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lundi 18 novembre 2013

HOMMAGE AUX HEROS DE VERTIERES


Mon Haïti et moi
Si tu veux m’appeler
Appelle-moi juste Haïti
Si tu veux redire mon nom
Juste prononce Haïti

Si tu veux m’intéresser
Parle-moi d’Haïti
Si tu veux m’écouter
Prête l’oreille quand je crie Haïti

Si tu veux me montrer
Au-delà du septième ciel
Et l’extase et les délices
Du sexe parfaitement exécuté
Sexe-moi à l’haïtienne
Sur une natte tendue
Entre deux bananiers et trois palmiers
Intègre dans ton menu
Tiboeuf, pointes et gouillades créoles
Des gémissements obscènes,
Peu importe
Mais surtout vernaculaires
Entrecoupés de vrais Alcius créoles

Si tu veux comprendre la fierté écarlate
Qui comme l’éclair zèbre mes moues
Et comme des gouttes de braises
Perle mon front altier
Comme de Jean Baptiste
La sainte auréole
Qui épie mes  faits et gestes
Relis ces écrits non inscrits
Dans les pages des grands classiques
Relis Haïti

Si tu veux m’enivrer
Pour tirer le meilleur de moi
Jusqu’à l’abus plus ou moins consenti
Sers-moi  du tafia et du quatre campés
Saoule moi avec du seller-brider
Du Barbancourt plein d’étoiles et de glaçons

Haïti ma guerre
Haïti mon étendard
Haïti ma bannière

Si tu veux me régaler
Aujourd’hui, demain et toujours
Si de mon palais les papilles
Tu rêves l’ébullition et le délire
Prépare-moi du maïs moulu
Du kalalou à l’afliba braisé
Du riz au djondjon
Accompagné de griot ou de tassot
Bananes pesées, AK100 au sirop
Et des doumbweys…
Haïti ma guerre
Haïti mon étendard
Haïti ma bannière
Si tu veux me parlez d’homme
Mentionne-moi Toussaint Louverture
Jean-Jacques Dessalines
Capois La mort
Joseph Anthénor Firmin
Jean Price Mars et Fraketienne
Chante-moi Haiti
Haïti ma guerre
Haïti mon étendard
Haïti ma bannière
Comme elle, appelle-moi chéri
Haïti-maculée, Haïti-charge
Haïti souillée, Haïti-Fardeau
Haïti épuisée, Haïti défalquée

Haïti devoir, Haïti essence
Haïti sève, Haïti rempart
Haïti désabusée

Mais Haïti mon être
Haïti mon sang
Haïti entre hier et demain
Haïti entre aurore et aube

Haïti fière et altière
Haïti aux commandes
Haïti aux  atouts reluisants
Haïti ma guerre
Haïti mon étendard
Haïti ma bannière


vendredi 15 novembre 2013

LA REGENERATION DES SOLS ERODES D'HAITI EST POSSIBLE

DE VRAIS SIGNES D'ESPOIR!
Une des plus belles de mes découvertes de ces derniers temps: l'érosion des terres d’Haïti peut être réversible.
Oui. Je viens de l'apprendre!
Et cela m'a en quelque sorte revigoré. Ce n'est pas une découverte, me direz-vous. Je viens juste de combler une énorme lacune.
Cependant je ferai appel à votre condescendance pour me permettre encore de célébrer cette information.
L'érosion, la désertification sont des mots qui dans le cas d'Haïti, ont l'habitude de résonner dans ma tête comme une sentence, une condamnation, une malédiction, un mauvais sort.
Mes sensations se confortaient sur la base des conséquences désastreuses du déboisement sur l'environnement alors que la société haïtienne a toujours refusé et refuse encore aujourd'hui de prendre conscience de l'ampleur de la situation et de rentrer dans une logique de propositions concertées, de propositions visant à arrêter ce processus néfaste.
Aujourd'hui, constater que la désertification peut être réversible reste une étonnante bonne nouvelle. Qui mieux est, le processus est en cours en Haïti. J'aurais dû commencer par vous décrire les circonstances de ce constat.
Samedi dernier, 8 novembre 2013, nous avions été invités, par notre ami Michel Berthelot de l'association Colibris83, pour participer à une activité dans le cadre de la septième édition du film ALIMENTERRE, proposée par le CFSI en préparation à la semaine de la Solidarité Internationale.
Plusieurs partenaires se sont concertés pour la projection de films mettant en scène des problématiques faisant intervenir l'alimentation, la terre et le mouvement écologique...
Pour cette édition, plusieurs films-documentaires sont proposés et sont diffusés constituant l’essentiel de la filmographie prévue pour l’évènement :
- Le pain des tropiques
- Les déportés dû libre-échange,
- LoveMEATender,
- Cultures en transition,
- Taste the waste,
Par miles films disponibles traitant des sujets en accord avec ces problématiques, se trouve un documentaire filmé et réalisé en Haïti. Le titre " Le pain des tropiques" se réfère à la Cassave, cette galette cuite à partir de la farine de manioc.
La fabrication de la Cassave est mise en évidence au centre d'une réflexion concrète sur l'agriculture écologique qui dans certaines régions d'Haïti a rendu possible de vrais miracles.
Le film a bien entendu dépeint un pan de la réalité du pays avec cette paysannerie abandonnée, négligée et ignorée.
Un intervenant au eu le courage de dire que la nation haïtienne a été construite contre la paysannerie.
Les paysans haïtiens laissés pour contre à travers l’histoire sont devenus ce groupe qui pour survivre, s'est acharné, malgré lui, contre la terre comme un serpent qui mord et ronge sa propre queue.
Tandis que l'aide internationale, est montrée avec l'ampleur de son côté néfaste en se positionnant carrément contre la production nationale. Comme un exemple palpable, des sacs de riz estampillés USA apparaissent en nombre important sur les étalages des commerces et des marchés.
Pendant ce temps, les paysans observent et se comportent eux aussi comme agents nocifs, de la dégradation continue de l'environnement.
Il a fallu l'arrivée de ces groupements de réflexions, conscients de l'état déplorable et incompatible à la vie de l'environnement paysan, pour que se produisît ce mouvement qui semble fort heureusement embraser l'arrière pays.
Le film soulève beaucoup d'autres questions.
Mais ce que l'on devra retenir c'est qu'avec la philosophie et la démarche de l'agriculture écologique aujourd'hui il s'est poussé une conscience collective basée sur l'harmonie indispensable qui doit exister entre le paysan et la terre qui est une entité qui mérite des soins et une attention équivalente à celle prodiguée aux humains.
Ainsi, au fil des années, des terres complètement érodées finissent par reverdir et se réhabiliter pour nourrir les paysans et leur permettre de subvenir à leurs besoins.
Le mariage de raison entre l'homme et la terre est vu et vécu comme une réalité palpable et salutaire.
Cette entente idyllique est porteuse d'espoir pour les pays ou l'érosion constitue une vraie cause de misère et de pauvreté.
Les terres les plus fatiguées peuvent avoir une seconde vie, si on en prend conscience dans toutes les strates de la société.
Il y a là un vrai travail à faire et surtout à encourager et à poursuivre.
Le film montre aussi des images du charbon de bois.
Quelqu'un après la projection m'a demandé si le commerce du charbon de bois rentrait dans une gestion réfléchie de cette ressource.
Bien entendu j'ai répondu par la négative car même aujourd’hui aucun politicien haïtien n'ose dire aux gens d'arrêter de couper les arbres.
Dans plusieurs régions du pays, dans les endroits les plus oubliés, la coupe des arbres pour la fabrication du charbon de bois est le seul moyen de lutter contre la faim. Pour certains il établit la différence entre la vie et la faim. Pourtant il faudra encore plusieurs dizaines d'années de politique de reboisement
bien menée pour arriver à une reconstitution telle de la couverture végétale qui puisse autoriser coupe d'arbres dans une gestion réfléchie et rationnelle. Aujourd'hui pour tout haïtien, voir un sac de charbon circuler d'un point à l'autre devrait provoquer une réaction de rejet. On ne bouffe pas le fruit de ses entrailles quand la faim nous tenaille les tripes!
Je sais que c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. Mais le message doit être fort et consistant. A la hauteur du danger qui pend sur Haïti et sa survie. D'autres éléments du film seront analysés ultérieurement
Dans cette remise, il fallait noter cette lueur de vrai espoir devenue clarté salutaire pour ce pays moribond devant son état de délabrement environnemental. Un spécialiste aurait expliqué très clairement la procédure et les méthodes mises en œuvre pour la régénération des sols.
Le peu que j'ai pu en retenir c'est l'importance de planter "quelque chose". Certaines espèces végétales sont moins exigeantes en terre fertiles et en apport d'eau. Le bambou est beaucoup mentionné.
Il est évident que dans une démarche visant à régénérer les sols moyennant le reboisement, une interdiction formelle de couper les arbres est tacitement inculquée dans la réflexion, élaboration et exécution du projet.
Pendant la projection du film, m'est revenue à la mémoire, une conversation que j'ai eue avec ma mère à propos d'une parcelle de terre que son père, mon grand père, lui avait léguée.
On était dans un camion du transport public pour aller dans le patelin de sa mère dans l'arrière pays de Léogane. A l'époque la route de l'amitié franco haïtienne, unissant Port-au-Prince à Jacmel n’existait pas.
Donc, pour aller chez ma grand mère, il fallait se rendre en voiture jusqu'à Carrefour Dufort, et à partir de là, continuer la route à pied pendant plus de quatre heures, « traverser 101 passes d’eau ».
A un moment du voyage, elle me montra une parcelle de terre qui avait des allures de lit de rivières desséchées depuis des siècles. Une localité appelée "Ka Dini". Je lui ai dit maman cette propriété ne peut se prêter qu'a la construction d'un cimetière.
Pour moi déjà, un environnement dans un état aussi délabré ne pouvait plus être source de vie.
Après avoir vu ce film, je crois que je vais me renseigner pour promouvoir la régénération des sols. Et qui sait, au lieu de cimetière, je pourrais y faire pousser des arbres fruitiers.
Et, tout compte fait, mieux que les propagandes incompréhensibles avec des résultats non visibles, la diffusion à l'échelle nationale du film documentaire "LE PAIN DES TROPIQUES" devrait servir de support pour lancer une campagne nationale de sensibilisation à la régénération des sols à partir de cette vision de l'agriculture écologique.

mercredi 6 novembre 2013

Pour un rhum importé, Bicha avilit le vaudou et Barbancourt

Pour un rhum importé, Bicha avilit le vaudou et Barbancourt
Le Nouvelliste | Publié le : 04 novembre 2013
Tonton Bicha s’attire la foudre des critiques à cause d’une pub pour le rhum Bakara. Jacky Baboun, l’un des responsables de l’entreprise, dément, explique et partage ses plans.


Comédien, publiciste, Tonton Bicha crève l’écran et « inonde » les ondes. Son secret se résume en un parfait brassage de liberté linguistique, d’humour et d’intelligence. Il est la poule aux œufs d’or, l’icône des pubs qui fait exploser les ventes. A son actif, il compte des classiques.
Mais pas que ça ces temps-ci. Sa dernière pub pour le rhum Bakara l’expose à la foudre de certaines critiques.
On digère mal le label « rhum culturel » accolé à Bakara, la banalisation de la préséance à des boissons étrangères et le dialogue d’un adepte vaudou avec un houngan qui descend en flamme « Pa ban m kou » (Barbancourt), la plus ancienne entreprise haïtienne avec plus de 150 ans au compteur.
 « Cette publicité est avilissante pour le culte vaudou et pour Barbancourt, un produit national », s’indigne Max Beauvoir, ati national. « Le vaudou a été traité de manière triviale. On ne le ferait pas à une autre religion », soutient le chef suprême du culte vaudou en Haïti. « Il faut cesser aussi tôt que possible la diffusion de cette publicité », recommande Max Beauvoir.
 « C’est une honte que l’on ait associé des pratiques culturelles à un produit de consommation », selon l’écrivain Lyonel Trouillot. Dans ce cas-ci, avance Trouillot, « la publicité a dépassé ses droits ». « Rhum culturel ? ». « C’est de la bêtise. Je ne commente pas ça », tance Lyonel Trouillot.
 « Bicha a du talent. C’est dommage qu’il l’ait mis au service d’une telle grossièreté », indique Lyonel Trouillot. Pour l’agronome Joël Ducasse, l’appellation Bakara « rhum culturel » dans « cette publicité abjecte » est une « mystification qu’il faut interdire ».
« C’est un rhum importé de la République dominicaine. Il est fait spécialement pour Haïti », explique Joël Ducasse, outré par ce qu’il appelle le « projet de pauvreté mis en place par des éléments de l’élite économique au détriment des masses rurales».
« Bakara fait de la compétition au clairin et participe à appauvrir tout le bas Plateau central, St-Michel de l’Attalaye et Léogâne », tempête Ducasse, ajoutant que le marché du clairin a représenté il n'y a pas longtemps un peu plus de 30 millions de dollars américains par an.
 « Je trouve sa publicité très malsaine de nos jours », pense Jean Maxime Léonard, déplorant l’absence de la « fibre citoyenne et patriotique » chez beaucoup de gens dans le pays.
 « Comment un artiste peut-il participer à déconstruire un produit national aussi prestigieux que le rhum Barbancourt qui a fait notre fierté de peuple au cours des ans au profit d'un produit étranger?, se demande Jean Maxime Leonard, détenteur d'un diplôme en sociologie.
« Je doute fort (dans ma grande tolérance naïve) que le concepteur de cette publicité soit Haïtien ! Sinon, comment expliquer qu’à un moment où la République dominicaine prend une décision raciste contre notre peuple, un publicitaire du terroir, pour faire de l’esprit, - un produit national au profit d’un autre de bas carat provenant de chez le voisin? », s’interroge Myria Charles ou Sister M*.
« C’est tout simplement honteux et navrant », croit l’animatrice de la très prisée chronique De vous à moi dans Ticket Magazine et à Magik 9. Rhum culturel ? « Je trouve tout simplement très osé – frisant même le ridicule – de citer dans une publicité une culture théologique nationale (déjà assez décriée malheureusement) pour rabaisser un produit local, un symbole de fierté pour les Haïtiens », souligne Myria avant d’ajouter que Barbancourt, crée des milliers d’emplois directs et indirects à travers Haïti.
 «C’est choquant. Je regrette que mon ami Bicha ait prêté sa voix et son talent à cette provocation », confie Edner Jean de Communication plus. Avec cette publicité qui est « une attaque frontale, dénigrante contre un compétiteur, une frontière a été franchie ».
Dans aucun pays au monde on n'aurait accepté qu’un « produit étranger » puisse attaquer un produit comme Barbancourt qui fait la fierté du terroir, explique l’ex-journaliste et publicitaire, outré par l’usage fait du culte vaudou dans la publicité du rhum Bakara. « On peut séduire mais pas mentir.
Les publicitaires ont intérêt à respecter la dimension éthique de la publicité », confie le professeur de sociologue à l’UEH, Hérold Toussaint. « Il ne faut pas prendre les récepteurs pour des cons », indique-t-il.
Les tentatives pour obtenir un commentaire de Tonton Bicha se sont révélées infructueuses. Joint au téléphone, Jacky Baboun l’un des responsables de rhum Bakara, rejette les critiques. « Dans huit mois, Bakara sera produit nationalement.
L’usine en construction à Croix-des-Bouquets est à un stade avancé, explique Jacky Baboun. Nous savons que rhum Bakara va se faire en Haïti, c’est pour cela que nous avons accepté que Bicha utilise le concept rhum culturel », poursuit-il, ajoutant avoir créé du travail dans le pays entre-temps. « Nous sommes en contact avec les producteurs d’alcool à travers le pays afin d’acheter à la longue la matière première indispensable à notre production », explique Baboun.
 Rhum Bakara fera beaucoup d’efforts et concentrera des investissements afin d’avoir ses propres plantations de canne à sucre, confie-t-il, sans faire fi des difficultés liées à la production en Haïti. Du bouchon à la bouteille, on est obligé d’importer. C’est aussi le cas de 90 % des fabriquants locaux, selon l'homme d'affaires.
Jacky Baboun, d’un autre côté, souligne que le nom de son compétiteur n’a jamais été cité dans la publicité de Tonton Bicha. « Nous ne citons pas le nom d’autres rhums », insiste Baboun. « Nous sommes tranquille, nous travaillons », explique-t-il, ajoutant que rhum Bakara est très impliqué dans la promotion de la culture haïtienne.