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lundi 27 décembre 2010

Haïti - Élections : L’OEA dans l’impossibilité de commencer sa mission

27/12/2010 06:46:46.- Gaillot Dorsinvil, le Président du Conseil Électoral Provisoire (CEP), avait annoncé la semaine dernière, que la mission de l’Organisation des États Américains (OEA), chargée des vérifications du scrutin du 28 novembre, allait conduire ses travaux du 27 au 30 décembre 2010... Une fois de plus, le calendrier ne sera pas respecté. Annoncé pour lundi, le début de la mission est reporté à une date indéterminée...
Albert Ramdin, le Secrétaire Général adjoint de l'OEA, a fait savoir hier dimanche, que les termes de la mission « n'ont pas encore été déterminé pour l'instant [...] tant qu'on ne s'est pas mis d'accord sur les termes de cette mission, nous n'enverrons pas nos experts. » Il a dit espéré que la mission puisse commencer sa tâche cette semaine, soulignant que le temps passait...
Rappelons qu’a la demande du chef de l’État Haïtien René Préval, l'OEA a constitué une équipe internationale de six personnes (deux experts juridiques, deux experts électoraux, un statisticien et un spécialiste des technologies de l'information) leur mission : aider les autorités électorales dans la vérification des procès-verbaux et la phase de contentieux électoral. Pour le moment l’équipe, prête à partir pour Port-au-Prince, attend ses instructions...
Albert Ramdin a précisé que l'envergure de cette mission, pourraient évoluer en fonction des termes du mandat, mais qu'il y aurait au minimum ces six experts « L'équipe de l'OEA va devoir vérifier le recomptage des procès-verbaux opérés par le CEP » a fait savoir le Secrétaire Général, « en dehors de cela, des recommandations seront faites, que les résultats reflètent ou non le comptage qui aura été fait. »
À l’évidence, les termes de référence de cette mission, sont source de désaccord entre l’OEA et les autorités haïtiennes concernées, sur ce qui doit être recompté et vérifié. Depuis une semaine, l’OEA «discute» ces fameux termes et rien n’avance...
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-1981-haiti-elections-gaillot-dorsinvil-fait-le-point-sur-le-processus-electoral.html
S/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1987-haiti-elections-l-oea-dans-l-impossibilite-de-commencer-sa-mission.html

Haïti : vers une solution constitutionnelle, consensuelle et haïtienne

LEMONDE.FR 27.12.10 ..."Si l'on voit où les bonnes têtes ont mené la France, a écrit le comte de Mirabeau, il ne serait pas mauvais d'essayer les mauvaises." Dans le cas d'Haïti, il sied d'inverser cette citation et se dire de préférence, si l'on voit où les mauvaises têtes, incluant la Minustah, ont mené ce pays, il serait temps d'essayer les bonnes. Pari fort risqué cependant que de croire qu'après une course bicentenaire vers le quai du désastre et de la tragédie, il serait encore possible de recruter une bonne tête parmi l'élite politique et créole haïtienne. Une tête bien faite et unificatrice, capable de forger un vivre ensemble, de fédérer les énergies, les talents et l'intelligence collective autour d'un nouveau contrat social.
Pour trouver une solution constitutionnelle à la présente crise, il faut une figure politique d'envergure, susceptible d'instituer une opposition d'alternance et de gouvernement face à la constellation formée par le parti Unité. Autrement dit, la solution à la crise haïtienne suppose comme préalable un leadership fédérateur d'une opposition fragmentée et, de surcroit, terrifiée par l'idée d'affronter un adversaire coriace supposément impopulaire mais, de toute évidence, mieux organisé et craint. Qui a raflé 60 % des élus du premier tour à la chambre des députés sans susciter, paradoxe haïtien, trop de contestation. Par-delà ce paradoxe, comment expliquer le désarroi de l'opposition quant Madame Mirlande Manigat dispose d'une avance quasi-irrécupérable sur l'ennemi commun qu'est le Parti Inité ?

De l'impératif d'un leadership fédérateur de l'opposition comme préalable à une solution constitutionnelle de la crise haïtienne
"Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité" comme lieu du bien commun et du vivre ensemble, s'interrogea le Montagnard Louis Antoine de Saint-Just ? Tel est donc le paradoxe comportemental, fondateur de la suite ininterrompue de crises politiques haïtiennes. Telle est également l'une des causes du destin tragique imposé au peuple haïtien depuis 206 ans de gouvernance créole et depuis 6 ans de tutelle onusienne. Il y a donc lieu de se poser la question suivante : si tous les membres de l'opposition veulent se faire élire président à un hypothétique second tour de scrutin, où est donc la cité haïtienne, c'est à dire "le bien commun" et le "vivre ensemble" ? Pourtant, ceux-ci devaient l'emporter sur les divisions et ambitions présidentielles des membres de l'opposition. Ne sommes-nous pas sommés par les circonstances exceptionnelles qui sont celles d'Haïti de faire preuve de civisme, d'abnégation, de patriotisme, de désintéressement, de pragmatisme et de maturité politique ? Où est l'avatar haïtien de Nelson Mandela ou de Charles De Gaule ou encore de Thomas Jefferson ? L'opposition compte-t-elle dans ses rangs des descendants de Dessalines et de Toussaint Louverture ? Sommes-nous dignes de l'héritage de ces Titans de l'épopée de l'indépendance ? On peut en douter.
Autrement, on aurait consenti les sacrifices requis pour ériger le vivre ensemble et le bien commun en principes directeurs des actions à envisager. Une issue constitutionnelle à la crise est encore possible, pour peu que l'opposition s'y investisse. N'est-ce pas vrai que le mot crise juxtapose en chinois deux caractères, qui signifient respectivement "menaces'' et "opportunités''. La présente crise n'offre-t-elle pas une opportunité abyssale d'instituer une opposition d'alternance et de gouvernement ; et ceci, en lieu et place des groupuscules insignifiants qui polluent l'écosystème politique haïtien ? Il manque l'essentiel : une figure politique d'envergure et fédératrice.
Une opposition unifiée autour d'un leadership fédérateur ferait fondre tout avantage virtuel ou réel du parti présidentiel au second tour
L'émergence d'un leadership fédérateur de l'opposition face au parti Inité dans le cadre d'un second tour sous la codirection opérationnelle de la communauté internationale, éliminerait tout avantage virtuel ou réel dont disposerait Inité sur le terrain. Cela aurait permis à l'opposition unifiée de gagner les législatives et d'ainsi prévenir une cohabitation obligée avec son adversaire. C'est ici que le dicton chinois selon lequel "lorsque les hommes travaillent ensemble, les montagnes se changent en or", s'avère plus que pertinent. Voilà une occasion en or pour l'opposition haïtienne d'expérimenter cette citation d'Henry Ford : "se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite."
La présente crise n'offre-t-elle pas l'occasion à l'opposition haïtienne de travailler ensemble contre l'ennemi commun qu'est l'Inité? Cela est d'autant plus indiqué que son poids électoral représente plus de 75 % du vote exprimé au premier tour. Que l'opposition paraphrase Ronald Reagan et se dise: "si ce n'est pas nous, c'est qui ? Et si ce n'est pas maintenant, c'est quand ?" Si ce n'est pas maintenant, ce sera trop tard pour une opposition myope et divisée. À trois au second tour, ils triplent les chances de Jude Célestin de l'emporter ; A 18, ils la décuplent. Pourtant, une opposition fédérée et unifiée aurait certainement congédié le prévalisme, une doctrine anarcho-populiste aux rendements négatifs. Du coup, une telle opposition se transformerait en une institution prééminente, capable de canaliser et d'optimiser les inputs de la communauté internationale et d'en dégager la meilleure synergie possible.
En tant que doyenne de l'opposition et meneuse au premier tour, Mirlande Manigat peut-elle s'avérer la figure fédératrice de l'opposition face à Inité au Second tour ?
La solution préconisée ci-dessus est porteuse d'un nouveau paradigme en matière de gestion de crises et de conflits en Haïti. Un paradigme axé sur le dialogue intra-haïtien, sur la quête du compromis, du consensus, de la réconciliation, du bien commun et d'un meilleur vivre ensemble. Ce serait là l'étincelle d'une dynamique vertueuse et transformationnelle. À l'instinct politique et au pragmatisme du président Préval, l'opposition doit opposer le civisme et un pragmatisme politique plus redoutable. Là encore, Saint-Just s'avère inspirant lorsqu'il dit, parlant de son temps, que "la tragédie est la politique." Selon lui, "le peuple n'a qu'un ennemi dangereux, c'est son gouvernement." En Haïti, c'est aussi l'opposition, le CEP et peut-être la Minustah. C'est ici que se pose dans toute son acuité la problématique d'un Mandela haïtien. Sans incarner le leadership requis, Mme Manigat, gagnante du premier tour, demeure une alternative en tant que doyenne de l'opposition. Pour peu que cette dernière s'affranchisse de sa myopie historique et privilégie le primat du bien commun et non de l'esprit partisan, elle peut transformer la présente crise en un pont d'or vers un meilleur avenir collectif en Haïti. A suivre.
Wilson Saintelmy est aussi fondateur de la revue Gouvernance, Université d'Ottawa, doctorant en droit.
Wilson Saintelmy, expert en gouvernance
http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/12/27/haiti-vers-une-solution-constitutionnelle-consensuelle-et-haitienne_1457353_3232.html
Commentaires:
Le grand problème d'Haïti c'est justement comment faire passer ce genre de discours dans la mentralité d'un peuple haitien abandonné à lui-même depuis des années et qui aujourd'hui  a du mal à faire confiance aux politiciens.
Sur la problématique haitienne ce ne sont plus les beaux discours qui manquent sinon des réponses claires des comments faire?

Catholiques et évangéliques, Haïti, terre de missions

Par Vincent Hugeux, publié le 27/12/2010 à 14:30 Le pays, meurtri par le séisme, voit affluer les pasteurs des églises évangéliques américaines. Leur zèle condamne les catholiques à une utile introspection.

Fidèles en transe, bras tendus et mains ouvertes vers le ciel, regards extatiques embués de larmes, sanglots et cris d'allégresse... Quiconque a assisté en Haïti, sous une basse voûte de ciment gris ou dans la touffeur d'un temple de toile, à un office évangélique sait ce que ferveur veut dire. Bien sûr, les catholiques romains prient eux aussi avec leur corps. Mais telle une métaphore de pierre rose pâle et blanc cassé aux tours décapitées, la cathédrale Notre-Dame de Port-au-Prince, dévastée par le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, trahit de lézardes en éboulis les doutes d'une communauté déclinante que bouscule l'essor des "sectes" protestantes. Et qui, avec les décès de l'archevêque Joseph-Serge Miot et d'une centaine de prêtres, séminaristes ou religieux, a payé au cataclysme un tribut écrasant.
Depuis peu, le troupeau des baptistes, pentecôtistes, adventistes ou méthodistes devance en nombre celui des "cathos". Jusqu'alors, on accordait à ces derniers une majorité oscillant selon les études entre 50% et 75%. "C'est désormais du 40-60, avance Jean-Claude Bajeux, directeur exécutif du Centre oecuménique des droits humains. Pas un quartier n'échappe au phénomène." Le soir venu, Mgr Bernardito Auza, le nonce apostolique venu des Philippines, entend monter les "alléluias!" vers sa résidence paisible et verdoyante, perchée sur les hauteurs de la capitale.

Un afflux missionnaire intense et continu
L'irruption de ces Eglises ne date pas d'hier. Les pionniers ont pris pied sur l'île d'Hispaniola dans le sillage de l'envahisseur américain, dès 1915. "Il s'agissait pour l'occupant de contrer l'influence religieuse et culturelle de la France, ancienne puissance coloniale", précise un historien. Reste que le séisme - 250 000 morts, plus de 1 million de déplacés - a amplifié l'offensive évangélique. En ces temps propices aux prêches millénaristes, le prosélytisme des missionnaires américains, accourus de toute la Bible Belt qui s'étire du Texas aux deux Carolines, a trouvé dans les ruelles fangeuses des camps de sinistrés un terreau fertile. D'autant que la plupart d'entre eux, pourvus de moyens enviables, débarquèrent sous la bannière d'ONG caritatives, à la faveur d'un intense pont aérien qui, au grand dam des agences humanitaires internationales, eut tôt fait de saturer l'aéroport Toussaint-Louverture. Depuis, le flot ne s'est jamais tari. "Il nous fournit la moitié de nos passagers", confiait voilà peu à un prélat le directeur local de la compagnie American Airlines.
Un tel afflux ne va pas sans couacs. Haïti a ainsi connu, avec l'épopée avortée de dix baptistes arrêtés pour "rapts d'enfants", son Arche de Zoé. Et un dignitaire catholique stigmatise la "charité conditionnelle" et le "chantage à la conversion" pratiqué çà et là. "Parfois, déplore-t-il, l'école n'est gratuite que pour les enfants dont les parents ont rallié la communauté." Patente dans l'univers scolaire - neuf établissements sur dix sont privés - la faillite de l'Etat a ouvert un boulevard à l'enseignement confessionnel. Et il arrive que la cupidité s'en mêle. "Récemment, soupire-t-on à la nonciature, un prédicteur haïtien a mis en vente son petit temple, fidèles compris."
Sur le registre de l'opportunisme, les zélotes made in USA ont trouvé leurs maîtres: les scientologues et leurs "ministres volontaires", acheminés dès janvier par l'acteur John Travolta aux commandes de son Boeing 707. Comme au lendemain du tsunami indonésien ou de l'ouragan Katrina, les adeptes de Ron Hubbard ont fait ici leur miel du désarroi des corps et des âmes.
"Leur légèreté facilite l'implantation des confessions évangéliques dans le tissus urbain", souligne le sociologue haïtien Laënnec Hurbon.
La profonde religiosité du peuple haïtien se lit, en créole comme en français, jusque sur les enseignes des boutiques et les flancs des taps-taps, taxis collectifs bariolés. Au choix: Kris Kapab - Christ tout-puissant; Mesi Jezi - Merci Jésus; Dieu seul juge; Psaume 37 ou Le Secours de l'Eternel. "Les Haïtiens, insiste Mgr Auza, aiment les liturgies dansées, chantées, voire criées sur un mode très émotionnel. Ici, une messe d'ordination peut durer cinq bonnes heures." Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le 28 novembre, deux candidats, dont un pasteur, invoquaient sur leurs affiches le soutien du Très-Haut. Sur une telle terre de mission, divers facteurs se conjuguent pour éclairer la percée de la nébuleuse protestante.
On peut être catho aujourd'hui et baptiste le mois prochain. Ou fréquenter la même semaine la cathédrale et le temple vaudou
"D'abord, l'exode rural, souligne le sociologue Laënnec Hurbon, directeur de recherche au CNRS. Souples, légères, les confessions évangéliques s'implantent aisément dans le tissu urbain, bidonvilles compris. Bien plus que l'Eglise catholique, aux structures paroissiales rigides." Autre donnée, l'extraordinaire fluidité de la pratique religieuse. "On peut être catho aujourd'hui et baptiste le mois prochain, admet un archevêque. Ou fréquenter la même semaine la cathédrale et le temple vaudou." Culte hérité des esclaves venus jadis du Dahomey - l'actuel Bénin - et de la Gold Coast - le futur Ghana - le vaudou, que les puristes orthographient vodou, imprègne puissamment la psyché haïtienne. "Je connais des hougans - grands prêtres - qui vont à la messe et respectent la figure de Jésus-Christ", raconte un historien des religions. "On dit souvent, s'amuse en écho le nonce apostolique, que les Haïtiens sont à 100 % chrétiens et à 110 % vaudouisants."

"L'Eglise a mis de l'eau dans son vin de messe"
Des siècles durant, du XVIIIe aux années 1950, l'Eglise catholique et romaine afficha envers ces rituels "païens", voire "sataniques", une implacable hostilité. Aversion tenace et teintée de mépris social - la foi de l'élite nantie contre les frustes croyances des masses miséreuses - qui inspirera encore la violente "campagne antisuperstitieuse" déclenchée au lendemain de la chute, en 1986 de "Bébé Doc", l'héritier de la sinistre dynastie Duvalier. "Mais elle a mis pas mal d'eau dans son vin de messe", nuance un croyant libéral. De fait, les évangéliques ont endossé depuis la bure des persécuteurs.
Fin février, une poignée de pasteurs ont ainsi caillassé une assemblée vaudoue au coeur du bidonville de Cité-Soleil. Quitte à puiser dans un gisement baroque de fantasmes, où l'effrayant zombie côtoie le sorcier ou la poupée hérissée d'aiguilles, eux et leurs ouailles accusent les disciples des loas - les très humaines divinités du panthéon vaudou - d'avoir déchaîné le courroux céleste, donc causé le séisme du 12 janvier, tenu pour un châtiment de Dieu. En retour, maints vaudouisants, infiniment attachés au respect des défunts, imputent le désastre à l'affront infligé à Jean-Jacques Dessalines, héros de la lutte contre l'occupant français disparu en 1806, qui ne reçut jamais de sépulture décente...
La légion missionnaire évangélique tire aussi profit de la perte d'audience d'une Eglise catholique affaiblie par ses compromissions politiques passées et ses déchirements internes. Lesquels doivent beaucoup - singulier paradoxe - à l'élection à la présidence, voilà vingt ans, d'un prêtre salésien indocile et déroutant, Jean-Bertrand Aristide. Certes, cet adepte de la théologie de la libération, bientôt renversé par un coup d'Etat militaire, consentit à quitter le sacerdoce en 1994, peu après avoir regagné le Palais national dans les fourgons de l'armée américaine. Mais le mal était fait: égarée par l'antipathie que lui inspirait "Titid", la hiérarchie épiscopale en vint à pactiser avec les putschistes galonnés. A l'exception notable de rares évêques francs-tireurs, tels Willy Romélus (Jérémie) et Hubert Constant (Fort-Liberté). Le Vatican sera même le seul Etat au monde à reconnaître le président potiche, installé par la junte du général Raoul Cédras.

Corentin Fohlen/Fedephoto pour L'Express
 Entre toiles de tente et éboulis, les adeptes de l'Eglise de
 Dieu  de la rue du Centre implorent le Très-Haut aux abords
d'un temple dévasté.
 Le tambour est entré dans les églises
Dans un pays où les "Ti Kominote Legliz" - les communautés ecclésiales de base - s'efforcent d'alléger le fardeau des plus humbles, une telle collusion laissera des traces. Soyons clairs: assiégée par les prosélytes évangéliques, l'Eglise d'Haïti peine à trouver la parade. "Certes, concède Laënnec Hurbon, l'universitaire qui ausculte depuis des lustres les rapports entre religion, culture et politique, des efforts ont été accomplis pour assouplir la liturgie et la rapprocher du peuple. Le créole est employé massivement. Et le mouvement charismatique accroît la visibilité du catholicisme par le recours au jeûne et, lors des offices, au témoignage public, au chant ou à la musique. Mieux, le tambour, instrument emblématique du rituel vaudou, est entré dans les églises. Pour autant, l'institution n'a pas vraiment de plan de bataille."
Pour un peu, Mgr Bernardito Auza, l'envoyé de Rome, souscrirait à un tel constat. S'il déplore l'"agressivité" des pentecôtistes et leur zèle tonitruant, le prélat philippin regrette plus encore le manque d'ardeur des brebis catholiques et de leurs bergers. "Il y a certes des vocations, observe-t-il, mais elles sont souvent trop détachées du monde tel qu'il est et de la réalité sociale. En un mot trop occidentales, trop cérébrales. De plus, il n'est pas rare que tel ou tel prêtre reste réfractaire aux directives pastorales." Si elle ébranle l'édifice romain, la fougue évangélique aura au moins eu le mérite de réveiller une communauté guettée par l'apathie.
Il faudra bien cela pour que la cathédrale Notre-Dame de Port-au-Prince retrouve ses couleurs et son assise.
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/haiti-terre-de-missions_947310.html

Haïti - Reconstruction : Jean-Max Bellerive critique et défend son gouvernement

27/12/2010 10:00:34 Jean-Max Bellerive, le Premier ministre d'Haïti, a critiqué ce lundi, sur les ondes de la BBC, la communauté internationale, qui ne permet pas à son pays de jouer un rôle plus important dans sa propre reconstruction. Il a dit que son gouvernement avait trop peu d'influence, parce que l'argent de l’aide était majoritairement acheminée par des organismes externes. Précisant qu’il est nécessaire d’avoir plus de contrôle sur les organisations non-gouvernementales (ONG). « Soyons clair, je n'ai rien contre les ONG, nous en avons besoin. Ce dont nous avons besoin c’est d'avoir le contrôle sur ce qu'ils font dans mon pays, où ils le font, avec qui ils le font, et à quel prix ».
Il a rappelé que seulement 20% de l’aide promise par les bailleurs de fonds, pour la première année, [moins de 1 milliard de dollars ] ont été reçu à ce jour, que les changements dans la vie des haïtiens n’étaient pas visibles et que 1.5 millions d’haïtiens vivaient toujours dans des camps.
Il a déploré que l’on tienne pour responsable, l’exécutif, des lenteurs de la reconstruction, compte tenu de la situation, et que l’on accuse son gouvernement de corruption sur de l’argent qu’il n’a jamais reçu.
Il a souligné que suite aux troubles sociaux qui ont suivi la publication des résultats préliminaires du premier tour des élections présidentielles du 28 novembre, il y a aux yeux de la communauté internationale, un manque de crédibilité du gouvernement haïtien « quel que soit le prochain président, la prochaine législature, aura un problème de crédibilité à résoudre. » a affirmé le Premier Ministre.
HL/ HaïtiLibre
http://www.haitilibre.com/article-1989-haiti-reconstruction-jean-max-bellerive-critique-et-defend-son-gouvernement.html

Haïti - Environnement : Le Gouvernement interdit de consommer le poisson du lac Azuéi

27/12/2010 10:14:52 Dans un communiqué qui vient d’être publié, le gouvernement haïtien demandent à la population des régions de Ganthier et de Fond Parisien, d'éviter de consommer jusqu’à nouvel ordre l’eau du lac et les poissons retrouvés morts sur les berges en provenance de cette zone du lac Azuei. Le Gouvernement exhorte les populations des zones avoisinantes à des consignes de prudence et de vigilance en cas d'extension éventuelle du phénomène.
« Depuis le 24 décembre 2010, il a été constaté la mort d'une quantité anormale de poissons au niveau du lac Azuei, plus précisément dans les zones de Fond Parisien et Malpasse. Alertées par les structures de Protection Civile et les autorités locales, des missions techniques des Ministères de l’Environnement et de l’Agriculture ont effectué des prélèvements d'échantillons d’eau et de poissons morts dans les zones de Fond Parisien et Malpasse. Les analyses sont en cours en vue de déterminer les causes exactes de ces cas de mortalité. Des mesures de protection ont été établies depuis le 24 décembre avec les autorités communales avec l’appui du niveau départemental de l’Ouest et du niveau central du Gouvernement. La situation pour le moment reste sous contrôle.
Dans l’attente des résultats des analyses, les Ministères de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé Publique ainsi que le Secrétariat permanent de Gestion des Risques et des Désastres demandent à la population des régions de Ganthier et de Fond Parisien, d'éviter de consommer jusqu’à nouvel ordre l’eau du lac et les poissons retrouvés morts sur les berges en provenance de cette zone du lac Azuei. Le Gouvernement exhorte les populations des zones avoisinantes à des consignes de prudence et de vigilance en cas d'extension éventuelle du phénomène ».
Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales

Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural

Ministère de l’Environnement

Ministère de la Santé Publique et de la Population
http://www.haitilibre.com/article-1990-haiti-environnement-le-gouvernement-interdit-de-consommer-le-poisson-du-lac-azuei.html

Haïti, la vie encore ?...La détresse d’un peuple, le peuple haïtien.

Certes, d'aucuns diront qu'il s'agit d'une banalité, une de plus induite par un peuple fainéant et stupide qui n'a que ce qu'il mérite.
Ses croyances d'un autre temps et cette absence de volonté font que ces gens doivent accepter l'horreur de la pauvreté, l'exploitation sexuelle des femmes et des enfants, les maladies dont la dernière, importée par ceux qui sont censés les protéger... bien fait pour eux !
Sortir de l'ornière quand on est enfoncé jusqu'à l'essieu, impossible sans de l'aide, notre aide celle de nous tous mais aussi et surtout la volonté de nos dirigeants politiques respectifs d'aider intelligemment Haïti.
Comment ?
La solution réside dans un programme décennal et programmé dans les plus brefs délais par la relance de l'économie dans les secteurs de :
La construction,
L'agriculture,
Le commerce.
Pour avoir travaillé régulièrement dans le pays, j'y ai constaté une volonté évidente du peuple à se prendre en mains et de faire face à tous les défis.
La construction et l'agriculture sont sans doute les secteurs demandant le plus de main d'œuvre. Sans que celle-ci soit particulièrement qualifiée, elle doit être bien encadrée par des experts internationaux praticiens et j'insiste particulièrement sur le terme « praticien » c'est à dire des hommes de métier sachant mettre la main à la pâte et capables de démonstrations pratiques « in situ ».
Le matériel pour la construction est très basique et ne demande que peu de moyens financiers. Les matériaux importés restent particulièrement onéreux, mais les possibilités existes de créer des cimenteries et des briqueteries en Haïti. Le sol fait de marne et d'argile, le permet.
Le matériel agricole pourrait, dans un premier temps, être remplacé par la main d'œuvre locale très abondante. Il est important de comprendre que, sous de telles latitudes chaudes et humides, toutes graines va germer et, sur des espaces plus ou moins réduits, donner la nourriture nécessaire à tous.
Comme pour le secteur de la construction, l'agriculture a besoin de bras mais aussi d'experts praticiens actifs dans ce domaine et prêts à démontrer les bonnes méthodes à utiliser.
Le commerce doit être accompagné par des spécialistes en parfaite symbiose avec les secteurs de la construction et de l'agriculture. Ceux-ci étant l'interface permettant à chaque secteur de progresser économiquement sans nuire à (aux) autre(s).
Les facteurs économiques enfin rencontrés verraient une croissance relancée avec des fonds internationaux qui, au départ, ne seraient pas astronomiques pour autant qu'il soient biens gérés sous contrôle de l'état Haïtien et des experts coordinateurs des états subsidiants.
La solution peut paraître simple voire simpliste mais elle est la seule façon réaliste de relancer l'économie d'un pays déjà dans le gouffre.
pardanielli(son site)
lundi 27 décembre 2010 -
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/haiti-la-vie-encore-86420