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jeudi 9 octobre 2008

Le juge de paix de Carrefour, Wilfrid Masséna, sur la sellette

Mis en cause par le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) dans l’affaire Natacha Jeune Saintil, le juge de paix suppléant de Carrefour, Wilfrid Masséna, nie avoir exercé des pressions sur la comédienne qui avait été tabassée par des policiers. " A aucun moment je n’ai exercé des pressions ", dit-il faisant remarquer que la mère de Natacha ne cessait de réclamer un accord avec les policiers pour mettre un terme à l’affaire. Le magistrat soutient que des traces de sévices corporels n’étaient pas visibles sur la jeune femme. " A mon arrivée au commissariat j’ai tout d’abord émis un ordre de libération pour la jeune femme", assure le magistrat soulignant avoir pris acte d’un accord entre deux parties consentantes. Le juge de paix de Carrefour révèle qu’un certificat médical annexé au dossier faisait état de ciste à l’ovaire pour Natacha Jeune Saintil. Niant avoir une quelconque responsabilité dans cette affaire, le juge Masséna indique que la rencontre entre les policiers et la jeune femme, accompagnée de ses parents, avait eu lieu au commissariat de Carrefour. En ce qui a trait au motif du problème, les policiers avaient expliqué que la jeune femme avait mordu un agent de l’ordre lors de l’intervention de la police au domicile des Saintil. " J’ai compris que la mère de Natacha voulait en finir avec cette affaire parce qu’elle disait avoir des liens de parenté avec l’épouse du policier victime de la morsure". Le juge de paix de Carrefour s’inscrit en faux contre les accusations du RNDDH, arguant qu’il n’était pas présent lors de l’intervention de la police au domicile de Natacha Saintil. Interrogé sur ce dossier, l’ancien ministre de la justice, René Magloire, estime que le juge de paix aurait commis une infraction grave en contraignant Mme Saintil à signer un quelconque document. " Ce serait extorqué une signature d’une victime", dit-il rappelant que le conseil de la magistrature peut se pencher sur les écarts des juges.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=14150

mardi 12 février 2008

Un journaliste, Tom Dumond, tabassé par un policier

Un journaliste de radio Signal FM, Tom Dumond, a été tabassé par un policier vendredi. L’incident ne s’est pas produit dans une section communale d’une ville de province, mais au cœur de la capitale, non loin du commissariat de cafétéria. Le policier, dont l’identité n’a pas été révélée, a été l’objet de mesures conservatoires adoptées par l’inspection générale de la PNH.
Le directeur départemental de l’Ouest, Ralph Stanley Brice, et l’inspecteur général en chef, Fritz Jean, avaient été immédiatement saisis du dossier par la directrice générale de Signal FM, Anne Marie Issa.
Mme Issa qui est également présidente de l’Association Nationale des Media Haïtiens (ANMH) a réclamé des sanctions à l’encontre du policier qui toutefois a nié les faits.Tom Dumond, au contraire, explique avoir été bousculé et giflé par le policier en dépit du fait que son badge avait été récupéré par l’autre policier présent. En dépit des remarques de deux autres journalistes de la station, M. Dumond a été placé dans la garde à vue du sous commissariat de cafétéria.Interrogé par radio Métropole, M. Dumond a expliqué que les policiers en question ont fait montre d’hostilité à l’égard des travailleurs de la presse. " On vous donne un micro et vous croyez que vous avez une grande importance a lancé l’un d’eux" a rapporté Tom Dumond.Présenté par madame Issa comme un homme calme et gentil, Tom Dumond n’avait jamais eu d’antécédents avec les agents de l’ordre. L’incident du 8 février laissera peut être des séquelles sur M. Dumond qui s’interroge sur la perception que les agents de l’ordre ont des journalistes. Il s’agit du deuxième incident en moins de trois mois au cours desquels des journalistes ont été agressés par des policiers. L’association Nationale des Media Haïtiens et SOS journalistes avaient immédiatement condamné ces agressions et réclamé des sanctions contre les fautifs. Les agressions contre des journalistes des radio Ibo et Signal risquent de créer un climat de tension être les journalistes et les agents de l’ordre.
Tom Dumond salue l’intervention des hauts gradés de la PNH qui l’ont sorti du guêpier, mais s’interroge sur son sort s’il n’avait pas été un travailleur de la presse.http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=13475

mercredi 29 août 2007

Qui veille sur le lac Azueï

Une situation d'anormal commence à développer dans certains endroits du lac Azueï. Il s'agit de la mauvaise exploitation de l'environnement général de cette région touristique qui devrait être protégée normalement par chaque individu.
Constructions anarchiques, coupe de bois, mauvaise gestion de déchets... figurent parmi les principaux phénomènes dévastateurs qui affectent considérablement l'environnement général du lac Azueï, encore appelé Etang Saumâtre. A Fonds-Parisien en particulier, une bonne partie du principal lac d'Haïti est livrée depuis un certain temps à des particuliers qui ne protègent pas du tout cette ressource naturelle. A Lulette, une localité située à quelques mètres du site du Parc naturel de Fonds-Parisien, l'Etang saumâtre devient un endroit peu agréable. Sa beauté est cachée par des dizaines de maisonnettes, construites à environ trois mètres du lac par Love a Child, une ONG basée dans la zone depuis déjà quelques années selon une source bien informée.« L'initiative de créer des logements sociaux pour des personnes défavorisées est très louable. Mais utiliser l'environnement d'un site touristique très important à cette fin n'est pas un choix raisonnable », déclare de son côté, un citoyen de Ganthier qui requiert l'anonymat. « Il est temps de divorcer avec cette manière arbitraire d'agir. Il faut protéger le lac », ajoute-t-il.

De son côté, le Coordonnateur du Programme Environnement Transfrontalier (PET), Arnoux Séverin, affirme que cette situation représente une menace pour le lac Azueï. Lors d'un entretien au téléphone, M. Séverin précise que le littoral d'un plan d'eau doit être occupé seulement par des arbres non pas par des maisons. Et ce, à partir de 100 mètres, dit-il, en faisant référence au code rural de Boyer.

Non conscients sans doute de l'importance de l'environnement agréable créé par cette nappe d'eau, les habitants de Lulette, une localité où vivent environ une centaine de familles, s'en servent mal. Ils jettent toutes sortes d'objets dans le lac et fse servent de la coupe de bois pour subvenir à certains besoins. Une situation que condamnent ceux qui se disent prêts à apporter leur appui à tout mouvement visant la protection du lac. " Nous déplorons le fait que des individus s'amusent à exploiter de façon malhonnête l'environnement du lac Azueï en voulant satisfaire uniquement leurs besoins".
A La source, autre localité de Fonds-Parisien, un groupe missionnaire américain de foi protestante occupe arbitrairement, toujours selon notre source, une partie du lac à des fins personnelles. Clôturée avec des barbelés, cette partie attrayante du lac devient automatiquement la propriété privée de ces particuliers. Cette situation est fréquente presque dans toute la zone.
A l'entrée du Parc naturel qui serait sous le contrôle de la Société des Parcs (SODEPA), il est indiqué ce qui suit : « Stop UN. You can't enter here, it's a private property » (en français, « Arrêtez, Nations unies. Vous ne pouvez pas entrer ici, c'est une propriété privée »).
Face à une telle situation, plus d'un croit que les autorités doivent entamer dans l'immédiat un processus de délimitation dans la région du lac Azueï. «Il faut prendre rapidement les dispositions nécessaires pour régulariser cette situation. L'Etat doit penser à la délimitation du lac », indique le Coordonnateur du PET qui se rappelle de la démarche entreprise par les autorités pour empêcher la construction d'un Hôtel au bord du lac à Fonds-Parisien parce que tout simplement, dit-il, les concepteurs ne prévoyaient aucun canal d'évacuation dans cette zone.
Par ailleurs, M. Sévrin en profite pour annoncer pour le mois de septembre 2007 la reprise des activités du PET, une instance chargée de renforcer la coopération transfrontalière à travers l'environnement par la gestion durable des ressources naturelles dans la région des lacs Azueï et Enriquillo.« Même s'il n'est pas encore exploité à bon escient, le lac Azueï doit être protégé par tous », estime un homme d'affaires de Fonds-Parisien qui dit attendre pour voir si des mesures drastiques ne seront pas adoptées dans les jours à venir contre tous ceux qui exploitent mal l'environnement général du lac.
Victor Jean Junior

djune14@yahoo.fr