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lundi 31 janvier 2011

Présidentielle...Haïti fixé mercredi sur le face-à-face du deuxième tour

Agence France-Presse Clarens RENOIS
31/01/2011 11h23
PORT-AU-PRINCE - Haïti se prépare à l'annonce mercredi des résultats définitifs du premier tour de l'élection présidentielle plus de deux mois après le scrutin, avec le risque de nouvelles violences de la part des mécontents de l'un ou l'autre des camps en présence.
Les résultats préliminaires communiqués par le Conseil électoral provisoire (CEP) donnaient début décembre l'ex-Première dame Mirlande Manigat en première position avec 31% des voix, devant Jude Célestin (22%), le candidat du président sortant René Préval.
A la grande fureur de ses partisans, le chanteur Michel Martelly, avec quelque 7.000 voix de moins que M. Célestin, se retrouvait exclu du second tour. À l'annonce des résultats, ses partisans avaient violemment manifesté leur rage dans les rues du pays. Plusieurs personnes étaient mortes.
Pour tenter de ramener le calme dans un pays qui se débat aussi avec une épidémie de choléra, le président Préval avait demandé à l'Organisation des États américains (OEA) d'évaluer le processus électoral.
Mais les conclusions des experts de l'organisation ne sont pas vraiment allées dans le sens des partisans de M. Célestin, puisqu'ils ont préconisé le retrait de celui que d'aucuns considèrent comme le «poulain» de M. Préval, et que ses adversaires ont accusé de fraudes.
Inité («Unité» en créole), le parti du pouvoir, en a tiré les conclusions, annonçant la semaine dernière que Jude Célestin quittait la course. Mais le principal intéressé n'a toujours pas fait savoir quelles étaient ses intentions. Et, samedi, son avocat, Osner Févry, a jugé que «le rapport de l'OEA n'a aucune valeur juridique et n'est pas opposable à l'institution électorale».
Quoi qu'il en soit, le calendrier électoral haïtien a été chamboulé par les événements engendrés par le premier tour. Le CEP a annoncé le report du second tour, qui devait se tenir le dimanche 16 janvier, au 20 mars. Les résultats finaux devraient être connus le 16 avril.
Si le nom des deux candidats qui s'affronteront le 20 mars n'est pas encore connu, la communauté internationale, États unis en tête, accentue la pression pour que les autorités haïtiennes observent les recommandations de l'OEA.
A l'image d'Hillary Clinton, qui, en pleine crise égyptienne, s'est rendue dimanche à Port-au-Prince. La secrétaire d'État s'est aussi bien entretenue avec M. Préval qu'avec les trois principaux candidats.
Tout en rappelant que les États-Unis soutenaient les recommandations de l'OEA, Mme Clinton a fait mine d'être ouverte à d'autres options, jugeant que des «inquiétudes légitimes avaient été soulevées par différentes personnalités haïtiennes, et pas uniquement par le président Préval, quant à savoir quel compromis serait le meilleur» pour le pays.
Elle a également écouté les propositions émises par certains de procéder à une sorte de «répétition générale» du deuxième tour, une semaine avant l'élection, pour permettre aux électeurs de vérifier que leur nom se trouve bien sur les listes électorales.
Sur la crise électorale haïtienne, est venu se greffer le retour de Jean-Claude Duvalier le 16 janvier, après 25 ans d'exil en France. L'ancien dictateur, dont l'un des avocats assure qu'il entend rester «pour toujours» en Haïti, a été inculpé de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence (1971-86).
Quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont en outre été déposées.
M. Duvalier est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants.
http://fr.canoe.ca/infos/international/archives/2011/01/20110131-112355.html

Haïti: Aristide peut rentrer s'il le souhaite

Le gouvernement haïtien s'est dit prêt lundi à accorder un passeport à l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, pour lui permettre de rentrer au pays dont il a été chassé par un coup d'Etat en 2004. "Le gouvernement de la République donne l'assurance qu'aussitôt produite, une telle demande sera honorée avec célérité", dit le texte, démentant au passage qu'une demande de passeport ait été refusée à M. Aristide. Selon un de ses avocats à Miami, Ira Kurzban, M. Aristide a écrit lundi à la ministre haïtienne des Affaires étrangères, Marie-Michele Rey, pour lui demander de lui remettre immédiatement un passeport diplomatique. Dans un communiqué diffusé mi-janvier, l'ancien président avait expliqué vouloir rentrer au pays pour des raisons médicales et aussi "pour contribuer à servir mes frères et soeurs haïtiens en tant que simple citoyen dans le domaine de l'éducation".
http://lci.tf1.fr/filnews/monde/haiti-aristide-peut-rentrer-s-il-le-souhaite-6250521.html

dimanche 30 janvier 2011

Hillary Clinton d'accord avec un retrait de Célestin

À Port-au-Prince, la secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a défendu dimanche la position de l'Organisation des États américains (OEA) voulant que le candidat du parti au pouvoir, Jude Célestin, se retire du deuxième tour des élections présidentielles. Mercredi dernier, le parti Inité a annoncé le retrait de M. Célestin, mais celui-ci n'a pas confirmé son désistement. Ses proches affirment qu'il est toujours dans la course.
Arrivée en début d'après-midi pour une courte visite, la chef de la diplomatie américaine souhaite voir le dénouement de la crise électorale qui perdure depuis le premier tour des élections, le 28 novembre dernier.
Selon des résultats préliminaires du Conseil électoral provisoire haïtien (CEP), Jude Célestin se serait classé deuxième, après Mirlande Manigat, devançant de peu Michel Martelly, un chanteur populaire.
Ces résultats, contestés par la rue, ont également été remis en question par l'OEA dans un rapport remis au gouvernement haïtien à la mi-janvier. L'Organisation recommande plutôt un deuxième tour opposant Mme Manigat à M. Martelly.
« Nous voulons aider le peuple haïtien », a affirmé Hillary Clinton. « Une des façons dont nous voulons les aider est de s'assurer que leur choix politique soit respecté », a-t-elle affirmé, faisant référence aux nombreuses irrégularités observées par l'OEA.
Avant son départ pour Haïti, la secrétaire d'État a déclaré que les États-Unis avaient été « très clairs » sur le fait qu'ils soutenaient les recommandations de l'OEA. « Nous voulons qu'elles soient mises en oeuvre », avait-elle déclaré.
Les États-Unis ont d'ailleurs révoqué les visas de plusieurs responsables gouvernementaux haïtiens proches du parti au pouvoir, qui soutient Jude Célestin.
Outre les États-Unis, les Nations unies et les principaux donateurs occidentaux, tels que la France, la Grande-Bretagne et l'Union européenne, se sont déclarés favorables à la proposition de l'OEA.
Des résultats mercredi
Haïti a annoncé vendredi que la proclamation des résultats du premier tour aurait lieu mercredi et que le second tour se déroulerait le 20 mars.
Au cours de son séjour, Hillary Clinton rencontrera le président René Préval et les trois candidats qui aspirent à le remplacer.
La visite de Mme Clinton visait également à prendre le pouls de la reconstruction après le séisme de janvier 2010.
L'effort de reconstruction « a été constant, mais il n'est pas adapté à la tâche », a déclaré Mme Clinton à bord de l'avion l'emmenant vers Haïti. « Nous voulons qu'il soit accéléré », a-t-elle affirmé, soutenant qu'il était hors de question d'interrompre l'aide à Haïti.
Radio-Canada.ca avec
Agence France Presse, Reuters et Associated Press
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/01/30/005-hillary-clinton-haiti-elections.shtml

La tutelle imparfaite

Haïti: Hillary Clinton arrive en Haïti dimanche pour conduire une série d'entretiens avec le président René Préval et des secteurs de la vie nationale sur la crise électorale. Elle séjournera au pays moins de 24 heures. Si Mme Clinton fait ce déplacement pendant que des vagues déferlantes de jeunes font trembler les principaux pays arabes en réclamant la démocratie et de meilleures conditions de vie, la secrétaire d'Etat américaine doit avoir ses raisons ou l'impérieuse obligation de le faire.
Ces entretiens vont se tenir à seulement quelques jours de la proclamation par le Conseil Electoral Provisoire des résultats de l'élection du 28 novembre et de l'échéance du 7 février, date constitutionnelle de la fin du mandat de Préval.
En publiant le nouveau calendrier des élections, le CEP retire à l'ancienne Première dame des Etats-Unis une petite victoire. En effet, dans une note publiée vendredi le CEP précise que la campagne pour le deuxième tour se déroulera du 17 février au 18 mars. Le second tour du scrutin se tiendra le 20 mars ; les résultats préliminaires du second tour seront annoncés le 31 mars et enfin, les résultats définitifs du second tour seront proclamés le 16 avril.
Cette visite survient alors que la communauté internationale multiplie - certains disent épuise - ses moyens de pression sur le gouvernement et le parti Inite pour les porter à accepter le rapport de l'OEA sur les élections qui exclut le candidat du pouvoir en place de la course électorale.
En fait, la visite de la chef de la diplomatie américaine est-elle le signe visible que les mécanismes de la tutelle (les ambassades, les représentations spéciales du secrétaire général des Nations Unies, la mission de l'ONU et autres) qui devaient faire fonctionner Haïti au doigt et à l'oeil sont grippés ? Dysfonctionnels ?
Comment est-on parvenu à cette impasse ? Sans doute à cause de l'excès de confiance des porte-parole de la tutelle et des spécificités haïtiennes.
Haïti n'assume pas la moitié de son budget. Ne peut pas payer ses forces policières régulièrement. Laisse sa sécurité publique et la défense de ses frontières à une force des Nations Unies qui outrepasse ses mandats pour pallier les défaillances nombreuses et profondes de l'État.
Voilà un pays qui dispose d'une diplomatie agonisante, qui est incapable de se relever des dommages d'un tremblement de terre, qui se débat dans une lutte contre une épidémie de choléra, mais qui tient tête à toute la communauté internationale. Incroyable !
Les ambassadeurs accrédités en Haïti n'ont jamais autant parlé d'une seule et même voix. Le secteur des affaires n'a jamais donné un ultimatum aussi clair à un président de la République depuis des années. Les groupes organisés de la société civile font corps pour pousser dans le même sens. Les acteurs politiques, quoique sous des tonalités différentes, vont dans le sens opposé au pouvoir. Et ce dernier résiste.
Les dirigeants haïtiens, René Préval et son Premier ministre Jean-Max Bellerive, n'écoutent pas tout ce que disent les courroies de transmission de la tutelle. Les membres du Conseil Electoral Provisoire se dressent sur leurs ergots dès qu'on leur demande de sortir de la loi pour déplaire au pouvoir exécutif. Le parti au pouvoir joue un jeu de cache-cache avec les pressions. La dynamique haïtienne, qui n'a rien de rationnel, déroute la diplomatie mondiale.
Les embargos, visas retirés et autres sanctions visibles, ont rarement donné des effets autres que pousser les visés à se prémunir encore plus de l'obligation de partir, et seule la population souffre quand l'aide internationale ou le commerce sont perturbés.
Il reste bien entendu la force. Ce n'est ni la PNH ni ses partisans qui sauveront Préval d'une action des amis d'Haïti - Jean Bertrand Aristide en sait long -, mais ce serait une faute de mauvais goût de débarquer encore une fois ou d'évacuer sans son consentement encore une fois un président élu. En 20 ans de démocratie balbutiante, ces scénarios ont déjà servi.
Restent la pédagogie, le dialogue, l'explication raisonnée, l'ultimatum susurré au creux de l'oreille, depuis WikiLeaks, il est devenu plus sage d'appliquer les bonnes vieilles méthodes. Est-ce le but de la mission de madame Clinton ?
Frantz Duval
duvalf@hotmail.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=88438&PubDate=2011-01-29

Le nombre de décès continue de chuter

Agence QMI Étienne Laberge
29/01/2011 21h40
Quelque 100 jours après le premier cas de choléra diagnostiqué à Haïti, les chiffres fournis par le ministère de la santé du pays montrent que le nombre de décès liés à la maladie sont sept fois moins nombreux qu’il y a un mois.
La bonne nouvelle a fait pousser un soupir de soulagement aux organismes d’aide tels que la Croix-Rouge, Care et Médecins sans frontière (MSF). Ceux-ci n’ont jamais baissé les bras devant le fléau qui a fait plus de 4 000 morts.
Récemment, le nombre de décès quotidiens causé par l’infection est passé de 70, le 27 décembre, à 9 seulement, le 24 janvier. Des résultats qu’il faut envisager avec modestie selon MSF.
«On ne peut malheureusement pas dire qu’on a eu le dessus, a commenté Sylvain Proulx, chef de mission pour l’organisme, basé à Haïti. Certaines zones connaissent une baisse importante du nombre de patients atteints. Ce qu’on peut dire, c’est qu’on constate que la situation s’est stabilisée.»

Rester sur ses gardes
Quoique la situation laisse présager un meilleur bilan de santé d’ici les prochaines semaines, la coordinatrice à la Croix-Rouge, Sophie Chavanel, a expliqué que les coopérants ne doivent en aucun cas ralentir les efforts en prévention et en dépistage.
«On continue à distribuer des capsules de traitement de l’eau potable, à donner des trousses d’hygiène et à sensibiliser la population. Nos interventions continueront tant et aussi longtemps qu’il subsistera un cas de choléra en Haïti», a-t-elle promis.
L’organisme Care rapporte que durant les prochains mois, les efforts se porteront davantage dans les zones rurales, des régions où le taux de mortalité excède la moyenne nationale stabilisée à 2 %.
Quant à savoir si l’épidémie pourrait reprendre des forces et frapper de plus belle, MSF préfère jouer de prudence.
«C’est impossible de le prédire parce que nous n’avons aucune courbe épidémiologique. On continue de garder l’œil ouvert», a indiqué Sylvain Groulx.
Depuis le début de la propagation du choléra, les autorités ont ausculté 210 000 personnes.
http://fr.canoe.ca/infos/quebeccanada/archives/2011/01/20110129-214030.html

CHOLÉRA en HAÏTI : Enquête de l'OMS sur des cas de paralysie

Actualité publiée hier OPS / OMS
Des représentants de Organisation mondiale de la Santé (OPS / OMS), en liaison avec le Ministère de la Santé haïtien et les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) mènent actuellement des recherches à la suite de 4 cas de paralysie dont 3 décès intervenus chez des malades atteints du choléra en Haïti, à l’issue de leur traitement. Pour le moment, la polio est écartée, dans l’attente des résultats de laboratoire.
Des épidémiologistes de terrain de l'OPS / OMS et les autorités sanitaires locales du Nord-Ouest ont signalé ce groupe de syndromes neurologiques, le 10 Janvier 2011. Au 24 janvier, 4 cas de syndrome neurologique aigu, dont 3 décès, étaient signalés. Des entretiens avec le personnel médical et les familles ont montré que ces patients avaient été admis à l'hôpital entre début novembre et fin décembre pour cas grave de choléra puis avaient présenté une paralysie ascendante bilatérale flasque 24 à 72 heures après la fin du traitement du choléra.
Parmi les cas suspects, 4 seulement avaient des symptômes et signes compatibles avec une paralysie. Trois sont décédés, et un est toujours hospitalisé à Port-au-Prince. Il se remet lentement. Par mesure de prudence, la vaccination contre la polio a été ajoutée à la campagne de vaccination prévue contre la diphtérie et la rougeole dans le département du Nord-Ouest d’Haïti.
La poliomyélite a été la première hypothèse étudiée, en raison de ses implications en termes de santé publique. Toutefois, les caractéristiques cliniques et épidémiologiques de ces cas, excluent pour l’instant la poliomyélite qui n’entraîne pas, en général, un taux de mortalité élevé. Bien qu’aujourd’hui considérée comme une cause hautement improbable, la polio n'a néanmoins pas été totalement écartée, dans l’attente des résultats de laboratoire mais les experts dont des toxicologues penchent plutôt vers une contamination à l'hôpital ou à domicile par des médicaments ou encore de la nourriture.
Une surveillance a été mise en place sur recommandation de l’OMS qui poursuit ses recherches. Une infirmière du programme de vaccination de l'OPS / OMS est rentrée d'une visite des communautés touchées le 24 janvier, avec des échantillons venant des familles.
La polio a été éradiquée du continent américain en 1994 et l’initiative mondiale contre la poliomyélite, lancée en 1988 a réduit l'incidence de la maladie de plus de 99% dans le monde. En 1988, plus de 350.000 enfants avaient été touchés et été paralysés dans plus de 125 pays d'endémie. En 2009, 1.595 enfants ont été touchés de paralysie, dans 24 pays. Aujourd'hui, seuls 4 pays d'endémie subsistent, l'Afghanistan, l'Inde, le Nigéria et le Pakistan.

Source : OPS / OMS « PAHO/WHO Investigating Paralysis Cases in Port-de-Paix, Haiti », Global Polio Eradication Initiative (Visuels), traduction, adaptation, mise en ligne Maurice Chevrier, Santé log, le 29 janvier 2011
http://www.santelog.com/modules/connaissances/actualite-sante-choleacutera-en-haiumlti-enquecircte-de-loms-sur-des-cas-de-paralysie-_4892_lirelasuite.htm#lirelasuite

Haïti: l’expertise suisse au service de la reconstruction

Par Samuel Jaberg, swissinfo.ch

Se basant sur les expériences de précédentes catastrophes naturelles, la coopération suisse (DDC) a décidé d’apporter en Haïti ses compétences techniques en matière de reconstruction. Un centre spécial a été mis sur pieds. Bernard Zaugg, son directeur, en détaille la mission.
Haïtien d’adoption – il y vit depuis 25 ans – Bernard Zaugg a longtemps travaillé au sein d’ONG présentes dans un des pays les plus pauvres de la planète. Suite au séisme du 12 janvier 2010, qui a fait près de 300'000 morts et plus d’un million de sans-abris, il a pris la direction du Centre de Compétence Reconstruction (CCR) mis en place par la coopération suisse.

swissinfo.ch: Quel est le rôle de ce bureau suisse spécialisé dans la reconstruction?
Bernard Zaugg: Depuis son ouverture en juillet 2010, le CCR travaille sur trois plans complémentaires. Le premier consiste à fournir un appui technique aux projets de reconstruction menés par la coopération suisse. Deuxièmement, il fournit des conseils techniques à des ONG, principalement suisses, actives dans la reconstruction.
Troisièmement, le CCR travaille de concert avec le ministère haïtien des travaux publics dans le cadre d’un programme d’information et de formation sur les règles de base à respecter dans la construction parasismique et anticyclonique. Le but est de faire circuler dans le grand public et auprès des ouvriers du bâtiment des messages simples pour améliorer la qualité des petites constructions individuelles. Des petits spots «technico-humoristiques» seront par exemple diffusés à la télévision nationale.

swissinfo.ch: Est-ce la première fois qu’un tel centre voit le jour?
B. Z. : Après le séisme de 2005 au Pakistan, la DDC avait déjà mis en œuvre un programme de formation et d'information. Nous nous sommes également inspirés de ce qui a été fait après le tsunami de 2004 en Asie. Mais il faut tenir compte du contexte, les techniques de construction ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. La création du CCR est une conséquence de l’analyse des bonnes et mauvaises pratiques observées lors des catastrophes précédentes.

swissinfo.ch: Une année après le tremblement de terre, la reconstruction n’a pas encore véritablement démarré en Haïti. Où en sont vos projets?
B. Z. : Effectivement, la reconstruction n’avance pas vite, pour une multitude de raisons. Le dispositif public est faible, il fonctionnait déjà mal avant le tremblement de terre. De l’autre côté, certains acteurs externes ont pris des décisions qui n’ont pas contribué à renforcer ce dispositif. Beaucoup de coopérations imposent leur façon de voir les choses et ça passe plutôt mal en Haïti.
Mais il faut aussi différencier la reconstruction formelle et institutionnelle, qui peine à se mettre en place, et la reconstruction individuelle, qui n’attend pas l’aide de l’Etat et la publication de nouvelles normes antisismiques pour se mettre en marche.
Pour sa part, la coopération suisse a décidé de concentrer ses efforts sur les infrastructures publiques, en particulier les écoles. A la mi-janvier, nous avons posé la première pierre de deux écoles à Petit-Goâve et à Léogane. A cette occasion, le directeur général de l'enseignement primaire haïtien a souligné qu’il appréciait beaucoup la coopération «horizontale» de la Suisse.
" Certaines coopérations sont plus interventionnistes et mettent des conditions à l’aide apportée. Ce n’est pas le cas de la Suisse. "

Bernard Zaugg, responsable de la DDC en Haïti
swissinfo.ch: La Suisse a-t-elle une approche différente des autres acteurs présents en Haïti?
B. Z. : Lors de nos contacts avec les autorités haïtiennes, nous rappelons sans cesse que nous sommes une petite coopération, avec des moyens limités. Certaines coopérations sont plus interventionnistes et mettent des conditions à l’aide apportée. Ce n’est pas le cas de la Suisse. Nous n’allons par exemple pas proposer de restructurer un ministère.
Nous sommes par ailleurs une des rares coopérations bilatérales à avoir mis à disposition sur place et sur la durée des compétences parasismiques spécifiques, avec des ingénieurs et un architecte.

swissinfo.ch: Mais n’aurait-il pas été plus judicieux de créer un centre de compétences unique impliquant tous les acteurs de la reconstruction?
B. Z. : En théorie, oui. Rationnellement, il serait mieux d’avoir quelque chose de centralisé et de coordonné. Mais pour cela, il faudrait un Etat haïtien suffisamment fort jouant le rôle de chef d’orchestre ou alors un acteur extérieur qui prenne les choses en mains. C’est ce que certains attendaient de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), mais ça ne fonctionne pas vraiment. Chaque acteur a sa propre vision et ses intérêts spécifiques. La Suisse a une approche de coopération moins hégémonique.

swissinfo.ch: Les bailleurs de fond ont promis beaucoup d’argent mais il ne peut être utilisé faute de projets concrets. N’est-ce pas frustrant?
B. Z. : Il y a plusieurs échelles de temps pour la dépense. Durant la phase d'urgence, la Suisse a dépensé 12 millions de francs. Mais passée cette période, où l’on agit au plus pressé sans mettre les coûts au premier plan, on entre dans une phase plus complexe. Nous aurions pu faire du tape-à-l’œil, en reconstruisant par exemple une école sans rien demander à personne. En Haïti, il est possible de faire quasiment n’importe quoi, les contrôles étant rares voire inexistants. Mais ce n’est pas notre façon de concevoir les choses.
Certes, douze mois après le tremblement de terre, il n’y a toujours pas de nouvelles normes de construction scolaire. Il faut toutefois rappeler que le ministère de l'Education est détruit et qu’une trentaine de fonctionnaires ont péri dans le séisme. Institutionnellement, il est difficile de se relever d'un tel choc.
Il y a aussi eu une prise de conscience après le séisme. Près de 3000 enfants ont péri sous des écoles mal construites. Le ministère ne veut pas aller trop vite et refaire les mêmes erreurs. Bien sûr, si vous promenez votre micro dans la rue, la majorité des personnes vont se montrer insatisfaites. Mais c’est aussi à la société haïtienne de savoir si elle veut se révolter et secouer ses autorités.
Pour terminer, il faut également se demander ce que signifie la reconstruction. J’étais à Port-au-Prince pendant le tremblement de terre. Le premier sentiment qui nous a tous habités était le suivant: «la gabegie est telle, on ne va jamais s’en sortir». Au Sri Lanka, la reconstruction n’est pas encore terminée six ans après le tsunami. Beaucoup de journalistes sont-ils allés voir où en était la reconstruction à L’Aquila, en Italie, près de deux ans après le tremblement de terre?
Samuel Jaberg, swissinfo.ch
de retour d'Haïti
http://www.swissinfo.ch/fre/detail/content.html?cid=29330450

"Bébé doc" en France, 25 ans d'exil et de mystères

PARIS, 30 janvier 2011 (AFP) - Son exil en France devait être provisoire, il aura duré 25 ans: en regagnant Haïti le 16 janvier, l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, alias "Bébé doc", a refermé une période entourée de mystères durant laquelle il a échappé à la justice et dilapidé sa fortune. Pendant ce quart de siècle, l'ex-président à vie, âgé de 59 ans, a brouillé les pistes et connu maintes alternances politiques en France, où il a parfois vécu sans titre de séjour, d'après une enquête de l'AFP.
Chassé du pouvoir en Haïti, "Bébé doc" est accueilli à l'aéroport de Grenoble le 7 février 1986 afin de "faciliter la transition démocratique" et pour "une huitaine de jours", assure le gouvernement Fabius.
C'est alors un homme riche. Soupçonné d'avoir siphonné les caisses de son pays, le plus pauvre du continent américain, il aurait détourné entre 1971 et 1986 entre 300 et 800 millions de dollars selon l'ONG Transparency International.
Séjour dans l'Abbaye de Talloires, un hôtel quatre étoiles au bord du lac d'Annecy près de la Suisse, voitures et restaurants de luxe... Jusqu'au début des années 1990, "Jean-Claude" et son épouse Michèle Bennett mènent grand train sur la Côte d'Azur, où ils séjournent dans des villas somptueuses dont celle de l'homme d'affaires saoudien Adnan Khashoggi, à Mougins, selon plusieurs sources.
Les premières difficultés arrivent sur fond de divorce, prononcé en 1993. "Sa fortune a fondu parce que sa femme avait procuration sur les comptes", affirme Max Bourjolly, un ex-dirigeant communiste haïtien. "Ses amis, ses proches, ses anciens ministres, la famille Bennett, tous l'ont plumé", confirme le journaliste Nicolas Jallot, qui l'a rencontré à trois reprises.
L'Etat haïtien lui réclame en outre 120 millions de dollars et il ne doit son salut qu'à la Cour de cassation qui, en 1990, déclare les juridictions françaises incompétentes.
Aux abois, "Bébé doc" revend en 1992 le château de Théméricourt au conseil général du Val d'Oise pour 5,85 millions de francs, aussitôt saisis par le fisc.
En 1993, il se fait expulser d'une villa qu'il louait 800.000 francs par an sur les hauteurs de Vallauris, pour cause d'impayés. Il n'a même plus le téléphone: "Tous les jours, il descendait utiliser une cabine à pièces et remontait avec des packs de bière", raconte un témoin.
Selon Me Renaud Hyppolite, avocat haïtien, il vivote ensuite chez son fils, étudiant à Paris, avant d'emménager dans un deux-pièces de la région parisienne avec sa mère, qui décède en 1997 à Neuilly-sur-Seine chez un ancien ambassadeur de l'époque Duvalier.
A la fin des années 90, des Haïtiens de France veulent le traduire en justice. Leur plainte pour crimes contre l'humanité est classée sans suite fin 1999 mais "Bébé doc" choisit de se faire oublier. Il est officiellement "porté disparu" par le gouvernement français.
Il loge un temps à l'hôtel Claridge près des Champs-Elysées puis, au début des années 2000, dans un deux-pièces "modeste" au Trocadéro, avec sa compagne Véronique Roy, où il reste jusqu'à son retour surprise en Haïti, raconte Ronald Mettelus, ex-opposant devenu l'un de ses "proches".
A-t-il bénéficié d'un traitement de faveur?
Les autorités françaises s'en sont toujours défendues mais ses opposants n'en doutent pas. "Il y a eu une extrême bienveillance, à droite comme à gauche", affirme Gérald Bloncourt, fondateur du Comité pour juger Duvalier.
Si "Bébé Doc" dispose aujourd'hui d'un titre de séjour de 10 ans et peut "tout à fait" rentrer en France, selon une source diplomatique, il n'en a pas toujours été ainsi.
Après le rejet de sa demande d'asile en 1987, l'ex-dictateur a vécu illégalement sur le territoire français pendant plusieurs années, de l'aveu même des autorités de l'époque. En mai 1999, un militant des droits de l'Homme l'a d'ailleurs cité à comparaître à Grasse pour "séjour irrégulier", procédure annulée pour vice de forme.
"Bébé doc" a su se sortir d'une autre mésaventure judiciaire. En novembre 1995, il quitte l'hôtel l'Eden Bleu, à Mougins, en laissant une ardoise de plus de 100.000 francs. Son gérant, Patrick Budail, porte plainte et traque son indélicat client dans les rues de Nice.
"On transmettait nos infos à un membre des RG, avec lequel j'ai fini par m'énerver (...), car cela ne débouchait sur rien", raconte M. Budail, convaincu que Duvalier était "protégé".
Sollicité par l'AFP, l'avocat parisien de M. Duvalier, Me Sauveur Vaisse, n'a pas donné suite. Jean-Claude Duvalier, visé par des plaintes pour violation des droits de l'homme, est également poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs.
jt-ppy/soh/ed
Par Jérémy TORDJMAN et Pierre PRATABUY
http://www.tahiti-infos.com/Bebe-doc-en-France-25-ans-d-exil-et-de-mysteres_a17198.html

Bienvenue aux dictateurs

Richard Martineau.-30/01/2011 03h28 Tout le monde se demande pourquoi Jean-Claude Duvalier a quitté son palace sur la Côte d'Azur pour retourner à Haïti.
Comme l'écrivait Michel Beaudry dans sa chronique, l'autre jour: c'était quoi, son plan? Pensait-il que les Haïtiens allaient s'agenouiller devant lui et lui donner les clés du pays sur un plateau d'argent?
La belle vie
Mais une autre question me turlupine concernant Bébé Doc: comment se fait-il que ce monstre ait pu se la couler douce en France pendant toutes ces années, sans être le moindrement embêté, comme s'il était un retraité comme un autre?
La France aime rappeler au monde entier qu'elle est le berceau des Lumières et des Droits de l'homme. Liberté, égalité, fraternité, et tout le bataclan.
Mais concernant sa façon de traiter les anciens dictateurs qui ont accroché leur mitraillette, la patrie de Voltaire n'a de leçon à donner à personne.
Comme l'écrivait le journal électronique Rue89 la semaine dernière, la France a été hyper complaisante envers l'homme qui a pillé et terrorisé Haïti.
«Celui qu'elle a accepté d'accueillir en transit pour quelques jours en 1986 sera finalement resté 25 ans. Hors la loi, mais jamais inquiété.»
Un sans-papiers
Afin d'expliquer pourquoi on n'avait jamais expulsé l'ancien dictateur hors de France (et à coups de pieds dans le cul, s'il vous plaît, gracieuseté des millions de Haïtiens qu'il a crossés durant son règne), le gouvernement français disait que les autorités avaient «perdu sa trace».
Or, selon Rue89, c'est complètement faux. Bébé Doc n'est jamais disparu dans la nature.
Le président François Mitterrand a tout simplement dit à l'avocat de Duvalier que si son client restait tranquille et discret, rien ne lui arriverait.
Résultat: Bébé Doc (dont la fortune estimée était supérieure à la dette extérieure de son pays) a pu dormir sur ses deux oreilles dans sa somptueuse villa des Alpes et se balader en Ferrari sur la Croisette au vu et au su de tous, sans jamais être embêté par les autorités françaises, même s'il n'avait pas le statut de réfugié politique!
Tout ça, dans un pays qui ne cesse de dire haut et fort qu'il faut expulser les sans-papiers!
Les crapules s'amusent
Le cas de Duvalier n'est pas unique.
Omar Bongo, le président du Gabon, et Denis Sassou Nguesso, le président du Congo, deux sympathiques dictateurs sans foi ni loi, ont tous deux été accusés d'avoir détourné des sommes considérables de leur pays respectif pour acheter des palaces en France: un hôtel particulier dans le 16e à Paris, une villa dans les Yvelines, etc.
Rien de mieux que le miroitement des bijoux pour aveugler le pays des Lumières...
Ce n'est un secret pour personne: la Côte d'Azur est le Miami des dictateurs à la retraite.
Espérons que le Canada ne lui emboîtera pas le pas...
Après tout, ouvririez-vous les portes de votre maison à un criminel?
Ça pue
Mitterrand a autorisé la torture en Algérie, frayé avec le gouvernement de Vichy, accueilli Bébé Doc et fréquenté René Bousquet, un collabo notoire soupçonné d'avoir envoyé des enfants dans des camps d'extermination.
Décidément, plus on fouille, plus on se rend compte que l'idole de la gauche française était une crapule...
http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/richardmartineau/archives/2011/01/20110130-032800.html

samedi 29 janvier 2011

Haïti. Le côté obscur de la coopération internationale

de : rebelion.org samedi 29 janvier 2011 (12h48)
Daniel Martínez Cunill Rebelión.org
Traduction non officielle.
Le 20 décembre 2010, Ricardo Seitenfus, représentant spécial en Haïti de l’O.E.A. (organisation des états américains), a donné une entrevue au quotidien suisse Le Temps. Il y exprimait son opinion sur les causes et les erreurs qui ont conduit aux échecs de la communauté internationale dans ce pays des Caraïbes. Le jour de noël, alors qu’une bonne partie de l’humanité se remettait des excès dans la célébration de l’enfant Jésus, l’OEA a destitué le fonctionnaire brésilien.
Entre autres critiques, le diplomate a souligné que l’ONU a imposé la présence de troupes en Haïti bien que ce pays « ne connaît pas de guerre civile et n’est pas une menace internationale », mais que son plus grand péché c’est d’être un proche voisin des USA. Pour lui, il s’agissait de « geler le pouvoir et de transformer les haïtiens en prisonniers sur leur île ». Une de ses affirmations les plus fortes, il l’appelle oegénisation c’est à dire « une relation perverse entre la fragilité du pouvoir haïtien et la puissance des ONGs dans le pays. Ici, le « bien » est privé grâce aux médecins, hôpitaux, écoles, nourriture qui arrivent du monde entier alors que le « mal » est public puisque l’état haïtien n’est présent que par sa police.
L’ex-fonctionnaire n’a pas tort. Haïti manque de ressources publiques pour pouvoir jeter les bases d’un minimum de système étatique et quand le taux de chomage atteint les 80 %, il devient impossible à l’ONU ou à l’OEA de déployer un mission de stabilisation. Il n’y a rien à stabiliser et tout est à faire, mais chaque entité coopérante dispose d’une niche des besoins et la développe à sa façon, en prenant garde à ce que les haïtiens n’interviennent en rien dans la gestion et le contrôle. La plupart des fonctionnaires de la coopération ignore ou méprise les ministères locaux, les rendant par là dysfonctionnels.
En Haïti, la coopération internationale a fait place à la charité. Et la charité ne peut être un point de départ pour les relations internationales ni pour l’apport de la communauté mondiale à un pays aux carences extrêmes. Peut-être les choses fonctionneraient-elles mieux si elles étaient basées sur le respect de l’autonomie et la souveraineté du pays. La dictature de la coopération internationale n’a porté comme fruits que la dépendance, elle a empêché l’organisation de la société civile en agissant comme facteur de démobilisation permanent. La solidarité sociale qui résulte généralement d’un traumatisme grave tel qu’un tremblement de terre ou une guerre, a été totalement et consciemment inhibée par la « communauté internationale » emmenée par Bill Clinton et une foule d’ONGs.
Cela ne veut pas dire que les ONGs soient mauvaises en soi. Au contraire, elles neutralisent partiellement la burocratie onusienne et de l’oea qui gaspillent des sommes gigantesques dans leurs salaires et leur logistique mais il est avéré que l’implication excessive des coopérants empêche la consolidation des structures de la société civile. Là est la perversion de cette coopération internationale qui veut imposer la démocratie depuis le sommet mais anéanti toute velléité de participation communautaire dans le diagnostic des priorités, l’élaboration des projets, le contrôle/gestion de ceux-ci. Il existe des exceptions telles l’OXFAM ou MSF entre autres, mais les grands donateurs ont peur de la participation communautaire naisse la rébellion.
Personne, pas même l’exécutif n’a la moindre idée des sommes d’argent qui arrivent en Haiti. Ni de la façon dont sont organisées les dépenses ni de qui décide des priorités. C’est ainsi que les habitants qui sont supposés être les destinataires de cette aide sont infantilisés et finissent par faire la queue entourés de policiers et de militaires, que leur rôle se réduit à recevoir ce que d’autres ont décidé qu’ils ont besoin. En rang pour l’eau, pour la nourriture, pour les vaccins, en rang et votez pour recevoir la démocratie et ainsi de suite... Les haitiens n’existent qu’alignés dans un longue et interminable file d’attente où des agences étrangères leur promettent une vie meilleure mais à qui personne n’a jamais demandé à quel genre de vie ils aspirent.
D’ailleurs, seuls l’élite du pays et les étrangers ont fêté noël dans l’ile naufragée des caraïbes.
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article113033

vendredi 28 janvier 2011

Hillary Clinton en Haïti dimanche où elle rencontrera René Préval

WASHINGTON - Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine, se rendra dimanche en Haïti, où elle rencontrera le président sortant René Préval, au moment où le pays traverse une crise politique née de la présidentielle du 28 novembre, a annoncé vendredi le département d'Etat.
Mme Clinton "consultera des membres de la société civile, des acteurs politiques, le président d'Haïti et les partenaires internationaux sur la situation électorale en cours et les efforts de reconstruction", écrit la diplomatie américaine dans un communiqué. Lire la suite...
http://www.romandie.com/ats/news/110128192309.bq1ix8vb.asp

jeudi 27 janvier 2011

Vers une solution de la crise haïtienne ?

Alors qu'en Côte d'Ivoire, où le second tour des élections présidentielles a eu lieu, comme le premier tour en Haïti, le 28 novembre 2010, la crise semble se diriger vers une solution finale radicale, peut-être militaire, alors qu’au contraire, en Haïti, la voix de la raison semble se faire entendre. On avait pu penser que les choses allaient se régler, il y a quelques semaines, lorsque le président Préval a sollicité de l’Organisation des Etats Américains (OEA) la mise en place d'une commission internationale d’experts, chargée de vérifier les résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Celle-ci avait, à titre provisoire, placé en tête Myrlande Manigat, précédant, avec environ 10% d’avance, Jude Célestin (deuxième), candidat d’INITE, suivi lui-même, de très près, par le populaire chanteur Michel Martelly.
Ces résultats avaient donné lieu à de très vives protestations des partisans du chanteur qui considéraient que la fraude avait fait passer devant leur favori Jude Célestin, regardé comme le candidat du président Préval. Les choses sont assez compliquées dans le cas de Jude Célestin, dont certains prétendent qu'il est le père de l'enfant qu’a eu la fille du président Préval, alors que l'intéressée nie qu'il en soit ainsi. Peu importent ces aspects familiaux ! Toujours est-il que Jude Célestin passait pour la créature de René Préval.
Il faut reconnaître que le président Préval a eu des comportements dont la logique est un peu difficile à suivre. Après avoir lui-même réclamé de l’OEA la mise en place de cette commission électorale de contrôle, pensant sans doute qu'elle allait entériner des résultats du premier tour qui semblaient convenir au gouvernement haïtien. Toutefois, avant même la publication du rapport final (dont le contenu avait toutefois circulé), René Préval en a contesté le résultat car il conduisait à faire passer Martelly en deuxième place devant Jude Célestin. La commission des experts de l’OEA avait, disait-on, constaté des fraudes et recommandé d'intervertir le classement des deuxième et troisième candidats. Michel Martelly se serait retrouvé alors en deuxième position avec 22,2%, après invalidation de 7.150 votes en sa faveur. Jude Célestin passerait donc alors de la deuxième à la troisième place, avec 21,9%, après avoir perdu 17 220 votes. Myrlande Manigat resterait toujours en tête, avec 31,6% des voix, quoique 13 830 voix lui aient été supprimées pour irrégularités.
On en était là avant le dernier week-end où les choses se sont soudain précipitées, probablement sous le double effet d'une réunion tenue en République Dominicaine et à laquelle a assisté le président Préval et surtout des pressions américaines, qui ont été si vives qu’on est allé jusqu'à prétendre que les États-Unis voulaient refuser désormais le visa d’entrée aux Etats Unis à neuf des membres de la plate-forme INITE.. Tout cela a dû assurément aider le président à changer de position !
À partir de là, les événements se sont succédés, en se précipitant.
Divers représentants de la communauté internationale se sont rendus lundi 24 janvier au siège du Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) pour inciter cette instance à réviser les résultats contestés de l'élection présidentielle, ce qui, comme on l’a vu, conduirait à écarter du second tour le candidat du pouvoir.
Edmond Mulet, représentant du Secrétaire Général de l'ONU, a déclaré qu’un accord avait été acquis et, avec une prudence toute diplomatique, il a fait une déclaration concernant la publication des résultats revus par les experts de l’OEA et désormais acceptés par la CEP (qui, comme René Préval, les contestait jusqu'à présent sans qu'ils aient été officiellement publiés) et annoncé la publication imminente à la fois des résultats définitifs et du calendrier de la suite des opérations. Naturellement ce diplomate guatémaltèque, parfait francophone au demeurant (allez donc voir dans le Nouvelliste, sur internet, la video de sa déclaration), s'est gardé de répondre à toutes les questions qu'on a pu lui poser, tant sur les résultats eux-mêmes (mais il est clair qu'ils conduiront au déclassement de Jude Célestin) que sur la date du deuxième tour ou sur les intentions du président Préval quant à la date à laquelle il pourrait quitter ses fonctions.
On avait, en effet, l'impression nette, à tort peut-être, que René Préval cherchait à gagner du temps et à prolonger son mandat jusqu'au 7 février 2011, date à laquelle le nouveau président devait prendre ses fonctions (si le calendrier électoral initial avait été respecté), voire à effectuer un intérim jusqu'à mi-mai 2011 dans l'hypothèse où le deuxième tour des élections aurait été encore différé.
Il est très probable, dès lors, que l'effet conjoint des pressions de l’OEA et surtout des Etats-Unis, qui se sent accentuées de façon nette pendant le week-end et du caractère désormais inéluctable de la rétrogradation de Jude Célestin à la troisième place ont conduit ce dernier a choisir de retirer, de lui-même, sa candidature. Ce geste lui évite naturellement l'infamie de la reconnaissance et de l'officialisation des fraudes électorales dont il avait bénéficié.
On peut donc penser que, désormais, les principaux obstacles sont levés ; le deuxième tour pourrait avoir lieu assez rapidement (sans doute, selon le calendrier secret annoncé par E. Mulet,) et le nouveau président de la république d'Haïti être élu selon ce même calendrier.
Tout donne à penser que ce président sera une présidente, en la circonstance, la juriste constitutionnaliste Myrlande Manigat, qui aura la particularité singulière d'avoir déjà été l’épouse d’un président de la République d'Haïti, Leslie Manigat, et donc la « Première Dame » de l'Etat, avant d'en occuper elle-même la fonction présidentielle. Cette circonstance fait penser à l'Argentine et au couple Kirchner, mais les choses se sont déroulées d'une façon bien différente et on espère pour Leslie Manigat que cela continuera !http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/vers-une-solution-de-la-crise-87838

Choléra en Haïti: stabilisation du nombre de décès

Choléra en Haïti: stabilisation du nombre de décès

PORT-AU-PRINCE - Le nombre de décès dus au choléra en Haïti se stabilise, a assuré jeudi à l'AFP un porte-parole de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), soulignant toutefois que la stabilisation du nombre de cas, également observée, pouvait n'être que temporaire.
"Ce qui se passe et qui est positif c'est que le taux de mortalité baisse de manière tout à fait nette pour atteindre maintenant quelque 2% alors qu'au début il était dans certains cas de 9%", a indiqué Daniel Epstein, porte-parole de l'OPS, émanation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Quant au nombre de cas, il "se stabilise un peu mais cela pourrait simplement représenter une baisse temporaire", a-t-il souligné.
"Nous saurons si le pire est passé uniquement lorsque le nombre de cas aura commencé à baisser et pour l'instant ce n'est pas le cas", a ajouté le porte-parole joint au téléphone.
L'épidémie de choléra en Haïti a fait depuis la mi-octobre 3.927 morts, indique le dernier bilan du ministère de la Santé haïtien daté du 17 janvier. Depuis l'éclosion de la maladie, 199.497 personnes ont été officiellement infectées dans le pays, dont 112.656 ont été hospitalisées.
M. Epstein s'est félicité du fait que "les gens sont de mieux en mieux soignés", mais a souligné que le "problème restait de traiter à temps les personnes vivant dans les zones les plus isolées du pays".
"Le nombre d'Haïtiens mourant du choléra s'est stabilisé dans l'ensemble des dix départements touchés par l'épidémie et connaît même dans certains une tendance à la baisse", précise de son côté le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
"Il reste toutefois difficile de savoir si l'épidémie a atteint son pic", ajoute l'agence onusienne dans un communiqué.
Par ailleurs, l'OPS enquête sur quatre cas de paralysie, dont trois mortels, survenus à Port-de-Paix (nord), chez des personnes qui avaient eu le choléra. "La polio a été l'une des premières hypothèses considérées", indique dans un communiqué l'OPS. Toutefois, M. Epstein a indiqué qu'il y avait "99% de chances que ce ne soit pas la polio". Les décès "pourraient être dus à un empoisonnement (...) ou au traitement reçu à l'hôpital, ils ne savent vraiment pas", a-t-il ajouté.
(©AFP / 27 janvier 2011 20h40)

Quand Sonia Rolland, Samuel Le Bihan et Aïssa Maïga font la révolution à Haïti !

Amoureuse et maman (de Tess et Kahina), la sublime Sonia Rolland, 29 ans, a beau avoir eu une étonnante surprise avec la justice (elle a été condamnée à verser de l'argent à son ex pour non-présentation d'enfant, elle a immédiatement fait appel), heureusement côté boulot tout va bien.

La comédienne sera prochainement à l'affiche d'un téléfilm en deux parties pour France 2, d'après Écran Total. Le tournage de cette fiction débutera au printemps prochain et les lieux de tournage se partageront entre la Martinique, le Jura et l'Ile de France. Réalisé par Philippe Niang, Toussaint Louverture réunira de nombreuses vedettes : Jimmy Jean-Louis (qui a déjà donné la réplique à Sonia Rolland dans Moloch Tropical), Aïssa Maïga (actuellement à l'affiche de L'avocat avec Benoît Magimel), Samuel Lebihan, Edouard Montoute (récemment vu dans Bienvenue aux Edelweiss), Hubert Koundé, Philippe Caroit (R.I.S. Police Scientifique), Thierry Desroses et bien sûr Sonia Rolland.
L'histoire : Toussaint Breda, né esclave en 1743, affranchi de l'esclavage en 1776 devient Toussaint Louverture, un révolutionnaire des temps modernes. Grâce à lui, Bonaparte a gagné plus d'une bataille. Sans lui, Napoléon a perdu St-Domingue, mais aussi sa force et son allié. Ce "guerrier" fascinant devient à 50 ans le "Spartacus noir", le "Centaure de la savane"... Trahi par Bonaparte, il meurt au Fort de Joux, non sans avoir libéré Haïti de ses chaînes et en avoir fait le premier État nègre indépendant.
Un téléfilm fort engagé qui rendra le séduisant Jalil Lespert (qui s'est s'attaqué à la réalisation d'un deuxième film), très fier de sa dulcinée Sonia.

Chronique...Main basse sur Haïti

Agence QMI Jacques Lanctôt
27/01/2011 15h24
Haïti brûle, encore et encore. Quand ce n’est pas le soleil cuisant des Antilles, ce sont les pneus qu’on incendie ici et là dans les rues pour bloquer toute circulation, comme si la gazoline n’était pas rationnée. Mais «la mayonnaise de la contestation», pour reprendre l’expression de la Franco-Américaine Susan George, la présidente d’honneur d’Attac, tarde à prendre.
Tous les jours, des manifestations de protestation dont on n’entrevoie pas la fin secouent Port-au-Prince. On proteste contre le vide gouvernemental et le chaos, contre la fraude institutionnalisée, contre la faim qui tenaille l’estomac de quelque 2,4 millions d’Haïtiens, contre l’absence de démocratie, contre cette farce électorale, organisée en novembre dernier, alors que la majorité des déshérités n’ont pas pu voter.
Les Américains, avec l’ancien président Bill Clinton en tête, ont fait main basse sur cette perle des Antilles, qui repose, cela a été établi, sur d’immenses gisements de pétrole. Depuis plusieurs années, d’énormes quantités d’argent circulent entre les mains des milliers d’ONG qui se plaisent à s’étiqueter «sans frontières» mais dont les frontières sont pourtant bien définies, au nord de l’île, certaines compatissantes mais impuissantes, d’autres complices de la corruption généralisée, tandis que des centaines d’entreprises, majoritairement étasuniennes, font des affaires d’or et reçoivent de juteux contrats de Washington, imposant peu à peu leur modèle de développement économique pour l’île, celui de la dépendance totale envers le géant américain.
Haïti était, au début des années 1980, un pays exportateur de denrées alimentaires. Il produisait, entre autres, tout le riz qu’il consommait, la denrée alimentaire de base dans ce pays. Le pays était plus ou moins autosuffisant au plan alimentaire. Aujourd’hui, la majeure partie du riz qu’on y consomme provient des États-Unis, et plus précisément de la compagnie ERLY Industries, à travers sa filiale American Rice.
En 1986, le Fonds monétaire international (FMI), avec l’accord de Washington, a consenti de prêter de l’argent à ce pays à la condition qu’il abaisse ses tarifs douaniers à l’importation. C’est ainsi que le gouvernement haïtien dut baisser considérablement les barrières tarifaires qui protégeaient ses produits alimentaires de base et qui passèrent de 150% à 3%! Désormais, le riz importé de la Californie ou de l’Arkansas se vend moins cher que le riz produit sur place.
Les petits agriculteurs, principalement ceux de la vallée d’Artibonite, la plus importante région rizicole, n’étaient plus de taille pour affronter l’agriculture étasunienne, subventionnée au maximum à travers toutes sortes de programmes. De 1985 à 2009, les producteurs de riz étasuniens ont reçu 12 milliards 500 millions de $ en subventions et selon la USA Rice Federation, 90% du riz qui se consomme en Haïti provient des États-Unis.
La multinationale Monsanto ne voulait pas être en reste dans ce banquet de riches. Elle s’est associée à Chemonics, une filiale de la même ERLY Industries, pour y distribuer ses semences traitées avec un pesticide interdit dans plusieurs États américains, le Thiram, un fongicide toxique pour les abeilles et les oiseaux, entre autres. Le 4 juin dernier, Journée mondiale de l’environnement, 12 000 petits agriculteurs haïtiens ont brûlé les semences de Monsanto pour protester contre cette atteinte à leur souveraineté. Une véritable «déclaration de guerre», selon Doudou Pierre, coordonateur du Comité national de défense de la souveraineté et la sécurité alimentaires en Haïti. Curieusement, les journaux d’ici n’en ont pas parlé. C’est qu’on se plaît, semble-t-il, à montrer l’homo haïtianus plus soumis qu’il ne l’est en réalité.
Les petits agriculteurs, privés de leur gagne-pain, sont allés joindre les rangs des centaines de milliers de chômeurs. Cette situation prévalait bien avant le séisme et c’est ce qui explique en partie le développement désordonné et anarchique de la capitale Port-au-Prince, où des milliers de sans-travail, venus des campagnes pour solliciter de l’aide et du travail, se sont construits des abris de fortune. Ce sont ces paysans qui formèrent le gros des quelque 300 000 victimes du tremblement de terre de janvier 2010.
Devant le Comité des relations extérieures du Sénat, en mars 2010, Bill Clinton s’est excusé du tort qu’il avait causé aux agriculteurs haïtiens en favorisant ainsi l’importation massive de riz américain. «Ce fut une erreur», a-t-il admis. Mais, malgré ces aveux, rien n’a changé depuis. Et ce n’est pas les «appels à l’unité» du peuple haïtien lancés par Baby Doc qui vont changer la donne.
Allez, vivement une révolution, non pas aux odeurs du jasmin, mais de la mangue!
http://fr.canoe.ca/infos/chroniques/jacqueslanctot/archives/2011/01/20110127-152459.html

Venezuela: premiers malades du choléra, de retour de République dominicaine

CARACAS - Une vingtaine de Vénézuéliens de retour d'un mariage en République dominicaine ont contracté le choléra, mais ils ont été isolés pour empêcher la propagation de cette maladie contagieuse qui a fait près de 4.000 morts en Haïti, a annoncé mercredi le gouvernement vénézuélien. "Nous avons des cas suspects et des cas positifs de choléra dans le pays. La population doit rester calme car tous les cas que nous avons sont des personnes qui ont assisté à une réunion de famille en République dominicaine", a annoncé mercredi la ministre de la Santé Eugenia Sader.
Selon Mme Sader, au moins 21 Vénézuéliens ont été hospitalisés à Caracas, après avoir présenté des symptômes du choléra, confirmés ou probables.
En outre, 12 Vénézuéliens contaminés par le bacille se trouvent en République dominicaine, où un premier cas mortel de la maladie a été confirmé dimanche.
Quatre autres personnes ayant assisté au mariage et présentant des symptômes de la maladie se sont rendus à Madrid, Boston (Etats-Unis) et Mexico, mais "ils sont pris en charge en ce moment", a-t-elle assuré.
La République dominicaine, qui a recensé jusqu'ici 238 cas de choléra, partage une frontière poreuse avec Haïti, où la maladie a fait près de 4.000 morts depuis la mi-octobre et infecté 194.000 personnes, selon le dernier bilan communiqué mi-janvier par le ministère haïtien de la Santé.
Les deux pays se partagent l'île caribéenne d'Hispaniola, située à un millier de kilomètres des côtes vénézuéliennes.
La République dominicaine assure que la propagation du choléra sur son sol est "maîtrisée" et Mme Sader considère également comme "faible" le risque d'une épidémie au Venezuela.
"Nous pouvons être tranquilles. Nous avons un excellent réseau d'eau potable et la seule chose que nous demandons est que tout le monde prenne les mesures de précautions adaptées", a-t-elle déclaré.
Elle a notamment appelé les quelque 400 personnes ayant assisté au mariage à se rendre dans un centre de santé pour éviter toute contagion et a enjoint le reste de la population à observer des mesures simples (se laver les mains, laver les aliments, faire attention aux déchets organiques).
"C'est dans les prochaines 24 à 48 heures, que nous éviterons l'émergence de cas autochtones", a-t-elle estimé.
Le président vénézuélien Hugo Chavez a pour sa part annoncé que les systèmes public et privé de santé travaillaient ensemble pour éviter la propagation de la maladie.
Fin octobre, le Venezuela avait mis en place un plan de "vigilance épidémiologique", prévoyant notamment un suivi des voyageurs en provenance d'Haïti, pour éviter la propagation sur son territoire de l'épidémie de choléra qui venait d'éclater dans ce pays.
(©AFP / 26 janvier 2011 23h33)
http://www.romandie.com/infos/news2/110126223319.cjqyb4z4.asp

mercredi 26 janvier 2011

Le sport pour maintenir la paix en Haïti

MINUSTAH - Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti - 26/01/2011 16:30:00 La paix, pour Haïti, un pays naguère en proie à de la violence armée, est une donnée incontournable. Pour y parvenir, de nombreux acteurs s'investissent dans des domaines divers, dont la réduction de la violence au sein des communautés haïtiennes vulnérables. Parmi eux, l'ONG brésilienne Viva Rio qui, avec le soutien de la MINUSTAH, entreprend non seulement des projets socioéconomiques mais aussi des activités sportives et de sensibilisation destinées à développer une culture de la paix. Et sa dernière initiative en date est l'organisation de la «Journée haïtienne du sport pour la paix ».
C'est dans le but de faire la promotion « de la paix et du dialogue » que Viva Rio a organisé, ce dimanche 23 janvier à Port-au-Prince, « la journée haïtienne du sport pour la paix ». Une activité qui a été réalisée avec l'appui de nombreux partenaires, dont les casques bleus du contingent brésilien de la MINUSTAH, la ville de Manaus (Brésil), l'Ambassade brésilienne à Port-au-Prince et la firme d'ingénierie OAS.
Tout a commencé à la Place d'Italie, au bas de la ville, par une course à pied de 6 km devant aboutir à l'institution « KAY NOU » (Siège de l'Organisation Viva Rio), à La Saline, ancien quartier chaud de la périphérie du bidonville de Bel-air. Une course qui a rassemblé 300 Haïtiens et 250 Brésiliens, dont des membres du personnel civil, militaire et policier de le MINUSTAH, âgés de 16 à 50 ans.
L'ancien athlète professionnel haïtien, Jean Robert Baptiste, qui a remporté la course, a indiqué avoir été motivé par le seul souci d' « encourager les jeunes à pratiquer le sport en vue d'éviter les déchirures sociales ». La deuxième place revenait à FéFé Notus, lui aussi un vétéran. Quant au jeune Guerrier Jacky, alias Jacky Chen, classé troisième, il s'entraine tous les matins avant de se rendre à l'école. Il encourage ses pairs « à rechercher des opportunités d'avenir » au lieu de s'adonner à l'oisiveté.
Au menu de cette journée figuraient également des activités comme l'exécution, sous la supervision d'une monitrice brésilienne, de danses folkloriques brésiliennes par des jeunes Haïtiens et des matchs de football en salle par des plus jeunes. Des ateliers de volley ball, de saut en longueur et de judo ont aussi été conduits par des moniteurs brésiliens.
Selon l'Ambassadeur du Brésil en Haïti, Igor Kipman, qui intervenait lors du lancement de la course, la coopération haïtiano-brésilienne en matière sportive a au moins deux objectifs : faciliter l'inclusion sociale et voir Haïti participer au Mondial 2014 au Brésil. M. Kipman a par ailleurs qualifié d' « extraordinaires » les résultats jusqu'à présent obtenus dans le cadre des démarches visant à réduire la violence communautaire dans le pays, particulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Encourager les jeunes à pratiquer le sport
Un des participants a la course, Sironé Kénold, qui frise la cinquantaine, estime que le « sport représente l'avenir » pour Haïti. Il estime qu'en le pratiquant de manière rationnelle, on peut en faire une profession capable de détourner les esprits de toutes formes de malversations. Pour une autre participante, la jeune Frédeline Léonard, le sport « permet à ses pratiquants de rester en bonne santé et d'éviter des pratiques nocives comme la consommation de la drogue ».
Hormis les activités sportives ponctuelles du dimanche 24, Viva Rio organise des championnats de football pour détecter de jeunes talents. A titre d'exemple, un championnat de football pour enfants regroupant 32 équipes, a été organisé en juin 2010, selon le format de la Coupe du monde de Football se déroulant en Afrique du Sud. Près de 480 enfants y avaient participé.
De même, Viva Rio va organiser un championnat interscolaire de footsal, un sport collectif dérivé du football. Il s'agit pour l'ONG de « préparer les enfants physiquement, techniquement et tactiquement », explique Jean Maxeau Greffin, qui y enseigne cette discipline. Pour lui, le football en salle, qui en est a ses débuts dans le pays, « s'il bénéficie de l'encadrement nécessaire, pourra connaitre un grand développement et servir de tremplin aux jeunes qui souhaitent poursuivre une carrière de footballeur ».
D'ailleurs, l'ONG a mis sur pied une académie de football devant permettre aux jeunes talents de parfaire leur formation. Elle travaille avec deux sélections de 22 jeunes footballeurs respectivement de moins de 13 ans (U-13) et de moins de 15 ans (U-15). D'ici au mois d'avril prochain, quelque 80 enfants intégreront l'académie. D'autres domaines de formation sportive comme le judo, la boxe et le Volley-ball verront sous peu le jour, informe pour sa part Daniel Delva, responsable des actions de sensibilisation et des relations communautaires à Viva Rio.
Des projets sociaux pour réduire la violence
Les interventions visant à « apaiser les tensions sociales » ne se limitent pas à des activités sportives. Aussi, en collaboration avec la MINUSTAH et d'autres partenaires, Viva Rio a développé des projets à caractère socio-économique devant offrir des opportunités d'emplois aux jeunes des quartiers défavorisés comme Bel-air et la Saline. Des projets qui se déclinent en campagne de nettoyage des rues, réhabilitation et curage des canaux d'évacuation, l'établissement de brigades pour la prévention des désastres, la transformation des déchets humains en biogaz, le recyclage de matières plastiques, l'assainissement et des campagnes de reboisement, entre autres.
Le quartier de Bel-air a accueilli le projet « Tambour de la Paix » visant à favoriser l'entente entre les différents secteurs de cette communauté. Ce projet et celui portant sur la réhabilitation et le curage des canaux d'évacuation sont financés par la MINUSTAH via sa Section Réduction de la Violence communautaire (RVC). Des financements qui, après le séisme, s'élèvent à 1.873.411 dollars.
Dans le domaine artistique, Viva Rio organise des classes de « capoeira », une danse brésilienne, et de folklore haïtien. Des jeunes de Bel-air et des quartiers avoisinants pratiquent également la danse, la musique, la peinture et le dessin.
Autre domaine d'intervention de l'ONG, la santé. Selon la coordonatrice du projet santé de Viva Rio, Dr Rosiane Siméon, des cliniques mobiles et des campagnes de vaccination sont réalisées dans le quartier. Des actions qui ont pour objectif d'atteindre un maximum de personnes, dont des femmes.
Des jeunes provenant de quartiers difficiles comme Cité Soleil, Simon-Pelé, Bel-air et Carrefour-Feuille, ont bénéficié de formations professionnelles qui doivent « les aider à prendre la voie du changement et du progrès ». Ils ont été formés dans des domaines comme la plomberie, la mécanique, la réfrigération/climatisation, l'électricité, la maçonnerie et la ferronnerie. Et pour les rendre plus aptes à se lancer sur le marché du travail, ils ont aussi réalisé des stages en entreprise.
Pour les responsables de Viva Rio, les activités socioéconomiques et de sensibilisation de l'ONG visant a réduire la violence communautaire ne sauraient se concentrer uniquement à la capitale. L'objectif de Viva Rio est maintenant de pouvoir « décentraliser » sa structure en établissant des antennes notamment à Bon Repos et à l'Arcahaie, deux villes au nord de Port-au-Prince.
http://www.newspress.fr/Communique_FR_237111_4357.aspx

Le dictateur : l’enigme du retour

L’affront est d’une portée titanesque. La provocation participe à la fois du mépris, de la belligérance hautaine et de l’insolence la plus aveugle. Car, quel que soit l’angle sous lequel l’entendement humain puisse envisager la décision de J-C Duvalier de s’inviter en sol haïtien à cette heure critique de la vie nationale, impossible d’inscrire son geste autrement que sous le registre de l’indécence la plus scandaleuse, voir de l’odieux le plus manifeste. L’audace outrancier de Baby Doc, fort avisé de la précarité abyssale où sont plongées les institutions du pays, après la triple dévastation causée par le tremblement de terre, la choléra et l’imbroglio électoral, n’est rien de moins qu’une ignoble gifle, magistralement administrée à l’endroit de toute la classe politique nationale.
Gifle amère et froide car l’accueil ,sinon enthousiaste, du moins étonnamment sympathique, fait à sa personne par des secteurs non négligeables de la rue , traduise paradoxalement le sentiment éminemment tragique et combien désolant d’une collectivité qui n’en finit de constater l’inertie systématique et le misérabilisme généralisé de la société haïtienne vingt-cinq ans après la défection des Duvalier : vie politique comateuse ,effondrement progressif de toutes les ressources économiques, paupérisation de la classe moyenne, dépendance de plus en plus accrue de l’aide étrangère, insécurité permanente dans les grandes villes, fuite massive des cerveaux vers l’étranger, désagrégation de plus en sauvage du tissu social : il est vrai que la classe politique Haïtienne n’a pas à s’enorgueillir de ses réalisations post-duvaliériennes. Sentiment d’autant plus douloureux que le souvenir de l’espoir et de l’euphorie qui enthousiasmaient toutes les couches de la population de ce pays, lors de la défection de Baby Doc en février 86 n’est pas encore totalement disparu.
Gifle amère et froide que ce Jean-Claude Duvalier, franchissant, presque sans broncher, les lignes des douanes haïtiennes et déambulant, avec un port presque héroïque, dans les rues de la capitale, comme s’il était un libérateur, car il pourrait s’agir là de l’illustration la plus convaincante et la plus macabre de l’absolue disqualification de l’élite politique nationale, réfléchissant pour cette dernière, par un dédoublement atroce et cruel, l’image lugubre et assassine de son propre marasme des derniers vingt-cinq ans.
Au point qu’il n’est pas encore exclu de penser, tant le scandale de l’inopiné retour de Baby Doc demeure entier, que l’ultime responsable de toute cette vacherie ne soit finalement la médiocrité des acteurs de l’élite, l’obscurantisme de ses pratiques arriérées et le délabrement permanent de ses institutions majeures.
Gifle amère et froide car elle contraint la classe politique actuelle à prendre toute la mesure de son aliénation endémique par rapport aux classes populaires, puisque celle-là ne pourra plus nier qu’elle aura ainsi contribué à faire admettre par la porte arrière la bête immonde et sanguinaire que celles-ci avaient cru avoir terrassé, au prix de sacrifices ultimes , quelque trente ans plus tôt.
Gifle amère et froide car on ne peut s’y tromper : le vrai nom de ce camouflet impudique , la signature profonde de ce sentiment mégalomane de grossière impunité, il trouve la clé de son intelligence dans la scabreuse dérive de toutes les forces vives de la nation, lesquelles ont été, vingt-cinq ans durant, livrées, par leurs gouvernants à la merci des appétits voraces des classes possédantes ; Tous coupables, de Lesly F Manigat, aveuglé par son obsession à gouverner seul, jusqu’au gouvernement Préval dont le seul programme connu semble être son engagement pour l’inertie et sa foi aveugle dans le laisser aller, en passant par l’administration lavalas qui, deux fois plutôt qu’une, consomma la grande œuvre de perversion de toutes les valeurs démocratiques amorcées depuis le 7 février 86, et qui, à grands coups de populisme niais et infantile, n’hésita point à élever les allégeances partisanes au rang de modus operandi pour toute l’administration du pays, alors que la paranoïa de perdre le pouvoir distillait subtilement de sombres pathologies qui ne reculaient même pas devant le culte idolâtre du chef.
Gifle amère et froide également, parce qu’on sent déjà qu’un vent de panique vient balayer avec ce retour de Jean-Claude tous les pans du gratin politique de Port-au-Prince. D’ailleurs, saisissant au vol l’occasion, depuis son exil sud-africain où le démange encore la morsure du pouvoir, l’ex-président J-B Aristide ,qui a toujours habitué ses interlocuteurs, au moins dans la rhétorique convenue de sa vulgate démagogique, à une volonté, parfois excessive, d’éloignement tant de la personne que des idéologies des Duvalier, semble aujourd’hui prêt á faire tomber les masques…l’exil est pénible, l’hiver ne convient guère à ses yeux malades…alors, lui, non plus, il n’a pu résister à faire parvenir aux autorités haïtiennes l’impérieuse nécessité qui était la sienne de bénéficier d’un nouveau passeport (celui qu’il détient présentement étant expiré) afin de regagner sa terre natale, s’inscrivant ainsi volontairement dans la même filiation de nuisance outrecuidante, de cynisme abusif et d’aveuglement partisan le plus grossier que ce Duvalier, qui, hier encore, était la destination universelle de toutes ses récriminations et l’objet tout désigné de toute son indignation.
Gifle amère et froide car les proches de Duvalier semblent déterminés à faire front sur toutes les institutions et à n’épargner aucun moyen pour justifier le droit de ce dernier à rentrer chez lui. Ils en appellent à la constitution, qui, ne prévoyant pas le bannissement, ne saurait l’empêcher, disent-ils, comme tout autre citoyen, d’entrer dans son pays. Ils allèguent du caractère ordinaire et pacifique de ce séjour, alors que quarante-huit heures seulement à l’intérieur des frontières haïtiennes auront suffi pour que soient déclenchés, de gré ou de force, des manifestations populaires, des protestations émanant de représentants de la presse, des appels lancés sur les ondes radiophoniques de la part d’anciens dissidents et exilés et finalement rien de moins qu’une inculpation au parquet où au cours d’un interrogatoire de plus de trois heures, le contenu d’allégations de détournements de fonds, de corruption et d’association de malfaiteurs lui aurait déjà été communiqué. Si ces ouailles avaient des doutes quant à ses chances de pouvoir, un jour, jouir d’un traitement ordinaire dans ce pays que son père et lui ont dilapidé et dévalisé pendant trente ans, leurs doutes devraient être dissipés totalement après la succession de ces rebondissements si peu de temps après son arrivée.
Gifle amère et froide finalement car l’histoire s’écrit souvent dans une sourde opacité des transcendances du passé projetant victimes et bourreaux dans des jeux de rôle parfois multiples et nombreux et se moquant amèrement des verdicts définitifs. Car sans une volonté étatique organisée doublée d’une pédagogie unifiée de la probité morale et de la droiture civique , les milliers de voix et de plumes, qui se sont mis debout pour la majorité silencieuse sous les bottes des Duvalier, risquent d’éprouver le sentiment d’une seconde trahison, tant est réelle et imminente l’éventualité, que leur résistance héroïque d’alors, ne soit devenue soudain matière à révision, ou même se trouve frappée de la négation la plus absolue. A quoi servait réellement Fort-Dimanche ? Qui étaient finalement ces nombreux détenus qui peuplaient les cachots de Duvalier ? Quel est le sens que la génération actuelle doit retenir de la résistance verticale et courageuse De Jean-Dominique et de ses collègues de Radio Haïti ? La grande majorité des Haïtiens reconnaissent-ils précisément la dette qui est la leur envers les milliers de saints qui ont fait don de leur vie et de leurs biens pour rendre possible la liberté de parole et d’association dont ils usent et abusent aujourd’hui ? La bataille du sens est maintenant ouverte. La course à la conquête de la mémoire haïtienne a commencé.
parpatrick morisseau
mercredi 26 janvier 2011
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-dictateur-l-enigme-du-retour-87775

mardi 25 janvier 2011

Haïti-Elections : Probable second tour vers le 20 mars

P-au-P., 25 janv. 2010 [AlterPresse] --- Le second tour des élections présidentielles et législatives pourrait se tenir aux alentours du 20 mars prochain, apprend AlterPresse auprès d’une source du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Le CEP dispose à présent d’une ébauche de calendrier à mettre en œuvre pour la réalisation du second tour, ajoute la même source, qui confirme également la publication des résultats du premier tour au cours de la première semaine de février.
Cette information concorde avec l’annonce faite le 24 janvier par le chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), Edmond Mulet.
Ce dernier s’est adressé à la presse après avoir rendu visite aux membres du CEP en compagnie de plusieurs diplomates, dont l’ambassadeur américain Kenneth Merten et des représentants de l’Union Européenne, l’Espagne et le Brésil.
Les résultats attendus par la communauté internationale supposent un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, écartant le candidat du pouvoir Jude Celestin, tel que recommandé par la mission d’évaluation de l’OEA.
Par ailleurs, on apprend que la Mission d’experts juridiques de l’Organisation des États Américains (OEA) pour l’accompagnement de la phase contentieuse de l’élection présidentielle est présente en Haiti.
Arrivée le 22 janvier en Haiti, la mission s’est réunie le 24 janvier avec le CEP afin de discuter des modalités de son travail, informe l’OEA.
Composée de quatre experts juridiques en provenance du Canada, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay, la mission assistera aux auditions du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN) portant sur l’élection présidentielle pour évaluer le processus, faire les observations et les recommandations correspondantes et, au besoin, fournir une assistance technique juridique sur la phase contentieuse à la demande du CEP. [rh gp apr 25/01/2011 13 :30
]http://www.alterpresse.org/spip.php?article10575

Haïti: fin de crise en vue avec le retrait annoncé du candidat du pouvoir

De Clarens RENOIS (AFP) – PORT-AU-PRINCE — Le candidat du pouvoir à la présidentielle haïtienne, Jude Célestin, accusé d'avoir bénéficié de fraudes au premier tour, va retirer sa candidature, a déclaré mardi un sénateur de son parti, après deux mois de crise post-électorale.
Jude Célestin "va écrire au Conseil électoral provisoire (CEP) pour lui signifier son retrait", a indiqué à l'AFP Moïse Jean-Charles, sénateur du parti Inité ("Unité" en créole) du président sortant René Préval.
L'annonce officielle de M. Célestin devrait être faite dans un communiqué à un moment non précisé. Le parti au pouvoir a prévu d'organiser une conférence de presse mercredi après avoir dans un premier temps prévu de la réunir mardi.
Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, Haïti est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l'ex-Première Dame Mirlande Manigat, du candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés par le Conseil électoral.
Ces résultats ont été contestés, parfois violemment, sur fond d'accusations de fraude, par les partisans de Michel Martelly, candidat arrivé troisième, à quelques milliers de voix seulement de Jude Célestin.
Une mission d'experts internationaux de l'Organisation des Etats américains (OEA), chargée d'examiner le processus électoral, a recommandé d'écarter M. Célestin du second tour au profit de M. Martelly.
Mais ni le Conseil électoral, ni M. Préval n'ont encore tranché la question, empêchant l'organisation du second tour qui devait se tenir le 16 janvier. Et le retour récent et mystérieux de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil n'a fait qu'ajouter à la confusion et aux spéculations.
Mardi matin, un autre sénateur du parti au pouvoir, Joseph Lambert, coordonnateur national du parti présidentiel, a annoncé le premier le retrait de M. Célestin.
"Nous envisageons le retrait de la candidature de M. Célestin quels que soient le cas de figure et les résultats qui seront publiés par le Conseil électoral", a-t-il déclaré à Radio Métropole.
M. Lambert a d'autre part indiqué que sa formation politique pourrait appuyer l'un ou l'autre des candidats admis au second tour.
"De toutes les façons, nous sortirons gagnants, car Inité va remporter les législatives et le prochain président devra cohabiter avec nous", a-t-il soutenu.
Cette sortie d'un des leaders du parti au pouvoir intervient au lendemain d'un appel lancé par des représentants de la communauté internationale, emmenés par Edmond Mulet, représentant en Haïti du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, pour que le Conseil électoral disqualifie Jude Célestin au profit de Michel Martelly.
Si ce retrait se confirme, le second tour opposera M. Martelly, un chanteur populaire mieux connu sous son nom d'artiste de "Sweet Micky", à l'ex-première Dame septuagénaire Mirlande Manigat.
Resterait à fixer la date de cette échéance. Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, a déclaré il y a quelques jours que les résultats définitifs du premier tour seraient probablement annoncés le 31 janvier, "de manière à organiser le second tour à la mi-février". Le mandat de M. Préval s'achève théoriquement le 7 février.
Le Conseil électoral s'est réuni mardi pour examiner les recours déposés contre les résultats du premier tour. Une nouvelle mission de l'OEA arrivée à Port-au-Prince pour appuyer ce processus s'est entretenue lundi soir avec les membres du Conseil électoral.
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ie_M5R0ESD_gGJsB61kLkajJkLmQ?docId=CNG.c2abb9814e5531e70bad77153bcf06e2.851

Jude Célestin a accepté de se démettre

Le candidat à la présidence de la plateforme présidentielle INITE, Jude Célestin, a accepté de tirer sa révérence après une demande formelle - des candidats à la députation et au Sénat de ce parti politique - au président de la République d'adopter les recommandations du rapport de la Mission de l'OEA. La nouvelle a été communiquée au Nouvelliste par un membre du gouvernement. On attend sous peu un communiqué du parti. Haïti: Deux mois après le premier tour des élections présidentielles et législatives controversées dans le pays, les candidats à la députation et au Sénat de la plateforme présidentielle INITE veulent manifestement passer à autre chose. En ce sens, ils ont formulé le voeu de voir le chef de l'Etat adopter les recommandations de la Mission de l'OEA qui exclut leur candidat à la présidence, Jude Célestin, a confié à Magik 9, ce lundi, le coordonnateur général de INITE, le sénateur Joseph Lambert. Les responsables de l'organisation politique INITE vont sortir sous peu un communiqué pour confirmer la nouvelle.
Les candidats à la députation et au Sénat de la plateforme politique INITE veulent mettre un terme à cette crise électorale qui secoue le pays depuis le 28 novembre dernier. Au cours d'une réunion la semaine écoulée, ils ont plaidé pour le respect des recommandations du rapport de la Mission de l'OEA chargée de vérifier le travail réalisé au Centre de tabulation des votes. Le directoire de l'organisation politique présidentielle était chargé de transmettre ce voeu au chef de l'Etat, selon le sénateur Joseph Lambert.
Cependant, contrairement aux informations publiées sur le site internet d'une station de radio de la capitale, le parlementaire a démenti fermement que le directoire du parti ait de son propre chef évoqué le retrait éventuel du candidat à la présidence Jude Célestin. « Il y a eu une réunion du directoire de l'INITE la veille. Le lendemain il y a eu une réunion des candidats à la députation et au Sénat de l'organisation. Au cours de cette réunion... les candidats n'avaient pas véritablement souhaité le retrait de Jude Célestin de la course, mais ils avaient émis la volonté de rencontrer le président de la République - qui est aussi un membre du parti - pour voir dans quelle mesure les conclusions et recommandations du rapport de la Mission de l'OEA pourraient être adoptées... dans la perspective de voir se réaliser le second tour au plus vite et de voir élu démocratiquement un président pour remplacer le président Préval avant le 14 mai », a expliqué Joseph Lambert
« A aucun moment de la durée, personne du directoire n'a évoqué l'éventualité du retrait de Jude Célestin. Personne n'a l'autorité de demander à Jude Célestin de se retirer autre que Jude Célestin lui-même, qui peut choisir de bonne foi en fonction de l'analyse de la conjoncture et en fonction de sa perception de la crise », a ajouté le parlementaire qui répondait ce lundi aux questions du journaliste Roberson Alphonse sur Magik 9. « Nous autres du directoire, nous étions chargés de rencontrer le président de la République en ce sens pour l'informer de ce qui a été dit au cours de cette réunion », a renchéri le coordonnateur général de INITE.
Rappelons que, selon le rapport de la Mission des experts de l'OEA chargée de vérifier le travail fait par le Centre de tabulation des votes, Michel Martelly se retrouverait maintenant en deuxième position avec 22,2% après avoir invalidé 7 150 votes pour ce dernier. Jude Célestin passerait, lui, de la deuxième à la troisième place, avec 21,9%, en ayant perdu 17 220 votes. Mme Manigat resterait en tête, avec 31,6% des voix, après que 13 830 voix en sa faveur ont été supprimées pour irrégularités.
Joseph Lambert n'a pas de problème de visa américain
Interrogé sur la décision des Etats-Unis de révoquer le visa de certains responsables de INITE, le sénateur Lambert a indiqué qu'il n'a pas été victime de cette décision. Toutefois, le parlementaire a rappelé qu'un visa peut être révoqué à tout moment. « Au moment où on vous accorde le visa, on vous fait savoir qu'il est un privilège et non un droit », a-t-il rappelé, tout en soulignant que l'administration américaine peut encore décider de révoquer d'autres visas.
Le parlementaire a rejeté d'un revers de main ceux qui le présentent comme quelqu'un qui joue un double jeu. « J'ai toujours défendu mon parti avec véhémence et je veux continuer à le faire avec fermeté et avec la même conviction », a-t-il dit, rejetant ainsi les critiques faisant croire qu'il joue un double jeu. « Il demeure vrai que, avec l'international et avec mon parti, je suis toujours quelqu'un de bon commerce. Je comprends la réalité politique, je fais toujours valoir mes points de vue et je fais aussi valoir ceux de pas mal de nos collègues députés et sénateurs », a-t-il expliqué.
Sans vouloir préciser le nombre de personnes de son organisation politique à être victimes de cette décision des Etats-Unis, le parlementaire a dit avoir entendu à la radio que 9 membres de INITE seraient concernés. En outre, il a mis l'accent sur le caractère privé d'une telle décision du Département d'Etat. « L'obtention ou le retrait de visa a un caractère très personnel et ne doit pas être traité en public. Je n'ai pas le droit de demander à ces collègues de l'INITE la raison de la révocation de leur visa », a indiqué le sénateur du Sud-Est.Réagissant aux déclarations du candidat à la présidence Michel Martelly, faisant croire que cette décision de l'administration d'Obama intervient en dernier recours comme une sanction pour forcer les responsables de INITE à entendre raison, M. Lambert a répondu ceci : « Peut-être une sanction, peut-être une forme de pression, peut-être un élément de dissuasion dans une conjoncture politique assez particulière qui demande un effort de la part de tous les acteurs politiques, afin de trouver une solution à la crise. »
Robenson Geffrard
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=88238&PubDate=2011-01-25
Commentaires:
Il faudra avoir été gratifié de pénétrer les secrets des dieux pour s’informer des dessous des négociations et les tractations qui auront conduit à ce type de solution de sortie de crise.

Aura-t-on promis une amnistie au candidat officiel dont le nom a été cité dans des démêlées avec le fisc américain autour d’une histoire d’immobilier ?
Toujours est-il que l’on est en droit de penser que les amis d’Haïti ont imaginé une sortie de crise qui est en effet un partage du gâteau : Le pouvoir exécutif à Manigat/Martelly et le pouvoir législatif à INITE. Donc la présidence à un de nos deux candidats et la gouvernance au mouvement de René Préval.
Et voilà Haïti Chérie dirigée par un gouvernement bicéphale, avec deux siamois qui vont définitivement tirer dans des directions opposées. Et pour reconstruire, c’est sans aucun doute la situation la plus idéale. N’est ce pas ?
On sort d’une crise en créant par anticipation une autre. Bravo !

Haïti : témoigner et rendre hommage

France-Guyane 25.01.2011 LITTÉRATURE. Jeudi et vendredi, s'ouvrent les premières rencontres littéraires itinérantes organisées par le service commun de la documentation de l'université des Antilles et de la Guyane, avec pour thème « Haïti, un an après, témoigner et rendre hommage au peuple haïtien : la parole est aux écrivains » .
Les auteurs haïtiens Rodney Saint-Eloi et Makenzy Orcel sont les invités de ces journées qui s'articuleront autour de la projection du film Jacques Roumain : la passion d'un pays réalisé par Arnold Antonin et d'une conférence sur le thème Ecrire le séisme.
Les auteurs seront par ailleurs en dédicace samedi.-
Jeudi à 16 h: projection de Jacques Roumain, la passion d'un pays
Jeudi à 18 h: carte blanche aux éditions Mémoire d'Encrier, à la bibliothèque du campus Saint-Denis. Vendredi à 18 h : conférence Ecrire le séisme à la bibliothèque Franconie.
Samedi, de 10 h à 13 h, Rodney Saint-Eloi et Makenzy Orcel en dédicace à la librairie Suzini de Montjoly 2.
http://www.franceguyane.fr/actualite/vielocale/haiti-temoigner-et-rendre-hommage-25-01-2011-80682.php

De la légitimité de gouverner en Haïti

Nicole Guedj Plus jeune Chef d’État de l’histoire, « Baby Doc » a été propulsé à l’âge de 19 ans sur le « trône » autrefois occupé par son père. Durant plus de quinze ans, Jean-Claude Duvalier a fait régner en monarque absolu la terreur en Haïti, avant d’être sommé de quitter l’Île face à une insurrection populaire sans précédent. Crise économique, instabilité politique, taux de criminalité record, c’est dans cet état de chaos que la famille de « Baby Doc » a laissé le peuple haïtien, le 7 février 1986, embarquant dans un avion de l’US Air Force. Destination Grenoble, des centaines de millions de dollars en poche et le poids de chefs d’inculpation allant du vol à la corruption en passant par l’abus de pouvoir et le détournement de fonds. Les États-Unis lui ayant refusé l’asile, Duvalier s’est rabattu sur la France avec statut de « sans-papier » pendant 18 ans… Ce n’est qu’en 2005 que le fondateur de la brigade des Tontons Macoutes obtiendra un passeport diplomatique, sans avoir jamais payé sa dette.
Coup de théâtre le 16 janvier dernier, lorsque celui qui s’était proclamé Président « à vie », décide de retourner en Haïti pour « aider » : « Me voici revenu pour vous témoigner ma solidarité en cette période extrêmement difficile de la vie nationale où vous êtes encore des centaines de milliers à vivre à la belle étoile, au milieu des ruines (…) Je saisis aussi cette occasion pour exprimer (…) ma profonde tristesse à l’endroit de mes compatriotes qui se reconnaissent, à juste titre, d’avoir été victimes sous mon gouvernement ». A peine débarqué, il est accueilli par des plaintes pour violation des droits de l’homme et l’ouverture par la Justice haïtienne d’une procédure pour « corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs ».
Comme s’il en était besoin et alors que les Haïtiens éprouvent les pires difficultés à élire leur prochain Président, « Baby Doc », en revenant au pays, a semé encore plus le trouble sur la scène politique. Si Haïti doit se relever d’une catastrophe naturelle qui a littéralement ravagé le pays, elle doit également s’engager dans des « opérations de reconstruction » d’une nouvelle ère démocratique. C’est un État dans son entier qui doit être remis sur pieds et il lui faudra garantir de sa légitimité pour sortir de la fatalité.
Au lendemain du tremblement de terre, je me suis rendue à Port-au-Prince. J’y ai notamment rencontré le Président René Préval, semblant bien déterminé à porter secours aux victimes et à redresser le pays. Malheureusement, et je n’ai eu de cesse de le répéter, les échéances électorales déjà planifiées le privaient déjà, dès le 13 janvier, de toute crédibilité pour s’investir dans un véritable plan de réhabilitation. C’est un Président « en sursis », sans aucune légitimité, qui a dû faire face à l’une des plus catastrophes les plus meurtrières de ces dernières années. Ne nous étonnons pas que les promesses de dons n’aient pas été respectées. Ne nous offusquons pas non plus que le travail de reconstruction peinent à avancer. Certains, bien inspirés, lui reprochent sa mauvaise gestion de la crise. Rappelons que six ans après le passage de l’ouragan Katrina, les États-Unis n’ont toujours pas achevé leur chantier en Nouvelle-Orléans…
Sur un tel champ de ruines, le retour de Duvalier sonne comme une insulte à la souffrance d’un peuple meurtri. Un an après le tremblement de terre et à la veille du second tour des élections présidentielles, formons le vœu que la Justice fasse regretter son retour à Duvalier. Qu’une vague de démocratie s’abatte cette fois-ci sur Haïti.
Par Nicole Guedj
Ancien ministre et Président de la Fondation Casques Rouges
Plus d’informations sur Nicole Guedj : www.nicoleguedj.com
Un an après… Haïti : le désespoir est-il permis ?
La Fondation Casques Rouges présidée par l’ancien ministre Nicole Guedj, organise une manifestation à l’occasion de l’anniversaire du tremblement de terre d’Haïti, mercredi 26 janvier 2011, de 18h30 à 20h30, à l’ESG Management School (25, rue Saint-Ambroise – 75011 Paris).
http://laregledujeu.org/2011/01/25/4383/de-la-legitimite-de-gouverner-en-haiti/

Premiers signes de stabilisation de l'épidémie de choléra en Haïti (ONU)

"Le nombre d'Haïtiens mourant du choléra s'est stabilisé dans l'ensemble des dix départements touchés par l'épidémie et connaît même dans certains une tendance à la baisse", a affirmé le Bureau de la coordination des affaires humanitaires OCHA) dans un communiqué. Selon l'agence onusienne, le nombre de personnes hospitalisées pour des traitements a également diminué, mais il reste toutefois difficile de savoir si l'épidémie a atteint son pic.
OCHA a toutefois mis en garde contre les risques posés par le manque de financement pour poursuivre la lutte contre maladie dans les zones reculées, ainsi que le manque d'animateurs communautaires, indispensables pour assurer la prévention de l'épidémie.
"Cette étape clé dans la lutte contre la maladie ne peut être clairement déterminée que si la majorité des zones touchées connaissent une diminution du nombre de nouveaux cas sur une période de trois à quatre semaines", précise la même source, rappelant qu'au 16 janvier dernier, 3.889 décès et 194.095 cas d'infection ont été enregistrés dans le pays.
Pour prévenir la propagation de la maladie, l'ONU avait lancé, en novembre dernier, un appel de fonds de 164 millions de dollars pour la construction de dizaines de centres de traitement et pour l'acheminement de matériel de purification d'eau et le lancement de campagnes d'information du public, mais cet appel n'a été couvert qu'à hauteur de 34%, rappelle-t-on.
MAP
http://www.aufaitmaroc.com/actualites/monde/2011/1/25/premiers-signes-de-stabilisation-de-lepidemie-de-cholera-en-haiti-onu

lundi 24 janvier 2011

Haïti: la communauté internationale met la pression sur le Conseil électoral

PORT-AU-PRINCE — Plusieurs représentants de la communauté internationale se sont rendus lundi au siège du Conseil électoral haïtien pour encourager cette instance à réviser les résultats contestés de l'élection présidentielle et à en exclure le candidat du pouvoir. Edmond Mulet, représentant du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a déclaré à l'AFP que les ambassadeurs avaient plaidé pour que le Conseil électoral provisoire (CEP) accepte la recommandation de l'Organisation des Etats américains (OEA) afin de poursuivre le processus électoral.
L'OEA, chargée par le président haïtien René Préval de se pencher sur le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, a constaté des fraudes et recommandé d'intervertir le classement des deuxième et troisième candidats.
Le candidat du pouvoir, Jude Célestin, est arrivé deuxième selon des résultats provisoires, avec quelques milliers de voix seulement de plus que son suivant, le chanteur Michel Martelly. Il est ainsi censé être opposé au second tour à une ancienne Première dame septuagénaire, Mirlande Manigat, arrivée en tête.
Mais l'annonce de ces résultats a provoqué des violences début décembre de la part des partisans de M. Martelly, exclu du second tour. Le président sortant René Préval, à qui la constitution interdit de se représenter et est considéré comme très proche de M. Célestin, n'a toujours pas réagi aux conclusions de l'OEA qui a recommandé un deuxième tour Martelly-Manigat.
Le second tour qui était prévu le 16 janvier n'a pu avoir lieu, alors que le mandat de M. Préval s'achève le 7 février.
"Les recommandations de la mission de l'OEA montrent le chemin à suivre pour sortir de cette impasse. C'est aux autorités, c'est au CEP, d'appliquer ou pas ces recommandations, mais c'est une voie à suivre et que nous souhaitons", a déclaré M. Mulet.
Le diplomate onusien a ajouté que les ambassadeurs, parmi lesquels la représentante de l'UE, Lut Faber-Gossens, avaient plaidé pour la poursuite du processus électoral et l'organisation d'un second tour, alors que le CEP doit publier dans les prochains jours les résultats définitifs du premier tour.
"La communauté internationale n'appuie pas, ne soutient pas, n'accompagne pas la possibilité d'une annulation des élections", a déclaré M. Mulet à l'issue de la rencontre de 90 minutes.
"Nous voulons simplement que la volonté du peuple haïtien soit respectée et nous sommes certainement pour la poursuite des élections", a déclaré pour sa part l'ambassadeur des Etats-Unis, Kenneth Merten.
L'ONU a fait savoir la semaine dernière qu'elle s'attendait à ce que le CEP annonce les résultats définitifs du scrutin fin janvier.
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dimanche 23 janvier 2011

«Baby doc» présente ses excuses au peuple haïtien

L'ancien homme fort en Haïti est apparu très affaibli
à l'occasion de sa première conférence de presse.
Crédits photo : Ramon Espinosa/AP
Par Tristan Vey
22/01/2011
L'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier a appelé vendredi à la «réconciliation nationale» sans donner de précisions sur ses intentions politiques. Les experts pensent que son retour a pour unique objectif la récupération de fonds bloqués en Suisse.
«Baby doc» est sorti de son silence. Pour la première fois depuis son retour surprise lundi en Haïti après 25 années d'exil, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier s'est exprimé publiquement. En commençant, de manière inattendue, par faire amende honorable. Il a ainsi fait part vendredi, dans une brève déclaration prononcée d'une voix faible en français et en créole, de sa «profonde tristesse» pour ceux qui disent avoir été «à juste titre (...) victimes de (son) gouvernement». Le fils de «Papy Doc», qui est apparu très faible, ferait en effet l'objet d'une enquête dans son pays pour crimes contre l'humanité commis sous sa dictature (1971-86) selon Amnesty International.
L'ancien homme fort de Port-au-Prince a d'autre part appelé à «la réconciliation nationale», alors que le pays est toujours plongé au plus profond d'une crise politique qui ne cesse de s'accentuer. «Me voici pour témoigner ma solidarité en cette période difficile», a-t-il ajouté, un an après le séisme qui a dévasté le pays. S'il espère un «dénouement rapide de la crise politique», près de deux mois après une élection présidentielle toujours contestée et dont les résulats définitifs ne sont toujours pas connus, il n'a toutefois donné aucune indication sur ses intentions ou sur un éventuel retour sur la scène politique. Lors de ce premier discours, l'homme s'est dit «favorablement impressionné par l'accueil» qui lui a «été réservé pour cette visite, surtout par cette foule de jeunes» qui n'a pas connu sa présidence. Après cette allocution poussive d'une dizaine de minutes pendant laquelle il a semblé avoir du mal à s'exprimer, il n'a répondu à aucune question, laissant la parole à ses avocats.

Un retour motivé par l'appât du gain ?
Pour le moment, seul un ex-député républicain américain, Bob Barr, a soutenu l'ancien dictateur en saluant «l'amour qu'il ressent pour son pays» et «la compassion pour tous les Haïtiens» qui lui auraient fait braver «les risques encourus pas ce retour». Pas sûr que les intentions de «Baby doc» soient aussi vertueuses que ne le pense Bob Barr. Associations de défense des droits de l'homme et experts estiment que ce retour inopiné fait partie d'une manoeuvre qui lui permettrait de retrouver ses avoirs bloqués en Suisse. En grandes difficultés financières, il ne serait revenu en Haïti que par simple appât du gain. «Ca semble être l'explication la plus plausible lorsqu'on rassemble toutes les pièces du puzzle», estime Reed Brody, conseiller auprès de l'association Human Rights Watch et ancien procureur en Haïti.
Duvalier craindrait une loi suisse devant en vigueur le 1er février et qui permettra la restitution à Haïti de quelque 5,7 millions de dollars déposés par sa famille sur des comptes en Suisse. Le nouveau texte permettrait en effet au gouvernement helvétique de rendre directement à son peuple les fonds illicites bloqués même si Haïti n'avait pas engagé d'action en justice contre lui. Mais il aurait alors fallu que l'absence de poursuites soit motivé par un système judiciaire trop faible ou par son absence dans le pays. «Si Duvalier revient en Haïti et n'est pas poursuivi, alors il peut dire: je suis disponible pour des poursuites, mais vous ne me poursuivez pas, donc rendez-moi mon argent», explique Reed Brody.
Et la manoeuvre pourrait fonctionner. Si l'ancien dictateur a été inculpé mardi de corruption, de détournements de fonds publics et d'association de malfaiteurs, commis sous sa présidence et s'est vu signifier une interdiction de quitter le pays, il est ressorti libre du tribunal. «La Cour de cassation a depuis longtemps annulé ces plaintes, et en Haïti, la prescription couvre celles qui ont été déposées pour crime contre l'humanité», explique au site Marianne2 Camille Leblanc, ancien ministre de la justice haïtienne, avant de conclure : « Bref, il profite du système judiciaire que lui et son père ont mis en place.»
(avec AFP)
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/22/01003-20110122ARTFIG00379-baby-doc-presente-ses-excuses-au-peuple-haitien.php