la prestation de Zinedine Soualem qui sombre peu à peu dans la folie mais aussi de tous ceux qui tombent avec lui, enfermés dans la forteresse, Mireille Metellus , Nicole Dogue , Gessica Geneus, Fardia Roc, Jimmy Jean-Louis (L'Haïtien de la série Heroes ), Marie-Ange Saint-Fleur ou encore Patrick Joseph.
Le choix de Zinedine Soualem pour interpréter un président Haïtien n'apparait pas naturel au premier abord. L'acteur lui-même avait refusé, trouvant préférable que ce rôle soit donné à un acteur noir. Raoul Peck défend ce choix en affirmant que sur l'île, de nombreuses élites sont d'origines Syro-libanaises. De plus, il ne voulait pas mettre en scène le règne d'un despote noir rappelant certains dictateurs africains, plutôt celui d'un président au sens général.
Car Moloch Tropical, c'est aussi et surtout une critique de la démocratie, dans ce qu'elle a de plus incontrôlable une fois les élections passées. Le film veut démontrer à quel point le pouvoir peut pervertir les élites. Raoul Peck affirme : "Ce n'est pas un film inventé, tous les moments ne sont pas si loufoques que ça, ils sont arrivés et arrivent encore".
Pendant le film, le public sourit, il lui arrive même de rire gràce à une bonne dose d'humour noir. De plus, la violence n'est en aucun cas sublimée, elle ne vient pas pour choquer mais pour témoigner avec une certaine distance.
Autre bon point, la France va enfin pouvoir découvrir un film accompli, pas seulement orienté sur un seul sujet social et politique et pas seulement comique, dans lequel 2 ou 3 acteurs blancs tiennent des rôles de second plan ou de figurants. Haïti est une terre frontière entre les Etats-Unis et la France, peut-être Moloch Tropical pourrait être une nouvelle pierre à l'édification d'un cinéma noir francophone, comme il en existe un depuis longtemps outre Atlantique.
Un bémol pourtant, malgré un budget et les moyens techniques et artistiques d'un film de cinéma, Moloch Tropical ne sera pas diffusé dans les salles françaises. Le film a toutefois été sélectionné dans plus de 25 festivals internationaux dont ceux de Toronto et Berlin . Les salles de cinéma de certains pays étrangers l'accueilleront bientôt.
Vous pourrez découvrir Moloch Tropical, vendredi 10 septembre 2010 à 20h40, sur Arte.
Hugo Frélicot
http://www.lepost.fr/article/2010/06/09/2106923_preview-moloch-tropical-le-realisateur-politique-raoul-peck-recidive-en-beaute-pour-arte.html
Raoul Peck était Ministre de la Culture de la République d'Haïti de 1995 à 1997. Ces dernières années, il a réalisé pour la télévision des oeuvres foncièrement politiques et engagées, notamment L'Affaire Villemin et L'Ecole du pouvoir . Ce matin, mercredi 9 juin, le cinéaste nous présentait Moloch Tropical, ou le récit des dernières 24h d'un président à Haïti avant de perdre le pouvoir.
Cette fois, enrichi par son expérience de ministre, le réalisateur a pu "affronter le noyau du pouvoir et pas seulement les effets du pouvoir sur les gens". Le film co-produit par Arte tourne autour du personnage incarné par Zinedine Soualem, un président roi qui ne cesse de jurer, balançant des "enculés" à en-veux-tu-en-voilà, de "draguer" enfin plutôt harceler sexuellement ses employées, envoyer à la potence ses opposants malgré l'amitié, et repousser sa femme, une 1ère dame droite et charismatique interprétée par la splendide Sonia Rolland.
Le président Jean de Dieu est à la fois inspiré du réel, son comportement et son action politique sont comparables à ceux d'un très grand nombre de dirigeants, européens, américains ou africains, actuels ou passés. Ses collaborateurs, et collaboratrices surtout, suivent son chemin et se laissent eux aussi gagner par l'ivresse du pouvoir.
Alors que les échos de la ville racontent un soulèvement de la population, tous ne pensent qu'à la grande soirée de gala à venir où doivent être présentes stars américaines et françaises. Le huis-clos théàtral juché sur cette citadelle aux allures de tour d'ivoire donne au récit la dimension d'un conte universel, d'une fable grecque, burlesque et tragique.
Nous ne pouvons que saluer la prestation de Zinedine Soualem qui sombre peu à peu dans la folie mais aussi de tous ceux qui tombent avec lui, enfermés dans la forteresse, Mireille Metellus , Nicole Dogue , Gessica Geneus, Fardia Roc, Jimmy Jean-Louis (L'Haïtien de la série Heroes ), Marie-Ange Saint-Fleur ou encore Patrick Joseph.
Le choix de Zinedine Soualem pour interpréter un président Haïtien n'apparait pas naturel au premier abord. L'acteur lui-même avait refusé, trouvant préférable que ce rôle soit donné à un acteur noir. Raoul Peck défend ce choix en affirmant que sur l'île, de nombreuses élites sont d'origines Syro-libanaises. De plus, il ne voulait pas mettre en scène le règne d'un despote noir rappelant certains dictateurs africains, plutôt celui d'un président au sens général.
Car Moloch Tropical, c'est aussi et surtout une critique de la démocratie, dans ce qu'elle a de plus incontrôlable une fois les élections passées. Le film veut démontrer à quel point le pouvoir peut pervertir les élites. Raoul Peck affirme : "Ce n'est pas un film inventé, tous les moments ne sont pas si loufoques que ça, ils sont arrivés et arrivent encore".
Pendant le film, le public sourit, il lui arrive même de rire gràce à une bonne dose d'humour noir. De plus, la violence n'est en aucun cas sublimée, elle ne vient pas pour choquer mais pour témoigner avec une certaine distance.
Autre bon point, la France va enfin pouvoir découvrir un film accompli, pas seulement orienté sur un seul sujet social et politique et pas seulement comique, dans lequel 2 ou 3 acteurs blancs tiennent des rôles de second plan ou de figurants. Haïti est une terre frontière entre les Etats-Unis et la France, peut-être Moloch Tropical pourrait être une nouvelle pierre à l'édification d'un cinéma noir francophone, comme il en existe un depuis longtemps outre Atlantique.
Un bémol pourtant, malgré un budget et les moyens techniques et artistiques d'un film de cinéma, Moloch Tropical ne sera pas diffusé dans les salles françaises. Le film a toutefois été sélectionné dans plus de 25 festivals internationaux dont ceux de Toronto et Berlin . Les salles de cinéma de certains pays étrangers l'accueilleront bientôt.
Vous pourrez découvrir Moloch Tropical, vendredi 10 septembre 2010 à 20h40, sur Arte.
Hugo Frélicot
http://www.lepost.fr/article/2010/06/09/2106923_preview-moloch-tropical-le-realisateur-politique-raoul-peck-recidive-en-beaute-pour-arte.html
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