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dimanche 16 septembre 2007

Des pionniers du cinéma haïtien sont fermes à la barre Bob Lemoine et Arnold Antonin, deux pionniers du cinéma haïtien continuent à réaliser des films

Bob Lemoine, réalisateur du premier long métrage filmé en 35 mm " Olivia ", en 1976,vit à New York où il réalise le tournage d’un autre long métrage, "Automne en mille morceaux".Si le premier film de science fiction a été l’œuvre de Raphaël Stines, décédé au début du mois, le premier long métrage, " Haïti le chemin de la liberté " a été réalisé par Arnold Antonin en 1974. Alors que Arnold Antonin, président de l’Association des Cinéastes Haïtiens a envoyé deux films au festival du film haïtien de Montréal, Bob Lemoine révèle n’avoir pas été invité par les organisateurs.Intervenant à la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, M. Lemoine a indiqué qu’il y a beaucoup de travail à faire afin de professionnaliser les intervenants dans le cinéma haïtien, pour que celui-ci puisse être compétitif. " Le cinéma haïtien est toujours à l’état embryonnaire", dit-il regrettant l’absence de support financier pour les producteurs. De plus, Bob Lemoine réclame plus de rigueur dans la réalisation des films. " J’ai en main le cd contenant la musique du film " Automne en mille morceaux", je commande toujours une musique pour mes films. En 1976 la musique de Olivia était de Herby Widmaier", dit –il ajoutant que 35 acteurs et 50 figurants sont impliqués dans le tournage du long métrage " Automne en mille morceaux. De son coté, Arnold Antonin, soutient que les conditions de production cinématographiques en Haïti ne sont pas favorables. " L’argent avec lequel nous réalisons nos films ne suffit pas pour écrire une lettre dans le générique d’un film de Danny Glover", fait-il remarquer. Tout en reconnaissant qu’une vingtaine de films haïtiens sont réalisés par an, M. Antonin assure que le niveau est très faible. Bob Lemoine est le réalisateur deux autres longs métrages, "Echec au Silence" (sur le phénomène en rapport avec les croyances religieuses Haïtiennes ) et Maswifé. Il a également écrit de nombreuses pièces de théâtre et produit un feuilleton, télévisé, Gabel " en 52 épisodes.

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13038

Eventuel retour de Jacques Bernard à la direction du CEP

L’ancien directeur général du Conseil Electoral Provisoire, Jacques Bernard, pose des conditions pour regagner son poste dans la perspective des sénatoriales de décembre 2007. Lors d’une rencontre avec les membres de la commission collectivités territoriales du sénat, M. Bernard a donné l’assurance que le scrutin pourra être réalisé au cours des trois prochains mois. M. Bernard qui confirme être rentré au pays depuis quelques mois, pose des conditions pour reprendre les commandes de la machine électorale. S’il refuse de rendre publiques les conditions posées, M. Bernard se prononce en faveur d’un renforcement du Conseil. Il soutient qu’au cours des trois prochains mois les élections indirectes pourront être organisées en vue de la formation du conseil Electoral Permanent. Toutefois M. Bernard croit que les membres de l’actuel CEP sont les mieux placés pour organiser le prochain scrutin. " Si des personnes sans expérience arrivent maintenant aux commandes de la machine électorale, ceci pourrait nous faire perdre beaucoup de temps", ajoute t-il. Jacques Bernard se déclare disposé à faire de nouveaux sacrifices alors que l’organisation des sénatoriales semblent dans l’impasse. Pour sa part, le sénateur Anacacis Jean Hector, se déclare soulagé par les remarques positives de M. Bernard. " Je craignais que le sénat ne soit amputé de 11 sénateurs au début de l’année prochaine mais maintenant je suis rassuré", explique t-il. Tout en étant moins inquiet pour l’organisation des sénatoriales, le sénateur Jean Hector dit être dans l’attente des résultats de l’audit de la Cour Supérieure des Comptes sur la gestion des conseillers électoraux. Le sénateur de l’ouest salue le travail de M. Bernard et réclame des modifications dans la composition du CEP.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13036

Rencontre entre des officiels haïtiens et la délégation de parlementaires internationaux

Les membres de la délégation de parlementaires internationaux du réseau des parlementaires sur la Banque mondiale ont eu une première séance de travail, hier jeudi, avec les élus haïtiens. Au cours de la journée les parlementaires étrangers ont eu également une rencontre avec le chef de l’état, René Préval avant de visiter des sites de projets de la Banque Mondiale à Cité Soleil et Carrefour. Le député de Viau (Québec, Canada), Emmanuel Dubourd, d’origine haïtienne, affirme que l’objectif de la visite est de partager les bonnes pratiques avec les parlementaires haïtiens et évaluer le travail de la Banque Mondiale dans le pays. " Nous visiterons des centres communautaires de plusieurs régions d’Haïti afin de pouvoir faire un rapport", dit-il se déclarant impressionner par le climat sécuritaire régnant à Cité Soleil. " La Minustah a fait un bon travail la sécurité est primordiale ", ajoute t-il. Emmanuel Dubourg espère que la communauté internationale ne se contentera pas à accorder une assistance économique mais encouragera les investissements en Haïti. Il estime que le pays est sur la voie de la relance économique et salue les actions du gouvernement de René Préval. Il promet l’appui du Québec dans le cadre des efforts du gouvernement haïtien pour favoriser la stabilité politique et la croissance économique. " Je veux dire au président Préval que le Québec est un ami d’Haïti et que la voix du Québec est présente pour les Haïtiens vivant en Haïti ", déclare t-il. Les membres de la délégation devront effectuer des déplacements en province notamment à Jacmel et Cap Haïtien vendredi et samedi. Une douzaine de parlementaires en provenance du Canada, de la France, de l’Egypte, de la Tanzanie, du Pérou, de la Thaïlande, du Mexique et de la République Dominicaine composent la délégation.La délégation est composée de membres d’un réseau comptant un millier de parlementaires de plus d’une centaine de pays. Depuis l’année 2 000 ces élus effectuent des séjours dans divers pays afin de recueillir des informations sur le fonctionnement des institutions financières internationales.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13035

Des élus incapables de concilier l’action du gouvernement aux revendications de la population

Les parlementaires haïtiens sont à nouveau au centre du débat tandis que les députés sont officiellement en vacances. Le député de Jérémie, Isidor Joseph Mercier est à nouveau revenu au devant de la scène afin dit-il " de renvoyer" le ministre des Travaux Publics Transport et Communication (TPTC), Frantz Verella.
L’élu de la métropole de la Grand Anse, qui était l’un des artisans du renvoi du ministre de la culture, Daniel Elie, entend tout mettre en œuvre pour obtenir un vote de censure du ministre Verella. Tout en indiquant que le bilan des 16 mois du ministre des Travaux Publics est nul pour son département, Isidor Mercier va jusqu'à insinuer que M. Verella aurait reçu des ristournes de la compagnie Vorbe et Fils.
Mécontent mais calme, le ministre Verella s’est déclaré prêt à pardonner l’ignorance du député Mercier en ce qui a trait aux procédures de passation de marchés publics. M. Verella précise que les trois chantiers octroyés à la firme Vorbe et Fils l’ont été sous le gouvernement de transition, tout en qualifiant les déclarations du député d’agressions.
Ce débat houleux lors de la rencontre entre le ministre des TPTC et les membres de la commission travaux publics de la chambre basse est révélateur du climat de tension qui règne entre les pouvoir législatif et exécutif. Les deux pouvoirs se rejettent la responsabilité de l’immobilisme en matière économique et des boucs émissaires doivent être trouvés.
Les députés, lors de la deuxième session ordinaire, n’avaient pu voter que 10 projets de loi dont 3 le jour de la fermeture de la session. Le bureau de la chambre basse avait dû user de stratagème pour contraindre ces élus, excités à partir en vacances, à faire un peu de travail.
Des Port-au-Princiens se déclarent insatisfaits du maigre bilan de la 48 eme législature. " Nous avons voté ces gens pour qu’ils adoptent des lois afin de changer les conditions de vie de la population", déclare un citoyen déçu par l’inaction du parlement. Ces Port-au-Princiens croient que les parlementaires s’appliquent à défendre leur propres intérêts financiers ce qui poussent certains d’entre eux à s’impliquer dans le trafic des stupéfiants.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13034

Haïti projette une meilleure image dans le monde estime Antony Dessources


Le chef de cabinet du ministre des affaires étrangères, Antony Dessources, affirme que le chef de l’état, René Préval, a joué un rôle de premier plan dans la nouvelle dynamique de la diplomatie haïtienne. Tout en indiquant qu’Haïti est bien vu dans le monde, M. Dessources souligne que le président Préval a su attirer la sympathie de la communauté internationale. La mise sur pied d’un gouvernement d’ouverture a conduit à une stabilité laquelle a donné naissance à la nouvelle réalité diplomatique d’Haïti argue t-il. " L’image d’Haïti s’est beaucoup améliorée parce que le chef de l’état a su mettre les gens en confiance", répond M. Dessources à une question sur l’image projetée par Haïti à travers le monde. " Cette nouvelle image est la cause principale de l’engouement pour visiter Haïti ", selon M. Dessources pour qui il s’agit d’une marque de sympathie. Interrogé sur le suivi des promesses formulées par les illustres visiteurs, Antony Dessources, assure que d’habitudes les promesses sont tenues. " D’une façon générale Haïti devrait être satisfait de la solidarité de la communauté internationale", dit-il précisant que les institutions financières internationales ont tenu leurs engagements. Le chef de cabinet du ministre des affaires étrangères, révèle que le nouveau ministre canadien des affaires étrangères devrait réaliser prochainement une visite en Haïti sur invitation du gouvernement haïtien. Intervenant à la rubrique " Invité du jour" de radio Métropole, M. Dessources affirme que la visite de la secrétaire d’état française aux affaires étrangères Rama Yade est intéressante parce que les relations entre Haïti et la France se sont améliorées. " Elle est d’origine africaine et nous espérons que cette visite permettra d’exorciser les démons qui hantent les relations entre les deux pays", dit-il précisant que Mme Yade aura des entretiens avec le président René Préval, le premier ministre Jacques Edouard Alexis et les ministres de la coopération, des affaires étrangères et de la condition féminine. Interrogé sur les retombées des visites des délégations étrangères, M. Dessources croit que la nouvelle image d’Haïti rend nos compatriotes à l’étranger plus confortable et suscite l’intérêt des investisseurs. Selon lui le vote de la loi Hope est l’un des retombées positives de la nouvelle image d’Haïti.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13033

Isabel Allende prépare une nouvelle historique sur l’esclavage au XVIIIe siècle en Haiti


P-au-P, 14 sept. 07 [AlterPresse] --- L’écrivaine chilienne Isabel Allende, fille de l’ancien président assassiné en 1973 Salvador Allende, élabore actuellement une nouvelle historique sur l’esclavage au XVIII e siècle en Haïti, annonce l’intéressée dans une entrevue accordée à l’agence espagnole Efe dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
« L’histoire [de cette nouvelle] commence en 1700 en Haïti, unique lieu où a triomphé une révolution d’esclaves », révèle Isabel Allende, qui participe à une rencontre littéraire latinoaméricaine à Berlin, en Allemagne.
Dans cette entrevue à Efe, l’écrivaine chilienne rappelle comment les esclaves révolutionnaires d’Haïti ont vaincu les troupes de Napoléon Bonaparte, qui avait envoyé à Saint-Domingue 12,000 mille parmi ses meilleurs militaires pour mater la rébellion.
L’indépendance d’Haïti a été proclamée le 1er janvier 1804. [rc apr 14/09/2007 13 :30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6411

Une mission technique des ministères brésiliens de l’éducation et des affaires étrangères en visite d’information à Port-au-Prince


L’administration Lula doit lancer au début de l’année prochaine différents projets de coopération axés sur la formation universitaire et professionnelle ; le recteur de l’Université d’Etat d’Haïti, Pierre Marie Paquiot, attendu la semaine prochaine à Brasilia
samedi 15 septembre 2007,
Radio Kiskeya

Une délégation conjointe des ministères brésiliens de l’éducation (MEC) et des relations extérieures (MRE) séjourne actuellement en Haïti afin d’identifier les domaines de l’enseignement supérieur et professionnel dans lesquels Brasilia peut développer sa coopération avec Port-au-Prince.
Selon l’agence officielle Agência Brasil, plusieurs experts font partie de cette mission. Alessandro Candeas, principal adjoint du ministre brésilien de l’éducation pour les affaires internationales, estime que le marché du travail haïtien a besoin de profesionnels qualifiés alors que le système éducatif n’arrive pas à offrir une formation efficiente à tous les jeunes. "Les haïtiens manifestent un grand intérêt pour notre système de formation professionnelle, principalement dans des domaines tels l’énergie, la mécanique, le tourisme, la fabrication de cuir, la construction civile et l’agriculture", a fait savoir M. Candeas.
Pour sa part, Patrìcia Canuto, représentante technique en Haïti de l’Agence brésilienne de coopération (ABC/MRE), annonce que les projets de coopération que proposera son pays seront lancés début 2008. "Nous devons analyser la demande de la population, étudier les priorités et voir quels sont les projets qui existent déjà. Ainsi, nous pourrons apporter notre appui et renforcer la capacité professionnelle de ce pays", a lancé Mme Canuto.
Un premier groupe technique est rentré jeudi à Brasilia. Il doit rédiger un rapport fondé sur les besoins d’Haïti et l’acheminer aux ministres brésiliens de l’éducation, Fernando Haddad et des affaires étrangères, Celso Amorim.
Agência Brasil souligne qu’à côté de son engagement dans la lutte contre la violence, la mission militaire brésilienne a également développé des projets destinés à aider la population haïtienne. A ce titre, 1,3 million de dollars ont été investis dans des programmes de coopération.
En 2005 et 2006, le gouvernement du Président Luiz Inàcio Lula da Silva a participé à un projet de la Banque Mondiale consistant à fournir des repas froids en milieu scolaire. Selon l’Agence brésilienne de coopération, le gouvernement fédéral a fourni 300.000 dollars en vue de permettre à 15.000 élèves d’écoles publiques et privées d’avoir une alimentation adéquate.
D’autre part, dans le cadre du renforcement de la coopération bilatérale, le recteur de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH), Pierre Marie Paquiot, se rendra la semaine prochaine au Brésil où il visitera des centres techniques. Ce voyage lui permettra de mieux connaître le système de formation professionnelle et technologique qu’a développé le géant sud-américain.
Le Brésil, qui détient le commandement militaire de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) composée de 9.000 militaires et policiers, tend à s’impliquer de plus en plus dans un processus de coopération très large avec Port-au-Prince. Cette semaine, lors de son périple en Scandinavie, le Président Lula s’est posé plus que jamais en défenseur de la cause haïtienne sur la scène internationale. spp/RK
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?article4128

Importante intervention policière dans la Grand’Anse : Amaral Duclona repéré ?


Samedi 15 septembre 2007
Une importante opération de la Police Nationale appuyée par la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) s’est déroulée vendredi après-midi dans la commune de Dame-Marie (Grand’Anse, sud-ouest). La force de stabilisation n’était pas en mesure de préciser l’objectif de cette intervention qui, selon certaines informations, viserait à capturer l’ex-puissant chef de gang de Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), Amaral Duclona.
Le caïd est en cavale depuis des mois.
http://www.radiokiskeya.com/spip.php?breve1499

Policier, par amour ou par nécessité !


De plus en plus, de jeunes manifestent le désir de devenir policiers. Pour quels motifs ? Protéger et servir la communauté? Devenir chefs ? Leur motivation est certainement différente. Se garantir d'un emploi ou encore se donner juste une visibilité sociale ? Leur motivation est certainement différente
La Police nationale d'Haïti (PNH) compte à l'heure actuelle plus de 8000 agents. Et, d'ici 2011, l'effectif devra atteindre 14 000, selon les responsables de cette institution. Une estimation qui parait tout à fait évidente lorsqu'on tient compte du nombre de jeunes qui, à chaque recrutement de la PNH, vont se masser dans les centres d'inscription. De longues files d'attente constituées en général d'écoliers, de bacheliers, de professionnels, d'universitaires, bref des milliers de postulants, pour des motifs tellement différents.
Françoise Orgella était encore en seconde quand elle nourrissait l'envie d'intégrer la PNH. Dissuadée à l'époque par sa mère de ne pas discontinuer ses études au profit de l'institution policière, elle a dû refouler son désir pendant quelques années. Tenace et toujours motivée, la jeune fille a finalement obtenu gain de cause. En 2004, toujours contre toute attente de sa mère, elle a intégré la 16e promotion de la PNH alors qu'elle était étudiante en sciences économiques à la Faculté de droit et des Sciences économiques (FDSE). Affectée au service de secrétariat au commissariat de Pétion-Ville, Françoise Orgella, agent 1, n'a pas du tout le visage de quelqu'un qui aurait regretté son choix. « J'ai toujours voulu entrer dans la Police nationale », lance-t-elle l'air satisfait. Le motif de la jeune policière qui a aussi un diplôme en sciences économiques est simple : montrer à la population que nombre de jeunes femmes de la PNH sont aussi qualifiées que les hommes garçons dans l'exercice de leur travail, qu'elles sont compétentes et qu'elles sont toutes aussi déterminées à protéger et servir la population haïtienne.

Ce n'est pas du tout le même motif qui a amené *Marie-Alberte à la PNH. Des besoins pressants sur le plan financier ont orienté le choix de la jeune femme vers l'institution policière. « J'ai choisi de devenir policière parce que je n'ai pas pu trouver un emploi après mes études en secrétariat, confesse-t-elle. Il y avait à ce moment le recrutement pour une promotion de policiers. Je m'y suis inscrite dans la perspective de trouver un emploi. »
La PNH n'est pas un tremplin
Nombre de gens auraient, en effet, intégré la PNH dans le souci de trouver un emploi. Cette situation, visiblement liée au chômage et aux difficultés financières auxquelles est confrontée la majorité de la population, est très mal vue par le commissaire divisionnaire Gaspard Hyppolite. « La PNH n'est pas un tremplin où l'on cherche à se procurer un boulot », rétorque-t-il. Pour le commissaire, le premier intérêt d'un agent de police devrait être, comme le prône la philosophie de l'institution, protéger et servir la population haïtienne. Tel n'est pas toujours le cas.
Divers autres obstacles contrarient cette vision de la PNH. Nombre de policiers font fi de leur promesse de travailler dans n'importe quel coin du territoire national. Ceci est contraire au contrat d'engagement signé à leur sortie de l'Académie. En effet, dans plusieurs régions du pays, les citoyens ne cessent de se plaindre du manque de policiers dans les commissariats. Souvent, ces derniers délaissent leur lieu d'affectation. C'est le cas de la commune de Cerca-Cavajal. Là-bas, il n'y a qu'un seul policier en poste. L'inspecteur Philogène Jonas a volontiers choisi de rester dans ce commissariat quelque peu délabré. Mais il doit, à lui seul, assurer la sécurité des 40 mille habitants de cette commune.
Les zones reculées négligéesCette situation d'effectif réduit de policiers est constatée surtout dans les zones reculées du pays, où les infrastructures font défaut, reconnaît le commissaire Gaspard Hyppolite. Sur l'ensemble des demandes de transferts enregistrées par année dans le pays, 90% concernent la zone métropolitaine de Port-au-Prince et quelques rares chefs-lieux de département, rapporte le commissaire. « Cette déperdition en effectif est due à un manque d'intérêt et de motivation chez les policiers et les cadres supérieurs de cette institution. Elle est plus cruciale dans le milieu rural », explique M. Hyppolite.
Vision toute autre pour le porte-parole de la PNH, Frantz Lerebours. Le commissaire justifie cela par le besoin sécuritaire d'une zone par rapport à une autre. « On n'a pas besoin d'une forte présence policière dans des zones où il n'y a pas trop de perturbations, où l'on enregistre que de petites infractions », précise le porte-parole.
Cependant, il n'y a pas que ces problèmes à résoudre au sein de la Police nationale. Souvent, les membres de la population se plaignent du mauvais comportement de certains policiers. Ces derniers se comportent en de véritables bourreaux lors de leurs interventions. Le directeur général de la PNH, Mario Andrésol, déplore, lui aussi, ce fait. Au cours d'une interview accordée au Nouvelliste en mars dernier, il avait critiqué le mauvais comportement de ces policiers qui s'érigent en chefs et qui croient n'avoir de compte à rendre à personne. « Selon moi, il faut démythifier cette affaire de « chef » en Haïti. Il nous faut divorcer d'avec certains comportements, avec certaines pratiques avant même de penser à l'instauration d'un Etat de droit dans ce pays », a-t-il affirmé, en rappelant que le policier est payé pour protéger et servir.
« Payé à partir des taxes des contribuables, le policier ne doit jamais oublier au service de qui il est et au service de quelle cause : protéger et servir la population », a ajouté le directeur général. Un salaire qui crée beaucoup de remous chez certains policiers.
Des agents de la police, qui ont voulu garder l'anonymat, se plaignent en effet du maigre salaire qu'ils reçoivent de la PNH. C'est pratiquement la désillusion pour certains d'entre eux qui s'attendaient à un aller mieux financier. « En intégrant la PNH, j'ai compris les choses différemment. On ne peut gagner sa vie avec le misérable salaire de policier », se lamente un agent de la circulation. Père de famille, comme tant d'autres de l'institution, cet agent travaille entre 8 à 12 heures par jour. Pourtant, il se voit obliger de recourir à d'autres activités pour subvenir aux besoins de son foyer.
Un instinct de survieLe directeur général Mario Andrésol en mars dernier avait lui aussi confirmé cette situation qui, jusque-là, n'a pas changé. « Auparavant, les agents de la circulation ne travaillaient qu'aux heures de pointe, ils regagnaient ensuite leur quartier général pour aller « brasser » comme on dit en créole. Si on les trouvait dans les rues à une certaine heure, c'était encore pour « brasser », avait-il avancé.Cet instinct de survie porte des policiers à abandonner le métier pour s'installer ailleurs ou tout simplement pour un boulot plus rémunéré. La vie n'a pas de patrie, dirait-on. « Des policiers ont abandonné l'institution, explique le commissaire Frantz Lerebours, au profit d'un autre boulot ou d'un papier de résidence. D'autres sont partis parce que leur attente n'a pas été comblée. »
Les responsables de la PNH ont déjà envisagé d'améliorer les conditions de vie des agents de la police. Ces derniers, tout comme les autres fonctionnaires de l'Etat, bénéficient depuis 2000 d'une couverture sociale en matière de santé. Aujourd'hui, le haut commandement de la Police travaille d'arrache-pied pour garantir une assurance particulière aux policiers. Ils entendent aussi les encourager davantage à exercer avec efficacité et honnêteté leur métier. Selon leur niveau de compétence, de leadership, de savoir-faire et leur expérience, les agents peuvent être promus d'un moment à l'autre à un grade supérieur. Pour ce faire, explique le porte-parole de la Police, Frantz Lerebours, un plan de carrière sur la vie du policier a été élaboré et soumis à l'exécutif qui à son tour procède à la promotion des agents.
A l'inverse, toute infraction à l'éthique et au code de déontologie de l'institution, au manuel des règlements de discipline de la PNH est passible de pénalisation et de révocation de l'institution, a fait savoir M. Lerebours. A ce niveau, les données de la Police nationale en disent long. De 1995 à 2006, 2462 policiers ont été renvoyés de l'institution. La plupart d'entre eux pour abandon de poste, fraudes et autres accrocs à la PNH. De ce nombre, 95 % sont de sexe masculin. En fait, il y a très peu de femmes au sein de la PNH. «Sur les 8000 policiers de l'institution, les femmes ne représentent que 5%, soit 411 policières», a fait savoir Frantz Lerebours. Un déséquilibre que tente de réparer le staff de la direction générale de la PNH. A cet effet, les 7 et 8 août 2007, une inscription spéciale a été organisée uniquement pour recruter la gent féminine.
A ce niveau, les autorités policières n'ont aucune crainte quant à la capacité des femmes à répondre aux exigences du métier. « Elles sont aussi dynamiques, dès fois même plus dynamiques que les hommes », a rassuré le commissaire Gaspard Hyppolite. Cette initiative devra non seulement garantir la parité de genre au sein de l'institution policière, mais aussi augmenter dans les prochaines années l'effectif de la PNH. D'ailleurs, le directeur général, Mario Andrésol, l'avait déjà annoncé: d'ici à 2011, l'effectif de la Police nationale d'Haïti devra atteindre 14 000 policiers.

* Marie-Alberte est un nom d'emprunt utilisé pour garder l'anonymat de la jeune policère
Sherline Chanlatte Duplan
Jean Max St Fleur

Réhabilités (les trottoirs) pour qui? et pour quoi faire

Les ouvriers du ministère des Travaux publics, transports et Communications (MTPTC) continuent de réparer des trottoirs dans toute l'aire métropolitaine. Mais, à certains endroits, il semble que ces trottoirs ne sont pas aménagés en vue de faciliter la circulation des piétons. Car des particuliers prennent plaisir à en faire un usage personnel sans crainte d'être sanctionnés.

Ils sont nombreux ceux qui se servent des trottoirs pour entreprendre des activités personnelles. A Martissant par exemple, à proximité de l'église Sainte Bernadette et à un jet de pierres du sous-commissariat de cette zone, un atelier de menuiserie fonctionne librement sur le trottoir et quotidiennement selon une source proche du Nouvelliste. Cette activité commerciale se déroule précisément à l'entrée de l'Ecole nationale République du Pérou qui est envahie, elle aussi, par le propriétaire d'un garage de fortune.

Dans cet endroit, les trottoirs, fraîchement réhabilités, sont occupés par des tables, des portes, des chaises et d'autres meubles. « Poussez vos tables pour que je puisse passer », dit un passant, en colère, après n'avoir trouvé aucun passage sur le trottoir. «O ! O ! Lajè lari sa a ou pa ka pase ladanl madanm », réplique l'un des individus occupant le trottoir comme pour dire à cette dame, qui tient un enfant par la main, qu'il n'y a pas de passage pour elle sur le trottoir.
Devant le Centre de formation pour l'école fondamentale de Port-au-Prince, toujours à Martissant, des dizaines de lits en fer sont installés également sur les trottoirs. Que dire de l'entrée de l'ancien local du ciné Sénégal où des ferronniers et des marchandes s'établissent sans aucun scrupule pour vendre leurs produits.
Le même phénomène s'observe partout dans la région métropolitaine. A Nazon, à l'avenue Christophe, à Lalue, au Bois-Verna ou à l'avenue Magloire Ambroise... les trottoirs, occupés par des objets encombrants, représentent un lieu d'activités apparemment rentables pour des individus évoluant surtout dans le secteur informel.
Notons que parmi les zones susmentionnées, l'Avenue Christophe est la plus fréquentée par des écoliers et des universitaires. Pourtant, dans certains coins de cette avenue, il n'existe presque plus d'espace sur les trottoirs pour la libre circulation des piétons. Des particuliers les occupent, sans aucune gêne, pour leur négoce.
Non conscients du tort qu'ils peuvent causer aux piétons en investissant les trottoirs, les occupants soutiennent, généralement, n'avoir que ce lieu d'activité pour subvenir à leurs besoins. Aussi s'en foutrent-ils des autres. Ils ne se soucient pas d'eux. En conséquence, les piétons deviennent automatiquement la cible des chauffeurs qui, pour la plupart, ne font aucun effort pour protéger ceux qui sont à pied.
En avril 2007, le conseil municipal de Port-au-Prince, présidé par Muscadin Jean Yves Jason, avait promis, dans le cadre de ses attributions, qu'il allait débarrasser les trottoirs de ses marchandes et refaire le visage de la capitale. Mais, quelques mois après, la situation tend à s'aggraver de jour en jour. Ce qui fait que le problème de l'occupation des trottoirs semble être sur le point de rester un sujet d'actualité. Du moins jusqu'à ce que les autorités parviennent à en trouver une solution. En attendant une solution congruente à ce problème, les techniciens des TPTC s'activent à réparer des trottoirs partout dans l'aire métropolitaine. « Pour les piétons », dirait-on. Mais une simple petite visite dans divers endroits de la capitale permettra de constater que les trottoirs ne sont pas faits en réalité pour les piétons. Ils sont occupés par des marchandes, des professionnels, des hommes d'affaires, pour ne citer que ceux-là.
S'il est vrai que les trottoirs sont faits pour les piétons, il est une urgence pour que les autorités concernées fassent quelque chose en vue qu'ils ne soient plus utilisés à d'autres fins. Car, à quoi ça sert de faire ou refaire les trottoirs, s'ils ne sont pas utilisés par ceux pour qui ils ont été faits ou refaits?

Victor Jean Junior

Deux trous béants qui font malheur

Dans la commune de Carrefour- route nationale no2- plus précisément à Bizoton 55 et 59, deux énormes trous provoquent des accidents. Celui de Bizoton 55, particulièrement, présente deux embarras qui compliquent la solution à ce problème. La population locale réclame plutôt la construction d'un trottoir à la place de ces dangers à ciel ouvert.
Il y a environ deux mois, vers 7 heures du soir, un véhicule de transport public a chaviré dans le trou localisé à Bizoton 59. Le chauffeur ainsi que plusieurs passagers étaient grièvement blessés. Deux jours après, le bus éventré et maculé de sang a été remorqué du bourbier.

« Dieu merci ! il n'y avait pas eu de morts lors d'un tel accident et j'espère bien que les autorités n'attendront pas q'un tel cas se reproduise avant d'intervenir », a déclaré Jean, un ébéniste vivant à Bizoton depuis douze ans qui a vu défiler sous ses yeux, plusieurs victimes. En empruntant la voie gauche entre Bizoton 55 et 59, les piétons n'ont que deux choix : prendre le risque de marcher sur la chaussée ou faire un détour en traversant sur l'autre voie afin d'éviter ces trous béants, situés a quelques mètres l'un de l'autre.

Les automobilistes, pas toujours courtois, n'affichent aucune intention d'épargner les piétons.

Des résidents de cette zone rapportent même le fait que certains piétons, menacés par des cyclistes et automobilistes mal intentionnés, se jettent, pour éviter le pire, au fond de ces eaux boueuses.
La situation à Bizoton 55 est tout à fait révoltante.
L'installation souterraine d'un gros tuyau en bronze empêche l'évacuation des eaux pluviales. L'eau provenant de la source Bergamothe (dans les hauteurs de ce quartier) remplit cette profonde cavité. Les eaux en furie, charriant des immondices, se déversent sur l'asphalte et rendent la circulation difficile.
Les odeurs putrides qui s'en dégagent, nuisent à la santé de ceux qui habitent dans les parages de ces fosses car certains riverains profitent de la négligence du MTPTC pour y jeter des déchets de toutes sortes. Une résidente, Joséphine, nous a confié que cette situation, elle la vit depuis son enfance. Pour un autre résident, cela fait plus de dix ans que cela dure et aucune solution définitive n'est tentée par les autorités concernées. A la suite de ces accidents, des tuyaux en plastique qui alimentent les résidents en eau potable sont souvent rompus ou fuités. L'eau boueuse s'infiltre dans ces conduits.
Cette situation inquiète la population locale. A la tombée de la nuit, surtout, ces dangers ne sont pas toujours perceptibles par les piétons. Les passants qui ignorent la présence du danger en sont les principales victimes. Récemment, nous confie un vieillard, une femme croyant poser les pieds sur une flaque d'eau recouverte de détritus, était littéralement précipitée au fond des eaux.
Mais secourue à temps par des volontaires, elle a eu la vie sauve. Ce jour là, la circulation était, comme à l'ordinaire, intense au niveau de Bizoton et il n'avait pas d'électricité pour éclairer la route. Qu'en pensent les autorités ?« Ce problème ne date pas d'aujourd'hui », reconnaît le président du CASEC de la 9e section communale de Carrefour, Thercier Roland. Sans donner plus de précision, Neptune Adelson, membre lui aussi du CASEC, pense comme la plupart des riverains, que s'il n'y avait pas la construction d'une citerne en béton, le problème serait pire. Cet ouvrage en béton, exécuté en 1994 par une compagnie Américaine, permet le captage de l'eau provenant de la source Bergamothe.
Des engins du Ministère des Travaux publiques, Transports et Communications (MTPTC) viennent parfois débarrasser ces fosses, mais faute de vigilance, elles se remplissent à chaque fois. Les travaux de construction des trottoirs ont démarré depuis tantôt un mois dans plusieurs communes. Dans le cadre de cet effort du MTPTC, en collaboration avec les mairies concernées dont celle de Carrefour, il est urgent que les autorités abordent et résolvent en profondeur ce problème, avant qu'il s'empire.
Béanet Wagnac

La Tortue, une île oubliée


Le visiteur qui veut se rendre à l'lle de La Tortue a le choix : soit en bateau marchand soit en avion quand les deux petites pistes d'atterrissage situées à Pointe Ouest et Haut Palmiste sont en état de fonctionnement. Il existe une troisième possibilité, c'est le « fly boat » ou « fast boat », une chaloupe à moteur. Si les voiliers mettent plus d'une demi-heure pour effectuer la traversée Port-de-Paix - lle de La Tortue, le « fly boat » permet au voyageur pressé de se rendre sur l'île en moins de 20 minutes.
Malheureusement,les ports des différents villages de l'lle de La Tortue ne disposent pas d'un quai permettant aux bateaux d'accoster ; le transport des passagers jusqu'à la terre ferme s'effectue encore, en 2007, à dos d'homme !...
Une population participative
A Pointe Oiseau, le touriste, une fois débarqué, constate rapidement l'absence de l'Etat : aucune infrastructure, aucune présence policière sinon un hôtel « Princess Corporation », quasiment vide, dont le nom a été probablement emprunté par le propriétaire, suite à une visite aux Bahamas où se trouve un grand hôtel du même nom. La seule infrastructure qui existe est un pont construit sur la côte, reliant la route au port. Pointe Oiseau est électrifié, mais attention ! c'est grâce à la cotisation et à l'entente entre les habitants qui se partagent l'énergie fournie à partir des génératrices. D'ailleurs, le soir, on a même l'impression qu'il existe plus de maisons électrifiées sur l'île qu'à Port-de-Paix, la ville d'en face où l'EDH est pratiquement inexistante depuis belle lurette.
Pour visiter l'île où circulent environ une cinquantaine de camions et véhicules tout-terrains, le touriste peut solliciter les services de « Princess Hotel » qui peut mettre un chauffeur à sa disposition, moyennant une généreuse gratification pour ce dernier. La route, construite par la population, est étroite et elle est en terre battue. Certaines pentes sont tellement abruptes qu'on s'interroge sur la praticabilité de cette route par temps de pluie...Sur toute la route, le visiteur s'étonne de remarquer de superbes constructions sur le flanc des mornes et qui appartiennent vraisemblablement à des « diasporas » ayant vécu à Turks and Caicos, Providentiales, Bahamas ou à d'anciens boat people s'étant réfugiés en Floride. L'énergie électrique et l'eau courante y sont présentes, et des antennes paraboliques surplombent parfois les toits de ces résidences privées.
A l'attente d'un projet de développement touristique
Deux stations de radios fonctionnent à l'lle de La Tortue. La 4VET (Voix Evangélique de La Tortue) émet sur le 93.1 FM et relie la plupart des émissions de la 4VEH basée au Cap-Haïtien. Le directeur de cette petite station est très accueillant et s'estime heureux d'offrir un tour aux visiteurs. Cette station de 500 watts, en raison de sa position dans les hauteurs de « Pagne », arrive à couvrir une très grande partie de l'île et de ses environs.Il est 10 heures du matin ; au micro, trois adolescents animent une émission du type vacances-variétés pour les jeunes. Le pus âgé est muni d'un ordinateur portable (Laptop) et, avec une diction trébuchante, il lit en français un article se rapportant à la santé. Il est visiblement intimidé par la présence des étrangers.

A l'lle de La Tortue, les habitants sont accueillants, mais ils laissent l'impression de vivre quotidiennement en attente d'une bonne nouvelle ou d'un projet d'envergure pour leur territoire. Conversant avec une citoyenne américaine de passage, l'un des jeunes n'hésite pas à l'interroger : « Etes-vous venue sur l'île pour envisager un projet de développement touristique pour nous ? » Témoin de la scène, on pense tout de suite aux multiples possibilités qu'offre cette île si seulement les Haïtiens étaient plus réalistes !... Imaginez un instant cette île habitée par des Québécois ou des Allemands... De nombreux projets similaires existent dans le monde. Pourrait-on s'empêcher de rêver de Ressorts, de Marinas, de terrains de golf, de bateaux de croisière, d'aéroport international, de chaînes d'hôtels dans ce magnifique endroit situé à 1 heure et demi seulement de Miami ?... Devrait-on prouver l'apport économique auquel, à elle seule, cette île pourrait contribuer, pour le développement d'Haïti ?...Pourvue d'un beau paysage assez boisé, de belles plages sablonneuses mais désertes, d'eau potable en provenance de sources naturelles, et d'une agréable température, l'lle de La Tortue est donc un véritable cadeau du ciel et de la nature mais, c'est un vrai gaspillage, un paradis inexploité.

Palmiste, le point central de l'Ile de La Tortue
Situé au coeur de l'lle de La Tortue, Palmiste est considéré comme le village le plus développé de la région. Y siègent un Commissariat de Police (avec seulement 6 policiers), une église catholique, au moins un temple protestant, trois cybercafés, une station de radio communautaire (Tortue FM émettant depuis Haut-Palmiste sur le 93.1). Le Collège Saint-Miguel des Frères des Ecoles Chrétiennes (FEC), a été fondé en 1985. Il est fréquenté par un effectif de 279 élèves. C'est d'ailleurs la principale école secondaire de l'île. Le nouveau directeur de cet établissement scolaire, le jeune Frère Marc-Antoine Fleurisca, est fier d'indiquer aux visiteurs que « son institution est la meilleure de l'île et qu'on ne fait pas de cadeau à ceux qui la fréquentent, car on y dispense une éducation de qualité ». A noter que, sur le même campus, est logée l'Ecole Notre-Dame des Palmistes, également la plus importante école primaire de l'île, avec un effectif de 850 écoliers.
Disposant d'une vue superbe de Port-de-Paix et de toute la côte Nord-Ouest (décrite par certains comme étant « la pus belle vue de la terre d'Haïti », en particulier de la zone qui va du Cap-Haïtien à Jean-Rabel), la Téléco utilise le toit de la résidence des religieux pour installer ses équipements de communication. Cette position est stratégique, puisqu'elle est située en face du sommet du Haut Piton. Cependant, à part les téléphones cellulaires accessibles à certains endroits de l'île, la Téléco n'offre aucun service à domicile, et, depuis un an et demi, leur système téléphonique public est en dysfonctionnement.
Une absence remarquable de l'EtatEn raison de l'absence de l'Etat, les véhicules circulent sur l'île sans aucune plaque d'immatriculation ; qui pis est, certains utilisent des plaques enregistrées aux Bahamas, leur pays d'importation !...En dépit de la pauvreté apparente de l'île, le visiteur se rend rapidement à l'évidence de la richesse de certains habitants dont bon nombre possèdent des bateaux commerciaux reliant la Floride à Port-de-Paix. Un particulier a même entrepris la construction d'un mini-stade de sport avec ses propres ressources financières, et l'appui de la population locale.
Une association dynamique des habitants de cette région insulaire et un regroupement des enfants de l'lle de La Tortue vivant à l'étranger favoriseraient une prise de conscience ou un réveil des esprits en ce qui a trait à la situation déplorable de ce territoire. Ce regroupement pourrait prendre en main la destinée de l'île, sinon exercer des pressions sur l'Etat central qui, jusqu'ici, est non seulement inexistant mais s'est montré désintéressé jusqu'à laisser l'impression d'oublier complètement cette île de 180 Km2 où vivent officiellement 28 à 30.000 âmes, mais, 50 à 60.000, selon un notable de la zone, M. Louiston Altès, le directeur de Tortue FM.
Joël Lorquet
Joellorquet@yahoo.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48395&PubDate=2007-09-15

Quarante-neuf étudiants présentent leur mémoire de sortie

Du 5 au 14 septembre 2007, ils sont quarante-neuf (49) étudiants à l'Ecole des Sciences Infirmières (ESI) de l'Université Notre-Dame d'Haïti (UNDH) à être évalués pour l'obtention du grade d'infirmiers licenciés. Les sujets s'assemblent mais ne se ressemblent guère. « C'est une exigence académique », indique Marie Concepcia Pamphile, directrice de l'ESI, lors d'un entretien avec le journal.
« Nous sommes la première institution à faire l'exigence d'un travail de mémoire en fin d'études », se félicite la directrice de l'ESI qui en est à son 245e étudiant à être diplomé depuis 2000. Entourée d'assesseurs et de lecteurs critiques, Madame Pamphile se targue d'être à son huitième (8e) promotion.
Infirmière de formation, Marie Concepcia Pamphile a résidé pendant 13 ans en Suisse romande dans le canton du Valais où elle a travaillé comme nurse en ligne. Dans le canton de Vaud, elle a suivi également une formation en SOP. Retournée en Haïti en 1991, elle a été nommée directrice de l'Ecole Nationale des Infirmières. Ancienne Responsable du Service infirmier à l'Académie de Police, elle a rédigé le curriculum de l'Ecole des Sciences Infirmières de l'UNDH.

Après des années de service à l'Hôpital du Canapé-Vert (1974-1977), Madame Pamphile se réjouit que ses étudiants font très belle figure sur le marché du travail, tant en Haïti qu'à l'étranger. « Nous avons un professeur de Méthodologie à plein temps, en l'occurrence Marie Yolande Nazaire qui est professeur de mémoire. En plus, Maxime N. Hervé est professeur de Méthodologie et de statistiques, comme Raoul Baptiste », raconte Madame Pamphile, coiffée à la garçonne et tout aussi heureuse que d'autres cadres de l'UNDH qui sont eux aussi des infirmières, d'avoir aidé les étudiants dans la réalisation de leurs travaux.
Des stages d'études« A l'ESI, c'est l'étudiant qui choisit son assesseur appelé à le guider dans son travail », explique-t-elle avec bonheur, avant d'ajouter que le lecteur critique est sélectionné par la direction en fonction du sujet et de la spécialisation du lecteur critique.
Selon Marie Concepcia Pamphile, la coordonnatrice des études de l'ESI, Maude Timothée, infirmière licenciée et licenciée en Sciences Administratives et Politiques, joue un rôle capital dans l'élaboration et la présentation des mémoires de sortie.
Interrogée sur l'existence ou non de programme de coopération liant l'ESI à d'autres écoles infirmières d'outre-mer, Mme Pamphile a répondu que sa direction travaille d'arrache-pied pour avoir un programme de stages d'études avec des universités étrangères. « Nous n'avons pas de programme de coopération à proprement parler, mais nous évaluons nos curricula avec Berry University de Miami et l'Ecole des Infirmières de la Martinique et de la Guadeloupe », souligne t-elle en mettant l'accent sur les perspectives d'échanges académiques de l'ESI avec la UM University de Miami qui veut envoyer des étudiants en Haïti pour des stages d'études en santé communautaire. Moyennant le rétablissement de la sécurité dans le pays.
« En Haïti, nos étudiants font leurs stages à l'Hôpital Albert Schweitzer (Deschapelle), au Centre de Bienfaisance (Pignon), à l'Hôpital de la Communauté Haïtienne (Frères) » indique Madame Pamphile qui fait remarquer qu'en Europe, aux USA et au Canada, les infirmières licenciées de l'ESI font très belle figure.Un métier complexe et ardu
« Le travail de l'infirmière est très complexe, ardu et souvent mal compris », déclare l'ancienne résidente à la salle de l'Hôpital de l'Université d'Etat d'Haïti (HUEH) qui croit que dans son champ d'action, l'infirmière doit être pluridisciplinaire. En essayant d'oeuvrer avec le coeur, la compassion, le respect de l'autre et l'amour.
« Malgré ce que pense plus d'un, beaucoup d'infirmières font preuve d'honnêteté et de sens de responsabilité pour le bien-être du patient », estime Mme Pamphile qui se targue d'inculquer ces valeurs aux étudiants de l'ESI.
Consciente du fait que le nursing a toujours été un métier féminin en Haïti, elle dit apprécier que des hommes se l'approprient au fur et à mesure. « Nous leur disons welcome to the club », lance-t-elle avec une toute petite pointe d'ironie en attirant l'attention sur l'étudiant Planteau Ritho qui vient de présenter son mémoire de sortie. Et qui est vu par les 48 étudiantes comme un collègue à part entière.« Nos portes sont ouvertes aux hommes qui veulent choisir ce métier » conclut-elle en se disant vouloir donner l'exemple de la rigueur académique dans l'enseignement des Sciences Infirmières en Haïti.
Robenson Bernard

Robenard@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48411&PubDate=2007-09-15

Les aéroports : un vrai cauchemar

Qu'il s'agisse de Port-de-Paix, de Hinche, de Jacmel, de Ouanaminthe, du Cap-Haïtien, de Pignon, des Cayes, du Môle St-Nicolas ou de Jérémie, on ne peut que se questionner sur les réseaux du transport aérien. L'état de nos aéroports nous porte à nous interroger sur la mission et la capacité de gestion de certaines institutions comme l'Autorité aéroportuaire Nationale (AAN) et l'Office National de l'Aviation Civile (OFNAC).
Depuis quelques années, le secteur du transport aérien a pris de l'ampleur et de plus en plus d'Haïtiens utilisent l'avion pour leurs déplacements à l'intérieur du pays. Dans certaines régions du pays, les activités des compagnies de transport aérien les ont obligées à augmenter le nombre de leurs vols et même de leurs avions.

Le Nord-Ouest, en particulier, retient l'attention vu l'intensité du trafic entre Port-de-Paix et Port-au-Prince. Pourtant, malgré son importance et son apport économique certain, l'aéroport de Port-de-Paix n'est qu'un vaste bidonville que les compagnies aériennes essaient de gérer aussi bien qu'elles le peuvent. Quand on sait que leur rayon d'action réel est limité à la concession qu'elles exploitent, on se demande ce qu'elles pourraient bien faire pour gérer cet espace où l'anarchie est la règle.Spectacle peut-être normal au début du siècle dernier lorsque les premiers avions touchaient notre sol et que nous décrouvrions les premières machines volantes... mais affligeant un siècle plus tard, un avion qui va atterrir doit, en catastrophe, reprendre de l'altitude parce qu'un cabri ou, pire, un cycliste se trouve sur la piste d'atterrissage.
La piste, toujours en terre battue, est bordée de maisons d'habitation où les gens vaquent tranquillement à leurs occupations quotidiennes sans se soucier du danger que représentent ces avions qui atterrissent les uns après les autres.

Il arrive assez souvent que le premier spectacle qui s'offre au regard au moment de l'atterrissage soit le linge étalé, « blayi » sur les espaces remplis de mauvaises herbes qui bordent la piste.
Il est donc évident, dans ces conditions, que l'Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN) ne garantit en aucune façon la sécurité des pistes d'aviation.
En outre, l'Autorité Aéroportuaire Nationale (A.A.N.) est loin de prouver qu'elle existe ailleurs qu'à Port-au-Prince et, d'une certaine manière, aux Cayes. Responsable de la planification, de la construction et du développement des aéroports civils, elle n'a construit, depuis sa création, en 1980, qu'un seul petit aéroport de tourisme aux Cayes, aéroport qui, d'ailleurs, se révèle déjà inadéquat car lors de sa construction, n'avaient pas été prises en considération les possibilités d'agrandissement tenant compte de l'augmentation de la clientèle et du nombre de compagnies aériennes.
Si, au Cap-Haïtien, des travaux ont été réalisés, il serait difficile et prétentieux de considérer les structures existantes comme celles d'un vrai aéroport. Il n'est, en effet, pas normal d'exposer notre sous-développement à l'intérieur d'un aéroport international. Un parking boueux en temps de pluie. Une aire d'accueil épouvantable. Drôle de façon de développer le tourisme.

Et, pour être tout-à-fait honnête, l'aérogare Guy Malary de Port-au-Prince est une aberration, une preuve du manque de respect des responsables pour les usagers de ces soi-disant aéroports.
Pas le moindre confort, pas de climatisation, une ventilation défaillante, de généreuses coupures d'électricité, un espace qui arrive difficilement à accueillir les passagers qui, très souvent, doivent attendre debout, parfois pendant plus d'une heure, le départ de leur vol, des employés des compagnies aériennes entassés les uns sur les autres. Voilà une présentation complaisante de ce qu'est l'aérogare de Port-au-Prince.
En temps de pluie, le parking se transforme en une porcherie. Et si on arrive à garer son véhicule, on doit jouer à la marelle pour s'en sortir ou pour regagner l'intérieur. Un parking impraticable lorsqu'il pleut, pour un lieu fréquenté par des centaines de visiteurs et de voyageurs. Faites l'expérience un jour. C'est simplement manque de respect envers les usagers.

Si la piste de Jacmel est plus ou moins sécurisée, le bâtiment qui loge les bureaux de l'«aéroport» ainsi que les guichets des lignes aériennes est le fruit d'une mauvaise plaisanterie.
Les choses ne vont pas mieux à Jérémie. Quant au Môle St-Nicolas, il vaut mieux ne pas en parler.

Finalement, c'est à se demander, sans vouloir offenser qui que ce soit, où vont les taxes perçues dans nos « aéroports»?Il serait peut-être intéressant d'avoir l'opinion du ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (M.T.P.T.C.) qui, en tant qu'organisme de tutelle, devrait logiquement savoir ce qui se passe dans nos aéroports.
En Haiti, l'Aviation est représentée par deux Organismes Autonomes- l'Office National de l'Aviation Civile (OFNAC) et l'Autorité Aéroportuaire Nationale (AAN). Les deux Organismes ont été créés en 1980 et placés sous la responsabilité du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC)
L'Office National de l'Aviation Civile (OFNAC) est responsable des activités suivantes :

(i) règlementation technique (prévention et sécurité de l'aviation);
(ii) opération des systèmes de navigation aérienne;
(iii) assistance technique pour les accords bilatéraux de transport aérien;
(iv) recherche et secours;
(v) représentation du Gouvernement dans les Organisations Internationales (l'Organisation de l'Aviation Civile Internationale).
L'Autorité Aéroportuaire Nationale (A.A.N.) est responsable des activités suivantes :

(i) planification, construction et développement des aéroports civils;
(ii) opération et gestion des aéroports civils (y compris la négociation des accords de concession pour les services commerciaux ainsi que les services aéronautiques);
(iii) proposition et fixation des taux et redevances pour les services liés à l'aéroport.
La République d'Haiti a deux aéroports internationaux localisés à Port-au-Prince et au Cap-Haitien. Elle a également d'autres petits aérodromes situés à :
• Port-de-Paix •
Jacmel
• Jérémie

• Cayes
• Gonaïves
• Pignon
• Môle St-Nicolas
• Ile de La Tortue
. Ile de la Gonâve
Patrice-Manuel Lerebours

patricemanuel@yahoo.com
plerebours@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=48412&PubDate=2007-09-15
Commentaires :
Le processus diagnostic va bon train. Les membres de la société civile participent. Les journalistes informent. Tout le monde devient conscient de son rôle.
Il y a tellement de choses à faire et à refaire une fois le bilan dressé que souvent on ressent de l’empressement au sein des autorités locales et de la population en général.
Il faut trouver le juste équilibre entre la mobilisation pour pousser le gouvernement à agir dans le bon sens et reconnaître les limites de ce qui est réalisable dans une idée de hiérarchie cohérente des priorités.