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mercredi 21 mars 2007

Discours du président de la République, M. René Préval

Excellence Monsieur le Président Fernandez, Cher Leonel Chers amis. C'est avec joie que je me retrouve, une fois de plus, dans cette maison, maintenant familière, qui m'a accueilli à plusieurs reprises et qui, aujourd'hui encore, me fait l'honneur de m'inviter à me joindre à la signature d'importants accords de coopération entre nos deux pays. Je suis aussi heureux de me retrouver en compagnie d'un ami de longue date qui sait qu'il peut compter sur moi et sur qui je sais pouvoir compter pour rechercher ensemble des réponses durables aux problèmes complexes auxquels font face nos deux pays. Excellence Monsieur le Président Fernandez.
Notre présence une seconde fois comme Chef d'Etat, pendant à peu près les mêmes périodes, donne le sentiment que nous avons là, à portée de la main, une nouvelle opportunité pour refonder les relations entre nos deux pays. Ces relations ont présenté dans le passé des épisodes difficiles qui peuvent encore troubler la conscience collective des deux peuples. Cependant, sans perdre de vue ces difficultés et sans minimiser notre responsabilité commune pour imaginer et mettre en place des solutions appropriées, je crois qu'il est plus avisé de reconnaître le potentiel qui s'étale sous nos yeux et de prendre acte des innombrables opportunités qui peuvent résulter d'une redéfinition de la coopération entre nos deux pays. En vérité, l'addition de nos deux espaces économiques, nourris par une population de 16 millions de consommateurs, auxquels peuvent s'ajouter la population touristique flottante et la diaspora des deux pays, constitue une force économique potentielle non négligeable dans la région.
Excellence Monsieur le Président Fernandez.

Vous et moi nous devons travailler à promouvoir un changement radical dans l'histoire des relations entre nos deux peuples, relations que nous devons refonder sur la base d'un nouveau paradigme : celui de l'interdépendance. C'est pour nous une exigence, un devoir. Un devoir envers les jeunes de nos deux pays qui représentent dans les deux cas plus de 50% de nos populations. Un devoir de dépassement du passé et de vision d'un nouveau futur pour éradiquer nos crispations et nos préjugés et combiner nos forces pour faire face aux plus grands défis communs qui menacent la stabilité de nos pays et qui se nomment la pauvreté, la drogue, la désertion scolaire, l'exclusion sociale, le VIH-Sida, les désastres naturels. Un devoir de connaissance de l'autre pour mieux le comprendre, établir la confiance dans les rapports, renforcer la solidarité et bâtir les fondements d'une nouvelle fraternitéLes politiques, je l'espère, ne seront pas seuls pour affronter ces défis. C'est la mission de l'université de nous accompagner dans cette démarche, en profitant de son espace d'autonomie qu'elle détient par nature pour penser avec audace, inventer de nouveaux savoirs et de nouveaux procédés capables d'inspirer et de guider l'action du politique. C'est l'occasion pour moi de remercier les dirigeants des universités des deux pays qui ont conçu l'initiative de cet accord de coopération et qui nous interpellent aujourd'hui, à leur côté. Le mécanisme universitaire de coopération binationale envisagé à travers cet accord est appelé à jouer un rôle de premier plan dans la redéfinition de ce nouvel agenda entre les deux pays. Je mise sur ce dispositif pour faciliter le « co-apprentissage » entre nos deux peuples en agissant progressivement sur les perceptions et les connaissances à partir de la recherche et de l'expérience pratique. Je sais, cher Leonel, que tu sais que je parle en ton nom, en disant à nos universitaires que nous pouvons leur donner cette triple assurance que nous serons réceptifs à leurs analyses et aux solutions qu'ils préconiseront, que nous serons attentifs à leurs besoins pour améliorer l'accessibilité et la qualité de leur formation ainsi que la pertinence de leurs programmes de recherche, tout en étant, bien sûr, scrupuleusement respectueux de leur sacro-sainte autonomie de pensée et d'action.
Forts également des trois nouveaux accords interministériels signés ce soir, dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la jeunesse, nous pouvons nourrir l'espoir que nos passés seront mieux compris et que nous pourrons établir de nouvelles bases pour renforcer la compréhension mutuelle et la solidarité. Nous pourrons mieux mettre en commun nos efforts afin de créer de nouvelles opportunités socio-économiques pour nos jeunes et ainsi combattre la délinquance juvénile. L'éducation sera notre arme de destruction massive contre la drogue et le crime organisé. Monsieur le Président,Mesdames, Messieurs
Je ne voudrais pas terminer mon propos sans rendre un hommage à l'effort de Aide et Action International dans la promotion de ce dialogue entre nos deux pays. Je suis convaincu que les autres partenaires de la coopération ne manqueront pas de soutenir ce projet universitaire qui fait le lien entre décideurs, praticiens, experts et populations. A la veille de la remise en marche de la Commission Mixte Binationale, cela me semble être une bonne approche pour que nos futurs projets binationaux et transfrontaliers aient l'impact souhaité en vue d'un développement socio-économique harmonieux entre nos deux peuples. Pour le bonheur des Dominicains et des Haïtiens !Je vous remercie.
Son Excellence René Préval

ANSY DEROSE, L'IMMORTEL...

En guise d’introduction :
Nous aimons, -et d’un amour non dissimulé- parcourir les pages du Nouvelliste pour faire le point sur les différents reportages qui retracent avec professionnalité, humanité et objectivité, un sujet d’actualité mais qui rentrent rarement dans la rubrique des faits divers qui usurpent les premières pages et l’attention de consommateurs de l’information.
Tandis que les faits divers ont souvent la capacité de nous mettre en franche rébellion contre nous-mêmes, contre les autres et assez souvent contre la société, ces reportages interpellent la conscience de notre responsabilité par notre inactivité produite de notre indifférence.
Nous voulons par le publication de ces articles en augmenter le nombre de lecteurs et surtout ceux la qui ont été happés et engloutis par l’avalanche des nouvelles à sensations !


"Haïti Mélodie d'Amour" d'Ansy Dérose« Kote konsè sou plas sen ta nOtofonik ak bann ema nKote bon van nan bisantnèKot' randevou nan mès katrè...»
Dans la galerie des immortels de la musique haïtienne, le nom d'Ansy Dérose brille à la splendeur du diamant pour avoir doté le patrimoine culturel haïtien des chansons d'une facture remarquable, sans égale et de dimension universelle. Si bien souvent, sous les cordes d'un grand nombre de nos compositeurs, la musique dégénère en pollution sonore, avec Ansy, c'est un art, et il rime avec poésie pour le plaisir et le bonheur des mélomanes aux goûts affinés. Et les mots, chez lui, ne sont jamais vides. Ils portent toujours un message de vérité, d'amour et d'espoir qui se veut l'expression d'une âme débordante de générosité, de patriotisme et d'humanisme. Il suffit, pour s'en convaincre, d'écouter son texte « Haïti Mélodie d'Amour » gravé en première position sur son succulent album portant le même nom, signé en décembre 1997, et dont le succès a été foudroyant. S'y dégage l'affection et l'amour sans bornes du chanteur pour son pays qui, bien qu'en proie à toutes sortes de calamités, fascine plus d'un, tant par sa nature merveilleuse que par ses ressources et potentialités culturelles. Un amour poussé jusqu'à l'obsession. Au fétichisme même.
« Ou se solèy

Ou se limyè
Ou se tanbou nan kè mwen
Ou se mapou
Ou se lanmou
Ou se vodou zantray mwen
Ou se badji m'
Ou se maji m'
Ou se zanmi m'
, peyi mwen Ayiti se yon melodi damou
Ou se rasin
Ou se vaksin
Ou se rara nan san mwen
Ou se kongo
Ou se petro
Ou se banda nan ren mwen
Bèl kanaval
Bèl festivalFanal mwen,
fistibal mwen
Ayiti ou se yon melodi damou."
La mélodie s'est transformée en cacophonie. Et des notes étranges d'un accent lancinant et déchirant y transpirent, signe de la descente imminente d'Haïti dans le gouffre :
« Ayiti w fin dezakòde

Wap jwe yon Do ki domaje
Wap jwe yon Re defigire
Wap jwe yon Mi an mizerab
Wap jwe yon Fa, yon Fa fatal
Wap jwe yon La an delala
Wap jwe yon Si si kou sitwon".

Ce texte évoque également, non sans une poignante amertume, la disparition de tout ce qui faisait autrefois le charme, la valeur et la gloire d'Haïti, devenue aujourd'hui un véritable dépotoir et une cité « maudite » où les scandales, « scandales sales » et l'horreur sont au rendez-vous du quotidien. L'interrogation d'Ansy interpelle notre conscience citoyenne:

« Kote konsè sou plas sen ta n
Otofonik ak bann ema n
Kote bon van nan bisantnè
Kot' randevou nan mès katrè...
Kot' majòjon sezon rara
Kote mereng ak chaloska
Kot' gro dada nan madigra
Kot' potoprens lanba fatra."
Des indices symptomatiques d'un malaise qui s'aggrave et s'accélère à un rythme inquiétant. Et le diagnostic a révélé un cas clinique à un stade très avancé et d'une extrême complexité qui ne laisse pas grand espoir. A ce carrefour combien déterminant de l'existence de notre chère patrie, seule l'intervention urgente, intelligente et consciencieuse d'un spécialiste, et, pourquoi pas, de toute la collectivité pourrait, semble insinuer le parolier, la sauver.
« Haïti pa menm ka panse
Sèvol' krake
Sevol' gaye
Doktè bijou peyi a fou
Li nan labou, l' tonbe nan trou"
."Haïti Mélodie d'Amour" demeure sans conteste l'une des plus belles compositions musicales haïtiennes. N'importe quel poète s'enorgueillirait d'en être l'auteur, disait avec raison Jacques Roche. On y trouve une profonde et puissante imagination qui nous enchante, nous émeut tout en faisant jaillir l'angoisse, la douleur de Ansy Dérose devant les malheurs de son pays, pour lequel il s'est sacrifié jusqu'à sa mort survenue le 17 Janvier 1998.
On ne peut être Haïtien et amant de la musique, et surtout de la bonne musique, sans aimer Ansy Dérose, c'est cet artiste de grand talent, considéré par le musicologue Ed Rainer Sainvil comme « le centurion de la chanson haïtienne » et qui, selon les mots de l'écrivain Journaliste, Jacques Roche, appartient déjà à la légende avec tout ce qu'un mythe comporte de mensonges et de vérités.
Junior Antoinejunhyann@yahoo.fr

Source: http://www.lenouvelliste.com

POUR AGIR EN FAVEUR DE CERA CAVAJAL: EXCELLENTE INITIATIVE

En guise d’introduction :
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Tandis que les faits divers ont souvent la capacité de nous mettre en franche rébellion contre nous-mêmes, contre les autres et assez souvent contre la société, ces reportages interpellent la conscience de notre responsabilité par notre inactivité produite de notre indifférence.
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L'espoir renaît à Cerca Cavajal

A Cerca Cavajal, il n'y pas de système d'adduction d'eau potable, pas d'électricité, pas de téléphone, pas de voie d'accès digne de ce nom, pas d'hôpital... La population souffre amèrement de l'absence de l'Etat, recherche âprement les voies de son développement, et pour cela se tourne vers une université pour diagnostiquer son mal-être et en trouver des pistes de solution.A l'initiative du député de la circonscription Cerca Cavajal /Los Palis de la 48e Législature, Rodon A. Bien-Aimé, une délégation de l'Université Quisqueya conduite par le recteur Jacky Lumarque a visité la commune de Cerca Cavajal le samedi 10 mars en cours. Cette visite s'inscrit dans le cadre d'une démarche entreprise par le député auprès du recteur en vue de travailler en étroite collaboration avec les élus locaux dans la perspective de désenclaver la zone, d'offrir des débouchés aux jeunes, de penser le développement de Cerca Cavajal, potentiellement riche du point de vue agricole.
La rencontre entre les élus locaux, des membres de la population et la délégation universitaire a eu lieu à « l'Eglise de la parole qui libère » aux environs de cinq heures p.m après une pluie qui s'est abattue sur cette commune et qui est interprétée par les Cavajalais comme signe de bénédiction et de réussite de cette tentative de coopération.Introduit au micro par le maître de cérémonie Théodore Bien-Aimé, après une courte prière pour invoquer la puissance divine, le recteur Jacky Lumarque a fait une brève présentation des membres composant la délégation en insistant sur leur expertise et les liens avec la coopération à envisager.« Ce n'est pas de la promotion que fait l'Université Quisqueya, elle joue pleinement son rôle de mobilisation, à tous les niveaux, de toutes les ressources disponibles en vue de jeter un regard sur la société, question de chercher des réponses, de proposer des solutions à partir d'une formation adaptée aux besoins réels et fondamentaux du pays » a dit en substance le recteur Lumarque pour situer le cadre de cette rencontre. « Il est question de créer de nouvelles connaissances à partir d'une méthode appliquée, d'établir les liens et d'envisager les contributions de l'Université à la tâche de développement national » a-t-il poursuivi.
Coopération avant la lettreLe constat est patent. Le Plateau Central, à lui seul, représente environ 20% du territoire national avec une potentialité agricole avérée. Il faut mettre près ou plus de 6 heures pour relier Port-au-Prince à ce département distant en certains points de seulement 120 kilomètres. Alors que cette distance pourrait être couverte par un chauffeur de véhicule, prudent et patient, en une heure ou deux. Ce qui explique qu'à Cerca Cavajal, la seule source de revenu, la production agricole, n'est pas rentable. Les noix d'acajou et les mangues, dont on recense plus de 32 variétés, pourrissent en grande partie à même le sol, les avocats sont vendus à vil prix sur le marché dominicain... Sans une infrastructure routière, on ne peut concevoir le développement de Cerca Cavajal, reconnaît le recteur Lumarque qui, dans le cadre de cette coopération éventuelle, doit accompagner la population dans la recherche des opportunités de création d'emplois, d'augmentation de la production locale, d'établissement d'un réseau commercial avec le reste du pays et la République dominicaine.Avec beaucoup d'à-propos, le recteur Lumarque a vanté les vertus de la scolarisation universelle, de l'accès à la connaissance, à l'enseignement supérieur dans tout processus de développement local intégré. Ainsi, il a dévoilé les actions d'une coopération avant la lettre à partir de l'admission de quatre étudiants, de Cerca Cavajal aux programmes d'études de l'Université Quisqueya. De ces quatre étudiants, deux ont reçu une bourse pour des études agronomiques. Des facilités d'accueil doivent être aménagées pour ces étudiants qui ont l'obligation de retourner dans leur patelin mettre leur expertise au bénéfice de la population dans la perspective du développement local.Les membres de la délégation ont été choisis soit à titre d'exemples de réussite académique, soit à titre d'experts dans des domaines spécifiques ou à titre d'entrepreneurs portés vers la production locale ou autre. Ce qui fait rappeler, par le Dr Kyss Jean Mary, que l'Université Quisqueya est une « Université non publique de mission publique ».
L'un des meilleurs spécialistes de l'eau du pays, le doyen de la faculté de génie et d'architecture de l'UNIQ, le Dr Evens Emmanuel, a intégré cette délégation qui visite Cerca Cavajal. Dans le cadre de cette éventuelle coopération, le Dr Evens Emmanuel serait intéressé à relever les défaillances du système d'adduction d'eau potable. Pour lui, accompagner les autres dans leur soif de développement relève d'un engagement citoyen. Mais il est question de fixer les responsabilités et les balises de l'exploitation des richesses constituées tant par les ressources naturelles qu'humaines.
Jean Maurice Buteau, lui, a été invité à titre d'entrepreneur. Président de JMB. S.A, une entreprise spécialisée dans l'exploitation de mangues et dans la transformation de fruits, Jean Maurice Buteau est établi depuis plus de 5 ans à Hinche, particulièrement dans la zone de Marmont, a recommandé aux habitants de Cerca Cavajal de planifier le développement de la production locale en attendant les infrastructures routières. L'enclavement ou l'isolement de cette commune peut constituer quant à présent un avantage. L'entrepreneur Buteau a promis de revenir dans la zone pour passer plus de temps pour identifier d'autres pistes.Le député A. Rodon Bien-Aimé a fait venir également ce jour-là Mme Yanick Mezil, récemment maire de Port-au-Prince et qui dirige l'Association des commerçants du secteur informel (ACSI) dont une branche est actuellement au stade d'expérimentation à Cerca (comme ils appellent affectueusement leur commune). L'ACSI entend établir un programme de crédit au profit de 2000 femmes, dont plus de 40 en sont déjà bénéficiaires. Marie Jacques René est trésorière de l'ACSI et a été présente à cette rencontre. Au tour de la table s'est retrouvé également le responsable/Haïti de Aide et Action Inter national, le Guinéen Alain Georges Bangoura. Cette organisation non gouvernementale travaillant dans le domaine de l'éducation développe son action à Lascahobas et à Savanette. Le Dr Bangoura a promis de recueillir les données permettant une appréhension des réalités en matière éducationnelle et d'envisager les possibilités d'inscrire Cerca Cavajal dans le programme d'action de cette organisation non gouvernementale.Tempérer les ardeursLe député A. Rodon Bien-Aimé parait déterminé à exploiter sa fougue et ses relations pour tenir les promesses faites à ses mandants. Une détermination qui, à certains moments, frise l'impatience voire l'agressivité. Les quelques habitants de Cerca Cavajal regroupés ce samedi à " l'Eglise la parole qui libère " ont, dans leurs questions aux membres de la délégation, exprimé cette impatience comme si ils voulaient tout et, tout de suite. Compréhensible ! Les priorités sont grandes, les besoins énormes, les retards incommensurables, les pertes incalculables...On peut comprendre cette fougue d'une population qui voit pourrir des tonnes de noix, faute de moyens de les commercialiser, de les transformer, de les acheminer vers des points de vente. Alors que ce produit est presqu'un luxe à Port-au-Prince, se vendant au prix fort dans les supermarchés.
Il a fallu beaucoup de tact, de pondération et d'honnêteté au recteur Lumarque pour tempérer les ardeurs des intervenants au sein de cette population qui réclamaient plus de bourses en faveur des bacheliers de cette commune. Il y en a même qui ont vite fait de célébrer le mariage entre l'UNIQ et Cerca Cavajal sans même prévoir un temps de fiançailles. D'autres ont souhaité la résolution immédiate des problèmes d'électricité, de téléphone, d'hôpital.Le problème d'eau potable est cuisant à Cerca Cavajal ; il faut faire des kilomètres pour trouver des sources d'eau. Ce qui est responsable de beaucoup de maladies liées à la consommation d'eau polluée. Le système d'adduction d'eau potable pour être vétuste est désormais obsolète.
Quant à la communication téléphonique, elle n'est pas encore opérationnelle dans cette commune. La Téléco, parait-il, n'a jamais prévu Cerca Cavajal dans son plan d'extension. Les compagnies de téléphonie cellulaire tardent encore à investir ce marché. Pour obtenir le signal de l'une ou l'autre de ces compagnies cellulaires, pourtant efficaces à Hinche, il faut grimper un morne à un kilomètre de Cerca Cavajal. On ne voit aucune trace d'un réseau électrique dans la zone, preuve que l'EDH est absente. Si la population de cette commune bénéficie d'électricité c'est grâce aux génératrices et panneaux solaires de particuliers.Cette rencontre entre les élus locaux de Cerca Cavajal, des membres de la population et la délégation de l'UNIQ s'est terminée dans la convivialité. Les premiers dans l'attente des réponses à leurs problèmes. Les seconds dans la réflexion sur les moyens d'opérationnaliser cette coopération.
Pierre Manigat, Junior
Les membres de la délégation de l'Université Quisqueya (UNIQ) qui ont participé à cette rencontre du samedi 10 mars 2007 à Cerca Cavajal:- Jacky Lumarque, recteur de l'UNIQ-Dr Kyss Jean mary, doyen de la Faculté de Médecine- Dr Evens Emmanuel, doyen de la Faculté de Génie et d'Architecture Directeur de laboratoire de qualité de l'eau et de l'environnement- Lug Michel Plancher Junior, Assistant à l'enseignement et à la recherche - Obicson Lilite, professeur/spécialiste en télédétection et en aménagement de territoire.- Agro Floraine Décembre, Assistante à l'enseignement et à la recherche- Jean Maurice Buteau, entrepreneur/PDG de JMB.SA- Dr Alain Georges Baugoura, responsable Aide et Action International- Yanick Mézil, présidente de l'Association des commerçants du secteur informel (ACSI).
Cerca Cavajal, commune du département du Centre, est très mal pourvue en infrastructures. Elle est une commune intérieure, son relief dominant est le morne et son climat est considéré comme normal. Elle a une zone d'extension : Colomin, qui est un bidonville. Les habitants de la commune de Cerca Cavajal s'appellent Cavajalais.La population de la commune de Cerca Cavajal en 1998 était de 25 977 habitants dont plus de 75% vivaient en milieu rural (dans la seule section communale que possède cette commune). En l'an 2004, elle a atteint plus de 30 000 habitants. La superficie de cette commune évaluée à 155,58 Km2 avait une densité égale à 167 habitants/Km2 en 1998.Dans le domaine de l'éducation, le ministère de l'Education nationale et de la Formation professionnelle n'est pas représenté dans la commune. Une (1) école Kindergarten, 67 écoles primaires dont deux (2) publiques, 64 privées et une (1) congréganiste ont été inventoriées dans la commune. Au niveau secondaire, la commune n'a que quatre (4) écoles : une (1) publique et trois (3) privées. De plus, elle a un centre familial et 96 centres d'alphabétisation. Il n'y a ni université, ni école supérieure à Cerca Cavajal.En ce qui a trait à la Santé, le Ministère de la Santé publique et de la Population n'est pas représenté dans la commune. Par contre, on a inventorié un dispensaire avec seulement quatre (4) auxiliaires. Pour la Religion, on a répertorié plusieurs cultes dans la commune. Le nombre de temples (de stations) baptistes se revêlent être plus nombreux.La commune de Cerca Cavajal a quatre (4) rivières et trois (3) sources. Deux de ces sources sont captées et distribuées, l'une pour les services du presbytère et l'autre pour la population de certaines zones. Seule la ville de Cerca Cavajal était électrifiée.
Concernant la communication, au moment de l'inventaire, un projet d'implantation d'un bureau de la Téléco était en cours. Le service postal n'existe qu'en ville. La commune n'est pas drainée, ses rues sont en terre et sont en mauvais état surtout dans les périodes pluvieuses. La voie qui relie la ville à la section commune de Rang est en terre battue. Dans le domaine de la presse, la commune a une station de radio privée, n'a ni journal/revue, ni station de télévision.Sur la plan économique et financier, on n'a répertorié que deux coopératives de commerce. La commune n'a ni hôtel, ni restaurant, ni banque.
Un sous-commissariat avec neuf (9) policiers, un tribunal de paix et un bureau d'état civil constituent les infrastructures administratives et judiciaires de la commune de Cerca Cavajal.L'agriculture, l'élevage et le commerce sont les principales activités économiques de la commune. Les échanges commerciaux se font surtout avec les communes de Hinche, de Port-au-Prince et du Cap-Haïtien.Dans le domaine de la culture et du loisir, la commune n'a pas de bibliothèque, de musée ni de salle de cinéma. La salle paroissiale sert de salle de théâtre lors de certaines représentations. A part les sports pratiqués dans la commune comme : le football, le volley-ball et le basket-ball, vingt-trois (23) gaguères viennent compléter les maigres lieux de divertissement et de loisirs des habitants de la commune. Dans le domaine des patrimoines culturelles, on notera d'ailleurs l'existence d'un site naturel (le Bassin Zim) située à la section communale de Rang.Source: Institut haïtien de statistique et d'informatique (IHSI). 1998.

Source Le Journal Le Nouvelliste sur http://www.lenouvelliste.com

Montegrande, un village d'aveugles

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Tandis que les faits divers ont souvent la capacité de nous mettre en franche rébellion contre nous-mêmes, contre les autres et assez souvent contre la société, ces reportages interpellent la conscience de notre responsabilité par notre inactivité produite de notre indifférence.
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Article paru dans L'édition digitale du Journal Le Nouvelliste surhttp://www.lenouvelliste.com

....Quelque 500 personnes habitent Montegrande, un hameau situé à 7 km de Hinche. Près de la moitié de cette infime population est frappée de cécité. Regroupés au sein de l'Action sociale, ces handicapés visuels vivent dans la misère et la privation.« Je pleure constamment et certaine fois je tente de maudire le nom de Dieu », soupire Jimène 22 ans, aveugle depuis 3 ans suite à un terrible mal de tête. Abandonnée par son mari, cette jeune dame au visage amaigri, partage sa bicoque branlante avec trois enfants présentant des signes visibles de malnutrition. « Je me demande pourquoi Dieu m'a jeté un tel sort », s'interroge-t-elle tout en évoquant ses journées sans pain et des scènes d'humiliation.
Montegrande, la localité où Jimène a pris naissance, et ses environs comprennent un nombre important d'aveugles. « Notre association compte actuellement 225 membres », informe Jean Odius Eugène, frappé de cécité depuis 40 ans. Aucune statistique n'est disponible sur le nombre de non-voyants vivant dans le quartier sec et aride de Montegrande. Cependant, père Alphonse, de nationalité belge, responsable de la congrégation des pères Scheut oeuvrant dans le Plateau Central, confirme que ladite localité présente un nombre inquiétant de personnes frappées de cécité. « C'est anormal, il y a trop d'aveugles dans la zone », s'indigne-t-il.Carence en vitamines et eau polluée On ne peut dire avec précision ce qui est à la base de cette situation. Pour plusieurs victimes, le manque de vitamine et l'eau polluée consommée en seraient responsables. « Ici, la nourriture est un luxe. Il arrive des fois que nous passons plusieurs jours sans rien manger, se plaint Francius Jean-Juste, père de quatre enfants, ayant perdu l'usage de ses yeux sous la présidence de Duvalier père. L'eau potable est aussi une denrée rare dans la communauté. » Le manager du projet Haïti Save Water Plus, l'ing. Christophor Lacroix, admet lui aussi que la pollution de l'eau pourrait être responsable des problèmes de cécité à Montegrande et dans d'autres régions du Plateau Central.
Les premiers cas avaient été recensés, dans la zone vers 1950. Ellano Jean, un vieillard chenu qui a fondé l'association Action sociale en 1988, explique avoir perdu l'usage de ses yeux en 1957 suite à une fièvre de cheval. Tandis que Léonie Jean, une dame fort âgée, ne se rappelle ni de son âge, ni des détails de sa maladie. « Je suis devenue non-voyante après avoir participé à une fête qu'organisait le président Duvalier à Port-au-Prince», se souvient-elle. Mme Archange Therminus a, quant à elle, été touchée par cet handicap depuis tantôt un an suite à une maladie de la peau. « J'avais l'habitude de me laver dans une eau courante, c'est ce qui est probablement à la base de cette maladie », reconnaît-elle. De son côté, Alain Bélizaire, 19 ans, avait eu mal aux yeux, ce qui a entraîné la perte de son oeil droite. Il vit dans la crainte de devenir aveugle. « L'autre oeil commence à être attaqué, car à certaines heures de la journée, je ne vois pas trop bien », se plaint-il Le manque de connaissances des habitants de Montegrande en matière de santé est un élément à prendre en compte dans leur handicap visuel. « Lorsque les gens viennent à l'hôpital, ils refusent souvent de suivre les recommandations des médecins », déplore le père Alphonse qui fait venir à Hinche à des périodes précises des ophtalmologues de Port-au-Prince. A côté de cela, plusieurs personnes avouent qu'elles ont l'habitude d'introduire dans leurs yeux des éléments comme : « liann savon, grenn bazilik, sucre blanc... ». « Ces pratiques sont très répandues ici. Nous ignorons si elles sont bonnes ou mauvaises », regrette Jonas Fréjuste, responsable d'une église protestante à Montegrande.Travailler oui, mendier non!La majorité des aveugles de Montegrande sont des vieillards. Cependant, leur âge avancé et leur handicap ne tuent pas leur rêve de vivre dans la dignité. Comme les autres membres de la population, ils cultivent leur lopin de terre et font du commerce de détail. « Grâce à notre association, nous formons une vraie famille, se réjouit Jean Odius Eugène. En groupe, nous labourons nos petits morceaux de terre. » Pour cet handicapé visuel, quémander est une honte. « Les aveugles doivent travailler pour ne pas mendier », soutient-il.
Malgré leur volonté, certains ne trouvent plus la vigueur et la force nécessaire pour continuer à travailler. Ceux-ci sont pris en charge par leurs progénitures ou par de bons samaritains. « Je redeviens enfant, je survie grâce à la générosité de mes quatre enfants », déclare, l'air désolé, une dame d'une soixantaine d'année. Les besoins des personnes frappées de cécité à Montegrande sont énormes. Soins de santé, outils pour travailler la terre, eau potable, emploi pour leurs enfants, maison décente...tout est urgent. Aucun signe ne laisse croire que les autorités haïtiennes sont au courant de l'existence de cette localité où des aveugles mènent une vie d'enfer. Comme infrastructure, il n'y existe qu'une école primaire communautaire construite par le regroupement des malvoyants avec l'aide de CECI. Un projet de latrinisation et d'eau potable financé par la World Vision Haïti, celle des Etats-Unis d'Amérique, et Rotary club international y est en train d'être exécuté.
Les charlatans font leur beurreSi on ignore le nombre d'aveugles qui existent dans le Plateau Central, tel n'est pas le cas pour les ophtalmologues. Sans détour, père Alphonse nous confie : « Il n'y en a pas ». Pour contourner ce problème, la congrégation dirigée par le prêtre belge organise des séances de consultation chaque premier lundi du mois. « Avec la collaboration des ophtalmologues venus de Port-au-Prince, nous essayons de combattre les maladies des yeux dans le département du Centre », souligne le religieux tout en critiquant des charlatans qui en profitent pour soutirer de l'argent à la population du Plateau Central. A part les consultations mensuelles, une clinique mobile sillonne une fois par mois une commune du département. Deux fois par an, des interventions chirurgicales au profit des gens atteints de la cataracte sont aussi pratiquées. Vu l'ampleur du travail à réaliser dans le domaine de la santé occulaire dans le Plateau Central, père Alphonse juge ces actions insuffisantes. Il annonce, pour les prochains jours, le début d'une émission radiophonique sur l'ophtalmologie afin de sensibiliser la population sur les précautions à prendre pour éviter d'être aveugle.

Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com

L’Eglise Catholique remet à la police l’auteur présumé de la mort à coups de bâton d’un étudiant.

Pedro Jimenez:
ESPERANZA.- L’église catholique a remis aux forces de l’ordre de cette ville, l’auteur présumé de la mort de l’étudiant en fin d’étude en communication sociale José Manuel Mercado Castillo pour lui soustraire son téléphone portable, survenue vendredi dernier dans le secteur Los Callejones de Monguita, de Peñuelas, municipe de Esperanza.
Le responsable de l’assassinat de l’étudiant du centre universitaire CURSA-UASD correspond à Victor Manuel Tavarez (le coq), âgé de 33 ans, natif de la communauté de Pueblo Nuevo, de Mao, il a été transféré immédiatement au détachement de la police du municipe de Esperanza.
Quand les gens ont su que l’assassin présumé de Mercado Castillo s’était rendu aux autorités de Santiago et qu’il allait être transféré à Esperanza, des centaines de personnes se sont réunies autour du détachement de la police demandant de le remettre à a la foule pour être lynché.
Le Major Ruben Consuegra de la police nationale, commandant de la dotation de Esperanza, sollicita du renfort et des dizaines d’agents de la police ceinturèrent le commissariat pour éviter que l’inculpé ne fût lynché.
D’près les explications du Major Consuegra, le coq avait été jugé en sept occasions, accusé de commettre plusieurs délits parmi lesquels figurent des vols et des casses.
En relation avec ce fait la Police nationale détient Fernando Dévora Batista, beau frère de la victime que les résidents de Eperanza assurent avoir vu en compagnie du « le coq » la nuit de l’assassinat.
Mercado Castillo finalisait les derniers semestres en communication sociale au centre universitaire régional de Santiqgo (CURSA-UASD) et produisait un programme radiodiffusé appelé « que cool » sur les ondes de la station Rumba FM.
A six heures du soir, les condisciples en communication Sociale de Mercado Castille réaliseront une veillée dans l’édifice 2 du CURSA-UASD et porteront du noir en signe de deuil.
Article original paru dans Le listin Diario sur http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=6805 traduit par Thom Gato pour Haiti Recto verso sur http://haitirectoverso.blogspot.com