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lundi 17 mars 2008

Le gouvernement entend moderniser les aéroports du pays

Le ministre des travaux publics, Frantz Verella annonce la poursuite des travaux visant à moderniser l’aéroport international Toussaint Louverture. Tout en indiquant que la mise en place des nouvelle passerelles sera achevée au début du mois de juin, M. Verella révèle que la construction d’un nouveau parking pour les avions et d’un deuxième " taxi-way sont également prévus.
L’environnement immédiat de l’aéroport sera réaménagé informe le ministre Verella qui soutient que des études sont actuellement réalisées avant le lancement de l’appel d’offre.
Le gouvernement envisage de réaliser des travaux de modernisation au niveau des aéroports du Cap-Haïtien, des Cayes, de Jacmel et de Jeremie.
Intervenant à la rubrique " Invité du jour " de radio Métropole, le ministre des travaux publics a mis l’accent sur la nécessite d’attirer des capitaux étrangers en vue de réaliser les travaux prévus. Il soutient que le gouvernement entend réaliser des partenariats, dans le cadre d’une modernisation, avec le secteur privé en vue de rentabiliser ces entreprises.
Interrogé sur le tarif élevé des billets d’avion, le ministre Verella a admis que les tarifs trop élevés sont le résultat d’un manque de concurrence dans ce secteur. L’état encourage l’arrivée d’autres acteurs qui permettront de faire baisser le tarif comme ce fut le cas dans le secteur des télécommunications déclare t-il annonçant que des compagnies aériennes telles Spirit, Air France et Jet blue souhaitent assurer la liaison Port-au-Prince –Florida.
Le ministre Verella a par ailleurs mis l’accent sur les progrès sensibles enregistrés dans le domaine de la sécurité aérienne. " La FAA n’émet plus d’avertissement pour déconseiller aux visiteurs d’utiliser l’aéroport de Port-au-Prince, c’est la preuve que des progrès tangibles ont été réalisés ", explique t-il.
Dans le domaine des infrastructures routières, Frantz Verella a fait remarquer que les travaux de réfection ou de construction de nouvelles routes ont permis de réduire de 50 % le temps mis par les voyageurs entre Port-au-Prince et les villes de province. " Une personne venant des Cayes mettra deux heures pour arriver à Port-au-Prince, alors qu’il y a quelques mois il faudrait 5 heures ", déclare M. Verella qui se félicite des travaux réalisés depuis deux par son ministère. Il soutient que plus d’une dizaine de ponts ont été construits, grâce notamment au financement du gouvernement de Taiwan, de l’Union Européenne et de la BID.
Tout en faisant valoir que l’ampleur de la tache est énorme, M. Verella souligne que les travaux réalisés sont visibles. " Les résidents de la capitale peuvent témoigner que les routes ne sont pas impraticable à chaque averse, c’est parce que des travaux de curage sont réalisés", explique t-il. En ce qui a trait à la route de carrefour donnant accès aux 4 départements du sud, le ministre Verella informe que des difficultés empêchent l’achèvement des travaux. " Nous avons signé un contrat avec les compagnies pétrolières, parce les terminaux pétroliers empêchent la poursuite des travaux", ajoute t-il.
De plus, Frantz Verella annonce qu’a moyen terme des travaux d’agrandissement de la route de Carrefour ( a partir de la Marine ) seront réalisés. " Il faudra avoir une route à deux voies et dans ce sens plusieurs propriétaires de maisons ont déjà été dédommagés", précise t-il
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13582

mardi 11 mars 2008

Chancerelles: des services logés dans un cadre attrayant

Le directeur général du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), le Dr Gabriel Thimoté et l'ambassadeur des États-Unis, Janet A. Sanderson, ont procédé, samedi, à l'inauguration des nouveaux locaux devant loger les services de maladies infectieuses à la Maternité Isaïe Jeanty (MIJ). Un cadre attrayant et plus approprié pour les femmes mais aussi un pas parmi tant d'autres à effectuer.
Désormais, les femmes défavorisées constituant la principale clientèle de la Maternité Isaïe Jeanty, communément appelé Chancerelles, seront accueillies dans un cadre plus digne et plus approprié lorsqu'elles doivent se faire dépister. Car les locaux fraîchement rénovés devant abriter le Centre de dépistage du Vih/sida et de la prise en charge des PPVIH (Personnes vivant avec le Vih/sida) ont été inaugurés, le samedi 8 mars 2008, à l'occasion de la journée internationale de la femme.


Logés dans le même bâtiment que le service prénatal dont les travaux de réhabilitation ont été financés par le gouvernement américain à travers le projet PEPFAR, ces services de maladies infectieuses permettront à un nombre plus élevé de femmes enceintes de se faire dépister et de PPVIH de trouver des soins psychologiques nécessaires. Pour y parvenir, de nouvelles ressources ont été allouées récemment à ce centre hospitalier qui dispense des soins en maternité et en gynécologie.
« La santé des femmes haïtiennes est une priorité pour le ministère de la Santé publique », a affirmé, le Dr Gabriel Thimoté, directeur général du MSPP, se basant sur le programme de soins obstétricaux gratuits lancé par son ministère en janvier 2008.
Mais ce programme, a constaté Le Nouvelliste, n'est pas encore effectif jusqu'à présent à la Maternité Isaïe Jeanty, comme c'est le cas dans d'autres centres hospitaliers du pays.
Ce retard, selon le Dr Thimoté, est dû à un ensemble d'obstacles rencontrés au niveau dudit ministère. « Je suis heureuse de constater l'intérêt croissant que font montre le gouvernement haïtien et les partenaires des différents secteurs sociaux de la vie nationale en vue d'améliorer les conditions sanitaires de la population », s'est réjouie, Janet A. Sanderson, ambassadeur des Etats-Unis, présente aussi à la cérémonie inaugurale.
Mme Sanderson a réaffirmé l'engagement du gouvernement américain visant à appuyer des programmes orientés vers l'amélioration de la santé de la femme haïtienne qui, reconnaît-elle, paie le lourd tribut de violences et de discriminations de toutes sortes.« Maintenant que la Maternité Isaïe Jeanty est dotée de nouveaux services et d'un laboratoire performant, nous sommes convaincus que notre objectif visant la prise en charge intégrale des femmes sera atteint », a indiqué, pour sa part, le Dr Camille Figaro, directeur médical de cette institution sanitaire, préoccupé aussi par la formation des résidents en vue du renforcement de la qualité des soins de santé offerts à la MIJ.
Il a profité de cette cérémonie, à laquelle participait la ministre à la condition féminine et aux droits de la Femme, Marie Laurence J. Lassègue, pour faire remarquer que 1 500 femmes enceintes ont été dépistées depuis juillet 2007 et 121 d'entre elles se sont révélées positives.
Par ailleurs, le Dr Figaro se dit certain que les autorités normatives du ministère de la Santé publique vont continuer à assister la Maternité Isaïe Jeanty qui fait face à de nombreux problèmes d'infrastructures. Lundi dernier, la MIJ a bénéficié d'un lot d'équipements de la part de Haiti's National Plan, une entité de gestion du projet MSPP/CDC/PEPFAR. Mais il reste encore beaucoup à faire au sein de ce centre de maternité qui offre ses services aux femmes démunies du pays depuis 1942.
Victor Jean Junior
Commentaires:
C'est dommage qu'il y ait partout et en tout la présence de l'ambassadeur américian dans ce genre d'inauguration. On aurait aimé croire que le gouvernement haitien soit en mesure de réaliser ce genre de transformation au niveau des institutions de service.

samedi 8 mars 2008

De l'aide aux victimes de violence

Médecins du Monde-France a procédé jeudi dans les locaux de l'hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH), à l'inauguration d'une clinique de consultation psychologique pour les personnes victimes de violence. Les victimes sexuelles, physiques et morales y trouveront de l'aide psychothérapeutique.

Les victimes de violence sous toutes les formes sont nombreuses en Haïti. Dans des zones dites autrefois de non-droit, sous les regards impuissants des enfants, des parents ont été soit tués ou violés. Et, ces enfants pour laplupart de vivent encore avec ce traumatisme. D'autres personnes ont été victimes et continuent de l'être encore physiquement ou psychologiquement.

Avec l'ouverture de ce centre de consultation psychologique pour les personnes victimes de violence, Médecins du Monde entend intervenir sur deux fronts.

Selon Katia Henrys, psychologue à Médecins du Monde, l'équipe intervient sur deux aspects dans le cadre de la prise en charge des victimes de violence : une intervention directement auprès des victimes et une intervention indirecte en travaillant avec les prestataires de soins.

« Dans un premier temps, des gens ont été formés pour apporter le premier encadrement aux personnes victimes de violence, on les appelle les prestataires de soins, affirme Katia Henrys. Ces prestataires sont ensuite envoyés dans les cinq structures hospitalières de la zone métropolitaine qui travaillent en partenariat avec Médecins du Monde. Ces cinq structures sont : l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti, Hôpital de la communauté haïtienne, Centre de santé Bernard Mevs, Hôpital de Carrefour et Hôpital de la paix.

Ils accueillent les victimes de violence, les écoutent différemment et ils les déculpabilisent de ce qu'ils ont vécu. » L'intervention directe consiste à donner aux victimes une aide psychothérapeutique, cette aide va au-delà d'une audition de la victime; c'est un travail à long terme, a précisé Katia Henrys. Souvent les gens ont honte de ce qu'ils ont vécu, donc ils refusent d'en parler. Il leur faut du temps avant de se confier à quelqu'un, Médecins du monde se propose de mettre la victime sur surveillance pendant un certain temps.
Selon une étude de la Solidarité femme haïtienne (SOFA), 7 à 8 femmes sur 10 ont vécu des épisodes de violences sous une forme ou une autre. La violence peut avoir des conséquences graves sur le psychique d'une victime tout au long de sa vie, elle amène à la dépression, elle peut même développer chez la victime un sentiment de mépris pour la vie.

Médecins du Monde, présent en Haïti depuis 1994, travaille depuis cinq mois avec les cinq structures hospitalières de la zone métropolitaine précitées, selon Carine Thibaut, coordonnatrice du programme Appui à la prise en charge des victimes de violence de Médecins du Monde France. Elle indique que plus de 600 cas ont été déjà traités dans ces structures hospitalières. Carine Thibaut soutient que la violence et les conséquences de la violence doivent être limitées.
Les heures de consultation dans les cliniques d'aide psychologique pour les personnes victimes de violence- Mardi et jeudi, de 9 heures à 13 heures, hôpital de la communauté haïtienne- lundi, de 13 heures à 17 heures; mardi, de 9 heures à 13 heures et jeudi, de 9 heures à 13 heures, hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti

Robenson Geffrard

mardi 4 mars 2008

Pour relancer les exportations de mangues

Une vingtaine d'ingénieurs-agronomes, tous de hauts cadres du ministère haïtien de l'agriculture des Ressources naturelles et du développement rural (MARNDR) participent à un séminaire de formation, du 1er au 5 mars 2008, afin de devenir des superviseurs au sein des usines de traitement des mangues.
« Je veux profiter de cette occasion pour faire ressortir l'importance du contrôle sanitaire dans les relations commerciales internationales », a affirmé le coordonnateur de la filière Protection sanitaire au ministère de l'Agriculture le Dr Max Millien rappelant la nécessité de contrôler les produits destinés à l'exportation qu'ils soient végétaux ou animaux.
Ce séminaire de formation, précise le Dr Max Millien, s'inscrit dans la politique de renouveau de la direction de la protection végétale du ministère de l'Agriculture afin de renforcer la supervision. Suite à la suspension des exportations des mangues vers les Etats-Unis d'Amérique.

Décrétée le 2 juillet par les autorités du Département de l'Agriculture américain (USDA), la mesure d'interdiction a été rendue publique en Haïti le 6 juillet par le secrétaire d'Etat à l'Agriculture, Joanas Gué, à la suite d'une série d'examens menés le 25 juin puis le 2 juillet par le USDA et qui ont révélé la présence de larves vivantes d'un insecte volant (la trozophille melanogaster) dans des caisses de mangues en provenance d'Haïti.
Le 17 juillet l'agr Joanas Gué avait affirmé que six usines avaient reçu leur certification pour commencer le traitement. Preuve, selon lui, que toutes les normes sont respectées en termes d'équipements et de processus de traitement.

Haïti mise à nu

La poussière, le manque de communication, l'improvisation et l'absence des secteurs privés de production sont le lot de misère sous lequel débute la troisième édition de la foire binationale écotouristique et de production hébergée à Belladère - Haïti.
Maisons et routes en chantier, écoliers et élèves mis en congé jusqu'au 25 mars, va et vient de piétons, de motocyclettes et de voitures dans des rues poussiéreuses...

Belladère, hôte motivée, haletante et désemparée, a accueilli, samedi 1er mars, la cérémonie d'ouverture de la troisième édition de la foire binationale écotouristique et de production organisée jusqu'au 16 mars.
La poussière qui enveloppe la ville et déjà de très faible capacité d'accueil, le manque de communication et l'improvisation qui caractérisent l'organisation de cette activité donnent énormément du fil à retordre aux participants.
Les 120 millions de gourdes votées par le Parlement en 2007 pour les travaux de réparation, d'aménagement de la ville et de la réalisation de l'événement n'ont pas eu le temps d'être investis complètement. « Il est patent que l'argent n'a pas été dépensé, affirme Roosevelt Joly, un jeune entrepreneur Belladèrois. Les responsables ont acheté quelques gallons de peinture à l'eau pour les travaux d'entretien, disent-ils. »

La lumière n'éclaire que le site de la foire et son voisinage laissant le reste de la ville dans le noir. « Les transformateurs étaient tombés en panne depuis plusieurs mois, dit le commerçant. On a promis de les remplacer, mais rien de concret n'a été fait pour permettre à la ville de bénéficier des retombées de cette foire. »Petite organisation, gros prix

Le prix exhorbitant des rares chambres d'hôtels payées d'avance, et celui des maisonnettes privées louées pour l'occasion dominent les conversations. La location des kiosques et la vente des produits de la foire sont loin d'attirer entrepreneurs et acheteurs. « Comment peut-on passer le temps prévu quand on paie de ses yeux une petite chambre et achète dans une activité de si grande envergure des produits de détaillants », se demande un participant venu de la diaspora. Les secteurs privés des affaires des deux Etats participent timidement à cet événement qui semble d'une importance capitale pour les deux gouvernements et des organisations oeuvrant dans les domaines de l'environnement, du tourisme et du développement.

Une bonne partie des tentes attendaient preneurs jusqu'à dimanche soir. Les premières conférences n'ont pas réuni beaucoup de jeunes en raison du manque de communication et les participants qui s'attendaient à une soirée d'ouverture des plus riches étaient obligés de vider les lieux après que le seul groupe haïtien invité à cette soirée ont plié bagage, faute d'une sonorisation satisfaisante.
Les communes frontalières isolées et enclavées
L'expression du visage de Belladère témoigne de l'enclavement des communes limitrophes d'Haïti, souligne Patrick Robasson, député de Anse-à-Pitres et président du groupe des parlementaires pour le développement frontalier. Cette commune du département du Sud-Est doit partager avec Pedernales en 2010 la quatrième édition de la foire.
Le maire de Belladère a profité de la présence des officiels des deux gouvernements pour en appeler à la responsabilité haïtienne. « Il est temps de cesser d'être un Etat approximatif pour fonder un Etat réel qui s'appuie sur la recherche de la prospérité », a martelé Lucner Emile.
Le maire plaide pour la mise en place de structures et d'infrastructures capables de répondre aux besoins de la population haïtienne. « A Belladère, des enfants haïtiens vont parfois à l'école en République Dominicaine, affirme-t-il.
Est-il possible d'avoir à la fois des enfants haïtiens et des élèves dominicains. »Affermir les assises de coopérationMusique, animations culturelles, artisanat, produits agricoles, enfants, jeunes et adultes haïtiens et dominicains se côtoient sur ce site qui devait être aménagé pour accueillir entre 30 et 40 000 visiteurs. Placée sur le thème « les petites entreprises écotouristique et la gestion rationnelle des bassins versants frontaliers », la troisième édition de cette foire biennale qui réunit la production haïtienne et dominicaine sur un même site, selon les organisateurs, poursuit son objectif d'approfondir la fraternité entre les deux peuples pour une quatrième année.
« Cet événement vient affermir les assises de coopération des deux États, au double plan économique et environnemental, dans une perspective de mieux-être partagé, par le développement binational durable », a fait remarquer Jean Marie Claude Germain.Le temps des amoursLe premier sénateur du département du Centre, Edmonde Supplice Beauzile également présidente d'honneur de la foire, qui s'exprimait dans les deux langues, estime que les deux républiques soeurs étant sur une même île ont tout à gagner.« Il s'agit de se donner les moyens opportuns pour bousculer le mur de l'ignorance et de l'incompréhension qu'une certaine histoire a dessiné entre ces deux pays qui forment une communauté involontaire de risques partagés », dit-elle tout en surnommant cet événement « foire des peuples des terres mêlées ».
L'évêque de Hinche, Mgr Louis Kébreau qui, par décision du Pape Benoît XVI a été nommé à l'archevêché du Cap-Haïtien, plaide, quant à lui, pour la régénération de notre environnement malade.

Selon le prélat, Haïti est en mal de leader capable de le conduire à une vraie unification.En dépit des mauvaises notes dues au manque de planification de cet événement, Joseph Anthony Desmaret, maire adjoint de Spring Valley et président de Haitian american diaspora organization foundation (HADOF), pense qu'après cette foire, les travaux doivent se poursuivre à Belladère afin qu'Haïti puisse disposer enfin d'une ville moderne.Entre-temps, la fièvre du plaisir gagne la ville de Belladère où jeunes et vieux se partagent culture, plaisir et produits. En détail bien sûr.
Lima
Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com

lundi 3 mars 2008

Agro-carburant : perspectives et opportunités pour Haïti

« L'agro-carburant : Quelles sont les perspectives pour Haïti », tel a été le thème d'une conférence-débat organisée le week-end écoulé par l'Association nationale des agro-professionnels Haïtiens (ANDAH) au Ritz Kinam II, à Port-au-Prince. Les différents experts intervenants à cette activité ont fait le point à ce sujet.
Cette conférence-débat, selon les organisateurs avait pour objectif d'informer les représentants du secteur des affaires, aux étudiants et professionnels des différents milieux œuvrant dans le domaine agricole et énergétique, sur les perspectives et les opportunités que l'agro-carburant via l'industrie du biocarburant peuvent beaucoup rapporter à Haïti principalement le secteur agricole haïtien.

Le représentant du groupe Biodiesel Haïti, Réginald Noël, au cours de son intervention à la rencontre sur la filière Biodiesel a, affirmé que le biodiesel est le seul carburant alternatif pouvant être utilisé dans n'importe quel moteur de type diesel, sans aucune modification préalable. Ce dernier, qui utilisait depuis environ deux ans, le carburant, s'en serre jusqu'à présent dans son véhicule à moteur diesel. « Je n'utilise que du biodiesel dans ma voiture », a précisé M. Noël.
Il s'est dit regretter que cette source d'énergie alternative sort jusqu'à présent peu connu en Haïti. Il souhaite que l'Etat haïtien jouera sa partition afin de légaliser l'utilisation du biocarburant en Haïti. Pour lui, le biodiesel entraîne une diminution du coût des produits pétroliers, par conséquent il aménage le coût du transport. « Peu de gens connaissent l'utilité du biodiesel », a-t-il lamenté.
Tanguy Armand, représentant de la Fondation haïtienne de l'Environnement (FHE), qui intervenait sur le Projet « Retour de la rosée » à Montrouis a mis l'accent sur la valorisation de la filière du « jatropha curcas », dans le bassin de la rivière de Montrouis, une plante des régions semi-arides qui produit une huile aux propriétés comparables à celles du diesel. Selon M. Armand, la production du biocarburant en Haïti réduirait la dépendance d'Haïti au pétrole venu de l'étranger.
Intervenant à la conférence-débat autour du « cadrage sur les agro-carburants», Gaël Pressoir, expert en la matière a fait savoir que l'Etat haïtien doit jouer son rôle à l'aménagement du territoire afin de construire l'industrie énergétique en vue de mieux exploiter cette ressource comme énergie alternative pouvant permettre au pays d'avoir une meilleure balance économique. Il a plaidé en faveur de l'introduction du biocarburant dans une politique nationale, qui serait bénéfique pour les cultivateurs et pour le pays.

L'intégration des cultivateurs dans ce domaine, selon M. Pressoir, est économiquement viable pour le secteur agricole et pour le pays. « C'est aussi un moyen de contribuer à la stabilité sociale et au développement économique», a-t-il ajouté.Pour sa part, l'agronome Frantz Faubert dont l'intervention était centré sur la filière bioéthanol a, déclaré que la production de l'éthanol favorisera de nouveaux investissements, la diminution des importations de produits pétroliers et le développement d'une nouvelle filière d'exportation en Haïti.
M. Frantz a indiqué que l'éthanol produit en Haïti est d'une opportunité commerciale importante pour le pays. « Remplacer le pétrole par le biodiesel et l'éthanol réclame la mise en place d'une nouvelle législation des autorités haïtiennes et une grande implication du secteur privé », a souligné l'agronome. Tout en faisant croire qu'il faut une volonté politique de l'Etat haïtien et des investissements du secteur privé haïtien.
Pour lui, le climat d'Haïti est favorable à la culture des plantes utilisées dans la production de l'éthanol. Ainsi, Haïti à l'instar des autres pays dispose des sources énergétiques naturelles qu'il faut placer au centre des priorités pour y parvenir au développement réel du pays.
Amos Cincir

cincir2005@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=54848&PubDate=2008-02-29

mardi 29 janvier 2008

Aviculture/Production d’oeufs et de pouletsLes producteurs locaux rassurent les consommateurs d’Haiti

lundi 28 janvier 2008
Par Agropresse [
1]
Soumis à AlterPresse le 28 janvier 2007
L’Association haitienne pour la promotion de l’élevage (Ahpel) a organisé le vendredi 25 janvier une visite guidée dans plusieurs fermes avicoles haitiennes, à laquelle ont pris part plus d’une vingtaine de journalistes haitiens.
Les travailleurs de presse, considérés comme les yeux de la population, ont pu visiter, entre autres, les entreprises Signal de la victoire, Germalot S.A. et MFT S.A, trois fermes de production de poulets de chair et de poussins situées dans la zone du morne à cabri (Est de la capitale), avant de se rendre à Cité Soleil (Périphérie nord) pour observer l’exécution d’un projet d’élevage de 500 micro unités de pondeuses, exécuté dans cette communauté.
« Je ne savais jamais que de pareilles initiatives existaient dans le pays », a déclaré l’un des journalistes, l’air satisfait, à sa sortie d’un des sites de production dans la périphérie de Cité Soleil. Un étudiant de la faculté d’Agronomie et de Médecine vétérinaire, qui a participé aussi à cette visite guidée, s’est montré également très exalté de découvrir ces sites de production.
100 000 poules, 1 200 000 oeufs produits chaque mois
En effet, l’Ahpel a organisé cette tournée dans le but d’informer le public de l’existence de fermes de production d’oeufs et de poulets de chair dans le pays, contrairement à une tendance laissant croire que tous les oeufs et les poules « blanches » qui sont vendus sur le marché local viennent de l’extérieur. Pourtant, les éleveurs haïtiens produisent mesuellement entre 100 000 et 120 000 poules et 1 200 000 oeufs.
À la suite de l’interdiction des importations d’oeufs et de poulets de la République dominicaine, les consommateurs haïtiens deviennent méfiants envers tous les produits avicoles. Par conséquent, les ventes de poulets ont drastiquement baissé sur le marché haitien. D’où l’impossibilité pour les producteurs haitiens d’écouler leurs produits.
Au lieu de constituer une opportunité pour le développement de la production avicole haïtienne, cette mesure est train de pénaliser les éleveurs haitiens, en raison de « la polarisation de l’information uniquement sur les aspects de santé publique », déplore la Corporation nationale des éleveurs de poulets (Conep), organisation membre de l’Ahpel.
« Depuis l’annonce de la découverte du virus de la grippe aviaire en République dominicaine et les mesures adoptées par les autorités haitiennes, les éleveurs haitiens vivent des moments très difficiles et se questionnent sur leur avenir en tant que producteurs », se plaint la Conep. Tout en saluant la mesure gouvernementale d’interdiction des produits avicoles dominicains, cette organisation regrette que les dispositions du gouvernement, à travers le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, n’aient pas parrallèlement tenu compte de la réaction du consommateur local - enclin à la panique - et l’incapacité des éleveurs à supporter les conséquences d’une chute des ventes au-delà de deux semaines.
Se basant sur les témoignages des journalistes qui ont participé à cette visite guidée, les producteurs haïtiens sont confiants qu’ils sont sur la bonne voie pour reconquérir la confiance des consommateurs.
....................
[
1] Agropresse est un organe de communication spécialisé, véhiculant des informations sur l’Agriculture et l’Agro-transformation. Il est formé de plusieurs institutions, dont :
Veterimed (Élevage, santé animale, transformation du lait) ;

Médialternatif (Information, communication et médias)
SAKS (Communication sociale, radiophonie)
Group Croissance S.A (Gestion d’entreprise, marketing, économie, Finance, technologie) ;
GREF (Problème foncier) ;
ANEM (Transformation de fruits) ;
ORE (Production et transformation de céréales et de fruits) ;
GRAMIR (Production de semences, gestion bassins versants) ;
Concert Action (Environnement, production agricole) ;
ACDED (Environnement, production agricole) ;
GATAFI (Technologie appropriée).

mercredi 23 janvier 2008

Parfum de réussite

La réputation de Pierre Léger n'est plus à faire. Frager/Agri Supply, son usine implantée dans la Plaine des Cayes au sud d'Haïti, approvisionne à elle seule le marché mondial d'huile essentielle de vétiver de 70%. "J'en exporte plus de 80 tonnes par an", se réjouit cet agronome de 59 ans, en montrant des échantillons exposés dans un coin de son vaste bureau à Port-au-Prince.
Devenir et rester le leader mondial du marché du vétiver n'est pas une mince affaire, surtout dans un pays aussi turbulent qu'Haïti. Le secret de Pierre Léger tient en peu de mots : toujours fournir un travail de qualité aux clients, essentiellement les parfumeurs européens, et tenir compte des délais de livraison. L'homme d'affaires du pays le plus pauvre des Caraïbes reconnaît que les quelque 25 000 agriculteurs qui lui fournissent les racines de vétiver sont le véritable pilier de l'industrie. "Frager/Agri Supply appartient à la communauté du Sud, lance-t-il.

Les agriculteurs participent directement à sa gestion ; ils surveillent le rendement et me dictent parfois les décisions à prendre." Pour Pierre Léger, le manque criant d'infrastructures dans le pays reste le principal handicap au développement de l'industrie des huiles essentielles en Haïti. "L'état déplorable des routes, le rationnement drastique de l'électricité, l'absence de ports et d'aéroports ont porté nombre de producteurs à abandonner cette activité", déploie-t-il.

Le PDG de la plus grande usine de vétiver du monde participe à toutes les activités de la communauté. Pour traduire son engagement dans la formation des jeunes, il accorde des bourses d'études dans des universités haïtiennes et étrangères. Récemment, il a fait don de 25 ha de terre à l'État haïtien pour la construction d'un campus universitaire dans la région.

Depuis 2000, l'homme à la taille de géant - il mesure près de deux mètres - a élargi son horizon et parcourt régulièrement le monde pour partager son expertise et aider à la mise en place de filières de production d'huiles essentielles (HE) dans des pays confrontés comme Haïti à la pauvreté. Tout a commencé lorsque le Centre du commerce international (CCI) l'a envoyé en mission dans la région des Grands Lacs africains pour évaluer la capacité de production des HE de ces pays. "Les huiles essentielles étaient alors méconnues au Rwanda et au Burundi", rappelle Pierre Léger, qui croit dur comme fer que les relations Sud-Sud sont le moyen le plus efficace pour lutter contre la pauvreté. Le Rwanda et le Burundi sont, selon lui, sur le point de devenir à leur tour des producteurs d'huiles essentielles de qualité. "Des plantations de patchouli y ont été introduites, dit-il. On a réalisé des essais et on a obtenu la meilleure qualité d'huile de patchouli du monde."
Depuis, on le sollicite de partout - d'Asie, d'Amérique du Sud, d'Afrique. Mais ses responsabilités de chef d'entreprise en Haïti ne lui permettent pas de répondre à toutes les sollicitations. Il a toutefois entamé un partenariat avec le Brésil l'an dernier. Après 34 ans dans la production d'huiles essentielles, Pierre Léger estime que le moment est venu de passer le flambeau. "J'avais été initié très tôt par mon père dans le domaine. J'ai fait de même pour mon fils et ma fille. La parfumerie mondiale les admet maintenant sans réticence", se félicite aujourd'hui l'agronome, qui avait lui-même pris le relais de son père Frank à l'usine en 1984, après ses études aux Pays-Bas. L'essence de l'art, en quelque sorte.

Jean Pharès Jérôme (Spore)

lundi 21 janvier 2008

Mûr pour de nouveaux marchés

Très nutritif, le fruit de l'arbre à pain est une alternative saine et bon marché aux aliments importés. Pourtant, en dépit de ses nombreuses qualités, ce fruit polyvalent est encore sous-exploité. Une amélioration des techniques de production et de transformation aiderait à remettre au menu cet aliment traditionnel.
À son départ de Tahiti en 1787, l'infortuné Bounty du capitaine Bligh avait à son bord 1 015 plants d'arbres à pain en pots. La plupart furent perdus dans la mutinerie qui suivit, mais l'infâme capitaine finit par débarquer l'arbre à pain aux Caraïbes lors de voyages ultérieurs. Cet arbre avait été domestiqué dans la région du Pacifique bien avant que Bligh n'y navigue, son fruit nourrit les îliens depuis plus de 3 000 ans. À part le Pacifique et les Caraïbes, l'arbre à pain pousse aussi dans certaines régions côtières d'Afrique, en particulier au Mozambique et en Guinée. Mais il ne faut pas confondre l'espèce Artocarpus altilis Fosb avec le fruit à pain africain (Treculia africana), une tout autre plante, ni avec le fruit du jaquier (Artocarpus heterophyllus) auquel il ressemble. Polyvalent, l'arbre à pain fournit aliment, bois, médicaments et insecticides naturels ; il fait partie intégrante des jardins de nombreuses communautés des pays ACP. Bien que pratiquée dans près de 90 pays, la culture de cet arbre reste à développer. Sa valorisation permettrait de faire progresser nutrition et revenus. Les perspectives d'amélioration des variétés cultivées et des procédés de transformation pour fabriquer des produits à haute valeur ajoutée sont très vastes. Lors du premier symposium international sur la recherche et le développement du fruit à pain, en avril 2007, Aleki Sisifa, directeur du Département des ressources foncières du Secrétariat de la communauté Pacifique, a déclaré que le fruit à pain est sous-exploité faute d'attention de la part des instituts de recherche et des gouvernements.

Transformation et conservation

Le symposium organisé à Nadi, Fidji, avec l'appui du CTA a fait le point sur les recherches sur l'arbre à pain, la conservation des ressources génétiques et le développement de produits alimentaires. Plusieurs intervenants ont souligné la valeur du fruit à pain comme aliment local sain, surtout dans le Pacifique où la tendance croissante à consommer des aliments transformés importés est lourde de conséquences pour la santé et l'économie. Le fruit à pain est riche en calories, en vitamines A, B (thiamine, riboflavine et niacine) et C, en phosphore et en fer. Il entre dans la préparation de nombreux plats - hors-d'oeuvre, salades, soupes, ragoûts, pains et desserts. Tout comme la banane fruit et plantain, il peut être consommé comme légume avant maturité ou comme fruit une fois mûr.
Selon les nutritionnistes et les chercheurs soucieux de le promouvoir, il est possible de développer de nouvelles techniques de transformation alimentaire à partir des méthodes traditionnelles. La fermentation est une voie intéressante si l'on adapte des techniques employées dans la préparation de plats tels que les masi ulu, des biscuits de fruit à pain fermenté des îles Samoa. Lors d'une visite récente à Pohnpei, le Dr Richard Beyer, spécialiste en science alimentaire, a montré comment moudre, mouler et frire le fruit à pain pour fabriquer un savoureux amuse-gueule local. À la Barbade et à Trinité-et-Tobago, on commercialise des chips. Toujours à la Barbade, la farine du fruit séché remplace parfois en partie la farine de blé pour le pain. Elle est plus riche en lysine et autres acides aminés essentiels que la farine de blé. En Jamaïque, cette farine est bouillie et sucrée pour être consommée en porridge au petit déjeuner. Les surplus ou les fruits endommagés peuvent servir d'aliment du bétail. Dans le Pacifique, on encourage les petits éleveurs de porcs à utiliser le fruit comme base d'une ration équilibrée. En effet, des tonnes de fruits à pain impropres à la consommation humaine sont perdues chaque année, alors qu'on importe des aliments pour les porcs.

Dans certains pays ACP, les Fidji et Samoa notamment, le fruit à pain devient un produit d'exportation. Sangeeta Prasad, de Food Processors Ltd aux Fidji, explique que sa société a du mal à satisfaire la demande croissante en Australie, au Canada et en Nouvelle-Zélande. À la Dominique et à Trinité-et-Tobago, le fruit à pain est mis en conserve pour expédition en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et aux USA. D'autres techniques, dont la congélation et le conditionnement sous vide, ont été mises au point pour améliorer la conservation pour l'exportation. Certains exportateurs jamaïcains précuisent les fruits entiers pour en figer le suc, les laissent refroidir puis les expédient par bateau vers l'Europe et les USA.

Des marchés outre-mer Selon Andrew McGregor, coordinateur du Projet fidjien de développement de l'industrie du fruit à pain, les communautés d'îliens du Pacifique vivant en Nouvelle-Zélande offrent un gros marché potentiel, mais il faut améliorer les techniques après récolte et le conditionnement. Le fruit à pain continue de transpirer après la récolte, si bien que les cartons d'emballage ramollissent et s'affaissent. Les importateurs souhaitent des fruits calibrés et mieux emballés.

On essaie par ailleurs d'améliorer la qualité du fruit lui-même. Le Département de la recherche du ministère de l'Agriculture des Fidji développe actuellement la culture de plants selon divers modes de propagation tels que marcottage, bouturage et drageons. Des cadres du ministère et des exportateurs collaborent étroitement pour lutter contre les ravageurs. Dans le même temps, des recherches visent à mettre à la disposition des agriculteurs de la région une variété naine de l'île de Niutao dans le Pacifique. Les négociations avec les insulaires ont débouché sur un accord de production massive de l'arbre - populaire en raison de la facilité avec laquelle on peut le cultiver et le récolter - et de distribution aux petits agriculteurs d'autres îles.
Spore
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53264&PubDate=2008-01-19
Notre avis :
Enfin notre « LA-M VERITAB » est à l’honneur et fait l’objet d’une distinction que nous lui avons refusé pendant des années. Oui combien il nous manque cette tranche de « POLO » notre « accordéon » sorti frais émoulu du plateau de la marchande de fritailles du coin ?
Certains fruits et légumes qui font partie de notre régime alimentaire subissent une certaine discrimination. Et ceci souvent au détriment de notre réalité et de notre culture.
Manger les tubercules du terroir est l’option du pauvre. Déguster un bon morceau d’arbre à pain bouilli stigmatise ceux qui sont dans le besoin étranglés par la misère. Il est de mise d’accepter des prouesses pour s’acheter du riz ou des céréales détaillé par les vendeurs de tout et n’importe quoi.
Il est surtout intéressant de vois le regard que nous autres de la diaspora nous jetons sur ces produits bien de chez nous qui nous rappellent tant de choses !

lundi 31 décembre 2007

Le Foyer Maurice Sixto revient avec la palme

La distinction qu'a reçue le Foyer Maurice Sixto (Photo: Yonel Louis)
Cette année, le Prix des Droits de l'Homme de la République française revient au Foyer Maurice Sixto. Présenté au grand public jeudi dans les locaux de « Aux Calebasses Restaurant», ce prix est décerné annuellement par la Commission consultative des Droits de l'Homme de la République Française.
Au cours d'une conférence de presse donnée jeudi « Aux Calebasses Restaurant », le père Miguel Jean-Baptiste, directeur fondateur du Foyer Maurice Sixto, a présenté la distinction que le Foyer Maurice Sixto vient de recevoir de la Commission consultative des Droits de l'Homme de la République française, le 10 décembre dernier. Le prix intitulé « Prix des Droits de l'Homme de la République française 2007 » a récompensé le projet « Campus du Foyer Maurice Sixto » qui vise la construction d'un édifice devant loger le foyer.« Ce prix représente non seulement le symbole de notre travail dans le pays, mais aussi une lueur d'espoir pour tous les enfants qui sont en domesticité dans le pays», a lâché le directeur, avec une pointe de fierté dans la voix. Il a souligné que la fondation participe vigoureusement àla réinsertion des « restavèk », cette catégorie d'enfants marginalisés et exclus de la société.

Le Rév. Père Miguel Jean-Baptiste exhibant le projet "Campus du Foyer Maurice Sixto"(Photo: Yonel Louis)

Pour son titre cette année, le Foyer Maurice Sixto gagne la somme de 75000 euros de concert avec les quatre autres lauréats et une médaille d'honneur. « Nous avons été choisi, explique le fondateur, parmi des organismes des militants en Droits de l'Homme provenant de la Chine, d'Egypte, du Bénin et de la Biélorussie. » Le Foyer Maurice Sixto est une organisation à but non lucratif. A travers ses actions, elle entend, selon son directeur exécutif, Wenès Jeanty, faire le plaidoyer de tous les enfants placés en domesticité. « Je reste confiant que tous les enfants jouissent du même droit sans distinction aucune », affirme-t-il en référence à la Convention des Droits de l'Homme relatif à l'enfant.

Les responsables du Foyer Maurice Sixto, Wenès Jeanty, le directeur exécutif, et Père Miguel Jean-Baptiste, le directeur fondateur (Photo: Yonel Louis)

Depuis sa fondation en 1989, le foyer s'est donné comme objectifs de recueillir les enfants placés en domesticité ou livrés dans les rues, de travailler avec les enfants du foyer en suscitant chez eux une prise de conscience en vue d'un changement de comportement au sein de la société, de les former, les prévenir contre la domesticité et de contribuer à la vulgarisation des oeuvres de Maurice Sixto.Le foyer, soutient le Révérend Père Jean-Baptiste, est occupé actuellement par environ 300 enfants en domesticité à travers ses différents centres. Il est principalement assuré par «Terre des Hommes de Genève» et d'autres partenaires internationaux. « L'Etat ne nous apporte que la reconnaissance légale et rien de plus », déplore le Père Jean-Baptiste.


Le premier Prix remporté en 1992 (Photo: Yonel Louis)

Par ailleurs, le Prix des Droits de l'Homme de la République française est reçu pour la deuxième fois par le foyer. Aux dires des responsables, Rama Yade, le Secrétaire d'Etat aux affaires étrangères françaises, a affirmé lors de la remise du Prix à Paris que le « Foyer Maurice Sixto » est la seule institution à avoir remporté à deux reprises cette distinction. Il a obtenu le premier Prix en 1992.
Le Foyer Maurice Sixto s'implante dans le quotidien haïtien en mettant au service de la communauté une clinique dentaire, où les enfants en domesticité pourront recevoir des soins médicaux, et une coopérative devant faciliter l'accès au crédit aux familles en difficulté.
Sherline Chanlatte Duplan
sherlinecduplan@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=52631&PubDate=2007-12-28

jeudi 20 décembre 2007

Promouvoir le developpement du milieu rural haïtien

La 4e édition de la Foire de la Montagne, organisée par l'Association des paysans de Vallue (APV), s'est déroulée cette année autour du thème « Nous gouvernons la rosée : hommage à Jacques Roumain ». L'occasion pour les paysans de rendre un hommage solennel à Jacques Roumain.
Dans un cadre pittoresque et paradisiaque, la 4e édition de la Foire de la Montagne de Vallue (12e section communale de Petit-Goâve), s'est déroulée du 13 au 16 décembre 2007 dans une ambiance de convivialité et de réjouissances. Cette foire, qui se veut un plaidoyer pour le développement du milieu rural haïtien, visait à mettre en valeur les produits des paysans et l'écologie de la montagne. C'est aussi un moyen de sensibiliser les institutions oeuvrant dans les domaines de l'environnement, de la culture et du tourisme sur l'importance et les retombées positives de l'initiative de l'Association des Paysans de Vallue (APV) et ce que ce genre d'activités peut apporter comme profit à l'économie nationale. Durant ces 4 jours de fête, les participants avaient droit à une exposition de divers produits agricoles, artisanaux et à des spectacles...
Cette quatrième édition de la Foire de la Montagne organisée sous la houlette de la Commission culturelle et le Comité de Pilotage de la Foire de la Montagne, selon Abner Septembre, coordonnateur général de l'APV, se veut une manifestation socioculturelle et économique. C'est l'occasion plus que jamais pour la communauté paysanne de se sentir concernée par les questions relatives au développement de leur communauté et à la protection de l'environnement.« Quelque 5 millions de gourdes étaient disponibles pour la réalisation de cet événement, a confié M. Septembre. Nous voulons mettre l'accent sur les potentialités de la montagne. La foire s'adresse donc à un public très large et varié. Cette initiative s'inscrit également dans la volonté d'offrir aux Haïtiens et aux étrangers un beau prétexte d'aller en milieu rural à la rencontre du paysan en établissant avec lui un autre type de rapport qui lui permettra de mieux comprendre son mode de vie, son milieu environnemental et économique. »Colette Pérodin, directrice de la Fondation Culture Création, a, pour sa part, indiqué que la participation de l'organisme qu'elle dirige à cette foire est due à sa croyance dans la capacité de mobilisation dont faisaient montre les paysans lors des éditions précédentes. A partir de là, affirme-t-elle, nous avons décidé de leur apporter notre soutien en offrant aux visiteurs, durant ces quatre jours, une série de spectacles diversifiés où toutes les disciplines se sont confondues.
La Foire de la Montagne, appelée aussi « Festi-Vallue », est, pour Mme Pérodin, une autre dynamique de développement rural axée sur l'Agro-tourisme. « C'est une démarche d'équité sociale pour rebâtir les communautés et revaloriser nos montagnes », poursuit-elle.
L'exposition des produits durant l'événementUne quarantaine de tentes de style rustique accueillaient l'expo-vente. Quelque 10 000 visiteurs y prenaient part durant les quatre jours de l'événement. Des oeuvres d'artistes, qui travaillaient en atelier pendant toute la semaine précédant la foire, ont été présentées aux visiteurs à la clôture de celle-ci pour être vendues aux enchères. Un pourcentage de cette vente va à l'APV pour continuer sa lutte pour le développement communautaire, ont précisé les organisateurs de l'événement. Ils annoncent plus loin que les autres éditions de la Foire de la Montagne ne se limiteront pas uniquement à Vallue. N'importe quelle région du pays peut se charger de l'organisation de cet événement avec toujours le soutien de l'APV et de Culture Création.Inauguration d'un marché communautaire Les responsables de l'APV, au cours de ce festival de la montagne, ont, du même coup, procédé à l'inauguration d'un marché communautaire d'une capacité de 100 places et d'un réservoir de 75 mille gallons. Ce projet a été réalisé par l'APV et financé par le Fonds de développement et d'emplois (FODEM) du centre de gestion des fonds locaux de la Coopération canadienne en Haïti.François Montour, chef de la Coopération canadienne en Haïti, a, de son côté, affirmé que la construction de ce marché communautaire est rendue possible grâce aux efforts consentis par des membres de la communauté de Vallue en collaboration avec le gouvernement canadien. « Dans le cadre de notre coopération avec Haïti, nous allons travailler en commun accord avec l'Association des Paysans de Vallue en vue de réhabiliter les parties endommagées de la route afin de mieux favoriser le transport vers ce lieu mirifique », a promis M. Montour.D'où vient cette idée de tourisme rural-nature-cultureLe programme de tourisme rural-nature-culture de Vallue a vu le jour aux environs de novembre 2001. Celle-ci a débouché en 2003 sur la Foire de la Montagne dont la première édition avait eu lieu du 5 au 7 décembre 2003. Cette activité entre dans le cadre de la déclaration par les Nations unies de l'année 2002 «Année internationale de l'écotourisme et de la montagne» et 2003 «Année internationale de l'eau douce».
L'Association des Paysans de Vallue(APV), a vu le jour le 3 janvier 1987. cette ONG haïtienne a été reconnue par l'Etat en 1989. Son siège social est à Vallue, communauté de la 12e section communale de Petit-Goâve. Elle intervient dans la région Goâvienne notamment en milieu rural à travers une dynamique organisationnelle de district.
Amos Cincir

cincir2005@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=52175&PubDate=2007-12-19

mercredi 19 décembre 2007

Lueur d'humanité pour les restavèk

Pareille à ces dizaines -voire même des centaines- de milliers d'enfants au destin tragique, *Cristela, née et élevée dans une province du Sud, a connu l'enfer de la domesticité au lendemain de la disparition de ses père et mère. Jadis humiliée, désespérée, l'adolescente, fréquentant aujourd'hui le Foyer Maurice Sixto, retrouve progressivement le sourire.
Quatorze ans accomplie, passablement vêtue de son uniforme, *Cristela, restavèk éprouvée, n'a pour estime que sa scolarité. Cette maigrelette en 3e année fondamentale au Foyer Maurice Sixto, malgré elle, n'a pas caché son bonheur de connaître la civilité d'une salle de classe comme tant d'autres adolescents de son milieu à Carrefour. « J'aime être à l'école, c'est l'endroit idéal où un enfant puisse se retrouver », soupire t-elle, les yeux pleins de vie et de rêves. A son âge, d'autres gosses jouissant d'une enfance relativement normale s'installent déjà en secondaire. Cristela, elle, est moins préoccupée par le niveau d'études que par la joie de lire et écrire à un moment où des dizaines -voire même des centaines- de milliers de ses pairs vivent en état d'asservissement ou sont carrément réduits en ''esclavage''.
Pareille à ces enfants au destin tragique, Cristela, née et élevée dans une province du Sud, a connu l'enfer de la domesticité au lendemain de la disparition de ses père et mère. « Ma tante -formule de politesse généralement utilisée pour nommer la responsable de la famille d'accueil- m'a invité à suivre ses pas à Port-au-Prince, me promettant une vie décente capable de m'épargner de la solitude orpheline, se rappelle Cristela toute pensive. Je l'ai suivie avec entrain ». Là commence le calvaire de l'adolescente. Il lui revient en propre, au lendemain de son arrivée, de s'occuper assidûment des tâches ménagères : faire la vaisselle, laver les linges, aller à la recherche de l'eau, etc. « Le droit aux loisirs m'est pratiquement refusé ; Et le comble de mon malheur, ce sont les longues fessées qui récompensent la moindre maladresse et le moindre oubli », dit-elle, avec une note d'amertume dans la voix.
La raison de vivre de Cristela aujourd'hui, c'est son droit de pouvoir aller à l'école. Elle s'en est accrochée aussi solidement qu'elle semble être prête à se battre pour le garder intact. Fort heureusement, personne n'a jamais osé le lui enlever. « Beaucoup d'enfants se sont vus empêchés par leur famille d'accueil de fréquenter le Foyer Maurice Sixto en dépit du fait qu'elles n'ont aucun frais à payer pour leur formation académique, dénonce Wénès Jeanty, directeur exécutif de cette institution. Ces familles avancent, comme prétexte, que leur domestique dispose de peu de temps pour s'occuper de leurs tâches quotidiennes ».

Foyer Maurice Sixto, lieu de civilité, d'humanité
C'est en l'année 1989 en réponse à « Sentaniz », lodyans populaire de Maurice Sixto -posant dans son inhumanité, et sa barbarie la problématique de la domesticité en Haïti, agitée avant lui par Justin Lhérisson dans « Zoune Chez Sa Ninainne »- que le Foyer a été fondé par le prêtre Miguel Jean-Baptiste. Le foyer fournit une assistance éducative, psychologique et affective aux enfants en domesticité dans la commune de Carrefour. « L'espace, dans sa philosophie, est un plaidoyer sur la nécessité urgente d'une prise de conscience collective du phénomène en vue de modifier le comportement des familles d'accueil qui infligent de lourdes peines à ces pauvres enfants », explique Wénès Jeanty. Le directeur exécutif soutient que c'est une honte pour le pays qu'à l'échelle internationale on continue à dénoncer, 203 ans après le miracle de l'indépendance et 13 ans après avoir ratifié la Convention relative aux droits de l'Enfant, l'esclavage moderne en Haïti.
Financé par ''Terre des Hommes Suisse'' et supporté par UNICEF dans ses projets ponctuels, le Foyer Maurice Sixto est un lieu de civilité, d'humanité et d'apprentissage où plus de 350 restavèk se côtoient, se frottent et se socialisent. Majoritairement des filles, les moins de 15 ans suivent un cycle normal de scolarisation jusqu'à la 4e année fondamentale avant d'intégrer d'autres centres d'enseignement de la zone. Ce que Wénès Jeanty appelle une forme subtile de réinsertion sociale. Au-delà de 15 ans, ils suivent des cours d'alphabétisation et sont orientés vers des professions manuelles. Au Foyer, tous ont droit à un repas chaque jour et des séances d'animation qui leur permettront, même l'espace d'un cillement, de retrouver la joie de vivre loin de la geôle et de l'enfer que représente souvent le toit d'accueil.
Bien qu'il demeure encore criant -le dernier recensement de l'UNICEF fait état de 200 000 enfants domestiques- le problème de la domesticité en Haïti, a fait remarquer M. Jeanty, interpelle de plus en plus de consciences. Beaucoup de comportements ont changé suite à des campagnes de sensibilisation. Des institutions nationales, relativement nombreuses, et internationales sont de plus en plus conscientes du phénomène : d'où le prix des Droits de l'Homme de la République française 2007 décerné au Foyer Maurice Sixto. Le problème est posé avec acuité dans les médias par des organismes des droits humains. Mais le phénomène ne disparaîtra pas, reconnaît le numéro 2 de la Fondation Maurice Sixto, s'il n'y a aucune volonté politique de transformer la société haïtienne, si nos valeureux paysans ne sont pas encadrés, si l'Etat ne crée pas des écoles dans les zones les plus reculées du pays pour contenir l'exode rural, si rien n'est fait pour casser cette dichotomie « moun an deyò/ moun lavil », ... s'il n'y a pas une politique de création d'emplois pour réduire le chômage et la misère en Haïti.
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* Cristela est un nom d'emprunt qui protège l'identité véritable de cette adolescente en 3e année fondamentale au Foyer Maurice Sixto.
Nélio Joseph

dimanche 16 décembre 2007

Une campagne de plantation de haricot à travers Haïti

80 tonnes, telle est la quantité de semences de haricot qui seront distribués à plus de 3 000 familles victimes de la tempête tropicale Noël en octobre dernier. François Severin, ministre de l'Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, en a fait l'annonce mardi.« Financé à hauteur de 7 840 000 de gourdes, ce projet entre dans le cadre d'une campagne de plantation de haricot d'hiver à travers les dix départements du pays et vise à donner une réponse rapide aux dégâts causés par la tempête tropicale », a soutenu le titulaire du MARNDR.« Evaluées à 32 000 marmites, les semences seront distribuées dans tous les systèmes d'irrigation du pays », a martelé François Severin qui a par ailleurs indiqué que seront privilégiés les départements de l'Ouest, de l'Artibonite et du Centre qui recevront18, 14 et 14 tonnes de semence pour avoir été les plus touchés par les dégâts causés par la tempête.120 tonnes supplémentaires devront être bientôt distribués pour la campagne de printemps, annonce le ministre de l'agriculture. 200 tonnes ont été prévues dans le budget pour l'exercice fiscal 2007-2008.
Danio Darius
daniodarius001@yahoo.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=52060&PubDate=2007-12-16

jeudi 15 novembre 2007

Claudy Gassant contre le trafic et l'exploitation des enfants haïtiens

Le chef du parquet de Port-au-Prince Me Claudy Gassant a fait savoir mardi que des mesures sont en train d'être adoptées en vue de limiter voire d'éradiquer l'exploitation et le trafic des enfants.Haïti est accusée d'être parmi les pays les plus connus dans le domaine du trafic des enfants, à partir des pratiques de pseudo crèches et orphelinats fonctionnant dans le pays dont certains bénéficieraient du support financier d'institutions étrangères.
Dans le cadre de la lutte visant à freiner ces abus, le commissaire du gouvernement a annoncé l'arrestation d'un certain Saint-Vistal, responsable d'un pseudo orphelinat qui fonctionnait à Cité de Dieu, un quartier populaire du Sud de la capitale.La quarantaine d'enfants découverts lors de cette opération ont été remis au ministère des Affaires sociales, a-t-il fait savoir.
Saint-Vistal est accusé d'avoir abusé sexuellement de plusieurs des enfants qu'il avait sous sa responsabilité dont une filtete de 12 ans tombée enceinte à deux reprises après avoir été soumise à plusieurs avortements.
Me Gassant dit craindre que cet individu soit remis en liberté après la libération d'un autre responsable d'orphelinat arrêté pour abus sexuels contre deux petits garçons à Delmas.Selon des sources dignes de foi, des personnalités et des institutions connues seraient impliquées dans le trafic déshonorant des enfants.
" Ils sont arrachés de façon abusive de leur famille pour être placés dans des maisons, la plupart du temps dans des quartiers retirés. On les garde là jusqu'à un certain âge avant d'être envoyés "travailler" en Amérique, en Europe ou en Asie", a indiqué un responsable d'ONG, soulignant que si certains orphelinats accomplissent un travail humanitaire, d'autres par contre ne sont que des centres de corruption. (AHP)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50778&PubDate=2007-11-15

Vers la reconstruction du pont sur la rivière St Antoine

Le passage de la tempête tropicale Noël dans le Sud-est a fait son lot de victimes et les pertes matérielles sont énormes. Champs agricoles dévastés, tronçons de routes endommagés et d'innombrables habitats inondés. Le pont reliant Jacmel à la Vallée de Jacmel a été totalement détruit par les avalanches d'eau, payant ainsi les frais de la dégradation des bassins versants surplombant la rivière St Antoine. Un nouveau pont d'une plus grande envergure serait envisagé.
Le passage à gué récemment construit sur la rivière St Antoine et reliant les communes de Jacmel et de la Vallée de Jacmel a partiellement résisté à la tempête Noël ; mais ne pourra plus jouer son rôle. Cet ouvrage qui a coûté près de trois millions de gourdes à l'Etat haïtien a été en grande partie endommagé et contourné des deux cotés par les eaux qui se sont déversées dans cette rivière. Depuis, les habitants de ces deux zones ont du mal à communiquer entre eux et sollicitent une intervention urgente et cohérente des autorités.

Selon les données recueillies auprès des responsables concernés qui ont été sur les lieux pour faire le bilan de la situation, l'ouvrage en question a été victime de l'écoulement d'un flux d'eau trop élevé. Construit pour évacuer environ 300 m3 d'eau par seconde avec des ouvertures dimensionnées en conséquence, un des ingénieurs présents lors de cette visite a fait savoir que pendant quatre jours ayant précédé les dégâts, des millions de m3 d'eau ont en effet traversé ce pont. Lors des crues, les eaux ont atteint une hauteur de 5 mètres à partir de la base de l'ouvrage.Avec une telle avalanche d'eau, indique cet ingénieur architecte, le pont sur la rivière St Antoine n'aurait pas pu effectivement tenir. Il explique en outre que les calculs effectués pour la construction de ces ouvrages sont souvent fonction du profil de la zone en période normale de pluie et de la capacité financière disponible.
Un expert en irrigation et drainage qui a également fait le déplacement pour constater les dégâts dus à la dégradation prononcée de notre environnement signale que pendant quatre jours une quantité moyenne de 450 millimètres de pluie est tombée sur les bassins versants de St Antoine.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50806&PubDate=2007-11-15

80 enfants du Bel-Air pris en charge

La Fondation Ede yo, une organisation formée d'Haïtiens évoluant à New York, a annoncé jeudi sa disposition de voler au secours des enfants démunis du Bel-Air, grand quartier populeux de Port-au-Prince.80 enfants en situation difficile sont déjà pris en charge par cette organisation qui a confié à la Fondation Partage, évoluant en Haïti, l'exécution de ses projets. Les présidents respectifs des deux fondations, Unik Ernest et Mireille Mérové-Pierre ont scellé leur partenariat par une opération de distribution de matériels scolaires et l'octroi de bourses aux bénéficiaires du programme.Les deux fondations, explique Mme Mérové-Pierre, poursuivent les mêmes objectifs et interviennent dans le quartier du Bel-Air. « Nous allons ensemble construire un modèle de développement axé sur les enfants », a-t-elle dit, soulignant que sa fondation a déjà fait ses preuves à Abricots en prenant totalement en charge 2 500 enfants à travers 12 écoles.L'Ecole communautaire du Bel-Air a été équipée afin de pouvoir accueillir les 80 enfants retenus dans le programme. « Nous sommes fiers de participer avec la Fondation Partage qui a déjà fait ses preuves sur le terrain en Haïti », s'est félicité Unik Ernest qui mise beaucoup sur la qualité de l'éducation que recevront les bénéficiaires du programme lui en partenariat avec la Fondation Partage.
Le Groupe d'Appui fondamental à Bel-Air dirigé par Nora Dupuy apportera sa contribution au programme au niveau pédagogique. « La présence de l'école est importante. Mais elle ne sert à rien sans une bonne préparation des maîtres », a fait valoir Mme Dupuy, qui annonce la mise en place au Bel-Air d'un centre de formation vocationnel équipé de matériels modernes. Ce centre formera des professionnels de la ferronnerie, de la plomberie, de l'électricité et de la menuiserie. Déplorant la fermeture des institutions qui fonctionnaient dans ce quartier au profit des armes, Nora Dupuy en appelle à la conscience des citoyens haïtiens afin de redonner au Bel-Air son visage d'antan.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50799&PubDate=2007-11-15

mardi 13 novembre 2007

HAÏTI/TRANSPORT / Les taximotos : la nouvelle vogue dans les campagnes

par Phoenix Delacroix
phedelacroix@yahoo.fr

On les rencontre sur toutes nos routes, ces motos, exploitées à fond.
« Se lajanw ki pou rete’w. Mwen pare pou mwen menen’w kotew vle ale». Jean, taximotoman, lance à brûle-pourpoint ces propos à son interlocuteur d’un air de défi. Chevauchant sa mécanique, il esquisse quelques manœuvres hardies pour impressionner le voyageur qui vient marchander ses services. Notre bonhomme, visiblement heureux, sourit derrière son casque. Tout joue en sa faveur : sa moto neuve, l’absence de ses concurrents partis faire le décompte de la jour née, l’impatience du passager, l’heure assez avancée. « Toutes les conditions sont réunies pour une bonne affaire », se dit Jean qui se rappelle les consignes à appliquer dans ces genres de situation. Alliant expérience, intuition et psychologie, il applique toujours à la lettre les conseils que lui avait prodigués son instructeur avant de se lancer dans cette profession toute nouvelle en Haïti. Il est cinq heures de l’après-midi, heure indue pour quelqu’un désirant se rendre à Grigri (Côtes de Fer). La scène se passe à Carre four Fond des Blancs (SaintMichel du Sud). « Cinq cents gourdes », se décide enfin Roger, prêt à payer le prix pour ne pas rater son rendez vous. « Cents gourdes de plus et partons », lui réplique aussitôt le gaillard qui rabaisse d’un geste brusque sa visière avant de déclarer avec conviction : « Dans une heure environ, tu seras à destination ». Il n’en fallut pas plus pour con vaincre Roger de partir à l’aventure. Dans un passé encore récent, il n’aurait eu d’autre choix que de passer la nuit chez un ami avant de prendre la route à pied le lendemain. Il tressaille encore d’effroi en pensant à ces longues et harassantes marches de toute une journée presque. Pour remonter son moral, il se remémore les récits de ses amis vantant les exploits des « bèt seren », (surnom donné aux conducteurs de taximotos qui n’ont pas d’heure pour prendre la route) et pense déjà au lit douillet qui l’attend.
Révolution dans les campagnes
Penser la vie sans penser taximoto est désormais impossible dans nos campagnes. Fini le temps des longues marches. Personne, les écoliers aussi bien les marchands, ne prend plus la route à pied. Partout, on recourt aux services des taximotos. Le phénomène est, rappelons le, récent. Il est apparu au milieu des années 90 au niveau de quelques grandes et moyennes villes du pays en dedans, avant de se généraliser dans presque toutes les communes éloignées et difficiles d’accès. Toutefois, les observateurs ne s’accordent pas sur son origine. Ouanaminthe en aurait la paternité pour ceux qui soutiennent que nos compatriotes du Nord’Est on dupliqué les fameux motors (motòl) dominicains. Pour d’autres, la pratique a vu le jour à Jacmel, classée incontestablement, aujourd’hui, ville des taximotos. Quoi qu’il en soit, la motocyclette quelle que soit sa marque, a conquis nos campagnes. On les retrouve désormais partout ces engins à deux roues, de La Vallée à Ouanaminthe en passant par Bainet, Côtes de Fer, Aquin, L’Asile, PetitGoâve, SaintMarc, Plaisance, pour l'usage privé ou public, sur nos routes et nos sentiers. Dans le nord, les marques japonaises dominent, tandis que dans le sud les chinoises font la loi. Rouler plus viteLes taximen ne s’imposent pas de limites. On les retrouve sur toutes nos routes et mêmes nos sentiers les plus inaccessibles. Ils exploitent à merveille les raccourcis pour économiser du carburant. Pourvu que le client accepte d’en payer le prix, ils sont prêts à se rendre jusqu’au bout du monde. Ils simplifient la vie à plus d’un. « Se lajan’w ki pou rete’w », entendons souvent dire au niveau des circuits. Le culte de la vitesse est encouragé par le changement des mœurs de nos campagnards. Les écoliers et les marchands sont incontestablement les grands bénéficiaires de cette pratique qui fait gagner du temps, mais comporte de grands risques. Les accidents sont en effet courants et parfois graves. Chaque taximan a ses clients fidèles. Aux heures de pointe, avant l’entrée des classes, on peut croiser facilement dans les rues un transporteur avec quatre passagers et bagages. Les prix varient d’un circuit à l’autre, selon les distances et l’état des routes. Ils peuvent atteindre jusqu’à mille gourdes au niveau d’Aquin, de Côtes de fer et de Bainet. Ils ne dépassent pas généralement cinquante gourdes dans le nord, sauf pour les trajets intercommunaux ou les «frets » de nuit.
Mardi 13 novembre 2007

lundi 22 octobre 2007

5,7 millions d'enfants et de jeunes seront vaccinés

Quelque 5,7 millions d'enfants, d'adolescents et de jeunes de moins de 19 ans seront vaccinés contre des maladies telles que la rougeole, la rubéole et la polio à travers le pays. Cette campagne nationale sous l'égide du ministère de la Santé publique et de la Population s'attaquera aussi aux carences en vitamine A et aux vers intestinaux. Il s'agit d'une première dans l'histoire haïtienne

Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), en partenariat avec le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) et le Comité national de vaccination, a annoncé, vendredi, le lancement d'une gigantesque campagne de vaccination qui débutera le 4 novembre prochain sur toute l'étendue du territoire national. «C'est un programme ambitieux qui apportera aussi plusieurs antigènes au groupe des jeunes de 15 à 19 ans qui n'étaient pas touchés auparavant», a dit le ministre de la Santé publique, le Dr Robert Auguste. Selon lui, cette campagne s'inscrit dans le cadre des efforts du gouvernement en vue de réduire la mortalité et la morbidité dues aux maladies incontrôlables. «Elle permettra à l'Etat de répondre à ses engagements nationaux et régionaux qui sont d'éradiquer la polio et de parvenir à l'éradication de la rougeole, de la rubéole et du syndrome de rubéole congénitale », a ajouté le ministre. Pour atteindre ce public cible, les responsables de la santé ont adopté quatre stratégies. « D'abord, la population captive des écoles et des postes fixes, à savoir les centres de santé. Puis les postes de rassemblement et le porte-à-porte », a expliqué le ministre Auguste. Cette campagne de vaccination s'étendra sur six mois. A partir du cinq novembre jusqu'à février 2008, les départements du Nord-Est, de l'Artibonite, de l'Ouest, du Nord, du Centre et du Nord-Ouest seront couverts. Puis viendra le tour du grand Sud en février.

La campagne sera financée à hauteur de 9,5 millions de dollars américains par l'OPS-OMS, l'UNICEF, la MINUSTAH, l'ACDI, l'USAID/CDC, l'Agence de coopération espagnole, certaines églises et les gouvernements du Japon, de la Colombie et du Venezuela.

Péguy André

Josephpeguy_andre@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49960&PubDate=2007-10-22

La route Bon-Repos/ Carrefour Saint-Médard bientôt réhabilitée

La réhabilitation du tronçon de route reliant Bon Repos à Carrefour Saint-Médard, près de l'Arcahaie, débutera en novembre prochain. Le titulaire du MTPTC, l'ingénieur Frantz Vérella, a signé, vendredi, dans les locaux du ministère un contrat avec les responsables de la firme dominicaine de construction Ingeneria Estrella - EATT qui exécutera ces travaux. Le groupe Ingeniera estrella - EATT a, selon M. Vérella, mené à bien la construction de l'aéroport de Santiago ainsi que celle de la station balnéaire de Punta Cana. D'une durée de 15 mois, la réfection de ces 34 kilomètres de route sera financée à hauteur de plus de 15 millions de dollars par la Banque Interaméricaine de Développement (BID)Selon le ministre Vérella, l'objectif de ces travaux est d'améliorer les infrastructures dans le département de l'Ouest en vue de faciliter les activités touristiques et les rapports avec les autres départements : « Ce tronçon est extrêmement important dans la mesure où il facilitera le transport entre les départements du Nord, du Nord-Est, du Nord-Ouest, de l'Artibonite et du reste du pays. Il va également dynamiser le développement du tourisme, principalement sur la côte des Arcadins ».
Il a également fait part d'un plan visant à relier ce tronçon à Pedernales en République dominicaine en passant par Fonds-Verrettes, Thiotte et Savanne Zombi. Il a aussi annoncé la publication bientôt dans les médias haïtiens et internationaux d'avis d'appel d'offres pour le tronçon de route Mirebalais /Hinche.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49965

dimanche 14 octobre 2007

Ouf de soulagement à Croix-des-Bouquets

La rue Saint-Jean, où stationnaient les véhicules de transport à destination de Thomazeau et de Mirebalais, offre pour le moment l'image d'un espace plus ou moins agréable(Photo: Victor Jean Junior)
Les piles d'immondices qui souillaient l'entrée de la commune de Croix-des-Bouquets ont disparu. Les aires de stationnement des véhicules de transport ont définitivement changé de place. Les marchandes abandonnent peu à peu les trottoirs, et les embouteillages monstres ont considérablement diminué aux carrefours... Les résidents de cette commune respirent enfin un nouvel air.
C'est à l'occasion de la fête patronale de cette commune, la Notre-Dame du Rosaire, célébrée le week-end écoulé, que les autorités municipales ont déployé des efforts considérables afin de présenter un nouveau visage de la zone aux visiteurs. Des travaux d'infrastructure et une vaste campagne d'assainissement y avaient précédemment été mis sur pied. Résultat : la « ville du fer découpé » présente aujourd'hui un environnement quasi agréable.« Maintenant nous sommes en train de vivre dans un espace plus ou moins vivable », s'est réjouie une septuagénaire qui réside depuis sa naissance à la rue Saint-Jean. Satisfaite des travaux de nettoyage fraîchement réalisés par le conseil municipal, la veuve dit espérer que les Cruciens vont renouer avec la propreté d'antan.
Vue partielle de la petite place publique. Cet espace était un lieu de stationnement également
(Photo: Victor Jean Junior)
Pour rendre la ville attrayante, une petite place publique a été récemment construite à l'entrée de l'ancien local du marché public où des marchands - surtout des petites marchandes - installaient librement leurs produits. Aménagé par les autorités municipales de concert avec certains citoyens, selon une source digne de foi, cet espace a été transformé pendant deux jours en un véritable site d'exposition de produits artisanaux lors de la célébration de la Notre-Dame du Rosaire.
Sur l'un des murs clôturant ce lieu d'attraction, un message de sensibilisation, qui appelle à la solidarité, est lancé à tous les fils et filles de la commune : « Mezanmi ann kenbe komin nou an pwòp ». En français : « Mes amis, gardons notre commune propre ».« Si les autorités continuent d'entreprendre ces travaux d'assainissement et si les habitants décident d'apporter leur contribution pour le bon usage de l'espace environnemental, Croix-des-Bouquets pourra devenir réellement une ville digne de ce nom », estime un habitant, comme pour féliciter les employés de la mairie et pour inviter, du même coup, la population à mettre la main à la pâte.
Les embouteillages monstres ont complètement disparus au Carrefour Calvaire (Photo: Victor Jean Junior)
Applaudissant des deux mains les efforts de la mairie, d'autres résidents pensent toutefois qu'il reste encore beaucoup à faire à l'actuel conseil municipal. « Des tronçons de route attendent encore l'intervention des autorités concernées. Des citoyens, qui ne cessent de construire des maisons de manière anarchique dans la ville, doivent être interrogés. Certains points de stationnement des « Tap-Tap » méritent d'être révisés. »Après le délogement des marchands, en juin dernier, de l'ancien local du marché public situé non loin du carrefour Calvaire, le maire titulaire, Jean Saint-Ange Darius, avait envisagé de construire un complexe commercial et un centre hospitalier à cet endroit. « Nous comptons réserver cet espace pour la construction d'un hôpital et d'un centre commercial », avait-il déclaré. En attendant cette réalisation, les résidents de la « ville du fer découpé » poussent un ouf de soulagement contrairement aux six derniers mois.
Victor Jean Junior

djune14@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49673&PubDate=2007-10-13
Commentaires
Pendant les premiers jours de la gestion des élus de la mairie de Port-au-Prince, la population n générale aait applaudi des deux mains les effort entrepris pour donner un nouveau visage à certains quartiers de Port-au-Prince. Le nettoyage et la libération des rues comme Lalue, Le déguerpissement des commerce sur la zone du Champs de Mars représenatient des actions susceptibles a réinstaurer la confiance et de se dire qu'une autre Haïti était possible.
Après des discours divergents entre la mairie et le pouvoir central "le peuple" a fait valoir ses droits au dessus de ceux de la majorité car c'est pour cela qu'ils s'étaient rendus à Montana". On comprend mieux le sens des votes en Haïti. C'est pour perpétrer le statut quo et le désordre.
Si les élus de la croix des bouquets peuvent sauvegarder ces acquis ce serait une très bonne chose pour l'image du pays.
Aujourd'hui, les innondations devastatrices à la moindre précipitation ne suffisent toujours pas à faire comprendre aux haïtiens, gouvernants et gouvernés que ces manières de gérer l'environnement ne peuvent plus continuer. Pour protéger ce qui peut l'être encore, pour que le pays ne s'engloutisse uen fois de plus il faut de la fermeté, de l'autorité de la vision et de l'action.
Bravo Croix des bouquets au moins on ne vous reprochera pas de n'avoir pas essayé!