Google
Affichage des articles dont le libellé est CRISE POLITIQUE EN HAITI. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est CRISE POLITIQUE EN HAITI. Afficher tous les articles

mercredi 19 septembre 2012

Haïti-Politique : Des sénateurs mèneraient la bataille sur un autre front contre Martelly

P-au-P, 17 sept. 2012 [AlterPresse] --- Le président haïtien, Joseph Michel Martelly, le président du conseil supérieur du pouvoir judiciaire et de la cour de cassation, Anel Alexis Joseph, et deux autres juges de la cour de cassation se trouvent dans le collimateur d’une partie du sénat de la république, selon des déclarations recueillies par AlterPresse au cours d’une série d’entretiens. Quatre (4) juges, Frantzy Philémon, Thélot Wendell Coq, Kesner Michel Thermesi et Louis Pressoir, ont été installés le vendredi 17 février 2012 pour compléter la cour de cassation du pays. En fait, Frantzy Philémon et Kesner Michel Thermesi « sont entrés en fonction dans l’irrespect de la loi », fait savoir le sénateur du Nord-Est, Jean Baptiste Bien-Aîmé. Les noms de ces 2 derniers ne figuraient pas dans une liste reconnue par le parlement, selon les explications de l’élu. En conséquence, « nous allons prendre une résolution pour demander à ces derniers de démissionner », ajoute Bien-Aîmé, qui explique que le sénat a été dupé de l’intérieur lors du processus. Le dossier, relatif à l’entrée soupçonnée d’irrégulière de 2 juges à la cour de cassation de la république, ouvre une fenêtre sur celui du conseil électoral (dit permanent) à 6 membres établi par Michel Martelly. Un conseil incomplet, car la version amendée de la Constitution de 1987 et "reproduite" par l’administration de Martelly / [premier ministre Laurent Salvador] Lamothe stipule un organisme électoral de 9 membres. Les six (6) membres déjà installés ont prêté serment devant ces juges incrimines à la cour de cassation, qui font désormais l’objet d’une résolution parlementaire. Tous les « actes » qu’ils [ces 2 juges] auraient posés seraient « nuls et non avenus », au terme de la résolution envisagée par le sénat de la république. Les membres de ce conseil électoral (dit permanent pour certains et présidentiel pour d’autres) sont : Josué Pierre-Louis (représentant de l’exécutif, président ; il est nommé au dit conseil sans avoir reçu décharge de sa gestion au poste de ministre de la justice, auquel il a renoncé en octobre 2011 au fort des remous provoqués par l’arrestation arbitraire et illégale du député en fonction Arnel Bélizaire), Gustave Acacia (représentant de l’exécutif, vice-président), Reynaldo Brunet (représentant de l’Exécutif, responsable des opérations électorales), Yves Benoit Jean Marie (représentant du judiciaire, trésorier), Patrick Métellus (représentant du judiciaire, secrétaire général) et Salnave Exantus (représentant du judiciaire, responsable de la communication). Autre personnalité concernée par cette résolution, c’est Anel Alexis Joseph, le président de la cour de cassation et du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj). Lui aussi aurait violé la loi en acceptant son poste, limite à 65 ans l’âge de nomination d’un juge en son article 51 ; alors que le juge Anel Alexis Joseph est septuagénaire. Est également contestée la nomination des représentants du Cspj au conseil électoral permanent (Cep) mis sur pied par Michel Martelly . Changement de phase … « La bataille », contre Martelly « a changé de phase », a déclaré à AlterPresse le sénateur du Nord Jean-Charles Moïse. « Nous avons passé 15 mois à parler. Maintenant, les armes sont les manifestations, les grèves et les sit-in », préconise Moïse, qui entend mettre fin politiquement au mythe d’un Michel Martelly "très populaire". Pour appuyer ses assertions, le sénateur Moise évoque les mouvements de protestation et de grève, tenus, les 12 et 13 septembre 2012, respectivement au Cap-Haïtien (Nord) et aux Cayes (Sud). contre le mode de gestion de l’administration Martelly / Lamothe. Jean Charles Moïse annonce une autre série de manifestations, lesquelles devront, cette fois-ci, impliquer des habitantes et habitants des Gonaïves (Artibonite / Nord). [srh kft rc apr 17/09/2012 10:30] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13409

mardi 14 août 2012

CEP permanent : Le président du Sénat se désolidarise du chef de l’Etat

Dieuseul Simon Desras écrit à Michel Martelly pour l’exhorter à privilégier le consensus, seul moyen d’éviter la crise politique majeure que pourrait générer le projet présidentiel de plus en plus contesté et n’ayant aucune chance d’aboutir au Parlement, prévient-il Publié le lundi 13 août 2012 Le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, a exhorté lundi le chef de l’Etat, Michel Martelly, à renoncer à la formation unilatérale d’un conseil électoral permanent de six membres et à engager un dialogue avec les différents secteurs de la vie nationale autour de cette question problématique en vue de prévenir une grave crise politique. Dans une lettre ouverte adressée au Président de la république à l’expiration de son « ultimatum » de huit jours lancé au Parlement pour la désignation de ses trois représentants au CEP, le parlementaire du Plateau Central évoque à nouveau l’idée de la constitution d’un organisme électoral provisoire de consensus en invitant M. Martelly à « prendre l’initiative historique et judicieuse de convoquer et réunir toutes les forces vives de la nation qui devront ensemble envisager la meilleure formule qui saura éviter au pays de sombrer dans les abysses d’une crise insurmontable ». Déplorant les « errements coupables » du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) dans le processus de sélection de ses représentants qui n’ont fait que renforcer les doutes et les suspicions, le Sénateur Desras souligne à l’attention du chef de l’Exécutif que la promulgation de la constitution amendée, à l’origine du processus actuel, a suscité de vives contestations au Parlement. « Monsieur le Président, une complication d’ordre politique, résultant de l’option exprimée par un nombre important de Députés et de Sénateurs pour la formation d’un conseil électoral provisoire de consensus ou d’un conseil électoral de transition et relayée par la classe politique, compromet toutes chances du Parlement de répondre positivement à votre demande », écrit le président du Sénat. Tout en se disant attaché à la volonté de Michel Martelly de doter le pays d’un CEP permanent, le leader du Grand Corps rappelle à l’intéressé qu’il s’était exposé à de sévères critiques lorsqu’il s’était engagé en faveur de l’entrée en vigueur de la version amendée de la constitution de 1987. « Le peuple ne veut et ne peut être assujetti qu’à la raison ou à la justice », estime Dieuseul Simon Desras qui met en garde contre les risques d’une remise en cause de l’autorité de l’Etat. Ce désaveu de celui qui était devenu, ces derniers mois, l’un de ses principaux alliés sur un sujet très controversé, met à mal davantage le projet du chef de l’Etat de confier l’organisation des prochaines élections sénatoriales, municipales et locales à un CEP contesté à la base qui pourrait ne compter dans ses rangs que les représentants de l’Exécutif et d’un CSPJ dans la tourmente. spp/Radio Kiskeya http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article9047

jeudi 10 mai 2012

L'ex-première ministre d'Haïti livre un message critique à Montréal

L'ancienne première ministre d'Haïti Michèle Pierre-Louis est critique lorsqu'elle parle des efforts de la communauté internationale pour reconstruire son pays. De passage à Montréal, mardi, pour une conférence sur la reconstruction d'Haïti, près de deux ans et demi après le terrible séisme qui a fait près de 300 000 morts, la chef de gouvernement sous la présidence de René Préval a reconnu qu'il était difficile de constater les efforts de reconstruction en se promenant à Port-au-Prince aujourd'hui.
Mme Pierre-Louis reproche à la communauté internationale de ne pas investir dans les institutions étatiques haïtiennes et de laisser le gouvernement du pays dans un état de faiblesse constant. Elle estime que l'organisation d'élections si tôt après le séisme était une erreur qui a détourné l'attention.
« J'étais au gouvernement et je me suis rendu compte que le gouvernement a énormément de difficultés à convaincre la coopération internationale qu'il faut aider le gouvernement. Alors j'expliquais aussi qu'on est dans un paradoxe, puisque très souvent les bâilleurs disent : "Oui, mais est-ce qu'il n'y a pas de corruption, est-ce qu'il y a une capacité d'absorption?"
Mais en même temps, ils ne prennent pas le risque avec nous de renforcer les structures publiques, sans lesquelles il est difficile de concevoir la refondation, la reconstruction et tout paradigme de changement dans ce pays », a expliqué l'ancienne première ministre.
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/05/08/008-haiti-michele-pierre-louis.shtml

mardi 28 février 2012

Le scandale du « Cabinet rose »? Haiti : singulier comme toujours

Haïti: Qui l'eût dit ? Qui l'eût cru ? Mais ce n'est pas de la fiction : cela s'est bien passé, et en Haïti. Encore et toujours « un singulier petit pays ». Mais quoi ? Qu'y a-t-il eu de si extraordinaire, apte à provoquer l'étonnement et, encore plus, le désarroi ?
Il s'agit du fait par les ministres et secrétaires d'Etat du gouvernement Conille de s'être rebellés tous contre lui, d'avoir boudé une convocation du Parlement sur la base de certaines arguties juridiques et d'avoir opéré, moins de vingt-quatre heures après l'incartade, un spectaculaire revirement les ayant portés finalement à donner suite à la demande de dépôt de pièces de la commission sénatoriale d'enquête sur la nationalité. Ceux qui se sont présentés au Parlement portaient des bracelets roses, en signe d'allégeance indéfectible au chef de l'Etat.
Quelle interprétation et quelles conséquences d'un tel état de fait, au regard des avancées réalisées dans le domaine de la démocratie en Haïti ?
Il s'agit d'une action anticonstitutionnelle à plus d'un titre : l'exécutif est bicéphale, avec le chef de l'Etat et celui du gouvernement. Ce dernier tient sa légitimité du Parlement, codépositaire de la souveraineté nationale. Il est ratifié sur la base d'une déclaration de politique générale dont il assure l'exécution et à propos de laquelle il doit rendre compte au Parlement. Il répond donc des ministres, en relation avec ladite politique. En aucune manière, ces derniers ne peuvent se substituer à lui, le supplanter ou l'ignorer dans tout ce qui se rapporte à l'action gouvernementale.
Outre le fait que le Parlement légitime le chef du gouvernement, il autorise le fonctionnement des membres de celui-ci. Ils ont de ce fait des comptes à lui rendre sur leur action. Comment comprendre qu'ayant reçu le laissez-passer du Parlement, ils se rebellent quand celui-ci entreprend de vérifier leur nationalité, au regard de la Constitution.
Comment, des hommes et des femmes formés, n'ont-ils pas eu le courage d'aider le chef de l'Etat à comprendre que, à titre de ministres et de secrétaires d'Etat, ils ne pouvaient et ne devraient, en aucune façon, comploter et agir contre leur supérieur hiérarchique immédiat ? Pourquoi l'ont-ils laissé ou même encouragé à s'engager dans une telle voie, se sabordant du même coup, eux aussi ? Quels dividendes espèrent-ils tirer d'un tel acte ?
Par la bicéphalie de l'exécutif, telle que définie dans la Constitution de 1987, celle-ci se positionne de manière catégorique contre le présidentialisme fort. Soutenir délibérément une telle option est donc ouvertement anticonstitutionnel. Dans un autre contexte, un tel acte eût pu être qualifié de crime de haute trahison et ses auteurs passibles de la Haute Cour de justice. Continuer >
Leur attitude s'inscrit manifestement dans la dynamique de moins en moins camouflée du rétablissement de l'ordre ancien. Des signes annonciateurs de cette démarche sont assez significatifs : décisions unilatérales dans plusieurs domaines ; opacité dans plusieurs aspects de la gouvernance ; retour aux affaires de gens connus pour leur hostilité aux normes démocratiques ; tolérance envers des groupes dont les membres se font passer pour des militaires ; hostilité envers la presse démocratique ; retour apparent des « attachés ». Concernant ces derniers, un étudiant a récemment dénoncé son arrestation par des individus armés qui ne seraient pas des policiers.
Les bracelets roses portés par des membres du gouvernement lors de leur convocation au Parlement ne laissent planer aucun doute sur l'option de retour aux pratiques honnies. On est alors en droit d'établir un parallélisme entre le symbolisme de ce geste et l'instruction passée par feu Roger Lafontant: Que tous portent l'uniforme bleu des VSN!
Sur le plan strictement éthique, on a le droit de s'interroger sur le message envoyé à la nation, surtout aux jeunes, par nos ministres et secrétaires d'Etat en ce qui concerne les notions de solidarité et de loyauté en politique. On avait pourtant coutume d'entendre parler de « solidarité ministérielle ». Qu'en est-il aujourd'hui, après l'acte historique du « Cabinet rose » ? Un ministre ne critiquait pas un collègue, encore moins un chef de gouvernement, en public. Or, voilà que c'est arrivé avec le ministre chargé des relations avec le Parlement.
On recule. Depuis la Constitution de 1987, le président de la République n'était plus perçu comme un personnage placé au-dessus des institutions. On le prenait tout simplement pour un haut fonctionnaire investi d'une mission cardinale : celle de s'assurer du respect et de l'application de la Constitution et des lois et du bon fonctionnement des institutions. La situation créée par les ministres et secrétaires d'Etat nous renvoie au statu quo ante.
Que l'on ne s'étonne pas alors de l'aggravation subséquente de la déliquescence de l'Etat et de l'impossibilité pour les Haïtiens d'assumer leur destinée! Dans ces conditions, le départ de la mission étrangère n'est pas pour demain.
L'aide massive et les investissements directs étrangers ne sont pas également pour bientôt, en dépit des bonnes intentions exprimées il y a peu de temps. Surtout si Garry Conille était bien l'envoyé spécial des « Grands ». Une nouvelle période de « wait and see », donc d'expectative, s'annonce au cours de laquelle la présidence peut avoir beaucoup de mal à « délivrer ».
Souhaitons, pour le pays, que notre analyse ne soit pas exacte. Car si elle l'est et que les difficultés se présentent effectivement, il n'y aura pas que l'équipe au pouvoir à en pâtir. Il ne faudra alors pas écarter l'éventualité d'un recours à la force de celle-ci contre divers secteurs de la société qu'elle rendra responsables de ses déboires.
Le Parlement, appelé à ratifier le prochain chef de gouvernement, agira-t-il de sorte que nous n'arrivions pas à une telle situation ? Profitera-t-il de la désignation d'un nouveau Premier ministre pour assumer le leadership qui fait aujourd'hui défaut au pays ? Voudra-t-il garder en place l'équipe gouvernementale actuelle ? Se confinera-t-il plutôt dans le rôle de comparse de l'exécutif, qui est traditionnellement celui de beaucoup de ses membres ?
Le Parlement lâchera-t-il les dossiers de la nationalité et de l'audit des contrats de la période de l'état d'urgence qui, sans conteste, ont emporté le Premier ministre Conille et motivé l'action des membres de son gouvernement ?
Nous n'allons certainement pas tarder, en suivant l'actualité, à obtenir les réponses à ces lancinantes questions.
Marvel DANDIN

Haïti: Michel Martelly identifie trois successeurs potentiels pour Garry Conille

Publié par Associated Press le lundi 27 février 2012 à 15h04. PORT-AU-PRINCE, Haïti - Le président haïtien Michel Martelly a identifié trois candidats potentiels pour le poste de premier ministre.
Le président du Sénat, Simon Dieuseul Desras, a indiqué à l'Associated Press que le Parlement a reçu les noms du ministre de l'Intérieur Thierry Mayard-Paul, du ministre des Affaires étrangères Laurent Lamothe et d'Ann-Valérie Milfort, l'ancienne directrice d'un comité de reconstruction qui a cessé ses activités.
Le Parlement peut choisir n'importe lequel de ces candidats pour occuper le deuxième poste en importance au pays, ou encore les rejeter tous les trois. M. Desras n'a pas été en mesure de dire quand une décision sera prise.
Le premier ministre sortant Garry Conille a subitement démissionné vendredi après seulement quatre mois en poste, dans la foulée de rumeurs persistantes de désaccords avec M. Martelly. La mission de l'ONU en Haïti et les diplomates occidentaux ont demandé au président de rapidement combler le poste pour permettre à Haïti de mettre la main sur les milliards de dollars en aide étrangère promis pour aider le pays à se relever du séisme de janvier 2010.
M. Conille et son cabinet demeureront en poste jusqu'à ce que son successeur ait été choisi, ce qui pourrait prendre plusieurs semaines. M. Conille a agi comme conseiller de Bill Clinton, quand l'ancien président américain était envoyé spécial des Nations unies en Haïti.
http://www.985fm.ca/international/nouvelles/haiti-michel-martelly-identifie-trois-successeurs-127633.html

Haïti-Politique : Poursuite du cycle de tâtonnements avec la démission de Garry Conille

Par Ronald Colbert P-au-P, 28 févr. 2012 [AlterPresse] --- Le cycle de tâtonnements, qui caractérise la gestion publique en Haïti depuis la chute de la dictature des Duvalier le 7 février 1986, semble vouloir se prolonger, voire empirer avec la démission du premier ministre Garry Conille en cette fin de février 2012, relève l’agence en ligne AlterPresse.
De 1986 à 2012, Haïti a vécu très peu de temps d’accalmie politique.
Les tensions politiques se sont davantage exacerbées avec l’accession au pouvoir de Michel Joseph Martelly, le 14 mai 2011, après une présidentielle controversée (novembre 2010 et mars 2011) et notamment marquée par des turbulences et l’ingérence de la communauté internationale par l’organisation “interposée” des États américains (Oea) dans les résultats proclamés.
C’est finalement au bout de 5 mois, soit le 15 octobre 2011, que Martelly a pu disposer de son premier gouvernement. L’ancien chanteur de rythme “compas” n’avait pas cru bon de négocier préalablement avec les forces politiques représentées au parlement, dans la perspective de dégager une majorité parlementaire non seulement pour obtenir la ratification de son gouvernement, mais aussi pour faire passer ses choix politiques.
Du 14 mai 2011 au 24 février 2012, l’orientation politique de Martelly a cheminé de scandales, en passant par diverses agressions, jusqu’à des crises évitables, mises sous le compte de l’inexpérience politique et de l’improvisation.
Après le rejet de deux candidats (Gérard Raoul Rouzier par 42 sur 64 députés présents le 21 juin 2011 ; puis Bernard Honorat Gousse par 16 sénateurs sur 30 le 2 août 2011), des pommes de discorde ont eu lieu successivement entre la présidence et le parlement, ensuite avec la presse : fin septembre 2011 avec le sénat sur le choix des juges de la Cour de cassation ; début octobre 2011 sur la nomination des délégués (représentants de la présidence dans les 10 départements géographiques) sans l’aval du conseil des ministres sortants ; fin octobre 2011, arrestation, sur la piste de l’aéroport international, du député en fonction Arnel Bélizaire ; sans oublier une série de différentes incartades, poussées autoritaristes et agressions contre la presse nationale… jusqu’à la question de nationalité…
Aujourd’hui, le président du sénat Simon Dieuseul Desras et celui de la chambre des députés Levaillant Louis Jeune appelle à la vigilance citoyenne pour sauvegarder les acquis démocratiques, comme la liberté d’expression et son corollaire la liberté de la presse, et prévenir le pire.
Il faut “ exiger que les dirigeants se mettent effectivement à l’œuvre sous l’empire de la Constitution, en tenant compte de leurs prérogatives et de leurs limites. Puisque la loi-mère prévoit les mécanismes qui indiquent aux hommes et aux femmes comment ils doivent servir la cause publique”, souhaite le parlement.
“Notre société aujourd’hui est grosse d’événements majeurs, et personne, absolument personne, ne peut se replier dans un silence sans être complice… pour que le respect des lois redevienne norme dans notre société qui se cherche”.
Évoquant la stabilité politique comme condition essentielle pour attirer les investissements nationaux et étrangers, les États-Unis d’Amérique appellent l’exécutif, le parlement et les autres branches gouvernementales à garantir la continuité de “ l’engagement aux valeurs démocratiques, en confirmant au plus vite un nouveau Premier ministre, en organisant la tenue d’élections parlementaires et locales ce printemps, en poursuivant la lutte contre la corruption, et en s’assurant que les droits de tous les Haïtiens soient respectés dans le cadre de l’État de droit”.
« La démission du Dr. Garry Conille démontre, malheureusement, que les déchirements ont pris le dessus sur la conciliation au détriment du pays, alors que la population haïtienne aspire à amorcer véritablement le tournant qui la conduira sur la voie de la reconstruction, de la croissance économique et du renforcement des institutions de l’État de droit », relève la mission des nations unies de stabilisation en Haïti (Minustah).
La force onusienne suggère aux autorités haïtiennes de privilégier et de maintenir un climat harmonieux et propice à la stabilisation démocratique d’Haïti et à la relance économique.
Prévisible depuis le 16 février 2012, avant la trêve du carnaval 2012, la démission du chef de gouvernement Dr Garry Conille est officiellement intervenue dans la matinée du 24 février.
Le boycott, par l’ensemble des 18 ministres (sauf 5 secrétaires d’État qui s’y seraient présentés), d’une réunion gouvernementale convoquée, la veille 23 février, par le premier ministre désormais démissionnaire, serait la goutte d’eau qui a propulsé au départ de l’ancien fonctionnaire international.
Malgré des démentis renouvelés de différend fonctionnel et institutionnel, perceptible dans les milieux politiques, Conille aurait éprouvé du malaise face à l’omniprésence de Martelly dans les questions relevant plutôt de la gestion gouvernementale.
Contrairement à l’avis du premier ministre, l’ensemble du cabinet ministériel – qui n’a pas tenu compte des remarques de Conille – a fait sienne, le 16 février 2012, une position présidentielle de ne pas répondre à une invitation du sénat enquêtant sur la nationalité des principaux dirigeants (y compris Martelly lui-même) de l’actuelle administration politique.
Le nœud du désaccord serait la décision du premier ministre de faire auditer tous les accords passés, sans appel d’offres sous l’ancienne administration de Joseph Jean Max Bellerive (actuel conseiller au cabinet de Martelly) dans le cadre de la loi d’urgence (mai 2010 – octobre 2011).
Ces contrats sont estimés à plusieurs millions de dollars américains (US $ 1.00 = 42.00 gourdes ; 1 euro = 61.00 gourdes aujourd’hui).
Conille n’a pas été remarqué lors des festivités carnavalesques (du 19 au 21 février 2012), délocalisées aux Cayes (troisième ville d’Haïti, à environ 200 km au sud de la capitale) sur décision unilatérale, le 18 décembre 2011, du président Michel Joseph Martelly.
Qualifié de mandataire des décideurs mondiaux d’Haïti, lorsqu’il est venu briguer le poste de premier ministre fin août 2011, Conille aura passé seulement 4 mois à la tête du premier gouvernement depuis son investiture le 18 octobre 2011.
Martelly, qui demande la sérénité chez les acteurs politiques et les bailleurs de fonds internationaux, s’est-il constitué une majorité confortable côté législatif pour espérer avoir rapidement un nouveau premier ministre ?
Combien de temps le vide gouvernemental va-t-il durer, dans le processus de liquidation des affaires courantes par Garry Conille jusqu’à l’arrivée de son successeur ratifié par les deux branches du parlement ? [rc apr 28/02/2012 0:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12438

samedi 27 août 2011

Offensive du G-16 : Michel Martelly doit répondre à dix exigences

Au nom de la sauvegarde des institutions républicaines et des responsabilités constitutionnelles du chef de l’Etat, le bloc majoritaire au Sénat l’appelle au dialogue avec les forces politiques et sociales et à la mise en oeuvre d’un train de mesures comme conditions sine qua non pour arriver à la formation d’un nouveau gouvernement Publié le vendredi 26 août 2011
Le groupe des seize, majoritaire au Sénat et de plus en plus opposé au Président Michel Martelly, a dénoncé vendredi les « dérives du pouvoir » et présenté un cahier des charges en dix points dont l’application conditionnera le processus de ratification du nouveau Premier ministre alors que l’impasse politique reste totale en Haïti plus de trois mois après l’arrivée de la nouvelle administration.
Incisifs et déterminés dans l’exposé de leur déclaration qui, dans son contenu et son articulation annonce un glissement vers une polarisation de la vie politique, les Sénateurs Wencesclass Lambert, Evallière Beauplan et Simon Dieuseul Desras ont d’entrée de jeu exigé de la Présidence l’établissement d’un dialogue sur la normalisation de la situation du pays avec les blocs parlementaires, les partis politiques représentés au Parlement et la société civile.
Sur la longue liste des recommandations publiée tout juste quelques heures après une rencontre mercredi entre le G-16 et l’ambassadeur américain, Kenneth Merten, figurent notamment la promulgation de la version amendée de la constitution, la formation du conseil électoral permanent (CEP) et du conseil constitutionnel, la nomination de nouveaux juges à la Cour de cassation suivie de l’institution du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), la reconduction de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) et la révision du mandat de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH).
Se défendant de vouloir mettre les bâtons dans les roues du chef de l’Etat et de rendre inopérante son administration, le bloc majoritaire, par la voix de Wencesclass Lambert, assure qu’il revient à Michel Martelly de faire connaître le nom de son nouveau Premier ministre désigné après l’échec des deux premiers candidats, Daniel Rouzier et Bernard Gousse.
Pour sa part, Evallière Beauplan, se montre très critique vis-à-vis du Président de la république qui, déplore-t-il, refuse de dialoguer avec les représentants de la majorité au Sénat en vue de trouver une solution au blocage politique. Parallèlement, il consacre le plus clair de son temps à des gesticulations inutiles. Le troisième Sénateur du nord-ouest a également averti que l’opération baptisée « débloquer le pays » dont le lancement a été annoncé dans les médias par des partisans zélés du pouvoir ne pourra nullement atteindre son objectif qui est d’intimider les parlementaires.
Intervenant sur le même thème, son collègue Simon Dieuseul Desras, a exprimé ses plus vives préoccupations et mis en garde contre toute agression dont pourraient faire l’objet Députés et Sénateurs de la part des troupes de choc qui compteraient, à la solde de la Présidence, partir en guerre contre le Parlement.
Ancien allié de Michel Martelly lors de la dernière campagne présidentielle, le Sénateur du Plateau Central (centre), issu du secteur Lavalas, évoque clairement la possibilité d’envisager la destitution du chef de l’Etat au cas où les parlementaires seraient la cible d’actions attentatoires à la démocratie.
A la veille d’un cumul de problèmes sociaux et d’une rentrée des classes à hauts risques au cours de laquelle M. Martelly sera mis à l’épreuve sur l’une de ses grandes promesses de campagne, la scolarisation universelle gratuite des enfants, la lune de miel avec le pouvoir législatif semble déjà terminé pour un Président en panne de solution devant l’impatience de plus en plus perceptible des citoyens et de la communauté internationale. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article8008
Commentaires:
Les parlementaires font très bien de se positionner et de démontrer un plan à défaut de vraie stratégie politique. On ne sait dire cependant si c'est par prépotence, limitation conceptuelle  ou excès de zèle, ils ne semblent pas aborder la situation par le bon bout. Il est difficile d'imaginer une solution en montrant ses gros bras. Le bras de fer va sûrement  exacerber les êtres et les paraître. Certaines revendications, légitimes ou non  doivent être exigées  lors de la définition et présentation de la politique générale. Et ne devraient pas être posées comme condition pour la ratification d'un premier ministre désigné.
Il ne faut pas non plus se montrer ni pas assez dupes ni trop naïfs. Je vois très mal comment ceux qui financent le budget haïtien, ceux qui financent les élections; ceux-là qui sont intervenus ouvertement pour proposer une solution coupée au couteau à nos élections présidentielles - donc les responsables de cette situation - ceux qui financent la MINUSTAH dont l'efficacité de la mission se jauge uniquement par un changement de président après chaque quinquennat, assisteraient les bras en croix à la destitution de Michel Martelly. J'ai envie de dire que nous nous plongeons de plus en plus dans le n'importe quoi. Mais on y est déjà jusqu'aux coudes et depuis des lustres!

mardi 14 juin 2011

Haiti-Politique : Les linges sales se lavent en famille

Analyse de conjoncture – juin 2011 (I)

Près d’un mois après la prise de fonctions du nouveau président Michel Martelly, comment se présente la situation politique en Haiti ? Deux textes soumis à AlterPresse par Marc-Arthur Fils-Aimé [1] fournissent des éléments de réponse à cette question. Suit une première analyse axée sur l’imbroglio constitutionnel qui s’installe avec le processus d’amendement controversé de la loi-mère
Le 14 mai dernier, l’Assemblée Nationale, composée des membres du Sénat et de ceux de la Chambre basse, a investi M. Michel Joseph Martelly comme le 56e président de la République. Si ce passage de pouvoir d’un président élu à un autre, sans tenir compte de la façon dont cet exercice de souveraineté populaire s’était déroulé, est rempli de symbolisme pour la démocratie représentative, il n’est pas le seul à retenir l’attention des citoyennes et des citoyens haïtiens et celle des observateurs internationaux. Parmi tant d’autres, nous jugeons que le processus de l’amendement de la Constitution mérite une réflexion sérieuse. La raison est simple, vu le rôle d’une Constitution dans la marche institutionnelle d’une nation.
En effet, dans la Constitution de 1987, en phase de révision, est censée concentré le projet républicain qui tentait de répudier non seulement la dictature presque trentenaire des Duvalier, mais toutes celles éventuellement à venir. Cette Constitution a, d’une part, raté sa vocation en s’attardant trop sur la forme surannée du duvaliérisme alors que la dictature comme méthode de gouverner est polymorphe. Celle des Duvalier n’en a été qu’une spécificité dans l’universalité. De multiples exemples à travers notre histoire de peuple ont précédé ou succédé le long règne du père et du fils présidents. D’autre part, la Constitution, étant un élément de la superstructure, n’est pas détachée de la structure qu’elle entend orienter. Qu’elle que soit la valeur démocratique de la Constitution de 1987, elle ne saurait nullement s’épanouir sur un système obsolète dominé par une oligarchie rétrograde, composée de capitalistes par leur idéologie, mais qui restreignent le développement de ce système par leurs pratiques prédatrices. La frontière dans ce cas-là entre le capitalisme et le féodalisme se révèle très ténue. C’est cette loi-mère qui est devenue en même temps l’idole et la bête malfaisante de ses principaux utilisateurs et utilisatrices. La volonté de l’amender n’a pas été soutenue seulement par le président Préval mais aussi par une large fraction de la classe politique traditionnelle. Cependant, l’ancien président n’aimerait pas le faire de n’importe quelle façon en négligeant ses propres intérêts et ceux de la fraction de classe hégémonique de son pouvoir.
Le texte officiel de la déclaration d’amendement paru dans le Moniteur, journal officiel de la République, du mardi 6 octobre 2009, n’est pas identique à celui qui a été voté lors de la dernière session de la 48e législature, selon certains parlementaires. On ne sait pas par quel compromis ou quelle compromission les nouveaux sénateurs et députés de la quarante-neuvième législature ont accepté de travailler sur cette publication officielle, écrite seulement en français, au mépris de la langue la plus parlée et la mieux comprise par toute la population haïtienne. Les Constitutionnalistes de 1987 ne se sont pas contentés de légaliser les deux langues, ils ont publié leur œuvre en créole et en français. L’amendement devrait suivre la même procédure. Ce non respect demeure déjà un accroc à un principe légalement reconnu en Haït et de ce fait, entache de nullité la déclaration d’amendement de la Constitution de 1987. En deuxième manche, l’amendement a été voté sous la pression du temps et sous la pression politique. Il est évident que les intérêts de la grande majorité ont été foulés aux pieds. Malgré tout, le texte envoyé pour publication, comme dernier geste politique officiel du président sortant René Préval, a subi une fâcheuse mutation entre le Parlement et la présidence ou entre celle-ci et les Presses nationales, l’imprimerie officielle de l’État haïtien, avec plus d’une dizaine d’articles erronés, en plus des fautes de natures diverses.
Les dirigeants de l’administration n’ont pas encore renoncé à nager en eau trouble. Il suffit que leurs intérêts immédiats et égoïstes soient pris en compte. Le nouveau président ne semble pas trop s’inquiéter de ce malheureux jumelage où chacun peut utiliser l’un ou l’autre des deux textes selon la nécessité du moment. Le président Martelly a ouvertement dit que cette crise constitutionnelle ne le regarde pas. Sa priorité reste ‘’l’école gratuite pour tous les enfants et la sortie des gens des tentes’’. La tendance qui semble surgir maintenant d’un compromis entre les différents acteurs est de publier le texte amendé par le parlement avec l’autorisation du nouveau président en conservant les mêmes signatures précédentes. Et si les signataires désistent en déclarant ne pas reconnaître leur signature sur un texte différent de celui qu’ils ont consigné ?
La classe politique traditionnelle haïtienne n’a pas encore renoncé - a-t-elle la capacité d’y renoncer un jour ?- à nager dans l’indécence et dans l’irrespect du grand public. Elle s’enlise dans l’institutionnalisation de l’impunité. Personne n’est encore accusée malgré l’énormité des fautes commises en cette matière. Il semble que dès que l’on entre dans ce cercle familial, on est automatiquement couvert par cet apophtegme : ‘’Les linges sales se lavent en famille’’. Peu importe la cristallisation de la crise et le tort apporté au pays.
[1] Directeur de l’Institut Culturel Karl Levêque (ICKL)
http://www.alterpresse.org/spip.php?article11150

mardi 4 janvier 2011

Haïti-Elections : Préval partira, partira pas ?

mardi 4 janvier 2011 Par Francesca Théosmy
P-au-P, 4 janv. 2011 [AlterPresse] --- Aucune nouvelle date n’a été communiquée pour la publication des résultats définitifs des élections contestées du 28 novembre 2010 alors que le mandat constitutionnel de l’actuel président de la République René Préval s’achève dans un peu plus d’un mois.
La crise électorale perdure, mais plus que le calendrier fixé par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) c’est tout l’avenir politique du pays qui risque une fois de plus d’être chamboulé, car personne ne sait ce qui peut se produire dans les prochaines semaines.
Selon de récentes révélations faites par l’ex-représentant de l’OEA en Haïti, Ricardo Seitenfus dans un journal brésilien, et relayées par la presse haïtienne, des acteurs de la communauté internationale auraient demandé à René Préval de partir le 28 novembre.
Un mois plus tard, cette option est-elle toujours sur la table ? La communauté internationale aurait-elle surmonté ses différences de vue sur la situation haïtienne ?
Selon les medias, Seitenfus invité à « prendre des vacances » après des déclarations retentissantes contre notamment la présence des casques bleus en Haïti, assimile un départ prématuré de Préval à un coup d’Etat, tout en soulignant qu’un gouvernement provisoire manquerait de légitimité.
Mais faut-il que Préval reste au pouvoir jusqu’au 14 mai, tel que cela a été prévu par une résolution controversée votée par le parlement au lendemain du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 ? C’est un vœu que Préval a récemment réitéré.
Un gouvernement provisoire : c’est ce que réclament un groupe de partis politiques et des organisations sociales. Une équipe dirigée par le juge le plus ancien de la Cour de Cassation et une commission pour faire la lumière sur les fraudes enregistrées lors du scrutin du 28 novembre 2010, sont leur remède à la crise.
Cette option a cependant été balayée d’un revers de main par Préval dans son discours traditionnel du 1er janvier. Le président a déclaré à cette occasion que seuls des élus légitimes peuvent garantir au pays de ne pas sombrer dans une crise encore plus grave.
Sous les huées d’une foule massée sur la Place d’Armes aux Gonaïves (Nord), René Préval a prononcé ce qui devrait être son dernier discours de commémoration de l’indépendance en tant que chef de l’Etat.
Entre temps, à la demande de Préval, une mission de vérification de l’Organisation des Etats Américains (OEA) est à pied d’œuvre dans le pays depuis le 1er janvier pour réévaluer tout le processus électoral. La mission détient les pleins pouvoirs pour accomplir sa tache suivant un accord signé entre le gouvernement, le CEP et l’OEA.
Deux des trois candidats arrivés en tête des résultats préliminaires des élections, Mirlande Manigat et Michel Martelly avaient émis des réserves sur l’opération mise en branle par les autorités, ce qui n’a pas été le cas du candidat du pouvoir, Jude Celestin.
La mission de vérification de l’OEA ne fait pas l’unanimité au niveau de la classe politique et l’opposition ne cache pas sa réprobation vis-à-vis des démarches de l’organisation hémisphérique qui se trouverait dans la position de « juge et partie ». [kft gp apr 4/01/2011 11 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10477