Google

mardi 2 octobre 2007

Les héros du marché du travail...En faveur des personnes à besoins spéciaux..

En dépit de leur formation académique et de leur compétence dans leur champ d'action, une infime quantité de handicapés se faufile difficilement dans l'administration publique. D'après les chiffres avancés par Michel Péan, sur chaque 10 000 employés du secteur public, on ne trouve que 4 personnes à besoins spéciaux.

« C'est alarmant de constater, en plein XXIe siècle, qu'embaucher un handicapé, en dépit de sa formation académique et sa compétence dans son champ d'intervention, s'apparente à une marque de faveur », s'offusque Ronald Montès, réceptionniste à l'Institut du Bien-être social (IBESR) et étudiant finissant en communication sociale à la faculté des Sciences humaines de l'Université d'Etat d'Haïti.
C'est une preuve, déduit-il, que dans la mentalité collective haïtienne, le handicapé est loin d'être une personne à part entière.
Aveugle dès sa prime enfance suite à une maladie dont il ne se rappelle pas exactement le nom, Ronald Montès, 40 ans, a intégré l'IBESR en 1994 grâce à la sollicitude de Jean-Marie Féquière, directeur d'alors de cette institution. Il fait partie de l'infime quantité de handicapés qui arrivent à se faufiler difficilement dans l'administration publique.
S'il faut croire les chiffres avancés par le secrétaire d'Etat à l'Intégration des Personnes handicapées, Michel Péan, sur chaque 10 000 employés, seulement 4 sont des handicapés.
Ces chiffres doivent interpeller la conscience de tous sur l'urgente nécessité de prendre en compte les besoins de cette couche sociale marginalisée. « Les personnes à besoin spéciaux ont, elles aussi, des besoins primordiaux à satisfaire et même plus que les gens soi-disant normales », argumente M. Montès.
En vue d'élaborer une politique nationale sur la problématique des personnes vivant avec un handicap, un forum sera organisé les jeudi 4 et vendredi 5 octobre 2007, informe le Dr Michel Péan contacté par téléphone.« Seule une véritable politique d'intégration peut combler les retards accumulés en ce sens », croit pour sa part Philippe Lefèvre, également réceptionniste/ standardiste au ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) depuis 1989.
Ce handicapé visuel, qui au début a été une curiosité pour d'autres employés, reconnaît que des progrès sont faits sur le plan des rapports sociaux. « Il se développe aujourd'hui des relations plus cordiales entre mes collègues de travail et moi. On se rend finalement compte qu'une personne à besoins spéciaux peut être aussi compétente que beaucoup d'autres », a t-il déclaré fièrement.
Philippe Lefèvre a intégré le MENFP grâce à l'intervention directe de Ludovic Comeau, directeur à l'époque de la Société haïtienne d'Aide aux Aveugles et de l'ancien ministre de l'Education Rémy Zamor. Réceptionniste, il gère les appels entrants et sortants du ministère. Marié et père de deux enfants, M. Lefèvre se rend à son boulot avec l'aide de sa femme. A son retour, il sollicite l'aide de ses collègues qui le conduisent vers un taxi. « Mon salaire mensuel ne me permet pas encore de posséder ma propre voiture et mon chauffeur », se plaint-il sans vouloir révéler le montant exact.
La situation n'est pas trop différente pour Prévoir Sonson, cet unijambiste de 47 ans, portier au ministère des Affaires sociales depuis six mois. Il a été embauché, avec trois autres camarades, suite à une série de revendications et de mobilisations lancées par la communauté de handicapés. « Le ministre Gérald Germain a été attristé par notre situation, il a retenu quatre d'entre nous. Quel homme de coeur il est, ce ministre ! », a-t-il lancé.
« Grâce à ce petit boulot, je nourris ma femme et mes huit enfants », se réjouit-il. Prévoir Sonson n'a pas caché sa fierté de vendre sa force physique. « Nous avons de la force physique et de la volonté, nous travaillons comme tout le monde. Et nos supérieurs hiérarchiques sont satisfaits de notre résultat », explique-t-il au moment d'ouvrir un pan de barrière laissant entrer une voiture. Avec une note de tristesse dans la voix, M. Hercule décrit l'accident-survenu en 1976- qui le prive aujourd'hui de l'usage de son pied droit.


Nélio Joseph

L'immigrant biodégradable ...Par Dany Laferrière

C'était, il y a très longtemps, à Petit-Goâve, j'avais peut-être 7 ans, quand j'ai vu pour la première fois quelqu'un qui vivait hors de son pays natal. Elle ne séjournait pas dans un hôtel, ni ne se promenait dans la rue avec un interprète. Elle était pieds nus, en train de travailler à côté de son mari, un ébéniste de la rue Desvignes.

Cette rue qui monte jusqu'à la rivière du même nom. Elle avait choisi d'être là. Elle avait des cheveux longs et blonds descendant jusqu'à la taille, comme la déesse Simbie qui hante l'imaginaire des enfants d'Haïti. On nous racontait que, pour voir Simbie, il fallait suivre l'arc-en-ciel jusqu'à l'endroit où il touche la terre. Là on verrait Simbie dans la rivière en train de se coiffer avec un peigne d'or. Si on parvenait à lui voler son peigne, on aurait alors la richesse, la gloire et la sagesse. Les adultes qui racontent ces histoires font semblant d'y croire, mais les enfants y croient vraiment.

J'avais devant moi Simbie sans son peigne. J'étais encore dans le conte mais, voyant mon désarroi, cette femme m'amena dans un coin de l'atelier pour m'expliquer ce qu'elle faisait si loin de chez elle. Elle était là, me disait-elle, à cause de l'amour. Et elle me montra le fruit: un enfant aux cheveux d'or qui courait un peu partout à travers les planches, sans souci de se blesser. Elle était là parce qu'elle aimait cet ébéniste que je voyais toujours en train de scier des planches, de vernir des meubles qu'on retrouvait après dans les maisons de la ville. Elle me tenait par la taille, et je la regardais avec de grands yeux éblouis par le souffle de l'aventure. Je ne disais rien, mais je me demandais comment elle faisait pour ne plus voir les gens qu'elle aimait. Elle savait lire dans mes pensées et répondait tout de suite qu'elle retournait parfois voir sa famille et ses amis. Le soir, ma grand-mère évoquait souvent le pays lointain. Elle venait sûrement de là. Mais elle s'empressait de m'expliquer que je ne devais pas la plaindre, car elle était heureuse ici avec son mari et son fils.

Votre culture, c'était formulé d'une autre manière, ne vous manque pas alors?
Ma culture, c'est aussi celle que j'ai choisie, disait-elle simplement. La nourriture, la danse, la musique, la langue, les moeurs, tout était différent pourtant. Elle a eu l'intelligence de ne pas chercher à m'expliquer si tôt cette énigme épinglée d'angoisses et de douleurs enfouies qui n'empêche nullement l'ensoleillement de l'amour. Je n'avais jamais pensé que j'allais me retrouver, un jour, dans sa situation.
Ce n'est pas pour me vanter, mais je crois que c'est la plus grande aventure humaine: vivre quotidiennement dans un univers différent de celui où l'on est né. Mourir ailleurs qu'au pays natal. Certains n'ont même pas la force d'imaginer un tel destin. C'est pourtant celui de millions de gens, de ceux qui forment aujourd'hui la main-d'oeuvre taillable et corvéable à merci des grandes villes. Les domestiques qui tricotent dans le sous-sol de la vie. Les nouveaux porteurs d'eau de cette planète.

Un paysan
Dernièrement, dans la rue Jean-Talon, pas loin de Côte-des-Neiges, un homme s'est penché à ma portière. Il paraissait exténué, transportait avec lui deux lourds sacs. Il me demanda de le déposer n'importe où, un peu plus loin. Il ne parlait que créole, et son univers ne croisait pas d'autres univers. Il n'est pas seul dans cette situation. Nous faisons tous pareil quand nous sommes en difficulté, nous nous adressons à celui qui nous ressemble le plus. Si nous sommes pauvres, au lieu de demander de l'aide à un mieux-nanti, nous cherchons plutôt un aussi pauvre que nous. Si nous sommes du Saguenay, n'importe où dans le monde, nous tentons d'abord de voir s'il n'y a pas un Saguenéen dans les environs. Mon passager aurait préféré un paysan, mais à défaut il a choisi celui qui parle sa langue. C'est donc pas rien, la langue. Trop épuisé aussi pour s'expliquer longuement. Car parler la langue de l'autre, c'est d'abord comprendre ses silences et ses signes de détresse. J'ouvre la portière. Il s'assoit lourdement à côté de moi. Cet homme était au bout de ses forces. Il travaille dans les champs. J'ignorais qu'il y avait des champs dans les environs. Où? Il a ce geste vaste et imprécis, celui du paysan qui voit l'espace différemment d'un citadin. Où allez-vous exactement? Par là. Par là est un point mobile entre Parc-Extension et Gaspé.
C'est vrai qu'on parle créole tous les deux, mais ce n'est pas suffisant pour établir une relation de confiance si vite. Déjà, par mon accent, il a compris que j'étais un lettré. Il a tout de suite vu aussi les journaux qui traînaient dans la voiture. Il y a mille choses qui disent notre condition sociale. La langue n'est pas la seule référence. Je vais descendre près du métro, dit-il. Vous allez au métro? On ne questionne pas les gens. Ce n'est pas parce qu'il est dans ma voiture qu'il doit me raconter sa vie. En tout temps, sa vie reste son bien. Celui qui questionne est toujours une autorité - bienveillante ou malveillante. C'est la ville qui a remplacé le silence de la forêt par un constant babillage. Le paysan haïtien ressemble au cultivateur québécois qui autrefois privilégiait le silence.

Pourquoi ai-je dit le paysan haïtien alors que cet homme se trouve au Québec? D'abord parce que ce débat sur l'identité ne regarde que la classe moyenne. Les gens de la terre ne devraient pas se poser ce genre de questions, sauf quand ils se lancent parfois dans ces délires incompréhensibles. Ils sont peut-être en contact avec des dieux farceurs qui les poussent à danser, sans crier gare, une gigue diabolique. Les riches font du fric pendant que la classe moyenne s'empêtre dans les mailles de l'identité. Le débat sur l'identité ne fait que changer le mal de place. Deux types sociaux s'amusent, aujourd'hui, à nos dépens: l'Anglais et l'Église catholique. On oublie, pour un moment, l'Anglais; on se réfère, pour un moment, à l'Église. Mon cher immigrant, c'est à ton tour...
L'intégration

La nouvelle liturgie au Québec s'appelle l'intégration. On la retrouve à toutes les sauces. Pour certains, c'est la faute de l'immigrant qui n'a fait aucun effort pour s'intégrer dans la société. Pour d'autres, c'était notre devoir de chercher à l'intégrer d'abord par le travail. Une troisième catégorie se demande sérieusement si on n'a pas hérité du fond du panier, c'est-à-dire de ces immigrants qui ont dans le sang le gène de la paresse.
À mon avis, tant qu'il restera un immigrant, il ne sera jamais biodégradable. Si on essayait de l'appeler simplement: un Québécois. Des gens croient qu'il faut avoir souffert du vent, de la glace pour être un Québécois. Qu'il faut sentir son sang bouillir chaque fois qu'on voit un Anglais. Ou qu'il faut perdre la tête quand un Français se moque de notre accent. Moi, je crois que c'est aussi québécois d'être ouvert à l'autre. D'ailleurs, l'idée que seuls les gens qui partagent les mêmes peurs, les mêmes rêves, les mêmes élans font partie de la même histoire n'est pas toujours exacte. Et elle est contredite par l'amour et l'imaginaire. Le désir est le vrai fil rouge de l'Histoire. Il pousse au mouvement, et permet la surprise. Il facilite aussi la rencontre d'individus de culture et de tempéraments opposés, sans annuler ce qui constitue l'essence de chacun.
Une Québécoise peut épouser un Anglais sans pour autant légitimer un passé d'humiliation.

Pensons à ce mouvement planétaire: en ce moment même quelqu'un traverse les mers pour aller vivre avec une personne qu'il a croisée dans un salon il y a quelques mois. N'est-ce pas plus magique que tous les contes de fées? Ne devrait-on pas faciliter cette rencontre au nom de nos rêveries d'enfance? En ce moment même, une femme ou un homme, au mépris de tous les dangers identitaires, surmonte des obstacles incroyables pour adopter un enfant à l'autre bout de sa culture. Que faire d'une identité qui ne s'étonne pas devant le miracle de l'amour?Mettons les choses au clair. Pour moi, le Québec n'est pas un vaste terrain sans histoire, ni passé, ni culture, ni littérature, ni sensibilité particulière, où le premier venu peut se promener en conquérant. Loin de là. On n'a qu'à lire, comme j'ai commencé à le faire dernièrement, ce livre d'histoire littéraire (Histoire de la littérature québécoise par Michel Biron, François Dumont et Élisabeth Nardout-Lafarge, Boréal, 689 pages, 2007) pour découvrir la forte cohérence de ce peuple, toujours partagé entre le mouvement et l'immobilité, la parole et le silence, la révolte et la soumission, la modestie et les rêves continentaux. Cette littérature dont, à mes yeux, le personnage le plus moderne, le plus actuel, reste le Survenant. Pas le Survenant lui-même, mais ces gens qui l'ont espéré en lui gardant toujours une place à leur table.
Dany Laferrière

La Presse
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49165

La directrice de la FOKAL, Michèle Pierre-Louis, Prix Trailblazer 2007

Elle a été récompensée à Washington pour l’implication de sa fondation dans la défense de la démocratie et de la culture
lundi 1er octobre 2007,
Radio Kiskeya

Le Prix Trailblazer 2007 a été attribué par le groupe américain Dialogue dans la diversité à la directrice de la Fondation connaissances et liberté (FOKAL), Michèle Pierre-Louis, selon une dépêche de l’agence caribéenne Hardbeatnews basée à New York.
L’ambassadeur d’Haïti à Washington, Raymond Joseph, a remis sa distinction à la lauréate lors de la 28e cérémonie des prix d’excellence entrepreuneuriale qui s’est déroulée vendredi dernier au siège de l’Organisation des Etats américains (OEA).
Première récipiendaire du Prix Trailblazer résidant et travaillant hors des Etats-Unis, Mme Pierre-Louis a été récompensée pour l’action de son organisation dans le domaine de la démocratie, de la culture et de l’éducation. A l’origine de la création de la bibliothèque Monique Calixte à Port-au-Prince, la FOKAL soutient 35 autres bibliothèques communautaires à travers le pays et une multiplicité d’activités culturelles avec une attention spéciale accordée aux jeunes, aux femmes et aux paysans.
Créée en 1995, la Fondation Connaissances et liberté reçoit des subventions de l’Institut Open Society (OSI) du milliardaire américain d’origine hongroise, George Soros et d’autres institutions oeuvrant en faveur du développement démocratique et de l’épanouissement de la culture.
Michèle Pierre-Louis faisait partie de la délégation du Président René Préval rentrée à Port-au-Prince lundi à l’issue d’un séjour d’une semaine à New York dont le point culminant a été la 62e Assemblée générale de l’ONU. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4208

Préval renforce la position de Claudy Gassant dans son conflit avec le CEP

Lundi 1er octobre 2007,
Radio Kiskeya

A son retour lundi des Etats-Unis, le Président René Préval a apporté lundi un soutien sans équivoque au chef du parquet de Port-au-Prince, Claudy Gassant, dans son bras de fer avec trois conseillers électoraux alors que la crise s’est aggravée entre les protagonistes.
Le chef de l’Etat a indiqué que le parquet n’avait pas pris sur lui de diligenter une enquête concernant les accusations entourant la gestion Conseil Electoral Provisoire (CEP), mais a reçu un rapport d’enquête de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) avant d’être saisi d’une plainte contre Max Mathurin, Rosemond Pradel et François Benoît accusés de détournement de fonds. De l’avis de René Préval, il est normal que le commissaire Gassant exerce des poursuites et menace de recourir à la loi face au refus des ordonnateurs de l’institution électorale de se présenter au parquet.
Le chef de l’Exécutif a également apporté un démenti formel aux accusations du conseiller François Benoît selon lesquelles son régime serait en train de devenir une nouvelle dictature et n’aurait nullement la volonté d’organiser les prochaines élections devant permettre le renouvellement du tiers du Sénat ainsi que le scrutin indirect.
Le Président a également fait état de la controverse dont fait l’objet le statut actuel des conseillers électoraux confrontés à des dissensions internes et à un débat externe sur la caducité ou non de l’organisme.
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4210

Un homme et son épouse libérés, leurs quatre présumés ravisseurs arrêtés en Plaine

Une maison dont le propriétaire réside au Canada était utilisée pour garder le couple et d’autres personnes, annonce la Police Nationale
lundi 1er octobre 2007,
Radio Kiskeya

Deux otages, un homme et son épouse, ont été libérés et leurs quatre présumés ravisseurs arrêtés, lors d’une opération policière menée le week-end écoulé à Clercine, un quartier de la Plaine du Cul-de-Sac (banlieue nord de Port-au-Prince), a annoncé le commissaire de police de Delmas 33, Carl-Henri Boucher.
Le couple avait été enlevé à bord de leur véhicule et conduit dans une maison du Village Théodate dont le propriétaire vit au Canada. Cette résidence avait été transformée par son gardien, Domingo Michel, en un lieu de captivité où séjournaient des otages, a expliqué le commissaire. Il précise que ce ressortissant dominicain d’origine haïtienne s’occupait de la garde des personnes séquestrées en compagnie d’un de ses complices pendant que les deux autres partaient à la chasse dans des quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Le chef présumé du gang, Jean-Claude Joseph et deux autres lieutenants, Donald Bien-Aimé et Jean Sémani François ont été également appréhendés à la suite d’une discrète filature.
Carl-Henri Boucher en a profité pour appeler les propriétaires de maisons établis à l’étranger à prendre le soin de ne confier le gardiennage de leurs propriétés qu’à des personnes responsables, dotées d’une certaine moralité.
Malgré les déclarations renouvelées de la Police Nationale et de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) accréditant une baisse continue des cas d’enlèvement depuis août, divers rapts d’haïtiens et de ressortissants américains ont été enregistrés ces dernières semaines. Un pasteur protestant, Adnor Saint-Cyr, enlevé en compagnie de sa femme, a été notamment tué dans des échanges de tirs entre les ravisseurs et la police au cours d’une tentative de libération ayant tourné à la catastrophe à Fontamara (banlieue sud de la capitale).
Il convient de rappeler que le maire de Cité Soleil, Wilson Louis et son assesseur, Jean-Robert Charles, ont tenté ces derniers jours d’alerter les autorités sur la nécessité d’empêcher la reconstitution des bandes armées dans le plus grand bidonville de Port-au-Prince. Ils ont même soutenu que des membres de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) se seraient associés à des actes violents commis sous le nom de code de "la manne du matin".
Les autorités semblent pour l’instant faire peu de cas des mises en garde contre un retour en force des gangs qui n’ont pas été désarmés. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4211

Des narcotrafiquants opérant entre Haïti et la Jamaïque font un mort dans l’île anglophone

Lundi 1er octobre 2007,
Radio Kiskeya

Des affrontements violents entre trafiquants de drogue opérant entre Haïti et la Jamaïque ont provoqué le week-end écoulé la mort d’un mineur sur une plage de la ville jamaïcaine de Sainte-Catherine, rapporte la police locale relayée par l’agence Caribbean Broadcasting Corporation (CBC).
Selon les autorités, Mackero Anderson, un pêcheur de 18 ans, a été tué dans une explosion qui s’est produite sur la plage dénommée Hellshire.
La police affirme que cette plage constitue un grave un sujet de préoccupation en raison de son utilisation fréquente comme zone de transit par les trafiquants impliqués dans des activités illégales entre Haïti et la Jamaïque.
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4212

20 millions de dollars canadiens pour le développement local en Haïti

Lundi 1er octobre 2007
P-au-P., 1 oct. 07 [AlterPresse] --- Le Programme de développement local en Haïti (Pdlh), une initiative financée par l’Agence canadienne pour le développement international (Acdi), à hauteur de 20 millions de dollars canadiens sur 5 ans, vient d’être inaugurée à Port-au-Prince, a constaté AlterPresse.
Le Pdlh développe des activités en matière d’appui institutionnel au ministère de l’intérieur et à celui de la planification, de financement de programmes intégrés de développement (10 millions), de recherche, de formation et de promotion de l’entreprenariat, indique Gervais Lheureux, directeur de ce nouveau programme canadien en Haiti.
Le Pdlh conçoit le développement comme « un processus de valorisation des ressources locales, particulièrement les ressources humaines », selon ce que déclare son directeur lors d’une cérémonie de présentation, le 27 septembre, à Pétion-Ville (périphérie est).
Le programme est mis en place par un consortium comprenant 4 institutions canadiennes : le Centre d’étude et de coopération internationale (Ceci), la société d’experts-conseils en coopération internationale Crc-Sogema, l’Ecole nationale d’administration publique (Enap) et la Société de coopération pour le développement international (Socodevi).
Gérard Coté, du Ceci, estime que le Pdlh entre dans le cadre d’une démarche nouvelle en Haiti. « C’est le seul projet de développement local qui a des ramifications aussi bien sur le terrain que dans les ministères », déclare-t-il à AlterPresse. Selon lui, le travail se développe « à la fois en haut et en bas, ainsi que sur la systématisation ».
« Depuis 1997, les plans de développement tournent surtout autour de la construction d’infrastructures. Aujourd’hui, il est aussi question d’activités économiques », souligne-t-il.
Le Pdlh và appuyer l’État haïtien pour qu’il puisse jouer son rôle, promet Gérard Coté. Il pense cependant que l’Etat doit aussi allouer des fonds budgétaires au développement local et faire preuve de volonté politique. « Nous ne pouvons pas financer la volonté politique », prévient-il.
Jean Mercier Prophète, cadre du ministère de la planification, salue l’aide canadienne en développement local, qu’il qualifie de « substantielle ».
Stanley Joseph, chef de cabinet du ministre de l’intérieur, croit que le Pdlh peut jouer un rôle important à l’avenir, car « il y a un grand besoin de leadership au niveau local ».
Francois Montour, directeur de l’Acdi en Haiti, considère qu’il y aura « un travail énorme à faire » dans les 4 à 5 prochaines années, dans le domaine du développement local en Haiti. Il parle de « gros défi », dans la mesure où ce programme doit pouvoir contribuer « à la stabilité et la reconstruction à long terme ». [gp apr 01/10/2007 18 :00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6462

Haiti : Les producteurs de café s’organisent et se mobilisent

Lundi 1er octobre 2007
Document produit suite à un rassemblement de producteurs de café dans le Plateau central (Est) [
1]
Soumis par les organisateurs à AlterPresse le 1er octobre 2007
Pour la première rencontre de la Plateforme Régionale des Producteurs de Café du Plateau Central, quelques 250 caféiculteurs se sont rassemblés à Baptiste (commune de Belladère) avec des invités de marque : Agronome Julien Etienne (coordonateur de l’Institut National du Café d’Haïti), Agronome Esteband Abraham (coordonateur de Coordination Campagne Café), Agronome David Nicolas (coordonateur de l’ICEF), Frito Merisier (président de la coordination Haïtienne du commerce équitable), le deuxième sénateur du bas plateau central Jacques Jean Wilbert et l’équipe technique ICEF/AVSF composée des agronomes : Jocelyn Prophete, Marc André Volcy et Arnaud Finet.
Ce rassemblement s’est tenu sur la ferme agricole de Baptiste. Auparavant, les dirigeants de la Plateforme Régionale des producteurs de café du plateau central ont animé 6 rencontres de producteurs décentralisées dans la zone caféière afin de faire l’inventaire des problèmes que rencontrent les producteurs de la filière caféière. Les participants à ces rencontres (environ 500 producteurs) ont ensuite formulé des propositions pour améliorer le fonctionnement de la filière du café dans le Plateau central.
La rencontre du mercredi 29 août 2007 à Baptiste avait pour objectif de synthétiser l’information analysée de manière décentralisée, de la partager et de la valider. L’élaboration d’un cahier des doléances des producteurs de café permet de recenser les problèmes de la filière café du plateau central et de faire des propositions pour les résoudre.

Il est à noter que de telles rencontres doivent se dérouler prochainement dans toutes les régions caféières du pays pour que la plateforme national haïtienne des producteurs de café puisse défendre les intérêts des quelques 200 000 producteurs de café d’Haïti. Lors du Congrès National des Producteurs de Café Haïtiens, les délégués rédigeront une synthèse des cahiers de revendications des différentes plateformes régionales qui sera adressée aux responsables de l’Etat.
Au niveau de la production : Les producteurs de café ont des rendements très faibles (de l’ordre de 250 kg/ha contre 510 kg/ha en République Dominicaine) qui ne leur permettent pas de dégager un revenu intéressant. Aussi, ils demandent que l’Etat subventionne les engrais, et ils réclament plus d’encadrement technique pour faire face aux différents ravageurs des jardins caféiers tel que les rats, les scolytes, la rouille, la pourriture des racines, etc.
Commercialisation : Les producteurs réclament un prix raisonnable pour la vente de leur café et un meilleur contrôle de la frontière avec la République Dominicaine (qui à 3h de Baptiste, à pied) par les autorités, pour éviter la contrebande. Ils expriment la difficulté d’accès aux fonds de roulement pour les coopératives caféières qui achètent du café pour le commercialiser sur des marchés de qualité : commerce équitable et marchés gourmets. Enfin, l’état déplorable de la route Belladère-Baptiste est une entrave à la circulation, qui renchérit le transport : les producteurs exigent la réhabilitation de cet axe de 18 km.
Pour argumenter leur demande, les dirigeants de la plateforme régionale des producteurs de café ont rappelé l’importance du café pour Haïti :
paiement de la dette de l’indépendance d’Haïti envers la France. protection de l’environnement : les jardins caféiers sont un formidable moyen pour lutter contre l’érosion des terres. entrée de 5 millions de dollars US de devise grâce à l’exportation du café d’Haïti Or les surfaces en café sont en régression puisqu’elles sont passées de 170000 ha dans les années 1950 à 100 000 ha aujourd’hui. Aussi, les producteurs réunis ont demandé que l’Etat ne les oublie pas et qu’il les aide à améliorer la rentabilité des jardins café.


Pour conclure, Joseph Daril, le coordonateur de la plateforme des producteurs de café du bas plateau central a dit : "Nou menm pwodiktè nan Plato Santral, nou estime ke si sa ta kontinye konsa, nou menm ak peyi a ap antre pi plis chak jou nan twou. Olye pou nou rive demen, pou nou pa konn nan ki kafou nou dwe fè, n ap leve vwa nou bòkote reskonsab leta yo atravè kaye chaj sa a, jis pou sove plantè yo ak pwodiksyon kafe nan peyi a yon fason pou n ka jwenn dwa grandèt nou sou tout fòm.

Pou rive prepare kaye chaj sa a, nou menm pwodiktè, nou fè anpil sakrifis e nou gen volonte pou nou kontinye fè lòt sakrifis ankò avèk kolaborasyon leta ak ONG yo jis pou rezoud pwoblèm sa yo.
Anfèt, nou espere ke reskonsab leta yo va konprann nou e deside ansanm ak nou, jis pou mete yon fen ak sitiyasyon grav ke filyè kafe a ap fè fas."

L’élaboration du cahier des charges des producteurs et l’organisation de ce premier rassemblement a été possible grâce à l’appui de l’équipe ICEF/AVSF, de la Coordination Campagne Café et de Oxfam Grande Bretagne.
[1] La rencontre a eu lieu le 29 août 2007, dans la localité de Baptiste

Haiti–Inondations : La ville des Cayes sous les eaux

Posté: 2007 Oct 02 - 02:00• La ville des Cayes, sud d’Haiti, est complètement inondée suite aux averses qui s’abattent sur la région depuis la soirée du 30 septembre. Des riverains ont abandonné leurs maisons. L’Hôpital général, la prison civile et l’aéroport ne sont pas épargnés.
La 3ème ville du pays est sous les eaux. Le centre national de météorologie avait prévu un mauvais temps sur divers départements du pays, dont le Sud, les Nippes et la Grand’Anse en raison d’une onde tropicale qui traverse la Colombie. Aucune perte humaine n’a été dénombrée, toutefois les premières informations font état d’importants dégâts matériels.

La circulation est pratiquement impossible dans la ville des Cayes où toutes les activités sont paralysées, a expliqué un correspondant local. Les secours tardent encore à intervenir. Les habitants s’organisent avec le support des autorités locales pour se mettre dans des abris sûrs.
Toutes les rivières qui passent par la ville sont en crue, « Ravine du Sud », « Dlo Madan Samdi », pour ne citer que celles-là. La dernière fois que la ville des cayes a été inondée c'était en 1986.
http://www.caraibesfm.com/index.php?id=2921