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jeudi 8 mars 2012

Haïti: un banquier tué en pleine rue

..THE ASSOCIATED PRESS
PORT-AU-PRINCE, Haïti - Un banquier haïtien bien en vue — et dont le fils a récemment plaidé coupable dans une affaire de corruption aux États-Unis — a été abattu en pleine rue dans la capitale, Port-au-Prince, selon ce qu'a révélé mercredi la police.
Venel Joseph a été tué mardi soir au volant de sa voiture, a indiqué le porte-parole de la police, Gary Desrosiers. Aucune arrestation n'a été effectuée et les autorités ne disposent d'aucun détail supplémentaire.
M. Joseph a été le gouverneur de la Banque centrale d'Haïti pendant le deuxième mandat de l'ancien premier ministre Jean-Bertrand Aristide, entre 2001 et 2004.
Son fils, Patrick Joseph, a plaidé coupable à des accusations de corruption devant un tribunal fédéral américain le mois dernier. Il a aussi accepté de témoigner contre d'autres individus soupçonnés d'avoir empoché des pots-de-vin pour obtenir des tarifs préférentiels de Teleco, l'entreprise haïtienne de télécommunications détenue par la banque centrale du pays.
Patrick Joseph est l'ancien directeur de Teleco.
http://www.journalmetro.com/monde/article/1118062--haiti-un-banquier-tue-en-pleine-rue

Haïti touchée par un séisme de 4,6 .

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.THE ASSOCIATED PRESS
PORT-AU-PRINCE, Haiti - Un tremblement de terre d'intensité modérée a ébranlé le sud d'Haïti, mercredi soir, mais les autorités n'ont pas rapporté de victimes ou de dégâts dans l'immédiat.
Selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis, l'épicentre du séisme, d'une magnitude de 4,6, se trouvait à 38 km au sud-est de Port-au-Prince, la capitale, et à une profondeur de 4,9 km. La secousse a été ressentie à 21 h 51, heure de l'Est.
Des résidants, encore marqués par le violent tremblement de terre de janvier 2010, ont accouru dans les rues de la capitale. Ce séisme, d'une magnitude de 7,0, avait tué 314 000 personnes et détruit des milliers de résidences.
http://www.journalmetro.com/monde/article/1118849--haiti-touchee-par-un-seisme-de-4-6

Danser avec les Lwa

Chantal Guy, La Presse
Festifs, les Haïtiens? Vous n'avez pas idée. Surtout pendant le carnaval, plus grande fête du pays, qui fait passer le Festival de jazz de Montréal pour une réunion paroissiale en comparaison. Impressions d'une virée au coeur de la foule.
Une semaine avant le carnaval national - qui s'est tenu cette année pour la première fois aux Cayes, même si on le fête partout -, il y a toujours le fameux carnaval de Jacmel, le plus «touristique», qui attire les gens de partout dans le pays. Cette ville plutôt calme voit sa population tripler pendant l'événement. Tous les hôtels sont pleins. Et Jacmel, ville d'artistes, est particulièrement fier de «son» carnaval, un peu comme la ville de Québec est fière du sien.
On se prépare des mois à l'avance pour l'occasion. Le Grand Jour, on se maquille, on se déguise, peu importe la chaleur, et c'est le défilé, où se déploie une quantité phénoménale de fabuleux personnages en papier mâché qui se déversent dans les rues. Pendant des heures, c'est la procession carnavalesque, merveilleuse et inquiétante à la fois, où se mêlent le comique et le macabre, l'humain et l'animal, une succession de monstres qui éblouissent et terrifient les enfants comme les adultes. Le tout puigé dans le riche répertoire vaudou. On rend hommage aux Lwa (les esprits), et vous croisez plusieurs Baron Samedi avec le distinctif chapeau haut-de-forme, des danseurs traditionnels, des musiciens; les jeunes comme les vieux participent. Au détour de n'importe quelle rue surgissent des «bandes à pied», petites troupes de musique, tambours et trompettes, rapidement entourées de spectateurs qui suivent le rythme. Et pas qu'à peu près. La société haïtienne est plutôt prude, il est par exemple très mal vu de s'embrasser en public. En revanche, quand il est question de danse, on peut pratiquement mimer la copulation devant tout le monde! Ezili, divinité de l'amour, est forcément à l'oeuvre... Le Barbancourt et la Prestige, qui coulent à flots, doivent aider un peu. Mais ça empire les problèmes de salubrité aussi. Disons que ça sent l'humain qui fête fort et qu'il n'y a pas de toilettes publiques. Quand on est habitué à des festivals entourés de clôtures, avec des policiers qui fouillent vos sacs à l'entrée, on ne peut qu'être ahuri devant l'absence de toute contrainte. C'est un vrai défouloir collectif.
La nuit
Dès que le soleil se couche, ces créatures fantastiques cèdent la place aux énormes chars musicaux coiffés des meilleurs groupes kompa, qui font carrément la largeur de la rue, alourdis par d'énormes haut-parleurs hurlant à nous défriser les oreilles. La frénésie monte. Les passions se déchaînent. Quelques rares ambulances sont postées pour conduire à l'hôpital d'éventuels blessés. L'heure n'est plus aux agoraphobes, qui peuvent se réfugier, moyennant quelques gourdes, sur les estrades édifiées pour l'occasion. Les plus audacieux choisissent le bain de foule. Pas un centimètre carré de libre - parfois on ne touche même pas le sol: on danse, on se bouscule, et les mains baladeuses des voleurs à la tire nous tâtent (mieux vaut avoir les poches vides). On se dit qu'un mouvement de panique et c'est l'hécatombe, mais ici, on danse avec la mort. Sans l'aide de mon ami haïtien Géraldo, je n'aurais pas réussi à m'extirper de cette marée humaine. Il faut avoir le sens de la foule. Au moment où la crise de panique se pointait, le président Martelly et sa cour sont passés juste devant nous, comme pour faire diversion. Il faut savoir que les fans de Martelly l'ont désigné président Kompa avant de le confirmer à son poste politique. Ce n'est pas pour rien qu'il était et à Jacmel et aux Cayes.
Enfin, les touristes fatigués ne peuvent compter sur la quiétude de leur chambre d'hôtel. La musique et les gens sont partout, ça durera toute la nuit. Ça durera plusieurs jours. Jusqu'à ce que les Haïtiens, et les Lwa, soient repus.

Haïti, l'île magique

(Port-au-Prince) Désertée par les touristes depuis la chute de Bébé Doc, Haïti n'est plus visitée maintenant que par les travailleurs des ONG, les militaires et les missionnaires. Est-ce possible d'être touriste en Haïti? Oui, mais oubliez le tout-inclus et les paramètres occidentaux de sécurité. Visiter Haïti, c'est se lancer dans le vide, sans filet. Une étrange découverte de la liberté, grisante et inquiétante à la fois.

Le voyageur un peu téméraire peut-il débarquer avec son sac à dos, sur un coup de tête, en Haïti?
Probablement. Mais sans préparation, il risque de trouver l'expérience assez pénible. D'abord, 90% de la population ne parle que le créole. Et si vous êtes blanc, le mot «argent» est écrit en lettres de feu sur votre front, peu importe votre budget.
Pour tout dire, la meilleure façon de découvrir Haïti, c'est d'être introduit. L'esprit de clan ici est fort, et les Haïtiens ont créé les réseaux sociaux bien avant Facebook.
Si un ami haïtien vous amène à un cercle, à une rue, à un quartier, à un village, particulièrement hors de Port-au-Prince, où le téléphone arabe est fort développé, tout le monde saura avec qui vous êtes et ce que vous avez fait la veille. Sachez-le. C'est précisément cela, votre sécurité. Car en l'absence de surveillance policière, voilà ce qui crée la cohésion sociale dans ce chaos.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, la société haïtienne n'est pas une société plus «dangereuse». Il y a comme partout de la criminalité, mais certainement proportionnellement moins que dans les quartiers les plus louches des pays industrialisés.
Bien sûr, le voyageur fortuné peut se terrer dans Pétionville, sorte de Westmount de Port-au-Prince et emprunter sa voiture pour le moindre déplacement. Il y découvrira le luxe, le confort, la bonne chère, étonnamment possibles au milieu de tant de misère. Mais il ne découvrira en rien la véritable Haïti. Car Haïti vit dans la rue.

Destination hipster?
Dans un monde où les endroits les plus reculés ont été découverts, explorés et exploités à fond - ce qui désolait l'anthropologue Claude Lévi-Strauss - Haïti demeure un cas à part, un joyau préservé. Pour les mauvaises raisons et bien malgré elle, bien sûr, mais c'est l'une des conséquences de son isolement historique et de la crainte qu'elle inspire, même aux voyageurs les plus aguerris. Mis à part les Haïtiens de la diaspora qui font régulièrement le va-et-vient et les travailleurs humanitaires de tout acabit, rares sont les touristes qui y débarquent simplement par curiosité. Cette espèce manque cruellement à Haïti, ce qui fausse les rapports entre étrangers et Haïtiens. Dire qu'il y a déjà eu un Club Med très populaire sous la dictature! Un «Blanc» - ce mot désigne avant tout un étranger, peu importe la couleur de sa peau - n'est jamais ici gratuitement et ne semble exister que pour apporter son aide.
Il est d'ailleurs étonnant pour le voyageur habitué aux grands centres urbains de constater à quel point Haïti n'est pas une société «multiculturelle». Il découvrira rapidement ce que signifie être une «minorité visible». Mais c'est une réalité qui pourrait changer. Des jeunes gens bien intentionnés ont pris d'assaut cette île et veulent la faire découvrir au monde. C'est tout naturel: la population d'Haïti est incroyablement jeune et appelle à elle la jeunesse avide de renouveau. Rien ne le démontre mieux que la folie festive dans la période du carnaval que nous avons vécu lors de notre passage, où nous avons croisé Régine Chassagne et Win Butler du groupe Arcade Fire...

L'île aux mystères
Haïti n'est pas une anomalie de l'histoire, elle EST l'Histoire. Des siècles de bruits et de fureur sans aucun répit. C'est Hispaniola où Colomb a débarqué, la terre du génocide des indigènes Taino et Arawak, remplacés par les Africains soumis à l'esclavage le plus impitoyable, jusqu'à la révolution qui a donné naissance à la première République noire du monde, traversée par mille convulsions jusqu'au tremblement de terre de 2010. L'atmosphère d'Haïti est imprégnée de cette destinée incroyable et tragique, qui semble flotter au-dessus de ses paysages époustouflants. Une vie ne suffirait pas à comprendre ses mystères, ses paradoxes et ses absurdités. Mais si le dieu Legba, celui qui ouvre les portes, est avec vous, peut-être aurez-vous le privilège d'être invité un jour dans ses coins les plus secrets...
On ne l'appelle pas l'île magique pour rien.
http://www.cyberpresse.ca/voyage/destinations/amerique-latine/haiti/201203/08/01-4503550-haiti-lile-magique.php