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lundi 5 septembre 2011

INEGALITES ET CIVILISATIONS

Volontairement ou inconsciemment, nous vivons appendus et accrochés à l’actualité. Qu’elles nous concernent de près ou de loin, elles peuvent nous tomber dessus pour le meilleur et pour le pire.
Comme citoyen déraciné, inadapté, nostalgique et refusant catégoriquement l’assimilation, je vis les sens rivés sur l’actualité d’Haïti.
Comme on dit, ce n’est pas complètement anodin. Il y a des jours sans et des jours avec. Ce matin, une radio locale réalisait un entretien avec un hyper riche qui a lancé un appel à son gouvernement le suppliant de taxer un peu plus sa fortune. Pendant l’entretien, il a repris une phrase d’un lettré célèbre qui aurait dit que « si les inégalités sociales ne se réduisent pas de façon drastique et efficace, ce monde cessera d’être un monde civilisé »
Dans un monde libéralisé économiquement ou financièrement cette information n’aurait malheureusement sur moi aucun effet et ne revêtirait aucune importance. Mais automatiquement, mon logiciel le transfert, le traduit et le transpose dans le complexe contexte haïtien.
J’ouvre une parenthèse pour relater un fait vécu il y a un an lors d’un voyage humanitaire effectué l’année dernière. Ceci pour vous montrer que j’ai horreur que l’on rapporte tout à Haïti. Ce pays universel dans sa conception, genèse et naissance ne saurait loger des sentiments égocentristes. Haïti reste un patrimoine de l’humanité. Quoique l’on dise. Malgré l’indifférence idiote de ceux qui ont du mal à le comprendre et à agir en sa faveur.
J’avais bien entendu accompagné une mission d’une ONG qui s’occupe de plusieurs infrastructures hospitalo-universitaires haïtiennes. Malgré moi, je me suis vu entrain de fréquenter le restaurant le plus huppé actuellement dans les hauteurs de Pétion-Ville. Ce qui n’était pas pour me plaire. Je n’ai pu croquer une mangue ni déguster à la main un bon avocat. Ah se bon « sandwich » à l’avocat qui vous régale le palais, avec cette particularité de cette tranche d’avocat qui sort, expulsé comme une comète quand vous serrez entre vos dents les deux tranches de pain de mie !!!
Un jour, je me suis retrouvé occupant une table du fameux et sympathique hôtel OLOFFSON de Port-au-Prince. Devant une assiette de griot garni de pickliz assorti de bananes pesées, on discutait sur des sujets de l’heure, la reconstruction d’Haïti. Nous étions sept ou huit à table. A noter la présence de notre bonne amie Mademoiselle Monique RAFAEL qui «était aussi du déplacement.
A un moment de la durée, un des COOPERANTS, a fait comprendre qu’il était venu en mission pour observer Haïti dans le cadre du post modernisme car Haïti représentait l’exemple de tout ce qu’il ne fallait pas faire.
Je crois que j’ai été monté illico presto par l’esprit de Dessalines pour faire comprendre à ce coopérant de mes deux que nous en  avions assez de voyeuristes qui ne se sont pas limités à nous observer en prenant leurs pieds mais qui ont osé faire semblant de nous aider en nous donnant de mauvais conseils.
Six mois après le 12 janvier, nous autres les haïtiens nous avions besoin de mieux que de voyeuristes incompétents hypocrites.
Bien entendu le COOPERANT s’est excusé en faisant un usage excessif du « bon usage ». Pour moi tout était clair. Je lui avais posé une certaine étiquette qui pour moi était devenue partie intégrante de sa propre essence. A tort peut-être mais bon, il l’avait cherché.
Revenons à nos moutons. Revenons sur le postulat idéaliste de la réduction des inégalités sociales pour conserver au monde un semblant de civilisation.
L’épisode du COOPERANT m’est revenu à la mémoire. Je me suis demandé si le comportement et l’attitude de la partie vulnérable de population haïtienne marqués par une dignité exacerbée, inexpliquée permettant la création de l’épithète  et attribut RESILIENT ne seraient pas le reflet de la perte de ces valeurs universelles qui définissent et conceptualisent la CIVILISATION.
Selon le fils de la pensée, on arrive juste au moment ou il faut illustrer et renforcer les propos avec des cas spécifiques. Les exemples surabondent et sont visibles à l’œil nu et non avisé.
L’élite haïtienne par exemple contre la valeur solidarité, opposent une attitude marquée par un égocentrisme désinvolte. Elle construit des quartiers huppés pour s’éloigner de la crasse du centre ville. Au lieu d’exiger des conditions sanitaires et des infrastructures décentes, elle se prémunit de moyens lui permettant de patauger  dans la boue immonde de l’insalubrité sans être éclaboussée. Au lieu d’exiger et d’investir dans  l’établissement d’un système de santé correct, elle considère comme une police d’assurance, le fait de pouvoir se faire soigner à l’étranger. Haïti reste un fond de commerce intéressant. Juste un « lieu » avec des « gens » d’où l’on puise jusqu’à la dernière goutte, jusqu’au dernier souffle, l’ultime denier. Peut importe ou à qui importe l’avenir.
En dehors de ce contexte, en dehors des lignes ignobles de ces images, Haïti n’existe pas. Tout est programmé avec en ligne de mire la quête d’une sorte de concupiscence d’un groupe apposée en voyeuristes pervers contre les maigres élans de survie de cette majorité désœuvrée, abandonnée, ayant reçu de la vie que cette capacité de lutter contre les adversités et la mort à petit feu.
Dans le contexte haïtien comme dans les autres régions du monde abritant des pays au profil social similaire, l’élite n’est pas la seule frange à « battre sa coulpe ». Les représentants de ce qui est connu aujourd’hui comme communauté internationale qui en réalité regroupe les agents des systèmes prédominants s’allient ouvertement ou en sourdine à l’élite vernaculaire. Ainsi elle s’imprègne de cette insensibilité environnante. Elle fait mieux. Au lieu de chercher une relation de causes à effet, elle se réfugie derrière une fatalité dont elle ne partage aucune responsabilité. 
En ce qui concerne la frange vulnérable de la population devenue résiliente, le fait d’accepter avec un stoïcisme morbide de vivre dans des conditions infrahumaines, dénote aussi un détour voire un déni de ces valeurs intrinsèques à la civilisation. Dans ce contexte, l’un de ces comportements que je qualifierais de carrément aberrant est la perte du respect de la vie humaine.
Je suis par erreur, doté d’une sensibilité à fleur de peau. Je suis incapable de voir de la violence gratuite. De la violence ciblée contre un individu tout court.
Il y a de ces très bons films qui me laissent un goût assez désagréable à travers  certaines scènes présentant la violence de l’agresseur et l’angoisse de l’agressé. Je comprends assez mal comment un   homme peut prendre un certain plaisir inconscient a frappé impunément une femme par exemple.
Certaines photographies ou certaines scènes ont la vertu de me gâcher une journée une semaine ou un mois en fonction de sa teneur en violence. J’ai encore en tête l’image d’un groupe d’individus brandissant des couteaux et des machettes derrière le corps calciné de Sylvio Claude. J’ai encore dans ma pensée cette image d’un homme amputant la main d’un autre à la machette. Je ne peux oublier cette image de la tête d’un haïtien gisant à coté de son corps après sa décapitation filmée par des gens en liesse. Aujourd’hui j’ai vu la photo d’un homme soulevant un énorme caillou destiné à réduire en bouillie le crâne d’un autre…
Tout pousse à croire que ces actes-là ne sauraient être acceptés par notre société dite civilisée. Donc les auteurs de ces actes ne sont pas civilisés.
Il en est de même pour ces compatriotes qui chez nous et en République Dominicaine tuent et découpent à la machette d’autres concitoyens.
Souvent  nous expliquons ces comportements par le manque d’éducation. Les membres de notre société ne reçoivent pas tous la même éducation à cause  de ces systèmes fondés sur l’inégalité.
Haïti, comme bien d’autres pays pauvres est déjà le théâtre de cette décadence de la civilisation.
Aujourd’hui plus que jamais les inégalités provoquent une situation qui risque d’être à la genèse d’une implosion de notre société qui poussera les êtres humains à avoir des comportements proches de ceux des animaux inférieurs.
JONAS JOLIVERT
25/08/2011

Uruguay recalls troops over Haiti 'sex abuse'


Commander dismissed and five soldiers with UN peace mission brought home over alleged sex attack on young Haitian man.
Last Modified: 05 Sep 2011 05:51
Uruguay has announced the dismissal of a navy commander with the United Nations mission in Haiti after a video was circulated of an alleged sexual assault on a young Haitian man by members of a Uruguayan peacekeeping unit.
The defence ministry said on Sunday in a statement that it had begun a "repatriation of the troops involved" in the incident.
In addition to the dismissal of the navy commander - who was not immediately named - a military justice board had been convened and paperwork was started to arrange for the return home of the five soldiers allegedly involved.
"The navy wants to go beyond the simple fact of the video [to determine] if there are other violations of conduct," Sergio Bique, the spokesman, told local media. The suspects will be tried and sentenced appropriately, he stressed.
The Uruguayan defence ministry last week ordered an "urgent investigation" into allegations that its troops had committed "aberrant acts," after video footage surfaced allegedly showing the soldiers sexually assaulting an 18-year-old Haitian man.
Haitian President Michel Martelly said on Sunday that he "vigorously condemned'' the actions of those involved, asking the relevant authorities to meet with UN officials to prevent "such acts'' from happening, a statement from his office said.
Video 'copied via Bluetooth'
Ansel Herz, a journalist in Port Salut, where the incident is alleged to have occurred, said the video footage was passed around via mobile phones after two Haitian men saw the video and copied it while they were exchanging music with a Ururguayan soldier via Bluetooth.
"The video was originally taken by a UN soldier who was there at the time," he told Al Jazeera.
On Friday, a Haitian magistrate said he had turned the case over to prosecutors after the alleged victim and his mother gave depositions.
"Everybody was watching this video in the court case as the mother was making a complaint against these soldiers," said Herz.
The one-minute long video pans out from a sideways close-up of the alleged victim's strained face to reveal his body being held down on a mattress by light-skinned men wearing camouflage-coloured clothes.
Some of them are seen wearing sky-blue caps in the style of those worn by UN peacekeeping forces. As the men's laughter grows in volume, a shirtless soldier kneels behind the man, slaps him and appears to thrust towards him.
Eliana Nabaa, a spokeswoman for the UN's Haiti peacekeeping mission, MINUSTAH, said on Friday that the UN inquiry had not yet proven the video's authenticity, but that an investigation was under way to "determine the facts".
In Sunday's statement, the Uruguayan defence ministry said its investigation would determine the reponsibility of those allegedly involved and punish them "with greater severity and rigour".
"The Navy did not allow or permit a few members who commit transgressions of this kind, affecting the high prestige and excellent relations with local people, virtues which have characterised the performance of the Armed Forces throughout its rich history serving on peacekeeping missions under the UN mandate," the statement added.
Uruguay contributes 1,110 soldiers and police officers to the UN's more than 12,000-strong peacekeeping force in Haiti, which was dispatched to help maintain order and security following last year's devastating earthquake.
Source:
Al Jazeera and agencies
http://english.aljazeera.net/news/americas/2011/09/20119542855682385.html

HAITI – Manque d’information et de moyens pour garantir une assistance sanitaire adéquate aux femmes

Port-au-Prince (Agence Fides) – Un an et demi après le terrible séisme qui a ravagé Haïti, les femmes et les jeunes filles de l’île se trouvent encore fortement exposées aux morts maternelles infantiles du fait du manque d’accès aux services sanitaires adéquats et nécessaires. Selon un rapport de l’Human Rights Watch (HRW), les informations de base concernant le lieu où pouvoir recevoir une assistance sanitaire gratuite manquent encore. 
Certaines personnes ne disposent pas même d’un dollar pour payer le transport jusqu’à l’hôpital alors que d’autres craignent de laisser sans surveillance leur champs pour se soigner. Le Rapport « Nobody Remembers Us: Failure to Protect Women’s and Girls’ Right to Health and Security in Post-Earthquake Haïti » met en évidence la grave précarité qui caractérise les femmes du pays à cause du manque d’accès aux soins gynécologiques et maternels provoqué par la catastrophe. De nombreuses femmes accouchent à même le sol, dans la boue, alors que d’autres sont contraintes à se prostituer contre de la nourriture. 
Malgré l’action des organisations humanitaires, les femmes qui n’ont pas bénéficié d’aucune assistance à cause du manque d’information, de moyens de transport précaires et du coût insurmontable des services payants, sont encore très nombreuses. Après le séisme, le risque de viol pour les femmes a fortement augmenté. 
Le problème est encore plus grave dans les camps de réfugiés où on enregistre une forte incidence de violence sexuelle. Selon le rapport de l’HRW, le gouvernement devrait faire davantage pour protéger les femmes de tant de violence et garantir qu’elles reçoivent les informations ad hoc. (AP) (Agence Fides 02/09/2011)
http://www.chretiente.info/201109051514/haiti-manque-d%E2%80%99information-et-de-moyens-pour-garantir-une-assistance-sanitaire-adequate-aux-femmes/

Le chef des Casques bleus uruguayens congédié


Agence France-Presse
04/09/2011 22h19
MONTEVIDEO - Le chef du bataillon uruguayen des Casques bleus de l'ONU en Haïti a été démis de ses fonctions après la divulgation sur internet d'une vidéo montrant le viol présumé d'un jeune Haïtien par quatre soldats uruguayens, a annoncé dimanche le ministère de la Défense.

Dans un communiqué, le ministère a également indiqué qu'un «conseil de discipline» se tiendrait en Haïti dans la cadre de la mission de stabilisation de l'ONU (Minustah) et que les préparatifs étaient en cours pour le rapatriement des cinq militaires impliqués dans les faits.
Le ministère n'a pas fait état du nom du chef de la mission uruguayenne, issu de la Marine.
«La Marine entend aller au-delà de la seule vidéo et établir s'il y a eu d'autres manquements» dans la conduite des militaires, a déclaré sur une radio locale son porte-parole, Sergio Bique, qui a promis «les peines les plus sévères et les plus rigoureuses prévues» par le réglement militaire si les militaires sont jugés coupables.
Selon des images prises à l'aide d'un téléphone portable et diffusées sur internet, quatre soldats du bataillon de l'Uruguay de l'ONU --qui compte 900 hommes-- auraient participé au viol d'un jeune Haïtien, âgé de 18 ans.
Le juge haïtien Paul Tarte a ouvert vendredi une enquête sur le viol présumé du jeune homme.
«J'ai reçu le commandant du bataillon des soldats de l'Uruguay, Fernando Perez. Il m'a assuré que les soldats ont été placés à l'isolement et avaient été transférés à Port-au-Prince», avait déclaré ce magistrat.
«Si les faits sont avérés, les auteurs devront être traduits en justice», a réagi un porte-parole de l'ONU, Kieran Dwyer.
«Les Nations unis prônent la tolérance zéro en matière d'abus sexuels. Nous prenons ces accusations très au sérieux», a-t-il ajouté.
Des voix se sont élevées en Haïti pour demander le retrait total du bataillon uruguayen.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/09/20110904-221912.html