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vendredi 6 avril 2012

De l’assistance à personne en danger

Un accident de la circulation. Une moto à quatre roues (un Quad) renversée par une voiture dans sa course effrénée. Très peu ou pas de témoins sur un axe peu fréquenté à la tombée de la nuit. Sur les lieux du drame, un peu ou longtemps plus tard un bon samaritain ne retrouva que le corps inanimé de celui qui pilotait cette moto qui avait disparu, que dis-je, qui avait été volée. Il le prit avec lui et l’emmena à l’hôpital ou des collègues médecins allaient identifier et faire le constat du décès de leur ami qui a été dépossédé de son porte feuille et de ses pièces d’identité avec.
Vous me direz que c’est ignoble de heurter un véhicule et de ne pas s’arrêter. Bien sûr. Je vous direz tout de suite que la situation est chez nous, plus compliquée que ça. Il ne s’agit pas pour moi d’innocenter ce lâche chauffard qui a pris la fuite ou cet ignoble individu qui l’a dépouillé. Et ça on ne saura jamais le dire, un jeune homme grièvement blessé ou carrément mort. Mais il s’agit surtout et encore de regarder en face la réalité d’une société qui a su transformer en monstres ses propres citoyens. On a déjà vu des chauffeurs se faire lyncher par la population suite à un accident de la voie publique. Il n’existe pas de moyen efficace visant à sécuriser celui qui est automatiquement jugé coupable. De même qu’il n’existe aucun mécanisme de secours défini, connu et reconnu par la population. Des son plus jeune âge, le petit américain sait qu’en cas d’urgence, il a un recourt à trois chiffres 911.
Chez nous porter secours à une personne en danger reste à la discrétion et relève de la responsabilité de celui qui souhaite s’y engager. « Je wè bouch pe » (on voit mais on ne dit rien). Tant de cas de vols à mains, à l’arraché, de fusillades, de crimes ont été effectués sous les regards passifs de passants, marchands et même des agents des forces de l’ordre.
Ce bon samaritain qui s’est engagé à venir au secours de ce jeune homme baignant dans son sang n’a eu d’autre recours que de le prendre à bord de sa camionnette pour le conduire au centre hospitalier le plus proche.
Remarquez qu’il n’était pas question pour lui de faire appel à un service ambulancier, type SAMU ou SMUR, qui aurait été équipé pour une prise en charge adéquate au cas où il y aurait encore une vie à sauver.
Une lettre pourtant à l’instant me monte à l’esprit. E pour état de droit, mais bon, on n’en est pas encore là. L’abc de l’assistance à personne en danger, un concept dont la définition nous est encore inconnue.
Carlie

AUJOURD'HUI 6 AVRIL

Haiti Recto Verso  vous souhaite une excellente journée. Aujourd’hui on est le 6 avril 2012.
On est aussi le vendredi saint. Le jour qui commémore la crucifixion du Christ. EN Haïti c’est un jour férié. Le jour de la bonne bouffe qui va me manquer énormément. Je n’aurai même pas l’occasion d’aller gratter chez des amis puisque je suis au boulot et je vais finir très tard.
Les gens se préparent aussi pour aller à l’église et écouter les sermons autour des sept dernières paroles du Christ. Vous les connaissez les derniers mots prononcés par Jésus Christ avant de rendre l’esprit ?
Voilà on vous les rappelle dans l’ordre et avec les références :
1.- " Éli, Éli, lema sabachtani ? ", c'est-à-dire : " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné Matthieu 27:46? "
2. " Père, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font ». Luc 23:34
3. " En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis. " Luc 23:43
4.- " Femme, voici ton fils. ", " Voici ta mère ». Jean 19:26-27
5.- " J'ai soif " : Jean 19:28
6.- " Tout est accompli " Jean 19:30.
7.- " Père, en tes mains je remets mon esprit. (Baddoch efkid ruel). Luc 23:46

Etant enfant, on appréciait les menus et on trouvait moins marrant d’aller à l’église. Ceci, d’autant plus que l’on était en vacances. Le temps assez venteux se prêtait bien à faire monter les cerfs-volants (CAP et GRANDOUS)…Nostalgie quand tu nous tiens !
Bref, hier soir en lisant les dépêches venant d’Haïti, j’ai appris que le président Martelly se trouvait aux USA pour une intervention au niveau de son coude. Le président Chavez du Venezuela se fait soigner à Cuba. René Préval lui aussi s’était fait soigner du cancer de prostate à Cuba. Toute la bourgeoisie haïtienne se fait soigner à l’étranger.
Même les accouchements se font en particulier aux USA. Les gens se disent qu’il faut au moins donner une chance à l’enfant. Comme si la nationalité haïtienne représentait une sorte de tare ou une déveine.
Ceci explique en grande partie le contenu des débats et surtout les crises entre les pouvoir s législatifs et exécutif chez nous, autour de ce problème de la double nationalité.
En fait, les gens qui sont dans l’administration publique n’ont jamais renoncé à leur nationalité mais leurs parents avaient fait le choix délibéré de se prémunir d’une nationalité plus utile et plus intéressante que la nationalité haïtienne.
Mais pour revenir sur la dépêche qui annonce le départ de Michel Martelly pour se faire soigner à l’extérieur je dois dire que plusieurs fois dans l’année, je reçois des dossiers médicaux avec des pathologies souvent traitables et curables qui pour leurs porteurs représentent de vrais arrêts de mort. Car eux, ils ne disposent pas de moyens pour aller à l’extérieur et se faire soigner.
Comme ceux qui sont dans les gouvernements ont ces moyens-là, la mise en place d’un système de soins adéquats et efficace ne représentent jamais une priorité ni pour les gouvernements des Duvalier, ni pour ceux qui ont eu naissance avec les coups d’Etat ni pour l’ère prévalo-aristidienne.
Ceci sert d’explication susceptible de justifier notre désir d’intervenir au sein de l’afhes dans le domaine de la sante…
En attendant joyeuses pâques à tous !
Restez avec nous !

Pennautier. Solidarité haïtienne à Na Loba

Une fenêtre s'est ouverte samedi dernier sur Haïti. Une fenêtre sur l'espoir et la solidarité. Au nom de l'association dont elle est présidente, Les Amis de Mona, Camille Ferrié, après avoir adressé ses remerciements à la mairie de Pennautier pour son soutien, a refait l'histoire de Mona. Réfugiée en France de 1992 à 2006, cette Haïtienne, de retour dans son pays, a consacré son existence à la condition des femmes et des orphelins dans cette région, ravagée par les tragédies. Mais Mona ne peut tout faire seule.
Créé en 2006 l'association Les Amis de Mona soutient son engagement et se mobilise en multipliant les actions afin de pouvoir collecter des fonds nécessaires. Elle multiplie les concerts, les spectacles et autres activités comme balades, repas solidaires… Le concert organisé à Na Loba et la présence sur scène de trois chorales Cazilhac, Douzens pour un récital commun et Chœur de Louve, de Pennautier, a ravi le public d'un répertoire éclectique et bien maîtrisé.
Ce n'est certainement qu'une goutte d'eau au vu des besoins, mais des manifestations comme celle-là ont déjà permis de nombreuses réalisations : création d'orphelinat, jardins potagers, coopératives de femmes…
http://www.ladepeche.fr/article/2012/04/06/1324792-pennautier-solidarite-haitienne-a-na-loba.html

L’appel au secours d’un franco-haïtien « Mes filles courent un grand danger »

Originaire d’Haïti, un père de famille d’Epinal tente de faire venir auprès de lui ses deux filles restées dans son pays d’origine. Mais il se heurte à un incompréhensible blocage de la part de l’ambassade de France à Port-au-Prince. «J e suis français. Dire le contraire, c’est un manque de respect à mon égard », s’offusque Guyto Joseph. D’une courtoisie sans faille et d’un tempérament affable, cet homme de 39 ans a le sourire qui se crispe lorsque l’on remet en cause sa nationalité.
Car même s’il est né à Haïti, il est français. Et plutôt deux fois qu’une. Juridiquement d’une part. Parce que sa mère est française. Moralement ensuite. Parce que la France est le pays dans lequel il a choisi d’aller vivre, lorsqu’il a quitté son île natale il y a 20 ans.
Il a d’abord rallié la Guadeloupe où sa mère était vendeuse sur les marchés. Puis, après un passage par les Etats-Unis, le temps d’une formation, il a débarqué en métropole. A Epinal. C’était en 1998. Quatorze ans plus tard, il est toujours dans la Cité des Images. Il est parfaitement inséré. Il a fondé un foyer. Il est marié et a deux enfants. Il a aussi un boulot stable. Il s’occupe de l’entretien et de la maintenance au collège Jules-Ferry.
Bref, c’est un citoyen français ordinaire. Et, comme tout citoyen français, ses enfants ont la même nationalité que lui. Cela concerne ceux qu’il a eus avec son épouse. Une adolescente de 14 ans et un petit garçon de 4 ans. Mais aussi les deux filles issues d’une précédente union, lorsqu’il était jeune, avec une Haïtienne.
L’une, Fernia, a 19 ans. L’autre, Johana, en a 18. Guyto Joseph a toujours gardé des contacts avec elles. Il est allé les voir, aussi souvent que possible, à Haïti et il leur a envoyé de l’argent dès qu’il a commencé à travailler. « J’ai toujours fait de mon mieux pour subvenir à leurs besoins », insiste-t-il.
Depuis plusieurs années, le Spinalien d’adoption essaie également de les faire venir dans l’Hexagone. En vain. Il se heurte à une situation kafkaïenne. Au départ, en 2007, il s’agissait juste de leur organiser un séjour de vacances pour qu’elles découvrent le pays de leur père. « J’ai fait plein de démarches auprès de l’ambassade de France à Haïti mais cela n’a pas marché. Je demandais un visa de tourisme mais on me l’a refusé de façon logique. Car mes filles ont en fait la double nationalité, haïtienne et française. Elles n’ont donc pas besoin d’un visa pour entrer en France. Il leur faut juste un passeport français pour pouvoir passer la douane haïtienne », explique Guyto Joseph.
En 2009, il revient à la charge. Pour que ses deux filles puissent venir suivre des études en France. Il demande donc le fameux passeport français auquel elles ont en principe droit. Il réunit tout un tas de documents permettant de l’obtenir. Il a notamment deux certificats de nationalité émanant du ministère de la Justice qui établissent qu’elles sont bel et bien françaises.

Au milieu du chaos haïtien
On lui demande d’amener tous ces documents en main propre à l’ambassade de France à Port-au-Prince. Ce qu’il fait. Il s’envole pour Haïti en juin 2010. Soit six mois après le tremblement de terre qui a dévasté l’île. A sa sortie de l’avion, il ne reconnaît plus son pays d’origine. « Il n’y avait plus rien debout. Surtout à Port-au-Prince. Surtout dans le quartier où mes deux filles habitent avec leur mère. Elles vivaient toutes les trois dans une tente, devant ce qui reste de leur maison ».
Guyto Joseph pense que l’obtention d’un passeport n’est qu’une formalité et qu’il va repartir avec ses enfants. Erreur. L’ambassade bloque. Il y a soi-disant des vérifications à faire. Au bout de 15 jours, il doit embarquer seul pour Paris. Il est obligé de laisser ses deux filles derrière lui, dans l’indescriptible chaos où a basculé Haïti après le séisme. « Je n’ai pas pu les regarder en face en partant. Il n’y a pas de mot pour décrire la souffrance que j’ai ressenti », témoigne le père de famille.
Depuis, il bombarde de lettres et de mails l’ambassade de France à Port-au-Prince. Mais rien ne bouge. « Il y a eu beaucoup de fraude par le passé, à Haïti, avec les actes d’état civiles, en particulier avec les reconnaissances d’enfants. Des vérifications sont donc indispensables. D’autant que les différents documents fournis par monsieur Joseph présentent des incohérences sur lesquelles il convient de lever le doute », justifie un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères qui a contacté l’ambassade. Sans précision, toutefois sur les « incohérences » ni sur le type de «vérifications» à effectuer. Qui plus est, cela n’explique pas du tout pourquoi la procédure traîne depuis… 2 ans.

« Tout est racket là-bas »
De quoi faire exploser la patience et les nerfs du Spinalien. D’autant qu’il affirme que ces deux filles « courent un grand danger » actuellement en Haïti. Par sa faute. Indirectement : « Là-bas, certains pensent que, comme j’habite en France, j’ai beaucoup d’argent. Mes filles sont donc victimes de jalousie et de haine. On les menace et on essaye de leur faire du mal », raconte Guyto Joseph qui évoque des agressions basées sur le vaudou, un culte qui mêle magie noire et religion. Vu d’Occident, cela peut prêter à sourire. Mais à Haïti, c’est quelque chose de très sérieux, voire de carrément dangereux.
Guyto Joseph n’est toutefois pas prêt à tout pour sortir ces filles de là : « Tout est racket là-bas. Y compris à l’ambassade de France. Si j’avais 5 000 ou 6 000 €, je suis certain que les passeports seraient vite faits. Mais je ne veux pas de ça. J’ai des droits et mes enfants aussi. Je veux les faire valoir ». Le père de famille a donc fini, il y a quelques semaines, par frapper à la porte du bureau d’un avocat, en l’occurrence Me David Collot.
Pour le juriste spinalien, il n’y a pas l’ombre d’une ambiguïté : rien ne peut empêcher les filles de son client de rallier l’Hexagone. Et il est prêt à lancer des procédures devant la justice pour faire respecter un principe simple : « Les jeunes filles sont françaises et on ne peut pas interdire à des Françaises de venir en France ». Cela paraît évident. Et pourtant…
Christophe GOBIN
http://www.vosgesmatin.fr/actualite/2012/04/06/mes-filles-courent-un-grand-danger