Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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mercredi 27 février 2013
Haïti - Social : Nouvelle Directrice à la tête des Postes d’Haïti
Lundi, Wilson Laleau, le Ministre du Commerce et de l’Industrie a procédé à l’installation de la nouvelle Directrice Générale de l’Office des Postes d’Haïti (OPH), Mme Chancenade François.
Dans son discours, le Ministre Laleau, a salué le travail réalisé par la précédente Directrice de l’institution, Mme Régine Godefroy, récemment promue Ministre de la Communication et s’est déclaré confiant quant à la poursuite du succès des actions au sein de l’OPH, « car Mme François a participé pleinement à la conduite des chantiers en cours. »
Enfin, le Ministre a dit compter sur le sens du service public des employés de l’OPH pour aider la nouvelle Directrice à accomplir sa tâche avec efficacité.
La nouvelle directrice a affirmé vouloir assurer cette fonction dans le sens de la continuité. « Des innovations seront aussi entreprises pour une administration postale moderne » a-t-elle promis. La nouvelle Directrice espère fournir un service de qualité à la clientèle, afin de réhabiliter le service public, comme promis par le Chef de l’État.
HL/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-7964-haiti-social-nouvelle-directrice-a-la-tete-des-postes-d-haiti.html
mercredi 16 janvier 2013
Haïti-Politique : Le gouvernement minimise le mauvais accueil du Pri à Lamothe et critique les députés protestataires
P-au-P, 15 janv.2013 [AlterPresse] --- Le comportement des députés du bloc Parlementaires pour le Renforcement Institutionnel (Pri-opposition), qui a sifflé le premier ministre Laurent Lamothe, à l’occasion de la rentrée parlementaire, le lundi 14 janvier 2013, ne changera pas les rapports entre le gouvernement et le parlement, a fait savoir Ralph Théano, ministre chargé des relations entre l’Exécutif et le Législatif.
Les membres du PRI ont sifflé et klaxonné le premier ministre Laurent Lamothe pour l’empêcher de présenter le bilan de son gouvernement pour l’année 2012 et indiquer les perspectives pour 2013. Le chef du gouvernement a seulement remis des exemplaires de son bilan au président de l’assemblée nationale, Dieuseul Simon Desras.
La « banalisation », c’est le prix du comportement des membres du PRI, selon Ralph Théano. Toutefois, leur attitude ne devra pas modifier les échanges entre l’équipe gouvernementale haïtienne et les élus du Parlement.
Le gouvernement « entend rester droit et conséquent », déclare le ministre Théano, qui n’a pas fait part de démarches à l’endroit du groupe parlementaire.
Les députés protestataires reprochent au chef du gouvernement de n’avoir pas décaissé, jusqu’à présent, les fonds du budget 2012-2013, alloués au développement de leur localité respective.
Théano assure cependant que l’exécution de tous les projets pour toutes les communes du pays, se fera après les analyses, technique, administrative et légale, de ceux-ci. Déjà 40 projets sont en cours d’exécution dont 7 relatifs aux communes de certains membres du bloc PRI, poursuit-il.
« Pas de discrimination », ajoute le ministre.
Il considère ce qui s’est passé comme « un crime, une honte à la nation », qui ne cache pas « un sentiment de colère » vis-à-vis des députés du PRI.
Kedlaire Augustin, porte-parole du premier ministre, souhaite que ce type d’attitude ne se répète pas à l’avenir. Il qualifie l’actuel régime semi-parlementaire de « déséquilibré et irrationel ». [srh kft gp apr 15/1/2013 15 :35]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13947
mercredi 19 décembre 2012
Haïti-Conjoncture : Martelly revient, Lamothe s’en va, et état d’urgence à tout-va
P-au-P, 17 déc. 2012 [AlterPresse] --- Alors que le pays est placé sous état d’urgence depuis le passage de l’ouragan Sandy (du mercredi 23 au vendredi 26 octobre 2012), le chef de l’État Joseph Michel Martelly et le chef du gouvernement Laurent Salvador Lamothe maintiennent leur mode de gestion : multiplier les déplacements à l’étranger, observe l’agence en ligne AlterPresse.
Lamothe a pris l’avion, le vendredi 14 décembre 2012, en direction du Vietnam (Asie du Sud-Est), où il doit passer 4 jours.
Ce déplacement arrive environ 72 heures après le retour de Martelly au pays. Ce dernier avait effectué une visite de 3 jours (5 au 8 décembre 2012) au Japon (Asie de l’Est).
Dynamiser les relations entre les Haïti et le Vietnam est le principal objectif, avancé par le premier ministre concernant son voyage.
Il annonce également la signature de quelques accords.
Pas d’urgence pour l’état d’urgence
Le chef du gouvernement a sollicité, le jeudi 13 décembre 2012, le report d’une convocation de la commission de finances au sénat haïtien .
Cette commission sénatoriale avait appelé le chef du gouvernement à rendre compte des 5 milliards de gourdes (estimées à150 millions de dollars américains), montant alloué officiellement à la relance agricole et à la réhabilitation des infrastructures abritant des services sociaux de base, après le passage de Sandy.
Laurent Lamothe a laissé comprendre qu’il n’aurait pas assez de temps pour préparer son intervention.
Un fait, qui fâche certains sénateurs, en particulier le président de la commission de finances Jocelerme Privert (parti Inite, Nippes / Sud-Ouest) qui estime « inacceptable » l’incapacité de l’administration Martelly / Lamothe à dresser un bilan, près de 2 mois après les dégâts provoqués par la tempête Sandy.
Des membres de la diaspora haïtienne questionnent l’équipe au pouvoir
Des Haïtiens, regroupés sous le nom de « Perspectives haïtiennes », au Nord de Miami (North Miami, États-Unis d’Amérique) ont profité du passage de Martelly, le lundi 10 décembre 2012, pour dénoncer la gestion - qu’ils qualifient d’opaque - de l’argent prélevé, depuis mai 2011, sur la diaspora (frais sur les appels et les transferts d’argent vers Haïti…).
Sans une loi-cadre, la présidence a instauré, en mai 2011, un fonds dénommé " fonds national pour l’éducation (Fne)", où aboutissent ces taxes.
A date (décembre 2012), aucun rapport transparent n’est venu éclaircir l’opinion sur l’utilisation faite de ce fonds par l’actuelle administration politique.
Michel Martelly continue toutefois d’inviter les Haïtiens, résidant en terre étrangère, à investir en Haïti.
En attendant, la Bid subventionne …
Cinquante (50) millions de dollars américains (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) pour le renforcement du système éducatif haïtien et 17 millions pour encourager l’investissement, sont, respectivement, les montants récemment annoncés et approuvés par la banque interaméricaine de développement (Bid) dans le cadre d’une subvention à Haïti.
Les conditions exactes de cet apport ne sont pas communiquées.
Parallèlement, la croissance économique pour Haïti en 2012 est de 2.5 %, d’après les conclusions d’une récente publication de la commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (Cepalc).
Gare à une éventuelle crise alimentaire
Une récente étude, conduite par des chercheurs brésiliens en sciences sociales, attire l’attention sur le risque d’un manque important d’aliments dans certaines zones rurales des départements du Nord, de l’Ouest et de la Grande Anse (Sud-Ouest), à cause de la dévastation de la production agricole par les dernières catastrophes naturelles (intempéries) enregistrées.
Un échantillon de 1,355 personnes a été choisi dans le cadre de cette enquête, baptisée « après la tempête, l’arrivée de la crise alimentaire ».
Athena Kolbe, Robert Muggah et Marie Puccio sont les chercheurs brésiliens, ayant initié ce travail.
Le gouvernement et le Pam veulent pérenniser le programme de cantine scolaire
Le premier ministre Laurent Lamothe et la directrice en Haïti du programme alimentaire mondial (Pam), Myrta Kaulard, ont paraphé, le jeudi 13 décembre2012, un mémorandum d’accord pour une poursuite des programmes d’assistance alimentaire aux écoles.
Cette initiative vise essentiellement l’augmentation de la quantité de plats, offerts aux élèves quotidiennement, et la mise en œuvre d’une politique nationale de cantine scolaire.
Rien n’est précisé sur l’utilisation des produits agricoles nationaux dans les programmes de cantine scolaire pour les écolières et écoliers haïtiens.
Godson Orélus, définitivement installé à la tête de la police nationale
C’est finalement le jeudi 13 décembre 2012 que Godson Orélus a pris officiellement les commandes de l’institution policière, après avoir été ratifié, le jeudi 30 août 2012, par le sénat, suite à sa désignation, le 15 juin 2012, par le président Martelly, pour remplacer Mario Andrésol à la tête de la police nationale d’Haïti (Pnh).
Affirmant être bien conscient des problèmes, auxquels sont confrontés les agentes et agents de police, Orélus (installé ad intérim le 20 août 2012) promet de travailler à l’amélioration de leur situation.
Insécurité : toujours pas le bout du tunnel
Les cas de kidnapping continuent d’être enregistrés en Haïti, en décembre 2012, à un moment, pourtant, où les responsables de la police nationale parlent de démantèlement de grands réseaux de kidnappeurs.
Le dernier cas en date est celui d’une femme-médecin. Ceux, qui ont commis l’acte d’enlèvement, réclameraient une rançon de 300,000.00 dollars américains pour sa libération.
L’Onu voudraitaider à éradiquer le choléra en Haïti
Sans, jusqu’à présent, reconnaître officiellement l’implication de casques bleus népalais dans la propagation, à partir d’octobre 2010, de la maladie en Haiti - comme l’attestent plusieurs rapports d’investigation scientifique internationale -, le secrétariat général de l’organisation des Nations Unies a annoncé, le mardi 11 décembre 2012, l’opérationalisation d’un plan visant la prévention, le traitement du choléra sur l’île toute entière (Haiti et la République Dominicaine).
Une campagne de sensibilisation est aussi prévue dans la mise en œuvre de ce plan, estimé à 215 millions de dollars américains.
Quand les anciens présidents ont rendez-vous avec la justice
Initialement prévue pour le jeudi 13 décembre 2012, une séance d’audition de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, à la cour d’appel de Port-au-Prince, est reportée au jeudi 24 janvier 2013.
Il est question de faire la lumière sur tous les crimes commis sous le régime de Jean-Claude Duvalier.
Plusieurs plaintes sont déposées contre lui.
Des plaintes sont également déposées contre l’ancien chef d’État Jean-Bertrand Aristide par-devant la justice haïtienne.
Dans le cas d’Aristide, il est question d’exploitation financière que lui reproche particulièrement Sony Thélusma.
Sony Thélusma, dit « Ti Sony », a été, enfant, recueilli par l’ancien prêtre au foyer « lafanmi se lavi ».
Des avocats de Jean-Bertrand Aristide sont en train d’examiner la teneur de cette plainte, fait savoir un responsable de Fanmi Lavalas, le parti fondé par l’accusé.
Manifestation à l’occasion du 16 décembre
Comme annoncé tout au long de la semaine (allant du 9 au 15 décembre 2012), des organisations de base, liées au parti Fanmi Lavalas, ont manifesté, dans la capitale haïtienne le dimanche 16 décembre 2012 pour commémorer les 22 ans des élections qui avaient propulsé Jean-Bertrand Aristide au pouvoir, en 1990.
Cette manifestation a été dispersée par la police à coup de gaz lacrymogènes. 21 personnes (dont 14 hommes et 7 femmes) sont arrêtées.
La police nationale reproche à celles-ci d’avoir brisé des pare-brises d’environ une dizaine de véhicules qui se trouvaient sur le parcours de la manifestation.
Dans la mêlée, en solidarité avec les 21 personnes interpellées, le député de Delmas/ Tabarre, Arnel Bélizaire, s"est placé lui-même en garde à vue au commissariat de Port-au-Prince. [srh kft rc 17/12/2012 10:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13842
mardi 4 décembre 2012
Haïti-Reconstruction : Des organisations de défense des droits humains appellent à une révision de la structure du Caed
P-au-P, 03 déc. 2012[AlterPresse] --- Plusieurs organisations de défense des droits humains souhaitent une révision de la composition de la structure du Cadre de coordination de l’aide externe (Caed), mis en place par le gouvernement haïtien en vue de remplacer officiellement la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (Cirh), dans un document transmis à AlterPresse, ce lundi 3 décembre 2012.
Pour que sa mission soit effective, le Caed doit être composé de représentants de secteurs clés de la société haïtienne et de fonctionnaires de l’Etat ayant la capacité, la maturité et surtout un engagement certain envers Haïti, préconisent ces organisations.
Le président Joseph Michel Martelly et le premier ministre Laurent Salvador Lamothe ont procédé, le lundi 26 novembre 2012, au lancement du Caed qui représente, selon eux, un mécanisme national de planification et de coordination des fonds de l’aide externe.
La Plate-forme des organisations haïtiennes de défense des droits humains (Pohdh), le Groupe d’appui aux rapatriés et aux réfugiés (Garr) et la Plateforme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda) saluent cette initiative qui vise à créer une nouvelle structure, « entièrement haïtienne » pour coordonner la gestion de l’aide externe.
Toutefois, elles expriment leurs inquiétudes par rapport aux secteurs proposés pour intégrer cette structure et notent qu’encore une fois, des acteurs clés de la société, telle la paysannerie, sont laissés de côté.
« Dans le cas de la société civile haïtienne, il est difficile de parler de représentation, car selon ce qui est prévu dans le document présentant le Caed, c’est le président de la République qui va choisir ces personnes », critiquent-elles dans la note.
Elles demandent une certaine transparence dans le choix des personnes qui devront faire partie de cette structure afin d’éviter la répétition concernant les choix de membres qui n’ont aucune légitimité, aucune qualité, ni mandat dans les secteurs prévus comme c’était le cas avec la Cirh.
La Cirh a été créée en avril 2010 en vue de faire face à l’urgence du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti. Son mandat a pris fin le 21 octobre 2011.
Ces organisations de défense des droits humains exigent une évaluation transparente et participative des 18 mois de cette commission et les impacts de sa gestion sur les mécanismes de la coopération externe avec Haïti.
Pour éviter la répétition des mêmes erreurs, ces organisations invitent le gouvernement à faire un bilan critique de la Cirh pour informer la population sur les fonds réels gérés par cette structure de coordination de l’aide externe, les projets réalisés, les mécanismes de prise de décision, les résultats obtenus, afin de dégager des leçons qui serviraient au bon fonctionnement du Caed.
Elles espèrent que la présence des donateurs qui ont aussi la possibilité de siéger au sein du Caed ne constituera pas un obstacle à l’autonomie de l’institution.
Pour cela, il est indispensable de préciser les mécanismes concrets d’articulation entre les acteurs externes et les acteurs nationaux, recommandent-elles.
« Les fonds qui seront gérés par le Caed doivent être utilisés d’abord par les structures de l’Etat et de la société pour financer des activités issues d’un plan stratégique du gouvernement pour résoudre les problèmes fondamentaux du pays », proposent ces organismes.
Ces fonds doivent servir à financer des activités qui dynamisent un processus de développement endogène, demandent-ils.
Ils rejettent la reproduction des modèles extravertis, déjà expérimentés en Haïti, telles que les zones franches comme moteur de la croissance, qui n’ont donné que des résultats négatifs.
Cette nouvelle structure doit contribuer au renforcement de l’Etat et non à son affaiblissement, souhaitent ces organismes qui encouragent l’abandon de certaines pratiques négatives au profit de stratégies qui valorisent les cadres, les mettent en confiance et renforcent la solidarité entre les employés de l’Etat.
Ils condamnent la formule des unités techniques qui consiste à privilégier certains groupes de fonctionnaires au sein d’un ministère en leur donnant des avantages et des salaires que les autres n’ont pas.
Ces organismes de défense des droits humains espèrent que la création du Caed propulsera la mise en place de vrais mécanismes de communication et de participation, notamment au niveau des tables sectorielles thématiques et régionales, afin de donner à la population haïtienne la possibilité d’être informée sur ce qui se passe au sein de cette structure et d’influencer ses décisions. [emb apr 03/12/2012 14 :45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13774
Haïti – Paysannerie : Tèt Kole ti peyizan se mobilise, en congrès, sur la construction d’un pouvoir populaire
Montrouis (Artibonite / Haïti), 03 déc. 2012 [AlterPresse] --- Environ 400 délégués, paysannes et paysans de différents départements géographiques, sont rassemblés à Montrouis, depuis dimanche soir 2 décembre 2012, en vue d’asseoir une stratégie d’actions, à venir, de leur organisation Tèt Kole ti peyizan ayisyen, observe l’agence en ligne AlterPresse.
« Nous devons réunir nos forces pour renforcer la solidarité à tous les niveaux (production agricole, besoins vitaux essentiels, comme la santé, etc.) et définir les voies et moyens de construction d’un pouvoir véritablement populaire », fait savoir Henrilus Jacques Jean, coordonnateur du comité exécutif national sortant.
Le rassemblement, du dimanche 2 au mercredi 5 décembre 2012, se tient dans le cadre du troisième congrès national du mouvement paysan Tèt kole, fondé le 6 septembre 1986.
Le mercredi 5 décembre, des résolutions doivent émerger du congrès, à l’issue duquel seront renouvelés la coordination nationale (intégrant 2 membres par département) et le comité exécutif national (de 3 membres).
Ce lundi 3 décembre, les congressistes paysannes et paysans sont en train d’analyser la conjoncture actuelle (y compris la dégradation culturelle identifiée) avant d’évaluer (le mardi 4 décembre) le mouvement Tèt Kole ti peyizan globalement (dans les aspects politique, économique, social et culturel).
Le troisième congrès du mouvement Tèt kole Ti peyizan aysiyen a débuté, dans la soirée du dimanche 2 décembre 2012, par une cérémonie-symbole, appelée « mystique » par les délégués, paysannes et paysans.
A l’occasion, chaque délégué arborait un morceau de pins (bwa pen) allumés, du bureau de Tèt Kole (placé sur les hauteurs de Montrouis, à l’est, dans la zone dénommée « Nan Vandom », sur la route menant à Piatre et Ivoire) jusqu’à un grand feu aux abords de la grande salle de rencontre (située en contrebas du centre principal du mouvement).
Construire la force populaire n’est pas un jeu, mais suppose tout un ensemble de dispositions structurelles pour combattre l’exploitation (sous toutes ses formes), mise en œuvre par les grandons (potentats) et dont souffrent les paysannes et paysans sur le territoire national d’Haïti.
Tel a été le message fort, délivré en la circonstance et repris dans les chants exécutés par le groupe culturel « Awozam ».
Les divers chants de circonstance ont exalté la mobilisation des paysannes et paysans, ainsi que la lutte et les actions de résistance conduites.
« An n gonfle fòs nou pou yon pouvwa popilè » (il faut rassembler nos forces en direction d’un pouvoir populaire » est l’un des leitmotive de ce troisième congrès national du mouvement Tèt kole ti peyizan ayisyen.
Ayant 26 ans d’existence en décembre 2012, le mouvement Tèt kole ti peyizan ayisyen résulte de la conjonction et de la concertation de différentes forces sociales, depuis les années 1970 jusqu’à aujourd’hui, tient à signaler Henrilus Jacques Jean, coordonnateur du comité exécutif national sortant. [rc apr 03/12/2012 12:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13776
mercredi 7 mars 2012
Haïti-Double nationalité : Michel Martelly ou Mickael Martelly ?
lundi 5 mars 2012 P-au-P, 5 mars 2012 [AlterPresse] --- Le sénateur de l’Artibonite, François Anick Joseph a révélé certaines pistes, pouvant conduire à la vérification de la double nationalité du chef de l’Etat, Michel Martelly. Selon le sénateur qui est intervenu le 1er mars dans la presse, le président a effectué des déplacements aux Etats-Unis avec un passeport américain et une autre identité.
Michel ou Mickael Martelly ?
« Michel Martelly aurait voyagé à bord d’un vol de la American Airlines à destination de la Floride, en date du 21 novembre 2007, plusieurs parlementaires étaient à bord de ce vol ».
Le sénat a officiellement demandé à cette compagnie aérienne de lui faire parvenir la liste des passagers, mais le nom de Michel Martelly n’y figure pas. Anick Joseph suggère à ses collègues sénateurs de rechercher plutôt le nom de « Mickael Martelly ».
Anick Joseph a également dénoncé la lenteur affichée par la commission sénatoriale d’enquête dans le dossier alors que Michel Martelly refuse de présenter ses documents de voyage.
La collaboration de Michel Martelly dans la suite de cette enquête se révèle déterminante pour la ratification de son premier ministre désigné Laurent Lamothe. Pour le sénateur Joseph cette question doit être clarifiée avant d’aborder le processus de ratification du premier ministre.
« En refusant d’apporter ses documents de voyage à la commission spéciale sénatoriale, le président nie l’autorité du sénat, et dans ces conditions il ne pourra pas demander à cette institution de ratifier son premier ministre », a indiqué le sénateur François Anick Joseph.
Selon les prescrits constitutionnels de 1987, « pour être président de la République il faut « être haïtien d’origine et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité ».
L’enquête continue malgré la démission du gouvernement
Le co-président de la commission spéciale sénatoriale enquêtant sur la double nationalité des hauts dignitaires de l’Etat, Joseph Lambert, a révélé ce 28 février que « L’enquête sur la nationalité des hauts fonctionnaires de l’Etat, ne parait pas trop important pour le moment en raison de la démission du gouvernement, mais la commission continue avec son enquête jusqu’au bout ».
Pour le nouveau co-président de cette commission, Moise Jean Charles, « la commission attend de pied ferme les documents de voyage du président Martelly. Une concertation avec les membres de cette commission sera envisagée en vue d’acheminer une lettre au chef de l’Etat pour qu’il présente ses documents de voyage. On ne saurait attendre indéfiniment le président de la République ».
Par contre, selon ce qu’indique le sénateur Nènel Cassy le mardi 28 février, une délégation de la commission s’est rendue à l’immigration pour effectuer des recherches dans le cadre de l’enquête. Les sénateurs ont obtenus tous les documents à leur portée concernant Martelly.
Pour le renouvellement du tiers du sénat : Martelly et Lamothe s’engagent
Le chef de l’Etat Michel Martelly s’est engagé le vendredi 2 mars à organiser les prochaines joutes électorales sénatoriales et des collectivités territoriales dans les plus brefs délais, devant les acteurs de la communauté internationale, au cours d’une réunion tenue au palais national.
Michel Martelly a insisté sur le fait qu’un conseil électoral permanent sera mis en place pour organiser les élections, aussitôt que son premier ministre désigné Laurent Lamothe sera ratifié.
L’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a souligné au chef de l’Etat Michel Martelly que les conditions pour la tenue des prochaines élections passent avant tout par la promulgation de la Constitution amendée et la formation du conseil électoral permanent.
Le Bret a profité de l’occasion pour affirmer que la France ne financera pas la remobilisation des Forces Armées d’Haïti (FAD’H).
Des individus armés, portant des uniformes ont été remarqués dans plusieurs zones du pays en démonstration militaire. La présidence de Michel Martelly pour laquelle le retour de l’armée est un projet prioritaire a toujours nié toute implication dans la mobilisation de ces « militaires ».
Gourgue déconseille à la présidence de publier le texte amendé
Le président du groupe de travail indépendant sur l’amendement de la Constitution de 1987, Gérard Gourgue suggère au président de la République de ne pas publier le texte amendé, reconstitué par un groupe de parlementaires assistés de membres de la société civile.
Les « conclusions de ce rapport se révèlent accablantes parce que tout le monde a triché ou triche dans cette affaire dans l’objectif de faire passer son point de vue, contrairement à ce qui a été voté réellement lors de la séance de vote des amendements en Assemblée nationale », explique Gourgue.
Les deux maires de Tabarre sous interdiction de départ
Le commissaire du gouvernement de la commune de la Croix des Bouquets, Mario Beauvoir, a pris des mesures d’interdiction de départ contre les deux maires de Tabarre (périphérie nord-est), Jean Frantz Théodat et Jean Bernard Chassagne, dans le cadre de l’incendie qui a ravagé une bonne partie du marché de Tabarre dans la nuit du 24 au 25 février dernier.
« Ils sont libres mais n’ont pas le droit de laisser le pays ni par voie terrestre, ni par voie maritime, ni par voie aérienne, pas avant que mon enquête n’arrive à terme », a prévenu le commissaire Beauvoir.
Par ailleurs, « un policier serait impliqué dans le dossier, et une correspondance a été adressée au directeur général de la police Mario Andrésol afin qu’il mette ce policier à la disposition de la justice », a poursuivi Beauvoir.
Un autre individu est très recherché dans le cadre de cette affaire, il s’agit de Jean Claude Alciné alias Ti Jean, a indiqué Mario Beauvoir. L’inspecteur en chef du commissariat de Delmas, Boyer Délin, a lui aussi diligenté une enquête concernant le mobile de l’incendie.
Le sinistre qui a causé d’importants dégâts sur le plan économique, est d’origine criminelle selon le commissaire du gouvernement de la commune de la Croix des Bouquets qui a ordonné d’appréhender six suspects.
Parmi ces personnes figurent le responsable du marché, Saint Jean Venus, le chef de sécurité du marché et 4 autres agents de sécurité qui sont déjà derrière les barreaux à fin de fournir des éléments d’informations pouvant faciliter la clarification sur les faits.
Ce marché contenait plus de 220 compartiments. Plus de 12 mille marchandes et marchands, contraints de laisser les marchés Tête Bœuf et Hyppolite (centre-ville), à cause d’incendies similaires, s’y étaient établis.
Décès de l’ancien président de la chambre des députés
L’ancien président de la Chambre des députés (48 eme législature), Eric Jean Jacques est décédé ce samedi 3 mars en République Dominicaine à l’âge de 62 ans.
Il est mort suite à une longue hospitalisation pour un cancer de la prostate. La dépouille de l’ancien député de la plateforme Lespwa, transformé aujourd’hui en Inite, sera rapatriée en Haïti, demain 6 mars. La date des funérailles n’est pas encore annoncée.
Haïti et Venezuela paraphent un accord de 369 millions de dollars
Un accord de 369 millions de dollars a été paraphé ce 3 mars par le ministre des affaires étrangères Laurent Lamothe et le vice ministre des affaires étrangères du Venezuela, Temir Porras, à Port-au-Prince, à l’issue du sommet Haïti-Venezuela, qui a duré deux jours.
L’accord concerne le financement de 9 projets touchant à l’agriculture, l’éducation, le logement, la santé et la reconstruction du parlement entre autres.
Le Venezuela s’engage également dans le cadre de Petrocaribe à augmenter le nombre de barils de pétrole à Haïti de 14 mille par jour à 20 mille par jour. [jep kit gp apr 05/03/12 9 :45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12466
Michel ou Mickael Martelly ?
« Michel Martelly aurait voyagé à bord d’un vol de la American Airlines à destination de la Floride, en date du 21 novembre 2007, plusieurs parlementaires étaient à bord de ce vol ».
Le sénat a officiellement demandé à cette compagnie aérienne de lui faire parvenir la liste des passagers, mais le nom de Michel Martelly n’y figure pas. Anick Joseph suggère à ses collègues sénateurs de rechercher plutôt le nom de « Mickael Martelly ».
Anick Joseph a également dénoncé la lenteur affichée par la commission sénatoriale d’enquête dans le dossier alors que Michel Martelly refuse de présenter ses documents de voyage.
La collaboration de Michel Martelly dans la suite de cette enquête se révèle déterminante pour la ratification de son premier ministre désigné Laurent Lamothe. Pour le sénateur Joseph cette question doit être clarifiée avant d’aborder le processus de ratification du premier ministre.
« En refusant d’apporter ses documents de voyage à la commission spéciale sénatoriale, le président nie l’autorité du sénat, et dans ces conditions il ne pourra pas demander à cette institution de ratifier son premier ministre », a indiqué le sénateur François Anick Joseph.
Selon les prescrits constitutionnels de 1987, « pour être président de la République il faut « être haïtien d’origine et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité ».
L’enquête continue malgré la démission du gouvernement
Le co-président de la commission spéciale sénatoriale enquêtant sur la double nationalité des hauts dignitaires de l’Etat, Joseph Lambert, a révélé ce 28 février que « L’enquête sur la nationalité des hauts fonctionnaires de l’Etat, ne parait pas trop important pour le moment en raison de la démission du gouvernement, mais la commission continue avec son enquête jusqu’au bout ».
Pour le nouveau co-président de cette commission, Moise Jean Charles, « la commission attend de pied ferme les documents de voyage du président Martelly. Une concertation avec les membres de cette commission sera envisagée en vue d’acheminer une lettre au chef de l’Etat pour qu’il présente ses documents de voyage. On ne saurait attendre indéfiniment le président de la République ».
Par contre, selon ce qu’indique le sénateur Nènel Cassy le mardi 28 février, une délégation de la commission s’est rendue à l’immigration pour effectuer des recherches dans le cadre de l’enquête. Les sénateurs ont obtenus tous les documents à leur portée concernant Martelly.
Pour le renouvellement du tiers du sénat : Martelly et Lamothe s’engagent
Le chef de l’Etat Michel Martelly s’est engagé le vendredi 2 mars à organiser les prochaines joutes électorales sénatoriales et des collectivités territoriales dans les plus brefs délais, devant les acteurs de la communauté internationale, au cours d’une réunion tenue au palais national.
Michel Martelly a insisté sur le fait qu’un conseil électoral permanent sera mis en place pour organiser les élections, aussitôt que son premier ministre désigné Laurent Lamothe sera ratifié.
L’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a souligné au chef de l’Etat Michel Martelly que les conditions pour la tenue des prochaines élections passent avant tout par la promulgation de la Constitution amendée et la formation du conseil électoral permanent.
Le Bret a profité de l’occasion pour affirmer que la France ne financera pas la remobilisation des Forces Armées d’Haïti (FAD’H).
Des individus armés, portant des uniformes ont été remarqués dans plusieurs zones du pays en démonstration militaire. La présidence de Michel Martelly pour laquelle le retour de l’armée est un projet prioritaire a toujours nié toute implication dans la mobilisation de ces « militaires ».
Gourgue déconseille à la présidence de publier le texte amendé
Le président du groupe de travail indépendant sur l’amendement de la Constitution de 1987, Gérard Gourgue suggère au président de la République de ne pas publier le texte amendé, reconstitué par un groupe de parlementaires assistés de membres de la société civile.
Les « conclusions de ce rapport se révèlent accablantes parce que tout le monde a triché ou triche dans cette affaire dans l’objectif de faire passer son point de vue, contrairement à ce qui a été voté réellement lors de la séance de vote des amendements en Assemblée nationale », explique Gourgue.
Les deux maires de Tabarre sous interdiction de départ
Le commissaire du gouvernement de la commune de la Croix des Bouquets, Mario Beauvoir, a pris des mesures d’interdiction de départ contre les deux maires de Tabarre (périphérie nord-est), Jean Frantz Théodat et Jean Bernard Chassagne, dans le cadre de l’incendie qui a ravagé une bonne partie du marché de Tabarre dans la nuit du 24 au 25 février dernier.
« Ils sont libres mais n’ont pas le droit de laisser le pays ni par voie terrestre, ni par voie maritime, ni par voie aérienne, pas avant que mon enquête n’arrive à terme », a prévenu le commissaire Beauvoir.
Par ailleurs, « un policier serait impliqué dans le dossier, et une correspondance a été adressée au directeur général de la police Mario Andrésol afin qu’il mette ce policier à la disposition de la justice », a poursuivi Beauvoir.
Un autre individu est très recherché dans le cadre de cette affaire, il s’agit de Jean Claude Alciné alias Ti Jean, a indiqué Mario Beauvoir. L’inspecteur en chef du commissariat de Delmas, Boyer Délin, a lui aussi diligenté une enquête concernant le mobile de l’incendie.
Le sinistre qui a causé d’importants dégâts sur le plan économique, est d’origine criminelle selon le commissaire du gouvernement de la commune de la Croix des Bouquets qui a ordonné d’appréhender six suspects.
Parmi ces personnes figurent le responsable du marché, Saint Jean Venus, le chef de sécurité du marché et 4 autres agents de sécurité qui sont déjà derrière les barreaux à fin de fournir des éléments d’informations pouvant faciliter la clarification sur les faits.
Ce marché contenait plus de 220 compartiments. Plus de 12 mille marchandes et marchands, contraints de laisser les marchés Tête Bœuf et Hyppolite (centre-ville), à cause d’incendies similaires, s’y étaient établis.
Décès de l’ancien président de la chambre des députés
L’ancien président de la Chambre des députés (48 eme législature), Eric Jean Jacques est décédé ce samedi 3 mars en République Dominicaine à l’âge de 62 ans.
Il est mort suite à une longue hospitalisation pour un cancer de la prostate. La dépouille de l’ancien député de la plateforme Lespwa, transformé aujourd’hui en Inite, sera rapatriée en Haïti, demain 6 mars. La date des funérailles n’est pas encore annoncée.
Haïti et Venezuela paraphent un accord de 369 millions de dollars
Un accord de 369 millions de dollars a été paraphé ce 3 mars par le ministre des affaires étrangères Laurent Lamothe et le vice ministre des affaires étrangères du Venezuela, Temir Porras, à Port-au-Prince, à l’issue du sommet Haïti-Venezuela, qui a duré deux jours.
L’accord concerne le financement de 9 projets touchant à l’agriculture, l’éducation, le logement, la santé et la reconstruction du parlement entre autres.
Le Venezuela s’engage également dans le cadre de Petrocaribe à augmenter le nombre de barils de pétrole à Haïti de 14 mille par jour à 20 mille par jour. [jep kit gp apr 05/03/12 9 :45]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12466
lundi 26 décembre 2011
Haiti. Dénouement de la crise politique, oui mais et après ?
Par Claude Carré Port au Prince. Dimanche 25 Décembre 2011. CCN.
L’année se termine, sur les 8 premiers mois de la mandature de Michel Marthelly. C’est déjà le moment d’un bilan partiel.
Claude Carré, musico-chroniqueur de CCN depuis la capitale haïtienne, nous propose un défrichage prospectif de la politique Martelliste.
« Ce qui se dessine actuellement à l'horizon est une nouvelle période de grande incertitude politique qui semble malheureusement aboutir à la chute prématurée du gouvernement et de la présidence de Michel Martelly. »
Telle est l’une des conclusions de ma dernière chronique sur la « fabrication des crises » le 31 octobre dernier suite à l’arrestation du député Arnèl Belizaire. Un mois et demi après, alors que des signes d’apaisement et de retournement de situation semblent s’installer, je me dis que ma première préoccupation est d’expliquer pourquoi la grande conflagration qui, selon moi, allait mener à la chute du président Martelly, n’a pas eu lieu. Mais il me faudra aussi essayer de voir un peu plus clair dans quelle direction nous nous dirigeons actuellement.
La souris de la montagne
Alors que le pays était tout entier branché sur l’arrestation spectaculairement illégal d’Arnèl Belizaire, que les députés menaçaient de « couper la tête », une fois leurs vacances terminées, à plusieurs ministres pour réparer l’affront commis par l’exécutif, que les sénateurs étaient monté au créneau pour, dans de vibrantes envolées, dénoncer la tyrannie et flétrir l’intolérable, que des organisations des droits humains, dont le RNDDH, et de la société civile, ont élevé leur voix pour condamner l’inacceptable atteintes aux droits de l’homme, que l’international, par la voie de la France, le Quai D’Orsay, faisait grise mine, dans une note de presse, que les américains, par la voix d’un apparatchik ayant requis l’anonymat, disaient plutôt favoriser le renforcement de la police nationale plutôt que la création d’une « armée » telle que le promettait la nouvelle équipe gouvernementale, le président Michel Joseph Martelly, de retour des Etats-Unis, suite à une intervention chirurgicale à l’épaule, répondait de manière stupéfiante, à une question d’un journaliste, n’être lié « ni de près, ni de loin » à ce qui est advenu au député.
Par la suite, les différents acteurs ; présidents, sénateurs, ministres, commissaires, chefs de police, juges… nous ont offert un ballet abstrait, sur fond d’une musique atonale digne d’Arnorld Schonberg en personne, dans lequel on a pu être les témoins médusés de longues séances oiseuses au Sénat de la République, de résolutions réécrites, résorbées, avortées, de revirements (« changement de casaques ») les uns plus spectaculaires que les autres, de tentatives d’explications honteuses et alambiquées de la part du ministre de la justice et du ministre de l’intérieur, de la mise sur pied de deux commissions d’enquête, l’une par le sénat, l’autre par l’exécutif, pour « tirer au clair » l’incident et « fixer les responsabilités », de basses négociations devant faire des « ennemis » d’hier des « amis » d’aujourd’hui étant donné le renouvellement du tiers du sénat qui arrive à grands pas et la grande bavure de l’exécutif dans l’affaire Belizaire. Finalement, personne au niveau de l’exécutif n’avait de rapport, « de près » et sans doute non plus « de loin », avec l’évènement qui avait mis en émoi toute la nation. Seul le pauvre commissaire du gouvernement semblait devoir porter le chapeau. En effet, le 8 novembre, le ministre de la justice Josué Pierre-Louis se défaisait du commissaire-bouc-émissaire Felix Léger.
Malheureusement, pour lui, c’est-à-dire le ministre bien sur, le chef de la police, Mario Andrésol, lors d’une séance au sénat, vendit le pot au rose en révélant aux parlementaires que l’ordre de l’arrestation du turbulent député venait de ce même ministre. Par suite de plusieurs tentatives infructueuses de convocation de José Pierre-Louis, qui, soit dit en passant, a été le seul à se présenter sur une chaine de la télévision, il est vrai pour mâchonner des incongruités, il a du, contre mauvaise fortune bon cœur, remettre sa démission. Entre temps, après une période de semi réclusion, bon sens oblige, et après avoir, le 18 novembre, reporté « sine die » son farfelu projet de reconstitution des forces armées au calendre grecque en créant une commission civile (par surcroit) devant examiné la situation et soumettre un rapport … dans six mois (alors que ce jour même était prévu un décret redonnant vie à la vielle carcasse), le président Michel Joseph Martelly, s’est défait de l’écharpe qu’il portait après l’intervention chirurgicale et a repris, à quelques nuances près, ses périples ostentatoires et apparitions tonitruantes.
Le néo-duvaliérisme, un avorton et l’idéologie de la non-idéologie…
Au fond, il était normal de prévoir la chute du président tant était chimérique et grossier le retour en arrière au duvaliérisme que le gouvernement fraichement constitué tentait d’imposer à la face de la nation et du monde. D’ailleurs dans cette même dernière chronique il était question de « l’impossible retour en arrière ». Néanmoins, on peut relever au moins trois raisons principales qui peuvent expliquer le revirement de situation :
1. Le poids de l’international
Dans la chronique précédente était pourtant mentionné le rôle de l’international comme facteur pouvant empêcher le retour en arrière. Ce qui s’est passé a montré que ce rôle a été quelque peu sous-estimé. Au vu de l’état de déliquescence de l’état, du « démissionnarisme » du régime politique actuellement en place, de la dépendance du président vis-à-vis des puissances qui l’ont hissé au pouvoir, des dossiers peu flatteurs et compromettant qu’elles n’ont pas manqués de monter sur le chanteur, il n’a pas probablement été trop difficile pour elles de hausser le ton et d’imposer un diktat. (On devrait sans doute attendre les révélations de « Wikileaks » à cet égard.)
C’est que cette affaire de néo-duvaliérisme anarchisant, prôné par des nostalgiques écervelés qui fermentent dans l’entourage du président, ne rentre pas du tout dans les plans de l’international. A cet égard il n’est pas inutile de se remémorer le comportement irréaliste des Cédras, Biambi, Michel-François et consort, eu égard au coup d’état de 1991, alors qu’ils croyaient, jusqu’au dernier moment, que le département d’état américain bluffait et n’irait jamais jusqu’à réinstaller au pouvoir le petit prêtre de Saint-Jean Bosco. Les hommes de Martelly, et sans doute lui aussi, croyaient également avoir le support des puissances occidentales pour écraser le parlement et gouverner par décret, quelle naïveté ! On s’explique aisément que dans ce contexte de pressions et d’injonctions des puissances occidentales sur le gouvernement nouveau-né et le président-chanteur, comment et pourquoi les sénateurs avaient eu l’idée de mettre sur pied une commission de neuf parlementaires chargés d’enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement, y compris de celle du président de la république. Cette commission, étant donné les compromissions et tractations subséquentes, n’a vécu évidement que le temps des roses…
Il est clair que l’international ne démord pas de sa stratégie de rendre Haïti gouvernable, sécurisée, pacifiée, ce qui devrait contribuer à la sécurité économique et politique de la région, et à lui ouvrir un marché fort de près de 10 millions d’habitants. Dans cette optique, la destitution du parlement et le retour à une forme de dictature de type « caudilliste » est impensable, donc exclu. Malheureusement, la notion de stratégie est complètement étrangère aux politiciens et « leaders » haïtiens actuels.
2. L’inconsistance et la couardise des néo-duvaliéristes
Une fois leur forfait commis et dès que « le blanc » eut manifesté son opposition, nos néo-duvaliéristes ont non seulement fait marche-arrière et nié toutes responsabilités, mais ils ont commencé à abandonner (provisoirement?) certains de leur crédo : adieu « milice rose », adieu recréation des forces armées, adieu velléités de gouverner en « caudillo » sans alliance et compromis, adieu projet de destitution de la chambre et d’intimidation et d’inféodation de la presse … Seule la xénophilie et le culte de la personnalité sont restés et ont même pris des proportions alarmantes comme on le verra ci-dessous.
En fait, cet épisode montre, non seulement, que le néo-duvaliérisme est une impossibilité historique, mais encore, que les agents de cette tendance ne sont pas prêts à assumer leur politique ; comme quoi l’inconsistance était un trait inhérent à ce courant politique. Il faut, à cet égard, rappeler que Jean-Claude Duvalier lui-même n’a été qu’un petit jouisseur collectionneur de voitures de course, qu’en 1986, il n’a pas trouver d’autres choses à faire qu’à s’enfuir honteusement de nuit avec les valises pleines de l’argent des caisses de l’état, alors que la veille il avait appelé les hommes en bleu à prendre position dans les rues de la capitale soit disant pour protéger la « révolution » mais en fait pour les livrer en pâture à la foule , et qu’une semaine auparavant il déclarait être raide comme une « queue de macaque », ce qui prouve qu’il n’avait pas que cette queue en commun avec ce mammifère.
Naturellement un tel mouvement qui se dessaisit lui-même de ses actes est autodestructeur. En fait l’inconsistance et la couardise dont nous parlons sont constitutives du néo-duvaliérisme, d’où le terrible paradoxe… Mais ces traits ne sont pas imputables aux seuls néo-duvaliéristes comme nous allons le voir maintenant.
3. L’opposition et l’anti-idéologie
A entendre les discours indignés des parlementaires on croirait qu’une guerre exécutif-législatif était déclarée, guerre dont l’issue fatale ne saurait être autre que l’inexorable élimination d’un des protagonistes. Cependant, le courant politique de la « nouvelle gauche », qualifié, on ne sait trop pourquoi de « néo-féodal » par certains, est tout aussi inconsistant que les néo-duvaliéristes. « Inité » est une plateforme politico-électorale créée par Préval et ses proches amis pour essayer de garder la même camarilla au pouvoir. D’abord, comme toutes les plateformes électorales, elle n’était pas destinée à perdurer, mais de plus, ces différentes composantes parlementaristes ne se sont unies brièvement que pour préserver leur intérêts immédiats (lors de la mise en échec de la candidature des premiers ministres désignés) ; car lorsque la nouvelle équipe au pouvoir a compris, il est vrai sous les injonctions des puissances occidentales, qu’il était de son intérêt de rentrer en négociation avec les gars de l’ancien régime, puisqu’elle ne maitrisait aucun paramètre, cette opposition a vite fait de s’effriter et de se poser en sauveur de l’exécutif lui-même. Il faut dire aussi que les autres opposants, hier encore bras droit et bras gauche de la candidate Mirlande Manigat, ne se sont pas fait prier pour initier le grand virage. Seuls deux ou trois sénateurs semblent avoir une certaine consistance, quoiqu’ils manquent de cohérence parce que n’ayant pas de toute évidence de vision stratégique de la chose publique. [Hier – 22 décembre- le bureau de la chambre des députés toujours en vacances, a annoncé la création d’une troisième commission d’enquête sur l’affaire Belizaire en dépit de l’opposition de l’intéressé. Cette commission doit également évaluer les rapports déjà soumis par les commissions du sénat et de l’exécutif sur « les circonstances entourant l’arrestation de notre collègue ». Ah oui, cette affaire est vraiment bien entourée d’autant plus que les honorables députés ne veulent pas rater le train des tractations ; car n’est-ce pas finalement un des leurs qui a été immolé et en conséquence, ce sacrifice ne peut, en aucune façon, avoir été consentit en vain… ]
En vérité, il n’y a dans la classe politique qu’une et une seule idéologie, avec des petites nuances près dépendant du parcours de l’acteur en question : l’opportunisme, les voltes faces de principes, la trahison, les coups bas, la course à la richesse et aux avantages, les mensonges, fourberies et autres marronnages… Nos politiciens offrent, en effet, un triste spectacle où l’opportunisme devient la seule référence stable ; à un point tel qu’ils peuvent se tirer allègrement et mutuellement dans les jambes sans s’étonner outre-mesure et se tapoter le dos la seconde d’après, comme quoi il n’y avait pas lieu de s’énerver outre-mesure parce que ce qui compte c’est que, nous tous de cette élite, nous devons et allons, pendant qu’il nous reste à jouir de nos privilèges, pouvoir nous enrichir abondement sur le dos du bon vieux peuple… Ceci dit, il n’est pas exclu des regroupements correspondant à des affinités idéologiques, notamment dans les situations de transition et de lutte pour le pouvoir, puissent se constituer comme cela a été brièvement le cas lors des dernières élections générales.
Et après… ?
Depuis le volte-face de l’exécutif, une autre attitude, il faut le dire, semble modeler ses actes. Le gouvernement avec à sa tête Gary Conille semble se mettre en place. Le ministre des affaires étrangères Laurent Lamothe parait être le plus actif des ministres. Sans cesse en voyage, il multiplie les discours et interventions. Il semble avoir une idée de ce qu’il fait, maintenant tout le monde parle de cette diplomatie dite « des affaires » et tout le monde répète à qui veut l’entendre le maître mot du président : « Haïti is open for business » [« Haïti est ouverte aux affaires »]. Pendant ce temps le président se dit près à collaborer avec la classe politique, un pacte de gouvernabilité est vivement encouragé par le club de Madrid, il fait l’éloge de la presse, il rencontre Préval, il se rend à Cuba où on peut le voir assis en tête-à-tête avec Raoul Castro. Au Venezuela, Hugo Chavez lui prodigue un généreux « abraso » de bienvenu, il fait publiquement l’éloge de la coopération Haïtianno-Venezuélienne qu’il considère comme la plus bénéfique pour le pays. Cette ouverture sur la scène internationale arrive après que le président ait été sommé par les puissances occidentales de rectifier le tir, est-ce qu’il réalise qu’il ne doit pas leur être totalement inféodé ? Est-ce une politique qui lui a été soufflée par des gars de l’ancienne plateforme « Inité » ? Est-ce qu’il en a parlé avec Préval ? On sait, par Wikileaks, que ce dernier a eu maille à partir avec les américains pour avoir oser passer des accords de coopération avec le Venezuela de Hugo Chavez….
Mais il y a encore mieux, le président promet de publier les amendements constitutionnels dont personne ne peut attester l’authenticité, d’installer le Conseil Electoral Permanent, de renouveler le tiers du sénat et de faire les élections que requiert la constitution l’année prochaine. Il y a une volonté manifeste de ne pas se heurter de front avec les occupants de l’appareil d’état. Même Thierry Mayard-Paul, le ministre de l’intérieur, accusé d’avoir frappé des agents de sécurité à l’aéroport lors de l’arrestation de Belizaire, tente d’arborer un costume plus sympathique. On le surprend, s’adresser au personnel de son ministère bourré de « Prévalistes », placés là par l’ancien ministre Antoine Bienaimé, lui-même accusé de clientélisme pour avoir mis l’argent du ministère à la disposition des candidats du parti « Inité » ; et tenter de rassurer que pas une seule révocation n’aura lieu. Est-ce une tactique de diversion ou une véritable collusion entre anciens et nouveaux occupants de l’appareil d’état ?
Le 29 novembre, sous l’instigation de l’ancien président William Jefferson « Bill » Clinton, se tient le second forum des investissements en Haïti, avec la participation de 1070 investisseurs venant de 29 pays. Martelly évidement promet la création de 500.000 emplois en trois ans, le président de la BID, M. Louis Alberto, déclare « croire en l’avenir d’Haïti ». Le chef du gouvernement, M. Gary Conille, fait savoir qu’un ensemble de mesures devant favorisant l’investissement seront bientôt opérationnelles : simplification des démarches devant aboutir à la création d’entreprises, réforme du cadastre, du droit de propriété, de la douane et du système de taxation. Laurent Lamothe explique largement son concept de « diplomatie des affaires », tandis que l’ancien président américain Bill Clinton se dit fier que sa Fondation travaille en partenariat avec la Banque interaméricaine de développement (BID) et le gouvernement haïtien pour créer de nouvelles opportunités commerciales pour les Haïtiens et les investisseurs étrangers. Des contrats sont signés ; notamment la construction d’un hôtel de classe internationale par le groupe Digicel devant offrir 168 chambres, la construction d’un parc industriel à Caracol dans le Nord du pays, le développement d’infrastructures par une compagnie Coréenne…
Au vu de toutes ses transformations, même les plus farouches opposants au régime, comme le sénateur Moise, se disent près à observer une sorte de trêve, et les journalistes les plus négativement favorables au président Martelly sont bien obligés de modérer leur critique. Mais faut-t-il penser que le gouvernement, après avoir inauguré son mandat par la monumentale bévue que l’on a longuement analysée, puisse du jour au lendemain se redresser comme si de rien n’était ? Faut-t-il croire qu’Haïti, classée, il n’y a pas longtemps, au dernier rang des pays offrant un environnement favorable aux affaires, puisse soudainement se transformer en un havre pour les investisseurs locaux et étrangers ? Ne faut-t-il pas constater que le bilan de ce forum, en dépit des déclarations triomphalistes des organisateurs, soit somme toute maigre donc non-substantiel ? Quels sont les avantages réels que peuvent avoir les investisseurs en Haïti ? La stratégie de recours systématique à l’investissement étranger, sans plan de développement, est-t-elle une politique fiable et réaliste? Faut-t-il se laisser emporter par le fait que le président semble faire une politique bon enfant après avoir péremptoirement étalé « son cynisme » à la face de la nation [ne voit-t-on pas une résurgence du culte de la personnalité ?] Autour de quel programme et de quelle idée-force entend-t-il réaliser l’unité nationale pour laquelle il semble être parti en croisade ? Que va-t-il se passer à l’approche des élections ou même avant ? Et le néo-duvaliérisme va-t-il réapparaitre ou s’effacer [à observer le comportement de Jean-Claude Duvalier qui vient de se faire décorer par la promotion sortante de l’école de droit de Gonaïves, on ne dirait pas] Cet équilibre politique, combien de temps va-t-il durer ? Et les problèmes structurels ? L’effondrement de l’état ? Le « démissionnarisme » ? La population sous les tentes ? La reconstruction ? La déforestation ? L’inflation galopante ?....
Toutes ces questions, bien sur, seront débattues dans mes prochaines chroniques…
http://www.caraibcreolenews.com/template.php?at=3666
Commentaires:
En voilà un qui a beaucoup parlé pour ne rien dire. Avoir pondu ça comme conclusion dans la conjoncture haïtienne:" « Ce qui se dessine actuellement à l'horizon est une nouvelle période de grande incertitude politique qui semble malheureusement aboutir à la chute prématurée du gouvernement et de la présidence de Michel Martelly. », c'est montrer que l'on observe et analyse la situation a travers une vision déformée de la réalité du pays. Après on n'a pas trop envie de rentrer dans cette logorrhée intellectuelle répétitive....
L’année se termine, sur les 8 premiers mois de la mandature de Michel Marthelly. C’est déjà le moment d’un bilan partiel.
Claude Carré, musico-chroniqueur de CCN depuis la capitale haïtienne, nous propose un défrichage prospectif de la politique Martelliste.
« Ce qui se dessine actuellement à l'horizon est une nouvelle période de grande incertitude politique qui semble malheureusement aboutir à la chute prématurée du gouvernement et de la présidence de Michel Martelly. »
Telle est l’une des conclusions de ma dernière chronique sur la « fabrication des crises » le 31 octobre dernier suite à l’arrestation du député Arnèl Belizaire. Un mois et demi après, alors que des signes d’apaisement et de retournement de situation semblent s’installer, je me dis que ma première préoccupation est d’expliquer pourquoi la grande conflagration qui, selon moi, allait mener à la chute du président Martelly, n’a pas eu lieu. Mais il me faudra aussi essayer de voir un peu plus clair dans quelle direction nous nous dirigeons actuellement.
La souris de la montagne
Alors que le pays était tout entier branché sur l’arrestation spectaculairement illégal d’Arnèl Belizaire, que les députés menaçaient de « couper la tête », une fois leurs vacances terminées, à plusieurs ministres pour réparer l’affront commis par l’exécutif, que les sénateurs étaient monté au créneau pour, dans de vibrantes envolées, dénoncer la tyrannie et flétrir l’intolérable, que des organisations des droits humains, dont le RNDDH, et de la société civile, ont élevé leur voix pour condamner l’inacceptable atteintes aux droits de l’homme, que l’international, par la voie de la France, le Quai D’Orsay, faisait grise mine, dans une note de presse, que les américains, par la voix d’un apparatchik ayant requis l’anonymat, disaient plutôt favoriser le renforcement de la police nationale plutôt que la création d’une « armée » telle que le promettait la nouvelle équipe gouvernementale, le président Michel Joseph Martelly, de retour des Etats-Unis, suite à une intervention chirurgicale à l’épaule, répondait de manière stupéfiante, à une question d’un journaliste, n’être lié « ni de près, ni de loin » à ce qui est advenu au député.
Par la suite, les différents acteurs ; présidents, sénateurs, ministres, commissaires, chefs de police, juges… nous ont offert un ballet abstrait, sur fond d’une musique atonale digne d’Arnorld Schonberg en personne, dans lequel on a pu être les témoins médusés de longues séances oiseuses au Sénat de la République, de résolutions réécrites, résorbées, avortées, de revirements (« changement de casaques ») les uns plus spectaculaires que les autres, de tentatives d’explications honteuses et alambiquées de la part du ministre de la justice et du ministre de l’intérieur, de la mise sur pied de deux commissions d’enquête, l’une par le sénat, l’autre par l’exécutif, pour « tirer au clair » l’incident et « fixer les responsabilités », de basses négociations devant faire des « ennemis » d’hier des « amis » d’aujourd’hui étant donné le renouvellement du tiers du sénat qui arrive à grands pas et la grande bavure de l’exécutif dans l’affaire Belizaire. Finalement, personne au niveau de l’exécutif n’avait de rapport, « de près » et sans doute non plus « de loin », avec l’évènement qui avait mis en émoi toute la nation. Seul le pauvre commissaire du gouvernement semblait devoir porter le chapeau. En effet, le 8 novembre, le ministre de la justice Josué Pierre-Louis se défaisait du commissaire-bouc-émissaire Felix Léger.
Malheureusement, pour lui, c’est-à-dire le ministre bien sur, le chef de la police, Mario Andrésol, lors d’une séance au sénat, vendit le pot au rose en révélant aux parlementaires que l’ordre de l’arrestation du turbulent député venait de ce même ministre. Par suite de plusieurs tentatives infructueuses de convocation de José Pierre-Louis, qui, soit dit en passant, a été le seul à se présenter sur une chaine de la télévision, il est vrai pour mâchonner des incongruités, il a du, contre mauvaise fortune bon cœur, remettre sa démission. Entre temps, après une période de semi réclusion, bon sens oblige, et après avoir, le 18 novembre, reporté « sine die » son farfelu projet de reconstitution des forces armées au calendre grecque en créant une commission civile (par surcroit) devant examiné la situation et soumettre un rapport … dans six mois (alors que ce jour même était prévu un décret redonnant vie à la vielle carcasse), le président Michel Joseph Martelly, s’est défait de l’écharpe qu’il portait après l’intervention chirurgicale et a repris, à quelques nuances près, ses périples ostentatoires et apparitions tonitruantes.
Le néo-duvaliérisme, un avorton et l’idéologie de la non-idéologie…
Au fond, il était normal de prévoir la chute du président tant était chimérique et grossier le retour en arrière au duvaliérisme que le gouvernement fraichement constitué tentait d’imposer à la face de la nation et du monde. D’ailleurs dans cette même dernière chronique il était question de « l’impossible retour en arrière ». Néanmoins, on peut relever au moins trois raisons principales qui peuvent expliquer le revirement de situation :
1. Le poids de l’international
Dans la chronique précédente était pourtant mentionné le rôle de l’international comme facteur pouvant empêcher le retour en arrière. Ce qui s’est passé a montré que ce rôle a été quelque peu sous-estimé. Au vu de l’état de déliquescence de l’état, du « démissionnarisme » du régime politique actuellement en place, de la dépendance du président vis-à-vis des puissances qui l’ont hissé au pouvoir, des dossiers peu flatteurs et compromettant qu’elles n’ont pas manqués de monter sur le chanteur, il n’a pas probablement été trop difficile pour elles de hausser le ton et d’imposer un diktat. (On devrait sans doute attendre les révélations de « Wikileaks » à cet égard.)
C’est que cette affaire de néo-duvaliérisme anarchisant, prôné par des nostalgiques écervelés qui fermentent dans l’entourage du président, ne rentre pas du tout dans les plans de l’international. A cet égard il n’est pas inutile de se remémorer le comportement irréaliste des Cédras, Biambi, Michel-François et consort, eu égard au coup d’état de 1991, alors qu’ils croyaient, jusqu’au dernier moment, que le département d’état américain bluffait et n’irait jamais jusqu’à réinstaller au pouvoir le petit prêtre de Saint-Jean Bosco. Les hommes de Martelly, et sans doute lui aussi, croyaient également avoir le support des puissances occidentales pour écraser le parlement et gouverner par décret, quelle naïveté ! On s’explique aisément que dans ce contexte de pressions et d’injonctions des puissances occidentales sur le gouvernement nouveau-né et le président-chanteur, comment et pourquoi les sénateurs avaient eu l’idée de mettre sur pied une commission de neuf parlementaires chargés d’enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement, y compris de celle du président de la république. Cette commission, étant donné les compromissions et tractations subséquentes, n’a vécu évidement que le temps des roses…
Il est clair que l’international ne démord pas de sa stratégie de rendre Haïti gouvernable, sécurisée, pacifiée, ce qui devrait contribuer à la sécurité économique et politique de la région, et à lui ouvrir un marché fort de près de 10 millions d’habitants. Dans cette optique, la destitution du parlement et le retour à une forme de dictature de type « caudilliste » est impensable, donc exclu. Malheureusement, la notion de stratégie est complètement étrangère aux politiciens et « leaders » haïtiens actuels.
2. L’inconsistance et la couardise des néo-duvaliéristes
Une fois leur forfait commis et dès que « le blanc » eut manifesté son opposition, nos néo-duvaliéristes ont non seulement fait marche-arrière et nié toutes responsabilités, mais ils ont commencé à abandonner (provisoirement?) certains de leur crédo : adieu « milice rose », adieu recréation des forces armées, adieu velléités de gouverner en « caudillo » sans alliance et compromis, adieu projet de destitution de la chambre et d’intimidation et d’inféodation de la presse … Seule la xénophilie et le culte de la personnalité sont restés et ont même pris des proportions alarmantes comme on le verra ci-dessous.
En fait, cet épisode montre, non seulement, que le néo-duvaliérisme est une impossibilité historique, mais encore, que les agents de cette tendance ne sont pas prêts à assumer leur politique ; comme quoi l’inconsistance était un trait inhérent à ce courant politique. Il faut, à cet égard, rappeler que Jean-Claude Duvalier lui-même n’a été qu’un petit jouisseur collectionneur de voitures de course, qu’en 1986, il n’a pas trouver d’autres choses à faire qu’à s’enfuir honteusement de nuit avec les valises pleines de l’argent des caisses de l’état, alors que la veille il avait appelé les hommes en bleu à prendre position dans les rues de la capitale soit disant pour protéger la « révolution » mais en fait pour les livrer en pâture à la foule , et qu’une semaine auparavant il déclarait être raide comme une « queue de macaque », ce qui prouve qu’il n’avait pas que cette queue en commun avec ce mammifère.
Naturellement un tel mouvement qui se dessaisit lui-même de ses actes est autodestructeur. En fait l’inconsistance et la couardise dont nous parlons sont constitutives du néo-duvaliérisme, d’où le terrible paradoxe… Mais ces traits ne sont pas imputables aux seuls néo-duvaliéristes comme nous allons le voir maintenant.
3. L’opposition et l’anti-idéologie
A entendre les discours indignés des parlementaires on croirait qu’une guerre exécutif-législatif était déclarée, guerre dont l’issue fatale ne saurait être autre que l’inexorable élimination d’un des protagonistes. Cependant, le courant politique de la « nouvelle gauche », qualifié, on ne sait trop pourquoi de « néo-féodal » par certains, est tout aussi inconsistant que les néo-duvaliéristes. « Inité » est une plateforme politico-électorale créée par Préval et ses proches amis pour essayer de garder la même camarilla au pouvoir. D’abord, comme toutes les plateformes électorales, elle n’était pas destinée à perdurer, mais de plus, ces différentes composantes parlementaristes ne se sont unies brièvement que pour préserver leur intérêts immédiats (lors de la mise en échec de la candidature des premiers ministres désignés) ; car lorsque la nouvelle équipe au pouvoir a compris, il est vrai sous les injonctions des puissances occidentales, qu’il était de son intérêt de rentrer en négociation avec les gars de l’ancien régime, puisqu’elle ne maitrisait aucun paramètre, cette opposition a vite fait de s’effriter et de se poser en sauveur de l’exécutif lui-même. Il faut dire aussi que les autres opposants, hier encore bras droit et bras gauche de la candidate Mirlande Manigat, ne se sont pas fait prier pour initier le grand virage. Seuls deux ou trois sénateurs semblent avoir une certaine consistance, quoiqu’ils manquent de cohérence parce que n’ayant pas de toute évidence de vision stratégique de la chose publique. [Hier – 22 décembre- le bureau de la chambre des députés toujours en vacances, a annoncé la création d’une troisième commission d’enquête sur l’affaire Belizaire en dépit de l’opposition de l’intéressé. Cette commission doit également évaluer les rapports déjà soumis par les commissions du sénat et de l’exécutif sur « les circonstances entourant l’arrestation de notre collègue ». Ah oui, cette affaire est vraiment bien entourée d’autant plus que les honorables députés ne veulent pas rater le train des tractations ; car n’est-ce pas finalement un des leurs qui a été immolé et en conséquence, ce sacrifice ne peut, en aucune façon, avoir été consentit en vain… ]
En vérité, il n’y a dans la classe politique qu’une et une seule idéologie, avec des petites nuances près dépendant du parcours de l’acteur en question : l’opportunisme, les voltes faces de principes, la trahison, les coups bas, la course à la richesse et aux avantages, les mensonges, fourberies et autres marronnages… Nos politiciens offrent, en effet, un triste spectacle où l’opportunisme devient la seule référence stable ; à un point tel qu’ils peuvent se tirer allègrement et mutuellement dans les jambes sans s’étonner outre-mesure et se tapoter le dos la seconde d’après, comme quoi il n’y avait pas lieu de s’énerver outre-mesure parce que ce qui compte c’est que, nous tous de cette élite, nous devons et allons, pendant qu’il nous reste à jouir de nos privilèges, pouvoir nous enrichir abondement sur le dos du bon vieux peuple… Ceci dit, il n’est pas exclu des regroupements correspondant à des affinités idéologiques, notamment dans les situations de transition et de lutte pour le pouvoir, puissent se constituer comme cela a été brièvement le cas lors des dernières élections générales.
Et après… ?
Depuis le volte-face de l’exécutif, une autre attitude, il faut le dire, semble modeler ses actes. Le gouvernement avec à sa tête Gary Conille semble se mettre en place. Le ministre des affaires étrangères Laurent Lamothe parait être le plus actif des ministres. Sans cesse en voyage, il multiplie les discours et interventions. Il semble avoir une idée de ce qu’il fait, maintenant tout le monde parle de cette diplomatie dite « des affaires » et tout le monde répète à qui veut l’entendre le maître mot du président : « Haïti is open for business » [« Haïti est ouverte aux affaires »]. Pendant ce temps le président se dit près à collaborer avec la classe politique, un pacte de gouvernabilité est vivement encouragé par le club de Madrid, il fait l’éloge de la presse, il rencontre Préval, il se rend à Cuba où on peut le voir assis en tête-à-tête avec Raoul Castro. Au Venezuela, Hugo Chavez lui prodigue un généreux « abraso » de bienvenu, il fait publiquement l’éloge de la coopération Haïtianno-Venezuélienne qu’il considère comme la plus bénéfique pour le pays. Cette ouverture sur la scène internationale arrive après que le président ait été sommé par les puissances occidentales de rectifier le tir, est-ce qu’il réalise qu’il ne doit pas leur être totalement inféodé ? Est-ce une politique qui lui a été soufflée par des gars de l’ancienne plateforme « Inité » ? Est-ce qu’il en a parlé avec Préval ? On sait, par Wikileaks, que ce dernier a eu maille à partir avec les américains pour avoir oser passer des accords de coopération avec le Venezuela de Hugo Chavez….
Mais il y a encore mieux, le président promet de publier les amendements constitutionnels dont personne ne peut attester l’authenticité, d’installer le Conseil Electoral Permanent, de renouveler le tiers du sénat et de faire les élections que requiert la constitution l’année prochaine. Il y a une volonté manifeste de ne pas se heurter de front avec les occupants de l’appareil d’état. Même Thierry Mayard-Paul, le ministre de l’intérieur, accusé d’avoir frappé des agents de sécurité à l’aéroport lors de l’arrestation de Belizaire, tente d’arborer un costume plus sympathique. On le surprend, s’adresser au personnel de son ministère bourré de « Prévalistes », placés là par l’ancien ministre Antoine Bienaimé, lui-même accusé de clientélisme pour avoir mis l’argent du ministère à la disposition des candidats du parti « Inité » ; et tenter de rassurer que pas une seule révocation n’aura lieu. Est-ce une tactique de diversion ou une véritable collusion entre anciens et nouveaux occupants de l’appareil d’état ?
Le 29 novembre, sous l’instigation de l’ancien président William Jefferson « Bill » Clinton, se tient le second forum des investissements en Haïti, avec la participation de 1070 investisseurs venant de 29 pays. Martelly évidement promet la création de 500.000 emplois en trois ans, le président de la BID, M. Louis Alberto, déclare « croire en l’avenir d’Haïti ». Le chef du gouvernement, M. Gary Conille, fait savoir qu’un ensemble de mesures devant favorisant l’investissement seront bientôt opérationnelles : simplification des démarches devant aboutir à la création d’entreprises, réforme du cadastre, du droit de propriété, de la douane et du système de taxation. Laurent Lamothe explique largement son concept de « diplomatie des affaires », tandis que l’ancien président américain Bill Clinton se dit fier que sa Fondation travaille en partenariat avec la Banque interaméricaine de développement (BID) et le gouvernement haïtien pour créer de nouvelles opportunités commerciales pour les Haïtiens et les investisseurs étrangers. Des contrats sont signés ; notamment la construction d’un hôtel de classe internationale par le groupe Digicel devant offrir 168 chambres, la construction d’un parc industriel à Caracol dans le Nord du pays, le développement d’infrastructures par une compagnie Coréenne…
Au vu de toutes ses transformations, même les plus farouches opposants au régime, comme le sénateur Moise, se disent près à observer une sorte de trêve, et les journalistes les plus négativement favorables au président Martelly sont bien obligés de modérer leur critique. Mais faut-t-il penser que le gouvernement, après avoir inauguré son mandat par la monumentale bévue que l’on a longuement analysée, puisse du jour au lendemain se redresser comme si de rien n’était ? Faut-t-il croire qu’Haïti, classée, il n’y a pas longtemps, au dernier rang des pays offrant un environnement favorable aux affaires, puisse soudainement se transformer en un havre pour les investisseurs locaux et étrangers ? Ne faut-t-il pas constater que le bilan de ce forum, en dépit des déclarations triomphalistes des organisateurs, soit somme toute maigre donc non-substantiel ? Quels sont les avantages réels que peuvent avoir les investisseurs en Haïti ? La stratégie de recours systématique à l’investissement étranger, sans plan de développement, est-t-elle une politique fiable et réaliste? Faut-t-il se laisser emporter par le fait que le président semble faire une politique bon enfant après avoir péremptoirement étalé « son cynisme » à la face de la nation [ne voit-t-on pas une résurgence du culte de la personnalité ?] Autour de quel programme et de quelle idée-force entend-t-il réaliser l’unité nationale pour laquelle il semble être parti en croisade ? Que va-t-il se passer à l’approche des élections ou même avant ? Et le néo-duvaliérisme va-t-il réapparaitre ou s’effacer [à observer le comportement de Jean-Claude Duvalier qui vient de se faire décorer par la promotion sortante de l’école de droit de Gonaïves, on ne dirait pas] Cet équilibre politique, combien de temps va-t-il durer ? Et les problèmes structurels ? L’effondrement de l’état ? Le « démissionnarisme » ? La population sous les tentes ? La reconstruction ? La déforestation ? L’inflation galopante ?....
Toutes ces questions, bien sur, seront débattues dans mes prochaines chroniques…
http://www.caraibcreolenews.com/template.php?at=3666
Commentaires:
En voilà un qui a beaucoup parlé pour ne rien dire. Avoir pondu ça comme conclusion dans la conjoncture haïtienne:" « Ce qui se dessine actuellement à l'horizon est une nouvelle période de grande incertitude politique qui semble malheureusement aboutir à la chute prématurée du gouvernement et de la présidence de Michel Martelly. », c'est montrer que l'on observe et analyse la situation a travers une vision déformée de la réalité du pays. Après on n'a pas trop envie de rentrer dans cette logorrhée intellectuelle répétitive....
mardi 20 décembre 2011
Haïti : Plaidoyer pour une bonne gestion des fonds décaissés par le gouvernement pour les fêtes de fin d’année
L’annonce faite, la semaine écoulée, par le chef du gouvernement, Garry Conille, de décaissement des fonds pour réaliser des activités festives à travers le pays à l’occasion des fêtes de fin d’année, a été au centre des débats dans des médias de la capitale durant le week-end du 16 au 18.
Entre inquiétude et optimisme, des citoyens plaident pour une « bonne gestion » de ces fonds.
P-au-P, 19 déc. 2011 [AlterPresse] --- Invité à l’émission « Pi lwen pi fon » (Plus loin plus profond) de radio Vision 2000, dimanche, le professeur à l’Université Mozart Déronette salue la démarche du gouvernement Martelly/Conille qui, à son avis, cherche à accompagner des couches défavorisées en cette période de fin d’année.
Toutefois, le professeur Déronette s’interroge sur le plan à adopter pour que ces fonds puissent aller effectivement au bénéfice des populations ciblées.
« Il ne s’agit pas de faire un décaissement comme pour le faire, mais il faut tout un mécanisme pour que tout le pays puisse bénéficier de ces fonds », souligne Mozart Déronette.
Pour sa part, le journaliste-éditorialiste et enseignant, Roody Edmé, lui aussi, accueille favorablement cette démarche du gouvernement.
« C’est la responsabilité du gouvernement de prendre des initiatives économiques, car la population est en difficulté. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi », précise Roody Edmé, qui souhaite, par ailleurs, que ces fonds soient bien utilisés.
« Il reste à savoir cependant si ces fonds seront utilisés aux fins envisagés », ajoute Roody Edmé.
Mozart Déronette et Roody Edmé plaident pour que « les fonds décaissés par le gouvernement soient utilisés à des fins concrets pour le bien de la population et aussi de l’économie haïtienne. »
Le premier ministre Garry Conille a annoncé le 13 décembre écoulé que son gouvernement va décaisser 400 millions de gourdes pour réaliser des activités festives pendant les fêtes de fin d’année.
De son côté, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, Thierry Mayard Paul, a annoncé, jeudi 15 décembre, que son ministère mettra à la disposition des 140 municipalités du pays une enveloppe d’environ 100 millions de gourdes.
Se référant à la décision de la justice française qui a condamné à deux ans de prison l’ancien président Jacques Chirac, l’agronome Jean Paul Duperval, qui participait à l’émission « Ki moun ou ye ? » (Qui êtes-vous ?) sur radio Caraibes, dimanche, lance une mise en garde aux autorités gouvernementales du pays.
« Le gouvernement a déjà mal commencé sa gestion en violant la Constitution. Le président Martelly a décidé volontairement de remplacer des cartels de mairies dans certaines communes. Je leur dis attention, car à la fin de leur mandat ils peuvent connaître le même sort que Chirac… », alerte Duperval.
Il poursuit : « il faut que les autorités cessent de réfléchir comme de simples citoyens, il faut qu’elles assument leur responsabilités ».
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12094
Commentaires:
Personnellement je n'aimerais pas être à la place des ctoyens qui auront à gérer ces fonds. Peu importe la façon d'utiliser ces sous, il y aura des mécontents, des rumeurs de malversations et de vraies malversations. Pour mieux comprendre il faut se dire de façon nette et plate qu'en Haïti il y a 10.000.000 d'haïtiens dans le besoin. Si vous débloquez 400.000.000 de gourdes, il y aura 10.000.000 de bénéficiaires. Soit 40 gourdes par tête d'haïtien c'est à dire moins d'un dollar.
J'imagine qu'il y aura des réjouissances populaires, bouillons, consommés, soupe au potiron à chaque coin de rue.
Des gouvernements d'autres pays ont la coutume de faire un geste à l'approche des fêtes de fin d'années en distribuant des paniers de produits alimentaires apdatés à la saison. Le gouvernement haïtien devrait réfléchir pour pondre une action plus sérieuse que la distribution à des fonctionnaires-petits-chefs qui seront sans doute tentés par la vague de la corruption.
Entre inquiétude et optimisme, des citoyens plaident pour une « bonne gestion » de ces fonds.
P-au-P, 19 déc. 2011 [AlterPresse] --- Invité à l’émission « Pi lwen pi fon » (Plus loin plus profond) de radio Vision 2000, dimanche, le professeur à l’Université Mozart Déronette salue la démarche du gouvernement Martelly/Conille qui, à son avis, cherche à accompagner des couches défavorisées en cette période de fin d’année.
Toutefois, le professeur Déronette s’interroge sur le plan à adopter pour que ces fonds puissent aller effectivement au bénéfice des populations ciblées.
« Il ne s’agit pas de faire un décaissement comme pour le faire, mais il faut tout un mécanisme pour que tout le pays puisse bénéficier de ces fonds », souligne Mozart Déronette.
Pour sa part, le journaliste-éditorialiste et enseignant, Roody Edmé, lui aussi, accueille favorablement cette démarche du gouvernement.
« C’est la responsabilité du gouvernement de prendre des initiatives économiques, car la population est en difficulté. Ce n’est pas une mauvaise chose en soi », précise Roody Edmé, qui souhaite, par ailleurs, que ces fonds soient bien utilisés.
« Il reste à savoir cependant si ces fonds seront utilisés aux fins envisagés », ajoute Roody Edmé.
Mozart Déronette et Roody Edmé plaident pour que « les fonds décaissés par le gouvernement soient utilisés à des fins concrets pour le bien de la population et aussi de l’économie haïtienne. »
Le premier ministre Garry Conille a annoncé le 13 décembre écoulé que son gouvernement va décaisser 400 millions de gourdes pour réaliser des activités festives pendant les fêtes de fin d’année.
De son côté, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, Thierry Mayard Paul, a annoncé, jeudi 15 décembre, que son ministère mettra à la disposition des 140 municipalités du pays une enveloppe d’environ 100 millions de gourdes.
Se référant à la décision de la justice française qui a condamné à deux ans de prison l’ancien président Jacques Chirac, l’agronome Jean Paul Duperval, qui participait à l’émission « Ki moun ou ye ? » (Qui êtes-vous ?) sur radio Caraibes, dimanche, lance une mise en garde aux autorités gouvernementales du pays.
« Le gouvernement a déjà mal commencé sa gestion en violant la Constitution. Le président Martelly a décidé volontairement de remplacer des cartels de mairies dans certaines communes. Je leur dis attention, car à la fin de leur mandat ils peuvent connaître le même sort que Chirac… », alerte Duperval.
Il poursuit : « il faut que les autorités cessent de réfléchir comme de simples citoyens, il faut qu’elles assument leur responsabilités ».
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12094
Commentaires:
Personnellement je n'aimerais pas être à la place des ctoyens qui auront à gérer ces fonds. Peu importe la façon d'utiliser ces sous, il y aura des mécontents, des rumeurs de malversations et de vraies malversations. Pour mieux comprendre il faut se dire de façon nette et plate qu'en Haïti il y a 10.000.000 d'haïtiens dans le besoin. Si vous débloquez 400.000.000 de gourdes, il y aura 10.000.000 de bénéficiaires. Soit 40 gourdes par tête d'haïtien c'est à dire moins d'un dollar.
J'imagine qu'il y aura des réjouissances populaires, bouillons, consommés, soupe au potiron à chaque coin de rue.
Des gouvernements d'autres pays ont la coutume de faire un geste à l'approche des fêtes de fin d'années en distribuant des paniers de produits alimentaires apdatés à la saison. Le gouvernement haïtien devrait réfléchir pour pondre une action plus sérieuse que la distribution à des fonctionnaires-petits-chefs qui seront sans doute tentés par la vague de la corruption.
mardi 31 mai 2011
Edwin Zeny prend ses distances vis-à-vis de l'Inité
Le sénateur Edwin Zeny prend du recul vis-à-vis de l'Inité en raison du comportement de plusieurs sénateurs réclamant des postes ministériels en échange de la ratification du Premier Ministre. " Je ne suis plus membre du groupe parlementaire de l'Inité", insiste M. Zeny affirmant qu'il a été poussé vers la sortie par certains de ses collègues. Il qualifie d'irrespectueux le comportement de certains sénateurs qui ont réclamé des postes dans les medias moins de 24 heures après une rencontre avec M. Rouzier. Plusieurs sénateurs dont Moise Jean Charles, Wenceslass Lambert et Anacacis Jean Hector avaient réclamé des ministères régaliens tels Justice, Intérieur, Finance et Planification.
Interrogé sur le comportement de ses pairs, l'ex maire de Jacmel croit savoir que Moïse Jean Charles est le porte parole d'une frange de l'Inité et de plusieurs autres partis politiques. Elu dans le Nord, Moise Jean Charles est connu pour être un proche du mouvement Lavalas.
Rappelant que l'ex président Préval avait souhaité que Martelly puisse former son gouvernement sans obstacles, le sénateur Zeny juge normale que l'Inité s'engage dans des négociations avec l'exécutif. Les membres de l'Inité s'étaient rangés à l'avis de M. Préval précise M. Zeny. Je suis un honnête homme je ne peux cautionner ce revirement, martèle l'homme d'affaires rappelant que le rôle des législateurs est de contrôler l'exécutif.
Il croit toutefois que l'Inité pourrait réclamer des postes de direction générale dans l'administration publique. Préconisant la poursuite du dialogue entre l'exécutif et le bloc majoritaire M. Zeny estime qu'un éclatement de ce bloc peut permettre la ratification de M. Rouzier.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19172
Interrogé sur le comportement de ses pairs, l'ex maire de Jacmel croit savoir que Moïse Jean Charles est le porte parole d'une frange de l'Inité et de plusieurs autres partis politiques. Elu dans le Nord, Moise Jean Charles est connu pour être un proche du mouvement Lavalas.
Rappelant que l'ex président Préval avait souhaité que Martelly puisse former son gouvernement sans obstacles, le sénateur Zeny juge normale que l'Inité s'engage dans des négociations avec l'exécutif. Les membres de l'Inité s'étaient rangés à l'avis de M. Préval précise M. Zeny. Je suis un honnête homme je ne peux cautionner ce revirement, martèle l'homme d'affaires rappelant que le rôle des législateurs est de contrôler l'exécutif.
Il croit toutefois que l'Inité pourrait réclamer des postes de direction générale dans l'administration publique. Préconisant la poursuite du dialogue entre l'exécutif et le bloc majoritaire M. Zeny estime qu'un éclatement de ce bloc peut permettre la ratification de M. Rouzier.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19172
lundi 27 décembre 2010
Haïti : vers une solution constitutionnelle, consensuelle et haïtienne
LEMONDE.FR 27.12.10 ..."Si l'on voit où les bonnes têtes ont mené la France, a écrit le comte de Mirabeau, il ne serait pas mauvais d'essayer les mauvaises." Dans le cas d'Haïti, il sied d'inverser cette citation et se dire de préférence, si l'on voit où les mauvaises têtes, incluant la Minustah, ont mené ce pays, il serait temps d'essayer les bonnes. Pari fort risqué cependant que de croire qu'après une course bicentenaire vers le quai du désastre et de la tragédie, il serait encore possible de recruter une bonne tête parmi l'élite politique et créole haïtienne. Une tête bien faite et unificatrice, capable de forger un vivre ensemble, de fédérer les énergies, les talents et l'intelligence collective autour d'un nouveau contrat social.
Pour trouver une solution constitutionnelle à la présente crise, il faut une figure politique d'envergure, susceptible d'instituer une opposition d'alternance et de gouvernement face à la constellation formée par le parti Unité. Autrement dit, la solution à la crise haïtienne suppose comme préalable un leadership fédérateur d'une opposition fragmentée et, de surcroit, terrifiée par l'idée d'affronter un adversaire coriace supposément impopulaire mais, de toute évidence, mieux organisé et craint. Qui a raflé 60 % des élus du premier tour à la chambre des députés sans susciter, paradoxe haïtien, trop de contestation. Par-delà ce paradoxe, comment expliquer le désarroi de l'opposition quant Madame Mirlande Manigat dispose d'une avance quasi-irrécupérable sur l'ennemi commun qu'est le Parti Inité ?
De l'impératif d'un leadership fédérateur de l'opposition comme préalable à une solution constitutionnelle de la crise haïtienne
"Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité" comme lieu du bien commun et du vivre ensemble, s'interrogea le Montagnard Louis Antoine de Saint-Just ? Tel est donc le paradoxe comportemental, fondateur de la suite ininterrompue de crises politiques haïtiennes. Telle est également l'une des causes du destin tragique imposé au peuple haïtien depuis 206 ans de gouvernance créole et depuis 6 ans de tutelle onusienne. Il y a donc lieu de se poser la question suivante : si tous les membres de l'opposition veulent se faire élire président à un hypothétique second tour de scrutin, où est donc la cité haïtienne, c'est à dire "le bien commun" et le "vivre ensemble" ? Pourtant, ceux-ci devaient l'emporter sur les divisions et ambitions présidentielles des membres de l'opposition. Ne sommes-nous pas sommés par les circonstances exceptionnelles qui sont celles d'Haïti de faire preuve de civisme, d'abnégation, de patriotisme, de désintéressement, de pragmatisme et de maturité politique ? Où est l'avatar haïtien de Nelson Mandela ou de Charles De Gaule ou encore de Thomas Jefferson ? L'opposition compte-t-elle dans ses rangs des descendants de Dessalines et de Toussaint Louverture ? Sommes-nous dignes de l'héritage de ces Titans de l'épopée de l'indépendance ? On peut en douter.
Autrement, on aurait consenti les sacrifices requis pour ériger le vivre ensemble et le bien commun en principes directeurs des actions à envisager. Une issue constitutionnelle à la crise est encore possible, pour peu que l'opposition s'y investisse. N'est-ce pas vrai que le mot crise juxtapose en chinois deux caractères, qui signifient respectivement "menaces'' et "opportunités''. La présente crise n'offre-t-elle pas une opportunité abyssale d'instituer une opposition d'alternance et de gouvernement ; et ceci, en lieu et place des groupuscules insignifiants qui polluent l'écosystème politique haïtien ? Il manque l'essentiel : une figure politique d'envergure et fédératrice.
Une opposition unifiée autour d'un leadership fédérateur ferait fondre tout avantage virtuel ou réel du parti présidentiel au second tour
L'émergence d'un leadership fédérateur de l'opposition face au parti Inité dans le cadre d'un second tour sous la codirection opérationnelle de la communauté internationale, éliminerait tout avantage virtuel ou réel dont disposerait Inité sur le terrain. Cela aurait permis à l'opposition unifiée de gagner les législatives et d'ainsi prévenir une cohabitation obligée avec son adversaire. C'est ici que le dicton chinois selon lequel "lorsque les hommes travaillent ensemble, les montagnes se changent en or", s'avère plus que pertinent. Voilà une occasion en or pour l'opposition haïtienne d'expérimenter cette citation d'Henry Ford : "se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite."
La présente crise n'offre-t-elle pas l'occasion à l'opposition haïtienne de travailler ensemble contre l'ennemi commun qu'est l'Inité? Cela est d'autant plus indiqué que son poids électoral représente plus de 75 % du vote exprimé au premier tour. Que l'opposition paraphrase Ronald Reagan et se dise: "si ce n'est pas nous, c'est qui ? Et si ce n'est pas maintenant, c'est quand ?" Si ce n'est pas maintenant, ce sera trop tard pour une opposition myope et divisée. À trois au second tour, ils triplent les chances de Jude Célestin de l'emporter ; A 18, ils la décuplent. Pourtant, une opposition fédérée et unifiée aurait certainement congédié le prévalisme, une doctrine anarcho-populiste aux rendements négatifs. Du coup, une telle opposition se transformerait en une institution prééminente, capable de canaliser et d'optimiser les inputs de la communauté internationale et d'en dégager la meilleure synergie possible.
En tant que doyenne de l'opposition et meneuse au premier tour, Mirlande Manigat peut-elle s'avérer la figure fédératrice de l'opposition face à Inité au Second tour ?
La solution préconisée ci-dessus est porteuse d'un nouveau paradigme en matière de gestion de crises et de conflits en Haïti. Un paradigme axé sur le dialogue intra-haïtien, sur la quête du compromis, du consensus, de la réconciliation, du bien commun et d'un meilleur vivre ensemble. Ce serait là l'étincelle d'une dynamique vertueuse et transformationnelle. À l'instinct politique et au pragmatisme du président Préval, l'opposition doit opposer le civisme et un pragmatisme politique plus redoutable. Là encore, Saint-Just s'avère inspirant lorsqu'il dit, parlant de son temps, que "la tragédie est la politique." Selon lui, "le peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement." En Haïti, c'est aussi l'opposition, le CEP et peut-être la Minustah. C'est ici que se pose dans toute son acuité la problématique d'un Mandela haïtien. Sans incarner le leadership requis, Mme Manigat, gagnante du premier tour, demeure une alternative en tant que doyenne de l'opposition. Pour peu que cette dernière s'affranchisse de sa myopie historique et privilégie le primat du bien commun et non de l'esprit partisan, elle peut transformer la présente crise en un pont d'or vers un meilleur avenir collectif en Haïti. A suivre.
Wilson Saintelmy est aussi fondateur de la revue Gouvernance, Université d'Ottawa, doctorant en droit.
Wilson Saintelmy, expert en gouvernance
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/27/haiti-vers-une-solution-constitutionnelle-consensuelle-et-haitienne_1457353_3232.html
Commentaires:
Le grand problème d'Haïti c'est justement comment faire passer ce genre de discours dans la mentralité d'un peuple haitien abandonné à lui-même depuis des années et qui aujourd'hui a du mal à faire confiance aux politiciens.
Sur la problématique haitienne ce ne sont plus les beaux discours qui manquent sinon des réponses claires des comments faire?
Pour trouver une solution constitutionnelle à la présente crise, il faut une figure politique d'envergure, susceptible d'instituer une opposition d'alternance et de gouvernement face à la constellation formée par le parti Unité. Autrement dit, la solution à la crise haïtienne suppose comme préalable un leadership fédérateur d'une opposition fragmentée et, de surcroit, terrifiée par l'idée d'affronter un adversaire coriace supposément impopulaire mais, de toute évidence, mieux organisé et craint. Qui a raflé 60 % des élus du premier tour à la chambre des députés sans susciter, paradoxe haïtien, trop de contestation. Par-delà ce paradoxe, comment expliquer le désarroi de l'opposition quant Madame Mirlande Manigat dispose d'une avance quasi-irrécupérable sur l'ennemi commun qu'est le Parti Inité ?
De l'impératif d'un leadership fédérateur de l'opposition comme préalable à une solution constitutionnelle de la crise haïtienne
"Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité" comme lieu du bien commun et du vivre ensemble, s'interrogea le Montagnard Louis Antoine de Saint-Just ? Tel est donc le paradoxe comportemental, fondateur de la suite ininterrompue de crises politiques haïtiennes. Telle est également l'une des causes du destin tragique imposé au peuple haïtien depuis 206 ans de gouvernance créole et depuis 6 ans de tutelle onusienne. Il y a donc lieu de se poser la question suivante : si tous les membres de l'opposition veulent se faire élire président à un hypothétique second tour de scrutin, où est donc la cité haïtienne, c'est à dire "le bien commun" et le "vivre ensemble" ? Pourtant, ceux-ci devaient l'emporter sur les divisions et ambitions présidentielles des membres de l'opposition. Ne sommes-nous pas sommés par les circonstances exceptionnelles qui sont celles d'Haïti de faire preuve de civisme, d'abnégation, de patriotisme, de désintéressement, de pragmatisme et de maturité politique ? Où est l'avatar haïtien de Nelson Mandela ou de Charles De Gaule ou encore de Thomas Jefferson ? L'opposition compte-t-elle dans ses rangs des descendants de Dessalines et de Toussaint Louverture ? Sommes-nous dignes de l'héritage de ces Titans de l'épopée de l'indépendance ? On peut en douter.
Autrement, on aurait consenti les sacrifices requis pour ériger le vivre ensemble et le bien commun en principes directeurs des actions à envisager. Une issue constitutionnelle à la crise est encore possible, pour peu que l'opposition s'y investisse. N'est-ce pas vrai que le mot crise juxtapose en chinois deux caractères, qui signifient respectivement "menaces'' et "opportunités''. La présente crise n'offre-t-elle pas une opportunité abyssale d'instituer une opposition d'alternance et de gouvernement ; et ceci, en lieu et place des groupuscules insignifiants qui polluent l'écosystème politique haïtien ? Il manque l'essentiel : une figure politique d'envergure et fédératrice.
Une opposition unifiée autour d'un leadership fédérateur ferait fondre tout avantage virtuel ou réel du parti présidentiel au second tour
L'émergence d'un leadership fédérateur de l'opposition face au parti Inité dans le cadre d'un second tour sous la codirection opérationnelle de la communauté internationale, éliminerait tout avantage virtuel ou réel dont disposerait Inité sur le terrain. Cela aurait permis à l'opposition unifiée de gagner les législatives et d'ainsi prévenir une cohabitation obligée avec son adversaire. C'est ici que le dicton chinois selon lequel "lorsque les hommes travaillent ensemble, les montagnes se changent en or", s'avère plus que pertinent. Voilà une occasion en or pour l'opposition haïtienne d'expérimenter cette citation d'Henry Ford : "se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite."
La présente crise n'offre-t-elle pas l'occasion à l'opposition haïtienne de travailler ensemble contre l'ennemi commun qu'est l'Inité? Cela est d'autant plus indiqué que son poids électoral représente plus de 75 % du vote exprimé au premier tour. Que l'opposition paraphrase Ronald Reagan et se dise: "si ce n'est pas nous, c'est qui ? Et si ce n'est pas maintenant, c'est quand ?" Si ce n'est pas maintenant, ce sera trop tard pour une opposition myope et divisée. À trois au second tour, ils triplent les chances de Jude Célestin de l'emporter ; A 18, ils la décuplent. Pourtant, une opposition fédérée et unifiée aurait certainement congédié le prévalisme, une doctrine anarcho-populiste aux rendements négatifs. Du coup, une telle opposition se transformerait en une institution prééminente, capable de canaliser et d'optimiser les inputs de la communauté internationale et d'en dégager la meilleure synergie possible.
En tant que doyenne de l'opposition et meneuse au premier tour, Mirlande Manigat peut-elle s'avérer la figure fédératrice de l'opposition face à Inité au Second tour ?
La solution préconisée ci-dessus est porteuse d'un nouveau paradigme en matière de gestion de crises et de conflits en Haïti. Un paradigme axé sur le dialogue intra-haïtien, sur la quête du compromis, du consensus, de la réconciliation, du bien commun et d'un meilleur vivre ensemble. Ce serait là l'étincelle d'une dynamique vertueuse et transformationnelle. À l'instinct politique et au pragmatisme du président Préval, l'opposition doit opposer le civisme et un pragmatisme politique plus redoutable. Là encore, Saint-Just s'avère inspirant lorsqu'il dit, parlant de son temps, que "la tragédie est la politique." Selon lui, "le peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement." En Haïti, c'est aussi l'opposition, le CEP et peut-être la Minustah. C'est ici que se pose dans toute son acuité la problématique d'un Mandela haïtien. Sans incarner le leadership requis, Mme Manigat, gagnante du premier tour, demeure une alternative en tant que doyenne de l'opposition. Pour peu que cette dernière s'affranchisse de sa myopie historique et privilégie le primat du bien commun et non de l'esprit partisan, elle peut transformer la présente crise en un pont d'or vers un meilleur avenir collectif en Haïti. A suivre.
Wilson Saintelmy est aussi fondateur de la revue Gouvernance, Université d'Ottawa, doctorant en droit.
Wilson Saintelmy, expert en gouvernance
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/27/haiti-vers-une-solution-constitutionnelle-consensuelle-et-haitienne_1457353_3232.html
Commentaires:
Le grand problème d'Haïti c'est justement comment faire passer ce genre de discours dans la mentralité d'un peuple haitien abandonné à lui-même depuis des années et qui aujourd'hui a du mal à faire confiance aux politiciens.
Sur la problématique haitienne ce ne sont plus les beaux discours qui manquent sinon des réponses claires des comments faire?
samedi 4 septembre 2010
Gérald Germain retourne à la tête du MAST
Haïti: L'économiste Gérald Germain a été nommé ministre des Affaires sociales et du Travail par le président René Préval, selon une source proche du pouvoir. L'arrêté présidentiel confirmant sa désignation sera rendu public incessamment, a ajouté cette même source. M. Germain revient en territoire connu, car il avait déjà occupé ce poste sous le leadership du Premier ministre Jacques Edouard Alexis, destitué en avril 2008 par le Sénat en pleine effervescence des « émeutes de la faim ». Interrogé par l'ULCC sur les dépenses faites de manière irrégulière, par l'ex-directeur de l'ONA, Sandro Joseph, pour l'organisation du carnaval 2007 (22 millions de gourdes) et le financement par l'ONA du programme de cantine populaire du MAST (14 millions), Gérald Germain, réputé proche du secteur populaire, avait fait des mises au point. "In fine, tout en déplorant l'inexactitude et la désinvolture avec lesquelles l'ULCC assimile injustement les dépenses relatives à la campagne de marketing social que j'ai autorisée à hauteur de vingt-deux (22) millions de gourdes et la subvention de quatorze (14) millions de gourdes accordée au MAST pour financer le programme de restaurants communautaires circonscrits dans le cadre de la Politique d'Apaisement Social du Gouvernement, à un fait de détournement de fonds et les recommandations pénales induites, je formule le voeu qu'à l'avenir les enquêtes et les rapports remettant en question la réputation, l'intégrité et la gestion d'hommes et de femmes publics, qui mettent leur savoir-faire au service du bon fonctionnement de l'Etat doivent être finalisés avec la dernière rigueur afin d'éviter tout amalgame ou lynchage politique", avait-il écrit.
"A la lumière de toutes les considérations qui précèdent, je remets en cause, avait-il conclu, la crédibilité du rapport de l'ULCC en ce qui concerne les remarques faites sur les actes de ma gestion en tant que ministre de tutelle de l'ONA, et conséquemment je demande instamment à l'ULCC d'approfondir et de documenter son enquête afin de rétablir les faits et la vérité au lieu de s'enliser dans des conclusions hâtives, superficielles et préjudiciables à d'honnêtes citoyens. Dans cette même optique, tout en encourageant la lutte contre la corruption, je me réserve le droit de prendre toutes les mesures légales aux fins de sauvegarder ma dignité et mon intégrité tout en restant entièrement disponible pour répondre des actes de ma gestion par devant toutes juridictions compétentes".
Apprécié pour son esprit d'ouverture et sa grande gentillesse, Gérald Germain, appelé à remplacer Yves Cristalin démissionnaire, revient au MAST à quelques mois des élections, dans une capitale ravagée par le séisme du 12 janvier 2010 et dont les résidents ont encore d'énormes besoins sociaux.
Gérad Jeanty Junior
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83215&PubDate=2010-09-03
"A la lumière de toutes les considérations qui précèdent, je remets en cause, avait-il conclu, la crédibilité du rapport de l'ULCC en ce qui concerne les remarques faites sur les actes de ma gestion en tant que ministre de tutelle de l'ONA, et conséquemment je demande instamment à l'ULCC d'approfondir et de documenter son enquête afin de rétablir les faits et la vérité au lieu de s'enliser dans des conclusions hâtives, superficielles et préjudiciables à d'honnêtes citoyens. Dans cette même optique, tout en encourageant la lutte contre la corruption, je me réserve le droit de prendre toutes les mesures légales aux fins de sauvegarder ma dignité et mon intégrité tout en restant entièrement disponible pour répondre des actes de ma gestion par devant toutes juridictions compétentes".
Apprécié pour son esprit d'ouverture et sa grande gentillesse, Gérald Germain, appelé à remplacer Yves Cristalin démissionnaire, revient au MAST à quelques mois des élections, dans une capitale ravagée par le séisme du 12 janvier 2010 et dont les résidents ont encore d'énormes besoins sociaux.
Gérad Jeanty Junior
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=83215&PubDate=2010-09-03
jeudi 17 juin 2010
Décès de l'Homme politique haïtien Marc Bazin
Le Fondateur du Mouvement pour l'Instauration de la Démocratie en Haïti (MIDH), Marc Bazin s'est éteint ce mercredi à l'âge de 78.
Selon des informations communiquées par ses proches, l'homme politique très connus en Haïti était malade depuis plusieurs mois.
Ancien Secrétaire d'Etat des finances et des affaires économiques, sous la présidence de Jean Claude et ancien premier ministre, pendant la période du coup d'état de 1991, Marc Bazin surnommé Mister Clean , a travaillé pendant un certain temps à la Banque Mondiale où il a eu une très belle carrière.
Revenu au en 1986 Monsieur Bazin s'était présenté comme candidat à la présidence lors des élections de 1991 et de 2006.
Economiste de formation, l'ancien premier ministre a publié de nombreux ouvrages, le dernier en date s'appelle des idées pour l'action pour lequel, il était l'invité d'honneur de la quatorzième édition de livre en Folie en 2008.
Fils d'un ancien sénateur, Marc. L Bazin a fait des études en France, il est surtout connu en Haïti comme celui qui avait légalisé le treizième mois de salaire, communément appelé Bonus.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17852
Selon des informations communiquées par ses proches, l'homme politique très connus en Haïti était malade depuis plusieurs mois.
Ancien Secrétaire d'Etat des finances et des affaires économiques, sous la présidence de Jean Claude et ancien premier ministre, pendant la période du coup d'état de 1991, Marc Bazin surnommé Mister Clean , a travaillé pendant un certain temps à la Banque Mondiale où il a eu une très belle carrière.
Revenu au en 1986 Monsieur Bazin s'était présenté comme candidat à la présidence lors des élections de 1991 et de 2006.
Economiste de formation, l'ancien premier ministre a publié de nombreux ouvrages, le dernier en date s'appelle des idées pour l'action pour lequel, il était l'invité d'honneur de la quatorzième édition de livre en Folie en 2008.
Fils d'un ancien sénateur, Marc. L Bazin a fait des études en France, il est surtout connu en Haïti comme celui qui avait légalisé le treizième mois de salaire, communément appelé Bonus.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17852
mardi 5 janvier 2010
L'évêque des Cayes prône l'élaboration d'un plan national de développement
L'évêque des Cayes, Guyre Poulard souhaite que les autorités gouvernementales haïtiennes s'appliquent à élaborer et exécuter un plan d'action de développement en vue d'améliorer les conditions de vie de la population.
Il croit que le gouvernement et les acteurs politiques œuvrent afin de concrétiser ce plan au cours de cette année 2010.
Dans une interview à radio Métropole, le prélat a dénoncé la propension des officiels à concevoir des stratégies pour conserver le pouvoir au lieu de réaliser des projets pouvant améliorer les conditions de vies des citoyens.
L'évêque des Cayes plaide pour une prise de conscience des autorités rappelant que les citoyens vivant dans les sections rurales n'ont pas accès au service public. Tout en faisant remarquer que cette situation contribue à accroître l'exode rural, M. Poulard appelle les autorités à œuvrer pour l'instauration d'un véritable Etat-nation.
LLM
Il croit que le gouvernement et les acteurs politiques œuvrent afin de concrétiser ce plan au cours de cette année 2010.
Dans une interview à radio Métropole, le prélat a dénoncé la propension des officiels à concevoir des stratégies pour conserver le pouvoir au lieu de réaliser des projets pouvant améliorer les conditions de vies des citoyens.
L'évêque des Cayes plaide pour une prise de conscience des autorités rappelant que les citoyens vivant dans les sections rurales n'ont pas accès au service public. Tout en faisant remarquer que cette situation contribue à accroître l'exode rural, M. Poulard appelle les autorités à œuvrer pour l'instauration d'un véritable Etat-nation.
LLM
mardi 22 décembre 2009
Haïti-Infrastructures : Les habitants de Martissant 23 insatisfaits, malgré l’inauguration d’un tronçon de route
lundi 21 décembre 2009
Dénonçant « la démonstration », faite par le gouvernement du 11 novembre 2009 et la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah), qu’ils jugent artificielle face aux problèmes auxquels ils font face, les riverains de Martissant 23 (banlieue sud de la capitale) réclament de meilleures conditions sécuritaires et des infrastructures décentes.
La population souhaite plus que les 600 mètres de route bétonnée, dont l’inauguration a eu lieu ce 21 décembre 2009.
P-au-P, 21 déc. 09 [AlterPresse] --- L’inauguration, ce lundi 21 décembre 2009, d’un tronçon de route de 645 mètres de long et de 6 mètres de large, devrait permettre notamment un meilleur accès à Martissant 23 qui abrite l’habitation Leclerc, considérée comme un véritable poumon vert dans la zone.
Les riverains de la zone ne se montrent cependant pas très enthousiastes, suivant leurs déclarations à l’agence en ligne AlterPresse qui a effectué une visite dans la zone après la cérémonie d’inauguration officielle.
« Je suis pour le développement. Construire une route, c’est faire du développement, mais il ne peut y avoir de développement si on a faim. Il n’y a qu’à considérer les jeunes du quartier qui boivent de l’alcool et se droguent. Certes, beaucoup parmi eux ont été recrutés dans les travaux, mais ce qu’il leur faut ce sont des emplois sûrs et durables », lance un homme qui habite la zone depuis 37 ans.
En piteux état, plusieurs rues connexes à Martissant 23 continuent de constituer un calvaire pour les piétons comme pour les automobiles.
« En effet, il existe un ensemble de bretelles qui nécessitent des travaux comme ici », reconnait Jacques Gabriel, titulaire du ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc), précisant qu’il ne peut rien promettre.
Intervenir dans les bassins versants de la région, dégradés par l’urbanisation sauvage et la coupe des arbres, est ce qu’il y a de « plus concret , aux yeux du ministère, signale Gabriel.
En attendant, la grogne monte du côté des habitants.
Le marché de Martissant 23 a été déplacé en face de la nouvelle route, au fond d’une ruelle, ce qui provoque le mécontentement des marchandes et des marchands.
Aucune infrastructure, aucun panneau d’indication, le nouveau marché semble perdu au fond du bidonville entre des canaux débordant de boue et de déchets.
Désormais moins accessibles, les produits sont abandonnés sur les étalages même par les marchandes qui vont déambuler dans les rues pour vendre de l’eau en sachets dans l’espoir de gagner un peu d’argent. Privées d’électricité, les petites commerçantes sont forcées de renter chez elles dès 3:00 pm locales (20:00 gmt).
« Depuis qu’on a déplacé le marché, on n’arrive pas à vendre. Les gens ne savent pas où se trouve le marché. C’est vrai que c’était dangereux pour nous de vendre au bord de la route (là où nous étions avant), mais ici c’est pire. En général, les gens ne viennent pas acheter eux-mêmes, ils envoient les enfants. Maintenant, comment demander à un enfant de traverser la route principale…Il n’y a pas de feu de signalisation », explique une marchande.
Dans le contexte des fêtes de fin d’année 2009, les habitants se plaignent des difficultés rencontrées à Martissant, où la violence est une part du quotidien.
Ne cachant pas leur inquiétude, ils s’interrogent sur le rôle des forces de l’ordre.
« Si les gens ne viennent pas au marché, c’est surtout parce que la zone est très dangereuse. Si quelqu’un vient ici pour acheter quelque chose, il faut qu’il retire de l’argent de sa poche… Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas une unité de la police pour protéger le secteur ? La nuit, à Martissant 23, il faut être là pour voir comment les vols sont perpétrés en toute impunité », s’alarme un riverain.
Le quartier de Martissant connait pourtant une période d’accalmie en comparaison aux années précédentes quand les gangs armés semaient la terreur.
Mais la population de la zone dit attendre davantage du gouvernement.
L’inauguration du tronçon de route de Martissant 23 a eu lieu en présence d’autorités nationales et internationales, comme le Premier ministre Joseph Jean Max Bellerive et du chef civil de la Minustah, Hedi Annabi, ainsi que de l’ancienne cheffe de gouvernement, Michèle Duvivier Pierre-Louis, dont l’institution Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) travaille dans la zone. Les travaux de construction ont bénéficié d’un financement de la Banque mondiale à hauteur de 903 mille dollars américains. [kft rc apr 21/12/2009 14:05]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9111
Commentaires: Rappelons qu'il s'agit seulement de 600 mètres de route goudronnés!
Dénonçant « la démonstration », faite par le gouvernement du 11 novembre 2009 et la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah), qu’ils jugent artificielle face aux problèmes auxquels ils font face, les riverains de Martissant 23 (banlieue sud de la capitale) réclament de meilleures conditions sécuritaires et des infrastructures décentes.
La population souhaite plus que les 600 mètres de route bétonnée, dont l’inauguration a eu lieu ce 21 décembre 2009.
P-au-P, 21 déc. 09 [AlterPresse] --- L’inauguration, ce lundi 21 décembre 2009, d’un tronçon de route de 645 mètres de long et de 6 mètres de large, devrait permettre notamment un meilleur accès à Martissant 23 qui abrite l’habitation Leclerc, considérée comme un véritable poumon vert dans la zone.
Les riverains de la zone ne se montrent cependant pas très enthousiastes, suivant leurs déclarations à l’agence en ligne AlterPresse qui a effectué une visite dans la zone après la cérémonie d’inauguration officielle.
« Je suis pour le développement. Construire une route, c’est faire du développement, mais il ne peut y avoir de développement si on a faim. Il n’y a qu’à considérer les jeunes du quartier qui boivent de l’alcool et se droguent. Certes, beaucoup parmi eux ont été recrutés dans les travaux, mais ce qu’il leur faut ce sont des emplois sûrs et durables », lance un homme qui habite la zone depuis 37 ans.
En piteux état, plusieurs rues connexes à Martissant 23 continuent de constituer un calvaire pour les piétons comme pour les automobiles.
« En effet, il existe un ensemble de bretelles qui nécessitent des travaux comme ici », reconnait Jacques Gabriel, titulaire du ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc), précisant qu’il ne peut rien promettre.
Intervenir dans les bassins versants de la région, dégradés par l’urbanisation sauvage et la coupe des arbres, est ce qu’il y a de « plus concret , aux yeux du ministère, signale Gabriel.
En attendant, la grogne monte du côté des habitants.
Le marché de Martissant 23 a été déplacé en face de la nouvelle route, au fond d’une ruelle, ce qui provoque le mécontentement des marchandes et des marchands.
Aucune infrastructure, aucun panneau d’indication, le nouveau marché semble perdu au fond du bidonville entre des canaux débordant de boue et de déchets.
Désormais moins accessibles, les produits sont abandonnés sur les étalages même par les marchandes qui vont déambuler dans les rues pour vendre de l’eau en sachets dans l’espoir de gagner un peu d’argent. Privées d’électricité, les petites commerçantes sont forcées de renter chez elles dès 3:00 pm locales (20:00 gmt).
« Depuis qu’on a déplacé le marché, on n’arrive pas à vendre. Les gens ne savent pas où se trouve le marché. C’est vrai que c’était dangereux pour nous de vendre au bord de la route (là où nous étions avant), mais ici c’est pire. En général, les gens ne viennent pas acheter eux-mêmes, ils envoient les enfants. Maintenant, comment demander à un enfant de traverser la route principale…Il n’y a pas de feu de signalisation », explique une marchande.
Dans le contexte des fêtes de fin d’année 2009, les habitants se plaignent des difficultés rencontrées à Martissant, où la violence est une part du quotidien.
Ne cachant pas leur inquiétude, ils s’interrogent sur le rôle des forces de l’ordre.
« Si les gens ne viennent pas au marché, c’est surtout parce que la zone est très dangereuse. Si quelqu’un vient ici pour acheter quelque chose, il faut qu’il retire de l’argent de sa poche… Pourquoi est-ce qu’il n’y a pas une unité de la police pour protéger le secteur ? La nuit, à Martissant 23, il faut être là pour voir comment les vols sont perpétrés en toute impunité », s’alarme un riverain.
Le quartier de Martissant connait pourtant une période d’accalmie en comparaison aux années précédentes quand les gangs armés semaient la terreur.
Mais la population de la zone dit attendre davantage du gouvernement.
L’inauguration du tronçon de route de Martissant 23 a eu lieu en présence d’autorités nationales et internationales, comme le Premier ministre Joseph Jean Max Bellerive et du chef civil de la Minustah, Hedi Annabi, ainsi que de l’ancienne cheffe de gouvernement, Michèle Duvivier Pierre-Louis, dont l’institution Fondation Connaissance et Liberté (Fokal) travaille dans la zone. Les travaux de construction ont bénéficié d’un financement de la Banque mondiale à hauteur de 903 mille dollars américains. [kft rc apr 21/12/2009 14:05]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9111
Commentaires: Rappelons qu'il s'agit seulement de 600 mètres de route goudronnés!
samedi 19 décembre 2009
Message de La Conférence des Evêques haïtiens à l occasion de Noel.
Message de La Conférence des Evêques haïtiens à l occasion de Noel.
La Conférence des Evêques haïtiens affirment que la dérive sociopolitique dans le pays est préoccupante et la situation alarmante dans leur message de Noël 2009.
Les évêques haïtiens à l'issue d'une réunion en assemblée ordinaire réclament un peu de respect pour Haïti, tout en redoutant une marche à coup sûr vers le renversement des institutions et des valeurs si aucun effort n'a été consenti.
Les prélats de l'église catholique dans ce message réaffirment leurs engagements d'accompagner le peuple haïtien particulièrement les pauvres et les déshérités, dans sa marche difficile mais inéluctable vers un lendemain meilleur.
Concernant les élections,la CEH a fait savoir que c'est l'un des passages obligés " Il importe à cet égard que celui ou celle qui se porte candidat et sollicite le suffrage des électeurs, offre la garantie morale nécessaire d'honnêteté, de compétence et de probité''.
Plus loin les évêques haïtiens font remarquer que " Nous ne sommes pas en présence de véritables partis politiques organisés pour prendre en main la gestion de la chose publique, nous assistons plutôt à l'émergence de regroupements de circonstance précise la hiérarchie de l'église catholique en Haïti.
La CEH appelle à "éviter les erreurs du passé, corriger celles d'aujourd'hui, et renoncer aux non-dits pleins de ruse, aux mensonges et aux égoïsmes, aux rancunes et aux haines, toutes ces fautes qui sont la cause de nos malheurs".
Ils appellent dans le même sens à mettre fin à la corruption et à l'hypocrisie pour se tourner vers la vérité, l'intégrité et la transparence.
RHD
Les évêques haïtiens à l'issue d'une réunion en assemblée ordinaire réclament un peu de respect pour Haïti, tout en redoutant une marche à coup sûr vers le renversement des institutions et des valeurs si aucun effort n'a été consenti.
Les prélats de l'église catholique dans ce message réaffirment leurs engagements d'accompagner le peuple haïtien particulièrement les pauvres et les déshérités, dans sa marche difficile mais inéluctable vers un lendemain meilleur.
Concernant les élections,
Plus loin les évêques haïtiens font remarquer que " Nous ne sommes pas en présence de véritables partis politiques organisés pour prendre en main la gestion de la chose publique, nous assistons plutôt à l'émergence de regroupements de circonstance précise la hiérarchie de l'église catholique en Haïti.
Ils appellent dans le même sens à mettre fin à la corruption et à l'hypocrisie pour se tourner vers la vérité, l'intégrité et la transparence.
RHD
lundi 30 novembre 2009
Des candidats lavalas espèrent participer aux législatives
Apres l'exclusion de leur parti de la course électorale les dirigeants de Fanmi Lavalas analysent les différentes options dans la perspectives des législatives.
Une rencontre de travail organisé le week end écoulé a servi de point de départ des consultations au sein du parti de l'ex-président Aristide.
Le principal dirigeant de Fanmi Lavalas, Dr Maryse Narcisse, avait dénoncé la mise à l'écart de son parti. Qualifiant les explications du président du CEP de pièce de théâtre réalisé par des acteurs médiocres, Mme Narcisse avait annoncé une conférence de presse pour apporter sa version des faits.
Entre temps, le sénateur Rudy Herriveaux prône une participation des candidats lavalas sous le label d'une autre formation politique. Il fait valoir que le CEP peut barrer la route à " Bò Tab" (symbole de Lavalas) mais ne peut pas empêcher l'inscription de ses candidats.
Le sénateur Heriveaux lui-même candidat dans l'Ouest avait prédit à l'avance l'exclusion de Fanmi Lavalas du processus électoral. Cependant de nombreux militants lavalas réclament la réintégration de leur parti dans la course électorale.
Ansyto Felix, chef de file d'une commission, invite les conseillers électoraux à se ressaisir. Il accuse le chef de l'Etat d'être le principal instigateur de l'exclusion de son parti.
LLM
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=16135
samedi 14 novembre 2009
Préval est pressé d'obtenir des résultats
Les membres du corps diplomatique, les parlementaires et les anciens ministres ont assisté à la cérémonie d'investiture du nouveau gouvernement à la salle des bustes du Palais National. La classe politique était absente de cette cérémonie marquée par la brièveté des discours du chef de l'Etat et des Premiers Ministres sortant et entrant.
Le président Préval dans son discours en créole a mis l'accent sur la rapidité avec laquelle le processus de ratification du Premier Ministre et de la politique du gouvernement ont pu s'achever au Parlement. Selon M. Préval il s'agit d'une preuve de la maturité des élus et des différents secteurs de la vie nationale.
René Préval se félicite qu'une crise ait pu être évitée. " Nous sommes entrain de consolider notre démocratie ", martèle M. Préval soulignant que changement ne signifie pas crise. Il assure que le changement de gouvernement s'inscrit dans le cadre de la stabilité indispensable pour favoriser l'arrivée des investisseurs étrangers.
Saluant au passage le travail de Michèle Pierre Louis et de son équipe, le chef de l'Etat a attiré l'attention du nouveau Premier Ministre sur l'immensité de la tache.
René Préval est pressé de se remettre au travail sachant que le temps est court et les besoins de la population énormes. Pour montrer sa détermination M. Préval a tenu son premier conseil des ministres quelques minutes après la cérémonie d'investiture.
Le Premier Ministre et les ministres, émoussés par plus de 14 heures de débat dans les deux chambres, ont dû se dépêcher pour sortir de la salle des bustes afin de rejoindre le chef de l'Etat qui se dirigeait à grand pas vers la salle de conférence.
LLM
Le président Préval dans son discours en créole a mis l'accent sur la rapidité avec laquelle le processus de ratification du Premier Ministre et de la politique du gouvernement ont pu s'achever au Parlement. Selon M. Préval il s'agit d'une preuve de la maturité des élus et des différents secteurs de la vie nationale.
René Préval se félicite qu'une crise ait pu être évitée. " Nous sommes entrain de consolider notre démocratie ", martèle M. Préval soulignant que changement ne signifie pas crise. Il assure que le changement de gouvernement s'inscrit dans le cadre de la stabilité indispensable pour favoriser l'arrivée des investisseurs étrangers.
Saluant au passage le travail de Michèle Pierre Louis et de son équipe, le chef de l'Etat a attiré l'attention du nouveau Premier Ministre sur l'immensité de la tache.
René Préval est pressé de se remettre au travail sachant que le temps est court et les besoins de la population énormes. Pour montrer sa détermination M. Préval a tenu son premier conseil des ministres quelques minutes après la cérémonie d'investiture.
Le Premier Ministre et les ministres, émoussés par plus de 14 heures de débat dans les deux chambres, ont dû se dépêcher pour sortir de la salle des bustes afin de rejoindre le chef de l'Etat qui se dirigeait à grand pas vers la salle de conférence.
LLM
mardi 20 octobre 2009
Interpellation prochaine du ministre des finances
Plusieurs sénateurs envisagent de formuler une demande d'interpellation de plusieurs membres du gouvernement. Le sénateur Anacacis Jean Hector (Lespwa) argue que cette démarche s'avère indispensable en raison du laxisme des autorités gouvernementales.
Le ministre des finances, Daniel Dorsainvil, est toujours dans le collimateur des sénateurs de Lespwa, jusqu'à présent insatisfaits de la politique économique du gouvernement. Anacacis Jean Hector veut réactiver la demande d'interpellation mise en veilleuse par l'ancien bureau.
Il déplore la propension du grand argentier à thésauriser au maximum alors que les ressources devraient être utilisées pour améliorer les conditions de vies de la population. " Le ministre se comporte comme un comptable parce qu'il veut avoir des montants énormes dans les caisses ", se plaint le sénateur Jean Hector faisant référence au maintien de 300 000 dollars dans les réserves dela BRH.
Le sénateur de Lespwa croit que la censure de certains ministres permettra au chef de l'Etat de réaliser les changements nécessaires dans l'administration publique. Même si Lespwa est en première ligne de ce mouvement, le sénateur Anacacis assure que les parlementaires du parti au pouvoir veulent tenir compte des revendications de l'opposition. " Les dirigeants des partis de l'opposition ont affiché leur désapprobation vis-à-vis de l'action de Michèle Pierre Louis", martèle le sénateur Jean Hector qui n'écarte pas la possibilité d'interpeller la Première Ministre.
LL M
Le ministre des finances, Daniel Dorsainvil, est toujours dans le collimateur des sénateurs de Lespwa, jusqu'à présent insatisfaits de la politique économique du gouvernement. Anacacis Jean Hector veut réactiver la demande d'interpellation mise en veilleuse par l'ancien bureau.
Il déplore la propension du grand argentier à thésauriser au maximum alors que les ressources devraient être utilisées pour améliorer les conditions de vies de la population. " Le ministre se comporte comme un comptable parce qu'il veut avoir des montants énormes dans les caisses ", se plaint le sénateur Jean Hector faisant référence au maintien de 300 000 dollars dans les réserves de
LL
lundi 12 octobre 2009
Un nouveau mandat pour Me Gervais Charles
Me Gervais Charles a été réélu comme bâtonnier de l'Ordre des avocats du barreau de Port-au-Prince, lors de la 2e convocation en assemblée générale des avocats au Palais de Justice. Plus d'une centaine d'avocats ont répondu présent la semaine dernière à cette convocation. .
Dans ses premières déclarations suite à sa réélection le bâtonnier se dit satisfait des résultats de ces élections. « Je suis très heureux et fier de briguer ce deuxième mandat légal », a déclaré Me Gervais Charles.
Selon lui son élection à la tète du barreau de Port-au-Prince justifie la confiance que ses confrères ont placée en lui. .
Pour ce nouveau mandat, il annonce qu'il entend poursuivre sa vision qui, selon lui, fait de la formation des avocats stagiaires une priorité. .
On notera que selon les règlements internes du barreau, un bâtonnier peut briguer de façon consécutive seulement deux mandats. .
RD
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15914
Dans ses premières déclarations suite à sa réélection le bâtonnier se dit satisfait des résultats de ces élections. « Je suis très heureux et fier de briguer ce deuxième mandat légal », a déclaré Me Gervais Charles.
Selon lui son élection à la tète du barreau de Port-au-Prince justifie la confiance que ses confrères ont placée en lui. .
Pour ce nouveau mandat, il annonce qu'il entend poursuivre sa vision qui, selon lui, fait de la formation des avocats stagiaires une priorité. .
On notera que selon les règlements internes du barreau, un bâtonnier peut briguer de façon consécutive seulement deux mandats. .
RD
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=15914
samedi 10 octobre 2009
CEP : Au moins quatre secteurs maintiennent leurs représentants
vendredi 9 octobre 2009, Radio Kiskeya Radio Kiskeya a appris qu’au moins quatre secteurs ont confirmé le maintien de leurs représentants respectifs au Conseil électoral provisoire dans le cadre des consultations initiées par le chef de l’Etat sur l’avenir de l’institution.
Des sources proches du CEP informent que le pasteur Leonel Raphaël, représentant des églises protestantes, Jacques Gaillot du secteur des handicapés, Jacques Belzin, représentant du secteur syndical et Ginette Chérubin, désignée par des organisations féminines, ont été reconduits.
Pour sa part, Laurette Croyance de l’église épiscopale anglicane serait sur le point d’être également confirmée à son poste. Toutefois, une telle décision n’avait pas encore été notifiée officiellement vendredi au Président René Préval.
Dans des correspondances séparées adressées aux différents secteurs concernés, le chef de l’exécutif leur a donné jusqu’à mardi prochain (13 octobre) pour décider de la reconduction ou du renvoi des membres du CEP. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6245
Des sources proches du CEP informent que le pasteur Leonel Raphaël, représentant des églises protestantes, Jacques Gaillot du secteur des handicapés, Jacques Belzin, représentant du secteur syndical et Ginette Chérubin, désignée par des organisations féminines, ont été reconduits.
Pour sa part, Laurette Croyance de l’église épiscopale anglicane serait sur le point d’être également confirmée à son poste. Toutefois, une telle décision n’avait pas encore été notifiée officiellement vendredi au Président René Préval.
Dans des correspondances séparées adressées aux différents secteurs concernés, le chef de l’exécutif leur a donné jusqu’à mardi prochain (13 octobre) pour décider de la reconduction ou du renvoi des membres du CEP. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article6245
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