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dimanche 19 février 2012

Haïti: Génération séisme

Le Nouvel Observateur

Deux ans après la catastrophe du 12 janvier 2010,
la romancière Yanick Lahens souligne que le peuple haïtien
 fait preuve d'une "sagesse collective, qui est qu'on vit
sans illusions et sans renoncement". (©Hector Retamal - AFP)
 DE NOTRE ENVOYE SPECIAL EN HAITI. Deux ans après la catastrophe du 12 janvier 2010, une nouvelle vague d'écrivains confirme l'extraordinaire vitalité de la littérature haïtienne. Reportage de Grégoire Leménager à l'occasion du festival Etonnants Voyageurs.
Deux ans après la catastrophe du 12 janvier 2010, la romancière Yanick Lahens souligne que le peuple haïtien fait preuve d'une "sagesse collective, qui est qu'on vit sans illusions et sans renoncement". (©Hector Retamal - AFP)

La nuit est tombée sur Port-au-Prince. Dans la cour bondée de l'Institut français, plus personne ne semble entendre les inévitables Klaxon venus de la rue: Dany Laferrière, Alain Mabanckou, Arthur H et Michel Le Bris parlent de la «force magique des mots». Ailleurs, c'est le genre de réjouissances qui attire d'augustes rombières, des expatriés, des notables locaux. Pas en Haïti.
Comme pour toutes les rencontres organisées par le festival Etonnants Voyageurs, le public est surtout composé de jeunes gens d'une vingtaine d'années qui se disent poètes et plus ou moins étudiants, vivent de petits boulots, trimballent leurs vers sur des feuilles volantes, posent des rafales de questions en vous citant Baudelaire, Kateb Yacine, George Steiner, Gabriel García Márquez, Maurice Grevisse. Et tant pis s'il n'y a que 200 chaises. On se tient sur les côtés, au fond, accroupi, debout, pour écouter Laferrière avec des yeux qui brillent de recueillement, d'admiration et de convoitise.
«Tu vois? chuchote l'écrivain haïtien Rodney Saint-Eloi.Tu vois comme tous ces garçons regardent Dany? Ils se voient à sa place dans dix ans, ils veulent être Dany Laferrière: un nègre respecté qui prend l'avion et peut baiser des femmes blanches.»
Sagesse collective
Tout autour, c'est Port-au-Prince, son vacarme, ses gravats, ses 3 millions d'habitants, ses bidonvilles à flancs de morne, son palais présidentiel effondré depuis deux ans, ses tentes où vivent encore 500.000 personnes (contre 1,5 million en janvier 2010) et ses embouteillages de taps-taps multicolores proclamant que «L'homme propose, Dieu dispose», que «Gloire n'est pas maître de son souffle», et qu'«Avec Dieu tout va bien». Dans cette «ville écrite», comme dit Laferrière, c'est simple, l'Eternel n'a qu'un rival: Digicel, l'opérateur téléphonique dont les lettres s'impriment sur le moindre parasol.
Il y a bien, souligne la remarquable Yanick Lahens, cette «sagesse collective qui est qu'on vit sans illusions et sans renoncement», avec en province de très fructueuses initiatives comme celle de jeunes producteurs de «fleurs coupées» qui ont installé des serres dans la montagne. Mais tout autour, c'est encore le retour du fils Duvalier, la tutelle internationale renforcée et les 4 x 4 des ONG, qui, selon Emmelie Prophète, dépensent n'importe comment l'argent donné pour Haïti.

Un peuple de poètes
Dans une ville où le seul cinéma encore debout, le mythique Eldorado, cherche de l'argent pour enfin rouvrir ses portes, le métier d'écrivain a de quoi faire rêver ceux qui ont eu la chance d'apprendre à lire (on compte officiellement 50% d'analphabètes). Mieux: à Paris, Nice ou Lisieux, la conseillère d'orientation ferait tout pour dissuader un gamin d'espérer vivre de sa plume; ici, avec un chômage qui touche les deux tiers de la population, cette vocation ne semble pas plus absurde qu'une autre. Au contraire. Le «peuple de peintres» salué par Malraux est aussi un peuple de poètes.


Né en 1936, de son vrai nom Franck Etienne, FRANKETIENNE
 est poète, peintre, comédien, théoricien du «spiralisme»…
 Il vient de publier une refonte de son grand livre,
«l’Oiseau schizophone» (Vents d’ailleurs), et prépare
un nouveau spectacle, avec quatre musiciens,
dans lequel il danse et chante. Ce «Délire du prédateur déchu»
se veut une réponse aux «Monologues du vagin». (©Sipa)







Car sa littérature n'est pas seulement riche d'une tradition enviable où se sont succédé Jacques Roumain, Jacques Stephen Alexis, Marie Chauvet ou René Depestre. Elle ne compte pas seulement 180 poètes en activité, dont certains sont particulièrement vénérés, comme Anthony Phelps, Georges Castera ou Frankétienne, qui a été sacré «trésor national vivant» en 2006 et répète ces jours-ci un spectacle consacré au pénis, ce «prédateur déchu».
Elle connaît aussi, dit Louis-Philippe Dalembert, «un véritable boom depuis une dizaine d'années»: avec la fin des dictatures a émergé une génération moins soumise à l'impératif de l'engagement; et jamais autant d'auteurs n'ont publié si régulièrement en France, de Yanick Lahens (Ed. Sabine Wespieser) à Laferrière (Grasset), en passant par Kettly Mars (Mercure de France), Marvin Victor (Gallimard), Gary Victor (Vents d'ailleurs) ou encore Lyonel Trouillot, finaliste du dernier Goncourt avec sa «Belle Amour humaine» (Actes Sud).
«Le 12-Janvier», comme on dit «le 11-Septembre»
« Le séisme accentue ce phénomène, poursuit l'encyclopédique Dalembert. Sous Duvalier, ce sont les exilés qui publiaient à l'étranger, leurs livres arrivaient ici sous le manteau, il y avait une coupure entre littératures du dedans et du dehors. Vingt-cinq ans après, ça n'est plus le cas, mais à l'étranger on veut désormais plutôt des auteurs de l'intérieur: de l'authenticité, de l'exotisme et du misérabilisme. Le séisme apporte ça. Nous ne devons pas être prisonniers de ce regard de l'Occident.»
Dalembert, qui vit actuellement à Paris, met donc un point d'honneur à publier aussi bien des textes en créole aux Presses nationales d'Haïti que des romans se déroulant loin de l'île, comme en France dans «Rue du Faubourg Saint-Denis» (le Rocher), ou en Afrique dans «Noires Blessures» (Mercure de France).

Née en 1953, YANICK LAHENS est notamment l’auteur
de «la Couleur de l’aube» (Sabine Wespieser, prix RFO 2009).
Très active en Haïti, elle a créé plusieurs bibliothèques
dans des camps de rescapés du séisme.
(©Gaël Le Ny / Etonnants Voyageurs)
Il n'est pas le seul à se poser ces questions que «le 12-Janvier», comme on dit «le 11-Septembre», a brutalement ravivées. D'autant que tous ou presque ont éprouvé, à l'exception notable de Trouillot, un violent besoin d'écrire sur le séisme à un moment ou à un autre. Voir le beau «Failles», de Yanick Lahens, «Haïti, kenbe la!» de Rodney Saint-Eloi (Michel Lafon), ou encore le roman que rédige actuellement Kettly Mars sur les 100.000 rescapés toujours entassés dans le camp de Canaan.
Certains n'ont pas attendu: quinze minutes après le tremblement de terre, Laferrière dégainait son carnet pour noter ce qui est devenu «Tout bouge autour de moi». D'autres n'ont d'abord pas pu sortir une ligne, comme Christophe Charles: «Je ne suis pas un sprinter comme Dany Laferrière, je suis plutôt un marathonien. Ce n'est que plus tard que j'ai pondu un malheureux poème, "Goudougoudou". Mais un roman pourra peut-être en sortir.»

Gary Victor, un des plus lus ici grâce à ses polars vaudous, a été contacté pour écrire des reportages: «Ca m'était personnellement impossible. J'ai été happé par la grande peur qui existait alors. J'ai fini par y échapper, par procuration, en créant les personnages de "Soro". Mais même prendre une photo me semblait un viol. Je ne voulais pas d'une représentation hollywoodienne permettant aux "ventres pleins" de se sentir bien après quelques minutes de sensations.» Oui, sur l'épineuse question de l'esthétisation des catastrophes, comme sur toutes celles qui concernent l'humanité et se posent chez eux de façon hyperbolique, les Haïtiens aussi ont de quoi contribuer aux colloques les plus pointus. Et beaucoup à nous apprendre.
«A quelque chose malheur est bon !»

Né en 1962 à Port-au-Prince, grand bavard devant l'Eternel,
DOMINIQUE BATRAVILLE considère qu'«un poète
doit avoir sept métiers pour vivre en Haïti».
Il est lui-même écrivain, éditeur à ses heures, journaliste
 (en particulier au «Nouvelliste»), et comédien
(par exemple dans le «Royal Bonbon» de Charles Najman,
 Prix Jean Vigo 2002). (©Gaël Le Ny / Etonnants Voyageurs)



Fallait-il courir le risque de l'«opportunisme» avec une «exploitation» littéraire du séisme? Le débat reste prudent. Sauf quand le génialement excentrique Dominique Batraville confesse ses regrets en riant fort:
«Je n'ai pas pu sauter sur l'occasion pour me médiatiser, malheureusement! Je devais gérer ma survie, et la terreur post-séisme m'empêchait d'écrire. Il m'a fallu sept mois pour écrire "l'Archipel des hommes sans os", puis un roman que je viens de boucler - et pour lequel je cherche un éditeur. On m'a quand même invité dans une dizaine de villes à l'étranger: j'ai toujours rappelé qu'il y avait 300.000 morts et que je n'y étais pour rien, mais le séisme m'a fait rencontrer des sommités dans des universités! C'est vrai, il a permis à Haïti d'avoir une visibilité internationale et aux ONG défaire beaucoup de fric. J'ai été complice de cela. Mais ça m'a permis d'exercer mon talent d'écrivain.»

«A quelque chose malheur est bon !» résume une voix qui arrache un rire nerveux à l'assistance. James Noël, le jeune poète qui monte, affirme que le motif du séisme nourrit son écriture depuis 2005 («Nous ne sommes pas à notre première fin du monde en Haïti», nous écrivait-il fin janvier 2010). Il a certainement raison de se méfier de la compassion: «Ce qu’il y a de flou dans la compassion, c’est qu’il existe une compassion qui puise sa source dans ses propres larmes…» Mais au fond tant mieux si l'émotion suscitée en 2010 soutient l'«enthousiasme littéraire» qu'observe Saint-Eloi dans ce pays ravagé par la «gangrène politique».

Né à Port-au-Prince en 1953, prix Médicis 2009 avec
«l’Enigme du retour», DANY LAFERRIERE a fui Haïti pour
 Montréal en 1976. Il le raconte dans «Chronique
de la dérive douce», à paraître début mars (Grasset).
 (©Gaël Le Ny / Etonnants Voyageurs)
«Il se passe dans la littérature haïtienne ce qui s'est passé en peinture dans les années 1940», explique-t-il au restaurant Babako, où l'on sert du cabri, du riz aux haricots rouges et de la bière Prestige.

Retour au pays fatal
La 2e édition du festival Etonnants Voyageurs en Haïti devait démarrer le 14 janvier 2010. Le séisme avait tout annulé, mais Michel Le Bris, Lyonel Trouillot et Dany Laferrière s'étaient promis de récidiver.
Il a fallu attendre qu'un gouvernement soit enfin constitué, en novembre 2011: l'édition 2012 s'est tenue du 1er au 4 février, dans une dizaine de villes et de nombreuses écoles, avec une soixantaine d'écrivains, dont Régis Debray, Alain Mabanckou, Jean-Marie Blas de Roblès, Léonora Miano ou encore Hubert Haddad (Le Clézio n'est finalement pas venu, c'est dommage: il a raté quelque chose).
Coût de l'opération: un peu plus de 200.000 euros. Une 4e édition est prévue pour 2014.
Saint-Eloi sait un peu de quoi il parle: sa grand-mère ne savait pas lire, il publie aujourd'hui ses compatriotes au Canada, chez Mémoire d'encrier, pour encourager «un art aussi fort, aussi extrême que le délabrement»: «Je reçois des textes de gens qui découvrent la langue française par eux-mêmes et ont le "grand-goût" du monde. L'écriture est pour eux un moyen d'accéder à la citoyenneté, de sortir des bidonvilles, d'obtenir un visa.»
A quoi peut servir la littérature
Jean-Euphèle Milcé, qui dirige la sauvegarde des archives des Affaires étrangères, vient de signer «les Jardins naissent» chez Coups de tête à Montréal et de réaliser «Eloge de l'underground», un documentaire sur des artistes plasticiens de Port-au-Prince.
Il rappelle que certains vendent et exposent désormais leurs oeuvres dans le monde entier, pour en tirer cette leçon d'économie générale: «Puisque ce pays est vulnérable, on ne peut concurrencer les autres sur les technologies; il faut miser sur ce qu'on sait faire, donc investir massivement dans la culture.»
Et cela vaut aussi pour la littérature, dit-il en confirmant qu'une nouvelle génération d'écrivains est en route:

Né en 1983, MAKENZY ORCEL a publié des poèmes et,
au Canada, deux romans remarqués: «les Immortelles» et
«les Latrines» (Mémoire d’encrier).
(©Gaël Le Ny / Etonnants Voyageurs)



«Il y a un rapport évident entre la misère, l'inoccupation et la mise à disposition des livres qui, depuis quinze ans, a commencé dans les quartiers populaires. De jeunes auteurs issus des ghettos sabotent le langage, d’autant que c’est une génération frondeuse qui n’a pas connu la censure. Ca semble un peu mesquin de le dire, mais c’est la réalité: l’écriture devient chez eux un moyen de se réaliser soi, d’avoir des revenus, de pouvoir partir. Ils écrivent plus qu’ils ne lisent. Leur patrimoine littéraire est très maigre, quelques livres seulement, mais qu'ils ont lus et relus. Ca peut donner de franches réussites.»

Makenzy Orcel en est une. Ce grand gaillard de 28 ans a vécu seul avec sa mère dans le quartier de Martissant, et fréquenté une de ces «écoles borlettes» qui servent surtout à gonfler le taux d'enfants scolarisés. Mais il a suivi les «vendredis littéraires» animés par Trouillot. A lu ce qui lui tombait sous la main. A compris qu'il fallait «bosser».
Aujourd'hui, après avoir publié des poèmes à compte d'auteur grâce à une ONG, il a à son actif deux romans qui ne ressemblent pas à grand-chose de connu. A du Genet, peut-être? «Les Immortelles» est un fulgurant hommage aux prostituées de Port-au-Prince tuées par le séisme; et le titre des «Latrines» indique assez bien son décor.
Orcel a remporté un joli succès au Québec, décroché une aide pour passer quelques mois près de Caen; on ne serait pas étonné qu'il figure bientôt au catalogue d'un éditeur parisien. Comme Dany Laferrière.

Dany Laferrière et Léonora Miano, dans l'église du lycée
Saint-Louis-de-Gonzague  de Port-au-Prince. (©Gaël Le Ny / Etonnants Voyageurs)
Grégoire Leménager
http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20120216.OBS1599/haiti-generation-seisme.html

Haïti/ société : le bureau des affaires civiles de la Minustah accompagne la société civile du sud-est...

Par Jeudy Monose/ Pierre-Paul ANCION L’officier des affaires civiles de la Mission des Nations-Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) Ruffin Viclaire Mabiala, qui est aussi responsable du point focal de Kwick : projets à effets rapides dresse un bilan de diverses activités que la Minustah a en cours de réalisation de Janvier au mois de Février 2012 à Jacmel.
M. Ruffin Viclaire Mabiala qui travaille sous la supervision de madame Maria Clara Pires, chef du bureau régional, explique que les Projets à effets rapides, est une série de projets qu’ils exécutent dans un délai ne dépassant pas trois mois. Ces projets permettent au bureau des affaires civiles de la Minustah de satisfaire en partie les besoins de la population.
M. Mabiala a indiqué qu’au bureau des affaires civiles, ils ont plusieurs activités en cours comme l’élargissement du réseau du centre semi autonome de l’électricité de Jacmel pour un montant de 70 milles dollars américains, la donation de 100 milles dollars américains en matériels scolaires entre autres tableaux, banc, à la direction départementale de l’éducation, la construction du tribunal de paix de Jacmel, et de celui de Bainet, chacune de ce constructions coutera 95 milles dollars américains.
Le bureau des affaires civiles de la Minustah travaille en collaboration des organisations de base de la société civile et les associations locales.
A croire M. Mabiala le bureau des affaires civiles de la Minustah projette de construire un sous commissariat dans la localité de Beaudouin, de réhabiliter le commissariat des Anses-à-pitres dans le sud-est d'Haiti.
Le bureau des affaires civiles de la Minustah compte investir dans d’autres domaines comme l’adduction d’eau potable, lampadaire etc. Le budget de l’année 2012 pour la réalisation de ces projets est de 700 milles dollars américains.
Notons que l’année dernière ce bureau a fournit à la direction départementale de l’agriculture des moulins à grain pour 100 milles dollars
Source:Bonzouti.ccom
http://bonzouti.com/actualite/actualite-No1206-Haiti-societe-le-bureau-des-affaires-civiles-de-la-Minustah-accompagne-la-societe-civile-du-sud-est-.html

Haïti : heurts entre un groupe d'étudiants et le cortège présidentiel

Une fusillade a éclaté ce 17 février 2012, près de la faculté d'ethnologie de Port-au-Prince entre des étudiants et des partisans du président, accompagnés de policiers. L'incident, qui s'est déroulé alors que Haïti se prépare à célébrer le carnaval, aurait fait 3 blessés. Le président haïtien Michel Martelly aurait voulu s'inviter à un colloque, qui se tenait à la faculté, et aurait été pris à partie par les étudiants.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie
Tout a débuté quand le président de la République est sorti à pied du Palais national pour défiler sur la place du Champ-de-mars avec un groupe de danseurs du carnaval.
Michel Martelly (*), qui a fait une carrière de musicien sous le nom de Sweet Micky avant d'être élu président et dont les morceaux délurés étaient repris dans tous les carnavals haïtiens, c était suivi de plusieurs centaines de partisans quand le cortège est arrivé au niveau de la faculté d'ethnologie où se déroule un colloque international.
Michel Martelly a alors voulu entrer dans l'université mais les étudiants lui ont interdit l'accès en arguant que le président n'avait pas été invité. Les étudiants ont alors jeté des pierres sur le cortège. En réponse, la police a lancé plusieurs grenades lacrymogènes et tiré en l'air à balle réelle.
Dans la panique et la confusion qui ont suivi, plusieurs personnes se sont introduites dans l'enceinte de la faculté, ont brisé des vitres de véhicules et du mobilier dans les salles des bâtiments. Trois étudiants ont été blessés et conduits à l'hopital.
Ces faits sont révélateurs du ras-le-bol de certains Haïtiens envers le comportement imprévisible du chef de l'Etat mais, dans un communiqué diffusé par courriel, la présidence explique que ces incidents sont dûs à des fauteurs de troubles réfugiés dans la faculté.
Elle met aussi en garde ceux qu'elle considère comme des manipulateurs qui incitent à la violence.
http://www.rfi.fr/ameriques/20120218-haiti-heurts-entre-groupe-etudiants-le-cortege-presidentiel

Lettre ouverte aux Haïtiens qui ignorent leurs talents

Il est grand temps que les Haïtiens cessent de considérer leur folklore comme leur culture, qu'ils proposent aux Blancs afin de les intéresser. Ils sont pour eux une curiosité. Mais les Blancs verront en eux leurs égaux lorsqu'ils se montreront aussi bons qu'eux dans leurs propres domaines. Pas avec leurs musiques populaires. Mais dans la haute technologie, les sciences, les arts.


Des Haïtiens au Québec ont brillé et brillent dans ces domaines, mais, absurdement, ils continuent à présenter Haïti comme un pays exotique, aux mœurs curieuses, un pays pour anthropologues!
En 1975 j'écrivais dans «Le Sexe Mythique»: «Nous allons même parfois jusqu'au diplômes universitaires, au doctorat. Mais nous devons continuer à peindre "naïf", à décrire des cérémonies vaudous alors même que nous sommes athées, à chanter Erzulie Fréda, à battre le tambour, bref à faire toutes les grimaces et macaqueries qu'on attend de nous. Les blancs viennent chez nous comme ils vont au zoo.»
Puisque de nombreux Haïtiens ont fait la preuve qu'ils pouvaient briller dans la plupart des domaines de la civilisation occidentale qu'ils revendiquent donc leur apport dans cette civilisation!
J'ai écrit dans «Autopsie In Vivo» (2009):
«Nos paysans croupiront dans leur misère tant qu'ils ne se débarrasseront pas de leurs croyances absurdes et improductives. On ne bâtit pas un pays moderne avec le vaudou, le clairin, le tafia, le tchala...
Née en 1932 à Port-au-Prince, NADINE MAGLOIRE
 est l'auteur de romans féministes comme «Le Mal de vivre» (1967),
 «Autopsie in vivo: le sexe mythique» (1975) et «Autopsie in vivo»
 (2009). Elle s'est installée définitivement à Montréal en 1979,
où elle a publié «Autopsie in vivo (la suite)» en 2010
(Ed. du Verseau/CIDHICA). (©Marie-Christine Théodore Baker)





Quand donc deviendrons-nous un peuple adulte, allant de l'avant, créant, bâtissant, découvrant, transformant le monde? Quand cesserons-nous d'être un pays traînant à la remorque des autres, constamment mendiant l'aide des grandes puissances, tout juste bon à procurer un peu de dépaysement aux Blancs en quête d’exotisme?»
Un jeune étudiant haïtien à l'Université Laval m'a écrit sur Facebook, à la suite d'une de mes «lettres engagées», toute une dissertation sur l'utilité du vaudou pour les paysans! Qu'en pensent les agronomes? La terre haïtienne ne produit presque plus rien. Est-ce des cérémonies vaudous où l'on sacrifie des animaux aux «loas» qui vont sauver Haïti?
Nadine Magloire
Montréal, 13 février 2012
http://bibliobs.nouvelobs.com/paroles-d-haiti/20120215.OBS1420/lettre-ouverte-aux-haitiens-qui-ignorent-leurs-talents.html

Haïti : l'ONU enquête sur des allégations d'exploitation sexuelle d'enfants par ses policiers

L'Organisation des Nations unies a ouvert une enquête suite à deux nouvelles allégations d'abus et « d'exploitation sexuelle » de la part de la police de l'ONU à l'endroit d'enfants à Haïti, a annoncé un porte-parole lundi.

Selon Martin Nesirky, l'un des deux cas toucherait des policiers de l'ONU à Port-au-Prince, la capitale. Ces policiers auraient été démis de leurs fonctions pendant qu'ils font l'objet d'une enquête.
L'autre cas impliquerait au moins un membre d'une escouade policière aux Gonaïves, dans le nord du pays.
M. Nesirky n'a pas révélé la nationalité des policiers visés et n'a donné aucun autre détail.
Selon le porte-parole, les Nations unies sont choquées par ces allégations et prennent leurs responsabilités très au sérieux dans cette affaire.
M. Nesirky a confié que les responsables de la mission des Nations unies à Haïti ont fait part de ces allégations aux responsables des quartiers généraux de l'ONU à New York la semaine dernière.
Ces allégations surviennent quelques mois à peine après que six militaires uruguayens des forces de maintien de la paix de l'ONU à Haïti eurent été accusés d'avoir violé un jeune Haïtien. Cette affaire a été transférée au système judiciaire de l'Uruguay.
Bien que les pays sanctionnent les membres des forces armées membres des missions de maintien de la paix, l'ONU sévit à l'endroit de policiers, a précisé M. Nesirky.
Depuis leur création, il y a plus de 50 ans, les missions de maintien de la paix de l'ONU ont maintes fois été la cible d'allégations d'abus.
Ce dossier a notamment fait les manchettes après que les Nations unies eurent découvert, au début de 2005, que des Casques bleus au Congo avaient eu des relations sexuelles avec des femmes et des filles congolaises, habituellement en échange de nourriture ou de modestes sommes d'argent.
Le département responsable des missions de maintien de la paix de l'ONU a instauré une politique de « tolérance zéro » face aux agressions sexuelles, un nouveau code de conduite pour ses quelque 110 000 Casques bleus postés partout dans le monde, et de nouveaux cours de formation pour ses officiers et tout son personnel.
Malgré tout, des allégations d'abus sexuels continuent de circuler.
Associated Press
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2012/01/23/009-haiti-enquete-policiers-abus.shtml

CARNET DE ROUTE

Journaliste à Radio France Internationale et écrivain, Yahia Belaskri a participé au festival des Etonnants Voyageurs Haïti.
Retrouvez chaque semaine dans "El Watan Week-end son carnet de route.
Port-Salut enfin ! Vue de nuit, découverte au matin, longeant des plages féériques, eau couleur verte, sable fin et cocotiers, de quoi alimenter tous les fantasmes. Port du salut, c’est son crédo quand les marins traversaient une passe dangereuse et arrivaient à cet endroit, ils affirmaient que c’était le port du salut.
Là, dans ce coin isolé, lointain, au milieu des cocotiers, entre coqs indisciplinés qui chantent toute la nuit, pas seulement à l’aube et moustiques qui mordent, Haïti reçoit le monde. Ici, ce sont Les Passagers des Vents. Et les vents de partout comme les écrivains : d’Europe, d’Afrique et d’Amérique. C’est quoi ? Une résidence d’écrivains. Etonnant ? C’est Haïti qui ne s’est pas effondré.
Haïti qui s’ouvre et offre une halte aux mots des autres. Haïti qui entreprend avec ce Monsieur, Suisse devenu Haïtien, arrivé en 1948 avec son père, aujourd’hui président de la Fondam, la fondation qu’il a créée du nom de sa fille, Dallas, décédée à 21 ans. Il reboise la région pelée à force d’abattre les arbres pour en faire du charbon – car on cuisine au charbon ici.
Il éduque aussi les enfants, leur apprenant les gestes civiques. Un homme blanc, aussi beau que ses rêves, légaliste jusqu’au bout des ongles, têtu jusqu’à l’épuisement, blessé jusqu’à la moelle, déterminé jusqu’à l’acharnement. Il vit entre Port-au-Prince et Port-Salut, dans son pays, creusant les contours des montas pour laisser ruisseler les eaux tropicales, allant d’une ONG à l’autre, expliquant que les experts payés à prix d’or et les rapports volumineux ne sont pas nécessaires et qu’il s’agit de peu, en l’occurrence de renforcer les canaux de contour, de ne pas tracer la route au bord de la plage – une ineptie acceptée par les autorités car Taiwan finançait et ne voulait pas s’embêter à écouter les voix de ceux qui avaient une vision écologique de leur environnement.
Port-Salut, au détour d’une rencontre, ce sont deux jeunes, Lovely, 21 ans, étudiante à l’université de Port-au-Prince et comédienne, Marc, 23 ans, comédien et metteur en scène. Ils parlent de Michaux et Kateb Yacine (oui, oui, ils le connaissent ! Ils l’ont lu !), de Georges Castera et de Serreau. Que font-ils ici ? Ils sont venus rencontrer James Noël pour organiser une rencontre littéraire à Coteaux, petit village d’à côté où la poésie est aussi vénérée que le culte vaudou.
Haïti effondré ? Vous n’y êtes pas. Port-au-Prince est à terre. La vie est toujours en marche. Port-Salut aussi. Résolument.
A suivre…
Yahia Belaskri
http://www.elwatan.com/culture/carnet-de-route-en-haiti-17-02-2012-159352_113.php

La passion du créole

Jean-Christophe Laurence, La Presse
Serge Fuertes n'est pas linguiste. Mais cela ne l'a pas empêché d'écrire une brique monumentale sur le créole haïtien.
Pendant 15 ans, cet ancien professeur de 68 ans a passé ses soirs et ses week-ends à essayer de comprendre les origines et le fonctionnement de sa langue maternelle. Il a étudié les langues africaines, fait des recoupements théoriques, échafaudé des hypothèses et finalement accouché d'une montagne de 1253 pages, intitulée Le créole afro-haïtien, une langue néo-kwazane.
«Ça va me mettre sur la mappe», lance ce «créoliste» autoproclamé, qui se passionne depuis toujours pour la langue haïtienne. «Sans me vanter, je pense que je suis allé plus loin que tous mes prédécesseurs sérieux.»
Entre autres contributions, M. Fuertes n'est pas peu fier de son chapitre historique, où il remet en question la plupart des hypothèses sur la naissance du créole. Selon lui, par exemple, le dialecte haïtien n'est pas né avec l'arrivée des Français au XVIIe siècle, mais plutôt en 1578, quand l'île appartenait encore totalement aux Espagnols.
«Les premiers esclaves africains sont arrivés en 1703, explique-t-il. J'ai calculé qu'il a fallu environ trois ou quatre générations pour que le brassage se fasse avec les Indiens taïnos. Cela fait à peu près 75 ans. Alors quand les gens disent que le créole est né dans l'urgence, c'est impossible. Il a d'abord fallu que les Noirs s'entendent avec les autochtones.»
Et l'ingrédient français? Ce n'est que plus tard qu'il s'ajoutera à la soupe. D'ailleurs, précise M. Fuertes, ce n'était pas vraiment du français «tel qu'on le parle aujourd'hui», mais plutôt du normand, du poitevin, du picard et de l'angevin, quatre groupes linguistiques qui, soit dit en passant, ont aussi fait leur marque au Québec.
Plus théorique, le reste de l'ouvrage s'attarde plutôt au créole écrit, une science somme toute récente et encore en évolution. Il faut savoir que la langue haïtienne est longtemps restée un phénomène oral. Et qu'en dépit de nombreuses thèses sur la question, on ne s'entend pas encore tout à fait sur la façon de l'orthographier. M. Fuertes ose croire que son livre complètera la réflexion, puisqu'il propose, ni plus ni moins, une «systématisation» du code écrit, anthologie de la littérature créole à l'appui.
Édité à tout juste 50 exemplaires, Le créole afro-haïtien, une langue néo-kwazane ne s'adresse évidemment pas à tous. L'auteur vise les «Haïtiens instruits, les orthophonistes, les coopérants, ainsi que tous ceux qui aiment Haïti et qui veulent connaître l'héritage qu'un vieil Haïtien laisse aux Haïtiens».
Il reste à voir comment les linguistes patentés réagiront à ce travail de moine sorti de nulle part... Un exemplaire se trouve à la Bibliothèque Nationale du Québec.

Marie-Josèphe en août
On pensait que cela se passerait pendant le Mois de l'histoire des Noirs. Mais la Ville a décidé de tenir l'inauguration du parc Marie-Josèphe Angélique le 23 août prochain. Mieux vaut tard que jamais, croit Kanyurhi T. Tchika, qui a longtemps milité pour cette cause. «La Ville met fin à 278 ans d'injustice. Pour moi, c'est clair, c'est une revanche sur l'Histoire.
On avait dispersé les cendres de Mme Angélique pour qu'elle disparaisse à jamais et, maintenant, elle revient au centre-ville. Bientôt, elle sera coulée dans le béton pour des siècles et des siècles.» Exécutée en 1734 pour avoir causé le grand incendie de Montréal, Marie-Josèphe Angélique fut la première esclave noire répertoriée dans la province. Son parc sera situé juste à côté de l'édicule de la station de métro Champ-de-Mars, près du Vieux-Montréal où elle a vécu et péri.
Et la gagnante est...
Petit suivi de notre article de Miss Afrique paru la semaine dernière: c'est la Guinéenne d'origine Salematou Sako qui a remporté la palme. Jolie, oui, mais pas seulement: bien que prévisible, son plaidoyer pour l'Afrique (Afrique, relève-toi!) a fait vibrer la salle et les juges. La Montréalaise sera en Afrique dans quelques mois pour travailler à l'émancipation des jeunes Africaines. Quant au concours, il sera vraisemblablement de retour l'an prochain, dans une formule qui gagnerait à être écourtée. Trois heures, c'est long des p'tits bouts.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/dossiers/montreal-pluriel/201202/18/01-4497406-la-passion-du-creole.php

Le CFER participe à la reconstruction d'Haïti

Yanick Poisson, La Tribune (VICTORIAVILLE) Un peu plus de deux ans après l'important séisme qui a secoué Haïti, le 12 janvier 2010, il y a encore beaucoup à faire pour reconstruire le pays et le directeur du CFER Normand-Maurice à Victoriaville, Yves Couture, a annoncé que son institution allait mettre la main à la pâte.
En collaboration avec Hydro-Québec et Saint-Jean-sur-Richelieu-Haïti, le CFER participera à la construction d'une microcentrale électrique de 20kW qui permettra de donner les services énergétiques de base à la communauté de Labrousse, dans l'ouest de l'île.
L'institution victoriavilloise fournira du matériel nécessaire à la construction du réseau électrique ainsi qu'à la mise sur pied, sur place, d'un magasin permanent de pièces de rechange. Rappelons que l'organisme, dans le cadre d'un partenariat avec Hydro-Québec, recycle le matériel électrique usagé de la société d'État depuis 1996.
En plus de ces efforts de construction, le CFER dispensera des formations de recyclage d'ordinateurs. En effet, depuis le séisme, la région de Cap-Haïtien a reçu des centaines d'ordinateurs et autres périphériques usagés, mais fonctionnels et doit maintenant veiller au recyclage des équipements déclarés désuets, tout en évitant que ce matériel toxique se retrouve au dépotoir.
Les étudiants du CFER transmettront leurs connaissances fraîchement acquises afin de démanteler les ordinateurs maintenant devenus inutilisables. Par la suite, ces pièces retourneront à Victoriaville pour être vendues à des recycleurs. Les profits de ces ventes seront réinvestis en Haïti.
http://www.cyberpresse.ca/la-tribune/regions/201202/16/01-4496634-le-cfer-participe-a-la-reconstruction-dhaiti.php

Aider Haïti «sans tomber dans la charité»

Chantal Vallée , La Voix de l'Est
(Granby) Aider Haïti «sans tomber dans la charité». C'est le pari de l'Association québécoise pour l'avancement des Nations Unies (AQANU) Granby et région qui est sur le point de mettre sur pied un projet de coopération qui n'a sans doute pas d'équivalent au Québec.
D'ici quelques mois, des personnes handicapées intellectuelles s'occuperont à Granby de la mouture et de l'ensachage de café haïtien, dans un des ateliers supervisés par le Centre de réadaptation en déficience intellectuelle (CRDI) Montérégie Est.
Ce café sera ensuite vendu par les bénévoles d'AQANU dans la région, une façon de «supporter leur économie», souligne le président de l'organisme à Granby, Pierre Boisclair. Les profits de la vente de café, 5 $ par livre vendue 15 $, seront versés à des projets de coopération en Haïti, supervisés par l'équipe de bénévoles granbyenne. Des reçus aux fins d'impôt de 20 $ sont remis aux acheteurs de quatre livres de café haïtien.
«On voulait contribuer à créer de la richesse là-bas en encourageant l'économie et en réinvestissant les profits dans la région où AQANU est installée déjà», explique Pierrette Ruel, secrétaire de l'association dans la région.
Le président de l'organisme, Pierre Boisclair, un ancien éducateur du CRDI, et son équipe n'ont pas eu de peine à convaincre cet établissement public de santé de collaborer au projet.
«Ce fut un charme! , lance Clément Archambault, membre d'AQANU. Ils ont acheté l'idée spontanément. Il faut dire aussi que Pierre est un très bon vendeur», précise-t-il.
Les déficients intellectuels feront la mouture et l'ensachage bénévolement dans le cadre d'un atelier qui soutient la communauté.
«Des personnes déficientes qui viennent en aide à des personnes démunies, c'est le top de l'intégration. Ça veut dire que ces gens-là, qu'on a condamnés à l'exclusion, prennent leur place comme coopérants», se réjouit l'éducateur à la retraite.
Les gens qui aimeraient se procurer du café haïtien peuvent s'adresser aux responsables d'AQANU à Granby: Pierre Boisclair (266-1031) ou pierreboisclairhotmail.ca. Clément Archambault (539-2501) ou Germain Touchette (375-4467).
http://www.cyberpresse.ca/la-voix-de-lest/actualites/201202/16/01-4496858-aider-haiti-sans-tomber-dans-la-charite.php

Haïti: tension, tirs et jets de pierre

Agence France-Presse, Port-au-Prince
Une fusillade a éclaté vendredi en fin d'après-midi à quelques mètres du palais présidentiel haïtien suite à un accrochage entre un groupe d'étudiants et le cortège du chef de l'État Michel Martelly, faisant au moins un blessé parmi les étudiants, a constaté l'AFP.
L'étudiant apparemment blessé a été conduit par des ambulanciers dans un hôpital du quartier.
Des tirs nourris ont été entendus et des vitres de véhicules ont été brisées par des groupes de manifestants, certains favorables et d'autres hostiles au président, qui dansaient à la tête d'un groupe de musiciens populaires à quelques jours du carnaval en Haïti.
Une vive tension a régné aux abords du palais présidentiel détruit lors du séisme de janvier 2010 et sur la grande place du Champs de Mars où vivent encore des milliers de familles sinistrées.
Selon le service de communication de la présidence haïtienne, «des fauteurs de troubles réfugiés dans l'enceinte de la Faculté d'ethnologie ont agressé le cortège du président de la République qui parcourait l'aire du Champs de Mars à pied accompagné de bandes carnavalesques».
«Le cordon de sécurité présidentiel a rapidement pris toutes les mesures nécessaires pour assurer, selon les dispositions réglementaires, la sécurité du cortège du président qui a pu regagner, sain et sauf, l'enceinte du Palais national», lit-on dans un communiqué de la présidence.
«Nous sommes venus pour permettre l'évacuation des personnes qui étaient coincées dans l'enceinte de la faculté. Des étudiants ont été interpellés, d'autres ont été arrêtés», a déclaré le commissaire du gouvernement (procureur) aux journalistes présents.
Des dispositifs de sécurité ont été déployés autour du bâtiment de l'Université d'État tandis que des manifestants étaient réunis en face de l'école où se tenait un colloque animé par des universitaires haïtiens et étrangers.
Le bureau du président Martelly a lancé un appel au calme à la population afin de «s'unir pour travailler, dans le respect de la loi et des principes démocratiques, au progrès et à la stabilité de notre patrie commune».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201202/17/01-4497283-haiti-tension-tirs-et-jets-de-pierre.php