Trois mois après le séisme qui a fait au moins 220.000 morts en Haïti, les ONG sont encore dans une phase d'intervention d'urgence alors que l'arrivée de la saisons des pluies rend la population plus vulnérable, estiment samedi de grandes ONG françaises. «Trois mois après la catastrophe, la situation relève toujours de l'urgence», souligne Médecins du Monde (MDM) rappelant que «1,3 million de personnes sont sans-abri» et que «la saison des pluies va encore détériorer leurs conditions de vie».
«Si la phase aiguë est terminée, les besoins humanitaires et sanitaires restent colossaux en particulier pour les sans-abri et les milliers de déplacés internes», poursuit l'ONG médicale, qui appelle, comme Médecins sans frontières (MSF), à prolonger la gratuité des soins dans le domaine sanitaire, gratuité que le gouvernement vient de prolonger de 3 mois, revenant sur sa décision de rendre les soins de santé payant a compté du 15 avril.
«La population haïtienne est, et sera durablement affectée», rappelle MDM dont le réseau international a reçu un total de 10,8 millions d'euros pour cette intervention d'urgence «A chaque réplique ressurgissent la peur, les insomnies et les crises d'angoisses (...) certains cas relèvent aujourd'hui de la psychiatrie, or les structures de prise en charge sont quasi inexistantes», précise-t-elle.
De son côté, Action contre la Faim (ACF) dont les activités d'urgence continuent, indique que «l'arrivée de la saison des pluies constitue l'inquiétude principale» car ces pluies «vont détériorer les conditions sanitaires et augmenter considérablement les risques de maladies».
La mission d'ACF en Haïti dispose d'un budget de 19,2 millions d'euros, dont près de 30 % de dons privés.
Pour sa part, le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD-Terre solidaire) confirme que «l'heure est encore à l'urgence» et appelle à une «solidarité accrue en faveur de la relance agricole
à travers des partenaires locaux.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17485
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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dimanche 11 avril 2010
Abris transitionnels pour haïtiens sans domicile
«Nous les appelons des abris transitionnels mais ils sont pensés en vue d'offrir aux familles haïtiennes une certaine qualité de vie. Nous savons qu'ils demeureront là pour un certain temps donc ces habitations leur permettront de reprendre des activités comme l'éducation, le travail et tout ce qui rapproche le peuple à la normalité» Dans le cadre de la stratégie du gouvernement haïtien visant à mettre en place des abris plus sécuritaires, le déménagement dans un abri transitionnel est considéré comme un dernier recours pour les familles, les autres solutions étant de retourner vivre dans leur demeure ou sur leur terre, ou encore de trouver refuge provisoirement chez une famille d'accueil.
Les abris transitionnels de Vision Mondiale sont dotés de charpentes en aluminium pouvant être recouvertes d'une toile ou d'une bâche; on peut éventuellement y ajouter des matériaux de construction, des portes et des fenêtres. Chaque abri compte deux pièces pour dormir, une pour les parents et une autre avec couchettes pour les enfants. Il y a également un coin salon et un coin d'entreposage des aliments. Pendant la construction de ces abris, Vision Mondiale fournira des tentes et distribuera des rations alimentaires aux gens qui commenceront à arriver cette fin de semaine au site appelé Corail-Cesselesse.
Vision Mondiale participera à la première opération de relogement de 7 500 Haïtiens déplacés qui quitteront les camps de Port-au-Prince pour s'installer sur le site Corail Cesselesse où des abris transitionnels seront construits. En partenariat avec d'autres organismes, Vision Mondiale construira le tiers des 1 356 abris devant être installés sur ce nouveau site de 75 kilomètres carrés récemment allouée par le gouvernement d'Haïti à l'intention des gens les plus susceptibles d'être affectés par la prochaine saison des pluies.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17483
Les abris transitionnels de Vision Mondiale sont dotés de charpentes en aluminium pouvant être recouvertes d'une toile ou d'une bâche; on peut éventuellement y ajouter des matériaux de construction, des portes et des fenêtres. Chaque abri compte deux pièces pour dormir, une pour les parents et une autre avec couchettes pour les enfants. Il y a également un coin salon et un coin d'entreposage des aliments. Pendant la construction de ces abris, Vision Mondiale fournira des tentes et distribuera des rations alimentaires aux gens qui commenceront à arriver cette fin de semaine au site appelé Corail-Cesselesse.
Vision Mondiale participera à la première opération de relogement de 7 500 Haïtiens déplacés qui quitteront les camps de Port-au-Prince pour s'installer sur le site Corail Cesselesse où des abris transitionnels seront construits. En partenariat avec d'autres organismes, Vision Mondiale construira le tiers des 1 356 abris devant être installés sur ce nouveau site de 75 kilomètres carrés récemment allouée par le gouvernement d'Haïti à l'intention des gens les plus susceptibles d'être affectés par la prochaine saison des pluies.
N/ Radio Métropole Haïti
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jeudi 8 avril 2010
Le moment est venu d'exprimer notre solidarité envers les Haïtiennes
Je n'oublierai jamais le moment où le séisme a frappé Dodoma, dans mon pays natal la Tanzanie , en 2002, lorsque j'étais membre du Parlement. N'ayant aucune idée de ce qu'il fallait faire dans ces cas-là, je suis sortie instinctivement en courant. Si j'ai eu de la chance que les secousses aient causé peu de dégâts, j'ai compris combien nous étions fragiles. Le séisme qui a dévasté Haïti a ravivé ces souvenirs avec force et mes pensées sont allées vers mes collègues ainsi que vers le peuple haïtien qui ont été profondément touchés.
La tragédie a suscité un profond sentiment d'empathie et un prodigieux déferlement de dons dans le monde entier. Cet élan de solidarité est aussi un moment pour réfléchir à l'impact des catastrophes dans le monde, au rôle des Nations Unies et à notre responsabilité collective de non seulement répondre aux besoins immédiats mais aussi d'assurer un avenir durable aux survivants.
Trop souvent, les femmes et les enfants sont les plus durement touchés. Pour rechercher un abri, les mères parcourent de longues distances en portant leur enfant dans les bras et des sacs sur la tête, ployant sous le poids du fardeau. Les familles sont déchirées. Les enfants, qui sont trop jeunes pour comprendre ce qui arrive, sont souvent séparés de leurs parents.
Lorsque les femmes épuisées arrivent dans les camps installés par les organisations d'aide, elles font souvent face à la même division du travail qu'elles subissent depuis longtemps. Elles doivent pourvoir aux besoins de leur famille. Dans ces conditions particulièrement difficiles, elles peinent à trouver un abri, des vêtements et de la nourriture pour assurer les besoins de leur famille. Il leur faut souvent s'aventurer à l'extérieur du camp où elles sont exposées à de nouveaux risques, allant du vol aux sévices sexuels. Aucun survivant ne nous émeut peut-être autant que les mères qui sont affaiblies par les blessures liées à l'accouchement. Imaginez que vous attendez un enfant et que vous craignez non seulement pour votre vie mais aussi pour celle qui grandit en vous.
Les histoires émouvantes de femmes enceintes dans les situations de catastrophes – qui accouchent dans des voitures, sous des tentes, sur un banc dans un square ou à même le sol, sans eau, sans soins médicaux – nous rappellent de manière poignante que le cycle de la vie ne ralentit pas ni ne s'arrête simplement parce qu'un séisme frappe. Il est inacceptable que la mère qui est source de vie se retrouve soudain dans le rôle de celle qui met la vie de son bébé en danger.
Selon les estimations du Fonds des Nations Unies pour la population, 63 000 Haïtiennes accoucheront après le séisme. Nous faisons tout notre possible pour les protéger – et protéger la génération d'enfants qui naîtra et héritera de l'avenir du pays. Le Secrétaire général a fait preuve de qualités exceptionnelles de chef de file, mobilisant rapidement la famille des Nations Unies ainsi que la communauté internationale après le séisme afin d'aider le peuple haïtien pendant cette période difficile.
Après une catastrophe, les souffrances sont immenses, mais il est possible de prévenir et d'atténuer leurs effets. Lors de la planification des opérations d'aide, nous devons prêter attention aux besoins des femmes et de leurs enfants. Pourquoi regroupons-nous les femmes et les enfants ? Parce que lorsqu'une mère souffre, ses enfants souffrent aussi. Si une mère a faim, elle ne peut pas allaiter son bébé. Si elle n'a pas d'abri, ses enfants doivent dormir en plein air. Si elle doit aller chercher du bois ou de l'eau, ses enfants peuvent être exposés à la violence ou en être témoins et traumatisés.
Nous ne pourrons peut-être jamais éradiquer les catastrophes naturelles, mais la mise en place de mesures de prévention efficaces et une attention particulière aux besoins des femmes et des enfants contribueront dans une large mesure à atténuer leurs conséquences.
Si nous pouvons imaginer la peur que ressent une femme enceinte, nous pouvons aussi imaginer un monde où une planification minutieuse, une attention particulière aux besoins des femmes et la prise en charge des enfants permettront aux mères d'accoucher dans la plus grande sécurité possible, même dans des situations d'urgence.
Si nous comprenons leurs besoins spécifiques, nous pouvons prendre des mesures pour y répondre. Il faut pour cela considérer la catastrophe sous tous ses aspects, offrir des mesures de prévention et répondre à la situation d'une manière aussi vaste que possible. Il est nécessaire d'adopter une perspective sexospécifique pendant la phase de planification. Durant les catastrophes, il faut non seulement fournir des vivres, mais aussi des soins médicaux, une éducation et préparer un avenir productif.
Ce sont quelques éléments essentiels de la reconstruction que nous nous efforçons de mettre en œuvre en Haïti, dont le peuple a subi tant d'épreuves successives. Nous devons l'aider à rebâtir une société qui soit plus résiliente qu'avant le séisme.
Asha-Rose Migiro
Vice-Secrétaire générale des Nations Unies.
La tragédie a suscité un profond sentiment d'empathie et un prodigieux déferlement de dons dans le monde entier. Cet élan de solidarité est aussi un moment pour réfléchir à l'impact des catastrophes dans le monde, au rôle des Nations Unies et à notre responsabilité collective de non seulement répondre aux besoins immédiats mais aussi d'assurer un avenir durable aux survivants.
Trop souvent, les femmes et les enfants sont les plus durement touchés. Pour rechercher un abri, les mères parcourent de longues distances en portant leur enfant dans les bras et des sacs sur la tête, ployant sous le poids du fardeau. Les familles sont déchirées. Les enfants, qui sont trop jeunes pour comprendre ce qui arrive, sont souvent séparés de leurs parents.
Lorsque les femmes épuisées arrivent dans les camps installés par les organisations d'aide, elles font souvent face à la même division du travail qu'elles subissent depuis longtemps. Elles doivent pourvoir aux besoins de leur famille. Dans ces conditions particulièrement difficiles, elles peinent à trouver un abri, des vêtements et de la nourriture pour assurer les besoins de leur famille. Il leur faut souvent s'aventurer à l'extérieur du camp où elles sont exposées à de nouveaux risques, allant du vol aux sévices sexuels. Aucun survivant ne nous émeut peut-être autant que les mères qui sont affaiblies par les blessures liées à l'accouchement. Imaginez que vous attendez un enfant et que vous craignez non seulement pour votre vie mais aussi pour celle qui grandit en vous.
Les histoires émouvantes de femmes enceintes dans les situations de catastrophes – qui accouchent dans des voitures, sous des tentes, sur un banc dans un square ou à même le sol, sans eau, sans soins médicaux – nous rappellent de manière poignante que le cycle de la vie ne ralentit pas ni ne s'arrête simplement parce qu'un séisme frappe. Il est inacceptable que la mère qui est source de vie se retrouve soudain dans le rôle de celle qui met la vie de son bébé en danger.
Selon les estimations du Fonds des Nations Unies pour la population, 63 000 Haïtiennes accoucheront après le séisme. Nous faisons tout notre possible pour les protéger – et protéger la génération d'enfants qui naîtra et héritera de l'avenir du pays. Le Secrétaire général a fait preuve de qualités exceptionnelles de chef de file, mobilisant rapidement la famille des Nations Unies ainsi que la communauté internationale après le séisme afin d'aider le peuple haïtien pendant cette période difficile.
Après une catastrophe, les souffrances sont immenses, mais il est possible de prévenir et d'atténuer leurs effets. Lors de la planification des opérations d'aide, nous devons prêter attention aux besoins des femmes et de leurs enfants. Pourquoi regroupons-nous les femmes et les enfants ? Parce que lorsqu'une mère souffre, ses enfants souffrent aussi. Si une mère a faim, elle ne peut pas allaiter son bébé. Si elle n'a pas d'abri, ses enfants doivent dormir en plein air. Si elle doit aller chercher du bois ou de l'eau, ses enfants peuvent être exposés à la violence ou en être témoins et traumatisés.
Nous ne pourrons peut-être jamais éradiquer les catastrophes naturelles, mais la mise en place de mesures de prévention efficaces et une attention particulière aux besoins des femmes et des enfants contribueront dans une large mesure à atténuer leurs conséquences.
Si nous pouvons imaginer la peur que ressent une femme enceinte, nous pouvons aussi imaginer un monde où une planification minutieuse, une attention particulière aux besoins des femmes et la prise en charge des enfants permettront aux mères d'accoucher dans la plus grande sécurité possible, même dans des situations d'urgence.
Si nous comprenons leurs besoins spécifiques, nous pouvons prendre des mesures pour y répondre. Il faut pour cela considérer la catastrophe sous tous ses aspects, offrir des mesures de prévention et répondre à la situation d'une manière aussi vaste que possible. Il est nécessaire d'adopter une perspective sexospécifique pendant la phase de planification. Durant les catastrophes, il faut non seulement fournir des vivres, mais aussi des soins médicaux, une éducation et préparer un avenir productif.
Ce sont quelques éléments essentiels de la reconstruction que nous nous efforçons de mettre en œuvre en Haïti, dont le peuple a subi tant d'épreuves successives. Nous devons l'aider à rebâtir une société qui soit plus résiliente qu'avant le séisme.
Asha-Rose Migiro
Vice-Secrétaire générale des Nations Unies.
Haïti: 8.000 sinistrés vont déménager dans un nouveau camp
L'ONU va engager samedi le transfert de 8.000 Haïtiens vivant sur le site du Club de Golf de Pétion-Ville considéré à haut risque vers un nouveau camp construit à 20 km au nord de Port-au-Prince et pouvant accueillir jusqu'à 250.000 personnes. Le nouveau camp, baptisé «Corail», sera installé sur un terrain de 7.500 hectares capable d'accueillir jusqu'à 250.000 personnes, a précisé Mme Hurtubise porte parole de l'OCHA, disant toutefois «douter» qu'autant de personnes choisissent de venir s'y installer.
Le nouveau camps, constitué de tentes et d'abris en bois et en tôles, disposera d'une école, de multiples douches et sanitaires, ainsi que de plusieurs services (santé, assainissement, etc.) assurés par différentes ONG.
Ce transfert est basé sur le volontariat, a tenu à préciser France Hurtubise, Les personnes concernées ont été choisies en priorité «parce que leurs tentes ou leurs bâches de plastique sont dans des endroits où il y a des risques de glissements de terrain ou d'inondations».
«Tout est en marche pour recevoir les premières personnes samedi» expliquant qu'en prévision de la saison des pluies imminente, l'ONU s'était fixé le 15 avril comme date butoir. La FAO envisage en outre de distribuer des graines pour que les sinistrés cultivent un potager, a précisé Mme Hurtubise.
Les Nations Unies ont identifié dans Port-au-Prince sept camps qui présentent de «hauts risques» pendant la saison des pluies et des ouragans.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17454
Le nouveau camps, constitué de tentes et d'abris en bois et en tôles, disposera d'une école, de multiples douches et sanitaires, ainsi que de plusieurs services (santé, assainissement, etc.) assurés par différentes ONG.
Ce transfert est basé sur le volontariat, a tenu à préciser France Hurtubise, Les personnes concernées ont été choisies en priorité «parce que leurs tentes ou leurs bâches de plastique sont dans des endroits où il y a des risques de glissements de terrain ou d'inondations».
«Tout est en marche pour recevoir les premières personnes samedi» expliquant qu'en prévision de la saison des pluies imminente, l'ONU s'était fixé le 15 avril comme date butoir. La FAO envisage en outre de distribuer des graines pour que les sinistrés cultivent un potager, a précisé Mme Hurtubise.
Les Nations Unies ont identifié dans Port-au-Prince sept camps qui présentent de «hauts risques» pendant la saison des pluies et des ouragans.
N/ Radio Métropole Haïti
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mardi 6 avril 2010
Haïti: Attention danger!
Haïti connaît une inquiétante hausse de cas de grands brûlés dans les camps de sans abri, a indiqué mardi le Dr Rémy Zilliox qui travaille avec l'organisation Médecins sans frontières (MSF), pointant les incendies dans les tentes ou les électrocutions liées aux câbles électriques traînant en ville depuis le séisme. «C'est une nouvelle pathologie qui est une conséquence du mode de vie très précaire», que connaissent les quelques centaines de milliers d'haïtiens vivant dans des camps. «Ils sont sous la tente depuis trois mois et font de moins en moins attention», explique le chirurgien.
«J'ai un patient, il était en vélo quand un câble électrique s'est enroulé autour de sa roue avant. Comme son vélo était en métal, il a pris le courant dans les pattes», raconte l'humanitaire. «Toutes les familles vivent dans des tentes. Il y a une bougie ou une lampe à pétrole qui se renverse, et c'est une tente, deux, trois tentes qui flambent», poursuit-il. «Les femmes font la cuisine dans des conditions difficiles, avec de l'eau bouillante, de l'huile. La gamelle se renverse, ça vous donne ça», dit-il en pointant une femme défigurée, en attente d'une greffe de peau.
Face à cette situation, MSF a ouvert une unité spéciale, la seule en Haïti, dans son hôpital d'urgence installé dans le quartier Delmas de Port-au-Prince, au milieu d'un camp où vivent des milliers de sinistrés. Constitué de structures gonflables, l'hôpital de 4.500 m2 dispose de 200 lits et de tous les services d'un hôpital moderne.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17444
«J'ai un patient, il était en vélo quand un câble électrique s'est enroulé autour de sa roue avant. Comme son vélo était en métal, il a pris le courant dans les pattes», raconte l'humanitaire. «Toutes les familles vivent dans des tentes. Il y a une bougie ou une lampe à pétrole qui se renverse, et c'est une tente, deux, trois tentes qui flambent», poursuit-il. «Les femmes font la cuisine dans des conditions difficiles, avec de l'eau bouillante, de l'huile. La gamelle se renverse, ça vous donne ça», dit-il en pointant une femme défigurée, en attente d'une greffe de peau.
Face à cette situation, MSF a ouvert une unité spéciale, la seule en Haïti, dans son hôpital d'urgence installé dans le quartier Delmas de Port-au-Prince, au milieu d'un camp où vivent des milliers de sinistrés. Constitué de structures gonflables, l'hôpital de 4.500 m2 dispose de 200 lits et de tous les services d'un hôpital moderne.
N/ Radio Métropole Haïti
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10,000 tentes sur la mer
Felipe Calderon, le Président du Mexique, a annoncé ce mardi 6 avril, que le navire «Zapotec», avait quitté le port mexicain de Coatzacoalcos, dans l'État de Veracruz, à destination d'Haïti. Ce navire chargé de 160 tonnes d'aides humanitaire et de matériels, transporte une précieuse cargaison de 10,000 tentes. Ce premier lot de tentes fait partie d'un total de 50,000 promise par le Président Calderon à René Préval lors du Sommet d'Amérique latine et des Caraïbes qui s'est tenue les 22 et 23 Février dernier dans la ville mexicaine de Playa del Carmen. Calderon espère que les 40,000 autres tentes «seront terminées dans les semaines à venir» à-t-il déclaré lors d'un déjeuner avec des sauveteurs mexicains de retour d'Haïti.
Le Mexique a également promis au gouvernement haïtien une aide de cinq millions de dollars, ce qui n'a pas encore été finalisé «Nous avons la déclaration du Secrétaire au Trésor, qui a exploré les mécanismes de paiements, nous attendons les instructions pour transférer cet argent» a déclaré Calderon.
Le président a expliqué que «près d'un million de personnes dorment dans la rue en Haïti» et que le président Préval en collaboration avec la communauté internationale cherche à obtenir un total de 200.000 tentes pour fournir des abris temporaires aux victimes, avant la saison des pluies.
Les techniciens de l'Organisation des Nations Unies savent que la saison des pluies et des ouragans commence dans les Caraïbes, et que ces abris sont indispensables. L'ancien président américain Bill Clinton a annoncé vendredi dernier l'arrivée dans les sept prochains jours de 27.000 tentes supplémentaires.
Pendant ce temps, sur le marché du boulevard La Saline, surplombant le port de la ville, Peter, 20 ans, vend des bâches en plastique robuste, un matériel habituellement utilisé pour protéger les surfaces contre le soleil et l'eau dans la construction, en provenance de la République Dominicaine, «bien utilisée elles deviennent des tentes de luxe» dit-il. Ces «tentes de luxe» sont vendues 30$US à petit prix, précise-t-il soit 20% du salaire moyen d'un travailleur haïtien, un luxe sans aucun doute.
Quand la nuit tombe, les rues de la capitale se transforment en gigantesques dortoirs à ciel ouvert, exposés aux pluies menaçantes. En attendant l'arrivée du «Zapotec» dont ils ignorent tout de l'existence.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17440
Le Mexique a également promis au gouvernement haïtien une aide de cinq millions de dollars, ce qui n'a pas encore été finalisé «Nous avons la déclaration du Secrétaire au Trésor, qui a exploré les mécanismes de paiements, nous attendons les instructions pour transférer cet argent» a déclaré Calderon.
Le président a expliqué que «près d'un million de personnes dorment dans la rue en Haïti» et que le président Préval en collaboration avec la communauté internationale cherche à obtenir un total de 200.000 tentes pour fournir des abris temporaires aux victimes, avant la saison des pluies.
Les techniciens de l'Organisation des Nations Unies savent que la saison des pluies et des ouragans commence dans les Caraïbes, et que ces abris sont indispensables. L'ancien président américain Bill Clinton a annoncé vendredi dernier l'arrivée dans les sept prochains jours de 27.000 tentes supplémentaires.
Pendant ce temps, sur le marché du boulevard La Saline, surplombant le port de la ville, Peter, 20 ans, vend des bâches en plastique robuste, un matériel habituellement utilisé pour protéger les surfaces contre le soleil et l'eau dans la construction, en provenance de la République Dominicaine, «bien utilisée elles deviennent des tentes de luxe» dit-il. Ces «tentes de luxe» sont vendues 30$US à petit prix, précise-t-il soit 20% du salaire moyen d'un travailleur haïtien, un luxe sans aucun doute.
Quand la nuit tombe, les rues de la capitale se transforment en gigantesques dortoirs à ciel ouvert, exposés aux pluies menaçantes. En attendant l'arrivée du «Zapotec» dont ils ignorent tout de l'existence.
N/ Radio Métropole Haïti
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lundi 5 avril 2010
Les haïtiens ne veulent pas de charité
Les haïtiens veulent commencer à reconstruire leur pays «ils ne veulent pas de charité, ils veulent travailler, éduquer leurs enfants et faire en sorte d'avoir un toit au-dessus de leurs têtes la nuit». Selon une enquête réalisée auprès de 1,723 personnes par une firme indépendante haïtienne financée par l'organisation internationale Oxfam, du 9 au 12 mars auprès d'haïtiens appartenant à diverses catégories d'âge et de statut socio-économique, dans plusieurs quartiers de Léogâne et de la capitale, Port-au-Prince, dont Pétionville, Delmas et Carrefour. Les résultats complets seront disponibles dans le courant du mois d'avril.
«Les haïtiens nous disent haut et fort qu'ils veulent se remettre sur pied et commencer à reconstruire leur pays» Les besoins les plus pressants des haïtiens sont l'emploi (26%), les écoles (22%) et le logement (10%). Les haïtiens ne veulent pas de charité, ils veulent travailler, éduquer leurs enfants et faire en sorte d'avoir un toit au-dessus de leurs têtes la nuit. En tant que communauté internationale, nous devrions pouvoir le faire» a précisé Marcel Stoessel, chargé de mission en Haïti d'Oxfam International.
En dépit des récentes critiques concernant l'efficacité de leur intervention globale, plus de 60% des personnes interrogées jugeaient que la qualité et l'efficacité de la distribution de l'aide par les ONG internationales étaient bonnes. 70% de ces personnes se félicitaient des actions menées par les gouvernements étrangers au cours de la période d'assistance après le tremblement de terre. Beaucoup de gens n'ont pas exprimé d'opinion au sujet de l'efficacité de la distribution de l'aide, et ont ainsi illustré les divergences et incompréhensions suscitées par une opération d'assistance d'une telle ampleur.
Les haïtiens interrogés lors de cette enquête ont également exprimé leur manque de confiance en la capacité de leur gouvernement à mener, unilatéralement, à bien le plan de reconstruction devant être présenté cette semaine à New York. Ils pensent au contraire qu'un partenariat entre le gouvernement central et la société civile haïtienne ou un gouvernement étranger serait mieux à même de mettre en œuvre le plan de reconstruction. «Il est compréhensible que les gens éprouvent une certaine anxiété à l'égard de l'intervention de leur propre gouvernement, la communauté internationale doit déployer tous les efforts dont elle est capable pour aider le gouvernement haïtien à se remettre sur pied. Sans le gouvernement, il ne peut y avoir de reconstruction durable», explique Philippe Mathieu, le Responsable pays d'Oxfam-Québec originaire d'Haïti.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/
«Les haïtiens nous disent haut et fort qu'ils veulent se remettre sur pied et commencer à reconstruire leur pays» Les besoins les plus pressants des haïtiens sont l'emploi (26%), les écoles (22%) et le logement (10%). Les haïtiens ne veulent pas de charité, ils veulent travailler, éduquer leurs enfants et faire en sorte d'avoir un toit au-dessus de leurs têtes la nuit. En tant que communauté internationale, nous devrions pouvoir le faire» a précisé Marcel Stoessel, chargé de mission en Haïti d'Oxfam International.
En dépit des récentes critiques concernant l'efficacité de leur intervention globale, plus de 60% des personnes interrogées jugeaient que la qualité et l'efficacité de la distribution de l'aide par les ONG internationales étaient bonnes. 70% de ces personnes se félicitaient des actions menées par les gouvernements étrangers au cours de la période d'assistance après le tremblement de terre. Beaucoup de gens n'ont pas exprimé d'opinion au sujet de l'efficacité de la distribution de l'aide, et ont ainsi illustré les divergences et incompréhensions suscitées par une opération d'assistance d'une telle ampleur.
Les haïtiens interrogés lors de cette enquête ont également exprimé leur manque de confiance en la capacité de leur gouvernement à mener, unilatéralement, à bien le plan de reconstruction devant être présenté cette semaine à New York. Ils pensent au contraire qu'un partenariat entre le gouvernement central et la société civile haïtienne ou un gouvernement étranger serait mieux à même de mettre en œuvre le plan de reconstruction. «Il est compréhensible que les gens éprouvent une certaine anxiété à l'égard de l'intervention de leur propre gouvernement, la communauté internationale doit déployer tous les efforts dont elle est capable pour aider le gouvernement haïtien à se remettre sur pied. Sans le gouvernement, il ne peut y avoir de reconstruction durable», explique Philippe Mathieu, le Responsable pays d'Oxfam-Québec originaire d'Haïti.
N/ Radio Métropole Haïti
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Haïti-Environnement: La déforestation, emblème d'une situation catastrophique
En Haïti, les moyens de subsistance déjà précaires risquent encore de s'aggraver à cause des habitudes de vie traditionnelle et du changement climatique. Haïti est très exposé aux épisodes de sécheresse et d'inondation dû à la dégradation de l'environnement telle que la déforestation, un mal qui affecte le pays depuis de nombreuses années. La déforestation est un défi majeur à relever, avec l'abattage de plus de 98 % des forêts ces dernières décennies. Selon les Nations unies, 70 % des haïtiens cuisent leurs aliments au charbon de bois, les obligeant ainsi à couper de grandes extensions de forêts chaque année sans que personne ne se soucie de reboiser. Les souvenirs d'une végétation exubérante dans le pays appartiennent au passé.
L'accélération de la consommation de charbon d'origine végétale menace de transformer le pays en un désert, le premier dans les Caraïbes, une zone caractérisée par des sols secs et l'absence de végétation.
Le séisme du 12 janvier 2010 a révélé de manière extrêmement brutale la très grande fragilité du pays vis-à-vis des éléments naturels. Les inondations des plaines agricoles, des villes d'estuaires, les glissements de terrains, l'obstruction de chenaux d'écoulements naturels sont toutes dues à l'imperméabilisation croissante des sols liée à la surexploitation des ressources disponibles.
La déforestation spectaculaire a laissé le pays sans défense face à l'érosion. Même les territoires classés «zones protégées» n'échappent pas à la destruction: la grande forêt des Pins par exemple a perdu près de 12 000 hectares de forêt de haute qualité, sa surface s'est réduite à 4 000 hectares.
Le fait qu'il n'existe pas de loi permettant de conférer des droits de propriété foncière indiscutables, conjugué à une forte pression démographique (qui a augmenté les cultures sarclées requérant une forte intensité de main d'œuvre au détriment des cultures à forte intensité de terre, telles que des plantations d'arbres fruitiers) sont les principales causes politiques et économiques de cette situation catastrophique.
Les premiers projets d'aménagement des bassins versants, de reboisement et de conservation des sols, apparus dans les années 1940 à 1980 se sont souvent soldés par des échecs car ils accordaient la priorité à l'aspect physique du processus, le problème était considéré comme un problème technique auquel il fallait apporter des solutions techniques.
Depuis les années 1980, une approche plus réaliste cherche à intégrer le monde agricole avec ses motivations sociales et économiques. Elle dépasse le seul cadre de la conservation des eaux et des sols; elle considère le reboisement comme un facteur de développement rural. L'ensemble du territoire a été cartographié et les travaux des experts ont permis d'élaborer un nombre impressionnant de programmes d'actions.
Le Gouvernement haïtien avait à l'étude un plan d'action pour lutter contre la déforestation, mais le tremblement de terre à définitivement remis en question sa mise en œuvre, ce, indépendamment de l'aide promise par certaines organisations internationales.
Sur le terrain, cette masse de connaissances sur ce qu'il faudrait faire est en total décalage avec les réalisations concrètes. Il n'existe toujours pas, par exemple, de modèle d'un traitement réussi qui pourrait servir de référence. Seuls une démultiplication des actions et un intérêt mutuel peuvent venir à bout d'un tel chantier.
Le taux de couverture forestière d'Haïti est aujourd'hui de moins de 2% contre 47% en République Dominicaine, tous types confondus (mangroves, forêts sèches, réserves forestières, parcs naturels). 30 millions d'arbres sont coupés annuellement pour couvrir 70% des besoins énergétiques des haïtiens, sans que parallèlement aucun projet de reboisement ne vienne les régénérer.
Les experts internationaux considèrent qu'Haïti a besoin de planter plus de 200 millions d'arbres pour augmenter la surface boisée de seulement 10%, cela nécessitera des investissements considérables mais personne ne sait d'ou viendra cet argent.
Le choc du séisme doit mobiliser le Gouvernement, le Parlement et les donateurs pour éliminer les nombreux «ralentisseurs» qui gangrènent les bonnes volontés. Il faudrait aussi mettre le monde paysan au cœur du dispositif.
À court terme, l'existant doit être conservé avant tout. Parallèlement, il faut faire en sorte que les arbres plantés représentent une valeur patrimoniale alors qu'actuellement, leur valeur provient essentiellement de leur transformation en charbon.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17422
L'accélération de la consommation de charbon d'origine végétale menace de transformer le pays en un désert, le premier dans les Caraïbes, une zone caractérisée par des sols secs et l'absence de végétation.
Le séisme du 12 janvier 2010 a révélé de manière extrêmement brutale la très grande fragilité du pays vis-à-vis des éléments naturels. Les inondations des plaines agricoles, des villes d'estuaires, les glissements de terrains, l'obstruction de chenaux d'écoulements naturels sont toutes dues à l'imperméabilisation croissante des sols liée à la surexploitation des ressources disponibles.
La déforestation spectaculaire a laissé le pays sans défense face à l'érosion. Même les territoires classés «zones protégées» n'échappent pas à la destruction: la grande forêt des Pins par exemple a perdu près de 12 000 hectares de forêt de haute qualité, sa surface s'est réduite à 4 000 hectares.
Le fait qu'il n'existe pas de loi permettant de conférer des droits de propriété foncière indiscutables, conjugué à une forte pression démographique (qui a augmenté les cultures sarclées requérant une forte intensité de main d'œuvre au détriment des cultures à forte intensité de terre, telles que des plantations d'arbres fruitiers) sont les principales causes politiques et économiques de cette situation catastrophique.
Les premiers projets d'aménagement des bassins versants, de reboisement et de conservation des sols, apparus dans les années 1940 à 1980 se sont souvent soldés par des échecs car ils accordaient la priorité à l'aspect physique du processus, le problème était considéré comme un problème technique auquel il fallait apporter des solutions techniques.
Depuis les années 1980, une approche plus réaliste cherche à intégrer le monde agricole avec ses motivations sociales et économiques. Elle dépasse le seul cadre de la conservation des eaux et des sols; elle considère le reboisement comme un facteur de développement rural. L'ensemble du territoire a été cartographié et les travaux des experts ont permis d'élaborer un nombre impressionnant de programmes d'actions.
Le Gouvernement haïtien avait à l'étude un plan d'action pour lutter contre la déforestation, mais le tremblement de terre à définitivement remis en question sa mise en œuvre, ce, indépendamment de l'aide promise par certaines organisations internationales.
Sur le terrain, cette masse de connaissances sur ce qu'il faudrait faire est en total décalage avec les réalisations concrètes. Il n'existe toujours pas, par exemple, de modèle d'un traitement réussi qui pourrait servir de référence. Seuls une démultiplication des actions et un intérêt mutuel peuvent venir à bout d'un tel chantier.
Le taux de couverture forestière d'Haïti est aujourd'hui de moins de 2% contre 47% en République Dominicaine, tous types confondus (mangroves, forêts sèches, réserves forestières, parcs naturels). 30 millions d'arbres sont coupés annuellement pour couvrir 70% des besoins énergétiques des haïtiens, sans que parallèlement aucun projet de reboisement ne vienne les régénérer.
Les experts internationaux considèrent qu'Haïti a besoin de planter plus de 200 millions d'arbres pour augmenter la surface boisée de seulement 10%, cela nécessitera des investissements considérables mais personne ne sait d'ou viendra cet argent.
Le choc du séisme doit mobiliser le Gouvernement, le Parlement et les donateurs pour éliminer les nombreux «ralentisseurs» qui gangrènent les bonnes volontés. Il faudrait aussi mettre le monde paysan au cœur du dispositif.
À court terme, l'existant doit être conservé avant tout. Parallèlement, il faut faire en sorte que les arbres plantés représentent une valeur patrimoniale alors qu'actuellement, leur valeur provient essentiellement de leur transformation en charbon.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17422
dimanche 4 avril 2010
Haïti: les gravats du séisme recyclés
AP.- 04/04/2010
Les gravats du terrible séisme qui a ravagé Port-au-Prince en janvier dernier ne cessent de s'accumuler près du port. Si pour beaucoup cet amas de pierre et de métal tordu est un triste spectacle, il a nettement plus de valeur pour les responsables chargés de rebâtir la capitale haïtienne, à savoir un matériau permettant de reconstruire des routes et le front de mer.
Ces décombres ont "plusieurs vies. Leur recyclage et leur usage potentiel peuvent être des agents économiques de la reconstruction", ajoute-t-il. Une noria de camions bennes remplis de gravats se fraye donc un chemin dans les rues encombrées de Port-au-Prince. La plupart des routes ont été dégagées, mais les embouteillages sont de retour à Port-au-Prince.
"Je ne peux pas faire plus de trois voyages par jour, deux si la circulation est vraiment mauvaise", dit Lucner Jean-Philipe, un entrepreneur travaillant sous contrat avec l'USAID. Il attend qu'une dizaine d'hommes chargent dans son camion les restes d'un mur effondré d'une université, dans le quartier de Turgeau. Puis il prend la direction du port, où un centre de tri accueille environ 80 camions par jour.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/04/04/97001-20100404FILWWW00162-haiti-les-gravats-du-seisme-recycles.php
Haïti: des familles incapables de reprendre leurs enfants
Publié le 03 avril 2010 à 11h35 | Mis à jour le 03 avril 2010 à 11h48
Mike Melia, Associated Press; Port-au-Prince
Les associations qui oeuvrent à retrouver les familles des enfants que le tremblement de terre a isolés en Haïti sont souvent confrontées à des proches qui ne veulent pas reprendre ces petits faute d'argent pour les faire vivre.
Elles ont déjà trouvé 700 enfants qui ont été séparés de leur famille par le séisme du 12 janvier. Retrouver les parents est ardu, surtout pour les plus jeunes enfants qui ne peuvent donner de numéro de téléphone ou d'adresse. D'autant que les secousses meurtrières ont déplacé des centaines de milliers d'habitants, qui survivent maintenant dans des camps de fortune.
Souvent, le travail pour retrouver la trace des parents ou des tuteurs ne débouche pas sur les joyeuses retrouvailles espérées.
L'ONG américaine World Vision, l'une des cinq organisations internationales qui remplissent cette mission, a retrouvé les familles de 12 des 300 enfants dont elle s'occupe. Cinq ont repris leur petit mais les sept autres ont refusé.
«Nous voyons bien que les conditions de vie des parents sont loin d'être idéales. Mais nous avons été choqués d'apprendre que les parents ne les avaient pas recherchés ou qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'ils reviennent», confie Noah Ochola, qui dirige le programme Enfants en situations d'urgence à World Vision.
Lundi, une équipe a découvert Ana, une fillette de neuf ans, dans un orphelinat en partie effondré à Tabarre, à la périphérie nord de Port-au-Prince. Elle a un érythème sur le visage et le corps, qui n'est pas traité, et elle dort avec 17 autres enfants sous une tente fabriquée à partir de draps.
La fillette a expliqué à Mario Marcellus, un travailleur social haïtien employé par World Vision, qu'elle voulait retourner vivre avec sa demi-soeur adulte. Le problème, souligne la directrice de l'orphelinat, Idalia Suprême, c'est que c'est cette soeur qui l'a déposée là. «Elle l'a amenée ici parce que les temps sont durs», dit-elle en montrant les maisons en ruines alentour.
La mère d'Ana est morte quand elle était petite. Son père, qui n'habite pas loin, est venu lui rendre visite et s'est plaint que sa fille n'avait pas sa place dans un orphelinat mais il n'a proposé aucune autre solution, rapport Mme Suprême.
Mario Marcellus a retrouvé la demi-soeur dans un bidonville où elle tente d'élever ses deux propres enfants. La convaincre de reprendre Ana? «Ca va être difficile», soupire le travailleur social.
Le tremblement de terre n'a fait qu'amplifier un phénomène préexistant. Avant le séisme déjà, la plupart des 50 000 enfants vivant dans des orphelinats haïtiens avaient encore au moins un parent en vie, selon Andy Brooks, chef de la protection de l'enfance à l'UNICEF.
Jusqu'à 250 000 autres étaient des «restaveks» (reste avec, en créole), des enfants envoyés dans des familles plus aisées pour travailler en l'échange du gîte et du couvert -et parfois d'une scolarisation. Quasi-esclaves, ils subissent souvent des mauvais traitements.
Même dans les situations catastrophiques engendrées par le séisme, les organisations humanitaires estiment que la meilleure protection pour les enfants consiste à rester au sein de leur famille. S'en tenant à ce principe immuable, elles ont mis au point des stratégies pour convaincre les tuteurs récalcitrants.
Elles exhortent les parents à postuler au programme «travail contre nourriture» de l'ONU. Pour que les enfants soient moins perçus comme une charge, elles les renvoient chez eux avec des sacs de riz, des sandales, du dentifrice et de l'huile. World Vision verse aussi entre 60 et 150 dollars en liquide, en fonction du nombre d'enfants dans la famille. «Ca leur donne le temps de réfléchir», explique Noah Ochola.
Parfois, la plus petite aide peut faire la différence.
Ramsey Ben-Achour, qui dirige la branche haïtienne de Heartland Alliance, l'une des cinq organisations qui travaille sous l'égide de l'UNICEF, se souvient d'un père de quatre enfants. Son épouse était morte dans le tremblement de terre et leur maison s'était effondrée. Deux de ses enfants étaient soignés dans un hôpital de campagne et au début, il ne voulait pas les reprendre.
«Il pensait leur donner une vie meilleure en les laissant là», se rappelle M. Ben-Achour. «Mais ce qui se passe en réalité, c'est qu'ils deviennent des enfants des rues, essayant de laver des voitures, rejoignant des gangs ou étant exploités sexuellement».
Lorsque l'association lui a donné deux matelas, des toiles de tente et des rations alimentaires, le père a accepté de reprendre ses enfants.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201004/03/01-4267138-haiti-des-familles-incapables-de-reprendre-leurs-enfants.php
Souvent, le travail pour retrouver la trace des parents ou des tuteurs ne débouche pas sur les joyeuses retrouvailles espérées.
L'ONG américaine World Vision, l'une des cinq organisations internationales qui remplissent cette mission, a retrouvé les familles de 12 des 300 enfants dont elle s'occupe. Cinq ont repris leur petit mais les sept autres ont refusé.
«Nous voyons bien que les conditions de vie des parents sont loin d'être idéales. Mais nous avons été choqués d'apprendre que les parents ne les avaient pas recherchés ou qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'ils reviennent», confie Noah Ochola, qui dirige le programme Enfants en situations d'urgence à World Vision.
Lundi, une équipe a découvert Ana, une fillette de neuf ans, dans un orphelinat en partie effondré à Tabarre, à la périphérie nord de Port-au-Prince. Elle a un érythème sur le visage et le corps, qui n'est pas traité, et elle dort avec 17 autres enfants sous une tente fabriquée à partir de draps.
La fillette a expliqué à Mario Marcellus, un travailleur social haïtien employé par World Vision, qu'elle voulait retourner vivre avec sa demi-soeur adulte. Le problème, souligne la directrice de l'orphelinat, Idalia Suprême, c'est que c'est cette soeur qui l'a déposée là. «Elle l'a amenée ici parce que les temps sont durs», dit-elle en montrant les maisons en ruines alentour.
La mère d'Ana est morte quand elle était petite. Son père, qui n'habite pas loin, est venu lui rendre visite et s'est plaint que sa fille n'avait pas sa place dans un orphelinat mais il n'a proposé aucune autre solution, rapport Mme Suprême.
Mario Marcellus a retrouvé la demi-soeur dans un bidonville où elle tente d'élever ses deux propres enfants. La convaincre de reprendre Ana? «Ca va être difficile», soupire le travailleur social.
Le tremblement de terre n'a fait qu'amplifier un phénomène préexistant. Avant le séisme déjà, la plupart des 50 000 enfants vivant dans des orphelinats haïtiens avaient encore au moins un parent en vie, selon Andy Brooks, chef de la protection de l'enfance à l'UNICEF.
Jusqu'à 250 000 autres étaient des «restaveks» (reste avec, en créole), des enfants envoyés dans des familles plus aisées pour travailler en l'échange du gîte et du couvert -et parfois d'une scolarisation. Quasi-esclaves, ils subissent souvent des mauvais traitements.
Même dans les situations catastrophiques engendrées par le séisme, les organisations humanitaires estiment que la meilleure protection pour les enfants consiste à rester au sein de leur famille. S'en tenant à ce principe immuable, elles ont mis au point des stratégies pour convaincre les tuteurs récalcitrants.
Elles exhortent les parents à postuler au programme «travail contre nourriture» de l'ONU. Pour que les enfants soient moins perçus comme une charge, elles les renvoient chez eux avec des sacs de riz, des sandales, du dentifrice et de l'huile. World Vision verse aussi entre 60 et 150 dollars en liquide, en fonction du nombre d'enfants dans la famille. «Ca leur donne le temps de réfléchir», explique Noah Ochola.
Parfois, la plus petite aide peut faire la différence.
Ramsey Ben-Achour, qui dirige la branche haïtienne de Heartland Alliance, l'une des cinq organisations qui travaille sous l'égide de l'UNICEF, se souvient d'un père de quatre enfants. Son épouse était morte dans le tremblement de terre et leur maison s'était effondrée. Deux de ses enfants étaient soignés dans un hôpital de campagne et au début, il ne voulait pas les reprendre.
«Il pensait leur donner une vie meilleure en les laissant là», se rappelle M. Ben-Achour. «Mais ce qui se passe en réalité, c'est qu'ils deviennent des enfants des rues, essayant de laver des voitures, rejoignant des gangs ou étant exploités sexuellement».
Lorsque l'association lui a donné deux matelas, des toiles de tente et des rations alimentaires, le père a accepté de reprendre ses enfants.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201004/03/01-4267138-haiti-des-familles-incapables-de-reprendre-leurs-enfants.php
Haïti: Une aide directe efficace
Le programme « Argent contre travail » est la pierre angulaire de l'effort du PNUD en Haïti. Les personnes embauchées sont engagées pour 24 jours ouvrables. Jusqu'à présent, le projet a permis d'employer 70 610 Haïtiens : 35 500 personnes ont déjà effectué un cycle complet de 24 jours de travail et 35 110 travailleurs sont actuellement engagés dans le cycle en cours.
Les travailleurs sont payés 180 gourdes, soit l'équivalent de 5 dollars, selon le taux de change actuel, pour six heures de travail. Cette somme est légèrement supérieure au salaire minimum en Haïti, ce qui est très important pour ne pas altérer le cycle de l'offre et la demande sur le marché du travail local et décourager les recrutements dans le secteur privé, au risque d'entraîner des conséquences néfastes sur le relèvement du pays à long-terme.
Près de 40 % des travailleurs ayant pris part à cette initiative sont des femmes et un grand nombre de personnes non comptabilisées en bénéficient de manière indirecte. Nous nous apprêtons à étendre la portée et les effectifs du programme, en fonction des conditions et dans la limite des fonds disponibles. Les tâches à accomplir concernent le déblaiement des décombres des bâtiments qui jonchent les rues, le broyage et le tri des matériaux recyclables ainsi que la mise au rebut des débris collectés et la réhabilitation des installations publiques de base, dans le but de jeter les fondements du relèvement à moyen terme et du développement à plus long terme. Nous procédons également au déblaiement des sites pour garantir une réhabilitation sécurisée, réparer le drainage des eaux de surface et améliorer les voies d'accès aux régions sinistrées.
Les avantages du programme sont évidents :
- Le programme permet aux Haïtiens de générer des revenus en espèces, de sorte qu'ils soient en mesure d'acheter les biens et services de leur choix. Par conséquent, il exerce un impact positif sur l'économie locale tout en bénéficiant directement aux familles.
- Au lieu de procéder à une simple distribution de fonds, le projet « Argent contre travail » propose une offre de travail ferme.
- Les efforts entrepris visent à dégager les accès de la ville afin de faciliter la circulation des véhicules d'urgence et de transport public et privé.
- Le programme procède à l'enlèvement des ordures et des déchets qui constituent un risque majeur pour la santé publique.
- Le projet de briquettes offre une source alternative de combustible et réduit la dépendance sur le charbon de bois, ce qui encourage la conservation des sols et permet de diminuer leur érosion.
Actuellement, le programme « Argent contre travail » est mis en œuvre sous l'égide du PNUD, en collaboration avec les comités de quartier, la Direction Nationale de l'eau Potable et de l'assainissement (DINEPA), la Direction de la Protection Civile et les municipalités, de sorte que le programme puisse faire l'objet d'une appropriation par les institutions nationales et qu'il réponde aux besoins et aux priorités des Haïtiens. Dans une ultime tentative de relancer l'économie locale, le PNUD s'est adressé aux marchands locaux pour s'approvisionner en outillage et équipement pour les besoins du programme. La grande souplesse d'exécution du programme permet de le mettre en œuvre facilement dans les localités à l'extérieur de Port-au-Prince. Le PNUD collabore actuellement avec l'UNICEF et le Programme alimentaire mondial pour étendre le programme «Argent contre travail».
Financements du programme «Argent contre travail»
Par le biais de l'Appel humanitaire révisé des Nations Unies, le PNUD revendique 80,2 millions de dollars sur les 103,9 millions de dollars pour le programme « Argent contre travail ». À ce jour, les promesses de dons confirmées par les différents donateurs s'élèvent à 35,1 millions de dollars. Cependant, le programme accuse encore un écart de financement de 45,1 millions de dollars. L'appui conséquent des donateurs est indispensable dans les prochains mois pour garantir que le programme «Argent contre travail» touche le plus grand nombre possible d'Haïtiens sinistrés et puisse se développer progressivement
Le PNUD à dépensé 35,132,804 $ (chiffre provisoire de mars 2010) Les pays donateurs suivant contriburnt au financement directe de ce programme:
Australie, Brésil, Burkina Faso, Tchad, Chine, République démocratique du Congo, Italie, Japon, Liechtenstein, Norvège, Espagne, Fondation Benfica, Korean-American Association, Korean Broadcast Company, Fonds central d'intervention des Nations Unies pour les urgences humanitaires, Fonds des Nations Unies pour les secours d'urgence en Haïti, Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la Paix, PNUD,
N/ Radio Métropole Haïti
mercredi 31 mars 2010
Haïti : MSF veut l'accès aux soins, le CCFD "un plan Marshall"
LEMONDE.FR avec AFP | 30.03.10
Médecins sans frontières (MSF) réclame aux donateurs pour Haïti, qui doivent se réunir mercredi 31 mars, à New York, de garantir l'accès à un système de santé "efficace", tandis que le Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD) demande un "véritable plan Marshall" incluant la société civile haïtienne.
"Face aux besoins qui perdurent, Haïti doit recevoir les moyens d'assurer l'accès aux soins médicaux pour sa population", écrit MSF dans un communiqué publié mardi. Depuis le tremblement de terre du 12 janvier, "presque toutes les structures médicales publiques et de nombreux établissements privés ont prodigué gratuitement des soins médicaux". "Les Haïtiens doivent avoir accès à un système de santé efficace, souligne le docteur Christophe Fournier, président du mouvement international MSF. Les ressources financières indispensables au fonctionnement des structures de santé ne peuvent pas être ponctionnées sur une population extrêmement fragilisée."
De son côté, le CCFD explique dans un autre communiqué qu'il "craint une nouvelle tragédie humanitaire avec l'arrivée de la saison des cyclones", et "appelle à une mobilisation massive incluant la société civile haïtienne". L'organisation "appelle à la mise en place d'un véritable plan Marshall tant les besoins sont immenses", soulignant que la reconstruction "ne pourra se faire que si la population haïtienne y est associée".
Plus de cent pays et plusieurs organismes internationaux doivent se retrouver mercredi au siège de l'ONU, à New York, lors d'une conférence internationale de donateurs pour Haïti, où le tremblement de terre a tué au moins 220 000 personnes.
Quelque 3,8 milliards de dollars (2,82 milliards d'euros) vont leur être demandés, comme premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars (8,53 milliards d'euros) d'aide estimée nécessaire pour reconstruire le pays sur dix ans.
Certains secteurs d'activités auraient été exclus du PARDN
Plusieurs personnalités déplorent l'exclusion de certains secteurs vitaux dans le Plan d'action pour le Relèvement et le Développement National (PARDN) qui sera présenté lors de la conférence des donateurs.
De nombreux étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) sont pessimistes en ce qui a trait aux retombées de la conférence de New York. Ils dénoncent l'absence d'une vision et d'une stratégie pour l'université.
De son coté le géologue Claude Prepti attire l'attention sur l'absence d'investissement permettant de mieux comprendre les aléas sismiques en Haïti. Il soutient qu'une cartographie des failles sur le territoire doit être un préalable au processus de reconstruction des infrastructures et édifices.
Il faut comprendre la catastrophe du 12 janvier pour éviter de reconstruire sur les mêmes bases insiste le spécialiste du Bureau des Mines et de l'énergie (BME). Selon M. Prepti les autorités ne semblent pas être préoccupés par les risques sismiques.
Par ailleurs, les responsables de la Plateforme Nationale des Producteurs de café invitent les autorités à accorder la priorité à cette filière dans le PARDN. La production nationale a fortement chuté au cours des 20 dernières années, déplore Frito Meriser coordonnateur général de la Plateforme. Haïti exporte annuellement 400 000 sacs de café alors que l'exportation avoisinait les 740 000 sacs au cours des années antérieurs.
M. Merisier assure que la relance de la production caféière contribuera dans le même temps à la protection des bassins versants dans plusieurs régions.
LLM / Radio Métropole Haïti
De nombreux étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) sont pessimistes en ce qui a trait aux retombées de la conférence de New York. Ils dénoncent l'absence d'une vision et d'une stratégie pour l'université.
De son coté le géologue Claude Prepti attire l'attention sur l'absence d'investissement permettant de mieux comprendre les aléas sismiques en Haïti. Il soutient qu'une cartographie des failles sur le territoire doit être un préalable au processus de reconstruction des infrastructures et édifices.
Il faut comprendre la catastrophe du 12 janvier pour éviter de reconstruire sur les mêmes bases insiste le spécialiste du Bureau des Mines et de l'énergie (BME). Selon M. Prepti les autorités ne semblent pas être préoccupés par les risques sismiques.
Par ailleurs, les responsables de la Plateforme Nationale des Producteurs de café invitent les autorités à accorder la priorité à cette filière dans le PARDN. La production nationale a fortement chuté au cours des 20 dernières années, déplore Frito Meriser coordonnateur général de la Plateforme. Haïti exporte annuellement 400 000 sacs de café alors que l'exportation avoisinait les 740 000 sacs au cours des années antérieurs.
M. Merisier assure que la relance de la production caféière contribuera dans le même temps à la protection des bassins versants dans plusieurs régions.
LLM / Radio Métropole Haïti
Haïti : l'élan de générosité s'essouffle
Publié le 30 mars 2010 à 07h38 Agence France-Presse Genève
L'aide pour Haïti qui avait afflué après le séisme du 12 janvier stagne désormais, l'appel de fonds de l'ONU pour les millions de personnes affectées ayant été financé à «seulement 48%», a prévenu mardi l'ONU à la veille d'une conférence des donateurs.
«L'appel de l'ONU de 1,4 milliard de dollars est financé à 48% seulement, c'est-à-dire que cet appel stagne», a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Genève, Elisabeth Byrs.
«Si l'appel d'urgence avait été très bien financé au tout début, depuis qu'il a été révisé, on observe une stagnation des contributions des donateurs», a-t-elle regretté.
«Il est vraiment essentiel que l'élan de générosité qui a présidé au lancement de l'appel d'urgence au début de la crise d'Haïti continue. Ce n'est pas parce que Haïti n'est plus vraiment présent dans les médias qu'il faut oublier» les 1,3 million de personnes vivant toujours dans des conditions précaires, a insisté Mme Byrs.
Certains secteurs de l'appel de fonds sont particulièrement peu financés comme l'agriculture (29%), la coordination des camps de déplacés (23%), l'éducation (37%), les abris d'urgence (39%) et «même l'aide alimentaire qui n'est financée qu'à hauteur de 44%», a-t-elle encore souligné.
L'aide est d'autant plus essentielle, a poursuivi la porte-parole, que le pays, où la saison des pluies a déjà commencé, devrait être très bientôt confronté aux traditionnels ouragans de cette période de l'année.
Plus de cent pays et plusieurs organismes internationaux doivent se retrouver mercredi au siège de l'ONU à New York lors d'une conférence internationale de donateurs pour Haïti, où le tremblement de terre a tué au moins 220 000 personnes.
Quelque 3,8 milliards de dollars vont leur être demandés, comme premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars d'aide estimée nécessaire pour reconstruire le pays sur 10 ans.
Un premier appel de fonds d'urgence de 577 millions de dollars avait été lancé peu après la catastrophe par l'ONU, qui l'avait révisé à la hausse le 18 février pour le porter à 1,44 milliard de dollars.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/30/01-4265593-haiti-lelan-de-generosite-sessouffle.php
L'aide pour Haïti qui avait afflué après le séisme du 12 janvier stagne désormais, l'appel de fonds de l'ONU pour les millions de personnes affectées ayant été financé à «seulement 48%», a prévenu mardi l'ONU à la veille d'une conférence des donateurs.
«L'appel de l'ONU de 1,4 milliard de dollars est financé à 48% seulement, c'est-à-dire que cet appel stagne», a expliqué la porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) à Genève, Elisabeth Byrs.
«Si l'appel d'urgence avait été très bien financé au tout début, depuis qu'il a été révisé, on observe une stagnation des contributions des donateurs», a-t-elle regretté.
«Il est vraiment essentiel que l'élan de générosité qui a présidé au lancement de l'appel d'urgence au début de la crise d'Haïti continue. Ce n'est pas parce que Haïti n'est plus vraiment présent dans les médias qu'il faut oublier» les 1,3 million de personnes vivant toujours dans des conditions précaires, a insisté Mme Byrs.
Certains secteurs de l'appel de fonds sont particulièrement peu financés comme l'agriculture (29%), la coordination des camps de déplacés (23%), l'éducation (37%), les abris d'urgence (39%) et «même l'aide alimentaire qui n'est financée qu'à hauteur de 44%», a-t-elle encore souligné.
L'aide est d'autant plus essentielle, a poursuivi la porte-parole, que le pays, où la saison des pluies a déjà commencé, devrait être très bientôt confronté aux traditionnels ouragans de cette période de l'année.
Plus de cent pays et plusieurs organismes internationaux doivent se retrouver mercredi au siège de l'ONU à New York lors d'une conférence internationale de donateurs pour Haïti, où le tremblement de terre a tué au moins 220 000 personnes.
Quelque 3,8 milliards de dollars vont leur être demandés, comme premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars d'aide estimée nécessaire pour reconstruire le pays sur 10 ans.
Un premier appel de fonds d'urgence de 577 millions de dollars avait été lancé peu après la catastrophe par l'ONU, qui l'avait révisé à la hausse le 18 février pour le porter à 1,44 milliard de dollars.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/30/01-4265593-haiti-lelan-de-generosite-sessouffle.php
mardi 30 mars 2010
Certains secteurs d'activités auraient été exclus du PARDN
Plusieurs personnalités déplorent l'exclusion de certains secteurs vitaux dans le Plan d'action pour le Relèvement et le Développement National (PARDN) qui sera présenté lors de la conférence des donateurs.
De nombreux étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) sont pessimistes en ce qui a trait aux retombées de la conférence de New York. Ils dénoncent l'absence d'une vision et d'une stratégie pour l'université.
De son coté le géologue Claude Prepti attire l'attention sur l'absence d'investissement permettant de mieux comprendre les aléas sismiques en Haïti. Il soutient qu'une cartographie des failles sur le territoire doit être un préalable au processus de reconstruction des infrastructures et édifices.
Il faut comprendre la catastrophe du 12 janvier pour éviter de reconstruire sur les mêmes bases insiste le spécialiste du Bureau des Mines et de l'énergie (BME). Selon M. Prepti les autorités ne semblent pas être préoccupés par les risques sismiques.
Par ailleurs, les responsables de la Plateforme Nationale des Producteurs de café invitent les autorités à accorder la priorité à cette filière dans le PARDN. La production nationale a fortement chuté au cours des 20 dernières années, déplore Frito Meriser coordonnateur général de la Plateforme. Haïti exporte annuellement 400 000 sacs de café alors que l'exportation avoisinait les 740 000 sacs au cours des années antérieurs.
M. Merisier assure que la relance de la production caféière contribuera dans le même temps à la protection des bassins versants dans plusieurs régions.
LLM / Radio Métropole Haïti
De nombreux étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) sont pessimistes en ce qui a trait aux retombées de la conférence de New York. Ils dénoncent l'absence d'une vision et d'une stratégie pour l'université.
De son coté le géologue Claude Prepti attire l'attention sur l'absence d'investissement permettant de mieux comprendre les aléas sismiques en Haïti. Il soutient qu'une cartographie des failles sur le territoire doit être un préalable au processus de reconstruction des infrastructures et édifices.
Il faut comprendre la catastrophe du 12 janvier pour éviter de reconstruire sur les mêmes bases insiste le spécialiste du Bureau des Mines et de l'énergie (BME). Selon M. Prepti les autorités ne semblent pas être préoccupés par les risques sismiques.
Par ailleurs, les responsables de la Plateforme Nationale des Producteurs de café invitent les autorités à accorder la priorité à cette filière dans le PARDN. La production nationale a fortement chuté au cours des 20 dernières années, déplore Frito Meriser coordonnateur général de la Plateforme. Haïti exporte annuellement 400 000 sacs de café alors que l'exportation avoisinait les 740 000 sacs au cours des années antérieurs.
M. Merisier assure que la relance de la production caféière contribuera dans le même temps à la protection des bassins versants dans plusieurs régions.
LLM / Radio Métropole Haïti
En attendant la conférence internationale de New York
Publié le 29 mars 2010 à 07h58 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 08h03
Philippe Mercure ,La Presse.
Les firmes québécoises, comme celles d'ailleurs dans le monde, attendent le début de la reconstruction avec impatience. Quelques appels d'offres ont déjà été lancés, mais ils concernent des projets plus urgents, comme les projets d'assainissement. Pour la reconstruction elle-même, il faut attendre.
Une étape importante sera franchie mercredi, alors que les grands bailleurs de fonds se réuniront au siège social de l'ONU, à New York, pour établir une stratégie de reconstruction. Associations humanitaires, institutions économiques internationales et États (dont les gouvernements québécois et canadiens) seront présents.
Durant cette conférence, on devrait annoncer la mise sur pied d'un nouveau groupe international, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti. Le Canada s'apprêterait à payer 100 millions de dollars pour occuper un siège au sein de la Commission, selon La Presse Canadienne.
La semaine dernière, des médias ont déjà dévoilé l'essentiel du plan que le gouvernement haïtien compte présenter à New York. On fait état d'un plan de 12,2 milliards de dollars US qui dépasse largement le cadre de la brique et du mortier. Le gouvernement haïtien parle non seulement de reconstruire des bâtiments, mais aussi la «confiance des citoyens envers leurs institutions».
Le plan prévoit entre autres profiter du fait que des centaines de milliers de citoyens ont quitté la capitale pour décentraliser le pouvoir haïtien. Il propose aussi des mesures de reboisement, de réforme de la police et de gratuité de l'éducation d'ici 2020.
Une fois les priorités établies, une agence ou une fiducie formée des grands donateurs pourrait être mise sur pied pour appuyer le gouvernement haïtien dans la gestion de cet immense chantier.
Avec La Presse Canadienne
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265248-en-attendant-la-conference-internationale-de-new-york.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4265234_article_POS1
Philippe Mercure ,La Presse.
Les firmes québécoises, comme celles d'ailleurs dans le monde, attendent le début de la reconstruction avec impatience. Quelques appels d'offres ont déjà été lancés, mais ils concernent des projets plus urgents, comme les projets d'assainissement. Pour la reconstruction elle-même, il faut attendre.
Une étape importante sera franchie mercredi, alors que les grands bailleurs de fonds se réuniront au siège social de l'ONU, à New York, pour établir une stratégie de reconstruction. Associations humanitaires, institutions économiques internationales et États (dont les gouvernements québécois et canadiens) seront présents.
Durant cette conférence, on devrait annoncer la mise sur pied d'un nouveau groupe international, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti. Le Canada s'apprêterait à payer 100 millions de dollars pour occuper un siège au sein de la Commission, selon La Presse Canadienne.
La semaine dernière, des médias ont déjà dévoilé l'essentiel du plan que le gouvernement haïtien compte présenter à New York. On fait état d'un plan de 12,2 milliards de dollars US qui dépasse largement le cadre de la brique et du mortier. Le gouvernement haïtien parle non seulement de reconstruire des bâtiments, mais aussi la «confiance des citoyens envers leurs institutions».
Le plan prévoit entre autres profiter du fait que des centaines de milliers de citoyens ont quitté la capitale pour décentraliser le pouvoir haïtien. Il propose aussi des mesures de reboisement, de réforme de la police et de gratuité de l'éducation d'ici 2020.
Une fois les priorités établies, une agence ou une fiducie formée des grands donateurs pourrait être mise sur pied pour appuyer le gouvernement haïtien dans la gestion de cet immense chantier.
Avec La Presse Canadienne
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265248-en-attendant-la-conference-internationale-de-new-york.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4265234_article_POS1
SNC-Lavalin appliquait les normes canadiennes
Publié le 29 mars 2010 à 07h54 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 07h55
Comment travaillent les firmes étrangères dans un pays où il n'existe pas de normes et où personne ne fait de contrôle?
«Les gens qui évoluent dans le bâtiment en Haïti utilisent toutes sortes de références - des références qui viennent avant tout de leur formation, de là où ils ont évolué, répond Bernard Chancy, directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin. Des ingénieurs français utilisent des codes français. Nous, on a naturellement, depuis le début, utilisé des codes canadiens.»
Le problème, explique M. Chancy, c'est que les normes étrangères doivent s'adapter aux réalités d'Haïti. Elles doivent tenir compte des types de sol du pays, du climat, des risques d'ouragan et, évidemment, de séisme.
«C'est ce cahier d'exigences minimales propres à Haïti qui n'a jamais été défini», explique M. Chancy.
S'adapter
Dans ce contexte, les ingénieurs étrangers essaient de trouver la meilleure information possible pour adapter leurs normes étrangères aux réalités locales. SNC-Lavalin, par exemple, construisait-elle selon des normes parasismiques?
«Il n'y a pas de normes parasismiques haïtiennes, répond Bernard Chancy. L'ingénieur qui fait le calcul tient compte du séisme, il regarde quel impact il peut avoir sur sa construction. Maintenant, quelle valeur il attribue au séisme en fonction de là où il se trouve, du type de sol sur lequel il construit... C'est là qu'il y a un manque de références en Haïti.»
Comment travaillent les firmes étrangères dans un pays où il n'existe pas de normes et où personne ne fait de contrôle?
«Les gens qui évoluent dans le bâtiment en Haïti utilisent toutes sortes de références - des références qui viennent avant tout de leur formation, de là où ils ont évolué, répond Bernard Chancy, directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin. Des ingénieurs français utilisent des codes français. Nous, on a naturellement, depuis le début, utilisé des codes canadiens.»
Le problème, explique M. Chancy, c'est que les normes étrangères doivent s'adapter aux réalités d'Haïti. Elles doivent tenir compte des types de sol du pays, du climat, des risques d'ouragan et, évidemment, de séisme.
«C'est ce cahier d'exigences minimales propres à Haïti qui n'a jamais été défini», explique M. Chancy.
S'adapter
Dans ce contexte, les ingénieurs étrangers essaient de trouver la meilleure information possible pour adapter leurs normes étrangères aux réalités locales. SNC-Lavalin, par exemple, construisait-elle selon des normes parasismiques?
«Il n'y a pas de normes parasismiques haïtiennes, répond Bernard Chancy. L'ingénieur qui fait le calcul tient compte du séisme, il regarde quel impact il peut avoir sur sa construction. Maintenant, quelle valeur il attribue au séisme en fonction de là où il se trouve, du type de sol sur lequel il construit... C'est là qu'il y a un manque de références en Haïti.»
Le rôle-clé des ingénieurs québécois en Haïti
Publié le 29 mars 2010 à 07h45 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 07h48
(Port-au-Prince et Ottawa) Rebâtir Haïti: après le tremblement de terre du 12 janvier, le projet est sur toutes les lèvres et pourrait bien devenir le plus vaste chantier de reconstruction de toute l'histoire moderne. Or, plusieurs sociétés québécoises, SNC-Lavalin en tête, joueront un rôle-clé dans cette entreprise titanesque. Après avoir été ébranlées par le séisme, les firmes de génie de chez nous regardent maintenant vers l'avenir. Voici la deuxième partie de notre dossier sur un événement qui soulève à la fois des questions et des défis pour les ingénieurs québécois.
Difficile d'imaginer plus tragique ironie. Le 10 janvier dernier, l'ingénieur québécois Trân Triêu Quan débarque en Haïti pour travailler à la conception d'un nouveau code du bâtiment pour le pays.
Deux jours plus tard, l'hôtel Montana où il loge s'effondre. M. Quan n'en est jamais sorti vivant.
M. Quan était ingénieur chez Norbati, firme de génie-conseil de Québec. Avec le géant québécois SNC-Lavalin, Norbati avait remporté un important appel d'offres lancé par le gouvernement haïtien et financé par la Banque mondiale pour instaurer un code du bâtiment en Haïti.
Leur travail a débuté avant le tremblement de terre. Mais depuis le séisme, les deux firmes québécoises se retrouvent au coeur d'une mission particulièrement critique dans un pays dont la capitale et plusieurs autres villes importantes doivent être pratiquement reconstruites à neuf.
Pourquoi un code du bâtiment? Il suffit d'entendre le directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin, Bernard Chancy, parler du contexte dans lequel il travaillait jusqu'à présent pour comprendre.
Absence de références et de normes claires, manque de suivi, de contrôles, de sanctions: à l'écouter, on ne peut s'empêcher de lui poser la question. N'importe qui peut faire n'importe quoi, dans ce pays?
«Je n'aime pas les positions extrémistes, s'empresse de répondre M. Chancy. Mais bon, s'il fallait résumer rapidement, ce serait un peu ça: n'importe qui peut arriver ici et faire n'importe quoi.»
C'est ce que le nouveau code du bâtiment veut changer.
Le tremblement de terre du 12 janvier a cependant bouleversé le plan de match de SNC-Lavalin et Norbati. Pondre un code du bâtiment en bonne et due forme devrait prendre environ huit mois, explique M. Chancy. C'est trop long pour le demi-million de sans-abri qui doivent se reloger le plus rapidement possible.
Guide
SNC-Lavalin a donc décidé de produire un «guide des bonnes pratiques en matière de construction» pour tous ceux qui commencent déjà à reconstruire eux-mêmes leur maison, leur commerce ou divers bâtiments.
Il ne s'agira pas de lois strictes, mais plutôt de conseils et de directives qui peuvent être rédigés plus rapidement. Une première version du document a déjà été présentée au gouvernement haïtien; la version finale est prévue pour la fin avril.
«En Haïti, une grande partie des bâtiments sont construits par des ouvriers plus ou moins expérimentés qui n'agissent pas nécessairement sur la base de plans approuvés par des ingénieurs. Ces gens ne vont pas attendre: ils commencent déjà à reconstruire. Alors il faut sortir rapidement des directives pour dire: ça, ça va tenir. Et ça, ça ne tiendra pas», explique M. Chancy.
SNC-Lavalin publiera aussi un «cahier des exigences minimales», autre étape intermédiaire qui permettra d'orienter la reconstruction avant la publication du code du bâtiment lui-même. SNC croit également être en mesure d'accoucher du document d'ici la fin avril.
Ces étapes supplémentaires entraînent une charge de travail plus importante que prévu pour SNC-Lavalin, dont l'expertise est déjà grandement sollicitée pour évaluer la solidité de plusieurs bâtiments depuis le séisme.
«On a dû faire du recrutement localement, on a dû demander du renfort au bureau du Canada», dit M. Chancy.
L'aspect séisme
Le tremblement de terre viendra-t-il modifier la façon de préparer le code national haïtien?
«Les différents risques dont il fallait tenir compte étaient définis dans l'appel d'offres initial. Oui, les séismes en faisaient partie. Mais c'est sûr qu'après un événement comme celui du 12 janvier, l'aspect séisme, on va regarder ça deux fois», répond Bernard Chancy.
La firme montréalaise d'urbanistes Daniel Arbour et associés sera elle aussi aux premières loges pour la reconstruction d'Haïti. DAA est sur place depuis plusieurs années. C'est elle qui avait entre autres remporté un concours vers le milieu des années 90 pour mener un vaste projet de réfection des infrastructures à Port-au-Prince et en périphérie, chapeauté par la Banque interaméricaine de développement.
Arbour est encore très actif sur place, notamment comme consultant en appui technique et en renforcement institutionnel au ministère haïtien de la Planification et de la Coopération externe.
L'associé responsable d'Haïti chez Arbour, René Hubert, juge qu'une bonne reconstruction passe non seulement par un code du bâtiment solide et crédible, mais également par des exigences beaucoup plus strictes en matière de surveillance des projets de construction.
«Il faudra mettre l'accent sur la supervision, martèle l'urbaniste. Tant dans la qualité de la supervision que celle des firmes qui sont retenues pour le faire.»
Selon plusieurs personnes interviewées dans le cadre de ce reportage, les entreprises de construction sont trop souvent laissées à elles-mêmes, ce qui leur laisse la voie libre à tourner les coins ronds pour économiser temps et argent.
«Une fois que l'on a un bon code du bâtiment et qu'après, on s'assure que l'on a de bonnes firmes de supervision de chantier, on a les conditions gagnantes», dit René Hubert.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265234-le-role-cle-des-ingenieurs-quebecois-en-haiti.php
(Port-au-Prince et Ottawa) Rebâtir Haïti: après le tremblement de terre du 12 janvier, le projet est sur toutes les lèvres et pourrait bien devenir le plus vaste chantier de reconstruction de toute l'histoire moderne. Or, plusieurs sociétés québécoises, SNC-Lavalin en tête, joueront un rôle-clé dans cette entreprise titanesque. Après avoir été ébranlées par le séisme, les firmes de génie de chez nous regardent maintenant vers l'avenir. Voici la deuxième partie de notre dossier sur un événement qui soulève à la fois des questions et des défis pour les ingénieurs québécois.
Difficile d'imaginer plus tragique ironie. Le 10 janvier dernier, l'ingénieur québécois Trân Triêu Quan débarque en Haïti pour travailler à la conception d'un nouveau code du bâtiment pour le pays.
Deux jours plus tard, l'hôtel Montana où il loge s'effondre. M. Quan n'en est jamais sorti vivant.
M. Quan était ingénieur chez Norbati, firme de génie-conseil de Québec. Avec le géant québécois SNC-Lavalin, Norbati avait remporté un important appel d'offres lancé par le gouvernement haïtien et financé par la Banque mondiale pour instaurer un code du bâtiment en Haïti.
Leur travail a débuté avant le tremblement de terre. Mais depuis le séisme, les deux firmes québécoises se retrouvent au coeur d'une mission particulièrement critique dans un pays dont la capitale et plusieurs autres villes importantes doivent être pratiquement reconstruites à neuf.
Pourquoi un code du bâtiment? Il suffit d'entendre le directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin, Bernard Chancy, parler du contexte dans lequel il travaillait jusqu'à présent pour comprendre.
Absence de références et de normes claires, manque de suivi, de contrôles, de sanctions: à l'écouter, on ne peut s'empêcher de lui poser la question. N'importe qui peut faire n'importe quoi, dans ce pays?
«Je n'aime pas les positions extrémistes, s'empresse de répondre M. Chancy. Mais bon, s'il fallait résumer rapidement, ce serait un peu ça: n'importe qui peut arriver ici et faire n'importe quoi.»
C'est ce que le nouveau code du bâtiment veut changer.
Le tremblement de terre du 12 janvier a cependant bouleversé le plan de match de SNC-Lavalin et Norbati. Pondre un code du bâtiment en bonne et due forme devrait prendre environ huit mois, explique M. Chancy. C'est trop long pour le demi-million de sans-abri qui doivent se reloger le plus rapidement possible.
Guide
SNC-Lavalin a donc décidé de produire un «guide des bonnes pratiques en matière de construction» pour tous ceux qui commencent déjà à reconstruire eux-mêmes leur maison, leur commerce ou divers bâtiments.
Il ne s'agira pas de lois strictes, mais plutôt de conseils et de directives qui peuvent être rédigés plus rapidement. Une première version du document a déjà été présentée au gouvernement haïtien; la version finale est prévue pour la fin avril.
«En Haïti, une grande partie des bâtiments sont construits par des ouvriers plus ou moins expérimentés qui n'agissent pas nécessairement sur la base de plans approuvés par des ingénieurs. Ces gens ne vont pas attendre: ils commencent déjà à reconstruire. Alors il faut sortir rapidement des directives pour dire: ça, ça va tenir. Et ça, ça ne tiendra pas», explique M. Chancy.
SNC-Lavalin publiera aussi un «cahier des exigences minimales», autre étape intermédiaire qui permettra d'orienter la reconstruction avant la publication du code du bâtiment lui-même. SNC croit également être en mesure d'accoucher du document d'ici la fin avril.
Ces étapes supplémentaires entraînent une charge de travail plus importante que prévu pour SNC-Lavalin, dont l'expertise est déjà grandement sollicitée pour évaluer la solidité de plusieurs bâtiments depuis le séisme.
«On a dû faire du recrutement localement, on a dû demander du renfort au bureau du Canada», dit M. Chancy.
L'aspect séisme
Le tremblement de terre viendra-t-il modifier la façon de préparer le code national haïtien?
«Les différents risques dont il fallait tenir compte étaient définis dans l'appel d'offres initial. Oui, les séismes en faisaient partie. Mais c'est sûr qu'après un événement comme celui du 12 janvier, l'aspect séisme, on va regarder ça deux fois», répond Bernard Chancy.
La firme montréalaise d'urbanistes Daniel Arbour et associés sera elle aussi aux premières loges pour la reconstruction d'Haïti. DAA est sur place depuis plusieurs années. C'est elle qui avait entre autres remporté un concours vers le milieu des années 90 pour mener un vaste projet de réfection des infrastructures à Port-au-Prince et en périphérie, chapeauté par la Banque interaméricaine de développement.
Arbour est encore très actif sur place, notamment comme consultant en appui technique et en renforcement institutionnel au ministère haïtien de la Planification et de la Coopération externe.
L'associé responsable d'Haïti chez Arbour, René Hubert, juge qu'une bonne reconstruction passe non seulement par un code du bâtiment solide et crédible, mais également par des exigences beaucoup plus strictes en matière de surveillance des projets de construction.
«Il faudra mettre l'accent sur la supervision, martèle l'urbaniste. Tant dans la qualité de la supervision que celle des firmes qui sont retenues pour le faire.»
Selon plusieurs personnes interviewées dans le cadre de ce reportage, les entreprises de construction sont trop souvent laissées à elles-mêmes, ce qui leur laisse la voie libre à tourner les coins ronds pour économiser temps et argent.
«Une fois que l'on a un bon code du bâtiment et qu'après, on s'assure que l'on a de bonnes firmes de supervision de chantier, on a les conditions gagnantes», dit René Hubert.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265234-le-role-cle-des-ingenieurs-quebecois-en-haiti.php
Erod, 18 mois, survit dix semaines dans une décharge
Publié le 29 mars 2010 à 11h27 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 11h52
Andrew Gully Agence France-Presse Port-au-Prince
Erod, 18 mois, agrippe les barreaux de son lit de bébé, un grand sourire aux lèvres, inconscient de ce qu'il a enduré depuis dix semaines: dans la foulée du séisme à Haïti, ce bambin a été retrouvé dans un tas d'immondices puantes, abandonné à la mort.
Lorsqu'il a été découvert, le garçonnet souffrait de malnutrition chronique, et peu auraient parié sur sa survie. Transporté dans un hôpital tenu par l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Cité Soleil, l'énorme bidonville de Port-au-Prince, il a été placé en soins intensifs pendant plusieurs semaines.
«En ce moment, nous lui cherchons une place afin qu'il quitte l'hôpital mais on ne sait pas où», raconte à l'AFP Emmanuel Massart, infirmier belge de MSF.
«On l'appelle Erod, mais je ne sais même pas qui a choisi son nom», ajoute l'humanitaire de 28 ans.
Et dans un pays où 40% de la population à moins de 14 ans et où près d'un enfant sur dix décède avant d'avoir cinq ans, l'avenir du petit survivant est très incertain.
Comme Erod, à qui il manque un doigt à la main droite et dont le crâne dégarni montre les séquelles de mois de privation, de nombreux enfants en bas âge sont abandonnés par des familles qui ne savent pas comment les nourrir.
Erod, qui est censé bientôt quitter l'hôpital pour un orphelinat, n'est plus une urgence pour le docteur Manuel Dewez, qui est submergé de cas possibles de méningite, paludisme et gastro-entérite.
«Regardez ce petit bébé», dit le docteur Dewez en soulevant un rideau qui laisse apparaître un visage minuscule enveloppé dans des langes.
Bechina, le dernier arrivé, est un petit garçon né prématurément il y a deux ou trois mois, et qui ne pèse qu'un kilogramme.
Comme on le constate dans la plupart des hôpitaux de campagne des pays en développement, souligne le médecin, c'est la déshydratation souvent due aux gastro-entérites qui tue le plus.
«C'est tellement dommage, parce que c'est très facile à traiter», déplore Dewez. «Nous n'avons pas eu beaucoup de décès. En quatre semaines ici, nous n'en avons eu que trois ou quatre, ce qui est très peu en fait», explique ce médecin à l'AFP.
«Ce dont on a besoin ce sont des outils de diagnostics plus sophistiqués, comme des tests de laboratoires. Et on a besoin de plus de personnel pour faire tourner les équipes», ajoute-t-il.
Karel Janssens, responsable de la coordination de MSF sur le terrain, se félicite d'avoir travaillé dans le bidonville de Cité Soleil de 2005 à 2007, ce qui l'a mis l'ONG en meilleure position pour intervenir après le tremblement de terre.
«Les gens de Cité Soleil nous connaissent très bien», dit Karel Janssens. La clinique, du nom de CHOSCAL, a traité les graves traumatismes après le tremblement de terre, mais est maintenant revenue à une activité normale initiale d'hôpital de terrain. Les files d'attente s'allongent.
La violence qui prévalait dans le bidonville de Cité Soleil avant le séisme est de retour: dans la salle d'opération, un jeune homme blessé par balle arrive sur un brancard orange.
«Ici, on est à un rythme d'une blessure par balle par jour», explique M. Janssens. «On voit passer une quarantaine de cas de blessures par violence par semaine, notamment beaucoup de blessures par lapidations ou par machette». MSF ne donne aucune information à la police sur ces blessures, voulant conserver la confiance des patients.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265372-erod-18-mois-survit-dix-semaines-dans-une-decharge.php
Andrew Gully Agence France-Presse Port-au-Prince
Erod, 18 mois, agrippe les barreaux de son lit de bébé, un grand sourire aux lèvres, inconscient de ce qu'il a enduré depuis dix semaines: dans la foulée du séisme à Haïti, ce bambin a été retrouvé dans un tas d'immondices puantes, abandonné à la mort.
Lorsqu'il a été découvert, le garçonnet souffrait de malnutrition chronique, et peu auraient parié sur sa survie. Transporté dans un hôpital tenu par l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Cité Soleil, l'énorme bidonville de Port-au-Prince, il a été placé en soins intensifs pendant plusieurs semaines.
«En ce moment, nous lui cherchons une place afin qu'il quitte l'hôpital mais on ne sait pas où», raconte à l'AFP Emmanuel Massart, infirmier belge de MSF.
«On l'appelle Erod, mais je ne sais même pas qui a choisi son nom», ajoute l'humanitaire de 28 ans.
Et dans un pays où 40% de la population à moins de 14 ans et où près d'un enfant sur dix décède avant d'avoir cinq ans, l'avenir du petit survivant est très incertain.
Comme Erod, à qui il manque un doigt à la main droite et dont le crâne dégarni montre les séquelles de mois de privation, de nombreux enfants en bas âge sont abandonnés par des familles qui ne savent pas comment les nourrir.
Erod, qui est censé bientôt quitter l'hôpital pour un orphelinat, n'est plus une urgence pour le docteur Manuel Dewez, qui est submergé de cas possibles de méningite, paludisme et gastro-entérite.
«Regardez ce petit bébé», dit le docteur Dewez en soulevant un rideau qui laisse apparaître un visage minuscule enveloppé dans des langes.
Bechina, le dernier arrivé, est un petit garçon né prématurément il y a deux ou trois mois, et qui ne pèse qu'un kilogramme.
Comme on le constate dans la plupart des hôpitaux de campagne des pays en développement, souligne le médecin, c'est la déshydratation souvent due aux gastro-entérites qui tue le plus.
«C'est tellement dommage, parce que c'est très facile à traiter», déplore Dewez. «Nous n'avons pas eu beaucoup de décès. En quatre semaines ici, nous n'en avons eu que trois ou quatre, ce qui est très peu en fait», explique ce médecin à l'AFP.
«Ce dont on a besoin ce sont des outils de diagnostics plus sophistiqués, comme des tests de laboratoires. Et on a besoin de plus de personnel pour faire tourner les équipes», ajoute-t-il.
Karel Janssens, responsable de la coordination de MSF sur le terrain, se félicite d'avoir travaillé dans le bidonville de Cité Soleil de 2005 à 2007, ce qui l'a mis l'ONG en meilleure position pour intervenir après le tremblement de terre.
«Les gens de Cité Soleil nous connaissent très bien», dit Karel Janssens. La clinique, du nom de CHOSCAL, a traité les graves traumatismes après le tremblement de terre, mais est maintenant revenue à une activité normale initiale d'hôpital de terrain. Les files d'attente s'allongent.
La violence qui prévalait dans le bidonville de Cité Soleil avant le séisme est de retour: dans la salle d'opération, un jeune homme blessé par balle arrive sur un brancard orange.
«Ici, on est à un rythme d'une blessure par balle par jour», explique M. Janssens. «On voit passer une quarantaine de cas de blessures par violence par semaine, notamment beaucoup de blessures par lapidations ou par machette». MSF ne donne aucune information à la police sur ces blessures, voulant conserver la confiance des patients.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265372-erod-18-mois-survit-dix-semaines-dans-une-decharge.php
«Croire au rêve de ne plus dépendre de l'assistance internationale»
Au sujet de la levée de fonds pour la reconstruction d'Haïti, il s'agit, a affirmé le Chef de la MINUSTAH, d'investir dans la construction d'hôpitaux, d'écoles, de routes, de ports, mais aussi de «reconstruire, redessiner le pays de manière à le placer sur les rails de la croissance et de la modernisation». Avec la saison des pluies et des ouragans, «des centaines de milliers d'Haïtiens qui vivent aujourd'hui sous des tentes risquent encore une fois de tout perdre», a déclaré M. Mulet, Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). «Des vies sont en danger», a-t-il ajouté, mettant l'accent sur la nécessité urgente de bâtir des «abris plus durables».
Tout au long du processus de reconstruction et de relèvement, il conviendra de garantir une protection adéquate aux plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, ont dit les deux hauts responsables de l'ONU. Un autre impératif est de fournir au Gouvernement haïtien un appui budgétaire immédiat et durable pour qu'il puisse payer les salaires et assurer les services sociaux de base.
M. Mulet et Mme Helen Clark , administratrice du PNUD, ont également insisté sur la nécessité d'appuyer le programme de décentralisation, au cœur de la stratégie de reconstruction du Gouvernement, de créer des emplois en étroite collaboration avec le secteur privé, de ramener le plus tôt possible les enfants sur les bancs d'écoles sûres, et d'aider les haïtiens à créer un environnement politique et social stables à travers un «nouveau contrat social». «Les Nations Unies soutiendront pleinement ces objectifs», a ainsi assuré le Chef de la MINUSTAH.
Les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier dernier en Haïti ont montré une «énorme solidarité internationale», a souligné Mme Clark. «Le message clef de cette semaine est que nous avons besoin de cette solidarité pour continuer», a-t-elle ajouté.
«Les Haïtiens doivent continuer de bénéficier des dividendes de la solidarité internationale» et, «dans la mesure du possible, ces dividendes doivent être distribués rapidement par les haïtiens et pour les haïtiens », a dit M. Mulet.
Il a espéré que cette Conférence organisée au niveau ministériel et à laquelle sont invités les 192 États Membres de l'ONU constituera un «tournant» pour les haïtiens, leur permettant de croire au «rêve de ne plus dépendre de l'assistance internationale».
«Les Haïtiens eux-mêmes doivent être au centre de la construction d'une nouvelle Haïti», a déclaré l'Administratrice du PNUD, ajoutant que le soutien qu'apporte la communauté internationale devait être «aligné sur les priorités qui ont été établies par le Gouvernement haïtien».
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17354
Tout au long du processus de reconstruction et de relèvement, il conviendra de garantir une protection adéquate aux plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, ont dit les deux hauts responsables de l'ONU. Un autre impératif est de fournir au Gouvernement haïtien un appui budgétaire immédiat et durable pour qu'il puisse payer les salaires et assurer les services sociaux de base.
M. Mulet et Mme Helen Clark , administratrice du PNUD, ont également insisté sur la nécessité d'appuyer le programme de décentralisation, au cœur de la stratégie de reconstruction du Gouvernement, de créer des emplois en étroite collaboration avec le secteur privé, de ramener le plus tôt possible les enfants sur les bancs d'écoles sûres, et d'aider les haïtiens à créer un environnement politique et social stables à travers un «nouveau contrat social». «Les Nations Unies soutiendront pleinement ces objectifs», a ainsi assuré le Chef de la MINUSTAH.
Les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier dernier en Haïti ont montré une «énorme solidarité internationale», a souligné Mme Clark. «Le message clef de cette semaine est que nous avons besoin de cette solidarité pour continuer», a-t-elle ajouté.
«Les Haïtiens doivent continuer de bénéficier des dividendes de la solidarité internationale» et, «dans la mesure du possible, ces dividendes doivent être distribués rapidement par les haïtiens et pour les haïtiens », a dit M. Mulet.
Il a espéré que cette Conférence organisée au niveau ministériel et à laquelle sont invités les 192 États Membres de l'ONU constituera un «tournant» pour les haïtiens, leur permettant de croire au «rêve de ne plus dépendre de l'assistance internationale».
«Les Haïtiens eux-mêmes doivent être au centre de la construction d'une nouvelle Haïti», a déclaré l'Administratrice du PNUD, ajoutant que le soutien qu'apporte la communauté internationale devait être «aligné sur les priorités qui ont été établies par le Gouvernement haïtien».
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17354
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