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dimanche 8 août 2010

Jude Célestin, directeur général du CNE, désigné candidat à la présidence de la plateforme électorale de René Préval

L’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis « éjecté »
Le chef de l’Etat, René Préval, et le directoire de sa plateforme électorale INITE (Unité), ont finalement fait choix du directeur général du Centre National des Equipements (CNE), Jude Célestin (48 ans), comme candidat à la présidence de cette entité.
Le coordonnateur national de INITE, le sénateur du Sud-Est Joseph Lambert, qui a confirmé ce choix, précise qu’il répond à un ensemble de critères tels que « jeunesse, compétence, loyauté et d’autres critères liés aux exigences fixées par la plateforme ». Le parlementaire en a profité pour lancer un appel à différentes couches de la population pour qu’elles apportent leur appui à M. Célestin qu’il désigne sous le nom de « Jude CNE », en référence aux travaux d’infrastructure réalisés à travers le pays par cette institution.
Le candidat devrait remplir samedi matin les formalités de dépôt de candidature à la Direction des opérations électorales.
Le choix de Jude Célestin intervient au fort d’une véritable crise au sein de la plateforme présidentielle autour de la désignation ou non au poste de candidat à la présidence de celle-ci de l’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis. On rapporte que la plateforme a failli exploser quand, dans un premier temps, le chef de l’Etat avait désigné l’ancien chef de gouvernement. C’est au Palais national, siège de la présidence, que INITE a tenu conseil avant d’aboutir à un choix définitif
Jude Célestin est né "accidentellement" le 19 juin 1962 à Port-au-Prince où, de Bodary (commune de Grand-Gosier, Sud-Est), sa mère a été transportée d’urgence pour subir une césarienne. Divorcé, il est père de 3 enfants. Il a effectué ses études classiques à Port-au-Prince sucessivement au Petit-Séminaire Collège St-Martial, au Collège Fernand Prosper et au Centre d’Etudes Secondaires. Il a par la suite fait des études en génie mécanique en Suisse.

Le CNE qu’il a également dirigé lors du premier mandat de René Préval (1996-2001), est généralement perçu comme le cheval de bataille de ce dernier. Il y fait référence dans la plupart de ses interventions publiques, mettant en exergue l’importance de la construction et de la réfection de routes et ponts par le CNE dans tout le pays et, notamment, sa large implication dans les travaux de déblaiement des sites d’édifices dévastés par le séisme du 12 janvier 2010.A la différence du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC), le CNE dont le statut juridique n’est pas connu du public, est doté par la présidence d’importants moyens financiers et techniques. Certains parlementaires de l’opposition ont à maintes reprises dénoncé le fait que le gouvernement a fait l’acquisition d’équipements pour le CNE pour un montant de 60 millions de dollars, en dehors de toutes les normes régissant la passation des marchés publics. [jmd/Radio Kiskeya]

Haïti: plus de trente candidats inscrits pour la présidentielle

Agence France-Presse, Port-au-Prince.-
Trente-quatre candidats, dont la star du hip-hop Wyclef Jean, ont déjà déposé leur candidature à l'élection présidentielle haïtienne prévue le 28 novembre, a annoncé dimanche la direction des opérations électorales.
«Vingt-trois candidats étaient enregistrés en fin de journée samedi, une dizaine se sont présentés au cours de la soirée avant la fermeture du bureau d'enregistrement à minuit», a indiqué Jean-Mary Louiner, le directeur des opérations électorales.
Leur nombre était officiellement de 34 dimanche matin.
Outre Wyclef Jean qui vit aux États-Unis, un autre chanteur populaire haïtien, Michel Martelly, s'est porté candidat à l'élection présidentielle organisée par un Conseil électoral (CEP) décrié et accusé par des partis d'opposition de travailler sous la dictée du pouvoir en place.
Le Conseil électoral haïtien se prononcera dans 10 jours sur la validité de ces candidatures.
Empêché par la Constitution de solliciter un nouveau mandat, l'actuel président René Préval n'a pas réussi à imposer à sa formation politique INITE (UNITE en créole) son ex-Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, finalement soutenu par un autre parti.
Un ministre du gouvernement, Yves Christallin, (Affaires sociales) se présente également à la présidentielle ainsi qu'un sénateur, deux maires et l'ambassadeur d'Haïti à Washington.
Parmi les candidats, on compte trois femmes dont l'épouse d'un ancien chef d'État haïtien.
Un ancien Premier ministre de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide en exil en Afrique du sud s'est enregistré tandis que son parti La Fanmi Lavalas n'a pas été admis à présenter de candidat.
Plusieurs partis de l'opposition ont refusé de participer à l'élection réclamant à coup de manifestations et d'appels à la grève l'arrêt du processus électoral et le renvoi du CEP.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201008/08/01-4304818-haiti-plus-de-trente-candidats-inscrits-pour-la-presidentielle.php

Wyclef Jean comble un vide politique en Haïti

Clarens Renois.- Agence France-Presse.- Port-au-Prince
L'arrivée du chanteur de hip-hop Wyclef Jean, 40 ans, dans la course à la présidence d'Haïti, pays qu'il avait quitté à l'âge de 9 ans pour émigrer aux États-Unis, comble un vide politique face à un électorat désabusé, estiment des responsables et des intellectuels haïtiens.
Sans prendre position en sa faveur, l'écrivain Lyonel Trouillot croit que «la candidature de Wyclef témoigne de l'échec des classes dirigeantes d'Haïti qui n'ont aucun pouvoir» d'attraction.
«Avant son arrivée dans la course, il n'y avait pas d'engouement, pas d'ambiance. Il y a un vide politique. Il est le plus populaire», estime Lyonel Trouillot, l'une des grandes voix de la littérature haïtienne.
«C'est un électorat volatil et particulier, on ne sait pas bien comment il réagit, c'est un choix émotionnel», nuance l'historien Pierre Buteau.
Professeur d'histoire à l'Université publique d'Haïti, M. Buteau voit trois problèmes dans la campagne de Wyclef Jean: «Programme: il n'en a pas et ne sait pas comment interpeller l'électorat. Solution: il n'a pas dit comment il compte sortir Haïti de sa situation de crise. Langue: il ne s'exprime bien qu'en anglais, il ne parle pas le français, il parle un créole coloré».
Mais avec son «créole anglicisé», Wyclef mobilise les foules qui l'acclament et veut centrer sa campagne sur la jeunesse où il compte la majorité de ses sympathisants dans ce pays, l'un des plus pauvres du monde.
Avant même sa venue en Haïti jeudi pour présenter sa candidature à la présidentielle prévue le 28 novembre, les murs de Port-au-Prince étaient déjà recouverts de graffitis en sa faveur: «Jen kore Jen» (les jeunes soutiennent les jeunes en créole) ou encore «Fas à Fas» (face à face en créole), un de ses slogans.
Les adversaires potentiels de Wyclef Jean dans la course à la présidence du pays, frappé en janvier par un séisme dévastateur, lui vouent une certaine admiration pour son succès dans la musique et craignent ce rappeur qui sait jouer avec les mots et parler aux foules.
Avec lui, un autre musicien-chanteur, Michel Martelly, brigue également la présidence d'Haïti.
Parlant des deux chanteurs, la seule femme candidate, Myrlande Manigat, ancienne Première dame d'Haïti, confiait au quotidien le Nouvelliste: «leur présence dans la course va peut-être mettre un petit peu de fantaisie dans la campagne. J'espère simplement que la fantaisie n'exclura pas le sérieux».
Pierre Buteau explique «l'intrusion de ces nouveaux acteurs, ces figures insolites sur le terrain politique, par l'échec du politique à transformer le social haïtien».
«Il y a un divorce, une méfiance et une perte de confiance entre l'électorat et la classe politique», ajoute-t-il.
«Les Haïtiens ont un certain désintérêt, une sorte de dégoût de la politique», renchérit René-Max Auguste, président d'une association de chefs d'entreprises.
Toutefois, il croit que «la présence de Wyclef Jean dans la course électorale va avoir pour effet de dynamiser les élections et de provoquer des alliances entre les partis politiques qui finiront pas trouver un candidat unique».
Un autre homme d'affaires, s'exprimant sous couvert d'anonymat, juge que «le poids de Wyclef dans la course à la présidence, quoique important, ne suffit pas pour gagner l'élection car les données changent tous les jours dans cette situation confuse d'Haïti».
Toutefois, souligne Lyonel Trouillot, «l'+haïtianité+ affichée par Wyclef, qui a toujours revendiqué Haïti sur les scènes internationales, lui vaut l'admiration de beaucoup d'Haïtiens qui s'identifient à lui et croient qu'il peut faire quelque chose pour changer la situation d'Haïti».

Wyclef Jean, président d’Haïti ?

Je ne suis pas un spécialiste de l’écosystème politique haïtien. Juste un gars qui est allé en reportage trois fois dans ce pays depuis 2008. Et j’ai beau revirer la chose dans ma tête sans arrêt, je ne vois pas en quoi Haïti a besoin du chanteur Wyclef Jean dans cet écosystème. Pourra-t-il se présenter officiellement ? La chose n’est pas claire. Le cas échéant, gagnera-t-il ? On verra. Mais Haïti a besoin de leaders compétents, capables de faire fonctionner l’État, capables d’enrayer la corruption et de faire cesser les nombreux cercles vicieux qui affligent le pays.
Déjà que les élections haïtiennes sont une sorte de jamboree surréaliste où on compte des dizaines de candidats à la présidence, c’est à se demander si le pays a vraiment besoin de devenir, en plus, une télé-réalité pour artiste affligé d’un complexe messianique. En se présentant à la présidence, Jean confirme par l’absurde ce que Dany Laferrière à déjà écrit (je paraphrase) : tous les Haïtiens veulent être président. Et l’idéal serait que chacun le soit une journée…
Oui, Wyclef Jean est connu ; oui, Wyclef Jean est riche (sous-texte : ça l’immunise face à la corruption) ; oui, il est probablement de bonne foi. Mais on ne peut pas dire qu’il a révolutionné le genre politique par ses déclarations récentes. En voici une, résumant sa vision : « Et ça passera par l’éducation, la création d’emplois et l’investissement pour Haïti. »
Bref, Wyclef Jean a dit ce que tout le monde, ce que n’importe quel candidat pourrait dire. Qu’importe, le message, ici, c’est l’homme. Le médium, c’est la vedette. Remarquez, tous les candidats disent ce genre de banalité qui ne veut rien dire, tous. Partout. Raison de plus, dans le cas de Jean, pour ne pas le traiter comme un messie.
http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/2010/08/07/wyclef-jean-president-dhaiti/

Entre l'espoir et le scepticisme


Dominique Goudreault, Le Nouvelliste.-
(Trois-Rivières) À voir le buzz médiatique entourant la candidature de Wyclef Jean à la présidence d'Haïti, on pourrait croire que la population entière du pays s'est entichée du chanteur devenu politicien. Certaines personnes émettent toutefois des réserves face à l'ancien membre des Fugees. Parmi elles, on retrouve Claude Bélizaire, Haïtien arrivé dans la région il y a 45 ans.
«Pour être honnête, je dois avouer que je connais peu la musique de cette personne. À mon âge, on ne peut pas dire que je fais partie de la génération hip-hop», indique dès le départ l'ancien professeur de latin, d'histoire et d'économie du Collège Marie de l'Incarnation. Celui-ci connaît la vie politique d'Haïti par contre.



Du charisme et de la popularité, nul ne peut douter que Wyclef Jean en possède. «Lorsqu'il descend dans les quartiers défavorisés de Port-au-Prince, il est accueilli en héros par les jeunes de la rue.» Le Trifluvien d'adoption demeure aussi convaincu de l'amour que porte le candidat présidentiel à la perle des Antilles. «Tout le monde sait que Wyclef Jean est un fervent amoureux de son pays et du peuple haïtien, il l'a démontré à de nombreuses reprises.» Toutefois, Claude Bélizaire doute que ces qualités humaines suffisent pour devenir un chef d'État.

Le candidat devra tout d'abord être accepté par le Conseil électoral provisoire et prouver que sa seule nationalité est haïtienne, car la constitution interdit la double nationalité. Même si l'artiste a émigré aux États-Unis à l'âge de neuf ans, celui-ci compte se servir du titre d'ambassadeur de «bonne volonté» que lui a décerné René Préval en 2007 pour faire valoir son statut de citoyen haïtien.

Le candidat devra ensuite se démarquer de la vingtaine d'autres aspirants à la présidence. Un nombre trop élevé selon Claude Bélizaire, mais inévitable. «Il y a de plus en plus de candidats à chaque élection, mais c'est le cas de tous les pays fragiles où le monde politique est en miettes.»

L'apprenti-politicien devra aussi miser sur un programme électoral plus consistant qu'en ce moment. «Il parle des carences en éducation, des problèmes de santé, du manque d'investissements dans l'économie, etc. Il répète exactement les mêmes promesses que les autres. En même temps, comment pourrait-il parler d'autres choses que ce dont Haïti manque cruellement?» se demande le professeur retraité.

Wyclef Jean a été entaché par une histoire de malversations financières cette année, dans le cadre de sa fondation Yélé Haïti. Des journalistes américains ont dénoncé le fait que le chanteur ait reçu des centaines de milliers de dollars en cachet pour un spectacle supposément bénévole. Toutefois, Claude Bélizaire ne croit pas que la population s'en formalisera lors du jour du vote. «Les gens qui n'ont pas l'expérience de la vie démocratique n'accordent pas autant d'importance à l'honnêteté de leurs leaders.»

Malgré les zones grises de son histoire, Wyclef Jean continue de promettre un État au service des masses. «Tous les politiciens l'ont dit lors de leurs campagnes, «je serais plus propre qu'un tel ou un tel». Pourtant, personne n'a jamais attaqué la gangrène de cette société, la corruption. Personnellement, j'ai un devoir de réserve face à n'importe quel candidat à la présidence haïtienne», explique M. Bélizaire.

Dans l'éventualité où il emporterait le suffrage de ses concitoyens, l'ancien chanteur des Fugees n'aurait toujours pas les coudées franches pour mener ses réformes. «Le Parlement ne sera pas entièrement renouvelé lors des prochaines élections. L'élu devra alors composer avec un lot de pommes pourries dans le panier législatif. Le vrai changement devra partir de la base jusqu'au sommet», expose le passionné de politique.

Par charité chrétienne, Claude Bélizaire souhaite bonne chance à Wyclef Jean dans sa nouvelle entreprise, content de le voir éveiller la conscience démocratique des jeunes. N'empêche qu'il garde quelques réserves: «nous sourions devant ce qui se passe là-bas, un sourire peut-être jaune me direz-vous, mais un sourire quand même».
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/201008/07/01-4304668-entre-lespoir-et-le-scepticisme.php

Haïti: le FMI estime les pertes du séisme à 120% du PIB

Publié le 06 août 2010 à 18h08 | Mis à jour le 06 août 2010 à 18h18
Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a représenté un revers majeur pour l'économie d'Haïti qui avait fait des progrès depuis 2004 et les pertes équivalent à 120% du PIB, affirme le Fonds monétaire international (FMI) dans son avis annuel sur ce pays.
Le PIB d'Haïti va chuter de 8,5% dans le sillage du tremblement de terre qui a fait 225 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 million de sans-abris, estime le FMI pour l'exercice fiscal 2009-2010 se terminant en septembre alors que la croissance avait atteint 2,9% en 2009.
L'inflation, qui en 2008-2009 avait baissé de 4,7%, est repartie à la hausse et devrait terminer l'exercice fiscal à +8,5%.
Les exportations vont plonger de 12,1% alors qu'elles étaient en hausse d'autant l'année précédente, tandis que les importations vont gonfler de 15,5% après avoir été en recul de 3,3% en 2008-2009.
La part de la dette publique par rapport au PIB, qui avait reculé l'année dernière pour s'élever à 16,6%, est remontée cette année à 22%.
Une conférence de donateurs après le séisme a promis 9,9 milliards de dollars d'aide à Haïti dont 5,3 milliards qui doivent lui être versés sous 18 mois.
«Bien que ces versements se fassent au ralenti, l'aide extérieure liée à la reconstruction va tripler en tant que part du PIB dans les trois à cinq ans à venir», dit le FMI.
L'organisation internationale estime, au regard de «la persistante vulnérabilité d'Haïti à l'endettement», que «les futurs besoins financiers du pays devraient être couverts par des dons ou des prêts très avantageux».

Haïti a besoin de Wyclef Jean l'homme d'action, non le sauveur

Murielle Chatelier.- L'auteure est journaliste indépendante. 
Publié le 06 août 2010
La star du hip-hop Wyclef Jean vient de confirmer qu'il se porte candidat à l'élection présidentielle qui aura lieu en Haïti, en novembre prochain. Il y a quelques mois, tout juste après le tremblement de terre qui a secoué le pays de mes parents, j'avais écrit sur mon blogue que le séisme du 12 janvier dernier offrait à Haïti l'opportunité de renaître, mais que pour cela, il fallait que le pays accepte de changer. Wyclef Jean, c'est fou, mais j'ai envie de voir ce vent de changement souffler sur Haïti.
Un seul homme ne suffira jamais à faire une différence dans un pays aussi profondément détruit et marqué par des décennies de misère crasse. Aussi amoureux soit-il de son pays, il lui faut une équipe tout autant désireuse que lui d'implanter de réels changements en Haïti. Comme Patrick Lagacé l'écrivait, Haïti a besoin d'un boss. Wyclef Jean, le sauveur, on n'en a que faire. Ce qu'on veut, c'est l'homme d'action, c'est l'homme d'idées. On veut que l'homme qui est arrivé dans son pays natal un jour après le séisme pour soutenir ses pairs dans ce drame sans nom et pour ramasser des cadavres à leurs côtés se retrousse les manches pour trouver les outils qu'il lui faut pour faire correctement la job de bras qui l'attend.

Certes, un rappeur, ça ne fait pas sérieux, certes, il n'a pas d'expérience en politique. Mais pour avoir passé sept mois dans mon pays d'origine, de septembre 2007 à mars 2008, je peux vous dire que ça fera une sacrée différence d'avoir un président visible aux commandes d'Haïti! Wyclef Jean vient avec cette certitude : les yeux du monde entier resteront braqués sur Haïti s'il devient président. Le moindre de ses gestes sera épié, analysé et critiqué. Je vois cette pression sur son dos d'un bon oeil. Je ne connais pas l'homme, ni ses intentions, mais il y a fort à parier qu'il voudra bien faire, aussi inculte soit-il en rouages politiques.

Wyclef Jean a grandi à l'étranger. Il devrait donc avoir une perspective différente de ce qui se passe dans son pays d'origine par rapport aux citoyens qui vivent en permanence en Haïti. Est-ce que cette vision sera génératrice d'idées nouvelles? On ne peut que le souhaiter. Ce rappeur est déjà riche. Est-ce que ça l'empêchera d'avoir envie de fouiller dans les coffres de l'État pour se remplir les poches? On ne peut que le souhaiter, bien que là nous parlions de milliards de dollars à gérer versus les petits millions qu'il a pu accumuler au fil des ans. Le chanteur n'est pas très instruit, semble-t-il, et pourrait ne pas être très au courant de certains dossiers qui dépassent son champ de compétences. OK, c'est vrai. Mais comme plusieurs, j'ai envie de m'en ficher et de voir ce dont il sera capable.

Bien d'autres avant lui se sont cassé la gueule, avec diplômes et expérience en poche. Quand j'étais sur le terrain, j'ai parlé à des gens qui ont obtenu un emploi grâce aux actions de Wyclef Jean. D'une pierre, il a fait deux coups, car en leur donnant un travail, qui consistait à nettoyer les rues, il rendait aussi certains coins de la capitale plus vivables. Quand j'étais sur le terrain, j'ai vu d'autres gens croupir le ventre vide dans la saleté parce que leur président, René Préval, n'avait pas de plan pour vitaliser l'économie de leur pays et ainsi leur procurer un emploi.

Dans un contexte normal, la candidature de Wyclef Jean m'apparaîtrait comme la pire des absurdités. Cependant, toutes considérations prises, je me dis: à quel point Haïti peut aller plus mal encore? Ça fait tellement longtemps qu'il n'y a pas de bon pilote à bord de ce pays. C'est épeurant, inquiétant de penser qu'un rappeur amoureux soit celui qu'il faut pour révolutionner la situation qui prévaut en Haïti. Mais quand je pense à ce jeune garçon de 15 ans qui m'a dit un jour, en haussant les épaules: «Tout ce que j'attends de ma vie, c'est de mourir. Que j'aille à l'école ou non, ça ne fera aucune différence: jamais je ne trouverai d'emploi dans ce foutu pays», je ne peux qu'espérer que Wyclef Jean devienne un leader bien encadré qui contribuera à faire progresser Haïti, ne serait-ce que d'un pas.
http://www.cyberpresse.ca/place-publique/opinions/201008/06/01-4304508-haiti-a-besoin-de-wyclef-jean-lhomme-daction-non-le-sauveur.php

L'équipe médicale de la FMSS prend du mieux


Isabelle Pion, La Tribune.- Publié le 06 août 2010
Les membres de la mission en Haïti de la faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke prenaient un peu de mieux, hier. Malgré leur retour précipité, leur visite s'est avérée utile pour les futurs médecins haïtiens.
Les conditions de vie de la perle des Antilles demeurent extrêmement difficiles, selon Javier Teijeira, chirurgien cardiaque et professeur de chirurgie. À titre de directeur du bureau des relations internationales de la faculté, le Dr Teijeira souhaitait s'y rendre. «Je voulais moi-même vivre l'expérience, voir dans quelles conditions nos professeurs travaillent.» Il n'y a pas d'électricité, d'eau courante ou d'égout à Port-au-Prince, où s'entassent environ trois millions d'habitants, qui doivent continuer de vivre auprès des cadavres.



Depuis le séisme du 12 janvier, environ une quarantaine de médecins de la faculté se sont rendus en Haïti.

Rappelons que l'équipe de la faculté de médecine et des sciences de la santé (FMSS

de l'UdeS a dû écourter sa mission d'enseignement à Port-au-Prince. Trois de ses membres, le Dr Teijera, le Dr Echavé et la professeure Louise O'Reilly de l'École des sciences infirmières ont souffert de fortes fièvres. Le chirurgien Marco Sirois, également professeur de chirurgie, les accompagnait.

Le Dr Vincent Echavé disait aller un peu mieux hier. Celui qui parcourt la planète depuis des décennies s'est rendu trois fois dans ce pays depuis le tremblement de terre.

«Je tousse, j'ai des douleurs thoraciques. Les causes de tout ça, c'est multiple. Il y avait la chaleur intense, autour de 42, 43 degrés Celsius, le facteur humidex... Là où on donnait les cours, c'était dans une salle pas très grande, avec une soixantaine de personnes, avec un toit en tôle, raconte celui qui avait annoncé sa retraite ce printemps. On a probablement eu un coup de chaleur, et peut-être une infection virale. La situation est telle en Haïti qu'il est facile d'attraper n'importe quelle maladie. C'est un pays à la dérive.»

L'équipe est revenue au Québec dans la nuit de mercredi à jeudi.

Il croit être parti au bon moment, et pas pour des caprices, souligne-t-il. Selon lui, août est l'un des pires mois de l'année pour se rendre là-bas en raison des chaleurs intenses.

Aux yeux de Dr Teijeira, l'équipe a pris toutes les précautions possibles.

«Les gens, je les admire, il y a une résilience formidable, ajoute Dr Echavé. L'Université de Quisqueya était complètement détruite, ils ont rebâti un pavillon pour donner le cours. C'est admirable», raconte-t-il.

Les nuages s'accumulent au-dessus de la candidature de Wyclef Jean

Agence France-Presse, Port-au-Prince
Au moment où la star du hip-hop Wyclef Jean quittait Haïti vendredi, les nuages commençaient déjà à s'accumuler au-dessus de sa candidature à la présidence du pays, entre accusations de corruption et questions sur son éligibilité.
«Je pars en raison d'obligations familiales, mais je reviendrai dans quelques semaines pour entrer dans la campagne électorale», a promis le chanteur qui s'exprimait en créole devant la presse près de l'aéroport international de Port-au-Prince.

«Je n'abandonnerai pas ce mouvement parce que les jeunes et les universitaires sont mobilisés avec moi. Je les remercie, ainsi que la population qui m'a accompagné hier», a ajouté le chanteur à l'issue d'une visite éclair dans le pays effectuée à bord de son jet privé en compagnie de sa femme et de sa fille.

Wyclef Jean, qui a connu la gloire du temps où il faisait partie du groupe «The Fugees», a peu d'expérience en politique mais présente sa candidature à l'élection du 28 novembre comme une dernière chance pour sauver son pays.

Haïti est aux prises avec une pauvreté extrême, aggravée par les conséquences dévastatrices du séisme du 12 janvier dernier, qui a causé la mort de 250 000 personnes et coûté au pays 120% de son PIB, selon le FMI.

«Les États-Unis ont Obama, ici vous allez avoir Wyclef», a lancé le chanteur jeudi lors de sa première déclaration publique à sa sortie du bureau électoral où il venait d'enregistrer sa candidature.

Mais avant même le lancement de la campagne pour la présidentielle, qui comptait vendredi 14 candidats, Wyclef Jean voit les obstacles se dresser sur sa route. D'aucuns s'interrogent sur les compétences d'une pop star pour diriger le pays, et la question de son éligibilité est également sur la table.

La constitution haïtienne exige en effet cinq ans de résidence dans le pays pour se présenter à la présidentielle. La commission électorale décidera le 17 août si le chanteur, qui a émigré à New York avec sa famille alors qu'il était enfant, remplit ce critère.

Wyclef Jean est aussi aux prises avec des accusations selon lesquelles il aurait détourné une partie des fonds destinés aux victimes du séisme et confiés à sa fondation Yélé Haïti, fondée en 2005.

Au début de l'année, le chanteur s'est effondré en larmes en niant toute malversation, malgré une déclaration d'impôts de 2006 laissant apparaître qu'un tiers des dons collectés avaient servi à couvrir des dépenses sans caractère humanitaire.

Selon le site internet Smoking Gun, il devrait par ailleurs 2,1 millions de dollars au fisc américain.

Le chanteur devra non seulement surmonter ces obstacles, mais aussi convaincre qu'il a les compétences, et pas seulement le charisme, nécessaires pour diriger le pays.

L'acteur américain Sean Penn, très impliqué dans l'aide à Haïti, a fait part de ses réserves, jeudi soir, sur la candidature de Wyclef Jean. «Il a été pratiquement muet pour nous autres en Haïti, une non-présence», a déploré l'acteur.

«Je veux quelqu'un qui veuille vraiment, mais vraiment, se sacrifier pour son pays et pas juste quelqu'un que j'ai vu personnellement dans un convoi de voitures de luxe, exhibant une richesse qui me semble déplacée en Haïti», a ajouté l'acteur.

Même Pras Michel, cousin de Wyclef Jean et qui fut son comparse au sein des Fugees aux côtés de la chanteuse Lauryn Hill, boude cette candidature, à en croire le journal New York Daily News. Cité par le quotidien, le musicien annonce qu'il soutient un autre candidat, Michel Martelly, «car il est le plus compétent pour faire ce travail».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201008/06/01-4304334-les-nuages-saccumulent-au-dessus-de-la-candidature-de-wyclef-jean.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4304818_article_POS4