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mercredi 23 juin 2010

Noir Café: aider Haïti en achetant haïtien


LE SOLEIL, MARTIN MARTEL Yves Therrien, Le Soleil
(Québec) Depuis 2007, Marcel Gérin importe du café de différentes régions du monde pour offrir des goûts exotiques aux consommateurs. Avec sa fille Catherine, il avait ouvert une boutique à Calgary. Pour eux, la meilleure manière d'aider le peuple haïtien consistait à acheter leurs produits pour les vendre au Québec.
Avant le tremblement de terre de janvier, son entreprise Noir Café entreprend les démarches pour importer le Kafe Kreyol avec l'intention de retourner 2 $, pour chaque kilo de café vendu, à des fondations haïtiennes pour le développement d'une agriculture durable.
«Nous nous sommes donnés comme mission d'importer différentes saveurs de café d'un peu partout dans le monde, ajoutent Marcel Gérin et sa fille Catherine. Avec le Kafe Kreyol, en plus de proposer une saveur exotique, il y avait aussi l'objectif d'aider ce pays à prendre en main son agriculture en payant un prix juste et étant assuré que l'argent irait aux producteurs, non à une série d'intermédiaires. Entre les producteurs et le consommateur, il n'y a que nous comme intermédiaire.»
C'est lors d'un salon à New York, le Fancy Food en 2009, qu'il rencontre Marcel Duret, un Haïtien consultant pour la Coopérative des planteurs de café de l'arrondissement Belle-Anse (COOPCAB) dans le sud-est d'Haïti. Les démarches se précisent pour importer le café haïtien. Il le revoit lors d'un événement organisé par TFO Canada, fondé par l'Agence canadienne de développement international (ACDI) dans le but d'aider les pays en développement à exporter au Canada.
Toutefois, le séisme de janvier 2010 a failli mettre en péril le projet de partenariat, car pendant plusieurs semaines, M. Gérin n'avait aucun contact avec M. Duret. Les communications reprennent à la fin de février avec la réception d'un courriel. Les négociations reprennent pour importer du café déjà torréfié et ensaché à Haïti.

«Nous ne voulions pas de café vert, explique M. Gérin, parce qu'il est soumis aux fluctuations de la Bourse, ce qui n'est pas avantageux pour les membres de la coopérative haïtienne. Les gens de COOPCAB font déjà la torréfaction de leur café pour le marché local. Ça nous paraissait plus sensé de continuer dans la même veine.»

Envoi d'échantillons, entente sur le type d'ensachage, le logo et les étiquettes, tout va bien. Mais il y a un hic. La logistique n'est pas évidente à mettre en place. Les premières livraisons ne peuvent se faire par bateau à cause des problèmes dans les ports à la suite du séisme. M. Gérin doit se tourner vers le transport en avion. Trois compagnies aériennes sont contactées. Air Transat ne répond pas. American Airlines fait une proposition hors de prix...

Air Canada fera la meilleure offre. La première livraison de 1000 sachets de 250 grammes finira par arriver à Québec après quelques péripéties et des retards causés par une logistique pas tout à fait au point. «C'est réglé maintenant», affirme M. Gérin.

Certifié équitable

Les installations et les cultures de la coopérative COOPCAB n'ont pas été touchées par le séisme. Le café est certifié équitable par l'organisation internationale FLO (Fairtrade Labelling Organisation, site Web : www.fairtrade.net), l'importateur avait l'obligation de payer un prix juste pour les produits achetés. Toutefois, sur les premières livraisons, le logo du produit équitable n'apparaît pas pour des raisons techniques, mais il le sera lors de prochains envois.
«Les trois cafés que nous importons d'Haïti sont équitables et biologiques dans la moitié des cas, ajoute M. Gérin. Par contre, les frais pour obtenir la certification biologique sont trop élevés pour les producteurs. Ils ont abandonné cette idée, mais aucun pesticide ou produit chimique n'est utilisé dans la plupart des cultures.»
Les trois cafés actuellement en marché sont du type Arabica Typica et ils portent les noms de Kafé Gwo Chwal, de Marre Blanche et de Forêt des Pins Bleus. Bientôt, Noir Café importera le café torréfié en grains pour répondre aux demandes de certaines boutiques spécialisées. Toutefois, M. Gérin a noté un certain scepticisme chez des propriétaires de boutique qui affirmaient que les consommateurs ne voudraient pas payer cher pour du café haïtien.
Pour l'instant, les consommateurs peuvent trouver les sachets de Kafe Kreyol à l'Intermarché, rue Saint-Joseph, chez L'Heureux inc., rue Semple, à Québec, dans certaines boutiques spécialisées et dans quel ques restaurants. Il est possible de le commander en ligne sur le site www.noircafe.com. Dans un avenir rapproché, M. Gérin et sa fille envisagent l'ouverture de boutiques Noir Café pour offrir directement aux consommateurs les différentes saveurs exotiques des cafés qu'ils importent.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/vivre-ici/societe/201006/22/01-4292524-noir-cafe-aider-haiti-en-achetant-haitien.php

La société civile propose une formule pour un nouveau CEP

Plusieurs organisations de la société civile ont proposé aux acteurs politiques une nouvelle formule en vue de la formation d'un CEP crédible. Le nouveau CEP constitutionnel à 80 %, remplacerait le CEP actuel résultant d'un consensus entre les partis membres du premier gouvernement pluriel entre 2006 et 2008. Selon la formule de la société civile 7 des 9 instances habilitées par la constitution, pourront designer des représentants au CEP. Il s'agit de l'exécutif, de la conférence épiscopale, les cultes reformés, la Cour de Cassation, les organisations de défense des droits humains, le conseil de l'université et l'association des journalistes haïtiens.
Les personnalités ayant pris l'initiative n'ont pas voulu remplacer le conseil consultatif (organe qui avait joué le rôle de Parlement) par le Sénat, mais ont opté pour l'église épiscopale déjà représenté au CEP de consensus.
Le Conseil National des Coopératives (CNC) a été également exclu par les dirigeants de la société civile arguant que le CNC n'est en réalisé q'une entité du gouvernement. Le culte vodou héritera donc du dernier poste au sein de ce CEP.
Les élus et les partis politiques sont donc privés de représentants au sein de cette formule du CEP. Edouard Paultre (CONANE) et Rosny Desroches (ISC) soutiennent que le CEP devra fonctionner sur de nouvelles bases. Les conseillers électoraux seront uniquement astreints à leur tache de conseil d'administration et ne pourront pas occuper une fonction dans la machine électorale.
En ce qui a trait au processus de sélection des candidats, les dirigeants de la société civile exigent qu'il soit transparent. Outre la compétence les personnalités doivent faire montre de force de caractère ce qui garantira leur indépendance vis-à-vis des autorités et des acteurs politiques.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17878

Michaëlle officiellement nommée représentante spéciale de l'Unesco en Haiti


La Directrice générale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a nommé mardi la Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, Représentante spéciale de l'UNESCO pour Haïti. Michaëlle Jean prendra ses nouvelles fonctions dans son pays natal au terme de son mandat de Gouverneure générale. Ancienne journaliste et fervente défenseure des droits de l'homme, Michaëlle Jean, a fait preuve tout au long de sa carrière d'un engagement constant en faveur du dialogue et de la solidarité entre les communautés, de l'égalité entre les sexes, de la liberté de la presse et du rôle joué par l'éducation dans le développement économique et la démocratie, a souligné l'UNESCO dans un communiqué.
L'action de Michaëlle Jean a été saluée à plusieurs reprises par les autorités haïtiennes et la société civile. Les leaders du mouvement féministe haïtien ont à maintes reprises mis l'emphase sur les préoccupations de Mme Jean pour l'émancipation de la femme haïtienne.
La directrice générale de l'Unesco croit que la « riche expérience, le dynamisme et le dévouement de Michaëlle Jean contribuent à réaliser les objectifs de l'UNESCO, spécialement en Haïti, où elle est née et où l'Organisation travaille avec les autorités nationales sur des projets dans le domaine de l'éducation, de la culture, de la science et des médias – autant de piliers pour la reconstruction du pays ».
Au cours de sa dernière visite en Haïti, la gouverneure générale accompagnée de la directrice générale de l'Unesco avait visité plusieurs sites à Jacmel.
LLm / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17879

Ecoworks annonce la réalisation de plusieurs projets à Ganthier

L'organisation Ecoworks International se prépare à lancer plusieurs projets de développement dans la ville frontalière de Ganthier. La directrice exécutive de Ecoworks International, Henrika Manès, affirme que les projets prioritaires seront réalisé dans les secteurs du développement économique, de l'éducation de la santé et de l'environnement. L'organisation présente en Haïti depuis deux ans entend développer des projets à long terme en partenariat avec les autorités locales et le Fonds de Développement Frontalier (FDF). Mme Manès indique que le premier projet consiste en l'implantation d'une ferme avicole à vocation commerciale. Cette ferme de 20 000 poules pondeuses permettra de générer des revenus qui seront ensuite réinvestis dans des projets d'infrastructures.
En dépit des problèmes fonciers résultant de la présence de spoliateurs de terrains de l'état, Mme Manès est déterminée à réaliser ce projet dont la pérennité est garantie.
Ecoworks International veut collecter 1 million de dollars pour la réalisation de ce projet. Dans le même temps l'organisation réalisera deux autres projets visant à encourager l'entrepreneuriat et à créer une coopérative agricole. Henrika Manès assure que ces programmes contribueront au développement économique de cette communauté de 80 000 âmes.
Un appui technique sera également apporté aux paysans et facilitera l'implantation d'une ferme agricole dont les produits seront dédiés à l'exportation. A terme l'économie de la région essentiellement agricole pourra se diversifiera grâce à l'activité des petites et moyennes entreprises.
Ecoworks veut contribuer à l'amélioration des conditions de vies précaires des habitants de Ganthier. En ce sens des projets de construction de maisons, d'écoles et de centre de santé sont également envisagés par Ecoworks International.
LLM / Radio Métropole Haïti.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17877

Les autorités veulent empêcher la constitution de gangs territoriaux

Les autorités policières haïtiennes ont lancé le week end écoulé une série d'opération visant à empêcher la création de zone de non droit dans la région métropolitaine. En 72 heures 3 interventions ont été réalisées dans le quartier de Mapou à Fontamarra 27, à la Saline et dans deux centres d'hébergement à Delmas. Trois  évadés dont un chef de gang dénommé " Ti Jeff " ont été tués lors d'affrontement avec les forces de l'ordre rapporte le porte parole de la Police, Frantz Lerebours. Depuis son évasion " Ti Jeff " avait constitué un gang qui terrorisait la population de Mapou. Les bandits ont perpétré plusieurs viols et rançonnaient riverains et passants.
M Lerebours affirme que les criminels avaient réduit la population au silence après avoir assassiné plusieurs personnes soupçonnées d'avoir fourni des informations à la police. Il n'a pas voulu fournir plus de détails sur l'opération de Mapou réalisé par les policiers du commissariat de Port-au-Prince. Avant l'opération de dimanche qui a causé la mort du chef de gang, les policiers avaient réalisé une première opération laquelle avait permis la capture de 3 évadés. Les policiers de Port-au-Prince étaient décidément très actifs puisqu'ils ont pu le même jour réaliser une seconde opération, conjointement avec leurs collègues de Delmas, à la Saline.
78 individus ont été interpellés au cours de ces 5 opérations des forces de l'ordre. Les policiers s'évertuent à pourchasser les criminels qui veulent constituer des gangs territoriaux dans les quartiers populeux.
Le secrétaire d'Etat à la sécurité publique, Aramick Louis, a assuré que les centres d'hébergement ne constituent plus des refuges pour les criminels.
LLM / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17876

La reconstruction est au point mort en Haïti

Jonathan M. Katz, Associated Press, Port-au-Prince.- Peu de progrès ont été réalisés dans la reconstruction en Haïti depuis le tremblement de terre à cause de l'absence de leadership, des mésententes entre les donateurs et une désorganisation générale, selon un rapport du Sénat américain.
Ce rapport de huit pages, dont Associated Press a obtenu copie, se veut un portrait de la situation en Haïti alors que les législateurs américains envisagent d'autoriser une aide de 2 milliards $ pour la reconstruction du pays.
La situation n'est toujours pas rose: des millions de déplacés, des ruines et des immeubles effondrés continuent de dominer la paysage. À trois semaines de la saison des ouragans, alors que les pluies tropicales s'abattront quotidiennement sur le pays, des projets de construction ne peuvent être commencés à cause de disputes de terrains et des délais de douane. Le programme pour donner un logement à la population vivant dans des tentes n'est qu'au stade du brouillon, peut-on lire dans le rapport.
Le rapport a été écrit par l'ancien candidat à la présidentielle américaine, le sénateur du Massachusetts John Kerry, qui est également le président du comité sénatorial sur les relations extérieures et des démocrates qui ont interviewé des Américains, des Haïtiens et des employés des Nations unies tout en visitant des camps de réinstallation, des hôpitaux et des écoles dans la zone sinistrée.
Le rapport est critique envers le gouvernement du président René Préval et du premier ministre Jean-Max Bellerive, affirmant «qu'il ne communique pas de façon efficace aux Haïtiens qu'il est près à mener les efforts de reconstruction». Les auteurs du rapport souhaitent que M. Préval joue un «rôle plus visible et plus actif, malgré les difficultés».
M. Bellerive a réagi aux critiques en disant que les autorités travaillaient durement en coulisse pour s'assurer que la reconstruction ne se fasse sur des terrains insalubres. Selon lui, prendre quatre mois pour établir un programme de reconstruction est assez acceptable.
Il a ajouté qu'il était injuste d'être pointé du doigt par des élus américains alors que le Sénat n'a toujours pas approuvé l'aide promise par la Secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton, lors de la conférence des pays donateurs.
Seulement 2 pour cent du 5,3 milliards $ promis ont été envoyés en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201006/21/01-4292191-la-reconstruction-est-au-point-mort-en-haiti.php

Port-au-Prince: reconstruire à tout prix

Publié le 21 juin 2010.- Bernard Demers.- La Voix de l'Est.-
Il habite sous une tente depuis la mi-février, avec sa femme et sa mère. Il y a de l'eau courante et des toilettes dans son campement, ce qui fait de lui, à certains égards, un privilégié. Deux fois privilégié en fait puisqu'il dispose d'une tente après n'avoir passé que quatre semaines sous une bâche avec des panneaux de carton, pour avoir un peu d'intimité.
Plus encore, il a un emploi, un bon emploi bien payé dans un projet international; il gagne presque 6000 $ par année, soit cinq fois plus qu'un employé au salaire minimum. Mieux encore, son employeur lui a versé une aide spéciale de 1000 $ pour qu'il puisse dégager son terrain couvert des débris de ciment de son ancienne maison puis commencer à se reconstruire.
Il se construit une maison de trois pièces, de neuf mètres par neuf mètres pour un total intérieur de 80 mètres carrés soit environ 720 pieds carrés. Il n'aura ni l'eau ni l'électricité dans la maison, bien sûr, mais tout de même une toilette extérieure et une prise d'eau pour faire la cuisine. La structure de ciment, poteaux, blocs et dalles, va demeurer visible, non pas par souci d'esthétique moderniste, mais bien parce que passer un stuc de finition sur les surfaces coûterait trop cher. On ne parle évidemment pas de peinture.

Bref, il va disposer, vers la mi-juillet, d'un espace de béton gris, avec des ouvertures grillagées et une porte en métal. Un espace qui lui permettra d'être au sec et en sécurité avec sa famille. Un espace qui pourra recevoir des lits, une table, des chaises. Un espace où il réussira à faire un branchement électrique direct et illégal sur les fils de l'EDH (électricité d'Haïti) pour pouvoir brancher une télé. Autour, dans sa petite cour, il aura une toilette et la place pour un réchaud au bois sur lequel sa femme fera la cuisine. Un espace dont vous ne voudriez probablement pas, mais qui, pour lui, est sa nouvelle maison, une maison dont il est déjà fier et où il espère suivre le dernier match du mondial de soccer, le 11 juillet prochain.
Il a pris soin de bien construire, avec beaucoup de métal dans le béton, pour que la maison ne s'écrase pas la prochaine fois. Remarquez, le 12 janvier sa maison n'est pas tombée; c'est l'immeuble d'à côté qui s'est écroulé dessus et qui l'a brisée. Contre ça il ne peut rien, seulement espérer que le voisin fera comme lui, construire solidement.
Cette nouvelle maison lui coûte cher. En plus du 1000 $ qu'il a reçu de son employeur, du 1000 $ qu'il avait économisé, il a dû emprunter 50 000 gourdes ce qui équivaut à 1400 $; au total, sa maison lui coûte sept mois de salaire, sans compter le terrain qui lui appartient déjà. Il a réussi à emprunter parce qu'il a un bon emploi, cinq fois supérieur au salaire minimum. Même là ce n'est pas la banque qui lui prête, c'est le réseau informel, les commerçants locaux.
Le séisme est une catastrophe pour la grande majorité, mais une source de richesse pour les riches. Alors, il a trouvé un prêteur qui lui a avancé 1400 $... à un taux de 25 %, garanti sur la maison.
J'ai parfois l'impression que nous pourrions être plus utiles que nous ne le sommes.
L'auteur, psychologue et ex-directeur général du cégep de Granby-Haute-Yamaska, a été candidat pour le PLC dans Shefford aux élections de 2008
http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/201006/21/01-4291969-port-au-prince-reconstruire-a-tout-prix.php

Trois policiers à Haïti

Publié le 22 juin 2010

Stéphane Bégin, Le Quotidien.-
(LA BAIE) Trois policiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'envolent ce matin vers Haïti. Pas pour une randonnée à vélo ou pour découvrir le pays, mais bien pour venir en aide à leurs collègues de ce pays des Antilles.
Christian Tremblay et Marc Sénéchal, de la Sécurité publique de Saguenay (SPS), et Jean-Marc Fortin, de la Sûreté du Québec (SQ) à Alma, se retrouveront dans ce pays encore dévasté par l'important tremblement de terre survenu en janvier dernier et qui vit dans la plus grande misère.
Le policier Fortin en sera à une troisième mission en terre étrangère. Il est passé par Haïti en 2005, s'est rendu en Côte d'Ivoire en 2008, puis retourne maintenant à Haïti. Christian Tremblay a pour sa part vécu Haïti en 2008, alors que le « jeunot « du groupe, Marc Sénéchal, vivra sa toute première expérience d'entraide dans un autre pays.
« Je ne suis pas vraiment inquiet de ce qui m'attend. C'était plus difficile en 2005, alors que les grands criminels du pays faisaient la pluie et le beau temps. Depuis ce temps, le gouvernement a repris le contrôle. Si certains sont encore en liberté, ils font face à la désorganisation. Il faut faire preuve de prudence et ne pas se montrer insouciant. Le soir du tremblement de terre (janvier 2010), j'ai appris que l'une de mes collaboratrices en 2005 était décédée dans l'effondrement du quartier général. J'ai su que je devais y retourner «, de dire le vétéran de 30 ans dans la police.
Les 26 agents canadiens formant le 30e contingent du pays à venir en aide à Haïti ont reçu une formation de deux semaines récemment à Ottawa. Ils aideront à la formation des membres de la Police nationale haïtienne (PNH). Ils oeuvrent sous la responsabilité de la Gendarmerie royale du Canada, qui reçoit ses ordres de l'ONU.
http://www.cyberpresse.ca/le-quotidien/201006/22/01-4292277-trois-policiers-a-haiti.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4291840_article_POS1

Séisme à Haïti: le bout de bois et la céramique rouge

Publié le 21 juin 2010.-  

Simon Boivin, Le Soleil.-
(Québec) Au creux du désespoir, coincé dans un piège sans issue, Nicolas Mazellier a songé à mettre fin lui-même à la lente agonie d'une mort quasi certaine. Son regard s'est alors porté sur un «bout de bois et un morceau de céramique rouge».
Même si l'après n'est pas rose, l'idée d'attenter à ses jours ne hante plus son esprit. «Ce serait incohérent, dit-il. J'ai trouvé un sens à ce que j'ai vécu. Ça ne fait pas partie des options. Mais il reste que sous les décombres, dans l'angoisse... Oui.»
Depuis son retour au Québec, M. Mazellier a entretenu une correspondance avec l'un des soldats équatoriens qui l'ont tiré des décombres, le commando Miguel Granja. Une opération de sauvetage qui aurait pu mal tourner, a-t-il appris dans une lettre. «Je sais que ç'a été difficile, indique le rescapé. Une fois qu'ils m'ont trouvé, ils ont creusé par en haut et ça ne marchait pas. Mais quand il [M. Granja] me dit qu'ils ont failli tout laisser tomber... Mais ils ne l'ont pas fait.» Il entend rendre visite à ses sauveteurs.
Nicolas Mazellier ne prétend pas avoir un message à livrer. Si son expérience très personnelle peut être utile à quelqu'un, alors tant mieux. «Je considère que j'ai une exigence qui s'est imposée à moi de témoigner de la présence de Dieu dans nos vies, dit-il. Je ne dis pas que tout le monde doit la saisir. Mais pour moi, c'est comme ça que ça s'est passé. Et je respecte que des gens ne croient pas.»
La principale leçon tirée de son malheur est qu'il faut profiter du moment présent et accepter que la douleur fait partie de la vie.
«Je me suis rendu compte que pendant 38 ans, j'avais fui, affirme-t-il. Même les difficultés font partie de l'existence. La façon dont on les traverse nous rend un peu meilleurs. Chaque moment est important. [...] C'est terrible, mais si demain, on me disait : "Tu as le choix de le vivre ou pas"... Je suis heureux d'avoir vécu ça.»
À son grand étonnement, Nicolas Mazellier a reçu il y a quelques semaines sa valise. Celle qu'il défaisait lorsque le sol s'est mis à trembler le 12 janvier, en Haïti. Passablement amochée, elle contenait toujours ses vêtements, mais surtout quelques gravats de l'hôtel Montana. Il les a gardés dans un petit sac de plastique transparent. Des parcelles de béton, de pierre. Et des éclats de céramique rouge.
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201006/20/01-4291841-seisme-a-haiti-le-bout-de-bois-et-la-ceramique-rouge.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4291840_article_POS1

Haïti, cinq mois plus tard: «Je suis toujours sous les décombres»

Publié le 21 juin 2010

(Québec) Cinq mois plus tard, des milliers de kilomètres plus loin et malgré le miracle d'être en vie, Nicolas Mazellier reste prisonnier des décombres de l'hôtel Montana.
En janvier dernier, à peine débarqué en Haïti, cet ex-conseiller de Mario Dumont, administrateur invité à l'ENAP (École nationale d'administration publique), s'est retrouvé coincé pendant 17 heures sous les gravats. Sa chance d'être secouru et de survivre au tremblement de terre meurtrier n'a pourtant rien d'une bénédiction.
«Ça aurait été plus simple de mourir là-bas», confie l'homme de 38 ans, Français d'origine et résidant de Stoneham.
Le concentré de violence, de solitude, d'angoisse et d'impuissance encaissé pendant son calvaire laisse des traces difficiles à effacer. Probablement analogues à celles du syndrome de stress post-traumatique chez les militaires.
Nicolas Mazellier ne passe pas cinq minutes sans replonger dans l'effondrement, le chaos, l'horreur. Son manque de sensibilité dans la jambe gauche est aussi là pour lui rafraîchir la mémoire. Il se souvient très précisément du fil des événements.
«Ton cerveau te joue des tours, explique calmement M. Mazellier. Il y a des choses qui me tombent dessus. La terre tremble. Le psychologue m'explique que mon cerveau, la dernière fois, a été pris de court. Et là, il essaie de prévoir tout ce qui peut se passer.»
Au volant, il a souvent l'impression qu'il va avoir un accident lorsqu'il croise un autre véhicule. «L'autre jour, quelque chose m'est tombé dessus à travers le toit ouvrant, raconte-t-il. Il n'y a rien qui est tombé, mais j'ai levé la tête et j'ai senti quelque chose me tomber dessus. Et ça, c'est très déstabilisant.»

Grande solitude
L'incompréhension des proches est aussi difficile à accepter. L'entourage qui s'interroge sur son incapacité à se réjouir d'être vivant. «Ma femme, mon fils, ma mère, mes proches me voient me lever, manger, m'habiller, me mettre à faire du sport, donc tout va bien, énumère M. Mazellier. En définitive, ça ne va pas bien. Je suis encore sous les décombres. C'est un grand moment de solitude qui se continue.»
Reste qu'il est sur la bonne pente. Il a repris le travail pour «briser l'isolement». La seule médication dont il a besoin est un somnifère qui l'assomme pendant six heures. «Une nuit, je ne l'ai pas pris, relate-t-il. Ç'a été l'horreur. Je n'ai pas dormi. Je sais que mes nuits sont habitées, mais au moins, je ne m'en souviens pas.»
Les questionnements continuent à exercer leur torture. «Pourquoi moi?» se répète-t-il en boucle sans trouver de réponse. Sa voix se noue d'émotion au souvenir des «deux Anne», Labelle et Chabot, des collègues qui n'ont pas survécu à l'écroulement de l'hôtel Montana.
Un peu comme un exutoire, et aussi pour expliquer ses états d'âme à sa famille, Nicolas Mazellier a couché sur papier son expérience. Il en naît un livre, publié aux éditions Anne Sigier, intitulé simplement Pourquoi? Au coeur des ruines de l'hôtel Montana. L'ouvrage, qui fait une bonne place aux réflexions religieuses et spirituelles de M. Mazellier en lien avec l'événement, est lancé ce soir à l'ENAP, à 17h. Il sera aussi publié en France.
Si, d'aventure, le bouquin devait être profitable, M. Mazellier compte utiliser les sommes pour un projet en Haïti qui reste à définir. Parce qu'il veut y retourner. Son employeur a déjà soumis quelques dates pour un projet auquel il tient à participer à la fin de l'été ou à l'automne.
«Je suis tout le temps sur les collines du Montana, dit-il. Ils pensaient nous sauver quand ils nous ont mis le C-17 pour nous renvoyer à la maison. Mais je ne suis jamais parti de là-bas.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201006/20/01-4291840-haiti-cinq-mois-plus-tard-je-suis-toujours-sous-les-decombres.php