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mardi 10 avril 2012

Après le drame en région Parisienne : Cécile Untermaier s'exprime


LE VERSANT NOIR DE LA POLITIQUE DES CULTES
Dimanche de Pâques, 8 avril 2012 : dans la région parisienne, une église évangélique s'effondre sur les fidèles, tuant une fillette. La réaction des autorités ne s'est pas fait attendre : on a mis le pasteur en prison, en garde à vue plus exactement.
Ce fait divers dramatique illustre un aspect peu connu de la politique des cultes, laquelle relève du ministère de l'Intérieur, dont chacun connaît l'actuel titulaire. Les victimes - deux autres personnes ont été gravement blessées dans l'accident- appartiennent majoritairement à la communauté haïtienne. Comme les haïtiens, des ressortissants des autres Antilles ou d'Afrique affluent depuis quelques années à l'Eglise évangélique. Cette dernière fait partie intégrante de la Fédération protestante de France.
Autour de Paris ou dans les grandes villes, les adeptes de la confession évangélique sont parfois contraints, faute d'édifices de culte en nombre suffisant, de se réunir dans des locaux inappropriés et peut-être non conformes aux exigences de sécurité. Heureusement, dira-t-on, le propriétaire des lieux à lui aussi été placé en garde à vue.
Il n'est sans doute pas nécessaire d'épiloguer sur ces carences et les personnes qu'elles affectent, pas plus que sur la responsabilité de la puissance publique à qui elles incombent. Et pourtant... Si la liberté des cultes et le principe d'égalité figurent parmi les libertés fondamentales, leur universalité connaît, comme on le voit, certaines limites.
Cécile Untermaier : Conseillère générale du canton de Sennecey le Grand.
Vice-Présidente du conseil général (en charge de la culture)
Transmis par Daniel DERIOT
http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Apres-le-drame-en-region-Parisienne-_-Cecile-Untermaier-s_exprime,2303ab14f5ebd52a0dc78551b072aa2eb23438b8.html

Évangélistes de Stains : les questions après le drame

Seine-Saint-Denis
Vidéo -- L'enfant de deux ans et la femme de 42 ans gravement blessés lors de l'effondrement du plafond d'une salle de culte à Stains, dimanche, sont toujours en soins intensifs, avec un pronostic vital engagé. La trentaine d'autres fidèles, appartenant pour beaucoup à la communauté haïtienne, a été plus légèrement touchée.
Au lendemain du drame qui a coûté la vie à une fillette de six ans, la justice fait son travail. La polémique enfle aussi.
Le pasteur évangéliste et le propriétaire du local sont toujours interrogés dans le cadre d'une enquête de flagrance pour « homicide et blessures involontaires aggravés ». Les enquêteurs cherchent à déterminer si des responsabilités individuelles ou collectives peuvent être engagées en raison d'éventuels manquements aux règles de sécurité.
« Spontanée » l'église de Stains, n'était pas affiliée à une union établie - on compte en France 2 000 églises évangéliques ou paroisses, ainsi qu'au moins 500 lieux de cultes épisodiques.
Celui de Stains pouvait-il contenir sans danger, à plus de 2,50 m au-dessus du plancher des vaches, la grosse centaine de personnes présente en ce dimanche de Pâques ?

Neuf fois plus d'évangélistes qu'en 1950
Peu après l'accident, des élus locaux ont exprimé leurs doutes sur la conformité du local « pas fait pour ce genre de manifestation », a jugé hier, Michel Beaumale, maire PCF de Stains.
« Le préfet m'a dit que la commission de sécurité était passée. La question est de savoir combien de personnes étaient à l'étage » a déclaré hier, la députée de la circonscription, Marie-Georges Buffet. De son côté, le conseil national des Évangéliques de France (CNEF) a indiqué qu'il avait refusé d'accepter l'église de Stains en son sein, car le local n'était pas conforme aux normes de sécurité requises pour accueillir un grand nombre de fidèles.
La France compte environ 1,7 million de protestants, soit environ 3 % de la population. Mais sur les 600 000 « pratiquants réguliers », 460 000 seraient évangéliques, selon le CNEF. Leur nombre, important parmi les populations antillaise, africaine et asiatique, a été multiplié par neuf ces soixante dernières années.
http://www.ladepeche.fr/article/2012/04/10/1327649-evangelistes-de-stains-les-questions-apres-le-drame.html

PROUST TARDUIT EN CREOLE

Par BibliObs Un Haïtien qui créolise «la Recherche» et le spécialiste britannique de Perec: deux traducteurs intrépides parlent de la langue française, de l'humour, du business... bref, de leur métier.


BibliObs/  Guy Régis Junior, vous êtes en train de traduire «A la recherche du temps perdu» en créole. D’où cette idée vous est-elle venue?
Guy Régis Junior En 1986, après le départ de la dictature, les linguistes ont décidé de créer une graphie, de donner une forme standard à la langue créole. Une des premières traductions, c’est la Bible. J’ai remarqué comment la Bible a permis de fixer des langues.
David Bellos C’est le cas de l’Estonien, du gothique, de l’Islandais: les premiers textes qu’on connaît sont des traductions de la Bible. C’est même dommage.

G. Régis Jr Pourquoi dommage?
D. Bellos Parce qu’on aurait pu traduire des choses plus intéressantes. (Rires)
G. Régis Jr D’où la volonté de traduire des textes comme «la Recherche». Je voulais que le créole aille se confronter à un classique, voir comment il peut répondre.
D. Bellos L’été dernier je suis allé en Estonie, rencontrer le traducteur estonien de Perec. Il veut montrer que l’Estonien est assez riche pour accueillir une œuvre de cette envergure. En même temps, en prouvant la richesse de l’Estonien, il l’invente.
David Bellos, vous montrez dans «le Poisson et le bananier», votre histoire de la traduction, qu’il est difficile de définir l’activité du traducteur.
D. Bellos Ce qui distingue la traduction des autres usages de la langue, c’est qu’il y est interdit de passer outre ce qu’on ne comprend pas. C’est une contrainte assez récente, et très sévère. On passe notre temps à remplir les trous, un peu comme on veut. Il n’arrive jamais que deux personnes parlent la même langue.
Vous employez des expressions que je n’utilise pas et vice versa. Comment se fait-il que je vous comprenne? Parce que nous devons justement traduire. Si je vous dis quelque chose et que vous me le répétez mot pour mot, j’en conclurai que vous ne m’avez pas compris.
La traduction pose une question primordiale: comment se fait-il que des humains arrivent à s’entendre? Dans une réception à l’université, j’ai dit à un monsieur un peu rubicond et satisfait que je m’occupais de traduction. Il m’a répondu: «Ah ! La traduction, ce n’est jamais la même chose que l’original.» J’ai commencé à écrire une petite diatribe, et puis je me suis rendu compte du nombre d’idées reçues sur la traduction qu’il fallait balayer. L’enjeu étant de reconstruire une conception de la culture et de la civilisation à partir de cette activité assez mystérieuse.
S’il y a bien un domaine qui devient indispensable, c’est la traduction, avec la multiplication des échanges…
D. Bellos La traduction est partout. Elle est la nature même de notre civilisation. Il y a eu des civilisations sans traduction, le Japon de l’époque Edo, l’Albanie sous Hoxha. Les Romains s’intéressaient très peu à ce qui s’écrivait dans les autres langues. En Inde, jusqu’à récemment, on traduisait peu parce que tout le monde parlait cinq ou six langues. Mais la société européenne est fondée sur la traduction. Depuis plus de 1000 ans.
G. Régis Jr Les Haïtiens doivent beaucoup à la traduction. Il y a eu en Haïti deux actes d’indépendance, l’un en français, l’autre en créole. C’est un pays isolé, situé en Amérique, entouré d’autres pays hispanophones et anglophones. Si j’ai pu lire Gabriel Garcia Marquez qui vit non loin de chez moi, c’est par le français.

D. Bellos Et dans les écoles, quelle langue parle-t-on?
G. Régis Jr On pratique un bilinguisme torturé: les professeurs utilisent le créole pour faire comprendre le français, qui est de moins en moins parlé.
D. Bellos Je remarque que les écrivains haïtiens habitent de plus en plus à New York et à Montréal.

Guy Régis Junior, traduire Proust doit être une entreprise périlleuse…
G. Régis Jr C’est la confrontation de deux visions du monde différentes, de la langue source à la langue-cible. Dans une phrase, par exemple, Proust parle du «craquement organique des boiseries». Comment traduire ça en créole? Le mot «organique» n’existe pas. Le créole ne possède pas ces mots scientifiques. Pour traduire, j’ai dû composer: craquement, corps, bois. «Le craquement du corps de la maison.» Dans beaucoup de cas, je me cogne à ces divisions du monde par le vocabulaire. Les descriptions de personnages sont un casse-tête: le vocabulaire anatomique créole est assez imprécis. Par exemple, j’ai dû inventer un terme pour traduire le mot «joue».
D. Bellos En même temps, si ces deux langues étaient totalement différentes, rien ne passerait. Quand on importe quelque chose d’étranger, on l’importe avec son mot. Et les traducteurs français ne se sont pas gênés à enrichir la langue avec des mots comme café, tomate, bungalow, pyjama. Dans ce sens-là, la traduction est un grand vecteur de la création d’une langue. Le français s’est formé à l’école de la traduction de l’Italien, au XVIe siècle.

Fitzgerald, Döblin, Joyce, Freud: on retraduit beaucoup, ces temps-ci.
G. Régis Jr Jacques Outin disait à propos de «l’Homme sans qualités» de Musil que la traduction d’un livre pareil doit se faire tous les vingt ans.
D. Bellos Heureusement, ça n’est pas le cas. La grande majorité des livres ne sont traduits qu’une fois. Le plus souvent, ces retraductions sont des opérations purement commerciales. Après, chacun a le droit de ne pas aimer une traduction existante, et d’avoir envie de retraduire. Je reçois énormément de courrier de lecteurs, et je vous assure qu’il y a des retraducteurs de Kafka dans chaque chaumière d’Angleterre et dans tous les lofts new-yorkais.

David Bellos consacre un chapitre à la traduction de l’humour. Le rire passe-t-il la barrière de la langue?
G. Régis Jr Je me suis souvent posé la question: a-t-on le même humour partout? Quand je regardais la télévision française en arrivant d’Haïti, je ne comprenais pas tout. Petit à petit, j’ai intégré les mimiques, les jeux de mots.
D. Bellos Oui, mais il y a un effort à faire. On pose souvent la question, mais il faut rappeler que l’humour est une denrée périssable. J’ai beaucoup pratiqué Balzac: il a un sens de l’humour formidable, mais il faut l’apprendre. Je trouve très difficile de le partager avec des étudiants d’aujourd’hui. Ils le trouvent rasoir. L’humour de Shakespeare est devenu incompréhensible. Il faut bien des conférences et des notes en bas de page pour arriver à dire: «Ah ! Ca, c’est un jeu de mot !»

Quel est le texte qui vous a donné le plus de mal?
D. Bellos Dans «la Vie mode d’emploi» de Perec, au chapitre 51, il y a ce compendium qui compte 179 vers, chacun étant un résumé de ce qui est raconté ailleurs dans le roman. Et il se fait que chaque vers compte exactement le même nombre de caractères et d’espaces. Pire encore: dans la première soixantaine, qui comporte soixante caractères par vers, il y a une lettre qui se reproduit en diagonale - la dernière lettre de la première ligne est la même lettre que l’avant-dernière lettre de la seconde ligne, etc. Je ne pouvais pas refuser de traduire cela. J’ai mis un certain temps à trouver le moyen de le faire. Je ne sais pas si c’était le plus difficile, parce que c’était une difficulté technique. Il y a des paragraphes où quelque chose se passe, qui n’est pas formulé. Une dynamique. Lorsqu’on ne la trouve pas, on doit recommencer, et c’est assez difficile de savoir ce qu’on a loupé. Je parlais de Balzac: j’ai récemment essayé de le traduire. J’ai vite renoncé.
G. Régis Jr C’est étonnant que vous parliez de paragraphe, parce que je me suis plusieurs fois fait la réflexion que le paragraphe est la cellule, l’unité de la traduction. Ce n’est pas la phrase.
D. Bellos Le paragraphe est important: il est par exemple admissible de changer le nombre de phrases, et de déplacer des éléments d’une phrase à l’autre à l’intérieur du même paragraphe. Au-delà, on entre dans la réécriture.
Guy Régis Junior, quel est le texte qui vous a donné le plus de fil à retordre?
G. Régis Jr J’ai traduit «l’Etranger», et tout le monde part du principe que le style de Proust est plus complexe. Mais Camus écrit au passé composé… temps qui n’existe pas en créole.
D. Bellos Ainsi que dans la plupart des langues… Je n’aime pas trop ces distinctions entre les styles simples et les styles complexes, les romans et les articles de presse, etc. Chaque acte de traduction possède ses complexités. Dans la traduction littéraire, réputée plus difficile, il n’y a pas ou peu de contrainte de temps. Dans la plupart des autres exercices, en revanche, le traducteur doit aller vite. Autre exemple: ça ne fait rien si un roman, une fois traduit, est rallongé en nombre de signes de 15 ou 20%. Alors que dans la bande-dessinée, dans le sous-titrage, le doublage, dans les traductions de contrats, il y a des longueurs requises, et ces contraintes font appel à des compétences très différentes.

Vous qui le confrontez quotidiennement à d’autres langues, que pensez-vous du français?
D. Bellos C’est une langue assez pauvre. Vous avez quasiment aboli vos patois. Mais le français reste une langue absolument centrale à l’échelle planétaire: en France on traduit beaucoup, et c’est formidable. On ne peut pas en dire autant de l’anglais. Moins de 3% des livres qui sortent dans la librairie anglaise sont traduits. On compte une dizaine de romans traduits du français à l’anglais chaque année.
Pourtant, malgré le peu de traduction, l’anglais vit et évolue, peut-être plus que la langue française. Cela va contre l’idée qu’une langue s’enrichit principalement par la traduction…

D. Bellos Ce qui se passe, c’est que l’anglais est une langue choisie par des écrivains d’autres langues. Certainement le cas des écrivains francophones des Antilles. Maryse Condé dit que si elle avait 50 ans de moins, elle aurait choisi d’écrire en anglais. L’allemand joue ce rôle pour les écrivains japonais, mongoles, turcs et autres. Il y a ce qu’on appelle une littérature exophone en allemand. Ca a été le rôle du français pendant des siècles. Le français était la langue de culture et une bonne partie de la littérature française du XXe siècle a été écrite par des gens qui venaient d’ailleurs. Ce rôle risque d’être obscurci par l’attraction de l’anglais, et de l’allemand pour des raisons plus obscures. La France devrait y prendre garde: elle n’est plus la seule langue au monde que les intellectuels et les écrivains désirent.

G. Régis Jr Il y a explication. Il y a aujourd’hui une distinction radicale, qui n’existait pas du temps de Beckett et de Ionesco, entre la littérature francophone et la littérature française. Quelqu’un comme Salman Rushdie, dont l’anglais n’est pas la langue maternelle, n’est pas considéré par les écrivains anglophones comme un écrivain hors-langue.
D. Bellos Je n’ai jamais vraiment compris le sens du terme «francophone». Quand je vois la façon dont il est employé, je me demande s’il ne désigne pas la littérature en français écrite par des Noirs.

On découvre dans votre livre que la France est le seul pays à utiliser la mention du type: «En français dans le texte» quand quelque chose est écrit dans sa langue. Pourquoi?
D. Bellos Très simple: c’est une version alternative de votre «cocorico».

Quelque chose à ajouter?
D. Bellos Je demanderais volontiers à mon confrère de dire un peu de Proust en créole.
G. Régis Jr Commençons par le commencement: «Lontan mwen konn kouche bonè. Pafwa, annik balèn mwen etenn, de je mwen fèmen si tèlman vit, mwen pat menm gen tan pou leve ta di tèt mwen : ‘’O ! mwen dòmi.’’»

Propos recueillis par David Caviglioli
Le Poisson et le Bananier, par David Bellos,
traduit par Daniel Loazya,
Flammarion, 394 p., 22,90 euros.

=> Faut-il retraduire les chefs-d'oeuvre?
Source: Ceci est la version complète de l'entretien paru dans "le Nouvel Observateur" du 29 mars 2012.
http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20120406.OBS5667/proust-en-creole.html

Doutes sur la conformité du lieu de prière de Stains

Drame L'effondrement d'un plancher a coûté la vie à une fillette, dimanche
«On sentait parfois que le plancher bougeait. » Malgré sa jambe fracturée, cette jeune Haïtienne est retournée lundi devant le pavillon de Stains (Seine-Saint-Denis), où le 1er étage s'est effondré dimanche sous la masse de la centaine de fidèles de la communauté évangélique venus célébrer Pâques. Une fillette de 6 ans est décédée et 32 personnes ont été blessées, dont deux grièvement.
Des travaux récents
Selon les premiers éléments de l'enquête, l'origine du drame est « la rupture d'une poutre maîtresse » sous le « poids des participants », a indiqué le procureur adjoint de Bobigny. Le pavillon, situé dans une zone industrielle, avait fait l'objet récemment de travaux pour agrandir la capacité d'accueil au 1er étage. D'après la mairie, les services municipaux auraient verbalisé en 2008 le propriétaire du bâtiment pour avoir réalisé un étage supplémentaire sans autorisation. « La maison est juste à côté du chemin de fer. Quand le TGV ou les trains de marchandises passent, les murs tremblent », témoigne un riverain. Pour les institutions évangéliques, ce drame illustre le manque de lieux de cultes mis à disposition des croyants. « Le coût du foncier ne permet pas aux fidèles d'acquérir des lieux adaptés », explique Thierry Le Gall, membre du Conseil national des évangéliques de France. Et selon lui, « certains maires refusent catégoriquement de prêter ou de louer des salles au nom du principe de laïcité ». Un évangélisme des caves existerait-il en France ? « Faute de trouver mieux, ils investissent parfois des lieux nauséabonds », témoigne le pasteur Emmanuel Toussaint, président du Consistoire mondial protestant haïtien. En France, 460 000 personnes seraient évangéliques. Un chiffre multiplié par neuf ces soixante dernières années.
Un juge d'instruction doit être nommé ce mardi matin. Par ailleurs, les gardes à vue du propriétaire du bâtiment et du pasteur ont été prolongées lundi en début de soirée.
WILLIAM MOLINIé
http://www.20minutes.fr/article/913611/doutes-conformite-lieu-priere-stains

Haïti : L’heure de vérité pour le premier ministre Laurent Lamothe

10/04/2012Le rapport de la commission sur sa nationalité sera présenté ce mardi La commission spéciale chargée d’étudier le dossier du premier ministre désigné, Laurent Lamothe, présentera ce mardi 10 avril 2012 son rapport à l’assemblée des sénateurs, a t-on appris.
Dans un premier temps, cet exercice devait se faire le 3 avril dernier. Le retard pris par la commission spéciale a été la raison évoquée pour le report de cette séance. Toutefois 3 des membres de la commission n’ont pas paraphé le document déposé le 3 avril 2012. Il s’agit des sénateurs Jean William Jeanty, Francky Exius et Jean-Baptiste Bien-Aimé. Ces derniers ont notamment évoqué la non-prise en considération de leur réserve sur la nationalité et la résidence de Lamothe. Cette commission spéciale est composée entre autres de deux anciens présidents du Sénat : Rodolphe Joazile, Kelly Clédor Bastien.
Le 16 mars 2012, Lamothe avait remis un lot de 58 documents à la commission d’étude de son dossier. Ses passeports ont été étudiés par deux commissions, l’une sur la nationalité des membres de l’exécutif et l’autre chargée de l’évaluation de sa candidature comme premier ministre de la république.
Des sénateurs, dont Anacacis Jean-Hector (département de l’Ouest), ont accusé certains de ses collègues d’avoir promis leur vote à Lamothe, ministre démissionnaire des affaires étrangères et des cultes, en contrepartie de fortes sommes. Ce que Lamothe n’a pas hésité à faire car il est un « tout moun jwenn » (en français : tout le monde sort gagnant), selon les déclarations d’Anacacis sur certains médias de la capitale.
Né en 1972, Laurent Lamothe prône une diplomatie d’affaires et est considéré comme l’un des hommes forts de Martelly dont il a d’ailleurs financé la campagne électorale. Il a déjà le soutien de plusieurs membres du grand corps.
Le pays est sans gouvernement régulier depuis le 24 février, lorsque l’ancien premier ministre Garry Conille a démissionné après seulement quatre mois à la primature. Les relations tendues avec Michel Martelly, ancien chanteur de Sweet Micky devenu Président de la république, et la rébellion de son cabinet ministériel (dont faisait partie Laurent Lamothe) auraient été les raisons de son départ.
Pour être nommé premier ministre, au regard de l’article 157 de la constitution haïtienne il faut entre autres être Haïtien d’origine et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité, être âgé de 30 ans accomplis, être propriétaire en Haïti et y résider depuis 5 années consécutives.
Une fois l’étape du Senat franchie, Lamothe devra attendre le vote de la chambre des députés avant de prononcer sa déclaration de politique générale devant le parlement en chambres séparées.
http://www.alterpresse.org/
http://www.grioo.com/ar,haiti_l_heure_de_verite_pour_le_premier_ministre_laurent_lamothe,22375.html


L’angoisse, puis le deuil. L’accident de Stains a fait une seconde victime. La femme de 42 ans transférée dans un état grave à l'hôpital Beaujeon de Clichy a succombé à ses blessures. La quadragénaire est décédée mardi matin à 10h40, selon une source proche de l’enquête citée par «Le Parisien».
Dimanche, une communauté évangéliste haïtienne célébrait Pâques au premier étage d’un pavillon de la commune, transformé en lieu de culte. En ce jour de fête, entre 100 et 150 fidèles de l'église «Armée des combattants pour Christ nouvelle Jérusalem» s’étaient rassemblés. Vers 14h30, dans un fracas épouvantable, le plancher de la bâtisse s’est effondré.

Une trentaine de victimes
Une fillette de 6 ans a péri écrasée sous les décombres. Grièvement blessée, la femme de 42 ans avait été transportée en urgence vers l’établissement hospitalier des Hauts-de-Seine. Également dans un état critique, une petite fille de 2 ans a été prise ne charge à l’hôpital Necker de Paris. Mardi, son pronostic vital était toujours engagé. L’accident a fait une trentaine de blessés.
Le maire de la commune, Michel Beaumale, a déclaré sur France 2 que le bâtiment n’était pas adapté à ce genre de manifestation. «Il semble à peu près certain qu'il n'y a jamais eu de déclaration [du local comme lieu de culte] ou que ce bâtiment n'a jamais fait l'objet d'une visite par une commission de sécurité.» Les services de la ville auraient constaté en 2008 que des travaux d’extension avaient été réalisés sans autorisation, ce qui aurait abouti à un procès-verbal.
L'enquête* a été confiée au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Seine-Saint-Denis ainsi qu’à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) à Paris. Le gérant de la société civile immobilière propriétaire des locaux et le pasteur organisateur de l’événement qui officiait ont été placés en garde à vue dimanche soir.
«Des perquisitions sont actuellement en cours»
«Selon un premier rapport, établi par l’architecte, qui a été requis par le parquet hier […] il apparaît que le plancher s’est effondré à la suite de la rupture d’une poutre maîtresse, a déclaré lundi après-midi le procureur adjoint de la République de Bobigny, Anne Kostomaroff. Il apparaît également que le plancher constitué de plaques d’aggloméré n’a pas supporté la charge occasionnée par l’événement.»

L’adjointe a indiqué que les gardes à vue des deux hommes seraient prolongées. «Des perquisitions sont actuellement en cours dans différents locaux de la région parisienne, a-t-elle indiqué. Il apparaît nécessaire de recueillir des éléments techniques supplémentaires concernant la construction et l’exploitation de ces locaux, et d’entendre les deux personnes gardées à vue sur les éléments recueillis.» Une information judiciaire doit être ouverte ce mardi.
* Une enquête pour «homicide involontaire et blessures involontaires aggravés par la violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence imposée par la loi ou le règlement» a été ouverte dimanche.
http://www.parismatch.com/Actu-Match/Societe/Actu/Stains.-La-femme-de-42-ans-a-succombe-a-ses-blessures-388552/

BONJOUR ET BONNE JOURNEE...LE 10 AVRIL 2012

Bonjour et bonne journée

Aujourd’hui 10 avril 2012 !
C’est quand même pas mal d’avoir eu un jour de congé.
Quand ce jour tombe lundi, c’est carrément le pied ! Pour ceux qui ne travaillent pas le samedi c’est vraiment le top. Ici on dit le pont ! On a le temps de faire le tour du monde.
Dimanche soir, un présentateur d’une émission sportive diffusée sur les ondes d’une chaîne cryptée, a eu à faire une blague en rappelant les gens que s’ils ne travaillaient pas le lendemain, c’était grâce à Jésus. Même sous la couverture d’une plaisanterie je pense que ce fut de bon ton rappeler quand même que le dimanche de pâques rappelle la résurrection du Christ.
Définitivement ces jours m’ont fait un bien fou. J’ai pu me reposer sans pression ; sans me creuser la tête pour savoir où j’allais passer le week-end de pâques.
J’ai fait dimanche et lundi canapé-ordi-télé.
Le week-end de Pâques n’aura pas été cette année synonyme de résurrection et de rédemption pour beaucoup de gens. La lecture de certaines dépêches a remis sur la sellette, cette facette assez rude de la réalité du monde. Il y a eu des massacres au Nigéria, un accident de la circulation avec plus de 27 morts à Morne Tapion à Petit Goâve, un mort au cours de la célébration du culte de résurrection consécutif à l’effondrement du plancher du lieu du culte près de Seine Saint Denis en banlieue parisienne. La congrégation fait partie de la communauté haïtienne.
J’ai trouvé un peu dur d’accepter que l’on puisse mourir pendant la célébration de la victoire de la vie sur la mort et sur le pêché. Mais, semble-t-il, la vie est ainsi faite. La mort fait bien partie de la vie !
Pour essayer de changer de sujet, je me suis réfugié dans l’histoire d’Haïti en me plongeant dans les éphémérides. Là, j’ai appris que le 10 avril 1810, le Général Simon Bolivar laissait la ville de Jacmel d’Haïti pour relancer son combat en faveur de l’émancipation des pays de l’Amérique du Sud de la domination espagnole.
En effet après maintes déboires et une déception venant des instances anglaises qui au dernier moment n’ont pas voulu lui prodiguer l’aide promise, Simon Bolivar avait fait un séjour à Jacmel et a été reçu en héros. Il reçut du Président Pétion Pour plus d’informations à ce sujet, je recommande le travail de l’historien Jean Julien, qui reprit dans des CD formidables toute l’histoire d’Haïti en créole dans une édition qui commémore le bicentenaire de l’indépendance d’Haïti.
Celui-ci raconte que parmi les cadeaux offerts par le chef d’Etat haïtien se trouvait une imprimerie. Simon Bolivar demanda à son homologue haïtien ce que lui, il voudrait avoir comme cadeau en guise de reconnaissance. Pétion lui demanda de libérer sur son passage, tous les noirs qui se trouveraient encore sous le joug de l’esclavage. Et selon ce que rapporte Jean Julien, le premier document édité et imprimé par la machine offerte par Alexandre Pétion fut justement un décret annonçant l’abolition de l’esclavage.
Les rapports entre Haïti et les pays libérés par l’illustre Simon Bolivar n’ont pas connu que des hauts. En fait lors de la première réunion des Etats de l’Amérique, pour donner le premier élan au mouvement regroupant les nations de l’Amérique, le fameux Pan américanisme, Haïti n’a pas été invitée !
Le chancelier vénézuélien, un certain Revenga ne trouva pas d’excuses ni de justifications valables pour expliquer l’absence d’Haïti.
Dans un premier temps, il aurait dit que cela ne concernait que les pays de l’Amérique du Sud. Cet argument ne tint pas beaucoup car il y avait des nations européennes comme le Danemark par exemple.
Après il aurait avoué qu’il ne voyait pas d’un bon œil d’entretenir avec Haïti les mêmes relations que le Venezuela entretenait avec les nations civilisées.
Je vous laisse, amis lecteurs le choix de tirer vous-mêmes vos propres conclusions.
Fort heureusement, la situation a changé depuis. Haïti reçoit du Venezuela en particulier un traitement particulier. Ce traitement s’est encore intensifié dans le bon sens avec l’administration du président Hugo Chavez.
La moralité de cette histoire c’est que nous autres les haïtiens, sans tomber dans la victimisation, nous n’avions pas toujours été bien vus par les autres.
Que des noirs aient poussé une révolution jusqu’à créer une nation, une République noire indépendante en libérant les noirs de l’esclavage, ne fut pas considéré comme une attitude de peuple civilisé.
Des abus de pouvoir, les raisons des plus forts, ont contribué à nous humilier et à expliquer en partie, en grande partie la réalité que nous vivons aujourd’hui.
Chercher à travers les pages de l’histoire les affaires Luders et Rubalcava. Renseignez-vous sur les retombées de la création de la première banque de la République d’Haïti.
Quelqu’un disait que l’histoire est un mensonge que personne ne conteste.
Et si c’était vrai ?
En attendant, merci d’être encore des nôtres.
Bonne lecture et bonne journée.
JJ
Sources: AFHES http://www.afhes.org/