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lundi 31 octobre 2011

L'opposition haïtienne crie à la dictature après l'arrestation d'un député

Clarens Renois
Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'arrestation spectaculaire puis la libération en moins de 24h d'un député recherché par la justice pour «évasion de prison» a déclenché en Haïti une crise entre le parlement et le président Michel Martelly, en fonction depuis moins de six mois.
«Nous ne reconnaissons pas l'autorité de ces ministres qui ont orchestré l'enlèvement et la détention illégale d'un parlementaire», a déclaré le député Levaillant Louis-Jeune.
Le député Arnel Bélizaire, arrêté jeudi soir à l'aéroport de la capitale à sa descente d'avion après un voyage officiel en France, a passé une nuit à la principale prison du pays avant d'être libéré vendredi devant le tollé soulevé par son interpellation.
Même si le nouveau premier ministre Garry Conille s'est quelque peu distancé de l'affaire, se disant «fortement préoccupé par l'emprisonnement d'un député en fonctions», cela n'a pas calmé le courroux des parlementaires.
Vendredi, quelques heures après la libération du député, les parlementaires ont exigé dans des résolutions la démission de plusieurs ministres, dénonçant au passage «le début de l'instauration d'une dictature par le nouveau chef de l'État».
Le président de la Chambre, Saurel Jacinthe, a appelé la population à «barrer la route à l'autoritarisme et protéger les acquis démocratiques».
Sénateurs et députés sont montés au créneau pour dénoncer les méthodes du nouveau président, un ex-chanteur très populaire auprès des jeunes, qui n'hésite pas à recourir à l'injure envers ses détracteurs.
M. Martelly, arrivé au pouvoir au terme d'un scrutin rocambolesque qui l'avait vu dans un premier temps écarté du deuxième tour, ne dispose au parlement que d'une poignée de membres de son parti. Il a peiné à faire approuver la nomination d'un premier ministre par les parlementaires.
Le président a suscité l'étonnement début octobre en rencontrant ses prédécesseurs Jean-Bertrand Aristide et Jean-Claude Duvalier, l'ex-dictateur qui fait l'objet de plaintes pour crimes contre l'humanité.
L'interpellation du député Bélizaire, impliqué auparavant dans une joute verbale avec le président, n'est pas le seul incident du genre survenu depuis l'arrivée au pouvoir de M. Martelly, qui s'en est récemment pris à la presse et a dénoncé la présence d'évadés de prison et de repris de justice au parlement.
En réaction, les sénateurs ont monté une commission pour enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement et du président de la République lui-même, laissant augurer d'une nouvelle crise politique.
Dans l'opposition, la convention des partis politiques a réagi en dénonçant «une dérive inquiétante susceptible d'engendrer une crise sérieuse dans le pays».
L'ancienne adversaire de M. Martelly à la présidentielle, Myrlande Manigat, a appelé la population à la vigilance, disant voir un «grave danger» dans les agissements du pouvoir.
Le chef de la Mission de l'ONU pour la stabilisation d'Haïti (Minustah), Mariano Fernández, s'est dit inquiet du climat politique «nuisible aux intérêts supérieurs de la Nation».
Le président Martelly se trouve depuis jeudi aux États-Unis pour dix jours. Il doit y subir une intervention à l'épaule, a annoncé son bureau de presse.
Contacté par l'AFP, le ministre de l'Intérieur et de la Défense Thierry Mayard-Paul a refusé de se prononcer sur l'arrestation du député qui selon lui concerne la justice. «Compte tenu de la séparation des pouvoirs, je n'ai pas à m'en mêler», a-t-il déclaré.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201110/30/01-4462709-lopposition-haitienne-crie-a-la-dictature-apres-larrestation-dun-depute.php

Une intervention de l'OTAN en Syrie «totalement exclue»

Agence France-Presse
Tripoli, Libye
Le chef de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen a affirmé lundi qu'une intervention militaire de l'Alliance atlantique en Syrie était «totalement exclue», tout en condamnant la répression menée par «les forces de sécurité syriennes sur des civils».
«Il est totalement exclu. Nous n'avons aucunement l'intention d'intervenir en Syrie», a déclaré M. Rasmussen dans l'avion qui l'amenait en Libye, au dernier jour des opérations militaires dans ce pays, qui ont conduit à la chute de Mouammar Kadhafi.
«Évidemment je condamne fermement la répression des forces de sécurité sur les civils en Syrie. C'est absolument scandaleux», a-t-il dit, au lendemain d'une nouvelle journée de manifestations qui a fait sept morts en Syrie.
«La seule façon d'avancer en Syrie, comme dans d'autres pays, est de tenir compte des aspirations légitimes du peuple syrien, introduire des réformes démocratiques...», a-t-il ajouté.
«Tout d'abord, nous avons pris la responsabilité de l'opération en Libye parce qu'il y avait un mandat clair des Nations unies, car nous avons eu un soutien fort et actif des pays de la région», a-t-il poursuivi estimant qu'«aucune de ces conditions n'est remplie en Syrie».
«Nous devons prendre des décisions au cas par cas. Dans une perspective globale, vous ne pouvez pas comparer la Libye et la Syrie», a-t-il ajouté.
«Nous n'avons aucunement l'intention d'intervenir en Syrie», a-t-il répété.
Le régime syrien qui ne reconnaît pas l'ampleur de la contestation et attribue les violences dans le pays à des «gangs terroristes» ne cesse de réprimer les protestataires qui réclament le départ de M. Assad depuis le 15 mars. Plus de 3000 personnes y ont péri selon l'ONU.
L'insurrection populaire tend désormais à se transformer en conflit armé avec la multiplication des affrontements entre soldats, membres des forces de sécurité et déserteurs, qui ont fait des dizaines de morts ces derniers jours, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée au Royaume-Uni.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/crise-dans-le-monde-arabe/201110/31/01-4462955-une-intervention-de-lotan-en-syrie-totalement-exclue.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B13b_crise-dans-le-monde-arabe_1415782_section_POS1
Commentaire:
Ne vous étonnez point si demain des frappes de l'OTAN contre la Syrie devenaient parfaitement justifiées. C'est une question d'enjeux et de conjonctures!

Les sénateurs veulent enquêter sur la nationalité des membres du gouvernement

Une commission de neufs sénateurs est mise en place en vue d'enquêter sur la nationalité de tous les membres du gouvernement Martelly /Conille. Cette commission créée, lors d'une séance spéciale réalisée au Senat après la libération du député de Delmas /Tabarre, Arnel Belizaire. Elle envisage également d'enquêter sur le président de la République lui-même.
Le sénateur de la Grand ‘anse Andris Riché souhaite que les membres de cette commission fassent eux aussi l'objet d'une enquête sérieuse, puisque selon lui, certaines informations font croire que des sénateurs de la République auraient la nationalité étrangère.
Cette commission a été mise en place suite à une demande du sénateur du Nord Moise Jean Charles qui affirme que des rumeurs font croire que des membres du gouvernement Martelly/Conille auraient la double Nationalité.
L'élu du nord considéré comme un opposant farouche de Michel Martelly a bénéficié le soutien de plusieurs de ses collègues dans le cadre de cette démarche.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19829
Commentaires:
Nous sommes fin prêts en première ligne pour suivre l'évolutuion de cette nouvelle crise politique. Le parlement va enquêter sur la nationalité des membres du gouvernements Conille/ Martelly. Il y a de forte rumeurs sur le cas particulier du président de la République. C'est en effet une coutume en Haïti d'aller accoucher aux USA. Histoire de donner une chance aux enfants en leur offrant une antionalité différente à l'haïtienne.
On se rappelle encore les démêlées du sénatuer Boulos qui a été chassé du parlement pour double nationalité. A l'époque, l'un de ses compères avaient carrément pris la fuite.
Comme on dit chez nous " nou tout gen you grenn zanno kay ofèv". Si la présidence lui aussi se lance dans une enquête pour dénicher des parlementaires détenteurs de deux nationalités on risque de se retrouver sans giouvernement et sans parlement.
Que personne ne s'inquiète! Si les rumeurs sont fondées , il ya aura juste un arrangement du style "Kase fèy kouvri sa". Et on entendra plus parler de cette affaire.
Et dire que les pupilles de l'oncle SAM n'ont pas encore rélaisé leurs visites de courtoisie au bureaux de nos chers parlementaires!

Vailhan Une délégation haïtienne a découvert tout l'intérêt du centre de ressources

Face aux pertes humaines considérables subies en Haïti dans le secteur de l'éducation après le séisme du 12 janvier 2010, l'Académie des sciences, le Centre national d'études spatiales (Cnes), l'Université numérique francophone mondiale (UNFM) et le ministère français de l'Éducation nationale ont décidé d'unir leurs efforts pour apporter leur soutien aux instituteurs de l'enseignement fondamental haïtien.
C'est notamment sous la forme d'un programme intensif de télé formation que s'exprime ce projet de coopération. Couvrant quatre années de l'enseignement fondamental (du CP au CE2 français), il propose des modules en mathématiques, sciences, usage des technologies de l'information et de la communication, éducation à la santé et inclusion scolaire (ou comment adapter son enseignement aux élèves en grande difficulté), tenant compte des aspects linguistiques créole-français.

Quarante enseignants de l'Ecole fondamentale d'application - Centre d'appui pédagogique de Kenscoff (non loin de Port-au-Prince) - ont déjà suivi ce programme dont l'objectif est à la fois de former les instituteurs et de revitaliser les structures haïtiennes existantes.
Étroitement associée au projet, l'Académie de Montpellier vient récemment de recevoir une délégation haïtienne composée de conseillers pédagogiques, de techniciens du ministère de l'Éducation nationale et de la directrice de l'école d'application de Kenscoff.
Désireuse de créer un pôle ressources sciences, axé sur la démarche d'investigation et les problématiques environnementales, la délégation a découvert avec un intérêt très vif le fonctionnement du centre de ressources de Vailhan, dont nombre des actions lui ont paru transposables en Haïti : accueil de classes sur le terrain autour de problématiques liées au développement durable ; formation des enseignants sur le site ; conception et prêt d'outils pédagogiques généralistes (eau, air, énergies renouvelables...) ou liés à un territoire d'action précis...
Disposant d'un jardin au sein de l'école d'application de Kenscoff, la directrice de cette structure a porté un regard attentif au jardin pédagogique de l'Abelanier où se mettent en œuvre des compétences et des connaissances dépassant très largement les seules pratiques culturales.

http://www.midilibre.fr/2011/10/30/une-delegation-haitienne-a-decouvert-tout-l-interet-du-centre-de-ressources,409942.php

Brésil : L'ancien président Lula commence sa chimiothérapie

L'ex-président brésilien Lula da Silva est arrivé lundi à l'hôpital syro-libanais de Sao Paulo, deux jours après l'annonce de son service de presse ayant indiqué que l'ancien chef d'Etat souffrait d'un cancer du larynx.
Luiz Inacio Lula da Silva a gouverné le Brésil de 2003 à 2010 SIPA/IPON-BONESSIl avait été admis à l'hôpital samedi. Il vient de fêter ses 66 ans jeudi dernier. L'ancien président brésilien Lula da Silva vient de commencer sa première séance de chimiothérapie ce lundi à Sao Paulo à l'hôpital syro-libanais. Atteint d'un cancer du larynx, l'ancien chef d'Etat était accompagné ce lundi de sa femme Marisa Leticia. Avec elle, il a évité la foule de journalistes amassés devant l'établissement.
Il est "confiant"
La veille, l'un de ses médecins indiquait à la presse qu'il était « confiant » dans le traitement qu'il devait suivre contre le cancer, estimant que c'était « l'essentiel pour le succès de n'importe quel traitement ». « Les oncologues sont optimistes (...) et, avec ce traitement, Lula a 80 % de chances de guérir », a ainsi dit le spécialiste.
Lula, un ancien mécanicien, a quitté la présidence l’an dernier après avoir été considéré comme l’un des présidents les plus populaires du Brésil. Durant son mandat, il a appliqué des programmes sociaux qui ont permis à 29 millions de Brésiliens de sortir de la pauvreté et a placé son pays au centre de la scène diplomatique internationale. L’Hôpital Syro-Libanais est spécialisé dans le traitement contre le cancer, et avait soigné José Alencar, vice-président de Lula, qui avait succombé en mars dernier à un cancer généralisé dans la région abdominale, qu’il avait développé depuis 1997.
http://www.francesoir.fr/actualite/sante/bresil-l-ancien-president-lula-commence-sa-chimiotherapie-152328.html

Les Palestiniens désormais membres à part entière de l'UNESCO

31. octobre 2011, 16h47 Cette fois c'est fait: les Palestiniens sont officiellement devenus membres à part entière de l'UNESCO. Israël a déclaré que cette admission éloigne tout accord de paix et la Maison-Blanche l'a taxée de contreproductive.


Au siège de l'UNESCO à Paris © KEYSTONE
Les Palestiniens ont enregistré à Paris une victoire diplomatique aussi symbolique que significative sur la voie de la reconnaissance de leur Etat, en obtenant le statut de membre à part entière de l’UNESCO, l’une des principales agences de l’ONU.
"La Conférence générale (qui réunit l’ensemble des Etats membres, ndlr) décide de l’admission de la Palestine comme membre de l’UNESCO", dit la résolution adoptée par 107 voix pour, 52 abstentions et 14 voix contre, parmi les pays présents au siège de l’Unesco à Paris.
"L’entrée de la Palestine porte le nombre d’Etats membres de l’Unesco à 195", a déclaré l’organisation dans un communiqué.
La quasi-totalité des pays arabes, africains et latino-américains se sont prononcés pour l’adhésion des Palestiniens, de même que la France qui avait pourtant émis de sérieuses réserves ces derniers jours sur la démarche palestinienne.
"L’Unesco, ce n’est ni le lieu ni le moment. Tout doit se passer à New York", jugeait encore vendredi le ministère français des Affaires étrangères.

Demande de reconnaissance à l'ONU à New York
Car beaucoup d’Occidentaux estimaient que la candidature à l’UNESCO ne pouvait précéder l’aboutissement de la démarche entreprise par les Palestiniens auprès de l’ONU à New York.
Le président palestinien Mahmoud Abbas avait solennellement demandé le 23 septembre à l’ONU de reconnaître l’Etat palestinien. Cette demande doit être examinée le 11 novembre par le Conseil de sécurité, où elle pourrait être frappée d’un veto américain.
Les Etats-Unis, l’Allemagne et le Canada ont voté contre, tandis que parmi les Européens, l’Italie et le Royaume Uni se sont abstenus.
L’admission de la Palestine à l’UNESCO éloigne les perspectives d’un accord de paix, a estimé pour sa part le gouvernement israélien, en condamnant une "manoeuvre unilatérale" des Palestiniens.
"Israël rejette la décision de l’Assemblée générale de l’UNESCO (...) acceptant la Palestine comme Etat-membre de l’organisation", indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
"Il s’agit d’une manoeuvre palestinienne unilatérale qui ne changera rien sur le terrain mais éloigne davantage la possibilité d’un accord de paix", souligne le communiqué.
"Cette décision ne transformera pas l’Autorité palestinienne en un véritable Etat mais place des obstacles inutiles sur le chemin de la reprise des négociations", ajoute-t-il.

Prématuré et contreproductif
La Maison Blanche a déclaré elle que le vote est "prématuré" et "contreproductif" dans la perspective d’une reprise espérée des négociations de paix au Proche-Orient.
"Le vote d’admission de l’Autorité palestinienne aujourd’hui à l’Unesco est prématuré et contreproductif vis-à-vis de l’objectif de la communauté internationale de parvenir à une paix complète, juste et durable au Proche-Orient", a affirmé le porte-parole du président américain Barack Obama, Jay Carney.
http://www.lematin.ch/actu/monde/les-palestiniens-desormais-membres-part-entiere-de-lunesco-2011-10-31

Ce que la Chine veut obtenir en sortant l'Europe de l'ornière

Pierre Haski
Rue89
L'Europe a-t-elle sacrifié son indépendance en se tournant vers la Chine pour sauver la zone euro, comme l'ont affirmé aussi bien François Hollande que François Bayrou ou Daniel Cohn-Bendit ? La question mérite d'être posée en termes moins simplistes.
Hu Jintao, le numéro un chinois, n'a sans doute pas pu s'empêcher d'avoir un grand moment de jouissance lorsque Nicolas Sarkozy l'a appelé, jeudi, pour l'informer des résultats du sommet européen de Bruxelles.
Son objectif ? Accorder un répit à la Grèce et au delà, à la finance mondiale, en incitant son interlocuteur à investir dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le même Sarkozy qui lui donnait des leçons il y a trois ans sur le Tibet, et s'affichait avec le dalaï lama, la bête noire de Pékin.
Dès jeudi soir, le président du FESF, Klaus Regling, arrivait à Pékin pour des entretiens avec les officiels chinois. Et, selon le Financial Times de vendredi, la Chine pourrait investir 35 à 70 milliards d'euros, voire plus, dans le FESF. A quel prix ?
1: Obtenir des contreparties tous azimuts
Les échanges publics sont polis et vagues. Mais qui peut croire que la Chine ne posera pas ses conditions, explicites et implicites, pour l'octroi de cette aide dont l'Europe, affaiblie, a cruellement besoin. On peut évoquer :
•L'octroi du statut d'économie de marché à la Chine. Pékin doit obtenir ce statut en 2016 selon les termes de son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mais demande que la date soit avancée.
L'Union européenne a jusqu'ici refusé, car ce statut offrirait de meilleures garanties d'accès aux produits chinois sur le marché européen, en les mettant à l'abri de clauses antidumping.
•Arrêt des pressions sur la valeur du yuan, la monnaie chinoise, dont la sous-évaluation est régulièrement dénoncée à Washington comme à Bruxelles.
•Plus de rigueur dans la gestion des économies européennes, sous contrôle du FMI.
•Arrêt des pressions sur les sujets politiques sensibles pour Pékin comme les droits de l'homme en Chine, le Tibet, Taïwan, etc.
•Levée de l'embargo européen sur les ventes d'armes à la Chine : promis par Jacques Chirac et Gerhard Schröder, la levée de cet embargo, héritage du massacre de Tiananmen en 1989, s'est heurté à l'absence de consensus européen. Pékin le vit comme une humiliation.

Les conclusions du sommet signalent le renversement du rapport de force mondial : la vieille Europe, berceau de l'industrialisation et des empires coloniaux, appelle désormais à la rescousse les « émergents », c'est-à-dire l'ancien monde colonisé (Inde, Brésil, Chine...) pour sauver ses économies.
Le prix à payer pour l'Europe : un rapport de force moins favorable face à la nouvelle puissance chinoise, dans les dossiers qui fâchent : importations chinoises ou conceptions divergentes de la gouvernance du monde (comme l'a montré le récent veto chinois et russe sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU).
C'est ce qu'a dit François Hollande, le candidat du PS, lors de son passage sur TF1 :
« Peut-on penser que le fait de se mettre, ne serait-ce qu'en partie, entre les mains de ces nations avec lesquelles nous avons par ailleurs à négocier sur le front monétaire et commercial nous mettra en capacité d'obtenir des résultats positifs pour l'Europe ? »
C'est ce que dénonce également l'eurodéputé Vert Daniel Cohn Bendit, qui regrette qu'au lieu de « communautariser » une partie de la dette des pays de la zone euro, on a préféré une « solution chinoise » (et russe). « Politiquement vous vous mettez dans la main de la Russie et de la Chine », a-t-il dit sur BFM-TV.
Hubert Védrine, l'ancien ministre des Affaires étrangères de Lionel Jospin, explique le nouveau rapport de force au Figaro en termes plus policés :
« Dans la mondialisation, il y a les mondialisateurs et les mondialisés. Les Occidentaux ont perdu le monopole de la puissance, de la richesse, de l'influence, de la décision. Il faut partager avec d'autres. »

2.- Ne pas refaire les mêmes erreurs qu'avec les Etats-Unis
Du point de vue chinois, les choses ne sont pas simples non plus.
La Chine a investi environ la moitié de ses 3 200 milliards de dollars de réserves en devise américaine, dont une bonne partie en bonds du Trésor américain. Elle l'a fait :
• pour placer les liquidités dues à son colossal excédent commercial,
• pour donner des gages aux Etats-Unis inquiets de l'émergence de la puissance chinoise, et ainsi éviter une nouvelle « guerre froide ».
Ce faisant, la Chine a financé le déficit américain, comme le Japon l'avait fait avant elle, et s'est retrouvé sans recours lorsque la crise des « subprimes » a frappé en 2008, et menacé tout l'édifice de l'économie américaine.
La Chine n'investira pas dans les mêmes conditions pour renflouer l'Europe : elle exigera un maximum de garanties sur la réduction de la dette des pays de la zone euro, et sur la réduction des déficits.
Ironiquement, Pékin a créé sa propre agence de notation, qui a déjà privé en 2010 la France de son mythique AAA...
Cet été, déjà, Pékin avait sermonné les Américains sur leur incapacité à gérer convenablement la question de leur dette, alors que la Maison Blanche et le Congrès s'opposaient sur le relèvement du plafond de la dette américaine.
Les Chinois ne supportent pas l'incertitude, et les Européens, de leur point de vue, évoluent dans une zone grise.
En 2007, la Chine avait ainsi défini sa politique de réserves :
« Nous recherchons la stabilité, la liquidité et le retour sur investissement et nous avons une politique stratégique à long terme. »
La zone euro, telle qu'elle est, répond-elle à ces critères ?

3.- Ne pas alimenter la surenchère nationaliste en interne
C'est un fait méconnu en Europe, mais le pouvoir chinois doit faire face à une surenchère nationaliste, interne mais aussi extérieure au parti communiste, qui a lancé de vives critiques contre l'équipe dirigeante pour avoir investi en bons du trésor américains.
Très active sur le Web, cette aile nationaliste considère que la Chine doit utiliser ses ressources à régler ses problèmes de développement, plutôt qu'à financer le déficit des Américains, a fortiori celui des Européens sans enjeu stratégique.
Dans le Financial Times, Li Daokui, membre du Comité monétaire de la Banque centrale chinoise, le dit clairement :
« Le principal souci du gouvernement chinois est de savoir comment expliquer cette décision au peuple chinois. »
Le débat avait très chaud en 2007-2009, lors de la crise des subprimes. Le gouvernement a dû faire face à la surenchère d'une aile nationaliste.
En 2007, deux économistes chinois liés au parti communiste avaient semé l'effroi en menaçant d'employer « l'arme nucléaire » monétaire : mettre sur le marché les réserves chinoises en dollar.
Ils avaient très vite été désavoués par Pékin, mais leur message était passé. Des gens haut placés dans l'appareil du pouvoir chinois réfléchissent à de tels scénarios catastrophes.
Et ils ne risquent pas de se calmer lorsque le Congrès américain menace régulièrement la Chine de déclencher la guerre des monnaies, ou quand leur parvient les échos antichinois des campagnes électorales aux Etats-Unis, ou en France.
En répondant à l'appel à l'aide de l'Europe, Pékin devra en permanence vérifier si l'opinion publique – qui se fait entendre sur Internet malgré la censure –, n'y voit pas la répétition de l'« erreur du dollar ».
Un blogueur, Songhzhe, cité par le New Yorker, sonnait ainsi l'alarme sur Weibo, le site de microblogging chinois :
« Pourquoi devons-nous une nouvelle fois donner ce que nous avons gagné par le fruit de notre sang, de notre sueur et de nos larmes, à ces riches et paresseux Européens ? »
4.- Accéder librement à la technologie
Si la Chine est prête à participer avec modération au plan européen de sauvetage de la zone euro, c'est évidemment afin de sauver le premier marché au monde pour ses produits. Mais c'est aussi pour ouvrir plus grand la porte à ses investissements.
Depuis une décennie, les entreprises chinoises tentent de rattraper leur retard à la fois en investissant plus que leurs concurrents dans la recherche et le développement, mais aussi en rachetant des entreprises disposant de technologies de pointe.
Dans la course aux brevets, Pékin s'est heurté, aux Etats-Unis, à des blocages politiques. Que ce soit dans la technologie ou dans l'énergie, les tentatives de rachat d'entreprises américaines par les Chinois ont souvent été bloquées, à l'exception notable de la branche PC d'IBM, vendue à Lenovo.
Dans ses rapports avec l'Europe, la Chine espère qu'il en ira différemment : elle sait que les Européens sont affaiblis et en ordre dispersé. Les investissements chinois, encore modestes, sont déjà en augmentation de 50% cette année, pour atteindre quelque 5,6 milliards d'euros.
Attendez-vous donc à plus de rachats d'entreprises de pointe européennes par les Chinois, sauveurs providentiels de secteurs en difficulté.
Le hasard a fait que le jour même où l'Europe se tournait vers Pékin, un consortium chinois concluait le rachat pour à peine 100 millions d'euros du constructeur automobile suédois Saab, en faillite financière mais disposant d'une marque et d'un savoir-faire reconnus. Saab rejoint l'autre suédois Volvo et le britannique Rover dans le giron d'une industrie automobile chinoise ambitieuse.
Avec l'accord de Bruxelles, la « diplomatie du carnet de chèques » chinois pourra se déployer sans entraves dans une Europe affaiblie et ouverte.
Les optimistes y verront une nouvelle étape de la mondialisation dans laquelle la Chine prendra toute sa place de grande puissance sans pour autant viser l'hégémonie. Les pessimistes, nombreux, y verront la fin de la capacité de l'Europe de peser sur un monde dans lequel elle représente pourtant l'un des pôles majeurs.
http://www.lepost.fr/extrait-du-web/2011/10/31/2626465_que-demande-la-chine-pour-sauver-l-europe.html

La Chine et l'Europe doivent s'« observer » de façon rationnelle et judicieuse dans leur coopération pour faire face à la crise

Le récent sommet européen est enfin parvenu à un important consensus cadre au sujet de la solution du problème de la dette souveraine qui ravage l'Europe. La Chine déclare qu'elle souhaite que cette dernière puisse s'unir, faire bloc et se solidariser afin de pouvoir résoudre de façon efficace les problèmes de la crise de la dette et qu'à cet effet, elle désire poursuivre et renforcer sa coopération avec l'Union européenne. Lors du colloque internationale « L'UE et l'Européenne vues par les Chinois », tenu le 29 courant à Beijing, plusieurs spécialistes chinois et européens ont indiqué que la bonne coopération entre la Chine et l'Europe nécessite que les deux parties concernées mettent à l'écart et laissent de côté les préjugés et les idées préconçues et s' « observent » de façon rationnelle et judicieuse. Pour ce qui est de l'information selon laquelle la Chine est prêt à apporter sa contribution à la solution de la crise de la dette en accordant une aide financière à la zone euro pour l'aider à résoudre ses difficultés, Yao Shujie, Recteur de l'Institut de la littérature chinoise contemporaine de l'Université de Nottingham de Grande-Bretagne et économiste de renom d'origine chinoise, insiste que l'aide que la Chine apporte à l'Europe au moment où la crise de la dette sévit en zone euro constitue en fait une occasion exceptionnelle permettant de développer et de renforcer davantage la coopération entre les deux partie. Cependant, des voix se font entendre en Europe contestant et mettant en doute l' « aide amicale chinoise » et déclarant que le motif réel de cette aide c'est de « prendre en otage » l'Europe et d'obliger les dirigeants européens de céder et de faire des concessions à la partie chinoise sur de nombreux problèmes-clés, y compris la reconnaissance du complet statut d'économie de marché de la Chine.
Parlant des idées préconçues et des préjugés sur la Chine qui existent en Europe, Liu Yanhong, professeur à l'Ecole supérieure pour aspirants à la recherche de l'Académie des Sciences sociales de Chine, pensent qu'en traitant des problèmes concernant la Chine, les Européens ont l'habitude de recourir à la tactique diplomatique de la « force réglementaire », c'est-à-dire obliger les autres à se conformer à leurs idées et à leurs règles pour établir et instaurer leur avantage et leur supériorité. Mais, avec le développement vigoureux et rapide de la Chine, l'équilibre des forces internationales est en train d'évoluer. Compte tenu des intérêts réels des relations entre la Chine et l'Europe, il est important pour cette dernière de réajuster convenablement cette tactique diplomatique.
Quant à Li Daokui, professeur à l'Université Qinhua et membre du de la Commission de la politique monétaire de la Banque du Peuple de Chine (banque centrale), il indique que l'UE est le plus grand partenaire commercial de la Chine, c'est pourquoi l'aide que celle-ci apporte à l'Europe répond entièrement à ses intérêts à long terme. Toutefois, pour le moment, il est important pour le gouvernement chinois de donner des explications aux masses populaires du pays pour qu'elles comprennent effectivement les bonnes raisons d'aider l'Europe dans cette période de crise et de difficulté.
Tang Haihua, Maître-assistant à l'Institut des Relations internationales de l'Université du Peuple de Chine, indique qu'en Chine, la masse populaire ne connaît pas très bien la place importante qu'occupe actuellement l'UE sur la scène internationale de notre monde. C'est pourquoi lorsque la Chine et l'Europe s'observent réciproquement, des deux côtés, il manque souvent de jugements rationnels et judicieux et les médias des deux parties en sont responsables, car souvent ce sont eux qui jettent de l'huile sur le feu. D'autre part, certaines idées qui se prêtent aux « facteurs négatifs de la flatterie et des mauvaises habitudes » cachent et dissimulent les dangers latents susceptibles de compromettre sérieusement la bonne entente et la coopération entre les deux parties.
Pour pouvoir établir un système permettant à la Chine et à l'Europe de s'observer mutuellement de façon rationnelle et judicieuse, Sun Long, Assistant professeur à l'Institut des Relations internationales de l'Université du Peuple de Chine, indique qu'en prenant la Chine comme exemple, il existe certain écart de vues entre le public et l'élite intellectuelle sur de nombreux problèmes concernant les relations sino européennes. De même pour l'élite intellectuelle, il existe également, parmi les fonctionnaires du gouvernement, les savants et spécialistes et les médias, différentes idées ainsi que des jugements et appréciations contraires sur des problèmes d'importance. Par conséquent, dans le processus de l'établissement d'une observation mutuelle rationnelle et judicieuse, il est nécessaire de déployer des efforts soutenus face à des catégories de personnes différentes.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne
http://french.peopledaily.com.cn/Economie/7631325.html

Crise de l’euro : quand la Chine possédera l’Europe (après l’Afrique)

En 1973, Alain Peyrefitte avait publié la première édition du livre « Quand la Chine s'éveillera », qui, à l'époque, avait retenu une attention polie et des sourires convenus. A l'époque, le pays le plus peuplé du monde n'intéressait pas grand monde.....
En 2011, alors que les sociétés chinoises rachètent le sous-sol et les infrastructures de plusieurs pays africains, mais aussi de la Grèce par l'intermédiaire opportun de la crise de l'euro, les propos du livre apparaissent non plus comme « ridicules », comme le pensaient certains voici 38 ans, mais bien en -dessous de la réalité actuelle.
Le plus formidable retournement de l'histoire économique récente s'est opéré en défaveur tout d'abord des pays africains riches en minerais du futur, et maintenant des pays de la zone euro dont les dirigeants supplient- littéralement- les responsables chinois (et asiatiques plus généralement) de combler leurs dettes abyssales afin de tenter le sauvetage impossible de l'euro.
Des décennies de mépris arrogant de la Chine en particulier, et de l'Asie plus largement, par les politiques, les économistes et les chefs d'entreprises européens, se retournent en terrifiant boomerang contre les Etats qui, naguère, ont humilié, occupé, pillé, ruiné, colonisé la Chine et le continent asiatique.
Au début, il y eut l'Afrique et ses sous-sols.....
Depuis maintenant près de 20 ans, les dirigeants européens, inquiets du phénomène, mais ne souhaitant pas l'évoquer trop publiquement, suivent avec angoisse l'empiètement progressif, et en apparence irrésistible, des entreprises et de l'Etat chinois sur les territoires africains, surtout riches en matières premières indispensables au développement rapide du pays et de son marché intérieur.
En première ligne était la France, avec sa célèbre autant que sulfureuse « Françafrique », ses réseaux opaques s'appuyant sur des dirigeants africains corrompus facilitant la vente des richesses de leurs pays aux entreprises françaises (AREVA, TOTAL, BOUYGUES, VINCI, etc...). L'irruption de la Chine, avec ce que d'aucuns ont appelé « ses missionnaires laïques » apportant, non le réconfort moral d'une religion de soumission aux populations exploitées et pillées, mais de l'argent frais, des infrastructures à bas coût, des opportunités de stabilité politique, a bouleversé le cours des choses sur le continent noir.
Certes, les envoyés chinois ne sont pas plus intéressés par un vrai développement local et pérenne des pays africains que ne l'étaient auparavant les corps expéditionnaires de la France ou de la Belgique, mais ils disposent de moyens financiers colossaux et abordent les questions politiques africaines sans complexe hérité de lourds contentieux coloniaux avec les peuples africains.
De manière générale, les émissaires chinois en Afrique essaient de convaincre, par des faits et réalisations, les populations locales que travailler avec eux et pour eux est un marché « gagnant-gagnant », conforme aux traditions commerciales chinoises.
Puis, arriva la crise de l'euro et la vente à la découpe des richesses de la zone euro
En Europe, par le biais de la crise de l'euro et ses terribles conséquences, les intérêts chinois trouvent partout des achats judicieux, fructueux et bon marché.
La Grèce a inauguré cette arrivée publique, décomplexée et ouverte en Europe, avec des achats lourds des anciens biens publics nationaux du pays. Le plus emblématique est l'achat du port du Pirée, poumon économique et commercial d'Athènes et de la Grèce.
Mais, cela n'est que la pointe émergée du processus. En France, par exemple, les capitaux chinois sont en chasse permanente : que ce soit des propriétés viticoles rentables, des châteaux admirables, les cafés- tabac-restaurants de Paris et d'autres grandes villes, l'argent venu de Chine trouve partout des proies faciles.
A terme, selon des investisseurs chinois que nous avons interrogés, d'autres secteurs seront visés : les terres agricoles adaptées à la mécanisation, l'immobilier rural pour des résidences secondaires, des sociétés françaises réputées du secteur du luxe et des hautes technologies, des banques et des infrastructures privatisées (autoroutes, ports, aéroports, réseau ferré, compagnies aériennes, recyclage des métaux, chimie, etc....).
Certains,en France, ont en partie préparé, anticipé ce phénomène comme les notaires qui entendent « former » des homologues chinois.
Doit-on révéler à cette profession très spécifiquement franco-française que, demain, avec des lois modifiées par des conventions entre Etats- projet déjà dans les « tuyaux prévisionnels » à Pékin- ces notaires chinois seront leurs concurrents directs pour les affaires sino-françaises ? La vision économique à court terme suicidaire est-elle une spécialité française, comme la tête de veau en cuisine ?
Ce qui est décrit ici est inscrit dans un contexte économique, financier et monétaire : celui de la crise de l'euro, cette monnaie, « magique » selon les mots d'un très riche investisseur chinois, « car elle permet de s'ouvrir sans fatigue et sans pots de vin les portes des économies et des biens de 17 pays. C'est une clé passe-partout miraculeuse qui facilite tous nos achats et leur suivi sur place ».
Mais, au-delà de la vague de profits juteux en vue pour des capitaux chinois (et asiatiques) qui attendent de pouvoir trouver des cibles intéressantes à prix soldés, la situation politique d'ensemble de la zone euro est en passe de démultiplier ces processus, pour l'heure relativement silencieux et partiels.
Le jour où la zone euro dut supplier pour obtenir des fonds chinois (et asiatiques)
Le récent « plan européen » censé sauver la zone euro souffre d'un mal d'origine tragi-comique, presque surréaliste, pour le mettre en œuvre : il lui faut plus de 100 milliards d'euros, que les signataires de l'accord ne possèdent pas !!!
Cet argent, les dirigeants de ladite zone ne peuvent, en l'état de leurs économies nationales exsangues et du fait de leur monnaie unique les étranglant en groupe, que le trouver en Asie, et plus spécifiquement en Chine !!!
Ainsi s'écroule aux yeux du public européen la trilogie mensongère qui présida à la naissance de l'euro : celui de la grandeur unie, de l'indépendance garantie et de l'économie protégée des pays de la zone euro.
De la grandeur annoncée, il reste l'humiliation de devoir envoyer à Pékin des hauts dignitaires du FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière) implorer, à genoux et la sébile à la main, pour abonder un Fonds vide avec des euros qui sont partis en Asie !!!
De l'indépendance de la zone euro, il demeure en fait une soumission totale, obligée, humiliante, aux seuls intérêts des investisseurs chinois (et asiatiques) à qui les dirigeants européens sont prêts à tout accorder maintenant pour quelques milliards d'euros de plus !!!
De l'économie européenne protégée, il subsiste en réalité la vague formidable d'achats en cours et à venir par les fonds chinois et asiatiques de sociétés, biens, infrastructures des pays de la zone euro !!!
Telle est la réalité des rapports de puissance euro-asiatiques en cette fin 2011
En économie, il est un principe que le bon sens populaire a traduit avec intelligence pr la formule « qui paie commande ».
Qui, en cette fin 2011, pourrait permettre à la zone euro en ruines, de continuer à se désintégrer progressivement en vendant tous ses joyaux et biens propres afin de se survivre quelques semaines ou quelques mois de plus ?
La réponse, les chefs de la zone euro la connaissent et la crient sans aucune pudeur : les détenteurs, publics et privés, de capitaux disponibles, en Chine et en Asie !
Déjà, les dignitaires chinois, et les financiers privés du continent asiatique, indiquent avec un sourire narquois, poliment, mais fermement, les conditions obligatoires que leur aide financière momentanée supposerait.
Ces conditions sont de nature politique, économique et financière, un peu à la façon dont naguère le FMI traitait les états africains et/ou sud-américains endettés.C'est dire quelle est la situation désastreuse de la zone euro en cette fin 2011 !
De manière publique, et cela est une contradiction étonnante qu'il convient de souligner, les dirigeants qui veulent sauver la zone euro sont amenés, pour essayer de réaliser leur mission impossible, à détruire les bases économiques mêmes de cette zone.
Dit plus simplement : pour recevoir, avec des intérêts à régler plus tard de l'argent frais immédiatement, ces responsables européens vont être contraints de brader tout ce qui a une valeur pour les spéculateurs chinois (et asiatiques), tout en se pliant à leurs souhaits que d'aucuns verront comme des diktats.
En un mot ; la zone euro est à vendre à qui peut se payer ses biens et richesses.
Les pères fondateurs de l'Europe économique et politique doivent, comme le dit l'adage populaire, se retourner dans leurs tombes de honte et de confusion devant ce constat.
Pour résumer la situation en une image saisissante pour toutes et tous : afin d'essayer, en vain, de sauver une monnaie condamnée, les dirigeants de la zone euro se préparent à vendre aux enchères leurs économies nationales, leurs pays comme tels et leurs ressources futures.
La Grèce ne fut donc bien que le sort qui attend les 16 autres pays de la zone euro, et leurs peuples, si rien ne vient stopper ce processus annoncé.
Une jeune économiste chinoise dit les choses autrement, mais aussi clairement :
« le FESF est par sa nature même une corde de chanvre solide tendue par les dirigeants politiques européens aux financiers asiatiques pour étrangler la zone euro avec. Quand la corde des dettes envers ces financiers sera bien serrée parce que les pays de la zone euro auront vendu tout ce qui en fait le prix et constitue leur richesse, il suffira de tirer sur la corde des dettes accrues pour tenir 17 pays à merci, comme on peut tenir un chien en laisse afin qu'il soit bien obéissant.
En ce sens, la politique actuelle des responsables européens, du point de vue de l'Europe, est suicidaire pour eux et pour leurs peuples. Pour les détenteurs de capitaux asiatiques, c'est au contraire une aubaine fabuleuse qui surgit, un véritable nouveau Far West qui s'ouvre, une forme moderne d'eldorado qui s'étend devant eux ».
La fable chinoise des animaux réunis ensemble de force par le sorcier fou
Il est pertinent de conclure cet article par l'analyse que cette jeune économiste chinoise a donnée de la zone euro à travers une fable morale naturelle. En voici le résumé en sa substantifique moelle :
« La zone euro peut être comparée à un sorcier fou qui aurait voulu, pour réaliser un rêve absurde, mettre ensemble dans une maison fermée des animaux aussi différents qu'un lion, une girafe, un tigre, un ours, un lièvre, une gazelle, une tortue, un lézard, et d'autres animaux tous nécessitant un biotope différent. Le sorcier fou leur dit qu'ils doivent tous vivre ensemble, mais chaque animal a ses propres besoins, habitudes, rythmes de vie et aspirations. Ce que constatant alors, le sorcier fou entend leur imposer de force, sans leur avis, des lois et des règles communes à respecter alors que les animaux sont tous très différents. Les animaux, loin d'être aimés et protégés comme il leur avait été promis, se retrouvent piégés et prisonniers dans une maison-prison.
Mais, la nature a ses lois supérieures à toutes les autres car chaque animal veut vivre sa vie sans se soumettre à une loi commune unique qui les conduirait tous à une mort certaine.
Alors, les animaux, sans se concerter, mus seulement par leur instinct vital, commencent à attaquer, qui le toit de la maison avec sa tête, qui le plancher avec ses griffes et ses crocs, qui à creuser des trous dans les murs avec ses pattes agiles. Tant et si bien qu'à la fin, leurs efforts communs finissent par faire s'écrouler la maison où ils étaient tenus prisonniers sur la tête du sorcier fou tandis que les animaux s'enfuient afin de retourner chacun à sa vie habituelle naturelle ».
Une fable chinoise, certes. Mais qui ne s'applique pas à la Chine !
Et une situation totalement renversée des rapports de puissance euro-asiatiques en ce 100ème anniversaire de la Révolution chinoise de 1911...
.http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/crise-de-l-euro-quand-la-chine-103310

Pourquoi la Chine n'a pas encore donné le feu vert au fonds de secours européen

La Chine pourrait venir au secours de l'Europe en abondant le Fonds européen de stabilité financière de 50 à 100 milliards de dollars. Mais aucun officiel chinois ne confirme. Le directeur général du FESF n'ose même pas parler de négociation, tant les enjeux sont lourds. Ecrit par
Marie-Christine CORBIER
Klaus Regling n'a dupé personne en affirmant, vendredi, qu'il n'y avait « pas de négociations en cours » sur des investissements chinois dans le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le directeur général du FESF cherche à gagner du temps dans une négociationdélicate.
« Sur le plan stratégique, les Chinois sont d'accord pour intervenir, avance Yves Tiberghien, professeur associé du département de sciences politiques à l'université de Columbia (UBC). Il y a un intérêt mutuel de la Chine et de l'Europe à ce que la zone euro ne s'écroule pas. » Il serait difficile, pour la Chine, de laisser tomber son premier marché , alors qu'elle en subirait directement les conséquences sur sa propre croissance, déjà touchée par un ralentissement.

Clarification
Des diplomates européens affirmaient en fin de semaine dernière que la Chine était prête à abonder le FESF. Mais aucun officiel chinois n'a confirmé un tel engagement. Et encore moins le montant avancé vendredi par le « Financial Times » de 50 à 100 milliards de dollars pour une intervention directe ou via un fonds nouveau placé sous la houlette du FMI. Le quotidien britannique citait une source proche du gouvernement chinois. Pourquoi la Chine n'a-t-elle encore rien annoncé ?
D'abord, elle a besoin de clarifications sur l'accord européen conclu la semaine dernière. La Chine « attend les détails techniques pour y voir clair », a déclaré vendredi son vice-ministre des Finances, Zhu Guangyao. « Comment demander à la Chine d'intervenir alors qu'elle ne sait pas dans quel entonnoir elle va entrer ?, explique le président d'Asia Centre, Jean-François Di Meglio. C'est pour elle légitime de savoir ce qui sera effectivement émis, comment ce sera garanti et quelle sera la qualité de la dette avant que de se prononcer sur le montant à acheter. »
Deuxième raison : l'Union européenne ne veut pas d'une appréciation de l'euro. Or, si la Chine achète de la dette en euros, l'euro risque de se renchérir. D'où la proposition de Klaus Regling, à Pékin, que le FESF émette des obligations libellées en yuans si les autorités chinoises donnent leur accord en ce sens. « Accepter cela pour les Chinois reviendrait de fait à perdre le contrôle de ce qui peut arriver à leur devise, la dette achetée en yuans pouvant s'apprécier ou se déprécier et échapper ainsi au contrôle de la Chine, poursuit Jean-François Di Meglio. Cela équivaudrait à déclencher une libéralisation des changes. Or la Chine veut contrôler son taux de change. Si la Chine acceptait cela, ce serait un geste énorme. »

Enjeux
Troisième raison : les exigences de la Chine. Elle préférerait intervenir via le Fonds monétaire international (FMI) pour peser davantage sur une institution où elle s'estime sous-représentée « et peut-être édicter de nouvelles règles monétaires mondiales », ajoute encore Jean-François Di Meglio. De son côté, l'Europe cherche à gérer seule ce qui relève de la zone euro. La Chine a d'autres exigences, comme celles d' « un investissement mixte comprenant non seulement des obligations via le FESF mais aussi des participations directes dans des banques ou des entreprises européennes », croit savoir Yves Tiberghien.
La quatrième raison est commerciale et déterminante. En plein débat sur la réciprocité, on voit mal comment les Européens vont continuer à tenir un discours ferme face à des marchés chinois qu'ils jugent trop peu ouverts aux intérêts européens. On comprend que, avec tous ces enjeux, la négociation entre l'Europe et la Chine ne soit pas encore bouclée.
MARIE-CHRISTINE CORBIER, Les Echos
http://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0201720923335-pourquoi-la-chine-n-a-pas-encore-donne-le-feu-vert-au-fonds-de-secours-europeen-241579.php