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mardi 3 janvier 2012

Haïti-Politique : La présidence hésite à fixer d’échéance pour la reconstitution de l’armée

208 e anniversaire de la déclaration d’indépendance nationale

P-au-P, 02 janv. 2012 [AlterPresse] --- Les recommandations, faites par la commission ad hoc sur le rétablissement de l’armée en Haïti – un vœu sans cesse renouvelé par le président Michel Joseph Martelly depuis sa prise de fonction en mai 2011 – seront soumises aux pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, annonce Martelly qui semble hésiter à s’accorder de délai définitif, contrairement aux premières assertions favorables à la date du 18 novembre 2011.
S’exprimant à l’occasion de la commémoration du 208 e anniversaire de la déclaration d’indépendance nationale, le dimanche 1er janvier 2012 aux Gonaïves (la cité de l’indépendance, à 174 km au nord de Port-au-Prince), Martelly affirme avoir reçu (fin décembre 2011) un premier rapport de la commission ad hoc sur le rétablissement d’une force armée.
Ladite commission, qui a vu le jour en novembre 2011, se donne, pour sa part, une échéance jusqu’en mai 2012 pour formuler ses propositions à la présidence.
En 2011, sans aucun cadre légal ni institutionnel, divers groupes, se positionnant sous le label « d’anciens militaires démobilisés » (de 1994), ont commencé à réaliser différents exercices d’entraînement militaire, en plusieurs points du territoire national.
Aucune information ne filtre, ni sur les sources de financement, ni sur les commanditaires de ces « groupes » ayant initié des exercices d’entraînement militaire, sans aucune concertation ni disposition administrative.
Depuis 1995, la police nationale d’Haïti (Pnh) reste la seule force armée officielle, effective sur le territoire d’Haïti à côté des forces onusiennes déployées après maintes résolutions du conseil de sécurité de l’organisation des Nations Unies (Onu), la dernière remontant à juin 2004 et renouvelée depuis lors tous les ans (en octobre de chaque année) avec des objectifs plus nuancés au fur et à mesure.
La position de Martelly pour l’existence d’une nouvelle force armée en Haïti est diversement interprétée par les secteurs nationaux et internationaux.
Pour certains, cela ne représente point une priorité à l’heure actuelle au regard des multiples défis (notamment environnementaux), auxquels fait face Haïti.
Pour d’autres, y compris de voix émanant d’anciens officiers et haut-cadres militaires, remettre sur pied une nouvelle force armée suppose des préalables, comme beaucoup de débats de concertation avec différents secteurs nationaux, sur la mission à profiler, d’autant que l’armée défunte – qui a participé à plusieurs coups d’Etat militaire- est responsable de nombreuses atrocités sur les citoyennes et citoyens. http://www.alterpresse.org/spip.php?article12137

samedi 19 novembre 2011

Haïti: Martelly lance le processus de rétablissement de l'armée

Le président haïtien Michel Martelly a lancé vendredi le processus de rétablissement de l'armée haïtienne conformément à ses promesses électorales, mais en se donnant le temps de gérer les craintes liées aux mauvais souvenirs laissés par l'uniforme.

Après des décennies de troubles politiques et des dizaines de coups d'Etat, dont certains impliquant les militaires haïtiens, Haïti a dissout son armée en 1995.
Le chanteur populaire devenu président a annoncé vendredi, lors d'un discours à Port-au-Prince, la création d'une commission chargée d'écrire en 40 jours la feuille de route de la création de cette nouvelle institution militaire. La commission devra rendre ses conclusions le 1er janvier.
"La commission va travailler dans la sagesse et dans le respect de la constitution en consultant différents secteurs", a promis M. Martelly lors d'une cérémonie à laquelle assistaient le gouvernement et des diplomates étrangers et plusieurs anciens présidents haïtiens.
A Port-au-Prince, observateurs, élus, journalistes et diplomates se demandaient si le président Martelly allait annoncer dès vendredi, comme il avait pu le laisser entendre, le rétablissement de l'armée haïtienne, l'une des promesses phares de sa campagne présidentielle. Ou s'il allait reculer.
Au final, Michel Martelly a décidé de se donner du temps mais sans reculer. C'est qu'à Haïti, l'opinion est très partagée sur le retour d'une armée.
Beaucoup la considère comme un facteur de déstabilisation politique et les militaires comme des faiseurs de coups d'Etat. Mais dans le même temps, les patrouilles des Casques bleus, qui assurent la sécurité avec la police d'Haïti, sont parfois perçues comme une force d'occupation.
Lors d'une rencontre récente, des diplomates étrangers avaient tenté de convaincre le président de renoncer à ce projet.
"Nous lui avons fait comprendre que la reconstitution de l'armée n'était pas la priorité de la communauté internationale qui se concentre de préférence sur la reconstruction du pays ravagé il y a près de deux ans par un violent séisme", avait confié à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.
Michel Martelly a répondu vendredi à ceux qui craignent qu'une armée, même nouvelle, ne retombe dans les travers de l'histoire.
"Je tiens à rassurer les uns et les autres, les protagonistes comme les adversaires" que l'armée ainsi rétablie aura "l'obligation de la participation démocratique", a-t-il assuré.
"L'objectif consiste à reconcevoir l'armée haïtienne, à la réconcilier avec le peuple, avec la modernité démocratique, à déployer une armée du 21e siècle adaptée à nos besoins réels, délestée de toutes les attributions et fonctions répressives et tournée vers le développement national", a-t-il insisté.
"C'est une bonne décision", a réagi le sénateur Youri Latortue, un ancien officier des ex-forces armées. "Il ne s'agit pas de chercher l'avis des autres secteurs sur le retour de l'armée, mais de discuter de la doctrine de la nouvelle force", a prévenu le parlementaire.
http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/haiti-martelly-lance-le-processus-de-retablissement-de-l-armee-18-11-2011-1727057.php

Le président Michel Martelly veut ressusciter l'armée en Haïti

Marche solennelle de la police haïtienne à la cérémonie
commémorative de la bataille de Vertières en 1803,
 Port-au-Prince, le 18 novembre 2011.
Reuters/Swoan Parker




Par RFI
Le président d'Haïti lance le processus de création d'une nouvelle armée. Michel Martelly veut qu'avec le départ à venir des casques bleus de la Minustah, des militaires nationaux prennent le relais. Pour tranquiliser la communauté internationale, Michel Martelly annonce la création d'une commission civile pour étudier les conditions d'un retour d'une armée.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
L'armée d'Haïti a été démobilisée par Jean Bertrand Aristide il y a 17 ans, en 1995 car elle avait été impliquée dans de nombreux coups d'état. Pour Michel Martelly, l'actuel président, il est temps de rétablir cette force pour la protection du territoire national car les troupes onusiennes ne sont pas parvenues à éliminer l'insécurité.
Dans un discours prononcé lors des commémorations de la victoire, - le 18 novembre 1803- des Haïtiens sur les troupes napoléoniennes, victoire qui signa l'indépendance du pays sur la puissance coloniale, Michel Martelly a rappelé sa promesse de campagne : «17 ans déjà, 17 ans de trop. Je peux vous dire que la dignité du peuple haïtien passe aujourd'hui par la création d'une nouvelle armée haïtienne. Je m'y suis engagé pendant la campagne. Je respecterai mon engagement dans le respect de l'Etat de droit, dans le respect des conventions et engagements avec les partenaires internationaux d'Haïti. A vous tous aussi qui avez souffert des bavures et des excès de cette institution je viens au nom de la nation vous demander pardon.»
Une commission civile va être instaurée pour élaborer un calendrier du retour de l'armée. Un retour qui se fera en parallèle d'un renforcement des capacités de la police nationale, ce que souhaitent les bailleurs internationaux, réticents à financer une armée alors que les policiers sont encore en sous-effectifs et sous-équipés.
http://www.rfi.fr/ameriques/20111119-le-president-michel-martelly-veut-ressusciter-armee-haiti

mardi 15 novembre 2011

No new army for Haiti

The Miami Herald Editorial The Miami Herald OUR OPINION: Nation has a mountain of priorities, but not this one
By The Miami Herald Editorial
HeraldEd@MiamiHerald.com
The list of urgent needs in Haiti is extensive, from housing to a thorough clean-up of its streets and refugee camps to better sanitation and medical treatment. Not on this list: a new army.
Yet even so, President Michel Martelly has told supporters he is going to announce some kind of “public security force” later this week, thus fulfilling a promise to some of his most ardent backers in the campaign that brought him to the presidency earlier this year. If Mr. Martelly had bothered to consult the Haitian people, it’s doubtful they would have endorsed this wrong-headed action.
Mr. Martelly reportedly justifies his actions by summoning the brave role played by the indigenous fighting force that led the successful war of independence from France. The historical reference may be good politics in the narrowest sense. Haiti’s people are justly proud of becoming the first black republic to declare independence back in 1804 under the heroic banner of Toussaint L’Ouverture.
But playing the patriot card in order to reward former army members in his retinue and bringing back the very institution that trampled on the human and political rights of Haitians before and after the coup that brought down the dreaded Duvalier regime is an insult to the people of that nation. They’ve had enough of military strongmen and their abuses over the last few decades to justify their fears for a better future if Mr. Martelly goes through with this plan.
This is both dangerous and reckless, particularly in light of the desperate situation that faces most of Haiti’s people every day. Squalid camps dotting the capital and its environs still house more than 500,000. Conditions are miserable and most people have become disconsolate because they see no progress. Electricity remains a sometime thing, cholera still rages throughout the country and the educational system is rudimentary, at best.
Knowing that the international community, without whose support Haiti would collapse entirely, is opposed to his action, Mr. Martelly says he will raise about $95 million to support the army from donors other than Haiti’s institutional supporters. Even if he succeeds, which is doubtful, his priorities are completely misplaced.
How about an army of street-sweepers to remove the remaining debris and give the capital and other earthquake-ravaged cities a cleaner look and, not incidentally, improve santitation? As a writer on the facing page recently suggested, a brigade of construction workers would do far more good than bringing back the army that was disbanded by former President Jean-Bertrand Aristide 16 years ago.
Someday, the international security force guarding Haiti will be disbanded and leave the country, but there is no need for an army to replace it. The U.N.’s MINUSTAH peacekeeping mission has worked with international donors and others to build up the police force. That is where Mr. Martelly should focus his efforts if security is his genuine concern.
By and large, the international community has been reluctant to play the heavy in obliging the Haitian government to do its will. The cooperative approach remains the best way. But given that external aid remains a vital lifeline for Haiti, its friends must exert leverage on Mr. Martelly to persuade him to put his energies elsewhere.
This may cause hard feelings between donors and Haiti’s proud president, but the desperate needs of the Haitian people should be placed above any individual’s political interests.
Read more: http://www.miamiherald.com/2011/11/14/2502455/no-new-army-for-haiti.html#ixzz1dlAUNEqz
http://www.miamiherald.com/2011/11/14/2502455/no-new-army-for-haiti.html