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dimanche 19 décembre 2010

SABINE RENCONTRE MAITRE MINUIT...CHAPITRE VI

- Alors…
Lui dit-il en s’approchant pudiquement d’elle. Elle commença juste à se sentir mal à l’aise.
- … Vous répondez à ma question
Poursuit-il en essayant vainement de rechercher le regard de la jeune fille maintenant gênée qui fuyait.
En réalité, Sabine n’avait pas prêté beaucoup d’attention au discours plutôt inhabituel de ce personnage pas trop commun dans son comportement par rapport à une pute et ses habitudes à elle.
Le dialogue est souvent rare, voire très rare entre la prostituée et son client. Et quand dialogue il y en a eu, ce fut souvent à elle de poser des questions. Des questions brèves et directes qui visaient simplement à présenter la marchandise et à vanter ses atouts.
Mais là, assise sur le siège arrière de la voiture d’un inconnu qui semblait venir d’un autre monde, il fallait qu’elle réponde. Qu’elle réponde sas doute à une question sans intérêt pour elle. Une question qu’elle n’avait pas jugé utile ni de capter le contenu ni d’en retenir le sens.
Mais le client, celui qui allait lui payer son temps et monnayer ses charmes attendait une réponse.
- Monsieur, devrais-je vous avouer que je n’ai pas compris votre question.
- Vous ne l’avez pas comprise ou vous ne l’avez pas écoutée ? Continuez à avouer…
Loin de s’exciter ou de s’énerver l’inconnu commençait à se montrer patient. Attentif. Un peu trop au goût de sabine qui craignait le pire. Elle assimilait l’attitude de l’inconnu au calme olympien précédant une tempête d’une rare furie.
Elle est qui avait, à la force des choses appris à faire face à toutes ces situations jugées désagréables et embarrassantes.
La colère de l’impuissant voulant se venger contre tout éventuel responsable elle connaissait. La furie du stressé tenant à démontrer par la colère une virilité invisible, elle connaissait aussi.
Le pire dans son métier c’est tout et n’importe quoi. Si le mieux pour elle était représenté dans ses émoluments, souvent l’odeur des billets lui insufflait une certaine envie de vomir. Et là encore il fallait accepter le pire pour atteindre le meilleur. Deux face donc d’une même pièce de monnaie. Ou d’un gros billet de banque. Encore mieux.
Tout compte fait, répondre à une question pouvait ne pas être une histoire compliquée.
- Si vous tenez autant à une réponse, vous devriez reformuler votre question.
Répliqua Sabine qui bomba le torse, écarta discrètement les jambes. Elle voulut ainsi prendre le contrôle. Le contrôle d’une affaire qui avait assez duré tout en tournant autour du moment central pourtant recherché attendu et espéré. Il se décida de passer à l’attaque pour provoquer le dénouement.
- Je vous reformule la question si vous promettez de me répondre sans mentir ; en me disant exactement ce qui vous passe par la tête. En toute sincérité.
- Pourquoi vous mentirais-je Monsieur, je ne vous connais pas et après ce soir on se croisera plus jamais dans la vie.
Reprit Sabine d’un air carrément exaspéré.
L’inconnu réduisit considérablement l’espace entre les deux corps assis sur la banquette arrière de la voiture.
- Voyez-vous mademoiselle à cette question là, moi, je ne sais pas répondre.
Sabine comprit enfin que ce bel homme ne l’avait pas abordée pour prier quand elle sentit son corps parcourir de bas en haut par une étrange sensation mélangeant confort et frissons. Elle reconnut l’effleurement subtil de quelques doigts empreints d’une chaleur à peine perceptible manipulés avec douceur et tendresse. La peau de sa cuisse gauche impudiquement dénudée voulut et réclama silencieusement que ce contact perdurât dans le temps. Les doigts se promenèrent sur cette surface lisse et suave et finirent par s’y éterniser.
- Que voudriez-vous que je vous fasse mademoiselle ?
En guise de réponse, il la regarda s’écarquiller les yeux. Elle se sentit envahie par des sensations qui semblaient inconnues jusque là. La surprise lui coupa la parole. L’étonnement lui ralentit dangereusement la respiration. Elle ne put s’empêcher de s’intéresser à savoir un peu plus de cet homme. Elle se mit à chercher son regard. Il fallait pénétrer dans sa tête ; essayer à n’importe quel prix de pénétrer la pensée et de partager l’esprit de cet homme qui venait de la plonger dans la situation la plus embarrassante de sa carrière. Elle qui n’avait jamais eu à réfléchir ni à donner son avis. Son boulot se résumait à supporter. Exécuter. Feindre.
Sa poitrine trémoussait malgré elle au rythme de son cœur qui s’accélérait comme possédé par mil petits êtres indomptables. Ses doigts frétillaient subrepticement comme emparés d’un esprit incontrôlable.
L’étranger lui prit la main qui finit par commencer à trembler et, pour la rassurer lui fit comprendre qu’il était prêt à tout faire. Juste pour son plaisir à elle. Et que si telle indiquait sa volonté, il n’éprouverait ni de regret ni de remord à lui payer son du et la raccompagner chez elle.
Sabine observa son corps frissonné de nouveau. L’intrigue entourant cet homme prenait forme et vie. Elle initia donc un processus de questionnement sérieux sur les capacités, les attitudes et surtout l’explication de la présence de cet homme pas pressé du tout avec une pute à l’arrière d’une voiture. Sabine était d’autant plus intriguée que l’inconnu venait juste de deviner en une lecture exacte la réponse qu’elle n’avait pas osée partager avec lui. Elle était convaincue qu’il pouvait lire le contenu de son esprit.
En effet la première esquisse de réponse qui lui parcourut l’esprit de manière spontanée, candide et puérile fut : foutez-moi la paix payez moi le temps passé en votre compagnie et permettez-moi de regagner ma maison en toute sécurité.
Mais quand elle croisa la douceur et l’insoutenable tendresse que l’homme lui sembla promettre, à travers son regard perçant et bourré d’attention, sabine se vit emparée d’un étrange et confortable sentiment de quiétude et de sécurité. Une sérénité jamais connue envahit son être qui se pétrifia puis se moula en une masse inerte en quête d’une expression neuve, d’instants inédits, d’une vie nouvelle.
En guise de réponse, il fit une rotation de son torse. Tourna le dos à l’inconnu. Puis se laissa choir dans ses bras. Elle ferma les yeux. Suspendit sa respiration à ce strict filet d’air vital pour créer un silence total et parfait. D’une voix à peine audible, elle lui murmura : Aimez-moi…Faites moi l’amour…
Elle accepta de se soumettre à la volonté de cet homme qui selon elle se présentait de façon si différente des autres. Elle expérimenta, blottie dans ses bras vigoureux mais capables de tendresse, un plaisir jeune et vierge. Elle se laissa injectée et imprégnée cette sérénité folle, son corps contre ce corps parfait qui avait reçu l’autorisation de l’aimer en toute liberté. La permission de la baiser sans limite ni tabou.
Ils gardèrent le silence. Leurs espaces respectifs se fondirent en un seul et même lieu. Leurs mondes se firent un seul et même laps temporel, spatial. L’univers de leurs sensorialités se mélangea en un rien indéchiffrable et indescriptible, dans le creuset de leurs histoires réunies en une aura de pure sensualité… (A SUIVRE)
Docteur Jonas JOLIVERT 19/12/2010

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