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dimanche 27 janvier 2008

FRANKETIENNE ...Sa vie, son intimité, ses théories...

On a beaucoup élaboré sur le thème de la spirale. Frankétienne ne s'est jamais lassé de montrer avec enthousiasme les liens dynamiques entre l'énergie, le temps, l'espace et des interrelations entre l'homme et la nature qui l'environne. Le numéro hors-série de Raj Magazine a la vertu de nous montrer le rapport existant entre la vie, l'époque et l'oeuvre. Comme une vivante illustration de l'esthétique du délabrement.
Frankétienne, un look à la Victor Hugo comme dans l'art d'être grand-père.
Le numéro hors-série de « Raj Magazine » qui vient de sortir est un exemple inédit dans un contexte général où les grands ténors du spectacle occupent le haut du pavé médiatique. Titrée : « Franck Etienne l'Immortel » la revue passe loin de ce qui, par ces temps de modernité un peu mal articulée, attire les grandes foules. Elle présente un écrivain qui bouscule les données traditionnelles du verbe. Rose-Adèle Joachin, P-DG de « Raj Magazine », a refusé la facilité mondaine pour nous présenter l'auteur d'Ultravocal dans ses multiples dimensions.
De la présentation graphique aux textes bien diversifiés, le lecteur éprouve un plaisir du regard et une jouissance rare de la lecture. Il ne s'agit pas simplement de « vulgariser les points forts d'une oeuvre qui a toujours provoqué des ondes de choc. » Il est question aussi de pénétrer à l'intérieur d'un travail littéraire et artistique non pas dans la complexe élaboration théorique, mais par une grande démarche soutenue, de page en page, en vue d'exposer les multiples facettes d'un homme, ses rêves et sa prométhéenne volonté.

Une photo-souvenir : l'écrivain le jour de son mariage avec Marie-Andrée.

Les responsables de Raj Magazine, à travers photos, textes, témoignages, entrevues et autres illustrations nous font pénétrer dans l'univers chaotique d'une écriture de contingence sans tentative trop intellectuelle de tout dire sur celui qu'on appelle « le maître à penser du spiralisme ».
On a beaucoup élaboré sur le thème de la spirale. Frankétienne ne s'est jamais lassé de montrer les liens dynamiques de l'énergie, du temps, de l'espace et des interrelations entre l'homme et la nature qui l'environne. Le numéro de Raj Magazine a la vertu d'illustrer le rapport existant entre la vie, l'époque et l'oeuvre de Frankétienne. Comme une esthétique du délabrement.
Le lecteur apprend que Franck Etienne est né le 12 avril 1936 à Ravine Sèche, petit village de l'Artibonite. L'écrivain confie qu'il a toujours écrit contre la nuit. Bien que cette dernière et ses apparats soit une constante dans ses oeuvres.

Michèle D. Pierre Louis : Frankétienne lui fait découvrir dans les années 60 Cahier du retour au pays natal de Césaire.

Comme une manière à la fois jouissive et risquée de trouver le domaine originel de la lumière. Personne n'oublie l'immense travail accompli par Frankétienne dans le domaine de la littérature créole en Haïti. Il est un précurseur de la créolité dans la Caraïbe.Quand on découvre une revue qui met tout cela en contexte et esquisse le portrait multiple du rebelle, du décrypteur de signes, du grand lyrique de la couleur et des formes, de l'adepte du collage et du théoricien de la musique du monde et de son corps, nous éprouvons un sentiment de bonheur de lire les propos d'un homme qui proclame le temps des vérités dans un pays encore replié sur lui-même.
Il sont plusieurs à rendre hommage à Frankétienne. Philippe Bernard tente une brève histoire littéraire et politique de l'écrivain. Anaïse Chavenet n'hésite pas à employer le mot « énorme » pour traduire ce qu'elle pense de l'auteur de « Dezafi ». Paula Clermont Péan fait le rapprochement, sur le plan théâtral, entre Frankétienne et Samuel Becket. Valérie Armand place l'écriture de « Mur à Crever » contre le dépérissement de l'homme et la décrépitude des choses.
Paula Clermont-Péan; l'art de Frankétienne: un hymne à la vie.
Prince Guetjens remonte aux années 60 avec les premiers recueils pour mieux comprendre un itinéraire qui sera, plus tard, bousculé dans la vitesse du monde moderne. Michèle D. Pierre Louis se rappelle de l'écrivain qu'elle découvre, à 18 ans, sur les hauteurs du Bel Air, en pleine dictature duvaliériste. Jobnel Pierre, Henry Robert Jolibois, Dominique Batraville donnent librement leurs opinions sur l'homme et son œuvre avec un brio qui révèle une nouveauté de la critique haïtienne contemporaine.
Frankétienne se met à nu dans une entrevue autour de « l'homme mystique ». Il parle des univers parallèles, du vaudou, de la réincarnation, de la solitude, de ses efforts de transcendance. Il avoue n'être pas un saint, « traversé aussi par de mauvaises idées » qu'il transcende souvent en vue de se rapprocher de « l'entité divine. »La part d'intimité et de vérité de foyer de l'auteur est réservée à Marie Andrée Manuel Etienne qui nous révèle la tendresse de l'époux, les attentions du père, les obsessions de l'écrivain, la boulimie du peintre, les dédoublements de l'homme de théâtre. « Ce génial mégalomane n'engage jamais de polémique, confirme Marie Andrée Manuel Etienne. Il se contente d'encaisser les coups et de répondre par son travail. »
Un des proches de travail de Frankétienne, le romancier Jean-Claude Fignolé, se souvient qu'il faisait régulièrement la fête chez lui. Le texte de Jean Max St-Fleur donne des précisions sur la maladie qui a failli emporter l'écrivain : le cancer de la prostate. Rose Adèle Joachin est allée un peu plus loin avec le « maître » qui donne plus de précision sur son métier d'écrivain qui n'observe aucune régularité textuelle.

Le romancier Jean Claude Fignolé, un des compagnons de Frankétienne dans l'aventure spiraliste.
Les nombreuses photographies de Frankétienne qui illustrent le numéro hors-série de Raj Magazine le montrent serein, rieur, possédé par un feu, protecteur avec son fils, barbu comme le Victor Hugo de « l'exil infâme », jeune marié souriant et sexagénaire en grande confiance près de ses miniatures encadrés.

Ce numéro hors-série a une importance capitale pour tous ceux qui veulent mieux comprendre le théoricien du spiralisme. Il donne des repères biographiques et bibliographiques indispensables à une connaissance de proximité de celui qui avait le nom prédestiné et superbement significatif de Jean Pierre Basilic Dantor Franck Etienne Dargent. Eh,oui !








Léogâne perd son sirop

A Léogâne, la canne à sucre perd ses droits séculaires. Les moulins broient du noir, faute de matière première. Pour produire le clairin, l'un des plus importants sous-produits de la filière, des guildiviers se tournent vers Saint-Michel de l'Attalaye ou Mirebalais pour trouver du sirop. Quel signe des temps !
« Nous sommes obligés d'aller chercher du sirop à Mirebalais et à Saint-Michel de l'Attalaye pour la fabrication du clairin », explique, révolté, un guildivier de Baussan, une localité de Léogâne qui compte à elle seule pas moins d'une vingtaine de moulins et de distilleries.

Des barils plutôt vides à l'intérieur d'un moulin à Léogâne (Photo: Roberson Alphonse)
« La production de canne à sucre a chuté », poursuit-il adossé tel un soldat vaincu à un pan de mur. « Les ateliers de production de sirop et de clairin sont en voie de disparition puisque la matière première est presque que inexistante. Plusieurs ateliers ont dû fermer boutique », ajoute-t-il avec insistance comme pour tirer la sonnette d'alarme sur l'imminence de ce qu'il appelle « la débâcle de Léogâne ».

Des guildiviers au repos attendant la réparation d'une guidiverie à Baussan

(Photo: Roberson Alphonse)

Manifestement déçu, il explique d'un air tristounet que les agriculteurs abandonnent de plus en plus leurs champs, quand ils ne les vendent pas au prix fort à des « diasporas » en mal d'affirmation de réussite économique pour y construire d'énormes bâtisses en béton. « Les averses de la fin de 2007 qui ont détruit des dizaines d'hectares plantés en canne à sucre ont contribué également à la descente aux enfers de la filière dans la cité d'Anacaona », reconnaît-il sous les yeux consentant de collègues léogânais. Moins de canne, moins de sirop

Pour fabriquer le clairin de type « Nazon » ou « Mazoute », les guildiviers sont obligés de payer les yeux de la tête pour se procurer du sirop produit à St-Michel de l'Attalaye ou à Mirebalais alors que Léogâne, il y a moins de dix ans, constituait l'un des endroits les plus importants pour la canne et ses sous-produits. « Aujourd'hui, nous trouvons difficilement le sirop et le baril nous en coûte entre 2 000 à 2 500 gourdes », confie un charbonnier assis sur une chaise en paille à côté d'une guildive en réparation à Dessources, première section communale de Léogâne. Les plantations de canne à sucre diminuent considérablement dans la plaine de Léogâne

Pourtant, la canne à sucre et ses sous-produits, bien qu'artisanaux, rapportaient autrefois beaucoup aux agriculteurs. Ils peuvent toujours leur apporter gros. Ainsi, pour seulement 25 centièmes de carreau plantés en canne à sucre, un paysan peut réaliser entre 1 500 à 2 000 dollars haïtiens. « Un carreau planté en canne, selon le type de sol et la qualité de la matière première, peut rapporter près de 8 000 dollars par récolte au paysan », explique Carl Presly Pierre, étudiant en sociologie et propriétaire de plantations de canne à sucre à Léogâne.

Baussan, localité située à Dessources, première section communale de Léogâne, comporte pas moins d'une vingtaine de moulins et de guildiveries (Photo: Roberson Alphonse)

Selon M. Pierre, même si les conditions de transformation sont archaïques, le clairin fabriqué à partir du sirop de canne de Léogâne est très apprécié à travers le pays. C'est une source importante d'entrées d'argent pour les propriétaires de moulins et de guildiveries. A Léogâne, un baril de clairin de type « Nazon » coûte en effet entre 2 000 et 2 500 dollars haïtiens.
Les Léogânais, en dépit de l'odeur du clairin qu'ils ont constamment sous le nez, sont loin d'être saouls quand ils fustigent haut et fort le laxisme des autorités à relancer la production agricole. Ils ne sont pas ivres non plus quand ils crient au secours afin de ne pas perdre leur grande richesse, leur canne cultivée depuis des temps immémoriaux, en un mot tout leur sirop...

Jean Max St Fleur
tmaxner@yahoo.fr

La mairie a-t-elle déjà déposé les armes?

Le printemps dernier, la mairie de Port-au-Prince a déclaré la guerre aux marchands qui occupaient anarchiquement les alentours du stade Sylvio Cator. Aujourd'hui, ces détaillants y sont plus nombreux que jamais. La mairie a-t-elle déjà déposé les armes?
Mécaniciens et marchands (es) de boissons gazeuses, de fritures, de vêtements, etc. réinvestissent depuis tantôt trois semaines les abords du stade Sylvio Cartor. Les agents de la mairie de Port-au-Prince, qui, après l'investiture du Conseil municipal de Port-au-Prince, les chassaient sans ménagement, ont fini par céder. Les agents brillent aujourd'hui par leur absence. Les tap-tap qui assurent le trajet Centre-Ville/Carrefour-Feuilles jouent également leur partition dans le tohu-bohu qui règne autour du stade. Sans se soucier des règlements de la circulation, ils se garent n'importe où.
Les vendeurs et les acheteurs occupent le troittoir, les passants envahissent la chaussée(Photo: François Louis)

Cette situation non seulement dérange et ternit l'image du stade national, elle contredit également les promesses faites par le maire de Port-au-Prince, lors de son investiture, de redorer l'image de la capitale. « Les mendiants sont légion, avait alors clamé haut et fort Muscadin Jean-Yves Jason.
Près de la barrière située à l'angle des rues Oswald Durand et de l'Enterrement, un vendeur ambulant gare son auto pour attirer les clients. D'autres exposent leurs marchandises sur les murs du stade. (Photo: François Louis)
Des bidonvilles poussent comme des champignons. Le Champ de Mars, lieu de mémoire, est souillé par des prostitués (es). Les trottoirs sont envahis par des marchands (es) et des mécaniciens... A cet effet, nous déclarons l'état d'urgence sur Port-au-Prince.»
Aujourd'hui, plus haut et plus fort que lui, des petits (es) commerçants (es) et autres membres du secteur informel réclament les abords du stade et en font leur propriété privée. Ils étalent leurs produits - chaussures usagées, friperies, banane, patate et viande frites, bouquins, haches, eau, boissons gazeuses,etc. - à ciel ouvert. Désormais, plus de Brigade d'Intervention rapide de la mairie pour les en empêcher !
L'année dernière, peu après l'installation de l'actuelle administration municipale, des agents de la mairie, en maillot bleu, exigeaient le respect des règles de stationnement et aidaient à garder la zone propre. Campés à l'angle des rues Oswald Durand et Monseigneur Guilloux, ces agents offraient un service de 6 heures du matin à 6 heures du soir. Quelques mois plus tard, ils disparaissaient... livrant les trottoirs à la multitude de petits (es) marchands (es).
Des pantalons usagés ornent les couloirs d'entrée du stade. (Photo: François Louis)
Le décor planté dans les parages du stade pourrait avoir de graves conséquences sur les activités sportives officielles. Au printemps 2007, une note de la Fédération haïtienne de football laissait entendre que le stade pourrait être interdit par la FIFA d'accueillir toute compétition officielle au cas où son environnement n'était pas assaini et sécurisé.
Les chauffeurs assurant le trajet Centre-Ville/Carrefour-Feuilles envahissant la rue (Photo: François Louis) L'angle des rues Monseigneur Guilloux et Oswald Durand, une importante station pour les chauffeurs assurant le trajet Centre-Ville/Carrefour-Feuilles. (Photo: François Louis)
Au stade où l'on en est aujourd'hui, avec les marchands (es) et les mécaniciens qui envahissent chaque jour davantage les abords du plus grand terrain de foot du pays, les autorités sportives ont raison de s'inquiéter.
Rébecca S. Cadeau
beckypfr@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53305&PubDate=2008-01-27




Lyonel Allen, initiateur du « Samedi culturel » de Petit-Goâve

Le médecin pédiatre, Lyonel Allen, est l'un des initiateurs du « Samedi culturel » de Petit-Goâve, organisé le dernier samedi de chaque mois dans la Cité de Faustin 1er depuis environ un an. Voici l'entrevue qu'il nous a accordée.
Dominique Batraville: Lyonel Allen, vous avez initié depuis un an à Petit- Goâve et ceci tous les derniers samedis du mois, le « Samedi Culturel », quel bilan faites-vous de cet « agora »petit- goâvienne ?
Lyonel Allen : Nous ne pouvons pas parler de bilan pour des activités culturelles dans un pays exsangue comme le nôtre où la majorité des gens sont subjugués par la pression du « primum vivere », le pain quotidien, et où la communication de masse gagne plus rapidement les coeurs et inhibe assez souvent le travail de la pensée, l'activité créatrice.
Nous n'avons ni victoire, ni échec à mettre à notre actif. Nous voulons aménager simplement un espace de création et de réflexion littéraire que nous souhaitons voir s'élargir et même approprier par leurs destinataires : les jeunes. Certes, nous n'avons jamais raté le rendez-vous et nous avions toujours réuni un nombre intéressé d'étudiants et d'élèves qui ont apprécié la qualité des jeunes talents de la ville : poètes, acteurs, diseurs, chanteurs, musiciens qui ont participé activement aux débats après les conférences. C'est donc une semence prometteuse d'arbres de fruits délicieux. Sans tomber dans le vedettariat, nous avons pu bénéficier des services désintéressés d'écrivains et de journalistes dévoués : Jean-Euphèle Milcé, Ketly Mars, Lyonel Trouillot, Adler Jean-Pierre, Marc Exavier, sans oublier le linguiste Claude Pierre.


D B : Qu'est-ce qui pousse encore à maintenir dans votre ville natale cette rencontre intellectuelle mensuelle ?

L A : Nous aimerions voir se décupler l'enthousiasme de certains jeunes épris de choses intellectuelles, les aider à sortir de leur coin, de leur peur de s'affirmer, de se révolter pour des causes justes. Nous cherchons à inciter d'autres jeunes en leur offrant des ateliers de lecture et d'écriture (nous avons déjà commencé), nous voulons voir renaître une vie culturelle dans la cité.
D. B : Quel sera le calendrier 2008 des rencontres du « Samedi culturel » ?
L.A : Nous allons organiser un bouillon culturel à l'occasion de notre première sortie ce samedi 26 janvier. Nous comptons bien faire un peu d'histoire en février et en mars un peu de théologie. Déjà, nous planifions des ateliers sur le théâtre, la peinture et la musique pour sortir un peu du ghetto purement littéraire qui caractérise notre première année.
(Propos recueillis par Dominique Batraville)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53619&PubDate=2008-01-27

Ces Haïtiano-québécois

Impossible de tout répertorier. La diaspora haïtienne au Québec comme ailleurs est incommensurable, dense J'ai parcouru ''Ces Québécois Venus d'Haïti'' avec un regard glouton. Même en s'excitant, en masquant la vérité, je ne vois pas comment l'éditeur Samuel Pierre qui a réalisé ce travail formidable (''Contribution de la Communauté haïtienne à l'édification du Québec moderne'', 545 pages, 2007, Presses Internationales Polytechnique, Canada) aurait pu échapper à l'insatisfaction, aux limites propres à ce genre d'initiative, malgré ses remarquables biographies d'éducateurs, de médecins, d'ingénieurs, d'hommes politiques, d'économistes, d'esprits scientifiques et d'écrivains. Un travail exaltant porté par une grande flamme! Une mine d'informations!
créatrice en tous points, dans tous les secteurs et à travers toutes les générations. Je prends des notes et continuai ma lecture jusqu'au bout de ces 545 pages illustrées de photos avec la même jubilation. Ce n'est pas tous les jours que l'on fait connaissance d'éducateurs comme Lemarec Destin, Bergman Fleury, de médecins comme Yvette Bonny, Marie-Françoise Mégie, Jean Reiher, d'ingénieurs comme Yvon Mouscardy, Maxime Dehoux, Serge Timothée, etc. Certains visages me sont connus : Jean Moisset, Georges Anglade, Maximilien Laroche, Daniel A. Holly, Dany Laferrière, Stanley Péan, Anthony Phelps, etc. Et d'autres sont absents, malheureusement...

Des esprits qui impressionnent par leur formation et leur intelligence. Des compétences éprouvées et qui expliquent à bien des égards, par leur absence sur le sol national, notre médiocrité fonctionnelle, nos carences affligeantes en cadres... Le défi du développement national, lui, reste tragiquement entier. Il faut ouvrir les portes et les bras, il faut imaginer un processus de coopération et de rapatriement. Je sais que beaucoup de nos compatriotes d'outre-mer attendent de nous un signe: la double nationalité. Je sais aussi qu'il existe une certaine opposition interne à cette perspective.
Mais c'est du côté de la critique littéraire, dans mon volumineux ouvrage ''Panorama de la littérature haïtienne de la diaspora'', 500 pages, 2000) que j'ai eu à cet égard mes plus vives émotions. On ne s'arrêterait pas dans la comparaison. Dans le domaine des lettres (roman, poésie, nouvelle, théâtre, critique), j'ai inventorié plus de 120 auteurs d'origine haïtienne évoluant en diaspora, évoluant certes parfois avec succès mais dans des conditions difficiles! On reste sur notre faim. On se dit que ce n'est pas limitatif. Que ce n'est pas ça seulement.

Résistant fermement à l'ingratitude et à l'amnésie coutumières à notre peuple, je tiens à rappeler ma petite contribution solitaire à la promotion de la littérature haïtienne de la diaspora. Si je ne le rappelle pas ici, personne ne le fera. Voilà pour la forme. Aurions-nous lu l'inventaire de Samuel Pierre avant de lire mon bouquin, n'aurions-nous pas été déçus ?
Pierre-Raymond DUMAS

E-mail : padreramonddumas@yahoo.fr
Cell : 557-9628
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=51246&PubDate=2008-01-27

Des policiers haïtiens en formation contre le kidnapping

Un séminaire de formation sur la lutte contre le kidnapping ébuté à l'intention des agents de la Police nationale d'Haïti à Port-au-Prince depuis le 21 janvier 2008. Cette formation supportée par l'Ambassade du Mexique est assurée par des experts mexicains en la matière et durera deux semaines.
« Méthodologie intégrale pour l'attention du délit d'enlèvement », tel est le thème du séminaire de formation organisé à Port-au-Prince par l'Ambassade du Mexique, à l'intention des agents de la Police nationale d'Haïti. Cette formation qui a débuté le 21 janvier prendra fin le 1er février prochain.Elle vise avant tout à munir les policiers haïtiens des techniques nécessaires pour lutter contre le kidnapping dans le pays. Cette initiative est le résultat de nombreuses démarches entreprises par les responsables de la police haïtienne (Direction de formation permanente de la PNH et Direction centrale de la police judiciaire) auprès des autorités mexicaines.

Ainsi, le Ministère de la sécurité publique du Mexique a finalement proposé l'envoi de formateurs de haut niveau pour la formation des policiers du pays sur les techniques de résolution et d'intervention pour faire face aux criminels en cas d'enlèvement, tout en élaborant un programme adapté à la réalité haïtienne relatif à leurs besoins. L'Ambassadeur du Mexique en Haïti, Mme Zadalinda Gonzalez y Reynero dit avoir accordé une grande importance à cette demande qui est aujourd'hui l'objet d'une réponse positive de la part des autorités de son pays. Le Mexique est l'un des pays où le fléau des enlèvements fait beaucoup de ravage. Les autorités mexicaines ont retenu ces dates pour la formation, lors de la célébration de la première réunion de la commission mixte intergouvernementale entre le Mexique et Haïti, le 7 décembre dernier.
D'autres programmes de formations sont prévus au cours de l'année 2008.
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53604&PubDate=2008-01-27