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samedi 8 janvier 2011

L'ONU défend son bilan

Mise à jour le vendredi 7 janvier 2011 à 23 h 32 Les agences humanitaires de l'ONU ont défendu vendredi le bilan de leurs activités en Haïti un an après le séisme dévastateur qui a fait 255 000 morts et 1,9 million de déplacés et de sans-abri.

L'ONU a été accusée ces derniers jours par des ONG dont Oxfam, d'avoir mal coordonné la reconstruction du pays dont les rues sont encore jonchées de débris et où un million de personnes vivent toujours dans des camps de réfugiés.
« Nous avons dû travailler sur un terrain apocalyptique. Nous avons fait un bon et rapide travail étant donné la situation », a expliqué vendredi à Genève, la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Elisabeth Byrs.
Pour l'ONU, l'ampleur de la destruction et le manque de ressources sont tels en Haïti que la reconstruction du pays s'échelonnera sur plusieurs années. Une reconstruction qui s'est butée cette année au deuil et à la désorganisation de centaines de milliers d'habitants, au passage des ouragans Igor et Tomas et à une épidémie de choléra qui a fait près de 3700 morts et des dizaines de milliers de malades à travers le pays.
Qui plus est, la population haïtienne est de plus en plus hostile face à la présence de l'ONU sur le terrain, notamment celle des Casques bleus, que beaucoup d'Haïtiens accusent d'avoir introduit le choléra dans leur pays.
Du côté du Fonds des Nations Unies pour l'enfance, le porte-parole de l'UNICEF, Marixie Mercado, a tenu à rappeler que la réponse internationale aux urgences humanitaires dans ce genre de situation n'est jamais parfaite.
En dépit des problèmes et des ratés qu'ont connus les opérations de l'ONU en Haïti au cours de la dernière année, Marixie Mercado a tenu à rappeler que les efforts de l'ONU ont permis de sauver beaucoup de vies et d'en améliorer beaucoup d'autres.
L'UNICEF et le PAM satisfaits
Pour ce qui est du bilan de l'UNICEF, l'organisation affirme avoir apporté un soutien éducatif à plus de 725 000 enfants dont plusieurs sont allés à l'école pour la première fois de leur vie, a souligné M. Mercado.
Au Programme alimentaire mondial (PAM), la porte-parole, Emilia Casella, a souligné la rapidité avec laquelle son agence a acheminé de l'aide alimentaire aux centaines de milliers de réfugiés du tremblement de terre. « Six semaines après la crise, le PAM distribuait de la nourriture à 4 millions d'Haïtiens. Une crise alimentaire a vraiment été évitée », a insisté Mme Casella.
Selon le PAM, les réserves de nourriture et de matériel accumulées en Haïti par l'ONU ont aussi permis de parer au passage de l'ouragan Tomas et de l'épidémie de choléra.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/07/004-haiti-onu-bilan.shtml

L'épidémie de choléra a fait plus de 3000 morts en Haïti en 2010.

Photo: David Boily, La Presse Agence France-Presse
Port-au-Prince
Inondations, choléra, crise politique: le sort s'acharne sur Haïti depuis le séisme du 12 janvier 2010 qui a tué quelque 250 000 personnes et laissé plus de 1,2 million de sans-abri. Voici un rappel des principaux événements qui ont marqué le pays pendant l'année écoulée:
12 janvier: À 16h53 locales, une secousse de magnitude 7 sur l'échelle du moment (mW) dévaste la capitale Port-au-Prince et sa région. Le pays est pratiquement coupé du monde pendant 24 heures.
15 janvier: Alors que les secours internationaux commencent à arriver, difficilement compte tenu de la destruction du port et de l'aéroport de Port-au-Prince, le Premier ministre haïtien annonce que plus de 15 000 cadavres ont été ramassés.
17 janvier: Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon évoque «la plus grave crise humanitaire» à frapper le monde «depuis des décennies».
19 janvier: Le gouvernement annonce un bilan provisoire de 75 000 morts.
25 janvier: Un ministre prévoit un bilan final de 150 000 morts.
30 janvier: Dix Américains sont arrêtés pour avoir «volé» 33 enfants à la faveur du séisme afin de les ramener aux États-Unis.
9 février: Selon des médecins, un homme a survécu 27 jours sous les décombres.
27 février: Au moins 10 personnes trouvent la mort dans des inondations dans le sud-ouest du pays épargné par le séisme.
31 mars: Les pays membres de l'ONU promettent 5,3 milliards de dollars pour reconstruire Haïti.
20 août: Wyclef Jean, star mondiale du hip-hop, est écarté de la course à la présidentielle.
18 octobre: Des pluies diluviennes font au moins 13 morts et disparus à Port-au-Prince.
21 octobre: Les autorités annoncent qu'une «forme de choléra» est à l'origine de dizaines de décès dans le centre du pays. L'épidémie fera plus de 3000 morts en 2010.
5 novembre: L'ouragan Tomas frappe l'ouest du pays: 21 morts.
15 novembre: Des Casques bleus, accusés d'être à l'origine de l'épidémie de choléra, ouvrent le feu lors de violences qui feront au total 3 morts.
28 novembre: Premier tour des élections présidentielle et législatives.
7 décembre: Proclamation des résultats du scrutin. Des partisans du chanteur Michel Martelly, écarté de justesse du deuxième tour, manifestent violemment dans l'ensemble du pays: 5 morts.
22 décembre: Selon les autorités, au moins 45 «sorciers» accusés d'avoir propagé le choléra ont été lynchés à mort depuis le début de l'épidémie.
http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/haiti-un-an-apres/201101/07/01-4358023-haiti-un-an-de-calamites-depuis-le-seisme.php

«Il reste dans notre coeur»

Publié le 08 janvier 2011
Myriam Bacon

Le Nouvelliste
(Trois-Rivières) «Il reste dans notre coeur et on vit avec ses souvenirs.» Un an après le tremblement de terre qui a secoué Haïti, Denise Proteau-Cossette garde le souvenir de son frère décédé dans le séisme.
L'année dernière, l'ingénieur originaire de Sainte-Anne-de-la-Pérade Richard Proteau était en Haïti où il travaillait à son dernier projet avant de prendre sa retraite. Le 12 janvier 2010, il séjournait à Port-au-Prince pour y récupérer des documents. Quand le séisme est survenu, il parlait au téléphone avec un collègue de travail. Son corps a été retrouvé le 23 janvier dans les décombres de l'hôtel Montana en même temps que la dépouille du député Serge Marcil.
La soeur de Richard Proteau se souvient des jours d'angoisse qui ont suivi le 12 janvier. À ce moment, la famille était sans nouvelles de l'ingénieur. «Dès que le téléphone sonnait, on bondissait», se souvient la soeur de M. Proteau, Denise Proteau-Cossette. «On ne savait pas où il était et on se demandait où il pouvait être. Était-il dans un ravin? Était-il dans une tente de fortune ou dans un hôpital de fortune? Souffrait-il le martyr? Tu ne sais pas. Tout te passe par la tête.»
Mme Cossette se souvient aussi de l'impuissance qu'elle a ressentie. «On est loin. On ne peut pas aller voir.» Puis, quand la nouvelle a été annoncée, «les nerfs sont tombés. On s'en doutait un peu après tant de temps. On savait qu'il ne pouvait pas être vivant ou, s'il l'était, qu'il était en mauvaise posture.» Dans ce type de situation indique-t-elle, «les nerfs tombent, que la nouvelle soit bonne ou mauvaise.»
Un an plus tard, la famille tâche de vivre avec le souvenir d'un événement tragique qui, au moment du premier anniversaire, trouve un écho quotidien dans les médias. «Ce soir, il y a une émission et ils vont parler de Serge Marcil et de ceux qui ont survécu. [...] On ne peut pas fermer la télé. Il faut vivre avec», explique la Trifluvienne.
Alors que l'hiver dernier Mme Cossette aurait aimé pouvoir aller en Haïti pour identifier le corps de son frère, un an plus tard, elle ne désire plus s'y rendre. «Ça ne m'intéresse pas d'aller voir ça, on en a assez vu. Aller voir des ruines où quelqu'un qui est proche de toi est mort... Non, je n'irai pas.»
Les mois passent et Denise Proteau-Cossette peine à trouver un sens à l'événement qui lui a enlevé son frère. «Non, on ne trouve pas de sens. C'est une vie qui a été volée, mais on n'est pas responsable des choses qui arrivent.»
Elle souligne aussi que le projet pour lequel travaillait Richard Proteau devait être, pour lui, le dernier à prendre en charge avant sa retraite. «Il fallait quelqu'un d'expérimenté pour ça. Lui, il avait du vécu.» L'homme avait déjà travaillé sous les bombes dans des coins du monde particulièrement agités. Après le Liban et le Congo, Haïti devait être sa dernière mission. Le jour de l'événement, il avait dû se rendre à Port-au-Prince afin de récupérer des documents. «Il n'était à cet hôtel que pour deux ou trois jours. Le lendemain, il n'y aurait pas été.»
Alors que la période des Fêtes a été particulièrement difficile, la soeur de M. Proteau conclut: «Il nous manque. Le seul réconfort que je trouve, c'est que je me dis qu'il n'a pas traîné dans des hôpitaux de fortune. Il y a juste ça qui me donne du réconfort.»
En avril dernier, le député de Verchères, Stéphane Bergeron, a rendu un hommage à M. Proteau à l'Assemblée nationale. Richard Proteau résidait à Varennes et le député a souligné son dévouement, son engagement ainsi que son empathie.
http://www.cyberpresse.ca/le-nouvelliste/201101/08/01-4358273-il-reste-dans-notre-coeur.php

Haïti: un espoir encore déçu?

Mario Renaud
Un énorme travail a été effectué en Haïti
depuis le 12 janvier 2010.  Mais beaucoup reste à faire.

PHOTO: KENA BETANCUR, REUTERS

L'auteur est directeur général du CECI.
Publié le 08 janvier 2011
Plusieurs d'entre nous ont pensé pendant les Fêtes à nos soeurs et frères d'Haïti vivant dans des conditions précaires depuis un an dans les camps, dans les tentes et abris temporaires.
L'état d'urgence demeure à la suite du séisme, une des plus grandes catastrophes de l'histoire, suivi d'un ouragan dévastateur et, maintenant, d'une épidémie de choléra. En dépit de toutes ces difficultés et celles de la logistique du scrutin présidentiel, comment expliquer que les Haïtiens soient allés voter en si grand nombre le 28 novembre? C'est l'espoir d'un vrai changement et d'une amélioration marquée de leurs conditions sociales et économiques qui les a animés.
Cet espoir sera-t-il encore déçu? Allons-nous nous désintéresser de leur sort pour passer à autre chose? Certes, notre solidarité a pu être éprouvée face à une certaine désorganisation de l'aide internationale, aux retards dans la refondation des institutions et le lancement des travaux de reconstruction. Avant tout, la population haïtienne a besoin que son espoir soit soutenu et accompagné. Nos compatriotes d'origine haïtienne feront tout pour que l'oubli et le désintéressement ne s'installent pas.
Mais il en va aussi de notre propre intérêt. D'abord, la communauté internationale doit s'assurer que le processus politique qui suivra soit démocratique, transparent, juste et équitable en vue d'assurer la légitimité du prochain gouvernement. Il s'agit des ingrédients essentiels pour être en mesure d'amorcer des réformes et poursuivre des efforts de réhabilitation et reconstruction des infrastructures physiques, sociales et institutionnelles du pays.
Le Canada et la communauté internationale investissent de grandes sommes en Haïti (deuxième récipiendaire de l'aide publique canadienne après l'Afghanistan) et on ne peut rester indifférents à notre futur partenaire.
Le prochain gouvernement haïtien ne pourra tout faire seul. Ses effectifs ont été décimés par le séisme et plusieurs sont partis pour aller se trouver un emploi ailleurs. Il devra mettre en place un partenariat solide et effectif avec les organisations de la société civile haïtienne, celles de la diaspora, ainsi qu'avec les organisations internationales pour consolider le plan national de reconstruction dans une perspective de développement durable, équitable, participatif et inclusif. Il devra exercer un vrai leadership pour guider et coordonner les priorités d'action des prochaines années. La communauté internationale devra accompagner ces efforts.
Un énorme travail a été effectué depuis le 12 janvier 2010 par nos partenaires haïtiens, avec notre appui. Mais beaucoup reste à faire. Dès les premières heures après le séisme, des centaines de bénévoles, en grande majorité de la communauté canado-haïtienne, des médecins, infirmières, ingénieurs, architectes, se sont mobilisés pour aller prêter main-forte à leurs compatriotes haïtiens.
Nous sommes témoins depuis plusieurs années des efforts de la population haïtienne pour améliorer son sort en dépit de toutes les difficultés. Cet espoir qui l'anime pour des jours meilleurs, nous le partageons. Il n'y a pas vraiment de raisons qu'Haïti ne s'engage sur la voie d'un vrai développement, que l'économie tant rurale qu'urbaine ne décolle, que la population n'ait accès à des services d'éducation et de santé de qualité.
Pour ce faire, le pays a besoin de la volonté démocratique et du leadership d'un gouvernement légitime, avec l'appui et l'accompagnement de sa population et de la communauté internationale. Tous ensemble, c'est possible de réussir.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/07/01-4358153-haiti-un-espoir-encore-decu.php

Haïti: une illusion de souveraineté

Un an après le tremblement de terre,
 la reconstruction d'Haïti se fait toujours attendre.
Des milliers, voire des millions d'Haïtiens sont toujours
dans une situation précaire dans des camps de réfugiés,
comme ici à Pétionville.
PHOTO: KENA BETANCUR, REUTERS
Publié le 08 janvier 2011 à 06h00 | Mis à jour à 06h00
Frédéric Boisrond
Sociologue d'origine haïtienne, l'auteur est chargé de cours à l'Université McGill et consultant en gouvernance et stratégie d'affaires pour organismes à but non lucratif.
La reconstruction d'Haïti dépend de la capacité de la communauté internationale de réussir une stratégie qui vise à gérer le pays sans jamais prononcer les mots tutelle, protectorat ou occupation. Elle profite des tragédies et de l'absence de consensus au sein de la classe politique haïtienne pour implanter un modèle d'impérialisme basé sur une illusion de souveraineté.
Les Haïtiens ne peuvent se permettre de mordre la main qui les extirpe des décombres, les soigne et les nourrit. Dans ce contexte de dépendance, la souveraineté est secondaire. Le contrôle du territoire par la MINUSTAH n'a pas suscité de débats parce que cette force onusienne est dirigée par le Brésil, puissance émergente d'apparence moins menaçante que les États-Unis, la France, voire même le Canada.
Le président d'Haïti et les autres élus ont été mis hors jeu par la création d'une commission pour la reconstruction coprésidée par Bill Clinton, qui se présente comme le grand ami d'Haïti. Exclues des promesses de financement, les organisations de la société civile sont incapables de participer à la reconstruction du tissu social. Sans tissu social, il n'y a pas de cohésion, pas d'organisation et surtout pas d'opposition. Des centaines d'ONG sont financées pour se substituer aux institutions nationales. Elles ne proposent pas de projets structurants, ne font pas d'achat local, n'embauchent pratiquement pas d'Haïtiens. Leur approche a démantelé ce qui restait de la structure économique du pays.
Au nom de la sacro-sainte démocratie, la communauté internationale a réclamé la tenue d'élections dans des conditions qui ne pouvaient nullement garantir l'intégrité du processus. Malgré des irrégularités, les observateurs internationaux avaient déclaré les résultats valides. Environ 10 jours plus tard, Ottawa et Washington se sont dits inquiets et préoccupés par l'incohérence des résultats.
Ainsi a débuté un processus qui a amené la classe politique à collaborer à la prise de contrôle du pays; 12 candidats avaient fait front commun pour dénoncer la fraude qui aurait été orchestrée en faveur de Jude Célestin. Cette belle unité n'a pas duré 24 heures. Michel Martelly et Mirlande Manigat ont cautionné la fraude en maintenant leur candidature.
Sans crédibilité, les candidats ont ajouté une autre couche d'absurdité en faisant des propositions de sortie de crise qui sont inconstitutionnelles. La souveraineté étant l'ultime source de fierté des Haïtiens, le prochain président ne servira qu'à leur donner l'impression d'être maîtres chez eux.
La communauté internationale a réuni les conditions pour prendre le contrôle du pays sans opposition populaire et politique. Insensible au désespoir, à la perte de dignité de ses concitoyens et aveuglée par le pouvoir, la classe politique haïtienne a créé les conditions pour l'élection d'un régime fantoche. Parce qu'il n'y a pas eu d'invasion armée et sous le couvert de l'aide humanitaire, la stratégie a échappé à toute forme de contestation. La propagande a mis l'accent sur une amitié entre peuples dénuée d'intérêts géopolitiques et économiques.
Cette amitié a été renforcée par une promesse de 10 milliards de dollars pour la reconstruction. Dans les faits, cette somme devrait être dépensée dans l'économie des pays donateurs. Jusque-là, le seul dérapage de cette stratégie aura été la crise du choléra, simple dommage collatéral.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201101/07/01-4358150-haiti-une-illusion-de-souverainete.php

Exploit climatique : on a fait pleuvoir dans le désert

Un procédé capable de déclencher des pluies en plein désert aurait été expérimenté près d'Abou Dabi. Révolution. Par Frédéric Lewino
La nouvelle, stupéfiante, vient d'être publiée par des journaux anglo-saxons : une entreprise suisse aurait réussi, dans le plus grand secret, à mettre au point un procédé pour déclencher la pluie en plein désert. Le cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyane, président des Émirats arabes unis (EAU), aurait financé une installation pilote qui aurait déclenché cinquante-deux orages de pluie dans la région d'Al Ain, près d'Abou Dabi, l'été dernier.
Si cette nouvelle devait être confirmée, ce serait une véritable révolution susceptible de bouleverser la vie de nombreux pays désertiques. Ma bonne dame, s'il se met à pleuvoir dans les déserts, où allons-nous ?
Ciel bleu
En elle-même, une pluie artificielle n'a rien de nouveau. Il existe déjà plusieurs procédés pour déclencher la pluie lorsque les nuages sont déjà là, mais c'est la première fois qu'une technologie parviendrait à tirer des larmes d'un ciel bleu azur. Voyons ce miracle d'un peu plus près. La firme suisse Metro Systems International, créée par Helmut Fluhrer, a installé dans le désert une centaine d'ionisateurs géants répartis sur cinq sites. Ils ressemblent à d'immenses palmiers dont les feuilles métalliques émettent dans l'atmosphère des milliards de milliards de particules ionisées (en général des électrons). Ils ne fonctionnent pas en permanence, seulement quand l'humidité dans la haute atmosphère, où se forment normalement les nuages, dépasse 30 %.
Une fois dans l'air, les particules ionisées agglomèrent autour d'elles de microscopiques grains de poussière, avant de s'envoler vers le ciel, entraînées par la convection naturelle. Une fois l'altitude de formation des nuages atteinte, ces poussières chargées négativement font leur boulot habituel : elles condensent sur elles l'humidité atmosphérique jusqu'à former de grosses gouttes qui n'ont alors plus aucune autre idée en tête que de se précipiter sur le sol. Alleluia, il pleut en plein désert !

Un coût faible
Sous le contrôle du Max Planck Institute for Meteorology, ce procédé expérimental aurait prouvé son efficacité dans cette région d'Al Ain où les météorologues n'attendaient aucune pluie. Selon son créateur, la construction d'un système ionisant ne dépasse pas 7 millions de livres contre plus de 850 millions pour une usine de dessalement d'eau de mer.
Avant de s'emballer, il faut contrôler la nature exacte des pluies. S'agit-il réellement de pluies d'orage ou d'une fine bruine qui s'évapore immédiatement ? Il faudra également vérifier si le système fonctionne partout. N'oublions pas qu'Abou Dabi est près de l'océan, qui fournit en permanence de l'humidité. Il n'est pas dit qu'au coeur du Sahara, les ionisateurs trouvent suffisamment d'humidité dans l'atmosphère. Par ailleurs, le climat est un mécanisme très fragile. Si on se met à éponger à tour de bras la vapeur atmosphérique dans un coin du ciel, est-ce que cela n'aura pas des retombées négatives ailleurs ? C'est encore à vérifier. On n'est pas né de la dernière pluie...

http://www.lepoint.fr/actu-science/exploit-climatique-on-a-fait-pleuvoir-dans-le-desert-03-01-2011-126222_59.php