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dimanche 13 juin 2010

HAITI INVITEE AU G8 DU 25 et 26 JUILLET

Publié le 13 juin 2010 à 13h47 G8: des leaders invités à une réunion spéciale
Agence France-Presse.- Montréal
Le premier ministre canadien Stephen Harper a annoncé dimanche qu'il avait invité des leaders africains, sud-américains et des Caraïbes à participer à une réunion spéciale du sommet du G8, a-t-on appris de source officielle.
Les invités sont des dirigeants de l'Algérie, l'Égypte, l'Éthiopie, le Malawi, le Nigeria, le Sénégal, l'Afrique du Sud de même que la Colombie, la Jamaïque et Haïti.
«C'est une longue tradition qu'au G8 on élabore des solutions crédibles aux défis mondiaux en partenariat avec l'Afrique et d'autres partenaires de la communauté internationale» a expliqué le premier ministre canadien dans un communiqué qui précise son intention «d'élargir la représentation et de maximiser les résultats concernant les enjeux internationaux en matière de développement ainsi que de paix et de sécurité».
Selon le communiqué, le but est de recueillir «un point de vue mondial» avant de prendre des décisions.
Le sommet du G8, qui réunit les leaders des pays les plus industrialisés (Canada, France, l'Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et États-Unis) ainsi que des représentants de l'Union européenne se tiendra les 25 et 26 juin à Huntsville, en Ontario.

Sous des tentes de fortune, les Haïtiens à l'heure du Mondial

Publié le 12 juin 2010: - Agence France-Presse

Agglutinés sous des tentes en plastique, les yeux rivés sur un tout petit écran, de jeunes Haïtiens vibrent au rythme des passements de jambes et des tirs des vedettes de la Coupe du monde sud-africaine.
«C'est un rare moment de détente pour nous après la catastrophe qui a frappé Haïti le 12 janvier», estime Pierre-Junior, tirant sur une cigarette, un verre d'alcool à ses pieds.
Chaque spectateur admis sous la tente du Parc Sainte-Thérèse, transformé en centre d'hébergement, a payé 5 gourdes (8 cents) pour suivre un match, agrémenté de musique par un DJ qui cherche à gagner sa vie en transformant sa modeste demeure en stade improvisé.
A l'entrée du camp, des adolescents tapent dans un vieux ballon, parodiant la compétition pour laquelle Haïti ne s'est qualifié qu'une fois, en 1974.
Mais Denilson, 11 ans, baptisé en hommage au footballeur brésilien, rêve de jouer un jour dans un grand stade. «J'espère qu'à 18 ans je pourrai jouer la Coupe du monde», insiste-t-il, les pieds nus sur le terrain poussiéreux sous un soleil de plomb.
Cinq mois après le séisme qui a ravagé Haïti faisant plus de 250 000 morts et près de 1,5 million de sans-abri, les Haïtiens veulent profiter de ce mois de foot pour se détendre et «oublier notre quotidien de misère», dit Jennifer, 20 ans. «Il n'y a pas d'amusement dans le pays, alors je vais en profiter, après on verra», ajoute-t-elle, le regard timide.
Atmosphère de fête
Dans les rues de Port-au-Prince encore jonchées de décombres, les jeunes ont établi «leur base» et décoré leurs quartiers aux couleurs de leurs sélections favorites.
Le gouvernement a promis de placer des écrans dans les sites d'hébergement de la capitale afin de permettre aux déplacés de suivre les rencontres, mais ces équipements tardent à venir. «Le président ne pense pas vraiment à nous. (René) Préval ne se soucie pas de son peuple», dit un spectateur.
Dans les rues, les véhicules sont parés de petits fanions et les motos taxis qui envahissent les avenues encombrées de la ville sont peints aux couleurs des équipes, créant une atmosphère de fête dans un pays qui se prépare à vivre une saison cyclonique menaçante après avoir souffert d'un séisme qui a dévasté l'économie la plus faible du continent américain.
Il n'empêche. Une centaine d'Haïtiens ont acheté des billets pour les matches en Afrique du Sud, selon la Fédération haïtienne de Football (FHF), qui a elle-même envoyé une délégation de trois membres.
Et pour le reste de la population, les nombreuses radios et les chaînes de télévision de la capitale avaient déjà lancé les festivités en proposant de longues émissions reprises des chaînes françaises. Elles promettent d'assurer la retransmission de l'intégralité de la compétition.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201006/12/01-4289448-sous-des-tentes-de-fortune-les-haitiens-a-lheure-du-mondial.php

Magali Comeau Denis: Haïti, mon amour

Nathalie Petrowski, La Presse
Publié le 12 juin 2010 .-
Invitée du FTA pour l'événement Une journée pour Haïti qui aura lieu aujourd'hui à l'Usine C, Magali Comeau Denis est une femme passionnée qui s'enflamme dès qu'il est question de ce pays où elle est née et où elle a toujours vécu, refusant même d'aller étudier aux États-Unis comme ses huit frères et ses soeurs.
Je veux faire de Haïti le premier pays Wi-Fi au monde, a annoncé Bill Clinton. Quand Magali Comeau Denis l'a entendu, elle a souri: un sourire narquois où la lassitude se retenait pour ne pas verser dans l'amertume. «Le Wi-Fi, c'est bien, mais disons qu'il y a des choses plus urgentes comme la faim, les écoles fermées, les débris et un million de personnes vivant dans des tentes qui ne résisteront pas à la saison des pluies. Pouvez-vous me dire quelle est l'adéquation entre cette promesse de WiFi et la capacité de transformer la condition des gens? J'aimerais bien qu'on me l'explique», lance Magali Comeau Denis, sur une terrasse de la rue Laurier.
Comédienne de théâtre dans un pays où tous les théâtres ont fermé, Magali est aussi une militante politique influente et a siégé à titre de ministre de la Culture de 2004 à 2006 dans le gouvernement intérimaire du président Latortue. Le jour du séisme, elle était en réunion avec la ministre de la Culture Marie-Laurence Jocelyn-Lassegue, dont elle est la conseillère spéciale. La ministre venait de prendre un appel dans une autre pièce et Magali dirigeait les travaux avec son cabinet quand la terre a tremblé et que tout s'est effondré. Elle ne se souvient de rien, sinon qu'elle tentait désespérément de pousser une porte avec ses pieds pendant qu'à quelques mètres d'elle, le jeune chef de cabinet de la ministre gisait, mort.
Mais Magali répugne à parler d'elle-même, sans doute parce qu'elle a eu la chance que des millions d'Haïtiens n'ont pas eue. Sa maison a tenu le coup et elle n'a perdu aucun de ses quatre enfants ni aucun de ses proches.
En février dernier, en recevant la lettre de la directrice du FTA, Marie-Hélène Falcon, l'invitant à participer avec Pol Pelletier et Christiane Pasquier à une journée de théâtre et de solidarité pour Haïti à Montréal, elle n'a pas hésité. «J'ai dit oui tout de suite parce que je savais qu'en juin, les gens auraient commencé à nous oublier. Nous avons trop l'habitude des coups de coeur éphémères et cette fois-ci, nous avons plus que jamais besoin d'amitiés profondes et durables.»
Magali n'a pas joué au théâtre depuis deux ans. Il y a deux ans, elle devait d'ailleurs venir à Montréal jouer un des trois monologues du spectacle Amour, colère et folie d'après le roman de l'écrivaine haïtienne Marie Vieux-Chauvet. Pour des raisons financières, la tournée est tombée à l'eau. Magali est retournée en Haïti et en désespoir de cause, elle a organisé dans son village natal, une lecture publique d'Amour, colère et folie.
Ce fut la première et la dernière fois que les Haïtiens ont pu entendre résonner les mots d'une écrivaine réduite au silence par le régime Duvalier. Marie Vieux-Chauvet a écrit le roman dans les années 60 avant d'être publiée chez Gallimard grâce à Simone de Beauvoir. Mais la famille de Chauvet a pris peur et est intervenue auprès de l'éditeur pour racheter tout le stock du livre et en interdire la vente.
Quelques rares exemplaires du roman ont continué à circuler sous le manteau. «Ce livre est devenu une légende, mais sa légende l'a écrasé et en a fait un livre politique alors que c'est avant tout une oeuvre littéraire et iconoclaste, explique Magali. Pour Marie Vieux-Chauvet, la libération passe autant par l'esprit que par le corps. Elle parle de masturbation et des cartes postales pornographiques qu'elle garde cachées sous son lit et elle dénonce aussi bien la dictature que la bourgeoisie qui négocie avec elle.»
Cinq mois jour pour jour après le séisme qui a dévasté Haïti, les mots de Marie et la voix de Magali résonneront à Montréal, preuve éclatante que même si la reconstruction tarde, Haïti est toujours debout.
Une journée pour Haïti, à l'Usine C, d'après le roman de Marie Vieux-Chauvet Amour, colère et folie. Avec Magali Comeau Denis (Amour, à 14h), Christiane Pasquier (Colère, à 16h30) et Pol Pelletier (Folie, à 19h30).
http://www.cyberpresse.ca/arts/spectacles-et-theatre/theatre/201006/12/01-4289414-magali-comeau-denis-haiti-mon-amour.php
Commentaires:
Un autre des multiples sujets sur le drame haïtien: la place et l'action des plus capables dans la gestion du pays. Aujourd'hui conseilère principale de la ministre de la Culture, hier elle-même ministre de la Culture, on a du mal à voir les modifications et les empreintes de ces cadres haïtiens.
Le gouvernement de transition gérée par Monsieur Latortue regorgeait d'intellectuels de renom qui aujourd'hui ne cessent de hurler, râler et pestiférer. Cependant quand ils étaient proches des affaires on les a entendus très peu. Et on n'a surtout pas senti ni leurs griffes ni leurs pattes en matières d'influence. Il faudra un jour que quelqu'un daigne définir l'amour pour Haïti!