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jeudi 17 janvier 2013

Haïti : trois ans après le tremblement de terre, la situation en matière de logement est catastrophique

Trois ans après le tremblement de terre en Haïti, la situation du pays sur le plan du logement est tout à fait catastrophique. Des centaines de milliers de personnes continuent à vivre dans des abris précaires. Le séisme du 12 janvier 2010 a fait plus de 200 000 morts et quelque 2,3 millions de sans abris.
Aujourd’hui, on estime que plus de 350 000 personnes vivent actuellement dans 496 camps à travers le pays.
D’après les témoignages recueillis, les conditions de vie dans ces camps improvisés se dégradent ; l’accès à l’eau, les installations sanitaires et les services de voirie en particulier y font cruellement défaut, ce qui contribue à la propagation de maladies infectieuses telles que le choléra. Femmes, jeunes filles et fillettes y sont en outre fortement exposées aux risques d’agressions sexuelles et aux viols.
Comme si le fait d’être à la merci de l’insécurité, des maladies et des ouragans ne suffisait pas, de nombreuses personnes habitant dans des camps de fortune vivent par ailleurs dans la peur constante d’être expulsées de force.
Depuis le tremblement de terre, des dizaines de milliers de personnes ont été forcées à quitter les camps. L’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que près de 80 000 autres personnes vivant principalement dans des camps établis sur des terrains privés risquent actuellement d’être expulsées – cela représente 21 % de la population totale des camps.
Le 21 décembre 2011, Marie et son enfant ont été expulsés de force et de manière violente du camp de la place Jérémie, de même que des dizaines d’autres familles. : « Le comité de camp faisait pression sur nous pour que nous quittions les lieux. Ils disaient qu’ils avaient besoin de la place pour un championnat [de football]. Mais comme nous n’avions nulle part où aller, nous sommes restés. De temps en temps ils distribuaient des prospectus au ton menaçant. La nuit ils jetaient des pierres et des bouteilles sur nos tentes […] Puis un jour, à 3 heures du matin, ils sont venus et ont commencé à frapper aux portes. Ensuite ils ont détruit mon abri avec des lames de rasoir et des couteaux […] Ils m’ont poussée dehors et ont commencé à tout démolir. Je n’ai pas eu le temps de prendre quoi que ce soit avec moi ; je suis partie avec les habits que j’avais sur le dos, c’est tout. »
Haïti souffrait déjà d’une grave pénurie de logements avant le tremblement de terre, mais pour des centaines de milliers de personnes, la situation actuelle est dramatique.Les initiatives actuelles du gouvernement en matière de logement semblent avoir davantage pour but d’empêcher les gens de vivre sur des places publiques plutôt que de leur proposer des logements sûrs. La mise en œuvre de politiques qui feront véritablement du droit à un logement convenable une réalité dans ce pays, voilà ce que nous voulons voir. Xavier Zúñiga, conseiller spécial pour Amnesty International.

Action insuffisante des autorités
En avril 2012, les autorités haïtiennes ont rendu public un projet de politique nationale du logement. Ce projet fixe un certain nombre de priorités concernant la construction de maisons, mais ne définit pas les conditions à réunir pour que les personnes vivant dans la pauvreté puissent bénéficier de logements convenables et abordables. Il ne contient par ailleurs aucun engagement contre les expulsions forcées.
Avec le soutien de donateurs internationaux, les autorités nationales ont par ailleurs lancé en août 2011 un plan visant à reloger dans 16 quartiers des personnes venant de 50 camps de déplacés (« projet 16/6 »). Dans le cadre de cette initiative, des familles reçoivent une allocation logement d'environ 380 euros sur une période de 12 mois – le but étant de les encourager à quitter les camps pour des logements de meilleure qualité –, ainsi qu'environ 20 euros pour les frais de transport. C’est aux familles que revient la responsabilité de trouver leur propre logement à louer et de parvenir à un accord avec le propriétaire.
Si ce projet a aidé quelques familles, le montant de l’allocation est trop faible, les personnes concernées ne sont pas épaulées dans leur recherche de logement et les familles ne sont pas soutenues sur le long terme.
De nombreuses personnes ont fait part aux délégués d’Amnesty International en Haïti de leurs inquiétudes, ne sachant pas où elles vivraient à l’expiration de la période d’allocation puisqu'elles ne seraient plus en mesure de payer leur loyer. En l’état actuel des choses, elles éprouvent déjà des difficultés à nourrir leur famille, sans parler des dépenses correspondant à d’autres articles et services de première nécessité tels que les vêtements, les médicaments et l’éducation.
Le départ d’acteurs humanitaires début 2011 et le manque de financements ont contribué à la dégradation des conditions de vie dans les camps improvisés. Seule une petite partie des fonds versés par les donneurs a été allouée à des projets relatifs au logement.
En 2010, tout le monde s’est empressé d’aider Haïti mais trois ans plus tard, nous constatons que les espoirs d’amélioration n’ont pas été concrétisés, car les droits des Haïtiens ne semblent pas constituer une priorité. Ce pays a besoin que les autorités nationales passent à l’action et que la communauté internationale lui apporte un réel soutien.

LE SÉISME EN HAÏTI : QUELQUES CHIFFRES
Le tremblement de terre
200 000 morts ;

2,3 millions de sans-abri :
105 000 maisons détruites ; 208 164 habitations gravement endommagées.

Les personnes déplacées
357 785 personnes (90 415 familles) vivant dans 496 camps (fin octobre 2012).
52 % sont des femmes.

Les expulsions forcées
60 978 personnes ont été expulsées de 152 camps depuis le séisme.
78 175 personnes sont sous la menace d’une expulsion – ce qui représente 21 % du nombre total de personnes déplacées vivant dans des camps.

Les conditions de vie dans les camps
72 038 personnes déplacées, installées dans 264 des 541 camps existants, n’avaient pas accès à l’eau potable ni à des toilettes sur site (en juin 2012).
50 % des camps restants ne disposaient pas sur site d’un accès à l’eau ni de toilettes, ce qui touchait plus d’une personne déplacée sur six, pour un total de 66 546 personnes (en juin 2012).

Avant le tremblement de terre
67 % de la population urbaine vivait dans des bidonvilles construits sur les zones qui ont été les plus touchées par le séisme.

Le pays le plus inégalitaire des Amériques
56 % des ménages vivent avec moins d’un dollar par jour et 77% avec moins de 2 dollars par jour.
Les 10 % des ménages les plus riches en Haïti contrôlaient 68 % de l’ensemble des revenus des ménages.

Sources : Organisation internationale pour les migrations, Bureau de la coordination de l’aide humanitaire et Programme de développement et d’évaluation des besoins post-désastre en Haïti (ONU).

http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Lutter-contre-la-pauvrete/Bidonvilles/Actualites/Haiti-situation-en-matiere-de-logement-toujours-catastrophique-7543

Haïti-Justice : L’accusatrice de viol par Josué Pierre-Louis, auditionnée pour espionnage

P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le mardi 15 janvier 2013, le magistrat instructeur Lamarre Bélizaire a auditionné Marie Danielle Bernadin, accusatrice de viol par Josué Pierre-Louis, dans le cadre d’une plainte déposée par le présumé violeur pour espionnage.
L’information a été confirmée à AlterPresse par Newton St Juste, l’un des avocats de la nouvellement accusée d’espionnage après son accusation de viol [sur sa personne par Josué Pierre-Louis].
L’audition s’est déroulée au tribunal civil de première instance de Port-au-Prince.
« Le vol d’information n’existe pas dans le droit pénal haïtien. De plus, pour parler d’espionnage, il faut qu’il y ait soustraction d’information d’un pays au profit d’un État ennemi. Il ne peut avoir d’espionnage entre deux nationaux », déclare St Juste qui qualifie la plainte de « prétendue » et de « non-crédible ».
Les avocats de Marie Danielle Bernadin semblent, tout de même, s’étonner de la plainte.
Ils confient avoir constaté, le 28 novembre 2012, avec un juge de paix, qu’aucune plainte de cette nature n’a été enregistrée au greffe du tribunal civil de Port-au-Prince.
« Vu la carrure de l’accusateur [d’espionnage, Josué Pierre-Louis] et son contrôle du système [judiciaire haïtien], cela ne surprend pas que le cahier soit falsifié pour pouvoir rentrer cette plainte, dont même les avocats de Josué Pierre-Louis ne s’entendaient pas sur la date de déposition. Ses avocats indiquaient confusément 22 ou 23 novembre [2012] », croit St Juste.
Marie Danielle Bernadin a demandé qu’elle soit confrontée, le plus tôt possible, avec Josué Pierre-Louis, selon les déclarations de Me St Juste,
Pour parler d’espionnage, « il faudrait que le mobile principal consiste en la transmission de documents en faveur d’un pays étranger », précise, pour AlterPresse, un avocat réputé du barreau de Port-au-Prince, voulant garder l’anonymat.
Ne connaissant « ni le mobile, ni la finalité de la subtilisation de documents », cet homme de loi évite de qualifier l’action pour le moment et en « laisse le soin à la justice haïtienne ».
Les avocats de Bernadin (les mêmes dans le dossier d’accusation de viol contre Josué Pierre-Louis que dans celui d’accusée d’espionne par Pierre-Louis) se disent toutefois, « patients, vigilants et confiants. Pas confiants dans le système, mais dans le courage et la détermination de la victime [accusée d’autre part] ».
Rappelons que le dossier de viol est instruit par un nouveau juge, le magistrat Merlan Bellabe.
Me Joseph Jeudilien Fanfan, chargé initialement du dossier, s’est déporté, en raison de menaces dont il aurait été l’objet.
« Au cours de cette semaine, notre cliente répondra aux questions du magistrat instructeur Bellabe », annonce Me Newton St Juste.
Josué Pierre-Louis, proche du chef de l’État Joseph Michel Martelly, et Marie Danielle Bernadin, sa subordonnée, s’affrontent sur deux terrains judiciaires où les rôles s’inversent.
Marie Danielle Bernadin accuse Josué Pierre-Louis de viol sur sa personne. Josué Pierre-Louis accuse Marie Danielle Bernadin d’espionnage.
Qui des deux sera blanchi par la justice haïtienne ?
Marie Danielle Bernadin s’est déjà présentée au cabinet d’instruction dans le cadre du dossier de viol le 6 décembre 2012. [efd kft rc apr 16/01/2013 15:55]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13954

Haïti-Union Européenne : Signature d’un accord de 20 millions d’euros en faveur de la sécurité alimentaire

P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien et l’Union Européenne (Ue) ont signé conjointement, le mardi 15 janvier 2013, une convention de financement d’un programme évalué à un montant de 20 millions d’euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui), en vue d’améliorer la sécurité alimentaire en Haïti, apprend AlterPresse.
Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la coopération européenne avec la République d’Haïti, vise à apporter un soutien aux initiatives de l’État haïtien dans la réduction de l’insécurité alimentaire, annonce l’Ue dans une note.
En cette même occasion, deux conventions - portant sur la mise en œuvre de deux composantes du programme - ont été signées par les représentants de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’agence française de développement (Afd) avec l’Ue.
Ces composantes ont pour objectif d’améliorer la disponibilité alimentaire à travers le renforcement des systèmes de production, commercialisation et transformation des productions locales.
Cette convention de financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative, établie en 2010 par l’Ue et visant à accélérer l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (Omd), informe la note.
L’initiative Omd dans le pays consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim.
En ce sens, ce programme permettra d’améliorer la sécurité alimentaire dans les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Centre, de l’Artibonite (Nod) et du Sud, par l’amélioration quantitative et qualitative de la production agricole et de l’élevage.
Il contribuera aussi à la promotion d’opportunités de commercialisation, au renforcement de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des conditions nutritionnelles des mères enceintes et allaitantes, et des enfants.
Ce programme débute ce mois de janvier 2013.
Ont procédé, à cette signature conjointe, le chef de délégation de l’Ue, Javier Niño Pérez, l’ordonnateur national du fonds européen du développement, Jean Edner Nelson, le ministre de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), Thomas Jacques, et la ministre de la santé publique et de la population (Mspp), Florence Duperval Guillaume.[emb kft rc apr 16/01/2013 9:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13948

Haïti-Histoire : Une association du Centre projette une tournée à Ouanaminthe en mars 2013

Perspectives d’un collège ambulant sur le territoire national
Correspondance Shella Chauvette
Belladère 17 janv. 2013 [Alter Presse] --- L’association culturelle et éducative du Centre (Acec) projette une tournée à Ouanaminthe, (département du Nord-Est) du 8 au 10 mars 2013, dans le but de créer des relations culturelles et éducatives entre les deux départements, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
« Connaître notre histoire » est le thème de cette excursion socioéducative, dont l’objectif est de lancer un collège ambulant dans le pays.
« Une prise de conscience dans nos actions permettra de mieux connaitre nos valeurs et notre engagement dans la reconstruction du pays », affirme le coordonnateur de l’Acec, Jean Phèdre Delva.
Cette tournée durera trois jours, avec des conférences, visites de sites historiques, événements culturels, et échanges socioprofessionnels, selon Delva.
Se réjouissant d’une telle initiative, la coalition des organisations pour la survie de Belladère (Codesbel) encourage les autres départements géographiques à s’initier dans ce mouvement, afin de « créer l’harmonie ».
« Je souhaite que les organisations des autres départements comprennent qu’Haïti ne peut pas se développer sans la participation de toutes ses filles et de tous ses fils. Donc, apprenons à mieux connaitre notre pays, notre culture, et les apprécier à leur juste valeur », recommande le coordonnateur de Codesbel, Frisnel Fleurdé.
Une telle initiative est louable dans la mesure où elle apportera des changements positifs dans la vie de toutes les participantes et de tous les participants, considèrent les responsables de l’hôtel Rozo Plaza, qui, officiellement, soutient cette activité.
« Je loue, de tout cœur, une telle initiative. Je m’associe à l’Acec pour la réussite de cette tournée, qui, dans un premier temps, favorisera une connaissance plus approfondie de la diversité de notre culture », avance le président directeur général de cet hôtel privé, l’ancien ministre de l’agriculture Joanas Gué.
La plateforme pour le développement socio-économique de la région frontalière ainsi que le réseau frontalier Jeannot succès (Rfjs), à Ouanaminthe, se disent prêts pour accueillir les 150 personnes qui viendront du département du Centre.
« Nous serons très contents de faire ces échanges éducatifs et culturels, afin de créer plus d’harmonie et de solidarité entre nous », déclare le coordonnateur de la plateforme de Ouanaminthe.
Plusieurs groupes et artistes de Mirebalais, Belladère, Lascahobas comptent se produire à Ouanaminthe à cette occasion. [sc kft rc apr 17/01/2013 0:50]

Haïti-Union Européenne : Signature d’un accord de 20 millions d’euros en faveur de la sécurité alimentaire

P-au-P, 16 janv. 2013 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien et l’Union Européenne (Ue) ont signé conjointement, le mardi 15 janvier 2013, une convention de financement d’un programme évalué à un montant de 20 millions d’euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui), en vue d’améliorer la sécurité alimentaire en Haïti, apprend AlterPresse.
Cette action, qui s’inscrit dans le cadre de la politique de la coopération européenne avec la République d’Haïti, vise à apporter un soutien aux initiatives de l’État haïtien dans la réduction de l’insécurité alimentaire, annonce l’Ue dans une note.
En cette même occasion, deux conventions - portant sur la mise en œuvre de deux composantes du programme - ont été signées par les représentants de l’organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et de l’agence française de développement (Afd) avec l’Ue.
Ces composantes ont pour objectif d’améliorer la disponibilité alimentaire à travers le renforcement des systèmes de production, commercialisation et transformation des productions locales.
Cette convention de financement s’inscrit dans le cadre de l’initiative, établie en 2010 par l’Ue et visant à accélérer l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement (Omd), informe la note.
L’initiative Omd dans le pays consiste à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population souffrant de la faim.
En ce sens, ce programme permettra d’améliorer la sécurité alimentaire dans les départements du Nord-Ouest, du Nord-Est, du Centre, de l’Artibonite (Nod) et du Sud, par l’amélioration quantitative et qualitative de la production agricole et de l’élevage.
Il contribuera aussi à la promotion d’opportunités de commercialisation, au renforcement de l’entrepreneuriat et à l’amélioration des conditions nutritionnelles des mères enceintes et allaitantes, et des enfants.
Ce programme débute ce mois de janvier 2013.
Ont procédé, à cette signature conjointe, le chef de délégation de l’Ue, Javier Niño Pérez, l’ordonnateur national du fonds européen du développement, Jean Edner Nelson, le ministre de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural (Marndr), Thomas Jacques, et la ministre de la santé publique et de la population (Mspp), Florence Duperval Guillaume.[emb kft rc apr 16/01/2013 9:20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13948







Haïti-Frontière : Lancement des travaux d’infrastructures routières entre Lascahobas et Belladère

Belladère, 16 janv. 2013 [Alter Presse] --- Lancés le lundi 7 janvier 2013, les travaux d’infrastructures routières, entre Lascahobas et Belladère (département du Centre, au nord-est de la capitale), jusqu’à la frontière d’Elias Piña (République Dominicaine) suscitent la joie chez les riveraines et riverains de ces communes, constate l’agence en ligne AlterPresse.
Les travaux qui seront entrepris par la firme dominicaine d’exécution Estrella, dureront vingt mois (janvier 2013 - septembre 2014).
Sur place, déjà sont à l’œuvre, ingénieurs et opérateurs spécialisés, maniant pelleteuses mécaniques, bulldozers et autres engins lourds.
Outre le tronçon de route de 30 kilomètres, cette équipe aura à construire 24 dalots et 2 ponts d’une longueur de 25 mètres à Onde Verte et Las Aguas.
Les habitantes et habitants des communes de Lascahobas et de Belladère, se réjouissent de la mise en œuvre de ces travaux, qui doivent permettre, à terme, de valoriser la production agricole et renforcer l’autosuffisance alimentaire dans le département.
« Je suis ravie de la construction de cette route. Je vais pouvoir pousser un ouf de soulagement, car je souffre assez souvent du mauvais état de cette route », affirme une commerçante Dulia Desrosiers.
L’idée de réhabiliter cette route, déjà très appréciée, pousse aussi les contribuables à exiger plus d’efforts institutionnels, de l’actuelle administration politique, dans la lutte contre la contrebande et la gestion des frontières.
« Si l’État faillit à sa mission en ne protégeant pas les contribuables, ce sont les racketteurs qui en profiteront, au détriment des contribuables », craint un homme d’affaires, Macluche Ledoux.
Un des axes essentiels pour le développement du département du Plateau central, la réhabilitation du tronçon de route Lascahobas / Belladère devrait favoriser la création de richesses. estime le maire de Belladère, Roselor Alcide.
L’aménagement de « ce tronçon de route constituera un moyen de contrôle important pour la collecte des taxes douanières, une porte d’entrée officielle à la frontière haïtiano-dominicaine, et devra contribuer au maintien des relations conviviales entre les deux pays », anticipe Alcidel.
Le 9 novembre 2012, un accord pour la réhabilitation de l’axe routier Lascahobas / Belladère, d’un montant de 23 millions 5 cent mille euros (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) a été signé entre le ministre des travaux publics, transports et communications (Mtptc), Jacques Rousseau, et le chef de la délégation de l’Union européenne (Ue) en Haïti, Javier Nino Perez.
Ce financement entre dans le cadre de l’appui à la politique nationale des transports (Apontra), conclu en avril 2012 avec le gouvernement haïtien et s’élevant à près de 184 millions d’euros.
Érigée sur la frontière par le président Dumarsais Estimé, la commune de Belladère (bas Plateau central) a été inaugurée le 31 octobre 1948. Elle est limitée à l’est par la commune Comendador (province d’Elias Piña) de la République Dominicaine. [sc kft rc apr 16/01/2013 1:05]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13943



Haïti-Delmas 33 : Un drame déjà oublié !

De nombreux débrouillards continuent de s’installer arbitrairement aux abords de la rue de Delmas 33, particulièrement dans les parages de la Télévision nationale d’Haïti (TNH) où, on se le rappelle, un monstrueux accident de la circulation a été enregistré le 16 janvier de l’année dernière. L’État qui s’était montré très ébranlé lors du drame ne dit mot, constate Haiti Press Network.
16 janvier 2012-16 janvier 2013. Un an exactement depuis que s’est produit un terrible accident sur la route de Delmas, notamment au niveau de Delmas 33, où un camion dont le chauffeur aurait perdu le contrôle, avait causé la mort de plus d’une trentaine de personnes et fait quelque 50 blessés.
Qui ne se rappelle pas de ce tragique accident de la circulation qu’a fait pleurer mêmes les âmes les moins sensibles de la population? Des gens se souviennent avoir vu des corps sans vie totalement écrabouillés sur la chaussée. Un an après, peut-on parler d’amnésie ou d’insouciance ?
Chose certaine, ce que le laisser-aller se poursuit et la population s’embarque quotidiennement dans l’anarchie contre elle-même.
En effet, de nombreuses personnes, notamment des marchands et des marchandes, des conducteurs de taxi-moto, au péril de leur vie, s’installent toujours sur les trottoirs dans les parages de la TNH à Delmas 33, a-t-on remarqué.
Même des victimes de cet illustre accident occupent toujours les lieux comme s’ils ont déjà oublié ce qui s’était passé. Les responsables municipaux paraissent impuissants face aux attitudes insouciantes de la population.
Interrogé, l’un d’entre eux indique n’avoir malheureusement pas d’autres endroits en quête d’un pain pour nourrir ses enfants.
« Le danger est imminent. Je sais que je suis exposé encore au malheur. Mais hélas ! Je n’ai pas le choix. C’est ici que je me débrouille pour survivre avec ma famille », laisse entendre Yvon, une victime de l’accident qui trime encore dans les parages derrière son barbecue.
Adèle, une marchande de poulet rôti à Delmas 33, affirme pour sa part vouloir quitter le lieu volontiers, si les autorités constituées le lui demandent.
Entre-temps, le risque de passer de la vie au trépas est plus qu’évident, comme ça a été le cas pour les victimes de l’année dernière. Aucune d’entre elles ne savait pas qu’ils allaient dire au revoir à la vie dans de telle condition.
« En attendant une décision des autorités, je reste là pour continuer à chatouiller la vie jusqu’à ce qu’elle me sourit. Je n’ignore pas à quel danger que je suis exposée. Mais la vie a choisi de me placer là pour l’instant, j’y reste jusqu’à nouvel ordre », dit-elle, pendant qu’elle s’occupe de ses attirails éparpillés sur le trottoir.
Pour des citoyens avisés, aucune leçon n’a été tirée de ce drame de trop. Bénédique, propriétaire d’une boutique à Delmas 33, se rappelle avoir vu une patrouille fixe de la police sur les lieux durant une semaine seulement après l’accident. « Depuis lors, a-t-il indiqué, aucune présence de l’État n’a été remarquée et le désordre continue comme avant. »
« Nous passons les choses trop vite à l’oubli. Trop de laxisme du côté des autorités. Où sont passées les mesures susceptibles d’éviter la répétition de telle catastrophe ? », s’interroge Lucien, avant d’appeler l’État haïtien à adopter toutes les mesures nécessaires pour forcer les marchandes à dégager rues et trottoirs de la capitale.
Texte : Alix Laroche

Source: http://hpnhaiti.com/site/index.php/societe/8410-haiti-delmas-33-un-drame-deja-oublie-