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mardi 14 août 2012

Pas d'âge pour aimer Tabou-Kassav

Le Nouvelliste | Publié le : lundi 13 août 2012 Jean-Philippe Étienne etiennejeanphilippe08@gmail.com J'ai leurs DVD, je connais leurs textes par coeur, je suis un mordu de leur musique... Mais je n'avais jamais été à un de leurs concerts, jusqu'à vendredi dernier. Deux ténors caribéens, deux bands qui me tiennent toujours en haleine... Cette fois sur une même scène, pour un moment unique, le groupe Kassav de la Guadeloupe et notre Tabou Combo national. J’arrive au Parc historique en pleine prestation de Kassav. Zut ! ils ont déjà commencé… « Kay manman latè te tranble. » En effet, je tremble d’impatience dans la longue file d’attente qui présage de la foule qu’il y a à l’intérieur. Sans retenue, je l’avoue, je passe devant plusieurs personnes et je pénètre dans l’enceinte attrayante et grouillante de bonne humeur. En deux pas je me mélange à la masse en liesse, et en un souffle l’euphorie m’envahit. M vin danse pou tout kòb mwen ! Jocelyne Béroard, la diva de Kassav, me le rend bien avec « Solèy », « Tim tim », « Siwo », interprétés avec toute la ferveur d’il y a vingt ans… Jean-Philippe Marthély, à la fois calme et alerte, ne fait qu’en rajouter avec « Rete » et « Madjana » ; et surtout avec ses impressionnants talents d’animateur qui devraient bien faire des émules parmi nos musiciens. La foule devient rapidement « la bande à Pipo ». Jacob Desvarieux, quant à lui, toujours en cerise sur le gâteau, avec son indescriptible voix, finit de créer le délire avec « Soulaje yo » et le célèbre « Zouk la se sèl medikaman nou ni ». L’entracte est assuré par notre bon vieux Valmix (je ne l’ai pas vu sur le carton d’invitation, a-t-il encore changé de nom ?). Mon adrénaline n’a pas fini de monter… Du house, un peu de rabòday, Fanorah et Daphney qui me rejoignent pour pump it up, et Tabou qui se prépare ! Hum… tonight gonna be a good night! Et arriva le moment que j’attendais tant, depuis quand je me transformais en Shoubou, Herman, Fanfan Ti Bòt, Ti Kapi… devant ma télé ; depuis quand je dansais chez moi un concert entier de Tabou… Ils sont là devant moi, en vrai ! Les musiciens de Tabou Combo investissent la scène l’un après l’autre. Je ne sais pas pour les autres, mais je sens l’effet magnétique de leur aura de génie, de leur œuvre de 44 ans. Et quand Shoubou entonne les premières notes de « Bese ba », ma voix se perd dans les décibels, mes mains balaient le néant et mes pieds ne touchent plus le sol. Pour mes 23 ans, quelques messieurs et dames d’âge mûr s’étonnent du fait que je chante sans hésiter et danse comme un habitué « Boléro jouk li jou », « Zap Zap », « Bebe Paramount », « Aux Antilles »… Mais, chers aînés, sachez que, pire que vous, je suis un malade de Tabou ! Mes amies de ma génération en restent baba. Mwen menm, m vin pou sa, « se Tabou, sa se Tabou ! » Michel Martelly monte sur scène pour chanter « Lakay » ! Il ne manquait que ça pour l’apothéose. Foul la dechire. A ma droite, une dame est en larmes, tellement elle crie. Feux d’artifice, ciel étoilé, sentiment de fraternité, trois ou quatre générations s’entremêlent pour donner son aspect magique à la fête. Albert Chancy, Jean-Philippe Marthély, Yvon Jérôme, Shabba, Roberto Martino… tous sur une même scène, improvisant, émouvant un seul public conquis. Tout se résume au Fenomèn Tabou ! Michel Martelly reste. Il est tantôt choriste, tantôt lead. Il tourne presque le spectacle en un show à la Sweet Micky ! Moi, je ne demande que ça ! Mon groupe, mon président, mon pays ! « Ayiti cheri, m renmem w pou lavi ! » Quand Tabou entame « New York City », c’est là que l’on devient littéralement fou, et l’on joue volontiers le p’tit jeu. Je me sens proche de la fin du show. Alors je fais comme tout le monde, m bay tout ti rès ki rete a. Light is coming ‘’my’’ way ! J’oublie mes amies (désolé !) Je me surprends à « danse kou mabouya », pour ensuite crier, comme le sont mes sens, « the roof is on fire ». Pye m pa ret atè ditou, et ma chemise a besoin d’être essorée… deux fois. Oh, que j’ai sué, que j’ai kiffé ! Merci, DG, pour ce cadeau. Tu as sacrifié pour une fois ton groupe préféré pour le baptême de feu d’un novice qui en est le premier fan. Ah, s ak pa t la yo rate wi ! Pour moi, ce n’était pas un match, un challenge ou un affrontement. C’était la démonstration d’un Kassav dont le professionnalisme devrait inspirer nos groupes, d’un Tabou qui devrait faire la leçon à TOUS nos djaz. Tabou-Kassav, un must. Tabou-Kassav, la communion entre toutes les générations. Tabou-Kassav, mon premier grand concert ! Tabou-Kassav, mon kif ! Jean-Philippe Étienne etiennejeanphilippe08@gmail.com http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=108060

Haïti, un fardeau pour la FIFA

Le Nouvelliste | Publié le : lundi 13 août 2012 Claude Gilles Twitter: ClaudeGilles Souvent à la remorque des sélections haïtiennes de football, Sepp Blatter, président de la FIFA, en a marre des demandes incessantes d'Haïti. Un tacle dans le dos pour la demi-île qui n'a pas de budget pour ses sélections. Haïti est le seul pays qui sollicite l'aide financière de la FIFA pour faciliter les voyages à l'étranger de ses différentes sélections, s'est plaint le président de la Fédération internationale de football amateur (FIFA), Sepp Blatter auprès du Premier ministre haïtien, Laurent Lamothe, lors d'une récente visite à Londres. « J'ai été indigné », a avoué le chef du gouvernement lors du cinquième Conseil de gouvernement tenu dans la soirée du 8 août au Complexe administratif des Cayes. Ereinté après plusieurs heures d'échanges lors de cette réunion, l'ex-tennisman professionnel devenu Premier ministre a trouvé de l'énergie pour passer des instructions à Jean Roosvelt René, son ministre des Sports. « Que des dispositions soient prises pour que les athlètes haïtiens voyagent désormais dans de bonnes conditions », a exigé Laurent Lamothe au cours du Conseil de gouvernement retransmis en direct par la Télévision nationale relayée par des diverses autres chaînes et sur Internet. Le Premier ministre a ainsi ordonné l'arrêt immédiat de la mendicité internationale dont dépendent les équipes haïtiennes, particulièrement les sélections nationales de football. Président de la Fédération haïtienne de football (FHF), Yves « Dadou » Jean-Bart ne considère pas comme un tacle dans le dos, les propos du patron de la FIFA au Premier Lamothe. « Je suis très content de l'intervention du Premier ministre au dernier Conseil de gouvernement, a réagi Jean-Bart dans un entretien téléphonique au journal. Je souhaite tout simplement que le gouvernement passe aux actes. » L'Etat haïtien, a ajouté le président de la FHF, n'a pas de budget pour les sélections nationales et les associations. « Les fédérations se retrouvent souvent en situation de solliciter l'aide de certaines structures internationales dont la FIFA », a concédé Yves Jean-Bart. Rien qu'en 2008, la FHF s'est tournée vers la FIFA en trois ou quatre occasions pour faciliter la participation de sélections haïtiennes à des compétitions internationales. Le pire est arrivé au football haïtien en 2010, l'année du séisme qui a fait plusieurs milliers de morts dans le pays dont un coach et détruit diverses installations sportives. Les joueurs de la sélections des moins de 20 ans, s'est désolé M. Jean-Bart, ont récemment consenti un trajet de quelque 5 heures en autobus pour transiter vers la République dominicaine avant d'atteindre Porto-Rico en avion pour disputer la première phase des éliminatoires de la prochaine coupe du monde de cette catégorie. Une participation payante pour l'équipe haïtienne terminée première de leur groupe. « Les complaintes de Blatter au Premier ministre haïtien ne sont pas quelque chose d'improvisé. La FIFA connait bien la situation d'Haïti », a expliqué M. Jean-Bart. C'est nous, a-t-il précisé, qui avons arrangé la rencontre du Premier ministre et du président de la FIFA, tous deux présents pour assister à l'ouverture des jeux olympiques à Londres. « Les athlètes haïtiens sont trop pauvres », a lancé Yves Jean-Bart qui réclame une assistance économique de l'Etat pour ces derniers comme cela se fait dans d'autres pays. Les problèmes du football haïtien ne se limitent pas au seul besoin de billets d'avion pour ses sélections. La FIFA devra s'entretenir aussi avec chef de gouvernement haïtien sur l'académie montée au Ranch de la Croix-des-Bouquets par l'Etat haïtien. « La fédération n'a pas le contrôle des joueurs formés. Certains jouent en sélection nationale sans faire partie d'un club. Ils n'ont pas de licence », se lamente le président de la Fédération haïtienne de football. Le projet de construction d'un stade olympique aux Cayes a, par ailleurs, été discuté au cinquième Conseil de gouvernement sous le leadership de Laurent Lamothe. Un problème foncier, selon le ministre des Sports, serait à la base du retard enregistré pour le lancement des travaux. Ce problème est en passe d'être résolu, a expliqué le ministre René qui répondait à certaines questions du chef du gouvernement. Ce dernier devra recevoir au début de la semaine prochaine à la Primature le titulaire des Sports avec le projet assorti d'un agenda en vue de la réalisation exécution du stade olympique annoncée à la population des Cayes. Claude Gilles Twitter: ClaudeGilles http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=107970

Six objectifs pour le secteur de l'environnement

Le Nouvelliste | Publié le : vendredi 10 août 2012 John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon Un nouveau ministre de l'Environnement a été installé ce vendredi 10 août 2012. L'ingénieur-agronome Joseph Ronald Toussaint a passé le maillet au docteur Jean Vilmond Hilaire qui a promis de travailler à la concrétisation des six objectifs qu'il a lui-même proposés au gouvernement. La cérémonie d'installation s'est déroulée au local du ministère, sis à Pacot. C’est dans une salle de conférence archicomble que s’est déroulée la cérémonie d’installation du nouveau ministre de l’Environnement, Jean Vilmond Hilaire. Les participants qui entraient et qui sortaient en se bousculant les uns les autres ont créé un certain énervement au sein de l’assistance constituée de grands commis de l’Etat, de partenaires étrangers et d'employés du ministère de l’Environnement (MDE). Un peu hésitant dans ses propos, le nouveau titulaire du ministère de l’Environnement, Jean Vilmond Hilaire, s’est fixé six objectifs pour ce secteur faisant partie intégrante des priorités du gouvernement Martelly/Lamothe. Premièrement, le ministre de l’Environnement s'est proposé de mettre en place des structures institutionnelles susceptibles de répondre aux défis actuels et futurs du secteur. « Par cet objectif, nous devons commencer d’abord par le ministère de l'Environnement, tout en offrant notre assistance à la société civile et profiter de la coopération avec nos amis de la communaté internationale », a-t-il indiqué. Deuxièmement, le docteur Jean Vilmond Hilaire a indiqué qu'il oeuvrait à la modernisation de l’administration environnementale. « Nous devons absolument continuer à appliquer le décret-cadre d’octobre 2005 sur l’environnement. Les conventions internationales, entre autres, nous guideront vers les propositions de réforme du cadre légal existant, pour une efficacité des politiques publiques dans le secteur », a-t-il recommandé, promettant que certaines mesures visant le respect des normes en cours seront communiquées dès la semaine prochaine. En troisième lieu, M. Hilaire compte renforcer la coopération institutionnelle entre le gouvernement, la société civile et la coopération internationale, pour la gestion de l’environnement. En ce sens, il a annoncé déjà le lancement de la "table sectorielle de l'environnement" pour le mois prochain. Quatrièmement, le ministre pourrait intégrer la prise en compte des besoins environnementaux dans toutes les activités du pays. « Il n’y a pas de sécurité publique, économique et physique sans environnement. Nous devons imprégner une nouvelle façon de voir à nos concitoyens », a-t-il déclaré, soulignant sur un ton humoristique que nous n’avons pas de pays de rechange et qu’il nous faut protéger celui que nous avons. Le cinquième objectif du ministre de l’Environnement est d’augmenter la couverture végétale et gérer de manière intégrée les ressources naturelles, afin de réduire la vulnérabilité environnementale. « Les programmes de bonne gouvernance énergétique doivent être conçus, le programme de reforestation sera lancé dès octobre prochain avec l’implication de tous les secteurs de la vie nationale, des actions concrètes seront menées en même temps que la recherche de solutions durables à chaque problème environnemental », a-t-il affirmé. Dans son sixième objectif, le docteur Hilaire a promis d’améliorer le cadre de vie urbain par la valorisation et la gestion des déchets et d'arrêter l’expansion anarchique des zones urbaines. « Dans le dialogue, le respect des libertés individuelles, nous sommes certains que des solutions innovatrices peuvent émerger », a-t-il conclu, prêt à payer le prix pour changer les choses. John Smith Sanon smithsanon@gmail.com Twitter: @smithsanon http://lenouvelliste.com/article4.php?newsid=107977

Haïti-Cep : Martelly a-t-il la latitude de trancher ?

Par Edner Fils Décime P-au-P, 13 août 2012 [AlterPresse] --- Alors que des secteurs de la vie nationale se questionnent sur la possibilité d’éventuelles élections en Haïti, vu la crise au conseil supérieur du pouvoir judiciaire (Cspj) et l’incapacité du parlement à choisir ses représentants au conseil électoral, le politologue Gracien Jean appelle au « pouvoir discrétionnaire » du chef de l’Etat pour dénouer la situation, dans des déclarations faites à l’agence en ligne AlterPresse. « On peut toujours envisager des élections, même s’il faut tenir compte des échéances électorales. Comme dans toutes les grandes démocraties, quand une situation parait impossible, on peut faire appel au pouvoir discrétionnaire du chef de l’État », envisage le directeur de l’école supérieure des sciences politiques appliquées. Si le gouvernement et plusieurs pays donateurs se montrent favorables à l’organisation des élections sénatoriales et locales, d’ici fin 2012 par un conseil électoral permanent(Cep), le processus ne garantit pas une telle issue. Deux membres du Cspj ont déjà jeté l’éponge et l’indépendance du Cspj est mise à mal par le scandale. Au parlement, plusieurs parlementaires ne jurent que par un conseil électoral provisoire. Dans ce contexte, « il faut une médiation discrète », propose Gracien Jean. « Si c’est la Constitution amendée qui est la source des problèmes, que le président la renvoie tout simplement après avoir fait l’évaluation des risques et conséquences d’un tel acte », martèle Jean. Le 19 juin 2012, le chef de l’Etat, Michel Martelly a été supporté par les présidents des deux chambres du parlement, Simon Dieuseul Desras et Levaillant Louis-Jeune, ainsi que le président du Cspj, Anel Alexis Joseph, dans sa décision de "reproduire" un texte amendé de la Constitution de 1987. En imaginant que les acteurs vont arriver à faire le dépassement nécessaire, pour finalement nommer les 9 conseillers électoraux d’ici« début septembre [2012] », Gracien Jean croit que les élections sont faisables en « décembre [2012] et le second tour peut être organisé en janvier [2013] ». Pour le politologue, l’institution électorale existe. « Il y a une directrice générale installée, des cadres et des employés. Les conseillers électoraux sont nommés, comme une sorte de conseil d’administration ». En ce sens, « si des garde-fous ont été placés, la direction générale du conseil électoral pourrait démarrer la machine, en attendant que les conseillers montent à bord. La nomination des conseillers ne doit pas entraver le processus », renchérit-il. Du côté de la présidence de la république, la détermination de monter un conseil électoral, avec ou sans le parlement qui peine à désigner ses représentants, est très palpable. Le chef de l’Etat « a officiellement écrit, une nouvelle fois, le mercredi 8 août 2012, aux présidents des deux chambres du parlement haïtien, leur accordant un nouveau délai de huit jours pour désigner leurs représentants au conseil électoral permanent », informé un communiqué du bureau de communication de la présidence. Le président de la chambre des députés invite Martelly à se tempérer, en privilégiant le dialogue. Du même coup, Louis-Jeune exige la tête du président du Cspj, dont la procédure « unilatérale » du choix des représentants de cette instance au Cep est qualifiée de « vagabondage » par Gracien Jean. Pourtant, le politologue semble ne pas s’inquiéter de la réputation de proches du pouvoir, qu’ont les trois membres désignés par le président du Cspj. « Au moins, on sait qu’ils sont proches du président. Combien de gens qui ont été dans l’opposition au départ et qui ont fait leur glissade par la suite pour des avantages futiles de surcroit » ?, argumente Jean. De toute façon, la réduction du Cspj à 7 membres n’est « pas un handicap pour l’institution, car la majorité à 5 est toujours trouvable ». « Cela n’aura aucune incidence sur les [éventuelles] prochaines élections », martèle Jean. Martelly semble bien partir de ce point de vue. « Dans cette correspondance, le Chef de l’État précise que, conformément aux articles 136 et 192 de la Constitution amendée de 1987, les pouvoirs Exécutif et Judiciaire ont déjà désigné respectivement les noms de leurs membres devant composer ladite structure électorale », précise le communiqué de son bureau de communication. Pour Gracien Jean, tout ce blocage pour la nomination des conseillers du « conseil électoral tout court » est « de la bêtise humaine, mue par des mobiles économiques et politiques inavoués ». L’union européenne semble donner son petit coup de pouce à Martelly. A la veille de son départ d’Haïti le samedi 11 août 2012, Carlo de Filippi, représentant sortant de l’Ue en Haïti, a déclaré : « Mon opinion, nous sommes totalement en faveur d’un organisme permanent, en vue d’aboutir à des processus électoraux stables ». Entre-temps, 30 parlementaires, dont 21 députés et 9 sénateurs, ont signé une pétition, demandant l’instauration d’un conseil électoral provisoire, les conditions pour la mise en place d’un organisme permanent n’étant pas totalement réunies. [efd kft rc apr 13/08/2012 15:50] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13226

Haïti-Musique-Politique : Tabou, Kassav… « Tèt Kale »

Par Gotson Pierre P-au-P., 13 aout 2012 [AlterPresse] --- Certains spectateurs garderont un goût amer du spectacle des orchestres Tabou Combo (Haïti) et Kassav (Martinique/Guadeloupe), le 10 août dernier, au Parc historique de la Canne à Sucre, en périphérie de Port-au-Prince, où une apparente récupération politique de cet événement par le pouvoir a choqué plus d’un. Ce spectacle, perçu comme un des plus grands rendez-vous populaires de l’été, a attiré un public nombreux, qui souhaitait vivre un moment de fête avec deux groupes mythiques de l’univers musical de la Caraïbe. Des spectateurs ont accepté de payer le prix fort pour partager un instant qui pouvait être inoubliable, les tickets annoncés à 1500,00 Gourdes ayant été en effet vendus 2000,00 Gourdes au guichet. Débuté avec un peu de retard, le spectacle, qui a été retransmis à la télévision, a vite enthousiasmé le public, en dépit de critiques sur la qualité de la sonorisation et l’aménagement de l’espace. Les musiciens se sont donnés à fond, étant conscients de l’enjeu de cette rencontre, qui a mobilisé diverses couches de la population haïtienne ainsi que de nombreux étrangers qui séjournent dans le pays. Les succès de Kassav, dont « Zouk la se sèl medikaman nou ni », « Soley », « Siwo », « Anba latè », se sont enchainés durant deux heures d’horloge, avec des performances remarquables des stars comme Jocelyne Berouard, Jean Philippe Martelly, Jacob Desvarieux et Georges Décimus. Les tubes du milieu des années 80 et des années 90 du groupe martiniquais/guadeloupéen ont permis à nombre de personnes d’effectuer un flash back des plus rafraîchissants. En deuxième partie, malgré une attente trop longue et inattendue, le public a fait une ovation au Tabou Combo, emmené notamment par Herman Nau, les chanteurs Roger M. Eugéne (Shoubou), Yves Joseph (Fanfan Tibotte), devenus des voix caractéristiques de la légendaire formation musicale, sans oublier le talentueux guitariste Dener Ceide. Dans la foule, juste devant la scène, se donnaient à voir des visages rarement remarqués depuis quelques temps dans ce genre d’activités. Le public a entonné allègrement des refrains comme « Bébé Paramouth », « Yo », « Aux Antilles », « Bolero », « Beseba », « Lage m pou m pale », etc. Au fort de la prestation du Tabou Combo, le président-chanteur Michel Martelly (Sweet Micky) s’est invité ou a été invité sur scène, ce qui n’a pas été une surprise. La présence de Martelly - accompagné de son épouse Sophia et de son Premier ministre Laurent Lamothe - avait déjà été remarquée dans la foule, applaudissant Kassav. Une fois sur scène, le chef de l’État a pris racine, se produisant tantôt en lead vocal, tantôt en choriste ou en animateur vedette. Venant voir Tabou et Kassav, des spectateurs n’ont pas caché leur désappointement, tandis qu’une partie de la foule, chauffée à blanc, s’est laissée entrainer inconsciemment ou non dans un jeu qui avait tout l’air d’une tentative de récupération politique. « Viktwa pou pèp la » (Victoire pour le peuple), chanson de campagne de Martelly, a été entonnée par un petit groupe de partisans du pouvoir, qui n’ont cependant pas réussi à imposer leur refrain. Rejoignant le président, des chanteurs comme Hervé Anténor (Shaba) de Djakout Mizik et Roberto Martino de T-Vice ne se sont pas gênés à entonner/scander des slogans à la gloire du chef de l’État. L’intolérant Shaba a parodié sa chanson titrée « Police », laissant croire que les forces de l’ordre seraient appelées à la rescousse contre tout opposant à l’administration Martelly. Comme quoi, un avertissement clair que la répression serait encore une méthode de résolution des problèmes politiques en Haïti. Moins exubérant, Roberto Martino n’a quand même pas fait l’économie de ses salves de « Tèt Kale », leitmotiv des discours de Martelly et qui symbolise l’image du président (crane rasé). Shoubou n’a pas été en reste et a « cédé sa place » au président, sous une pluie de confettis rose et blanc (couleurs de référence de Martelly), pour l’interprétation d’une chanson. Tandis que Jean-Philippe Martelly de Kassav, visiblement ébloui, est remonté sur scène pour « improviser » en compagnie du « cousin » Sweet Micky. Le spectacle a alors pris l’allure d’une vaste opération d’appui au pouvoir en place, ce qui a choqué pas mal de personnes, dont certaines sont parties sans attendre la fin du concert. Faut-il penser que l’administration de Martelly chercherait à s’approprier toutes les sphères de la société et que même les possibilités de se recréer et s’amuser ne devraient échapper au contrôle du pouvoir ? L’espace public serait-il en train de se refermer pour tous ceux qui ne feraient pas allégeance au chef ? D’apparence anodine, ce qui s’est passé le 10 août au Parc historique de la Canne-à-Sucre devrait alerter les citoyennes et citoyens, pétris de valeurs démocratiques, des dérives auxquelles peuvent conduire certaines attitudes de nos gouvernants. La musique et la politique ne font pas nécessairement mauvais ménage. Tout artiste est libre d’avoir ses opinions politiques et de se mettre au service de certaines causes. Mais les musiciens, en aucun cas, ne devraient faire le jeu de politiciens et laisser récupérer politiquement, à des fins de culte de personnalité, l’émotion qu’ils procurent à leurs admirateurs. Verrons-nous bientôt revenir le temps où des orchestres étaient amenés à introduire dans leurs répertoires des chansons faisant l’éloge du régime dictatorial des Duvalier et ventant les « qualités » des tyrans (père et fils) « à vie », qui avaient fait régner sur le pays une paix de cimetière ? Dans les années 30, ce genre de pratique était associé, notamment en Italie et en Allemagne, à un courant politique appelé fascisme. [gp apr 13/08/2012 17:00] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13227

CEP permanent : Le président du Sénat se désolidarise du chef de l’Etat

Dieuseul Simon Desras écrit à Michel Martelly pour l’exhorter à privilégier le consensus, seul moyen d’éviter la crise politique majeure que pourrait générer le projet présidentiel de plus en plus contesté et n’ayant aucune chance d’aboutir au Parlement, prévient-il Publié le lundi 13 août 2012 Le président du Sénat, Dieuseul Simon Desras, a exhorté lundi le chef de l’Etat, Michel Martelly, à renoncer à la formation unilatérale d’un conseil électoral permanent de six membres et à engager un dialogue avec les différents secteurs de la vie nationale autour de cette question problématique en vue de prévenir une grave crise politique. Dans une lettre ouverte adressée au Président de la république à l’expiration de son « ultimatum » de huit jours lancé au Parlement pour la désignation de ses trois représentants au CEP, le parlementaire du Plateau Central évoque à nouveau l’idée de la constitution d’un organisme électoral provisoire de consensus en invitant M. Martelly à « prendre l’initiative historique et judicieuse de convoquer et réunir toutes les forces vives de la nation qui devront ensemble envisager la meilleure formule qui saura éviter au pays de sombrer dans les abysses d’une crise insurmontable ». Déplorant les « errements coupables » du conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) dans le processus de sélection de ses représentants qui n’ont fait que renforcer les doutes et les suspicions, le Sénateur Desras souligne à l’attention du chef de l’Exécutif que la promulgation de la constitution amendée, à l’origine du processus actuel, a suscité de vives contestations au Parlement. « Monsieur le Président, une complication d’ordre politique, résultant de l’option exprimée par un nombre important de Députés et de Sénateurs pour la formation d’un conseil électoral provisoire de consensus ou d’un conseil électoral de transition et relayée par la classe politique, compromet toutes chances du Parlement de répondre positivement à votre demande », écrit le président du Sénat. Tout en se disant attaché à la volonté de Michel Martelly de doter le pays d’un CEP permanent, le leader du Grand Corps rappelle à l’intéressé qu’il s’était exposé à de sévères critiques lorsqu’il s’était engagé en faveur de l’entrée en vigueur de la version amendée de la constitution de 1987. « Le peuple ne veut et ne peut être assujetti qu’à la raison ou à la justice », estime Dieuseul Simon Desras qui met en garde contre les risques d’une remise en cause de l’autorité de l’Etat. Ce désaveu de celui qui était devenu, ces derniers mois, l’un de ses principaux alliés sur un sujet très controversé, met à mal davantage le projet du chef de l’Etat de confier l’organisation des prochaines élections sénatoriales, municipales et locales à un CEP contesté à la base qui pourrait ne compter dans ses rangs que les représentants de l’Exécutif et d’un CSPJ dans la tourmente. spp/Radio Kiskeya http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article9047

La communauté de communes va inaugurer l’école financée à Haïti

En septembre sera inaugurée à Montagne-La-Voûte, dans le département du sud-est de l’île d’Haïti, une école fondamentale capable d’accueillir entre 250 et 300 petits Haïtiens.
L’établissement est financé par la Communauté de communes du Pays de Gex (CCPG). Celle-ci consacre, chaque année, un centime d’euro par mètre cube d’eau consommé à des actions humanitaires. À son actif, la réalisation d’une adduction d’eau dans un village déshérité du Togo, grâce à un barrage et à un système de distribution par bornes-fontaines. Désormais les femmes de Danyi-Dzogbegan et les 3600 habitants, n’ont plus besoin d’aller chercher l’eau à 1200 mètres du village En 2011, la CCPG s’est engagée à financer, à hauteur de 325 000 euros, la construction de cette école, au bénéfice de la communauté des Sœurs spiritaines de Jacmel, le maître de l’ouvrage étant l’ONG “Hydraulique sans Frontières” (HSF), basée à Chambéry – qui a déjà construit une citerne de 200 m³ en 2005 – accompagnée d’un cabinet d’architecte chambérien, Cooperim qui travaille bénévolement, comme la grande majorité des intervenants, avec un permanent sur le site depuis novembre 2011. Cette école est implantée sur un terrain pentu à 25 % de 2700 m², acquis par la communauté religieuse. Il englobe trois bâtiments accueillant six classes de 51 m², un bâtiment administratif avec salle des professeurs, une bibliothèque et un petit hébergement des enseignants. Un préau, des sanitaires séparés garçons et filles, un sanitaire pour handicapés, une citerne et deux fosses septiques, des panneaux solaires et un bâtiment faisant office de gîte/habitation complètent ce beau projet à vocation humanitaire. Des problèmes à résoudre Des problèmes liés aux constructions antisismiques ont demandé, outre les calculs et dispositions constructives spécifiques, un encadrement strict de l’entreprise pour le façonnage, la mise en place des aciers, la qualité du béton et sa mise en œuvre. D’où la mise en place d’un atelier de préfabrication des poutrelles, les plans de ferraillage ont dû être adaptés au diamètre des aciers disponibles sur place, alors que la réalisation des terrassements s’est heurtée à la disponibilité incertaine des engins. Une délégation de la CCPG et de son département “eau & assainissement” devrait se rendre, aux frais des participants, à l’inauguration de cette école vers le 15 septembre. Montagne-La-Voûte (15 000 à 20 000 habitants répartis dans plus de 2000 maisons étagées entre 600 et 900 mètres), est une section de la commune de Jacmel, à environ 80 km de Port-au-Prince. À l’inverse de Jacmel, Montagne-La-Voûte a été peu touchée par le séisme de 2010, le risque de cyclone y est modéré, mais réel. Selon le Ministère haïtien de l’Éducation nationale, sur les 4772 écoles du pays, 20 % sont intactes, 60 % sont détruites et inutilisables et 20 % ont été endommagées, mais les parents refusent d’y scolariser leurs enfants. 38 000 écoliers et 1300 enseignants ont péri dans le tremblement de terre. par Gérard DOUS le 14/08/2012 à 06:01 Vu 120 fois http://www.ledauphine.com/ain/2012/08/13/la-ccpg-va-inaugurer-l-ecole-qu-elle-a-financee-en-haiti#jimage=571B17E4-9799-4D2C-9EF4-8F5329B5E698

Les barreaux d’Haïti réclament la haute cour de justice pour le président du CSPJ

Dans une résolution adoptée à l’issue d’une assemblée extraordinaire portant sur la crise née du choix contesté des éventuels représentants du conseil supérieur du pouvoir judiciaire au potentiel conseil électoral permanent, les bâtonniers de la république réunis au sein de la FBH qualifient de forfaiture l’attitude de Me Anel Alexis Joseph et annoncent des sanctions contre les hommes de loi travaillant comme conseillers du pouvoir Publié le lundi 13 août 2012 La fédération des barreaux d’Haïti (FBH) a confirmé lundi le retrait de son représentant au sein du CSPJ et engagé des démarches visant à déclencher une procédure de mise en accusation au Parlement du président de l’organe de contrôle du pouvoir judiciaire, Me Anel Alexis Joseph, lors d’une assemblée générale extraordinaire consacrée à la crise au CSPJ qui réunissait les différents bâtonniers du pays. Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les membres des barreaux de la république ont décidé d’écrire à la Chambre des Députés pour lui demander de lancer pour forfaiture la procédure de mise en accusation de Me Joseph qui pourrait être jugée par la haute cour de justice. Egalement président de la Cour de cassation, le septuagénaire est au cœur d’une vive controverse ayant débouché sur la démission de deux membres du CSPJ depuis sa décision unilatérale de communiquer à l’Exécutif la liste de trois membres potentiels du CEP permanent, approuvée au cours d’un vote auquel avaient pris part quatre des neuf magistrats alors en fonction. Le secrétaire du barreau de Port-au-Prince et de la FBH, Me Stanley Gaston, a indiqué que la résolution prévoit également de ne plus inscrire au tableau de leur ordre respectif les noms des avocats partie prenante de la crise actuelle à cause de leur statut de conseiller du gouvernement Martelly/Lamothe. Pour sa part, le vice-président de la fédération des barreaux d’Haïti, Me Jacques Létang, s’est montré intraitable sur ce point en dégageant les significations profondes de la résolution adoptée. L’avocat croit que Me Anel Alexis Joseph, du haut de ses fonctions prestigieuses, n’a pas du tout compris le contenu de l’article 13 de la loi portant création du conseil supérieur du pouvoir judiciaire. Egalement présent à cette assemblée, le représentant démissionnaire de la FBH au sein du CSPJ, Me Néhémie Joseph, a apporté un démenti catégorique aux rumeurs faisant état d’une reprise du vote dans des conditions régulières après le tollé qu’avait provoqué la manœuvre du président. Le bâtonnier de l’ordre des avocats des Gonaïves (Artibonite, nord) reste fidèle à sa position en réclamant l’aboutissement des investigations dont faisaient l’objet les douze présélectionnés du CSPJ et la tenue d’un nouveau scrutin destiné à désigner, en toute transparence, les trois candidats habilités à siéger au futur conseil électoral. La radicalisation de la position des barreaux de la république risque de compromettre l’avenir du CSPJ tel que constitué aujourd’hui et de son président déjà très décrié. Outre, Me Néhémie Joseph, la représentante du secteur des droits humains, Me Dilia Lemaire, a également jeté l’éponge en exprimant son dégoût devant la dépendance scandaleuse vis-à-vis de la Présidence de l’organisme ayant justement pour mission de donner naissance à une justice indépendante. spp/Radio Kiskeya http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article9048

Haïti : La réouverture du port des Gonaïves, un bon signe ?

Correspondance Exalus Mergenat Gonaïves, 13 août 2012 [AlterPresse] --- La reprise prochaine des activités au wharf des Gonaïves (Artibonite, à 171 km au nord de Port-au-Prince) est un bon signe pour la ville, estime le président de l’association des brokers et débardeurs des Gonaïves, Saint Justin Rémy, dans une interview accordée à AlterPresse. Avec la réouverture du port des Gonaïves, synonyme de la reprise des activités économiques dans la ville, la situation socio-économique difficile - que connait la ville des Gonaïves - pourrait s’améliorer, espère Rémy. Il dit attendre aussi, des autorités gouvernementales, la reconstruction du centre commercial dans la ville et la construction d’un complexe administratif, indispensables pour le port. Le port des Gonaïves - qui constitue l’un des principaux pôles d’activités économiques créatrices d’emplois dans le chef-lieu du departement de l’Artibonite - a été sévèrement endommagé lors du passage des cyclones Hanna et Ike en 2008, des cyclones qui avaient détruit la quasi-totalité des infrastructures de la Cité de l’indépendance. Des travaux, en vue de la réhabilitation de ce port, sont en cours d’exécution depuis environ un mois, constate l’agence en ligne AlterPrresse. Des engins mécaniques du centre national des équipements (Cne) et du ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc), installés sur un navire, effectuent des travaux de dragage dans la baie, afin de permettre prochainement à des bateaux de commerce d’accoster. Des travaux de rénovation du quai de débarquement sont pratiquement terminés. Le directeur général de l’autorité portuaire nationale (Apn), Alix Célestin, qui a visité le mardi 7 août 2012 le port des Gonaïves, se réjouit de l’état d’avancement des travaux. « Il nous reste maintenant la réhabilitation des bureaux, les toilettes et l’établissement d’un système de sécurité qui nous garantit d’avoir la certification de International ship and port security (Isps) [Ndlr : qui est un code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires]. Nous allons aussi installer un système d’électrification du port », promet la direction générale de l’Apn). Célestin évoque également des discussions avec le service maritime et de navigation d’Haïti (Semanah) pour l’installation d’un phare. Déjà, plusieurs bateaux attendent, à environ 400 mètres du port dans la baie des Gonaïves, l’autorisation des responsables de l’autorité portuaire nationale pour procéder au débarquement de leurs marchandises. La réhabilitation du port des Gonaïves a été l’une des principales revendications des milliers de gonaïviennes et gonaïviens, qui ont marché pacifiquement le 9 juillet 2012, à l’initiative de diverses organisations sociales, pour exiger du gouvernement du premier ministre Laurent Salvador Lamothe le respect de certaines promesses faite à la population de l’Artibonite. [em kft rc apr 13/08/2012 12:25] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13223

Haïti : Une association de la diaspora investit à Grand-Goâve

P-au-P, 13 août 2012 [AlterPresse] --- L’association haïtienne de la diaspora, Konbit Nèg Lakay (en anglais Rockland County Haïti Relief) a ouvert, le vendredi 10 août 2012, un centre communautaire et lancé la construction d’une maison écotouristique dans la communauté de Grand-Groȃve (à quelques dizaines de kilomètres au sud de la capitale), a observe l’agence en ligne AlterPresse. Avec un laboratoire informatique d’une dizaine d’ordinateurs, ce centre communautaire doit permettre à la population locale d’avoir accès aux technologies d’information et de la communication (Tic). Le centre doit aussi accueillir un programme du soir pour des enfants en difficulté et un programme d’alphabétisation pour les femmes. Dans la foulée de cette inauguration, l’association a posé la première pierre de la construction d’une maison écotouristique devant être achevée en avril 2013. Les deux constructions entrent dans le cadre d’un projet, estimé à 500 mille dollars américains (US $ 1.00 = 43.00 gourdes ; 1 euro = 58.00 gourdes aujourd’hui) sur un terrain reçu en don. « La construction du premier centre écotouristque à Grand-Goȃve contribuera à générer plusieurs emplois dans la zone, permettant ainsi à la population de faire face aux diverses exigences de la vie », anticipe le président de Konbit Nèg lakay, Reynold Julien. A côté de la culture de la canne-à-sucre, du mais et de la banane, la pêche constitue l’une des sources de revenus de la population de cette localité, vulnérable et enclavée. Julien voit, dans la construction du centre communautaire et de la maison ecotoursitique, une sorte de leitmotiv au développement du tourisme dans cette communauté et une valeur ajoutée aux potentialités de la zone, caractérisée par des cotes baignées par la mer. « Il n’y a aucune raison pour que Grand-Goȃve soit dans un pareil état, alors que la richesse nous entoure. Ce n’est pas possible que la population ne vive pas mieux », affirme-t-il. « L’un des obstacles, rencontrés par l’association, a été de trouver un espace adéquat pour implanter le projet », souligne la coordonnatrice de Konbit Nèg Lakay, Sandra Otts. Sandra Otts se félicite du cadre choisi, lequel servira à la fois la communauté et les potentiels visiteurs. Pour sa part, formant des vœux pour une concrétisation des promesses de Konbit Nèg Lakay, le directeur général du ministère des Haïtiens vivant à l’étranger (Mhave), Antoine Augustin, se dit impatient d’assister à l’inauguration de la maison écotouristique en 2013. « La diaspora ne devrait pas seulement constituer un creuset pour donner, mais elle peut servir également de créateur d’emplois afin de fructifier des capitaux. Parce qu’il n’y a aucun mal à ce qu’une personne investisse de l’argent dans son propre pays », considère Augustin. Environ 2 millions d’ Haïtiennes et d’ Haïtiens vivent à l’étranger, notamment aux États-Unis d’Amérique, selon des chiffres officiels. [jep kft gp apr 13/08/2012 11:30] http://www.alterpresse.org/spip.php?article13221

Haïti-Société : A quand la fin de la marginalisation du vaudou ?

Hier à 06h47 | Par Jhonson MARDY Le vaudou, bien qu’étant une religion ancestrale, a subi et continue encore de subir une certaine incompréhension frisant l’hostilité haineuse de la part des autorités, de la population... Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, il reste marginalisé. Coup d’œil rétrospectif et réflexif sur le vaudou haïtien Après l’extermination des premiers habitants de l'île d’Haïti, les colonisateurs firent venir des esclaves noirs capturés dans leur pays d’origine en Afrique en vue d’assurer la continuité de l’exploitation. Pendant la période coloniale, ils ont imposé les valeurs européennes et le catholicisme romain aux esclaves. Ces derniers furent forcés d’adorer leurs dieux africains clandestinement et de cacher leurs attachements viscéraux à la religion ancestrale (réf 1). Arrachés, abaissés, il ne restait que la croyance comme chose commune à ces hommes. Leur liberté était restreinte mais les colons n’étaient pas en mesure de contrôler leur pensée. A chaque moment, leurs dieux étaient présents dans leur esprit, ils formaient un seul et unique corps. A cet effet, la religion devint l’élément catalyseur transformant la résistance individuelle en une résistance collective. Indubitablement, le vaudou a joué un rôle capital dans la révolte des esclaves. Ainsi se justifie l'opinion du Docteur Jean Price Mars : « Pendant les treize années de violences, de privations, de tortures, les nègres puisèrent dans leur foi aux dieux d'Afrique l'héroïsme qui leur fit affronter la mort et réaliser le miracle de 1804(réf 2). Les leaders charismatiques comme Makandal, Hyacinthe, Boukman, Biassou conciliaient deux fonctions : l’une militaire, l’autre religieuse. Pour convaincre les esclaves, ils ont compris qu’il fallait avant tout faire partie intégrante de leur culte. Ils se sont servis des croyances pour pouvoir asseoir leur prestige. Musulman de naissance, Makandal n’inspirait pas trop confiance à ses pairs qui voyaient en lui un redoutable sorcier. C'est lui qui fut à l'origine de la célèbre cérémonie du bois Caïman (14 août 1791), donnant aux esclaves toute l'énergie qui les conduisait sur le chemin de la liberté. Il apporta le courage manquant à certains de ces guerriers en leur faisant croire que les balles des blancs ne pouvaient pas les atteindre (réf 3). Né dans la clandestinité, le vaudou haïtien est un mélange du vaudou d’Afrique de l'Ouest et du folklore religieux chrétien. Tout au long de l’histoire d’Haïti, le vaudou ne jouissait d'aucune reconnaissance légale jusqu’à récemment. Il fut victime de persécution de toutes sortes de la part des colons qui considéraient les pratiques du vaudou comme barbares et menaçantes pour la sécurité même du système. Il est persécuté pour la plupart du temps par les personnages qui vont se succéder à la tête du nouvel Etat noir, voulant se démarquer des pratiques ancestrales, blanchir la culture haïtienne. Le vaudou s'est vu abandonné et méprisé par une bonne partie de la population. A cela s’ajoute le fait qu’au fil des années, le vaudou n’est plus utilisé à bon escient avec les pratiques de la sorcellerie comme la zombification, le loup-garou qui ont des conséquences néfastes sur la société haïtienne. En effet, rares sont ceux qui se disent « vodouisants» même si, pour bon nombre de sociologues, la plupart des Haïtiens pratiquent le vaudou à des degrés divers. Du fait de ses origines, le vaudou haïtien est sans nul doute l’aboutissement de diverses croyances. Le vaudou intégra des éléments des religions africaines avec le culte des saints dans la religion catholique. On peut considérer la célèbre cérémonie du bois-Caïman qui conduisit à la libération des esclaves comme l’une des pratiques marquant le Vaudou haïtien. Le vaudou haïtien se caractérise par des pratiques particulières, étranges et même « mystiques » si bien qu’on peut se demander s’il s’agit d’une véritable religion ou d’une simple conception du monde. Pour ses adeptes, c’est une religion à part entière devant jouir les mêmes privilèges que les autres. Signalons toutefois qu’il n’existe aucune définition de la religion acceptée à l’unanimité Cependant, on peut identifier bon nombre d’éléments couramment invoqués parmi les nombreuses définitions données tels que : croyances, pratiques, affiliations et institutions afférentes. Au regard de ces éléments classiques de la religion, le vaudou en est-il une ? Le vaudou est un « système complexe de connaissances qui n’a rien à voir avec les visions simplistes qui consistent soit à planter des aiguilles dans des poupées ou à transformer des innocents en zombies. C’est une forme organisée de support communautaire qui apporte une signification à l’expérience humaine en relation avec les forces naturelles et supranaturelles de l’univers. » (Réf 4). Ces derniers croient en un en « Être suprême identifié au Dieu des chrétiens et qu'ils appellent le "Bondye" en créole. Toutefois, le "Bondye" vodou ne s'immisce pas dans les affaires humaines. Il est plutôt une figure royale déléguant ses pouvoirs aux saints, esprits et "lwas". Ceux-ci agissent comme ses plénipotentiaires. » (Réf 5). Ils sont généralement assimilés aux saints de la religion catholique romaine. La consécration juridique du Vaudou Comme évoqué ci-dessus, le vaudou n’était pas reconnu légalement comme une religion à une date encore récente. C’est ainsi que les prêtres et adeptes du vaudou ne jouissaient d’aucune reconnaissance de la part de l’Etat. Ce qui faisait du vaudou une simple pratique clandestine au regard de la loi. Le décret-loi du 5 septembre 1935 le comptait même parmi les croyances superstitieuses prohibées. L’on comprend bien que la liberté de conscience et de religion n’était pas respectée. Cependant, on a assisté à un éveil de conscience à partir de 1986 car la liberté de religion est l'un des aspects les plus révélateurs de la Constitution haïtienne du 29 mars 1987, stipulant en son article 30 que « toutes les religions et tous les cultes sont libres. Toute personne a le droit de professer sa religion et son culte, pourvu que l'exercice de ce droit ne trouble pas l'ordre et la paix publics. » L’article 297, avant son abrogation par l’amendement controversé de la constitution, abolissait aussi « toutes les Lois, tous les Décrets-Lois, tous les Décrets restreignant arbitrairement les droits et libertés fondamentaux des citoyens» dont celui du 5 septembre 1935. L’abrogation de cet article inquiète les responsables du vodou au plus haut niveau. En avril 2003, l’ex-président Jean-Bertrand Aristide a publié un arrêté reconnaissant le vaudou « comme religion à part entière, devant remplir sa mission sur le territoire national en conformité à la Constitution et aux lois de la République.» (Art 1.) Par cet acte, Aristide a témoigné, dans une certaine mesure, de la volonté de l’Etat de placer le vaudou sous la protection des lois et institutions du pays au même titre que toutes les autres religions. En son article 5, le décret autorise « le chef de culte vodou, responsable d’un temple ou d’un haut lieu sacré…à prêter serment par devant le doyen du Tribunal Civil de son ressort. Une fois assermentés, les Chefs de culte vodou peuvent être habilités à célébrer baptêmes, mariages et funérailles. » Dans les faits, malgré cette reconnaissance, le vaudou a toujours fait face une discrimination comme par le passé. Le vaudou, une religion marginalisée Au XIX siècle, le vaudou était assimilé à du barbarisme par les occidentaux. Il connaitra des heures sombres et sera diabolisé. Au moment de l’esclavage, le code noir en 1685 a introduit une méthode pour réprimer le vaudou. Cette répression ne sera jamais interrompue, car plusieurs décrets et ordonnances ont érigé le vaudou comme pratique sorcière. Des crimes de sortilège et crimes de rébellion se confondent peu à peu. Toussaint LOUVERTURE interdît tout rassemblement nocturne dans les bourgs sous peine de punitions corporelles et de peines de prison. En réalité, c’est une mesure qui tendait beaucoup plus à prohiber le vaudou. Son successeur Jean Jacques Dessalines, lui, fît exécuter certains vodouisants pour semer la crainte en leur sein. Ainsi, il les obligea à abandonner la pratique. Après Dessalines, le gouvernement de Boyer a adopté un code rural en 1826 qui qualifiait la pratique du vaudou de superstition. Elle sera une nouvelle fois condamnée. L’article 246 du code pénal du 11 août 1835 précise : « Est aussi qualifié attentat à la vie d’une personne, par empoisonnement, l’emploi qui sera fait contre elle de substances qui, sans donner la mort, auront produit un effet léthargique plus ou moins prolongé, de quelque manière que ces substances aient été employées et quelles qu’en aient été les suites. Si par la suite de cet état léthargique, la personne a été inhumée, l’attentat sera qualifié d’assassinat. » Au début du 20ième siècle, le vaudou a été utilisé comme prétexte par les américains pour occuper le pays. Ils voulaient éradiquer le vaudou car selon eux, c’est le vaudou qui rendait plus difficile la lutte contre les cacos, un groupe rebelle dans le pays à cette époque. Selon les américains, tous les chefs cacos furent des prêtres vaudou. Les politiciens ont trouvé également dans le vaudou un prétexte de choix pour diviser les haïtiens. Les intellectuels haïtiens eux-mêmes ne voulaient surtout pas qu’on les associe à ces pratiques qu’ils qualifient « d’africaines ». Le vaudou a donc servi de justification pour le système de « caste » qui prévalait en Haïti. Soulignons le cas anecdotique de l’empereur Faustin Soulouque, grand adepte du vaudou qui fut en même temps l’un de ses principaux bourreaux, si l’on croit Alfred Malraux dans son ouvrage « le vaudou haïtien » Quant à François Duvalier, il a « su utiliser tout l’imaginaire du vaudou pour asseoir son pouvoir. Il utilisait le côté le plus extrême du vaudou pour faire croire au peuple que son pouvoir avait quelque chose qui relevait du mystère. Il organisait de grandes cérémonies de vaudou auxquelles devait assister son gouvernement. » (Réf 6) Ainsi, le départ du Président Jean-Claude Duvalier en 1986 a entraîné de violentes persécutions à l’encontre des vodouisants. Les rapports entre le vaudou et le christianisme ont toujours été conflictuels. L’église catholique a toujours qualifié de pratique sorcière le vaudou. Pour l’église protestante, le vaudou est toujours assimilé à de la sorcellerie. Les adeptes du vaudou sont également victimes de persécutions en cas de malheur. C’est ainsi que lors du séisme du 12 janvier 2010, ils ont été accusés d’être à l’origine du séisme qui a dévasté le pays. Ces accusations ont viré à des violences lorsque des groupes de chrétiens évangélistes ont jeté des pierres sur les participants à une cérémonie vaudou. Plus récemment, lors de la flambée de cholera meurtrière en Haïti, des prêtres vaudou ont été battus à coups de machette et de pierre avant d’être brûlés dans la rue. Malgré les appels des autorités, les pratiquants du vaudou ont été soit lynchés, soit tués à coup de machettes par la population qui les accuse d’être à l’origine de la propagation de la maladie en jetant des sorts ou en répandant de la poudre mystique. De son coté, le chef suprême du vaudou, Max Beauvoir, « s'est plaint de ce que la police et les autorités ne faisaient pas tout ce qu'il fallait pour empêcher les lynchages et pour punir leurs auteurs » (réf 7). Donc du fait de ces persécutions, nombreux sont les vodouisants qui ont encore aujourd’hui une certaine réticence à affirmer leur croyance religieuse au risque d’être persécutés. Nonobstant, pour certains, c’est aléatoire de vouloir considérer le vaudou comme une minorité religieuse en Haïti, car il représente « l’identité haïtienne » par rapport à notre histoire de peuple mais dire que la plupart des Haïtiens sont vodouisants est aussi fausse. Minorité ou majorité : cela importe peu. Mais il nous faut cultiver davantage l’esprit d’amour, de tolérance et de paix. Eduquer la population, c’est l’une des conditions sine qua non pour que le vaudou cesse d’être marginalisé. Mais dans l’imaginaire haïtien, est-il possible véritablement de faire une démarcation entre le vaudou et la sorcellerie ? C’est là que le bât blesse ! Réf 1- Source : Microsoft Africana, 2000 Réf 2 Docteur Jean Price MARS Ainsi parla l'Oncle Réf 3- Source: http://www.haiti-reference.com/religion/vodou/vodou.html Réf 4- Source : Microsoft Africana, 2000 Réf 5- http://www.haiti-reference.com/religion/vodou/pantheon.php http://afriquepluriel.ruwenzori.net/vaudou.htm Réf 6- Le vaudou haitien (imc.mbhs.edu/forlang/Haiti/Le%20vaudou%20haitien%20.doc) Réf http://www.haiti-reference.com/religion/vodou/pantheon.php http://www.bibliomonde.net/donnee/haiti-religions-287.html Réf 7- http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101223.OBS5175/haiti Source:Bonzouti.com http://bonzouti.com/actualite/actualite-No1455-Haiti-Societe-A-quand-la-fin-de-la-marginalisation-du-vaudou-.html