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mercredi 19 décembre 2012

Haïti : trois ans après le séisme, une école pour l'avenir


Alors que l'Éducation est décrétée priorité n°1 d'Haïti depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010, Radio France a inauguré vendredi une école maternelle et élémentaire flambant neuve à Savanette, gros bourg isolé de l'Est haïtien.
Haïti : une nouvelle école pour Savanette © FranceInfo
À 17 h ou 18, sur Radio Boukan, 97.7 FM, station communautaire de Savanette, c'est l'heure des petites annonces en créole : "L'inauguration de la nouvelle école Génération de la Ronde*, à Corosse, aura lieu vendredi à midi". A 25 gourdes le spot, pour tenter de toucher le maire, la députée et les autres notables du coin. Dans ce gros bourg de l'Est d'Haïti, à quelque cinq heures de route et de piste de Port-au-Prince et deux pas de la République dominicaine, les ondes restent le moyen de communication privilégié : ici, pas d'électricité, pas d'internet et un seul opérateur mobile pour couvrir la vallée plantée de palmiers, de bananiers, d'âmes véritables ou de Mapous, arbres mystiques qui s'élèvent bien plus haut que l'antenne de cette micro station locale. Mais ce ne sont pas ces considérations radiophoniques qui ont mené Radio France sur ces terres agricoles reculées.

Toquer chez le PDG de Radio France
La raison se nomme Pauline Auguste, 61 ans, Haïtienne, originaire de la région, fondatrice d'une petite association basée à Bagnolet baptisée "Donne ton coeur pour Haïti" et surtout préposée au courrier à la Maison de la Radio. Pauline mesure 1,50 et des poussières, s'autoproclame "maladivement timide" mais a eu le culot quelques mois après le séisme du 12 janvier 2012 d'aller frapper à la porte du patron, le président de Radio France, Jean-Luc Hees. L'aventure commence là en août 2012. Savanette fait régulièrement les frais de la crue de son fleuve, mais a été épargnée par le tremblement de terre. Et de nombreux habitants de Port-au-Prince, rescapés des décombres, reviennent dans leur campagne d'origine pour y trouver refuge. La population grossit, celle des écoliers aussi.

"On n'a pas pu mettre de l'argent mais du temps pour cette école"
La petite école fondée par Pauline en 2005, dans une grange aux quatre vents qui sert aussi d'église, ne suffit plus. Le tremblement de terre surtout, et la désorganisation qui s'ensuit, imposent l'évidence : le pays manque de cadres, les rares universitaires émigrent, le seul espoir réside dans l'éducation. En finir avec cette simili-fatalité qui laisse près d'un enfant sur deux à la porte de l'école.
Le projet se dessine. Radio France, entreprise publique, n'a juridiquement pas le droit de recevoir ou faire des dons, quels qu'ils soient. "On n'a pas pu mettre de l'argent, mais du temps, explique Alain Faucheur, responsable des opérations spéciales de Radio France, en charge du projet. Nous avons servi de catalyseur, fait marcher nos réseaux". La Fondation Architectes de l'Urgence, en Haïti depuis le lendemain du séisme, est aussitôt de l'aventure pour étudier le terrain et dessiner les plans. Restent à trouver des financeurs.
Des classes claires et ventilées pour supporter le cagnard haïtien © Radio France Cécile Quéguiner

Un chantier-école de sept mois
Un appel à dons est lancé sur les antennes de Radio France, permettant de récolter près de 30.000 euros. Le groupe GBH apporte le plus gros. Architectes de l'urgence aussi donne son pécule, complété par SFR, la Fondation Yves Rocher et la Fondation Varenne. Budget : 330.000 euros, de quoi construire une nouvelle école à Savanette, et rénover du même coup un orphelinat à Mirebalais, sur la route, qui accueille une trentaine de gamins de Port-au-Prince. Un chantier de sept mois. "Chantier-école", précise Patrick Coulombel, le président d'Architectes de l'urgence. C'est-à-dire qu'on a fait appel aux gens du coin, qu'on a formé aux techniques de construction parasismiques notamment. Et on a utilisé les ressources locales. Les pierres, les granulats, viennent du lit de la rivière à 300 mètres d'ici". Résultat : cinq immenses salles de classe ventilées, une cuisine, un préau couvert, et des toilettes sèches.

Frais d'"écolage" et système D
Un menuisier haïtien, Chef Benoît, a réalisé les dernières finitions jeudi dernier avant l'inauguration. Mais la rentrée a eu lieu, comme partout ailleurs en Haïti, en octobre. Avec 230 enfants inscrits pour cinq gourdes, soit quelques centimes d'euros, une somme symbolique dans un pays où près de neuf écoles sur dix pratiquent des tarifs exhorbitants.
Ici, certains enfants ont donc pu mettre les pieds pour la première fois à l'école cette année. À trois, six ou 12 ans. Les gamins en uniforme bleu ont fière allure sous ce soleil d'hiver qui frappe fort, mais l'établissement n'échappe pas aux travers de l'Éducation haïtienne. Des classes déséquilibrées où les enfants ont parfois cinq ou six ans d'écart. Métali, par exemple, à 15 ans, pointe en CE1. Tandis qu'Odaline, 12 ans, rentre... en maternelle.
Autre travers : la formation des professeurs. "Pour enseigner en élémentaire, il nous faudrait des enseignants à bac + 2 ou 3, comme chez vous, explique Dejean Thélon, le flegmatique directeur de l'école. Mais ces gens-là réclame 500 euros de salaire pour venir à Savanette, où on n'a pas de route, d'électricité, de structures pour les accueillir. C'est trop pour notre association". Système D : ce sont donc cinq lycéens et collégiens (de 20 ans et plus) qui enseignent ici le matin, avant d'aller prendre leurs cours l'après-midi. Leurs profs à eux ? Des étudiants. Un cercle vertueux dans cette région agricole majoritairement analphabète.

15.000 euros par an
C'est le budget évalué pour faire maintenant tourner l'école "Génération de la ronde" pendant un an. De quoi payer les salaires (l'équivalent de 100 euros mensuels) de ces professeurs, du directeur, du gardien, et bientôt fournir un repas par jour à chaque enfant.
"Il reste aussi quelques bricoles à faire, convient Patrick Coulombel. Des travaux de drainage sur le terrain, et l'installation d'un générateur, faute d'électricité. Car la 1ère ligne électrique se trouve à des kilomètres et en ce moment, il fait quasiment nuit à 17 heures. C'est dommage que l'école soit inutilisable à cette heure-là". Pauline, elle, est pragmatique : "On va faire avec, modeler, enjoliver cette école avec les enfants". Une idée la travaille en ce moment : revenir s'installer ici, dès sa retraite, pour faire des arts plastiques avec les timoun (les enfants en créole). C'est elle qui leur a appris à manier les ciseaux afin de fabriquer des dizaines de guirlandes en papier, pour accueillir la délégation de Radio France, de la Fondation Architectes de l'Urgence, et les donateurs de GBH, SFR et la Fondation Yves Rocher.

Jean-Luc Hees, le PDG de Radio France, raconte son expédition à savanette
"La génération de la ronde" est le nom d'un mouvement littéraire haïtien du 19e siècle.

http://www.franceinfo.fr/education-jeunesse/une-ecole-pour-savanette-trois-ans-apres-le-seisme-haitien-837495-2012-12-18

Haïti-Petite enfance : Coup d’envoi du processus de validation d’un cadre politique


Par Edner Fils Décime
P-au-P, 18 déc. 2012 [AlterPresse] --- De concert avec la branche en Haïti du fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef) et d’autres partenaires internationaux, le ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) a lancé, le lundi 17 décembre 2012 à Port-au-Prince, les assises nationales pour la validation du cadre politique pour le développement intégré de la petite enfance en Haïti, a observé l’agence en ligne AlterPresse.
Cette activité poursuit des objectifs de connaissance, d’amendement, d’approbation et de validation du document-cadre de politique nationale pour la petite enfance en Haïti.
Les organisateurs veulent donc « assurer une base légitime et solide à la stratégie » qui découlera de ce cadre et « assurer une mise en œuvre coordonnée et pérenne, tenant compte du contexte national ».
« La prise en charge de la petite enfance est une entreprise complexe, dans laquelle la santé, la nutrition, la mortalité infantile, l’hygiène, l’encadrement psychocognitif dialoguent sur un même plan », avance le ministre de l’éducation nationale, Vanneur Pierre, qui participait à la cérémonie de lancement.
La prise en charge de la petite enfance ne devrait pas être un luxe.
Elle doit être accessible à tous les enfants haïtiens, plaide le ministre, qui croit impérieux de parvenir à l’extension des jardins d’enfants, des crèches, des garderies et l’accessibilité à l’école préscolaire « permettant aux enfants de s’épanouir très tôt et de développer un rapport intelligent au monde ».
Les enfants âgés de 0 à 6 ans représentent environ 13% de la population totale d’Haïti, selon des chiffres de l’enquête sur la mortalité, morbidité et l’utilisation des services (Emmus V), dont les résultats préliminaires ont été rendus publics en novembre 2012 (cf. www.alterpresse.org/spip.php...).
Pourtant 2,7 millions n’ont pas accès à au moins un service de base, tel que la santé ou l’éducation.
Sur mille (1,000) naissances, quatre-vingt huit (88) enfants meurent.
Avec ce pourcentage, Haïti détient donc le record du taux de mortalité chez les moins de 5 ans pour la région des Amériques.
A partir du cadre politique, le Menfp ambitionne de « développer le secteur d’éducation de la petite enfance [en réduisant] les disparités, dues à une demande sociale pour l’éducation préscolaire, et [par la prise] en charge, le plus tôt et le plus possible, des enfants, de manière à limiter les rentrées tardives au cycle fondamental » (d’une durée de 9 ans).
Les rentrées tardives à l’école fondamentale constituent l’un des éléments explicatifs du nombre élevé de sur-âgés dans le système éducatif haïtien.
De son côté, le représentant de l’Unicef en Haïti, le français Édouard Beigbeder, évoque tout le chemin, parcouru de 2003 à aujourd’hui (2012), pour aboutir à ce « consensus sur une politique pour le développement intégré de la petite enfance ».
Beigbeder tient à attirer l’attention, entre autres, sur les impacts de la situation difficile de la petite enfance sur « l’avenir du pays tout entier ».
« Le fait d’investir, de façon intégrée, en faveur de nos touts petits génère des gains sociaux et économiques considérables dans les domaines de l’éducation, de la santé, de la protection, du développement et de l’économie », soutient-il.
Certains traduisent l’investissement dans la petite enfance en argent.
Pour un dollar, investi dans des programmes de qualité de la petite enfance, le retour se situe entre 3.00 et 17.00 dollars étasuniens (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui), considèrent ces analystes.
« L’investissement dans la petite enfance représente les fondements d’une meilleure productivité nationale et d’un développement durable », affirment d’autres analystes, tentant d’articuler un discours plus à la mode.
Le paradigme de production ne viserait qu’à mieux préparer des bras pour les zones franches industrielles, vu la position d’Haïti dans la division internationale du travail, dénoncent, pour leur part, des critiques de ce « cadre politique pour le développement intégré de la petite enfance ».
Aux assises pour la validation du cadre politique pour le développement intégré de la petite enfance en Haïti, lancées le 17 décembre 2012 à Port-au-Prince, trois (3) experts internationaux apportent leur aide.
Il s’agit de : Joan Lombardi, experte nationale et internationale sur le développement de l’enfant et les politiques sociales ; Louise Zimanyi, directrice du groupe consultatif pour le développement de la petite enfance ; et Eveline Pressoir, psyschologue clinicienne membre du comité directeur du groupe de travail pour la petite enfance de l’association pour le développement de l’éducation en Afrique (Adea). [efd kft rc apr 18/12/2012 11:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13846

Le gouvernement haïtien et la communauté́ humanitaire lancent le plan d’action humanitaire 2013


Port-au-Prince, 18 décembre 2013. Le gouvernement haïtien et la communauté́ humanitaire ont lancé ce mardi, le Plan d’action humanitaire (PAH) pour répondre aux besoins humanitaires critiques non couverts de plus d’un million de personnes identifiés comme étant les plus vulnérables.
Tout en reconnaissant les progrès réalisés dans le pays au cours des dernières années, le PAH 2013 identifie un certain nombre de besoins humanitaires résiduels qui doivent être adressés. Il s’agit notamment des préoccupations croissantes au sujet de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle; de la persistance des flambées de choléra localisées et la situation des familles déplacées dans les camps.
« Notre pays s’est relevé de manière remarquable de la tragédie de 2010. Merci à la force et l’engagement de notre population et à l’appui des partenaires humanitaires, plus de 77% des personnes déplacées ont pu quitter les camps et commencer à mener une vie normale. Nous avons également réussi à enrayer la propagation du choléra et minimiser ses effets sur la vie de la population. Haïti poursuit donc son chemin vers le développement durable. Pourtant, nous reconnaissons que des millions de personnes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants font face à des besoins critiques vitaux. Nous devons adresser ces besoins», a déclaré Rose-Anne Auguste, ministre déléguée au près du Premier ministre chargée des Droits humains et de la lutte contre la Pauvreté.
Environ 2 millions de personnes vivent actuellement en insécurité alimentaire. La vie des populations les plus vulnérables – les femmes, les enfants, les mères allaitantes – est menacée si elles ne sont pas assistées. En outre, la recrudescence de l’épidémie de choléra dans des régions éloignées qui pourrait affecter environ 118.000 personnes en 2013 préoccupe le gouvernement haïtien et la communauté humanitaire. Les 358.000 personnes qui vivent encore dans des camps confrontés à une détérioration des conditions de leurs vies sont encore en attente d’une assistance humanitaire.
«Les autorités nationales et les acteurs humanitaires ont travaillé sans relâche au cours des trois dernières années pour aider le gouvernement haïtien à répondre aux besoins fondamentaux des populations les plus vulnérables. Ensemble, nous avons parcouru un long chemin et avons fait des progrès significatifs. Toutefois, ces progrès sont toujours associés à des nouveaux défis. La sécheresse, la tempête Isaac et l’ouragan Sandy ont laissé des millions de personnes à travers le pays avec moins de nourriture, moins d’emplois et moins de terres pour travailler. Nous devons les aider à se rétablir. Si nous n’agissons pas, une grande partie de ce qui a été accompli à ce jour peut être perdu et beaucoup d’innocents en souffriront », a déclaré M. Nigel Fisher, coordonnateur de l’action humanitaire en Haiti.
Le PAH 2013 propose un paquet minimum d’activités pour répondre à ces priorités. 144 millions de dollars USD sont nécessaires pour la mise en œuvre de ce cadre d’actions stratégiques visant à assister plus d’un million de persones et adresser particulièrement le problème de l’insécurité alimentaire.
L’écart de financement entre les besoins humanitaires et l’aide des donateurs n’a cessé de croître. En 2012, seulement 42% des besoins les plus urgents de financement ont été pris en compte. Le PAH 2013 a été conçu pour se concentrer sur les besoins les plus critiques. Les coûts sont établis pour refléter le minimum que nous devons utiliser pour venir en aide aux plus démunis, et en complément des initiatives visant le développement à long terme en cours.
«Aujourd’hui, nous lançons conjointement ce cadre d’actions stratégique pour adresser rapidement et efficacement les besoins des couches les plus vulnérables en 2013. Nous appelons les partenaires humanitaires à maintenir leur appui à Haïti et à son peuple. Un désengagement prématuré en termes de financement de l’action humanitaire en Haiti en 2013 mettera en péril les resultats atteints comme par exemple les mécanismes de reponse aux urgences déjà mis en place et pourrait aggraver les crises actuelles », a conclu M. Fisher
Pour plus d’informations, veuillez contacter:
George Ngwa Anuongong, Chef, Section communication, Tél. (509) 3702 5192, E-mail: ngwaanuongong@un.org
Gary Bodeau, conseiller en communication (Bureau du premier ministre), Tél. (509) 4411 1111, E-mail : garybodeau@hotmail.com
Les bulletins humanitaires d’OCHA sont disponibles sur www.haiti.humanitarian.info
www.unocha.org
www.reliefweb.int
http://minustah.org/?p=39351

Haïti-Conjoncture : Martelly revient, Lamothe s’en va, et état d’urgence à tout-va



P-au-P, 17 déc. 2012 [AlterPresse] --- Alors que le pays est placé sous état d’urgence depuis le passage de l’ouragan Sandy (du mercredi 23 au vendredi 26 octobre 2012), le chef de l’État Joseph Michel Martelly et le chef du gouvernement Laurent Salvador Lamothe maintiennent leur mode de gestion : multiplier les déplacements à l’étranger, observe l’agence en ligne AlterPresse.
Lamothe a pris l’avion, le vendredi 14 décembre 2012, en direction du Vietnam (Asie du Sud-Est), où il doit passer 4 jours.
Ce déplacement arrive environ 72 heures après le retour de Martelly au pays. Ce dernier avait effectué une visite de 3 jours (5 au 8 décembre 2012) au Japon (Asie de l’Est).
Dynamiser les relations entre les Haïti et le Vietnam est le principal objectif, avancé par le premier ministre concernant son voyage.
Il annonce également la signature de quelques accords.
Pas d’urgence pour l’état d’urgence
Le chef du gouvernement a sollicité, le jeudi 13 décembre 2012, le report d’une convocation de la commission de finances au sénat haïtien .
Cette commission sénatoriale avait appelé le chef du gouvernement à rendre compte des 5 milliards de gourdes (estimées à150 millions de dollars américains), montant alloué officiellement à la relance agricole et à la réhabilitation des infrastructures abritant des services sociaux de base, après le passage de Sandy.
Laurent Lamothe a laissé comprendre qu’il n’aurait pas assez de temps pour préparer son intervention.
Un fait, qui fâche certains sénateurs, en particulier le président de la commission de finances Jocelerme Privert (parti Inite, Nippes / Sud-Ouest) qui estime « inacceptable » l’incapacité de l’administration Martelly / Lamothe à dresser un bilan, près de 2 mois après les dégâts provoqués par la tempête Sandy.

Des membres de la diaspora haïtienne questionnent l’équipe au pouvoir
Des Haïtiens, regroupés sous le nom de « Perspectives haïtiennes », au Nord de Miami (North Miami, États-Unis d’Amérique) ont profité du passage de Martelly, le lundi 10 décembre 2012, pour dénoncer la gestion - qu’ils qualifient d’opaque - de l’argent prélevé, depuis mai 2011, sur la diaspora (frais sur les appels et les transferts d’argent vers Haïti…).
Sans une loi-cadre, la présidence a instauré, en mai 2011, un fonds dénommé " fonds national pour l’éducation (Fne)", où aboutissent ces taxes.
A date (décembre 2012), aucun rapport transparent n’est venu éclaircir l’opinion sur l’utilisation faite de ce fonds par l’actuelle administration politique.
Michel Martelly continue toutefois d’inviter les Haïtiens, résidant en terre étrangère, à investir en Haïti.

En attendant, la Bid subventionne …
Cinquante (50) millions de dollars américains (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 60.00 gourdes aujourd’hui) pour le renforcement du système éducatif haïtien et 17 millions pour encourager l’investissement, sont, respectivement, les montants récemment annoncés et approuvés par la banque interaméricaine de développement (Bid) dans le cadre d’une subvention à Haïti.
Les conditions exactes de cet apport ne sont pas communiquées.
Parallèlement, la croissance économique pour Haïti en 2012 est de 2.5 %, d’après les conclusions d’une récente publication de la commission économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (Cepalc).

Gare à une éventuelle crise alimentaire
Une récente étude, conduite par des chercheurs brésiliens en sciences sociales, attire l’attention sur le risque d’un manque important d’aliments dans certaines zones rurales des départements du Nord, de l’Ouest et de la Grande Anse (Sud-Ouest), à cause de la dévastation de la production agricole par les dernières catastrophes naturelles (intempéries) enregistrées.
Un échantillon de 1,355 personnes a été choisi dans le cadre de cette enquête, baptisée « après la tempête, l’arrivée de la crise alimentaire ».
Athena Kolbe, Robert Muggah et Marie Puccio sont les chercheurs brésiliens, ayant initié ce travail.

Le gouvernement et le Pam veulent pérenniser le programme de cantine scolaire
Le premier ministre Laurent Lamothe et la directrice en Haïti du programme alimentaire mondial (Pam), Myrta Kaulard, ont paraphé, le jeudi 13 décembre2012, un mémorandum d’accord pour une poursuite des programmes d’assistance alimentaire aux écoles.
Cette initiative vise essentiellement l’augmentation de la quantité de plats, offerts aux élèves quotidiennement, et la mise en œuvre d’une politique nationale de cantine scolaire.
Rien n’est précisé sur l’utilisation des produits agricoles nationaux dans les programmes de cantine scolaire pour les écolières et écoliers haïtiens.
Godson Orélus, définitivement installé à la tête de la police nationale
C’est finalement le jeudi 13 décembre 2012 que Godson Orélus a pris officiellement les commandes de l’institution policière, après avoir été ratifié, le jeudi 30 août 2012, par le sénat, suite à sa désignation, le 15 juin 2012, par le président Martelly, pour remplacer Mario Andrésol à la tête de la police nationale d’Haïti (Pnh).
Affirmant être bien conscient des problèmes, auxquels sont confrontés les agentes et agents de police, Orélus (installé ad intérim le 20 août 2012) promet de travailler à l’amélioration de leur situation.

Insécurité : toujours pas le bout du tunnel
Les cas de kidnapping continuent d’être enregistrés en Haïti, en décembre 2012, à un moment, pourtant, où les responsables de la police nationale parlent de démantèlement de grands réseaux de kidnappeurs.
Le dernier cas en date est celui d’une femme-médecin. Ceux, qui ont commis l’acte d’enlèvement, réclameraient une rançon de 300,000.00 dollars américains pour sa libération.
L’Onu voudraitaider à éradiquer le choléra en Haïti

Sans, jusqu’à présent, reconnaître officiellement l’implication de casques bleus népalais dans la propagation, à partir d’octobre 2010, de la maladie en Haiti - comme l’attestent plusieurs rapports d’investigation scientifique internationale -, le secrétariat général de l’organisation des Nations Unies a annoncé, le mardi 11 décembre 2012, l’opérationalisation d’un plan visant la prévention, le traitement du choléra sur l’île toute entière (Haiti et la République Dominicaine).
Une campagne de sensibilisation est aussi prévue dans la mise en œuvre de ce plan, estimé à 215 millions de dollars américains.
Quand les anciens présidents ont rendez-vous avec la justice
Initialement prévue pour le jeudi 13 décembre 2012, une séance d’audition de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, à la cour d’appel de Port-au-Prince, est reportée au jeudi 24 janvier 2013.
Il est question de faire la lumière sur tous les crimes commis sous le régime de Jean-Claude Duvalier.
Plusieurs plaintes sont déposées contre lui.
Des plaintes sont également déposées contre l’ancien chef d’État Jean-Bertrand Aristide par-devant la justice haïtienne.
Dans le cas d’Aristide, il est question d’exploitation financière que lui reproche particulièrement Sony Thélusma.
Sony Thélusma, dit « Ti Sony », a été, enfant, recueilli par l’ancien prêtre au foyer « lafanmi se lavi ».
Des avocats de Jean-Bertrand Aristide sont en train d’examiner la teneur de cette plainte, fait savoir un responsable de Fanmi Lavalas, le parti fondé par l’accusé.

Manifestation à l’occasion du 16 décembre
Comme annoncé tout au long de la semaine (allant du 9 au 15 décembre 2012), des organisations de base, liées au parti Fanmi Lavalas, ont manifesté, dans la capitale haïtienne le dimanche 16 décembre 2012 pour commémorer les 22 ans des élections qui avaient propulsé Jean-Bertrand Aristide au pouvoir, en 1990.
Cette manifestation a été dispersée par la police à coup de gaz lacrymogènes. 21 personnes (dont 14 hommes et 7 femmes) sont arrêtées.
La police nationale reproche à celles-ci d’avoir brisé des pare-brises d’environ une dizaine de véhicules qui se trouvaient sur le parcours de la manifestation.
Dans la mêlée, en solidarité avec les 21 personnes interpellées, le député de Delmas/ Tabarre, Arnel Bélizaire, s"est placé lui-même en garde à vue au commissariat de Port-au-Prince. [srh kft rc 17/12/2012 10:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article13842

Haïti: l’ONU lance un appel à l’aide humanitaire

Par RFI
Près de trois ans après le séisme, Haïti est toujours confrontée à une crise humanitaire d'ampleur et, après les passages des cyclones Isaac et Sandy, une crise alimentaire menace le pays. Pour l'année 2013, l'ONU a lancé un appel à l'aide internationale à hauteur de 144 millions de $.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
Plus de 350 000 sinistrés du séisme survivent encore dans des camps de fortune et l'aide internationale est vitale pour répondre à leurs besoins urgents. Mais comme les récoltes ont été détruites par les cyclones, les populations rurales sont elles aussi menacées par la faim.
Nigel Fisher, coordonateur des affaires humanitaires à la Minustah, appelle la communauté internationale à financer les programmes d'urgence. « On estime maintenant que deux millions de personne, soit un Haïtien sur cinq, sont dans une situation d’insécurité alimentaire, explique-t-il. Il y a des programmes sur le long terme, comme pour la création d’emploi. Mais il y a vraiment une crise à laquelle on doit répondre. Il faut se focaliser sur le long terme mais ces risques, on ne peut pas les oublier. »
L'aide alimentaire, le relogement des sinistrés du séisme et la lutte contre le choléra sont les trois urgences prioritaires identifiées par l'ONU, qui espère que, cette année, les bailleurs internationaux vont répondre à l'appel. L'an dernier seul 40% des fonds demandés avaient été versés.
TAGS: HAÏTI - ONU
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