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lundi 5 avril 2010

La reprise des activités scolaires se fait attendre (Maj: 14:45)

Les activités scolaires n'ont pas repris ce lundi 5 avril dans le département de l'Ouest notamment à Port-au-Prince. Les rares écoliers que l'on remarquait ce matin dans les rues et dans les salles de classes ce matin n'étaient pas en uniforme. «La consigne a été passée, les activités scolaires reprennent à partir de ce lundi, En ce sens nous invitons les établissements scolaires dont les structures d'accueil sont opérationnelles à démarrer avec les séances d'appui psycho-social, afin de faciliter la réadaptation et l'encadrement des enfants traumatisés par le séisme du 12 janvier», déclarait ce matin, monsieur Desrosiers, ministre de l'éducation sur les ondes de Radio Métropole.
Toutefois, monsieur Desrosiers dit ne pas s'attendre à la grande foule lors de cette journée de réouverture. Il dit espérer, du moins, que beaucoup d'élèves reprendront le chemin de l'école d'ici la semaine prochaine.
Selon le ministre, l'activité scolaire recommencera progressivement dans les zones qui ont été touchées par la catastrophe. La reprise se fera dans des conditions particulières avec un nouveau calendrier et un programme adapté.
Il ne suffit pas de «passer la consigne» pour que les activités scolaires reprennent aujourd'hui. À Pétionville, un directeur résigné explique «J'essaie de repérer un endroit pour regrouper les élèves, dit le directeur. Mais je n'ai pas de tentes pour les accueillir ! Pas de pupitres, de cahiers, de livres... Il faudrait un miracle». A l'aide d'un mégaphone, il convoque pourtant les enfants du camp. Tout laisse à croire que de nombreux directeurs d'établissement scolaire vivent aujourd'hui la même situation.
Combien d'écoles ouvriront ? Où ? Sous quels abris ? Avec quel matériel ? Quels enseignants ? Payés par qui ? Et pour enseigner quoi à cette population traumatisée ? Le ministre de l'éducation discute de ces questions avec l'Unesco, l'Unicef, des représentants de la Commission européenne, de la francophonie de la Banque mondiale... mais il n'a pas toutes les réponses, ni les 2 milliards de dollars que le gouvernement estime nécessaire à la relance du secteur éducatif.

Les riches eux, ont envoyé leur enfants à l'étranger ou se payent des professeurs privés. Il y a eu aussi, dans les camps quelques initiatives grâce à plusieurs ONG ou associations. Elisabeth Debrosse Delatour, la femme du président d'Haïti, a même organisé quelques petites écoles installées dans des bus... Tout ceci est certes louable, mais la réalité est loin du discours politique. Des milliers d'enfants, désoeuvrés, déphasés ou vagabonds depuis le 12 janvier, trop impliqués dans le combat quotidien de leurs parents pour la survie, ont le sentiment que leur vie d'écoliers est révolue à jamais.

La rentrée scolaire la semaine prochaine..? Le mois prochain..? Qui peut le dire.

EJ / Radio Métropole Haïti

Haïti: Des violences sexuelles évitables

Avant le séisme, les violences, notamment sexuelles, contre les femmes et les filles étaient en diminution à Haïti. Aujourd'hui, avec la précarité liée au tremblement de terre, ces violences subies par les femmes et les filles haïtiennes augmentent. Catherine Maternowska, spécialiste de la violence à l'encontre des femmes pour l'Unicef, est arrivée à Haïti dans les années 80. Pour elle, rien de nouveau: les situations d'urgence augmentent la vulnérabilité des filles et des femmes face à la violence sexuelle et sexiste. «La violence sexuelle n'est pas inévitable, affirme-t-elle. Le mouvement des femmes en Haïti s'efforce depuis longtemps de changer les lois archaïques du pays qui font que les femmes et les filles sont gravement désavantagées dès la naissance. Aujourd'hui en Haïti, les groupes de soutien enseignent aux hommes et aux femmes comment éviter la violence et comment créer des espaces sûrs pour leurs filles».
Dans la petite ville isolée d'Anse-à-Pitre, au sud d'Haïti près de la frontière avec la République dominicaine, des milliers de familles se sont réfugiées dans cette commune pauvre. Les secours et ressources sur lesquels la petite ville pouvait compter avant le séisme ont même été aiguillés ailleurs pour répondre aux besoins des populations directement touchées par le tremblement de terre.

La vie quotidienne entre les parois d'une tente ou d'une petite maison n'offre aucune intimité. A la nuit tombée, les latrines mal situées ou inexistantes obligent les femmes et les enfants à se cacher dans des zones non éclairées. Peu de gens se sentent en sécurité. « Depuis le séisme, la population a augmenté, ainsi que les cas de violence à l'encontre des femmes, raconte Marc-Anglade Payoute, juge de paix à Anse-à-Pitre. La police et le système judiciaire font tout leur possible. Nous continuons à effectuer des arrestations. »

À la suite du tremblement de terre, l'Unicef a rencontré près d'une dizaine de groupes dans le sud-est d'Haïti pour travailler à la création d'un système d'orientation efficace pour les survivantes de la violence. Des petites cartes de référence en plastique indiquent aux victimes en créole haïtien où se rendre pour recevoir du soutien et des soins médicaux.

«Ce qui est primordial, c'est l'information, poursuit Catherine Maternowska. Fournir les informations nécessaires à une rescapée de la violence peut lui sauver la vie. Les cartes de référence que nous avons créées indiquent où et comment accéder aux médicaments essentiels afin de prévenir les grossesses et le VIH. Bien évidemment, l'apport d'informations en temps utile permet aux rescapées d'avoir accès à un traitement médical complet, à un soutien psychosocial et à la justice».

En partenariat avec des ONG et d'autres institutions des Nations Unies, l'Unicef soutient aujourd'hui le gouvernement haïtien dans sa volonté de lutter contre la violence sexiste. Des centres de santé dédiés aux femmes et aux filles sont actuellement en cours de développement dans les zones les plus touchées par le séisme, y compris Port-au-Prince, Léogane et Jacmel. Objectif: étendre ces services aux coins les plus reculés d'Haïti, y compris Anse-à-Pitre.

N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17428

Les haïtiens ne veulent pas de charité

Les haïtiens veulent commencer à reconstruire leur pays «ils ne veulent pas de charité, ils veulent travailler, éduquer leurs enfants et faire en sorte d'avoir un toit au-dessus de leurs têtes la nuit». Selon une enquête réalisée auprès de 1,723 personnes par une firme indépendante haïtienne financée par l'organisation internationale Oxfam, du 9 au 12 mars auprès d'haïtiens appartenant à diverses catégories d'âge et de statut socio-économique, dans plusieurs quartiers de Léogâne et de la capitale, Port-au-Prince, dont Pétionville, Delmas et Carrefour. Les résultats complets seront disponibles dans le courant du mois d'avril.
«Les haïtiens nous disent haut et fort qu'ils veulent se remettre sur pied et commencer à reconstruire leur pays» Les besoins les plus pressants des haïtiens sont l'emploi (26%), les écoles (22%) et le logement (10%). Les haïtiens ne veulent pas de charité, ils veulent travailler, éduquer leurs enfants et faire en sorte d'avoir un toit au-dessus de leurs têtes la nuit. En tant que communauté internationale, nous devrions pouvoir le faire» a précisé Marcel Stoessel, chargé de mission en Haïti d'Oxfam International.

En dépit des récentes critiques concernant l'efficacité de leur intervention globale, plus de 60% des personnes interrogées jugeaient que la qualité et l'efficacité de la distribution de l'aide par les ONG internationales étaient bonnes. 70% de ces personnes se félicitaient des actions menées par les gouvernements étrangers au cours de la période d'assistance après le tremblement de terre. Beaucoup de gens n'ont pas exprimé d'opinion au sujet de l'efficacité de la distribution de l'aide, et ont ainsi illustré les divergences et incompréhensions suscitées par une opération d'assistance d'une telle ampleur.
Les haïtiens interrogés lors de cette enquête ont également exprimé leur manque de confiance en la capacité de leur gouvernement à mener, unilatéralement, à bien le plan de reconstruction devant être présenté cette semaine à New York. Ils pensent au contraire qu'un partenariat entre le gouvernement central et la société civile haïtienne ou un gouvernement étranger serait mieux à même de mettre en œuvre le plan de reconstruction. «Il est compréhensible que les gens éprouvent une certaine anxiété à l'égard de l'intervention de leur propre gouvernement, la communauté internationale doit déployer tous les efforts dont elle est capable pour aider le gouvernement haïtien à se remettre sur pied. Sans le gouvernement, il ne peut y avoir de reconstruction durable», explique Philippe Mathieu, le Responsable pays d'Oxfam-Québec originaire d'Haïti.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/

Plusieurs leaders politiques s'opposent à la loi d'urgence

Le projet de modernisation de la loi d'urgence devrait être soumis ce mardi au Parlement haïtien. Ce nouveau projet de loi stipule que la période s'étendrait sur 18 mois et prend en compte la formation de la commission intérimaire de gestion des fonds d'urgence. Plusieurs dirigeants de l'opposition et des parlementaires ne cessent de critiquer ce projet de loi, le qualifiant d'inconstitutionnel. Le secrétaire général du PLAPH Himmler Rébu espère une réaction de la population pour empêcher l'approbation du projet de loi par les deux chambres. Cet avis est partagé par le chef de file de l'Alliance Evans Paul qui y voit un complot ourdi par le président Préval.
Des parlementaires de l'opposition, dont le sénateur Youri Latortue et le député Steven Benoît entendent s'opposer au vote de la loi qui consacrera selon eux une mise sous tutelle d'Haïti.

Le sénateur Latortue estime que la commission parlementaire devrait déclarer le projet de loi irrecevable parce que contraire à la loi mère. Les élus critiquent l'implication d'étrangers dans la commission intérimaire et l'extension de la période d'urgence.
Rappelant que le mandat du chef de l'Etat prend fin dans 11 mois, ces parlementaires croient que le président Préval ne devrait pas engager la nation au delà de cette période sans un consensus national.
Le député de Pétion ville Steven Benoît ne se fait pas d'illusion sur le résultat du vote à la chambre basse. Il s'attend à une mobilisation des élus du parti INITE, majoritaire dans les deux chambres.
Ces derniers jours le président de cette formation politique, le sénateur Joseph Lambert, a attiré l'attention sur l'importance de ce projet de loi dans les efforts visant à améliorer les conditions de vies des sinistrés.
LLM / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17426

Haïti: Pâque entre foi, résignation et désespoir

Pays très pieux, Haïti a suspendu une grande partie de ses activités depuis jeudi soir, y compris au sein des organisations internationales chargées de la reconstruction, pour permettre aux chrétiens de se recueillir. «C'est différent aujourd'hui, parce qu'il y a pas mal d'entre nous qui ne sont pas là, qui sont malheureusement partis», dit une jeune fille de 19 ans.
Assis devant les décombres de la cathédrale de Port-au-Prince, ou seule la façade rose et sa rosace est encore debout, des milliers d'haïtiens ont assisté dimanche à une messe de Pâques marquée par le souvenir du séisme du 12 janvier. Beaucoup de sans-abri des camp sont venus à la messe. Certains, comme Eddy Charles, restent devant les grilles de la cathédrale. «Pas belle», explique l'adolescent en montrant sa chemise fripée. «Mais on croit en Dieu», s'empresse d'ajouter son ami amputé de la jambe droite.

Pour protéger du soleil le clergé, la chorale et quelques fidèles, une vaste bâche en plastique a été tendue au dessus de l'autel. «Cette année, nous fêtons la résurrection avec simplicité», lance aux catholiques le nouvel archevêque, Mgr Joseph Lafontant. Il se félicite qu'après le tremblement de terre, le peuple haïtien ait gardé la foi «Vous êtes comme des rescapés, comme des survivants», ajoute-t-il, devant une foule endimanchée.

«C'est une catastrophe naturelle, on n'a pas le choix, on doit accepter», se résigne une jeune fille qui étudie au lycée, avouant que selon elle, le salut d'Haïti passe «par Dieu... et la communauté internationale».

«Nous espérons grâce à Dieu que les pays voisins vont nous aider à reconstruire la cathédrale», déclare Jean-Michelet Daniel, 23 ans, un grand crucifix suspendu autour du cou. Toutefois, malgré sa foi le jeune homme admet son désespoir «Nous les jeunes, nous n'avons pas d'avenir». Sa mère est morte pendant la catastrophe et il se retrouve sans revenu, à devoir élever son petit frère de six ans dans un camp.

N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17423

Haïti-Environnement: La déforestation, emblème d'une situation catastrophique

En Haïti, les moyens de subsistance déjà précaires risquent encore de s'aggraver à cause des habitudes de vie traditionnelle et du changement climatique. Haïti est très exposé aux épisodes de sécheresse et d'inondation dû à la dégradation de l'environnement telle que la déforestation, un mal qui affecte le pays depuis de nombreuses années. La déforestation est un défi majeur à relever, avec l'abattage de plus de 98 % des forêts ces dernières décennies. Selon les Nations unies, 70 % des haïtiens cuisent leurs aliments au charbon de bois, les obligeant ainsi à couper de grandes extensions de forêts chaque année sans que personne ne se soucie de reboiser. Les souvenirs d'une végétation exubérante dans le pays appartiennent au passé.
L'accélération de la consommation de charbon d'origine végétale menace de transformer le pays en un désert, le premier dans les Caraïbes, une zone caractérisée par des sols secs et l'absence de végétation.

Le séisme du 12 janvier 2010 a révélé de manière extrêmement brutale la très grande fragilité du pays vis-à-vis des éléments naturels. Les inondations des plaines agricoles, des villes d'estuaires, les glissements de terrains, l'obstruction de chenaux d'écoulements naturels sont toutes dues à l'imperméabilisation croissante des sols liée à la surexploitation des ressources disponibles.
La déforestation spectaculaire a laissé le pays sans défense face à l'érosion. Même les territoires classés «zones protégées» n'échappent pas à la destruction: la grande forêt des Pins par exemple a perdu près de 12 000 hectares de forêt de haute qualité, sa surface s'est réduite à 4 000 hectares.
Le fait qu'il n'existe pas de loi permettant de conférer des droits de propriété foncière indiscutables, conjugué à une forte pression démographique (qui a augmenté les cultures sarclées requérant une forte intensité de main d'œuvre au détriment des cultures à forte intensité de terre, telles que des plantations d'arbres fruitiers) sont les principales causes politiques et économiques de cette situation catastrophique.
Les premiers projets d'aménagement des bassins versants, de reboisement et de conservation des sols, apparus dans les années 1940 à 1980 se sont souvent soldés par des échecs car ils accordaient la priorité à l'aspect physique du processus, le problème était considéré comme un problème technique auquel il fallait apporter des solutions techniques.
Depuis les années 1980, une approche plus réaliste cherche à intégrer le monde agricole avec ses motivations sociales et économiques. Elle dépasse le seul cadre de la conservation des eaux et des sols; elle considère le reboisement comme un facteur de développement rural. L'ensemble du territoire a été cartographié et les travaux des experts ont permis d'élaborer un nombre impressionnant de programmes d'actions.

Le Gouvernement haïtien avait à l'étude un plan d'action pour lutter contre la déforestation, mais le tremblement de terre à définitivement remis en question sa mise en œuvre, ce, indépendamment de l'aide promise par certaines organisations internationales.
Sur le terrain, cette masse de connaissances sur ce qu'il faudrait faire est en total décalage avec les réalisations concrètes. Il n'existe toujours pas, par exemple, de modèle d'un traitement réussi qui pourrait servir de référence. Seuls une démultiplication des actions et un intérêt mutuel peuvent venir à bout d'un tel chantier.
Le taux de couverture forestière d'Haïti est aujourd'hui de moins de 2% contre 47% en République Dominicaine, tous types confondus (mangroves, forêts sèches, réserves forestières, parcs naturels). 30 millions d'arbres sont coupés annuellement pour couvrir 70% des besoins énergétiques des haïtiens, sans que parallèlement aucun projet de reboisement ne vienne les régénérer.
Les experts internationaux considèrent qu'Haïti a besoin de planter plus de 200 millions d'arbres pour augmenter la surface boisée de seulement 10%, cela nécessitera des investissements considérables mais personne ne sait d'ou viendra cet argent.
Le choc du séisme doit mobiliser le Gouvernement, le Parlement et les donateurs pour éliminer les nombreux «ralentisseurs» qui gangrènent les bonnes volontés. Il faudrait aussi mettre le monde paysan au cœur du dispositif.
À court terme, l'existant doit être conservé avant tout. Parallèlement, il faut faire en sorte que les arbres plantés représentent une valeur patrimoniale alors qu'actuellement, leur valeur provient essentiellement de leur transformation en charbon.
N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17422

Port-au-Prince: Activités portuaire au régime

Avant le séisme les Autorités Portuaire Haïtienne (APN) traitaient 90% du volume des conteneurs arrivant en Haïti. Cap Haïtien gèrait pour sa part les 10% restants. Le quai nord a été complètement détruit pendant le tremblement de terre et le quai sud gravement endommagé. Ce qui a affecté temporairement le trafic des conteneurs. Grâce aux efforts du Gouvernement haïtien, de l'armée américaine et du Programme alimentaire mondial, le Port est de nouveau opérationnel sans pour autant avoir retrouvé toutes ses capacités. Les États-Unis ont mis en place, sous contrat, deux importantes barges équipées de grues pour la manutention des conteneurs.
L'une des deux barges peut également gérer les marchandises en vrac, le matériel roulant, et les autres types de cargaisons. Ce qui permet au port d'atteindre aujourd'hui un volume de manipulation de 300 EVP (Équivalent Vingt Pieds) par jour. Toutefois, le contrat devra être renouvelé par les Autorités Portuaire Haïtienne (APN) en avril 2010, si ce volume doit être maintenu.

N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17421