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samedi 2 février 2008

HAITI AGAIN ON THE TOP OF THE NEWS.. HEATING MUD AND DIRT

1. Rising costs force Haiti's poor to resort to eating dirt Denver Post - Feb 01 1:03 PM
It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud.
2.
Rising costs force Haiti's poor to resort to eating dirt Waxahachie Daily Light - Feb 01 9:42 AM
PORT-AU-PRINCE, Haiti (AP) – It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies.
3.
Haiti's poor satisfy hunger with dirt cookies BG News - Jan 29 11:20 PM
PORT-AU-PRINCE, Haiti - It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies. Charlene, 16 with a 1-month-old son, has come to rely on a traditional Haitian remedy for hunger pangs: cookies made of dried yellow dirt from the ...
4.
Rising Costs Force Haiti's Poor To Resort To Dirt As Food NBC 6 Miami - Jan 30 6:23 PM
With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies.
5.
In Haiti, the poorest are eating dirt Chicago Sun-Times - Jan 30 2:03 AM
PORT-AU-PRINCE, Haiti -- It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice.
6.
Haiti's poorest reduced to eating dirt Daily Telegraph - Jan 28 5:18 PM
EXTREME poverty is forcing Haiti's poorest people to eat "cookies" made from dirt, salt and oil.
7.
Haiti's poor forced to eat dirt Daily Telegraph - Jan 28 5:18 PM
EXTREME poverty is forcing Haiti's poorest people to eat dirt.
8.
Haiti's poor feed on cookies baked with dirt Seattle Times - Jan 30 2:34 AM
It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford...
9.
Haiti's poor eating cookies made of dirt The Kansas City Star - Jan 29 8:20 PM
PORT-AU-PRINCE, Haiti It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud.
10.
[World and Nation] Rising costs force Haiti's poor to resort to eating dirt The Minnesota Daily - Jan 29 11:44 PM
PORT-AU-PRINCE, Haiti (AP) - It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill ...
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As food prices go up, some Haitians forced to eat dirt Statesville Record & Landmark - Jan 31 12:07 AM
VIDEO Watch a slideshow on Haiti and the practice of eating dirt It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies. Charlene, 16 with a 1-month-old son, has come to rely on a traditional Haitian remedy for hunger pangs: cookies ...
12.

Poor Haitians resort to eating dirt AP via Yahoo! News - Jan 29 4:43 PM
It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies. Charlene, 16 with a 1-month-old son, has come to rely on a traditional Haitian remedy for hunger pangs: cookies made of dried yellow dirt from the country's central plateau.
13.
Dirt cookies become diet staple in Haiti Detroit Free Press - Jan 30 12:16 AM
PORT-AU-PRINCE, Haiti -- It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest people can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies.
14.
Poor Haitians Resort to Eating Dirt National Geographic - Jan 30 11:08 AM
Faced with skyrocketing food prices, Haiti's poor have turned to "mud cookies"—salt, vegetable oil, and dirt—to stave off their hunger.
15.
Poor Haitians resort to eating dirt Fort Worth Star-Telegram - Jan 30 7:58 AM
By JONATHAN M. KATZ It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies. Charlene, 16 with a 1-month-old son, has come to rely on a traditional Haitian remedy for hunger pangs: cookies made of dried yellow dirt from the country's ...
16.
In Hungry Haiti, Dirt Is Food The Daily Comet - Jan 29 1:28 PM
PORT-AU-PRINCE, Haiti It was lunchtime in one of Haiti's worst slums, and Charlene Dumas was eating mud. With food prices rising, Haiti's poorest can't afford even a daily plate of rice, and some take desperate measures to fill their bellies.
17.
b0789 BC-Haiti-EatingDirt 01-30 0688 Hays Daily News - Jan 29 11:38 PM
Eds: Multimedia: A slideshow about Haiti and the practice of eating dirt will be available in the --international/haiti--eating--dirt folder. This item moved previously as an advance and is now available for use.

« Yon Kafou bèl pou yon Ayiti vèt »

Pour la première fois de son histoire, la commune de Carrefour vient d'organiser son carnaval municipal avec le concours de toutes les autorités locales. Si les carnavaliers ont été nombreux, les grognes enregistrées jusque-là laissent penser que le parcours devrait être repensé lors des prochaines éditions
Les parents de Rose-Marie se souviendront longtemps encore de ce jeudi 31 janvier 2008. Date au cours de laquelle ils devaient rendre un dernier hommage à la défunte, partie pour l'orient éternel à la fin du mois de janvier écoulé. Malheureusement, les funérailles de Rose-Marie ont été fixées au dernier jour du mois de janvier, soit le jour même du lancement de la première édition du carnaval municipal de Carrefour réalisé autour du thème : « Yon Kafou bèl pou yon Ayiti vèt. »
Habitant Côte-Plage, un quartier de Carrefour, les proches de cette dame ont éprouvé toutes les peines du monde à enterrer la regrettée. Leur maison est située sur la rive droite en se rendant à Carrefour, alors que l'église où ont eu lieu les funérailles est de l'autre côté de la route. Pour y parvenir, il fallait traverser la Grand-Rue, artère retenue par les autorités municipales comme parcours principal de cet événement.« Nous avons été pris de cours. Nous n'avions pas été informés et ne savions pas que Carrefour organisait son carnaval cette année », raconte Jeanjean, neveu de la disparue.
Comme les autres membres de la famille ainsi que les parents et alliés, ce jeune d'une vingtaine d'année a dû utiliser des chemins découpés pour conduire Rose-Marie au cimetière de Bizoton, un autre quartier de cette commune.
Pour sa part, Carlens, 29 ans, a dû renvoyer à une date ultérieure sa cérémonie nuptiale. « Comme c'est de rêgle dans ma congrégation, j'avais retenu la date trois mois à l'avance. Notre église est située sur la route de Carrefour, ma fiancée et moi nous ne savions pas qu'on allait organiser le carnaval à Carrefour cette année », s'est plaint le futur marié qui est encore dans l'attente d'un second jour-J. « Nous voulions nous marier avant la Saint Valentin. Maintenant, nous sommes obligés malgré nous de revoir notre projet », a-t-il conclu, l'air déçu. De Carrefour vers le Grand SudA l'instar de cette famille éplorée et de ce futur couple dérouté, nombreux ont été les utilisateurs de la route de Carrefour à faire face, jeudi et vendredi, au fait accompli. La mairie de cette commune transversale a décidé de fermer la Route Nationale # 2 pendant les deux jours de 2 heures p.m. à 2 heures a.m. Au grand dam des riverains et des passants.
La route de Carrefour relie le département de l'Ouest à cinq autres départements. Elle dessert également plusieurs communes de l'Ouest. Pendant deux jours, selon un communiqué municipal, les riverains et utilisateurs de la route de Carrefour devaient passer par les rails, une route parallèle à la principale en construction depuis des lustres. Il a fallu plus de deux heures aux utilisateurs pour faire péniblement la traversée de Carrefour par la route des rails, alors que la majorité de la population active de cette commune a ses activités économiques au centre-ville de Port-au-Prince. Ceux qui disposent d'une voiture ont consommé sur place toute l'essence du réservoir alors que ceux qui n'en ont pas se sont contentés des services d'un taxi-moto ou ont dû faire la traversée à pied, longue par endroit d'au moins 6 km.

En dépit de toutes les difficultés causées par l'organisation du carnaval à Carrefour cette année, le premier citoyen de cette ommune persiste et signe. « Très souvent, dit-il, les gens prennent Carrefour pour une route. Carrefour n'est pas une simple route mais une ville de huit cent mille habitants. » « Comme les habitants des autres villes, les Carrefourois ont aussi le droit au loisir, à la propreté, à l'éducation, au travail et à la sécurité », a poursuivi Monsieur Yvon Jérôme. Interrogé sur le caractère transversal de la route de Carrefour qui relie la capitale à d'autres communes de l'Ouest et à quatre autres départements, le maire estime que l'Etat central devrait penser à construire une autre route en amont de la « ville » afin de faciliter la communication terrestre dans le pays.
Le malheur des uns, le bonheur des autres

Parallèlement, les carnavaliers de Carrefour ne se préoccupaient pas des problèmes causés par cette activité et s'amusaient follement en dépit des faiblesses organisationnelles enregistrées. Deux DJs dont DJ Constant, deux chars allégoriques, trois groupes (Rèv de Carrefour, Rè de Tipay et Harold Domond), huit bandes à pied, 500 athlètes, des Boys et des Girls Scouts devraient, selon le maire, défiler sous les regards des participants et des curieux. Par endroit, des stands érigés par des particuliers et par certaines maisons de commerce maintenaient le public en haleine. Le maire Yvon Jérôme, escorté de policiers et de ses agents de sécurité rapprochée, prenait la tête du cortège carnavalesque partant du Centre sportif de Carrefour à la Marine haïtienne. Une foule avide de plaisirLa police à travers plusieurs de ses unités était mobilisée pour assurer la sécurité des participants, maintenir l'ordre et faire de cette première édition un exemple en matière de sécurité. Aucun incident majeur n'a été enregistré. La police administrative, secondée par des policiers de l'UDMO et des Garde-Côtes (Marine haïtienne) avait divisé le parcours en huit secteurs. Des sapeurs-pompiers, des secouristes de la Croix-Rouge haïtienne et d'autres professionnels médicaux étaient également remarqués sur le parcours du cortège carnavalesque.
Des deux côtés de la route, la foule, en dépit du manque d'éclairage et de la carence de décibels, était assez compacte et très motivée. A défaut d'ambiance répondant à leur attente, les carnavaliers créaient leur propre animation. Comme on pouvait s'y attendre, les consignes du ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes n'ont pas été respectées. Lors d'une conférence de presse conjointe avec des DJs et des édiles de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, dont le maire de Carrefour, Madame Lassègue avait souhaité qu'au cours du carnaval de cette année, l'on commence à prôner « une bonne image de la femme. » Les slogans scandés par la foule, dont des femmes, la tenue et les déhanchements des danseuses de DJ Constant étaient visiblement contraires au voeu du ministre.En tout cas, avec de faibles moyens, la mairie de carrefour a prouvé qu'elle pouvait envisager faire quelque chose de grand. Hélas! Toutefois, au regard des problèmes posés par l'organisation du carnaval cette année à Carrefour et à celui des déclarations de son premier citoyen, si les maires de toutes les communes limitrophes à la commune la plus peuplée du pays avaient les mêmes réactions, Carrefour serait tout simplement une commune enclavée, cloisonnée, ou encore coupée du reste du monde.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53896&PubDate=2008-02-02
Commentaire:
La liberté des uns prend fin là ou commence celle des autres. C’est tout simplement scandaleux ce type d’organisation de ce Carnaval de carrefour qui définitivement pénalise tout le monde.
Le fait n’est pas de ne pas octroyer le droit à chaque commune d’organiser son carnaval sinon de voir ce que rapporte cette festivité à la commune. Je ne suis pas sur que les gens habitant les localités proche de carrefour ont fait le déplacement dans ce « tohu bohu » pour vibrer au milieu de cette insalubrité dégradante.
Il ne faut pas se cacher la face la réalité de la ville de Carrefour aujourd’hui ne rend pas possible un défilé carnavalesque.
Si la Commune de Carrefour veut attirer l’attention qu’elle organise au moment donné de l’année « Les fêtes de Carrefour » en prévoyant des dispositions qui ne pénalisent point les usagers de la route nationale.






Le sort d'Abraham dépend du parlement

L'arrêt de débet émis par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSC/CA) contre l'ex-administrateur du ministère des Affaires étrangères, Harold Brunot a été transmis au Parquet et au Parlement pour les suites de droit. « Il revient au Parquet de mettre l'action publique en mouvement contre M. Harold reconnu coupable dans le détournement de 76 millions au MAE en 2006 », a expliqué Arold Elie président de la CSC/CA. Selon l'arrêt de débet émis par le tribunal administratif, l'ancien administrateur du MEA doit remettre au trésor public les fonds dilapidés. Quant à Hérard Abraham, qui avait occupé le poste de ministre au moment du détournement des 76 millions de gourdes, son sort est entre les mains des parlementaires de la 48e législature. « La Cour n'a pas de compétence pour se prononcer sur la gestion d'un ancien ministre, a expliqué M. Elie. Nous avons donc transféré le dossier au Parlement. » « Nous avons effectivement reçu le dossier, a réagi le député de Pétion Ville, Steven Benoît, qui avait éclaté le scandale du détournement des 76 mille gourdes au ministère des Affaires étrangères en 2006. Après le carnaval, nous allons consulter des experts en droit sur les suites à donner à cette affaire. » Le parlementaire qui dit attendre avec impatience le procès des autres complices dans ce crime économique promet de continuer à lutter pour que les fonds dilapidés soient restitués à l'Etat. Harold Brunot, l'ex-bras droit d'Hérard Abraham au MAE, est condamné à restituer au trésor public quelque 76 millions de gourdes. Cette somme débloquée en mai 2006 pour le paiement mensuel du personnel des représentations diplomatiques haïtiennes à l'étranger et l'allocation des boursiers haïtiens à Cuba avait disparu sans laisser de trace. Il doit aussi rembourser 128 mille dollars américains encaissés sous forme de pot de vin dans les 472 mille dollars américains qui devraient servir au réaménagement des locaux abritant le consulat d'Haïti en République Dominicaine. Quant à l'ex-ministre, son sort sera dépendra des parlementaires de la 48e.

Jean Pharès Jérôme http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53899&PubDate=2008-02-01

L’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert, Prix Casa de las Américas 2008

Avec son roman "Les dieux voyagent la nuit", il a triomphé dans la catégorie Littérature caribéenne
vendredi 1er février 2008,
Radio Kiskeya

Le Prix Casa de las Américas 2008 de littérature caribéenne a été attribué vendredi à l’écrivain haïtien Louis-Philippe Dalembert, 45 ans, pour son roman intitulé "Les dieux voyagent la nuit".
Selon l’agence espagnole EFE citant un communiqué du comité du Prix rendu public à La Havane, outre Haïti, l’Argentine, la Colombie et le Brésil sont les grands vainqueurs de cette 49e édition de l’un des Prix les plus prestigieux de toute l’Amérique latine, créé en 1959.
Les Prix de la poésie et du conte ont été décernés respectivement aux argentines Laura Yasan et Samantha Schweblin. De son côté, le colombien Hugo Niño a été récompensé pour un essai sur le thème historico-social.
Enfin, dans la catégorie réservée à la littérature brésilienne, le lauréat est l’écrivain Carlos Walter Porto-Gonçalves auteur de l’ouvrage "La globalisation de la nature et la nature de la globalisation".
Louis-Philippe Dalembert, dont la valeur de l’œuvre vient d’être reconnue à Cuba, vit entre l’Italie et la France où il publie régulièrement des romans, nouvelles et textes de poésie. Parmi ses principaux titres, citons "Le crayon du Bon Dieu n’a pas de gomme" et "L’autre face de la mer".
Né le 8 décembre 1962 à Port-au-Prince, Dalembert était récemment de passage en Haïti dans le cadre du festival international Etonnants Voyageurs.
Cette année, 472 œuvres originales provenant de 24 pays étaient en compétition pour les différentes distinctions de Casa de las Américas. Le jury était composé d’écrivains et intellectuels représentant le Mexique, Porto Rico, Cuaba, le Brésil, l’Equateur, le Vénézuéla, le Chili, l’Argentine, le Panama, la Colombie, la Bolivie et la France. spp/Radio Kiskeya
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4658

Haïti/Nations-Unies : Des ingénieurs norvégiens pourraient rejoindre la Minustah

P-au-P., 01 fév. 08 [AlterPresse] --- La Norvège serait sur le point de dépêcher une unité d’ingénieurs à Port-au-Prince pour intégrer la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), apprend AlterPresse.
Le gouvernement norvégien dispose d’un délai d’un mois pour répondre à cette demande formulée par les Nations Unies qui consiste à envoyer des ingénieurs norvégiens en Haïti, selon le journal norvégien Dagbladet, relayé par l’agence chinoise Xinhua.
Les Nations unies auraient proposé à la Norvège de contribuer à la Minustah au lieu d’envoyer des troupes dans la région soudanaise du Darfour, selon des informations en provenance d’Oslo, la capitale norvégienne.
Un des pays les plus riches de l’Europe, la Norvège , à travers ses églises, supporte des activités en Haïti, notamment les rencontres binationales entre Haïti et la République Dominicaine placées sous les auspices du Dialogue haïtiano-dominicain des églises (Dhde). [do gp apr 01/02/2008 12 :20]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6901

Haïti-Carnaval : Le gouvernement souhaite des jours gras dans « la paix et le respect mutuel »


P-au-, 01 fév. 08 [AlterPresse] --- Les Haïtiens sont appelés par le gouvernement de Jacques Edouard Alexis à s’amuser sans violence lors du carnaval prévu les 3,4 et 5 février prochains.
Dans un communiqué transmis à AlterPresse, le gouvernement souhaite que « les jours gras se déroulent dans la paix et le respect mutuel ».
« Le Carnaval demeure l’une des plus grandes manifestations culturelles du pays. Pendant trois (3) jours des milliers de gens, Haïtiens et étrangers vont s’amuser aux rythmes de toutes les tendances musicales mais surtout apprécier les masques, les déguisements, réalisés de main de maître par nos artisans », souligne le communiqué de la Primature.
À travers les festivités Carnavalesques de 2008, Alexis affirme avoir la conviction que « le peuple haïtien continue à prouver au monde entier que sa culture est le reflet de son esprit de paix et d’allégresse ».
Le carnaval 2008, baptisé « Yon Ayiti banda se yon Ayiti vèt = Une Haïti verte est une république florissante », se situe dans une dynamique de sauvetage de l’environnement haïtien, sérieusement fragilisé.
Durant ce Carnaval, les autorités haïtiennes invitent les artistes à respecter la dignité des femmes dans leurs meringues carnavalesques et vidéoclips. Des messages seront également lancés contre la propagation du Vih/Sida. [do gp apr 01/02/2008 14 :30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6902

Haïti : Assainir la police

vendredi 1er février 2008
par
Djems Olivier
Le processus de réforme et d’épuration de la Police nationale d’Haïti va bon train. Il touche de nombreux policiers corrompus, accusés de violation des droits humains, de narcotrafic, entre autres, qui sont purement et simplement mis à l’écart.
P-au-P, 01 fév. 08 [AlterPresse] --- Ils sont environ 545 à être renvoyés de l’institution policière entre 2006 et 2007. Ils sont pour la plupart déférés par devant des tribunaux compétents pour être jugés selon la loi. Ils, ce sont des policiers impliqués notamment dans les violations systématiques des droits de la personne humaine.
« Entre 2006 et 2007, nous avons révoqué plus de 545 policiers », révèle Mario Andrésol, directeur général de la Police nationale d’Haïti (Pnh), lors d’une interview accordé à un groupe de journalistes belges et un reporter d’AlterPresse. « Très souvent, ils sont déférés à la justice pour leur implication dans des cas de violation des droits humains », précise-t-il.
La plupart de ces policiers sont également mêlés à d’autres infractions, dont le trafic de la drogue, indique encore Andrésol. Sur un nombre de 10 narcotrafiquants arrêtés en Haïti à la suite d’un sommet sur la drogue en République dominicaine, en 2007, figurait 5 policiers, ajoute le directeur de la police.
« Nous avons identifié entre 5 et 6 pistes d’atterrissage clandestines sur la côte sud », confirme par ailleurs le directeur général de la Pnh.
Andrésol croit nécessaire de continuer à travailler pour doter le pays d’une police au service de toute la population assoiffée de sécurité. Sur le terrain, 7000 policiers sont à pieds d’œuvre, aux cotés des agents pénitentiaires et des policiers de rang supérieur.
Les agents du Bureau de lutte contre le trafic des stupéfiants (Blts), quant à eux, sont au nombre de 60 pour tout le territoire national. L’effectif de ces policiers va être revu à la hausse, prévoit Andrésol.
Le budget de la PNH va crescendo
Depuis son installation en juin 2006, l’Exécutif René Préval/Jacques Edouard Alexis a fait de la sécurité sa grande priorité. Pour l’exercice fiscal 2006-2007, une enveloppe de 4 530 704 429,00 gourdes était allouée à l’institution policière sur les 21 944 400 000,00 gourdes prévues dans la loi de finances.
« Le budget de la police est en augmentation par rapport aux années antérieures », fait remarquer Mario Andrésol.
Tout en espérant une meilleure rémunération des policiers, Mario Andrésol révèle que le salaire moyen d’un policier avoisine les 15.400 gourdes, soit 400 dollars américains. Dans l’espace d’une année, le salaire des policiers a connu deux augmentations, la première en janvier 2007.
Le directeur général souligne aussi le support technique et logistique de certains pays comme le Canada, la France et les Etats-Unis d’Amérique. « Les Américains nous ont donné 40 véhicules et près de 300 motocyclettes », signale Mario Andrésol.
Vers la réduction de la criminalité organisée
Quelque 200 cas de kidnapping ont été répertoriés en 2007 grâce à une meilleure collaboration des agents de la Pnh et des policiers de la Mission de stabilisation des Nations Unies (Minustah), selon Mario Andrésol.
« Il y a une grande amélioration à ce niveau, mais nous ne pouvons éradiquer complètement la criminalité dans le pays », affirme le directeur général de la police.
La police, selon Andrésol, n’était pas préparée pour faire face à ce type de criminalité qu’est le kidnapping. « Nous tavaillons de manière à réduire la criminalité, à circonscrire les cas de kidnapping dans la région métropolitaine », soutient Mario Andrésol, tout en précisant que le phénomène du rapt est nouveau en Haïti, une forme de criminalité qui a évolué à partir de l’année 2004.
Entre 2006 et 2007, la police a libéré au moins 100 otages. « Nous avons arrêté 533 individus qui étaient liés aux cas de kidnapping », parmi eux des chefs de gangs de Cité Soleil (périphérie nord de la capitale), indique Mario Andrésol qui estime que les gens de Cité Soleil n’étaient pas les seuls à être impliqués dans cette activité.
Créée en 1995 à la suite du démantèlement des Forces armées d’Haïti, la police nationale va avoir 13 ans et est à sa 19e promotion. D’ici à 2010, les autorités espèrent un effectif de 12 à 14 mille policiers, qui seront déployés sur tout le territoire national. Pour cela, la formation de plus de 1000 nouveaux agents est envisagée chaque année. [do gp apr 01/02/2008 16:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6903

Que devient l'hôpital Food for the Poor de Carrefour?

L'hôpital Food for the Poor de Carrefour fondé par l'ONG à vocation humanitaire portant le même nom est depuis quelques mois transféré sous la tutelle du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP). Rebaptisé Centre hospitalier d'Arcachon 32, il n'offre aujourd'hui que des soins en pédiatrie, médecine interne, gynécologie et obstétrique.
Joseph, un jeune homme dans la trentaine, arrive au Centre Hospitalier d'Arcachon 32 pour une consultation en ORL (Oto-rhino-laryngologie). « L'hôpital n'offre plus ce service depuis tantôt quatre mois », lui a appris une infirmière rencontrée sur les lieux. Perplexe, il va se renseigner davantage auprès d'un médecin qui lui avoue, sans ambages, que ce centre ne fonctionne qu'en clinique externe. Sans faire de faux-semblants, l'habitué de l'hôpital Food for the Poor fait demi tour et retourne chez lui bredouille.

L'organisation humanitaire Food for the Poor avait, il y a quelques mois, décidé de confier l'institution à l'Etat haïtien pour des raisons budgétaires. « J'ai reçu une lettre de Food for the Poor me disant que je ne serais plus dans l'obligation de continuer à offrir mes prestations de services pour des raisons budgétaires dont fait face l'organisation », dit l'administrateur qui occupait le poste de Contrôleur financier à l'hôpital Food for the Poor. Offrant autrefois tous les services dignes d'un hôpital, l'institution sanitaire est réduite aujourd'hui à un dispensaire. Elle héberge aussi un laboratoire médical et un site de PV/VIH, fonctionnel avec l'appui du centre GHEISKIO. Trois obstétriciens-gynécologues, deux généralistes, une pédiatre, sept infirmières et auxiliaires assurent la prise en charge des quelques rares malades qui continuent de fréquenter l'hôpital.L'institution fonctionne aujourd'hui de 8h am à 2h pm. Les portes de certains services restent verrouillées et leur lot de matériel essaie de résister sous le poids de la poussière. Un constat qui laisse les patients en plein désarroi. « Aujourd'hui encore je suis très inquiète quant à la bonne gestion de l'ancien hôpital de Food for the Poor, déclare Jeannine, une jeune femme dans la trentaine, rencontrée dans les parages de l'institution sanitaire.»

L'inquiétude de Jeannine semble être partagée par d'autres résidents de la commune. Lors de notre visite, les patients ne se bousculaient pas. Au service prénatal, on pouvait compter environ une vingtaine de futures mamans. Le tableau n'était pas trop différent à la section de pédiatrie.Selon des données de l'Institut haïtien de Statistique et d'Informatique (IHSI), la population carrefouroise était estimée à 392.986 habitants en 2003. Selon les dernières estimations, soit en 2007, elle dépasse déjà la barre d'un demi-million d'habitants. Cette commune est desservie par un seul centre sanitaire public- hôpital de Carrefour-, qui offre jusqu'à 80% des services en maternité. Tous les cas dépassant la capacité de l'hôpital de Carrefour sont transférés à l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH).
Sherline Chanlatte Duplan

sherlinecduplan@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53836&PubDate=2008-02-02

Bâtir l'avenir de l'éducation en Haïti

Le premier forum sur l'éducation organisé par le Parlement du 29 au 31 janvier 2008 à l'Hôtel Montana a eu un relief particulier. De l'état des lieux de l'éduction à la législation haïtienne de l'université en passant par le besoin de mettre en place un système universitaire national articulé autour d'un ensemble d'universités publiques (en région), les thématiques ont interpellé la conscience sur l'avenir de l'éducation en Haïti. Les débats ont donc porté sur les défis et enjeux éducatifs nationaux.Le Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, le ministre de l'Education Gabriel Bien-Aimé et l'expert international en éducation, Guy-Serge Pompilus, faisant l'état des lieux de l'éducation en Haïti, loin de partir en vents dispersés, ont convenu de mettre l'emphase sur la complexité et la dualité du système d'éducation.

Lors du forum sur l'éducation organisé conjointement par la Commission d'éducation de la chambre des Députés et la Commission d'éducation du Sénat de la République, ils ont touché la plaie du doigt, à savoir que le système éducatif forme plusieurs types d'Haïtiens. Ecole congréganiste, école presbytérale, école de mission, école laïque, école nationale, école rurale, école communautaire, telle est la typologie scolaire : d'où le défi d'harmoniser et d'organiser le système. Selon la logique de la corresponsabilité et dans la perspective d'une école haïtienne nouvelle. D'autres tabous ont été également brisés lors de ces assises qui ont donné lieu à des propositions conciliantes en ce qui a trait aux efforts supplémentaires à consentir pour améliorer les services d'éducation (accès et qualité) et structurer les pôles existants du système, en l'occurrence le pôle étatique (avec un secteur public qui se cherche), le pôle privé (avec un secteur non public diversifié et en constante évolution) et le pôle associatif. Le constat est navrant : notre système d'éducation consacre un enseignement fondamental à côté d'un enseignement primaire, mais aussi un enseignement secondaire de sept (7) ans à côté d'un autre programme en cours d'expérimentation présentant ainsi un double goulot d'étranglement (deux bacs et un sac de filtrage social et de construction d'effet de stock)», note avec amertume l'expert Guy-Serge Pompilus qui voit dans le PSU (Programme de Scolarisation Universelle), le PIENASECO (Programme d'implantation d'écoles nationales), le PAE (Programme Accéléré d'Education), PARQE (Projet d'Appui au Renforcement et à la Qualité de l'Education), PEB (Projet d'Education de Base), SNA/EPT (Stratégie Nationale d'Education Pour Tous), etc. des efforts concertés pour l'amélioration de l'éducation. Amélioration qui met les responsables face au défi d'accueillir à l'école tous les enfants en âge scolaire, de mettre l'éducation au service du développement. Ce, en coulant dans une loi de programmation pluriannuelle l'ensemble des projets et programmes éducatifs dont l'exécution passe nécessairement par une augmentation substantielle de l'éducation. Point de vue tout à fait partagé par le sénateur Edmonde Supplice-Beauzil qui présidait la séance à la première partie du forum.

Les économistes Kesner Pharel et Charles Clermont, intervenant autour du thème «Education et Compétitivité dans la Caraïbe», lors de la deuxième partie du forum, ont montré les choix à faire dans le cadre d'une éducation visant le développement socioéconomique du pays. Education pour l'amélioration des standards de vie des citoyens, pour le renforcement de la classe moyenne : tel a été leur plaidoyer qui s'inscrit, toutes proportions gardées, dans la logique réflexive de l'économiste Péguy Boisson sur le thème : «Haïti, éducation et marché de l'emploi». La première journée du forum s'est terminée avec la brillante intervention de Françoise Auguste Marzourka, entrepreneur sur le titre «Une éducation pour le succès. Des débats sereins et passionnants s'en sont suivis.
Quelle école pour Haïti ?

C'est le thème générique autour duquel intervient de façon remarquable l'écrivain Yannick Lahens qui plaide pour une éducation innovée. En toute urgence. Pierre-Michel Laguerre, directeur général du ministère de l'Education nationale, prend fait et cause pour une école haïtienne dotée d'une politique linguistique cohérente. «Il faut repenser l'aménagement linguistique dans le curriculum», suggère-t-il comme pour dresser, à la manière de l'agronome Joseph Félix, le profil du citoyen haïtien à l'horizon 2015. La troisième partie du forum présidée par le député Gasner Douze a pris fin avec l'intervention de l'incontournable Josué Mérilien, coordonnateur général de l'Union nationale des normaliens haïtiens (UNOH). «La condition enseignante: un déterminant de la qualité de l'éducation», a-t-il indiqué.Ecole haïtienne et cadre législatif


Les règles juridiques relatives à l'administration de l'éducation ont fait l'objet d'une réflexion profonde du Dr Monferrier Dorval, juriste. «Il existe un ensemble de principes constitutionnels régissant l'éducation», fait-il remarquer, en insistant sur le principe de gratuité de l'enseignement, le principe de la liberté de l'enseignement (liberté contrôlée par l'Etat), le principe de l'égalité des chances et le principe de l'obligation de l'enseignement primaire. Rénold Telfort, directeur de l'enseignement fondamental (DEF), a fait état du vide légal du système dans lequel l'Etat les ordres d'enseignement: préscolaire ou maternel, fondamental, secondaire et supérieur. Revenant à la charge, Guy-Serge Pompilus a montré la nécessité de règles et de normes devant régir l'école haïtienne qui définit tout de même des modèles de gestion en matière d'éducation: gestion directe exercée par le ministère, gestion contrôlée par le ministre, gestion concertée à travers l'office de partenariat. La présidence de la 4e partie du forum a été assurée par le député Jean-Beauvoir Dorsonne.
Enseignement supérieur et Université en Haïti«Toutes les couches sociales s'accordent pour reconnaître que l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) n'est pas parvenue à jouer son rôle de moteur de développement du pays», s'est empressé de souligner le recteur de l'UEH, Jean Vernet Henry qui se veut conscient de la mission des structures publiques de l'enseignement supérieur. Selon le recteur, l'UEH n'est pas arrivée à se positionner ni comme un haut lieu du savoir, d'élaboration et de diffusion de connaissances, ni comme un lieu de création scientifique, technologique et culturelle. C'est peut-être tout dire. Mais que faire pour lui permettre de jouer son rôle de leadership que lui confère la constitution (cf.art.208).Jacky Lumarque, recteur de l'Université Quisqueya, avoue d'entrée de jeu qu'il participe à ce forum avec tristesse. D'abord, intellectuellement, il est un peu désappointé que le caractère hâtif de l'événement ne laisse pas assez de temps aux intervenants pour produire une réflexion plus systématique et mieux documentée: seule condition pour nourrir des échanges fructueux au-delà des généralités habituelles sur le système éducatif. «Mais là n'est pas la raison de ma tristesse. Compte tenu des lacunes de l'UEH et de la grande demande de formation universitaire, le secteur privé est en train de se développer à un rythme accéléré en dehors du cadre juridique», indique M. Lumarque qui déplore le fait qu'il n'existe aucune loi règlementant l'enseignement supérieur, à part la Constitution qui reconnaît l'autonomie de l'université, sans une définition précise. Et qui fait l'obligation à l'Etat d'avoir l'avis technique de l'UEH pour délivrer une licence de fonctionnement à une institution privée d'enseignement supérieur.
Gérard Dorcély, recteur de l'UP a fait le diagnostic de la situation des universités privées en Haïti. «On est en train de secondariser l'enseignement supérieur», fulmine M. Dorcély qui ne peut que constater que l'Etat n'a pas le sens de l'enseignement supérieur. Et qu'il lui appartient de jouer pleinement sonrôle de régulateur du système.Pour le secteur de l'Université publique de l'Artibonite aux Gonaïves, Michel Saint-Louis, les universités publiques en région sont pleines d'avenir. Leur raison d'être et leur originalité peuvent en témoigner. «Ce sont des espaces de service public à la communauté, des sanctuaires du savoir et du développement humain», argue-t-il en précisant à son compte qu'il revient de savoir ce qui justifie la création de ces universités et ce qui fait ou fera leur originalité ou leurs missions. Des débats animés et par moments vigoureux s'en sont suivis.
Université et législation haïtienneNesmy Manigat, représentant régional Caraïbes et Amérique Latine Aide et Action a fait une étude approfondie sur la coopération Haïti/République Dominicaine dans l'enseignement supérieur. «L'éducation n'est pas une fin en soi mais une stratégie pour la création de la richesse», professe-t-il en plaidant pour une éducation ayant une valeur ajoutée, comme dans la république voisine.Christian Rousseau, sur la trace de Rénold Telfort, a abordé la thématique du vide légal qui caractérise les universités haïtiennes, tandis que Patrick Attie a cru bon de placer nos universités dans des perspectives mondiales. Le contenu de la loi-cadre de l'université a été cerné par le sénateur Youri Latortue qui rappelle le double rôle de l'UEH: formation et régularisation de l'enseignement supérieur. Et dire que ce premier forum du Parlement sur l'éducation a été un pari gagné, à ceci près qu'il a permis d'agiter des questions d'une extrême pertinence. Il n'est donc que d'attendre ce que seront les retombées immédiates de ce forum qui se veut déterminant pour la construction de l'avenir de l'éducation en Haïti.
Robenson Bernard

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53894&PubDate=2008-02-02

EN HONNEUR A LA VERITE...JOPI INTERPELLE ....MISE AU POINT DE PHILIPP! ...CA SE PASSE SUR MOUN.COM

Nous avions été particulièrement frappé par la publication de cet article du Nouvelliste sous la plume d’un être humain qui s’est laissé emporté par le côté émotionnel et mélodramatique de la mésaventure de cette fillette et de sa famille et qui s’est laissé entraîné dans un labyrinthe de contrevérités fatales pour le côté critique et scientifique que requiert le métier de journaliste.
Nous avions publié l’article avec des commentaires mesurés se basant sur nos connaissances globales de la médecine et de cette pathologie en laissant le soin aux hématologues et oncologue pédiatrique la part du lion pour éclaircir définitivement les erreurs du journaliste malgré lui.
Les habitués du site à la mode « MOUN » (
http://www.moun.com) se faisant appeler « MOUNISTES » ont réagi avec une mise au point de très haute teneur scientifique qui vaut mieux que la peine car l’idée qui était retenue du sujet du journaliste c’était : une extraction dentaire mal faite a provoqué un cancer du sang chez une fillette de 9 ans.

Voici donc la mise au point d’un MOUNISTE qui semble bien dominer le sujet.
Bonne lecture.

Course contre la montre pour sauver Sleudny NicolasUne mauvaise extraction de dent se mue en cancer. Victime, une fillette de 12 ans dont les parents sont fauchés risque de mourir...La vie de la petite Sleudny Nicolas s'est transformée en cauchemar le jour où elle a franchi le seuil de la clinique d'un dentiste charlatan à Vaudreuil, au Cap-Haïtien. Souffrant d'une rage de dent, les parents de la capoise de 12 ans ont cru que l'extraction serait la solution. Et pourtant. Peu après cette intervention, les douleurs se sont intensifiées et la mâchoire gauche de Sleudny s'est mise à enfler.
A l'Hôpital Justinien où le père de la fillette s'est rendu, désemparé, le diagnostic était accablant : l'extraction de la dent a provoqué le développement du lymphome de Burkitt, une maladie cancéreuse. «L'extraction de cette dent par un dentiste travaillant à la Clinique dentaire Béthesda de Vaudreuil, affilié à l'Eglise protestante de la Convention baptiste se trouvant dans le Nord est la cause de mon drame », explique Lesly Nicolas, père de l'enfant. Papiers en main, Lesly Nicolas, avec une mine de déterré raconte que la progression de cette maladie empêche à sa fille de bouger la mâchoire, de manger normalement.
Crachant moult récriminations à l'égard de ce dentiste charlatan, le père de l'enfant estime que ce dernier était uniquement appâté par le gain. « Malgré diverses démarches effectuées auprès des responsables de Bethesda, aucun résultat satisfaisant n'a jusqu'à présent été trouvé », se plaint-il. Entre-temps, je n'arrête pas de dépenser. Mais après de nombreuses chimiothérapies à l'Institut haïtien d'oncologie, dit-il, une lueur d'espoir point à l'horizon pour la petite Sleudny Nicolas.
Dans cet institut, des médecins chevronnés m'ont dit que par une opération, ma fille peut encore être sauvée». Mais cette intervention, ajoute-t-il en se grattant la tête, est coûteuse. Fauché avec sur les bras sa fille qui risque de mourir, Lesly Nicolas, ayant bu tout orgueil, appelle à la générosité de tous et de chacun.En pareil cas, on se demande si le responsable de cette clinique dentaire a la compétence pour pratiquer le métier dans le pays. Le ministère de la Santé publique n'a-t-il pas son mot à dire?Pour intervenir en faveur de cet enfant, composez le (509)754-1511 ou (509)678-2364
Micholson Chéry

cherymicholson@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53789&PubDate=2008-01-31


Salut Jopi!
Je ne m'attarderai pas sur le caractère fantaisiste et totalement hors de propos des commentaires du Nouvelliste qui s'inscrivent de manière regrettable dans un registre émotionnel qui sied mal aussi bien à la réputation de sérieux du journal qu'à la gravité de la maladie de la fillette dont il est question dans l'article.
Je me contenterai d'observer que nul n'est autorisé à coller l'étiquette de charlatan au dentiste qui a réalisé l'extraction au motif discutable que son geste aurait déclenché un lymphome de Burkitt. Je ne m'associerai donc ni à cette forme d'inquisition d'un autre âge ni à cette lapidation qui n'honore personne.
En revanche, je me permettrai d'affirmer sans la moindre ambiguité qu'il n'existe aucun lien de causalité entre l'extraction dentaire et la maladie.
La douleur dentaire a été, sans nul doute, le symptome révélateur d'un processus lymphomateux bien présent mais non encore diagnostiqué. Autrement dit, le lymphome est, sans conteste, bien antérieur à l'extraction dentaire.
Quelques considérations méritent d'être soulevées.
D'abord, les insuffisances du milieu ont fait que la fillette a été orientée vers un cabinet dentaire où "sa plainte était recevable" plutôt que vers un cabinet pédiatrique où "sa plainte aurait pu susciter les compléments d'enquête extra-dentaires susceptibles d'éclairer et d'élucider sa souffrance". Le piège, dans ce genre de situation, est la banalité ou la banalisation des symptomes qui sont, en plus, non spécifiques, ce qui me fait souvent dire à mes étudiants: "dans la pratique médicale, on ne trouve jamais par hasard, on ne trouve que ce qu'on cherche".
En cette matière, le degré d'alerte du dentiste n'est pas comparable à celui du médecin dont c'est le métier de ne pas se laisser piéger par cette banalité.
Ensuite, si lymphome il y a, sur quoi s'est-on basé pour parler de lymphome de Burkitt?
Certes, l'hypothèse est vraisemblable, mais elle nécessite avant tout d'être confirmée par des analyses immuno-histo-chimiques dont je ne suis pas sûr qu'elles puissent être pratiquées chez nous. C'est pourtant primordial, car les choix thérapeutiques en dépendent.
Autre chose, j'ai lu qu'une intervention serait nécessaire pour sauver la fillette. J'avoue que cela me laisse songeur. Le lymphome de Burkitt est habituellement très sensible à la chimiothérapie et encore plus à l'immuno-chimiothérapie, à condition d'aller vite sans se poser de question métaphysique. La chirurgie n'a jamais qu'une place limitée en matière de lymphome. Cette place se situe, non pas dans les options thérapeutiques, mais plutôt dans la démarche diagnostique, quand il faut prélever un ganglion ou un fragment de tissu tumoral profond pour porter le diagnostic.
Les lymphomes sont des maladies malignes sanguines développées aux dépens d'une catégorie de globules blances, les lymphocytes dits B ou T. Comme chacun le sait, le sang va partout dans l'organisme. Forcément, les bons lymphocytes comme les lymphocytes tumoraux peuvent aller partout.
A quoi servirait-il d'enlever chirurgicalement une masse développée aux dépens de la mâchoire si on laisse en place une autre masse intra-thoracique ou intra-abdominale?
De même, comment espérer débarrasser un malade de masses multiples, éloignées les unes des autres, sans le mutiler affreusement et lui faire plus de tort que son lymphome?
Heureusement, les médicaments utilisés en immuno-chimiothérapie vont aussi partout et sont en mesure de tuer les mauvais lymphocytes où qu'ils se trouvent (ou presque, le cerveau étant souvent infranchissable pour ces médicaments).En dernier lieu, je m'en voudrais de ne pas signaler que, pendant que nous parlons d'elle, la fillette est engagée dans une course contre la montre qui m'interpelle personnellement, pour des raisons que Jopi devinera sans peine.
Son lymphome est pourtant "curable". Il existe, dans ce domaine, des experts haïtiens disponibles pour guider les choix thérapeutiques. Ils ne demandent qu'à servir. La vie de cette fillette me tient personnellement plus à coeur que de savoir si on a bien fait de lui arracher une dent ou pas.