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mardi 30 mars 2010

Certains secteurs d'activités auraient été exclus du PARDN


Plusieurs personnalités déplorent l'exclusion de certains secteurs vitaux dans le Plan d'action pour le Relèvement et le Développement National (PARDN) qui sera présenté lors de la conférence des donateurs.
De nombreux étudiants de l'Université d'Etat d'Haïti (UEH) sont pessimistes en ce qui a trait aux retombées de la conférence de New York. Ils dénoncent l'absence d'une vision et d'une stratégie pour l'université.
De son coté le géologue Claude Prepti attire l'attention sur l'absence d'investissement permettant de mieux comprendre les aléas sismiques en Haïti. Il soutient qu'une cartographie des failles sur le territoire doit être un préalable au processus de reconstruction des infrastructures et édifices.
Il faut comprendre la catastrophe du 12 janvier pour éviter de reconstruire sur les mêmes bases insiste le spécialiste du Bureau des Mines et de l'énergie (BME). Selon M. Prepti les autorités ne semblent pas être préoccupés par les risques sismiques.
Par ailleurs, les responsables de la Plateforme Nationale des Producteurs de café invitent les autorités à accorder la priorité à cette filière dans le PARDN. La production nationale a fortement chuté au cours des 20 dernières années, déplore Frito Meriser coordonnateur général de la Plateforme. Haïti exporte annuellement 400 000 sacs de café alors que l'exportation avoisinait les 740 000 sacs au cours des années antérieurs.
M. Merisier assure que la relance de la production caféière contribuera dans le même temps à la protection des bassins versants dans plusieurs régions.
LLM / Radio Métropole Haïti 
53 recommandations de la diaspora haïtienne pour la reconstruction d'Haïti.

Le Forum de la diaspora haïtienne, qui s'est tenu du 21 au 23 mars dernier au siège de l'OEA à Washington, avait pour objectif d'élaborer et de de présenter des recommandations au Gouvernement haïtien et aux donateurs avant les discussions qui se tiendront le 31 mars 2010 aux Nations Unies à New York. Le document final comprend les 53 recommandations suivantes:
FORUM DE LA DIASPORA HAÏTIENNE : CONTRIBUTION À UN PROGRAMME STRATÉGIQUE DE RECONSTRUCTION ET DE DÉVELOPPEMENT POUR HAÏTI
21-23 Mars 2010
RECOMMANDATIONS CONSOLIDÉES
La Diaspora haïtienne souhaite remercier l'Organisation des États Américains (OEA) d'avoir réuni quelque 400 représentants de la Diaspora haïtienne à son siège à Washington, D.C, du 21 au 23 mars 2010, pour présenter des recommandations au Gouvernement haïtien et aux donateurs avant les discussions qui se tiendront le 31 mars 2010 aux Nations Unies à New York, dans le cadre de sa contribution à l'élaboration d'un programme stratégique de reconstruction et de développement de sa patrie. Les recommandations qui résultent de deux jours de discussions sont présentées ci-après :
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BESOINS HUMANITAIRES URGENTS ET DÉPLOIEMENT EFFICACE DE L'AIDE ÉTRANGÈRE
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La Diaspora reconnaît et appuie les efforts déployés par le Gouvernement haïtien et le secteur privé pour faire face aux urgences après le tremblement de terre. Elle note avec satisfaction qu'ils ont insisté auprès de la communauté internationale pour que l'aide alimentaire soit achetée de préférence auprès des producteurs locaux et des fournisseurs nationaux pour éviter la contraction de la production nationale. Elle se réjouit également des efforts entrepris avec l'aide de la communauté internationale pour évaluer l'intégrité structurelle des habitations qui existent et pour mettre en oeuvre les programmes « argent contre travail ».

La Diaspora souhaite exhorter le Gouvernement haïtien à :
R1. Collaborer avec la communauté internationale pour assurer que les systèmes de distribution de nourriture et de fourniture d'abris prennent en compte les facteurs socioculturels et respectent la dignité des personnes (en établissant par exemple des calendriers de distribution et des cuisines communautaires, en écourtant les files d'attente aux points de distribution, en ciblant les personnes vulnérables pour qu'elles bénéficient de conditions spéciales de distribution, dont des livraisons à domicile, en maintenant l'équité régionale grâce à une distribution élargie aux zones qui ont accueilli les populations déplacées, etc.).
R2. Transformer les périodes d'inactivité dans les camps en opportunités d'apprentissage et de formations diverses, dont l'enseignement de l'instruction civique aux enfants, aux adolescents et aux adultes. Renforcer, dans le même temps, l'infrastructure éducationnelle en dehors de Port-au-Prince notamment pour l'enseignement préscolaire, primaire, secondaire, l'enseignement aux adultes, l'enseignement professionnel et supérieur. Mettre l'accent sur la formation des maîtres dans tout le pays.
R3. Rechercher la coordination des efforts de distribution avec toutes les parties prenantes, y compris les collectivités locales, les agences d'aide internationale, les associations municipales et les BESOINS HUMANITAIRES URGENTS ET DÉPLOIEMENT EFFICACE DE L'AIDE ÉTRANGÈRE groupes communautaires à Haïti et à l'étranger. Augmenter également la transparence et la responsabilité en demandant aux agences d'aide de publier un état détaillé des fonds dépensés à Haïti.
R4. Étant donné que la saison des pluies et des cyclones approche rapidement, rechercher la collaboration des agences d'aide et des organisations haïtiennes locales pour identifier et préparer des zones en dehors de Port-au-Prince qui seraient moins susceptibles aux catastrophes naturelles. Construire des logements temporaires résistant aux secousses sismiques et aux cyclones, comme des logements modulaires et des maisons préfabriquées. Dans la conception de logements et d'abris durables, adopter et faire respecter des codes de construction résistant aux secousses sismiques et aux cyclones.
R5. Accroître l'efficacité de l'aide humanitaire en responsabilisant les bénéficiaires grâce à un élargissement des programmes nourriture et argent contre travail dans les camps, et dans toutes les zones critiques, en se focalisant sur les jeunes et les femmes. Collaborer avec les agences d'aide pour vérifier périodiquement les besoins humanitaires et l'efficacité de la distribution de l'aide dans Port-au-Prince et en dehors de la ville, en demandant l'opinion des bénéficiaires. =======================================================================
ASSURER UN PROCESSUS DE RECONSTRUCTION DYNAMIQUE ET TRANSPARENT
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R6. Accroître la responsabilité grâce à une plus grande transparence et à une surveillance accrue de tous les financements des travaux de reconstruction (publics ou privés) en créant un bureau de l'Inspecteur général. Ce bureau devra conduire des audits et des investigations pour empêcher la fraude, le gaspillage et les abus, et ses conclusions feront l'objet d'une diffusion publique.
R7. Faire de son mieux pour s'assurer que les sociétés devant travailler à Haïti engagent prioritairement des travailleurs et des entrepreneurs Haïtiens, y compris venant de la Diaspora, afin de réduire la pauvreté, de permettre la formation et la création d'emplois, d'inverser la fuite des cerveaux en élargissant le capital humain qui à son tour, attirera les investissements étrangers.
R8. Reconnaître l'importance de la Diaspora dans l'économie haïtienne et, s'agissant du Plan d'Action pour le Relèvement et le Développement National (Mars 2010), accepter la demande insistante de la Diaspora d'avoir un siège à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti.
R9. Créer un corps de fonctionnaires avec la participation des Haïtiens sur place et de la Diaspora, notamment des femmes, pour aider au processus de construction. Les donateurs sont encouragés à revoir le cadre juridique de leur personnel afin de faciliter le transfert d'employés parlant créole qui seraient détachés à Haïti.
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DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE
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La Diaspora est prête à jouer son rôle dans la promotion de capitaux d'investissement, tels que les capitaux-risque, en faveur d'un investissement social à Haïti ; elle est prête également à offrir ses compétences diversifiées dans les domaines des marchés des capitaux, de la technologie, de l'ingénierie, de l'énergie verte, etc. Les propositions de la Diaspora pour promouvoir un développement durable s'articulent autour de deux axes principaux : (i) une plus grande participation de la Diaspora et (ii) des recommandations sectorielles spécifiques.
La Diaspora prie instamment le Gouvernement haïtien de :
R10. Fixer un objectif ambitieux mais concret et quantifiable à court et moyen termes, notamment en termes de croissance du PIB (6 % par an ou davantage) et de réduction de la pauvreté.
R11. Travailler avec les donateurs pour impliquer officiellement la Diaspora dans la mise en oeuvre et le suivi des mesures et recommandations de redressement et de reconstruction. Pour ce faire, créer une plate-forme d'échange de l'information et s'assurer que (i) la Diaspora est tenue informée des possibilités d'activités industrielles ou commerciales et des autres développements et (ii) que dans le même temps, le Gouvernement haïtien sait quelle sont les ressources disponibles au sein de la Diaspora (financières et humaines).
R12. Publier les critères d'éligibilité et de sélection pour les projets financés par les Donateurs et assurer une plus grande participation des petites et moyennes entreprises haïtiennes (PME) et des investisseurs de la Diaspora. Par ailleurs, créer des processus simplifiés/rapides pour la création d'entreprises et les demandes de licences, et un seul guichet où les investisseurs peuvent déposer leurs offres et obtenir une réponse des autorités compétentes sur des calendriers précis.
R13. Reconnaître la double nationalité. La Diaspora sait qu'il n'y a aucun empêchement juridique à ses investissements, mais la double nationalité accroîtrait son sens d'inclusion et ses incitations.
R14. Accroître la responsabilité, la transparence et la surveillance de toutes les ressources financières par le biais de rapports publics détaillés et un système juridique réformé et renforcé.
R15. Disposer d'un inventaire actualisé accessible à tous pour toutes les ONG présentes sur le territoire national, et d'une cartographie de leurs activités et de leurs sources de financement.
R16. Promouvoir une énergie verte (solaire, éolienne, thermo-océanique, géothermique) et/ou produite localement pour parvenir à l'indépendance et à la sécurité énergétiques. Réduire le vol de l'électricité en installant des compteurs sans fils. Fournir des possibilités de formation pour disposer d'une main-d'oeuvre prête à installer et à entretenir des solutions énergétiques alternatives.
R17. Donner la priorité aux projets favorisant la décentralisation, la déconcentration et la participation des femmes.
R18. Renforcer le rôle du Centre de facilitation des investissements (CFI) et instituer des réseaux régionaux autosuffisants, automatisés pour faciliter l'établissement de sociétés et d'investissements directement en dehors de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Élargir la base de données du CFI concernant les partenaires potentiels, par secteur.
R19. Créer un mécanisme pour promouvoir Haïti comme destination touristique, même à court terme, et examiner tous les aspects de la sécurité touristique. Fournir des possibilités de formation pour disposer d'une main-d'oeuvre prête à installer et à entretenir une industrie de l'hospitalité prospère.
R20. Disposer d'un sous-compte pour l'industrie du vêtement, dans le cadre du Fonds de garantie qui est actuellement mis sur pied. Par ailleurs, créer un mécanisme pour faciliter le crédit en faveur des activités productives, notamment dans le secteur agricole.
R21. Accroître la productivité en renforçant la formation professionnelle et en ciblant les activités demandées par le marchée tout en favorisant l'emploi des femmes. Cela impliquerait une évaluation des capacités disponibles et des besoins sectoriels.
R22. Encourager l'innovation en renforçant les droits de la propriété intellectuelle.
R23. Transformer le paysage rural en favorisant l'agriculture locale afin de mieux concurrencer les importations agricoles, en recherchant avec détermination la sécurité alimentaire et la promotion des exportations agro-alimentaires et agro industrielles (y compris l'intégration verticale). De manière plus précise, promouvoir les unités rurales de production intégrée y compris l'aquaculture, l'élevage, l'industrie manufacturière légère, les services, etc.
R24. Identifier les avantages comparatifs de chaque région et investir en conséquence. Assurer le financement adéquat des activités de développement, notamment par l'élargissement de l'assiette de l'impôt.
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RENFORCEMENT DE LA GOUVERNANCE
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La Diaspora estime qu'il est impératif de reconstruire et de consolider la gouvernance démocratique. Selon elle, la justice sociale, la primauté du droit, le respect des libertés civiles et la protection de la propriété privée sont des éléments clé pour la création d'un environnement propice à la croissance et au développement économiques. Elle encourage donc le Gouvernement haïtien à :
R25. Lutter contre l'impunité et revoir les dispositions en la matière afin de poursuivre, en appliquant toute la rigueur de loi, les fonctionnaires qui auraient abusé de leurs privilèges.
R26. Utiliser les compétences de la Diaspora pour poursuivre le processus de réforme de la Constitution, et notamment des dispositions relatives à l'octroi de la double nationalité aux membres de la Diaspora ; faire en sorte que le pouvoir Exécutif et le Parlement facilitent l'application des lois et des mesures nouvelles pour intégrer la Diaspora haïtienne à la société haïtienne.
R27. Appliquer les dispositions de la Constitution relatives à la décentralisation.
R28. Adopter une décision réaliste concernant le calendrier des élections en prenant en compte les circonstances spéciales dues au tremblement de terre. Collaborer avec les partenaires internationaux et les organisations de la Diaspora pour mettre en place un mécanisme visant à encourager une plus grande participation de la Diaspora en qualité d'observateurs dans toutes les élections à venir.
R29. Poursuivre le transfert des connaissances et des compétences pour contribuer au renforcement des capacités grâce à des mécanismes efficaces tels que (i) des programmes de jumelage/d'échanges avec des cadres de la Diaspora et des communautés en ligne et (ii) des partenariats avec des centres de formation des fonctionnaires.
R30. Établir un système de réforme judiciaire indépendant et accélérer la réforme des procédures et lois pénales d'Haïti y compris le système correctionnel ; augmenter le nombre de juges, procureurs, officiers de police et correctionnels et autres personnels du tribunal.
R31. Réformer le système judiciaire du pays, renforcer la capacité de ses ministères, dont le ministère de la Justice et de la sécurité publique, à l'appui des institutions gouvernementales nationales des petites communautés, et développer et former un groupe de cadres intermédiaires qui assureront le leadership au sein de leur organisation.

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DÉVELOPPEMENT DURABLE, PRÉPARATION AUX CATASTROPHES NATURELLES ET ATTÉNUATION DE LEURS EFFETS
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La Diaspora estime que la gestion des catastrophes naturelles devrait être une priorité à long terme de l'État. Si Haïti ne peut pas contrôler la survenue de catastrophes naturelles, il doit gérer la vulnérabilité et les risques qui en découlent. En conséquence, le Gouvernement haïtien devrait :
R32. Renforcer la capacité du pays à réagir aux catastrophes naturelles et à les gérer par la mise en oeuvre d'un plan d'action d'urgence national ; il devrait notamment appliquer des codes de construction stricts.
R33. Renforcer La Direction de la Protection Civile par une formation systématique des fonctionnaires à tous les niveaux dans les zones à risques. Dans le même temps, il faudrait mettre en oeuvre des programmes de préparation aux catastrophes naturelles et des exercices de simulation. Par exemple, mettre en place un système de gestion de l'information de crise sur le web pour partager les informations en temps réel afin d'améliorer les réactions face aux catastrophes.
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DÉVELOPPEMENT SOCIAL
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- Bien-être des enfants
La Diaspora estime qu'il faut moderniser les lois et les règlements qui régissent l'abandon des enfants, leur placement dans des familles d'accueil, chez des parents, les adoptions nationales et internationales. Des travailleurs sociaux spécialisés dans l'établissement de modèles pour le bien-être social des enfants et des experts juridiques de la Diaspora sont prêts à avoir des entretiens et à former des partenariats avec le ministère des Affaires sociales, notamment l'Institut du Bien-Être Social et de Recherche, pour fournir une formation et un appui technique. Les ONG qui travaillent avec des enfants devraient se faire connaître du ministère avant d'avoir accès aux enfants ; leur travail devrait faire l'objet d'un suivi.
La Diaspora fait les recommandations ci-après pour apporter des améliorations à court terme et une viabilité à long terme :
R34. Adopter la Convention de la Haye sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale (Convention de la Haye en matière d'adoption), qui vise à empêcher l'enlèvement, la vente ou le trafic d'enfants, et favorise l'adoption d'enfants par leur famille haïtienne à Haïti et de la Diaspora. En outre, mener une action avec des partenaires identifiés pour mettre au point une éducation et une formation tenant compte de la culture de l'enfant, à l'intention des personnes désireuses de prendre soin d'enfants haïtiens afin de minimiser des traumatismes additionnels et d'optimiser les résultats conformes à la culture et aux valeurs haïtiennes.
R35. Appuyer le maintien de la famille pour empêcher l'abandon des enfants en offrant des services d'appui aux familles et/ou aux familles élargies pour prendre soin de leurs propres enfants. De plus, supprimer le système d'orphelinat en réintégrant les enfants dans la famille/famille élargie (par exemple sur le modèle des familles d'accueil).
R36. Créer une base de données centrale pour tous les enfants placés en dehors de leur famille où seraient consignés les progrès réalisés et leur suivi – en se fondant sur les meilleures pratiques.

- Éducation
Des membres de la Diaspora dans les milieux universitaires souhaitent collaborer avec le gouvernement et le secteur privé pour offrir leurs services dans la mise en œuvre des recommandations suivantes :
R37. Mettre en place une Education universelle pour tous de qualité, qui assure un accès équitable à l'éducation pour tous les enfants, y compris les enfants trop âgés et les enfants handicapés, qui propose des programmes de santé et de sport ainsi qu'une éducation civique, qui donne une deuxième chance (aux enfants ayant abandonné l'école et aux jeunes), qui offre des services de mentoring pour les jeunes et des programmes d'alphabétisation pour les adultes, ainsi que des repas gratuits (petit-déjeuner et déjeuner), un transport gratuit, de l'eau potable, des uniformes et des fournitures scolaires. Cette éducation devra être dispensée dans des écoles construites selon les codes de construction sûrs avec toutes les installations sanitaires modernes.
R38. Renforcer le processus de certification des enseignants et des administrateurs, et mettre en place (i) des structures de formation pertinentes pour assurer leur développement professionnel continu et (ii) un mentoring et un programme d'échanges entre les enseignants d'Haïti et de la Diaspora. De même, mettre en place un programme d'adoption d'écoles et d'étudiants d'Haïti par des écoles et des élèves de la Diaspora. Ce partenariat devrait également être institué dans l'enseignement supérieur ; il devrait être élargi grâce à une collaboration avec des universités étrangères. De plus, il faudrait fournir des incitations aux enseignants et administrateurs en leur offrant des salaires décents et des avantages raisonnables.
R39. Concevoir des programmes scolaires utilisant des critères fondés sur des résultats et reflétant les normes nationales. Ces programmes devraient être culturellement pertinents (utilisation du créole) encourager des programmes différents (selon l'âge et l'aptitude), favoriser les programmes STIM (sciences, technologies, ingénierie, mathématiques), utiliser des outils et méthodes d'emploi facile (téléenseignement, médias, internet, etc.), favoriser des stages après l'enseignement secondaire pour avoir une main-d'oeuvre disponible, et des programmes de préparation aux études par le biais d'une approche communautaire conduisant à des études supérieures et à une formation professionnelle.
R40. Répondre aux besoins de tous les groupes vulnérables (éducation spéciale, orphelins/mineurs non accompagnés, restaveks/enfants employés de maison, enfants exploités, jeunes handicapés, etc.). Par ailleurs, mettre en place des services d'appui psychosociaux.

- Les femmes
Les femmes à Haïti sont confrontées à des défis particuliers car l'impact du tremblement de terre dévastateur les pousse à dépasser le rôle qui leur a été traditionnellement dévolu par la société en tant que femmes. Cette catastrophe a encore affaibli leur capacité à accomplir leurs tâches écrasantes de mères, d'épouses, de « caretaker », d'éducatrices, de fournisseurs de ressources financières, d'entrepreneurs et d'activistes. L'aide et l'assistance internationales, de même que l'implication des Haïtiennes de l'étranger, seront des éléments déterminants pour que les femmes haïtiennes se relèvent et se développent, qu'elle retrouvent leur dignité, l'égalité des chances et leur épanouissement global pendant cette phase de relèvement et de reconstruction.
R41. Évaluation des besoins après la catastrophe en se focalisant directement sur les femmes et sur la perspective de genre, afin d'identifier les défis particuliers qui se posent et les bonnes pratiques. Sur la base de cette évaluation, allouer un pourcentage équitable des ressources financières pour satisfaire ces besoins vérifiés.
R42. Encourager le Gouvernement haïtien, la société civile et la Diaspora à examiner la question de la parité hommes-femmes lors de la conception, de la formulation et de la mise en oeuvre des politiques, structures et programmes (action positive) et à travailler avec les média pour appuyer le renforcement positif du statut de la femme.
R43. Renforcer la sécurité dans les abris temporaires, les centres de distribution de la nourriture et d'autres centres pour les femmes et les enfants en augmentant le nombre de femmes parmi le personnel de sécurité, y compris les troupes locales et étrangères. En particulier, le personnel de sécurité devrait être formé pour reconnaître la violence fondée sur le sexe.
R44. Adopter et mettre en oeuvre une politique de tolérance zéro dans les cas de violences contre les femmes et les enfants, et appliquer les mesures nécessaires pour que cette politique soit opérationnelle, y compris la détention et la poursuite des présumés délinquants, l'application de peines plus strictes pour les délits sexuels contre les femmes et les fillettes et la protection des victimes et des témoins.
R45. Accorder aux femmes haïtiennes, et plus particulièrement aux femmes vivant dans des communautés rurales, un juste examen de leurs demandes et un accès au financement (notamment au microcrédit) qui leur permettra d'acheter des terres, des fournitures et l'équipement qui renforcera leur rôle dans l'agriculture.

- Développement de la santé
Les besoins en matière de soins et de traitements médicaux ont presque triplé à la suite du séisme. Il est indispensable de multiplier par deux les infrastructures et les services médicaux pour éviter une crise majeure des soins de santé. C'est pourquoi le Gouvernement haïtien doit :
R46. Augmenter les capacités médicales et de soins pour répondre aux besoins actuels et futurs de la population par le biais d'un programme d'assistance médicale avec la Diaspora haïtienne dans le cadre duquel les Haïtiens de l'étranger fourniront leurs services pendant deux semaines sur une année.
R47. Encourager un partenariat entre la Diaspora et les professionnels locaux de la santé pour fournir une formation en technologie intense et moderne. Il faut notamment mettre en place des programmes de mentoring cliniques pour construire une capacité technique et pratique pour les nombreux étudiants en médecine qui ne sont plus en cours.
R48. Établir des partenariats avec les universités et les hôpitaux publics et privés pour que les services médicaux soient ininterrompus grâce à une éducation clinique. Maintenir également le système d'internat et de bourses médicales en se focalisant sur les maladies endémiques à Haïti et aux Caraïbes (utilisation des technologies actuelles qui permettent de fournir une formation et un appui continus au personnel infirmier et aux médecins haïtiens par le biais de la téléconférence).
R49. Créer un fonds « mini –internat » pour les maladies infectieuses destiné au personnel infirmier et aux médecins locaux.
R50. Conjointement avec le Gouvernement haïtien, renforcer les organisations de planification familiale, de santé reproductive des femmes et de santé infantile. Une attention toute spéciale doit être accordée aux femmes enceintes qui vivent dans la précarité dans des abris temporaires.
R51. Créer des centres de santé mentale pour traiter les divers traumatismes dus au tremblement de terre, notamment pour les enfants et les autres groupes vulnérables. Des travailleurs sociaux de la Diaspora peuvent avoir une influence déterminante en comprenant combien cette question est culturellement sensible.
R52. Créer des centres de thérapie pour la réhabilitation de milliers de personnes amputées et leur réintégration dans la société. 
R53. Exhorter les pays donateurs à créer un programme pour parrainer, chaque année, un certain nombre d'étudiants (nombre qui sera fixé) dans chaque école de médecine accréditée pendant la période de reconstruction. 
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17363

En attendant la conférence internationale de New York

Publié le 29 mars 2010 à 07h58 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 08h03
Philippe Mercure ,La Presse.
Les firmes québécoises, comme celles d'ailleurs dans le monde, attendent le début de la reconstruction avec impatience. Quelques appels d'offres ont déjà été lancés, mais ils concernent des projets plus urgents, comme les projets d'assainissement. Pour la reconstruction elle-même, il faut attendre.
Une étape importante sera franchie mercredi, alors que les grands bailleurs de fonds se réuniront au siège social de l'ONU, à New York, pour établir une stratégie de reconstruction. Associations humanitaires, institutions économiques internationales et États (dont les gouvernements québécois et canadiens) seront présents. 
Durant cette conférence, on devrait annoncer la mise sur pied d'un nouveau groupe international, la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti. Le Canada s'apprêterait à payer 100 millions de dollars pour occuper un siège au sein de la Commission, selon La Presse Canadienne.
La semaine dernière, des médias ont déjà dévoilé l'essentiel du plan que le gouvernement haïtien compte présenter à New York. On fait état d'un plan de 12,2 milliards de dollars US qui dépasse largement le cadre de la brique et du mortier. Le gouvernement haïtien parle non seulement de reconstruire des bâtiments, mais aussi la «confiance des citoyens envers leurs institutions».
Le plan prévoit entre autres profiter du fait que des centaines de milliers de citoyens ont quitté la capitale pour décentraliser le pouvoir haïtien. Il propose aussi des mesures de reboisement, de réforme de la police et de gratuité de l'éducation d'ici 2020.
Une fois les priorités établies, une agence ou une fiducie formée des grands donateurs pourrait être mise sur pied pour appuyer le gouvernement haïtien dans la gestion de cet immense chantier.
Avec La Presse Canadienne
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265248-en-attendant-la-conference-internationale-de-new-york.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_vous_suggere_4265234_article_POS1

SNC-Lavalin appliquait les normes canadiennes

Publié le 29 mars 2010 à 07h54 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 07h55
Comment travaillent les firmes étrangères dans un pays où il n'existe pas de normes et où personne ne fait de contrôle?
«Les gens qui évoluent dans le bâtiment en Haïti utilisent toutes sortes de références - des références qui viennent avant tout de leur formation, de là où ils ont évolué, répond Bernard Chancy, directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin. Des ingénieurs français utilisent des codes français. Nous, on a naturellement, depuis le début, utilisé des codes canadiens.»
Le problème, explique M. Chancy, c'est que les normes étrangères doivent s'adapter aux réalités d'Haïti. Elles doivent tenir compte des types de sol du pays, du climat, des risques d'ouragan et, évidemment, de séisme.
«C'est ce cahier d'exigences minimales propres à Haïti qui n'a jamais été défini», explique M. Chancy.
S'adapter
Dans ce contexte, les ingénieurs étrangers essaient de trouver la meilleure information possible pour adapter leurs normes étrangères aux réalités locales. SNC-Lavalin, par exemple, construisait-elle selon des normes parasismiques?
«Il n'y a pas de normes parasismiques haïtiennes, répond Bernard Chancy. L'ingénieur qui fait le calcul tient compte du séisme, il regarde quel impact il peut avoir sur sa construction. Maintenant, quelle valeur il attribue au séisme en fonction de là où il se trouve, du type de sol sur lequel il construit... C'est là qu'il y a un manque de références en Haïti.»

Le rôle-clé des ingénieurs québécois en Haïti

Publié le 29 mars 2010 à 07h45 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 07h48
(Port-au-Prince et Ottawa) Rebâtir Haïti: après le tremblement de terre du 12 janvier, le projet est sur toutes les lèvres et pourrait bien devenir le plus vaste chantier de reconstruction de toute l'histoire moderne. Or, plusieurs sociétés québécoises, SNC-Lavalin en tête, joueront un rôle-clé dans cette entreprise titanesque. Après avoir été ébranlées par le séisme, les firmes de génie de chez nous regardent maintenant vers l'avenir. Voici la deuxième partie de notre dossier sur un événement qui soulève à la fois des questions et des défis pour les ingénieurs québécois.
Difficile d'imaginer plus tragique ironie. Le 10 janvier dernier, l'ingénieur québécois Trân Triêu Quan débarque en Haïti pour travailler à la conception d'un nouveau code du bâtiment pour le pays.
 Deux jours plus tard, l'hôtel Montana où il loge s'effondre. M. Quan n'en est jamais sorti vivant.
M. Quan était ingénieur chez Norbati, firme de génie-conseil de Québec. Avec le géant québécois SNC-Lavalin, Norbati avait remporté un important appel d'offres lancé par le gouvernement haïtien et financé par la Banque mondiale pour instaurer un code du bâtiment en Haïti.
Leur travail a débuté avant le tremblement de terre. Mais depuis le séisme, les deux firmes québécoises se retrouvent au coeur d'une mission particulièrement critique dans un pays dont la capitale et plusieurs autres villes importantes doivent être pratiquement reconstruites à neuf.
Pourquoi un code du bâtiment? Il suffit d'entendre le directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin, Bernard Chancy, parler du contexte dans lequel il travaillait jusqu'à présent pour comprendre.
Absence de références et de normes claires, manque de suivi, de contrôles, de sanctions: à l'écouter, on ne peut s'empêcher de lui poser la question. N'importe qui peut faire n'importe quoi, dans ce pays?
«Je n'aime pas les positions extrémistes, s'empresse de répondre M. Chancy. Mais bon, s'il fallait résumer rapidement, ce serait un peu ça: n'importe qui peut arriver ici et faire n'importe quoi.»
C'est ce que le nouveau code du bâtiment veut changer.
Le tremblement de terre du 12 janvier a cependant bouleversé le plan de match de SNC-Lavalin et Norbati. Pondre un code du bâtiment en bonne et due forme devrait prendre environ huit mois, explique M. Chancy. C'est trop long pour le demi-million de sans-abri qui doivent se reloger le plus rapidement possible.
Guide
SNC-Lavalin a donc décidé de produire un «guide des bonnes pratiques en matière de construction» pour tous ceux qui commencent déjà à reconstruire eux-mêmes leur maison, leur commerce ou divers bâtiments.
Il ne s'agira pas de lois strictes, mais plutôt de conseils et de directives qui peuvent être rédigés plus rapidement. Une première version du document a déjà été présentée au gouvernement haïtien; la version finale est prévue pour la fin avril.
«En Haïti, une grande partie des bâtiments sont construits par des ouvriers plus ou moins expérimentés qui n'agissent pas nécessairement sur la base de plans approuvés par des ingénieurs. Ces gens ne vont pas attendre: ils commencent déjà à reconstruire. Alors il faut sortir rapidement des directives pour dire: ça, ça va tenir. Et ça, ça ne tiendra pas», explique M. Chancy.
SNC-Lavalin publiera aussi un «cahier des exigences minimales», autre étape intermédiaire qui permettra d'orienter la reconstruction avant la publication du code du bâtiment lui-même. SNC croit également être en mesure d'accoucher du document d'ici la fin avril.
Ces étapes supplémentaires entraînent une charge de travail plus importante que prévu pour SNC-Lavalin, dont l'expertise est déjà grandement sollicitée pour évaluer la solidité de plusieurs bâtiments depuis le séisme.
«On a dû faire du recrutement localement, on a dû demander du renfort au bureau du Canada», dit M. Chancy.
L'aspect séisme
Le tremblement de terre viendra-t-il modifier la façon de préparer le code national haïtien?
«Les différents risques dont il fallait tenir compte étaient définis dans l'appel d'offres initial. Oui, les séismes en faisaient partie. Mais c'est sûr qu'après un événement comme celui du 12 janvier, l'aspect séisme, on va regarder ça deux fois», répond Bernard Chancy.
La firme montréalaise d'urbanistes Daniel Arbour et associés sera elle aussi aux premières loges pour la reconstruction d'Haïti. DAA est sur place depuis plusieurs années. C'est elle qui avait entre autres remporté un concours vers le milieu des années 90 pour mener un vaste projet de réfection des infrastructures à Port-au-Prince et en périphérie, chapeauté par la Banque interaméricaine de développement.
Arbour est encore très actif sur place, notamment comme consultant en appui technique et en renforcement institutionnel au ministère haïtien de la Planification et de la Coopération externe.
L'associé responsable d'Haïti chez Arbour, René Hubert, juge qu'une bonne reconstruction passe non seulement par un code du bâtiment solide et crédible, mais également par des exigences beaucoup plus strictes en matière de surveillance des projets de construction.
«Il faudra mettre l'accent sur la supervision, martèle l'urbaniste. Tant dans la qualité de la supervision que celle des firmes qui sont retenues pour le faire.»
Selon plusieurs personnes interviewées dans le cadre de ce reportage, les entreprises de construction sont trop souvent laissées à elles-mêmes, ce qui leur laisse la voie libre à tourner les coins ronds pour économiser temps et argent.
«Une fois que l'on a un bon code du bâtiment et qu'après, on s'assure que l'on a de bonnes firmes de supervision de chantier, on a les conditions gagnantes», dit René Hubert.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265234-le-role-cle-des-ingenieurs-quebecois-en-haiti.php

Erod, 18 mois, survit dix semaines dans une décharge

Publié le 29 mars 2010 à 11h27 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 11h52
Andrew Gully Agence France-Presse Port-au-Prince
Erod, 18 mois, agrippe les barreaux de son lit de bébé, un grand sourire aux lèvres, inconscient de ce qu'il a enduré depuis dix semaines: dans la foulée du séisme à Haïti, ce bambin a été retrouvé dans un tas d'immondices puantes, abandonné à la mort.
Lorsqu'il a été découvert, le garçonnet souffrait de malnutrition chronique, et peu auraient parié sur sa survie. Transporté dans un hôpital tenu par l'ONG Médecins Sans Frontières (MSF) à Cité Soleil, l'énorme bidonville de Port-au-Prince, il a été placé en soins intensifs pendant plusieurs semaines.
«En ce moment, nous lui cherchons une place afin qu'il quitte l'hôpital mais on ne sait pas où», raconte à l'AFP Emmanuel Massart, infirmier belge de MSF.
«On l'appelle Erod, mais je ne sais même pas qui a choisi son nom», ajoute l'humanitaire de 28 ans.
Et dans un pays où 40% de la population à moins de 14 ans et où près d'un enfant sur dix décède avant d'avoir cinq ans, l'avenir du petit survivant est très incertain.
Comme Erod, à qui il manque un doigt à la main droite et dont le crâne dégarni montre les séquelles de mois de privation, de nombreux enfants en bas âge sont abandonnés par des familles qui ne savent pas comment les nourrir.
Erod, qui est censé bientôt quitter l'hôpital pour un orphelinat, n'est plus une urgence pour le docteur Manuel Dewez, qui est submergé de cas possibles de méningite, paludisme et gastro-entérite.
«Regardez ce petit bébé», dit le docteur Dewez en soulevant un rideau qui laisse apparaître un visage minuscule enveloppé dans des langes.
Bechina, le dernier arrivé, est un petit garçon né prématurément il y a deux ou trois mois, et qui ne pèse qu'un kilogramme.
Comme on le constate dans la plupart des hôpitaux de campagne des pays en développement, souligne le médecin, c'est la déshydratation souvent due aux gastro-entérites qui tue le plus.
«C'est tellement dommage, parce que c'est très facile à traiter», déplore Dewez. «Nous n'avons pas eu beaucoup de décès. En quatre semaines ici, nous n'en avons eu que trois ou quatre, ce qui est très peu en fait», explique ce médecin à l'AFP.
«Ce dont on a besoin ce sont des outils de diagnostics plus sophistiqués, comme des tests de laboratoires. Et on a besoin de plus de personnel pour faire tourner les équipes», ajoute-t-il.
Karel Janssens, responsable de la coordination de MSF sur le terrain, se félicite d'avoir travaillé dans le bidonville de Cité Soleil de 2005 à 2007, ce qui l'a mis l'ONG en meilleure position pour intervenir après le tremblement de terre.
«Les gens de Cité Soleil nous connaissent très bien», dit Karel Janssens. La clinique, du nom de CHOSCAL, a traité les graves traumatismes après le tremblement de terre, mais est maintenant revenue à une activité normale initiale d'hôpital de terrain. Les files d'attente s'allongent.
La violence qui prévalait dans le bidonville de Cité Soleil avant le séisme est de retour: dans la salle d'opération, un jeune homme blessé par balle arrive sur un brancard orange.
«Ici, on est à un rythme d'une blessure par balle par jour», explique M. Janssens. «On voit passer une quarantaine de cas de blessures par violence par semaine, notamment beaucoup de blessures par lapidations ou par machette». MSF ne donne aucune information à la police sur ces blessures, voulant conserver la confiance des patients.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265372-erod-18-mois-survit-dix-semaines-dans-une-decharge.php

Reconstruction d'Haïti: l'ONU souhaite recueillir 3,8 milliards $

Publié le 29 mars 2010 à 16h50 | Mis à jour le 29 mars 2010 à 16h55 Agence France-Presse New York
Les habituels bailleurs de fonds se verront demander quelque 3,8 milliards de dollars mercredi, pour financer un ambitieux programme de reconstruction d'Haïti, dévasté en janvier par un séisme, ont indiqué lundi des responsables onusiens.
Plus de cent pays et plusieurs organismes internationaux seront représentés à une «Conférence internationale des donateurs pour un avenir meilleur pour Haïti», au siège new-yorkais de l'ONU.
La conférence sera présidée par le chef de l'Etat haïtien René Préval, avec comme co-hôtes le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon et la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.
Pour ses organisateurs, la réunion est cruciale pour aider le pays, le plus pauvre du continent américain, à «se reconstruire en mieux», après le tremblement de terre qui a détruit le 12 janvier une grande partie de sa capitale Port-au-Prince, tuant au moins 220 000 personnes et faisant 1,3 million de sans-abri.
«Pour les 18 prochains mois, Haïti aura besoin de quatre milliards de dollars d'investissements pour reconstruire des hôpitaux, des écoles, des routes et des ports, mais aussi pour remodeler le pays de façon à le mettre sur la voie de la croissance et de la modernisation», a déclaré Edmond Mulet, représentant par intérim de l'ONU en Haïti, lors d'une conférence de presse.
Des fonds supplémentaires seront nécessaires après cela, a-t-il ajouté, pour soutenir «le vaste et ambitieux programme pour la reconstruction et le renouveau du pays» du gouvernement haïtien.
Helen Clark, administratrice du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) qui joue un rôle clé dans les efforts pour remettre l'économie d'Haïti sur les rails, a indiqué que la conférence visait «à recueillir quelque 3,8 milliards de dollars pour une période d'environ 18 mois.»
Une telle somme représenterait un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars d'aide estimée pour la reconstruction sur 10 ans. Le séisme de magnitude 7 a fait des dégâts estimés à près de huit milliards de dollars, l'équivalent de 120% du PIB d'Haïti.
Mme Clark a précisé que le chiffre de 3,8 milliards de dollars provenait d'une évaluation des besoins ordonnée en février par le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, avec l'aide de l'ONU, de l'Union européenne, de la Banque inter-américaine de développement et de la Banque mondiale.
Elle a ajouté que M. Bellerive profiterait de la conférence pour dévoiler un «plan d'action pour la reconstruction nationale et le développement», visant à «faire en sorte qu'une tragédie épouvantable soit une occasion de reconstruire en mieux pour le bénéfice d'Haïti et de son peuple.»
La priorité irait à la reconstruction d'institutions gouvernementales et d'infrastructures détruites, dont le palais présidentiel, le parlement, le principal palais de justice, des ministères, 1 300 établissements scolaires et 50 hôpitaux et centres de soins.
Les fonds seraient également utilisés pour restaurer le secteur agricole, protéger les populations vulnérables des prochaines pluies et cyclones et décentraliser le développement économique et l'infrastructure sociale.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/29/01-4265457-reconstruction-dhaiti-lonu-souhaite-recueillir-38-milliards-.php

Le PRDN sous le feu des critiques

Notre envoyée spéciale à New York a obtenu le Rapport d'évaluation des besoins après désastre (Post Disaster Needs Assessment ou PDNA) ou Plan de Relèvement et de Développement National (Prdn). Ce document, préparé avec l'aide de 200 experts internationaux, servira de base de discussion à la réunion des bailleurs de fonds prévue à New York demain. Plusieurs secteurs de la vie nationale déplorent la méthodologie de ce plan de reconstruction d'Haïti. Selon ces organisations, le processus s'est caractérisé par une exclusion des acteurs sociaux, à commencer par la classe politique. Le reportage de Nancy Roc.
À écouter sur http://newyork31mars.metropolehaiti.com

Haïti: Quand les traumatismes réveillent les cauchemars du passé...

Palpitations, maux de tête, crises d'angoisse: les blessures infligées aux Haïtiens par le séisme du 12 janvier sont aussi psychologiques. Et souvent anciennes. Car le traumatisme a fait ressurgir chez certains des expériences cauchemardesques, vécues bien avant la catastrophe.
Le Dr Jean Charles est à la tête d'une équipe de psychologues de l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) installée au Club de golf de Pétionville, dans la banlieue de Port-au-Prince, qui accueille 40.000 réfugiés. «Beaucoup de gens ont peur de revivre le séisme», dit-elle. Les maux de tête, crampes d'estomac et autres palpitations sont les symptômes qu'elle et ses collègues observent le plus souvent.
«Ceux qui ont perdu des membres de leur famille ou des amis se sentent coupables parce qu'ils ne sont pas morts avec eux ou parce qu'ils pensent ne pas en avoir fait assez pour les sauver. Et puis beaucoup d'autres n'ont pas vu les cadavres de leurs proches. Dans ces conditions, il est très difficile» de surmonter la douleur qu'engendre la perte d'êtres aimés, explique le Dr Jean Charles.
Il y a ceux, totalement dépassés par les événements, qui n'arrivent pas à se représenter l'avenir. Ceux qui ont tout perdu et ne savent pas combien de temps ils devront passer dans le camp. Et c'est sans compter les contingences matérielles auxquelles sont confrontés tous les réfugiés et les conditions de vie dans le camp. Les Nations unies ont beau se démener pour tenter de les ramener chez eux; bien souvent ils n'ont aucune idée de la suite des événements, tout simplement parce qu'ils attendent d'être pris en main.
Mais chez certains, le traumatisme engendré par le séisme fait ressurgir de vieux souvenirs. Lors d'une consultation, une jeune fille, a éclaté en sanglots à l'évocation des viols et des coups infligés par des membres de sa famille bien avant la catastrophe du 12 janvier. «Elle est revenue et a commenté notre première rencontre en disant qu'elle était très reconnaissante et soulagée d'avoir enfin pu parler avec quelqu'un. Elle continue de venir», explique le Dr Jean Charles. Pour que cette jeune fille ne soit pas la seule à se libérer de son poids, les médecins de MSF sillonnent les camps armés de haut-parleurs et d'affiches pour inciter les Haïtiens à venir les voir. Et cela marche, à en croire la psychologue Katarina Brock, qui travaille dans un hôpital de MSF à Cité Soleil, l'un des innombrables bidonvilles de Port-au-Prince et qui mise sur la thérapie de groupe.
«Lorsque certains ont des cauchemars qui se nourrissent d'expériences traumatiques, ils sont heureux d'entendre qu'ils ne sont pas les seuls à avoir ces problèmes. Ils prennent conscience qu'ils ne sont pas les seuls à perdre les pédales», explique Katarina Brock.

N / Radio Métropole Haïti

La réouverture des classes est fixée au 5 avril

Le Ministère de l'Education Nationale et de la Formation Professionnelle annonce la reprise des activités scolaires pour le 5 avril prochain dans le département de l'Ouest, le plus sérieusement touché par le séisme du 12 janvier. En effet dans un communiqué de presse publié ce 29 mars, les responsables du ministère invitent les établissements dont les structures d'accueil sont opérationnelles à démarrer par des séances d'appui psycho-social visant à faciliter la réadaption et l'encadrement des enfants traumatisés par la catastrophe du 12 janvier.
Selon ce communiqué, des tentes et des structures provisoires d'accueil, des matériels pédagogiques et des fournitures sont mis à la disposition des institutions scolaires dont les sites ont été nettoyés et rendus disponibles.
Tout en précisant que les dispositions nécessaires ont déjà été prises pour faciliter cette rentrée, le MENFP a fait savoir que de nouveaux programmes et calendriers vont être élaborés pour la période allant d' avril à aout 2010.
Les activités scolaires avaient été interrompues brusquement dans plusieurs départements géographiques suite au séisme 12 janvier. Le gouvernement estime que 2 milliards de dollars seront nécessaires à la relance du secteur éducatif.
EJ/ Radio Métropole Haïti

«Croire au rêve de ne plus dépendre de l'assistance internationale»

Au sujet de la levée de fonds pour la reconstruction d'Haïti, il s'agit, a affirmé le Chef de la MINUSTAH, d'investir dans la construction d'hôpitaux, d'écoles, de routes, de ports, mais aussi de «reconstruire, redessiner le pays de manière à le placer sur les rails de la croissance et de la modernisation». Avec la saison des pluies et des ouragans, «des centaines de milliers d'Haïtiens qui vivent aujourd'hui sous des tentes risquent encore une fois de tout perdre», a déclaré M. Mulet, Chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH). «Des vies sont en danger», a-t-il ajouté, mettant l'accent sur la nécessité urgente de bâtir des «abris plus durables».
Tout au long du processus de reconstruction et de relèvement, il conviendra de garantir une protection adéquate aux plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, ont dit les deux hauts responsables de l'ONU. Un autre impératif est de fournir au Gouvernement haïtien un appui budgétaire immédiat et durable pour qu'il puisse payer les salaires et assurer les services sociaux de base.
M. Mulet et Mme Helen Clark , administratrice du PNUD, ont également insisté sur la nécessité d'appuyer le programme de décentralisation, au cœur de la stratégie de reconstruction du Gouvernement, de créer des emplois en étroite collaboration avec le secteur privé, de ramener le plus tôt possible les enfants sur les bancs d'écoles sûres, et d'aider les haïtiens à créer un environnement politique et social stables à travers un «nouveau contrat social». «Les Nations Unies soutiendront pleinement ces objectifs», a ainsi assuré le Chef de la MINUSTAH.
Les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier dernier en Haïti ont montré une «énorme solidarité internationale», a souligné Mme Clark. «Le message clef de cette semaine est que nous avons besoin de cette solidarité pour continuer», a-t-elle ajouté.
«Les Haïtiens doivent continuer de bénéficier des dividendes de la solidarité internationale» et, «dans la mesure du possible, ces dividendes doivent être distribués rapidement par les haïtiens et pour les haïtiens », a dit M. Mulet.
Il a espéré que cette Conférence organisée au niveau ministériel et à laquelle sont invités les 192 États Membres de l'ONU constituera un «tournant» pour les haïtiens, leur permettant de croire au «rêve de ne plus dépendre de l'assistance internationale».
«Les Haïtiens eux-mêmes doivent être au centre de la construction d'une nouvelle Haïti», a déclaré l'Administratrice du PNUD, ajoutant que le soutien qu'apporte la communauté internationale devait être «aligné sur les priorités qui ont été établies par le Gouvernement haïtien».
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17354

Jean-Max Bellerive: 3,8 milliards de dollars pour les 18 prochains mois

Les habituels bailleurs de fonds se verront demander quelque 3,8 milliards de dollars mercredi prochain, pour financer un ambitieux programme de reconstruction d'Haïti, dévasté en janvier par un séisme, ont indiqué aujourd'hui des responsables onusiens. «Pour les 18 prochains mois, Haïti aura besoin de quatre milliards de dollars d'investissements pour reconstruire des hôpitaux, des écoles, des routes et des ports, mais aussi pour remodeler le pays de façon à le mettre sur la voie de la croissance et de la modernisation», a déclaré Edmond Mulet, représentant par intérim de l'ONU en Haïti, lors d'une conférence de presse. Une telle somme représenterait un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars d'aide estimée pour la reconstruction sur 10 ans. Des fonds supplémentaires seront nécessaires après cela, a-t-il ajouté, pour soutenir «le vaste et ambitieux programme pour la reconstruction et le renouveau du pays» du gouvernement haïtien.
Helen Clark, administratrice du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), a précisé que le chiffre de 3,8 milliards de dollars provenait d'une évaluation des besoins ordonnée en février par le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, avec l'aide de l'ONU, de l'Union européenne, de la Banque inter-américaine de développement et de la Banque mondiale.
Elle a ajouté que M. Bellerive profiterait de la conférence pour dévoiler un «plan d'action pour la reconstruction nationale et le développement», visant à «faire en sorte qu'une tragédie épouvantable soit une occasion de reconstruire en mieux pour le bénéfice d'Haïti et de son peuple».

La priorité irait à la reconstruction d'institutions gouvernementales et d'infrastructures détruites, dont le palais présidentiel, le parlement, le principal palais de justice, des ministères, 1.300 établissements scolaires et 50 hôpitaux et centres de soins. Les fonds seraient également utilisés pour restaurer le secteur agricole, protéger les populations vulnérables des prochaines pluies et cyclones et décentraliser le développement économique et l'infrastructure sociale.

N / radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17353