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vendredi 5 janvier 2024

Des sénateurs américains accusent la RD de trafic d’armes vers Haïti

SIx sénateurs américains accusent la République dominicaine de trafic d’armes vers Haïti, la RD réagit
Six sénateurs démocrates accusent la République Dominicaine de servir de pont pour le trafic d'armes vers Haïti. Les sénateurs Edward J. Markey et Elizabeth Warren du Massachusetts ; Bernard Sanders, du Vermont ; Raphael Warnock, de Géorgie ; John Hickenlooper, du Colorado, et Chris Van Hollen, du Maryland ont adressé une correspondance au président américain Joe Biden pour soutenir leur accusation, soulignant que le trafic d’armes vers Haïti qui passe par la République Dominicaine est un acte illégal et qu'il empire la crise sécuritaire qui touche le pays depuis plusieurs années.
L’accusation des sénateurs démocrates américains est très mal reçue en République Dominicaine où des députés et l'ambassadrice dominicaine aux États-Unis, Sonia Guzmán, n’ont pas tardé à réagir, qualifiant les propos de législateurs américains d’ « infondées et nuisibles », de « préjudiciables », d’ « irrespectueuses et irresponsables » et n’ayant « aucune validité ».
En effet, les députés dominicains soutiennent que l’accusation des sénateurs américains n’a aucune validité car ils ne disposent pas de données ou de preuves permettant de confirmer le crime. Les hommes de lois dominicains associent les accusations américaines à un « intérêt évident à nuire » à leur pays sur la scène internationale.
La députée dominicaine Soraya Suárez, du Parti révolutionnaire moderne (PRM), a qualifié de « préjudiciable » l'accusation portée par les membres du Congrès américain. Elle craint que l'accusation américaine conduise à une qualification pénale qui n'existe pas. Elle exhorte donc les congressmen américains à plus de prudence dans l’élaboration d’arguments qu’elle qualifie d’« invalides », niant l’existence de tout type de preuve démontrant un prétendu trafic d'armes du territoire national vers Haïti. Pour la femme de loi, cette accusation est une recherche de notoriété des sénateurs américains.
Elle dit aussi croire que de telles sorties pourraient « sérieusement » affecter le tourisme en République dominicaine et retarder la collaboration internationale pour Haïti que le gouvernement a constamment exigée.
De son côté, l'ambassadrice de la République Dominicaine aux États-Unis, Sonia Guzmán, a répondu à la lettre des Congressmen américains en déclarant que la République dominicaine menait une lutte contre le trafic illégal d'armes en établissant des contrôles de sécurité stricts pour détecter les unités de munitions et d'armes à feu, rapportent les médias dominicains.
Pour le député Gustavo Sánchez, du Parti de Libération Dominicaine (PLD), les accusations des parlementaires américains sont « irrespectueuses et irresponsables », car selon lui, ces derniers profitent de leur statut de parlementaires et d'un pouvoir pour lancer des accusations « sans aucune base probante ».
« Je pense que c'est une façon pour eux d'attirer l'attention et de faire une sorte d'ingérence dans notre pays », a-t-il déclaré. Le député Sánchez a par ailleurs proposé aux sénateurs américains de se concentrer sur les questions qui incitent à la violence dans leur pays, comme le trafic illégal d'armes ou le génocide, qui, pour lui, sont des problèmes graves répandus dans différents États.
Rappelons que le 29 décembre 2023, la police de Mirebalais avait saisi "9, 960 cartouches de calibre 5 mm, retrouvées dans des boîtes contenant des poules en provenance de la République Dominicaine", selon AlterPresse citant une communication de « la informe » la Police nationale d’Haïti. Smith Bellegarde, 52 ans, le chauffeur du véhicule, Jean Lipré Descolines, 34 ans, et Robenson Descolines, 18 ans, ont été arrêtés lors de cette intervention policière.
Sources: https://haiti.loopnews.com/content/6-senateurs-des-usa-accusent-la-rd-de-trafic-darmes-vers-haiti

Tenue de la première édition de « Soup joumou solidaire » à Strasbourg

L'association CHAPO a réalisé la première édition de « Soup joumou solidaire », dans la Maison Citoyenne de Strasbourg, en France
L'association CHAPO a réalisé la première édition « Soup joumou solidaire », à l’occasion du 1er janvier 2024, fête de l'indépendance d'Haïti. C’était l’occasion pour l’association d’accueillir, dans les locaux de la Maison Citoyenne, à Strasbourg, toutes personnes intéressées et notamment des étudiants qui n’avaient pas la chance de partager ce repas avec leurs familles cette année.
Dans une ambiance marquée de respect et de solidarité, plus de 80 personnes ont partagé cette soupe, son histoire et ce qu’elle représente pour les Haïtiens et l’humanité en quête de liberté. A travers cette initiative, l'association a voulu « non seulement rehaussé cette tradition à Strasbourg dans une logique d’entraide et de rencontre culturelle, mais elle a également invité à traiter tout le monde dans la dignité et le respect de cette tradition », a soutenu un membre de l'équipe organisatrice jointe par Loop.
Inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel et immatériel de l’humanité en 2021 après décision de l’UNESCO, la « soupe joumon » haïtienne, symbole de l’indépendance et de la liberté, elle a une renommée internationale. Ce plat est consommé dans une ampleur grandiose chaque 1er janvier et permet de se réunir pour un moment de partage symbolique.
Selon l’UNESCO, c’est un plat de fête, profondément enraciné dans l’identité haïtienne, dont la préparation favorise la cohésion sociale, l’inclusion ainsi que le sentiment d’appartenance aux communautés.
CHAPO est une association à but non lucratif dont le siège social se trouve à Strasbourg en France. Fondée en 2023, elle œuvre dans un cadre de solidarité, au-delà des nationalités, afin de contribuer à la transformation des modalités d’intégration des Haïtiens, notamment des étudiants en France. L'association participe à la rencontre des cultures, aux supports psycho-pédagoqiques, à la promotion des actions responsables en faveur de l’environnement et au développement holistique de tous ses membres et bénéficiaires.
source: https://haiti.loopnews.com/content/tenue-de-la-premiere-edition-de-soup-joumou-solidaire-strasbourg

La manne de la diaspora en danger

Par Frantz Duval 04 janv. 2024 3.8 milliards de dollars ont été transférés sans contrepartie vers Haïti par des Haïtiens vivant à l’étranger. Cette somme a permis au pays de survivre en 2023 comme c’est le cas depuis des années. La part de la participation de la diaspora dans la constitution du revenu national continue d’être importante même si de nouveaux modes de calcul du PIB ont fait passer l’apport de la diaspora à 20% de l’assiette globale contre près de 30% avant.
L’argent de la diaspora finance de la carte de téléphone à la scolarité, du premier repas du jour aux frais de santé dans un grand nombre de familles. Dépenses courantes et investissements reposent sur les transferts de la diaspora.
La partie visible de l’apport est ce qui peut être comptabilisé à travers les institutions financières, banques ou maisons de transfert. Les flux qui irriguent les achats directs effectués à l’étranger, ceux des nouveaux modes de virements électroniques et les sommes apportées de la main à la main ne sont pas totalement intégrés dans les calculs.
Il y a plus de 3.8 milliards de dollars de la diaspora dans l’économie haïtienne. Les 3.8 financent les dépenses d’obligations. La vraie manne est ailleurs et paie le reste: l’acquisition d’un terrain, la construction ou l’achat d’une maison, tout ce qui coûte cher. Et c’est cette partie de la manne qui est en danger ainsi que l’apport des touristes de la diaspora et de leurs dépenses de plaisir. La région métropolitaine comme la province souffre avec la frilosité et la prudence obligée de nos compatriotes.
L’insécurité est le principal ennemi de la manne qu’apportait la diaspora à Haïti.
Il n’y a pas de décompte, mais le secteur foncier et celui de la construction doivent payer un prix très lourd depuis trois ans que le pays est sous la coupe des bandits et que voyager à travers le territoire est devenu un exploit dangereux.
Les compatriotes de la diaspora ont perdu des biens immobiliers de toute nature ces dernières années et ont cessé d’investir. Ils viennent de moins en moins en touriste passer des séjours de loisir en Haïti. Il y a des centaines de millions de dollars qui n’arrivent plus au pays.
La manne de la diaspora, grande rivière souterraine, voit son débit décroître, risque de disparaître si la sécurité et la libre circulation des biens et des personnes ne sont pas rétablies.
Il y a ce qui ralentit ou qu’on perd qu’on identifie rapidement et ce qui s’efface sans bruit mais pas sans conséquences. La manne de la diaspora appartient à la deuxième catégorie et les transferts répertoriés dans la première.
Il y a de vrais drames humains et financiers qui se déroulent au quotidien avec le naufrage national. Cela se passe dans l’indifférence des autorités qui ne se sont jamais vraiment souciées de la diaspora. Et sans aucune réaction des secteurs bancaires et financiers qui prennent les Haïtiens de la diaspora pour des pigeons comme les autres.
sources: https://lenouvelliste.com/article/246196/la-manne-de-la-diaspora-en-danger