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vendredi 24 mai 2013

Quatrième jour en Haïti: "Je suis tombé sous le charme de cette femme"


HAÏTI - Jour 4: La journée a commencé en tombant complètement amoureux d'une dame de 95 ans. Nous sommes allés rendre visite à Emerante Des Pradines Morse, une personnalité très importante de l'île qui dansait depuis l'age de 10 ans les danses traditionnelles haïtiennes, en contact fort avec la culture Vaudou. Elle a ensuite travaillé cinq ans à New York avec Martha Graham. C'est une femme totalement charismatique, magnifique, d'une beauté incroyable. J'aurais pu l'écouter pendant des heures.
Je lui ai dit d'ailleurs que, souvent, des haïtiens se retrouvaient adoptés mais que, au contraire, je voulais qu'elle m'adopte, moi, en tant que français et l'avoir comme marraine. Ayant été moi-même formé dans mon métier d'acteur par des gens qui ont aussi travaillé avec Martha Graham ou été influencés par elle, il y a eu du coup une sorte de connexion. Je suis tombé sous le charme de cette femme sensible, douce, incroyablement belle.

© Igor Rugwiza, MINUSTAH
Elle nous a fait visiter son extraordinaire maison et sa bibliothèque. Et, par hasard, je suis tombé sur un livre de Martha Graham, qu'elle n'avait pas lu depuis longtemps, et dont elle nous avait parlé pendant l'entretien en nous indiquant quelle avait abordé la chorégraphe en lui faisant signer ce livre. C'est un moment qui, je crois, l'a surprise et émue car c'était comme si le passé venait la retrouver. Il n'y avait pas de hasard, c'était quelque chose de très impressionnant. Je n'ai été attiré que par un livre dans toute la bibliothèque et c'était celui qui comportait cette dédicace.
À l'hôtel Oloffson, il y a eu cette rencontre entre deux dames magnifiques, Emerante Des Pradines Morse et Odette Roy Fombrun. Cette dernière est éditrice, a écrit des livres pour les enfants et a également créé une fondation. Elle a aussi publié tout le répertoire des chansons haïtiennes. C'est une dame passionnante qui a traversé l'histoire du pays sans en partir. Ce fut une très belle rencontre. Il y avait aussi les Widmaier, créateurs du Festival international de jazz de Port-au-Prince, le metteur en scène Arnold Antonin et Barbara Stephenson, à la tête de l'entreprise de mécénat d'Etat Arcades, qui finance des projets artistiques.
© Igor Rugwiza, MINUSTAH

Après une visite au "marché de fer", reconstruit presque entièrement grâce au mécénat privé, nous sommes allés à la rencontre d'artistes sculpteurs contemporains dans la Grand Rue. Les trois artistes majeurs, dont les œuvres voyagent beaucoup, sont Eugène, Céleur et Guyodo. Ces sculptures, basées sur la récupération d'objets, sont très impressionnantes. Je ne suis pas étonné que les galeristes et les Biennales d'art contemporain se les arrachent. Ce qui est fou, c'est de les voir dans leur atelier, leur lieu de vie, et d'imaginer que leurs œuvres vont voyager dans des lieux incroyablement prestigieux et être achetées par des collectionneurs, alors que ces hommes-là restent dans ce terrible environnement dans lequel ils créent sans doute mieux qu'ailleurs. Je pense qu'il y a là un vrai courant artistique majeur qui nous reconnecte avec l'art primitif et surréaliste. J'ai été écrasé, mais aussi épaté.

© Igor Rugwiza, MINUSTAH

Le thème de la journée, c'était le Vaudou. Avec, d'un côté une ex-danseuse et prêtresse vaudou et, de l'autre côté, des sculpteurs qui incorporent les figures vaudou dans leurs œuvres. C'est un monde nouveau qui m'est apparu là. Tous ces artistes sont connectés par des choses très puissantes, de l'ordre de la spiritualité, un rapport à l'univers, à la nature. Eugène et Mme Des Pradines Morse sont, chacun à sa façon, des sorciers, des magiciens. Cela leur donne une profondeur ironique dans le regard. Il y a un lien très fort entre le Vaudou et l'art, c'est quelque chose qui ne passe pas par le cerveau mais par l'émotion, par les tripes et vous fait parcourir un certain chemin.

Après cette journée, la question du but de ma visite se pose donc à nouveau. L'étau se resserre et il faut arriver à formuler une réponse. Autant en Haïti que dans le monde, l'action artistique peut éclairer l'humanité, apporter un réconfort. Malgré mes convictions très fortes sur d'autres sujets comme l'écologie, je pense que, petit à petit, le champ d'action se précise. Je me dirige de plus en plus vers les projets artistiques...à suivre.

http://www.huffingtonpost.fr/lambert-wilson/lambert-wilson-haiti-onu-art_b_3325662.html?utm_hp_ref=international

Troisième jour en Haïti: "L'enfer de la pauvreté absolue"

HAÏTI - Jour 3: Ce matin, la visite tant attendue du camp Jean Marie Vincent où vivent les personnes déplacées à cause du séisme. Pour moi, il s'agit de l'expérience la plus forte jusqu'à présent. Certes je voudrais retourner à Cité Soleil. Mais là, on entre dans l'enfer. L'enfer de la pauvreté absolue. Nous avons eu une vision directe de la réalité.
© Igor Rugwiza, MINUSTAH

Avant de commencer la visite dans le camp, j'ai été reçu par des membres de la Police nationale haïtienne (PNH), des Nations-Unies et des femmes du contingent du Bangladesh. On m'a briefé sur l'historique du camp et ses problèmes. Sur ses accomplissements aussi, comme le nombre de personnes qui en sont parties. Clairement le camp se vide. On m'évoque le problème de l'afflux de personnes qui recherchent dans le camp la sécurité assurée par les forces de police des Nations-Unies avec des patrouilles 24h/24, et, juste après le séisme, de l'eau et de la nourriture.

David Preux, de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), m'a expliqué comment on aide au départ des personnes du camp avec des subventions graduées qui leur donnent accès à des logements. On m'a aussi informé sur la collaboration des équipes de la police des Nations-Unies pour la formation de la police haïtienne, et sa féminisation.
Puis nous sommes partis. Et là, on assiste à quelque chose de très bouleversant, de très fort. Je vois une dame en train de laver son linge dans une bassine. Je demande à un représentant du comité de gestion du camp, élu par les résidents du camp: "mais l'eau, où est-ce qu'on la trouve?". Il m'explique qu'on la paie, environ 5 gourdes par bassine soit 8 cents pour des gens qui, au mieux, gagneront 1 dollar par jour. C'est une dépense considérable, simplement pour avoir de l'eau. On avance ensuite dans cette marée de plastique, malgré le fait que, tous les cinq jours, des équipes d'habitants du camp nettoient. Que fait-on des déchets? Où vont-ils? C'est ma question principale au sujet de l'île, la gestion de ces déchets m'intéresse.


© Igor Rugwiza, MINUSTAH
À un moment donné nous avons entendu une dispute, des gens se poursuivaient en se jetant des grosses pierres. C'était sérieux, violent, un lynchage. La sécurité m'a protégé. Les forces de police haïtiennes ont tiré en l'air pour intimider la foule mais il y a eu des échanges de tir entre des groupes de résidents du camp. Il y avait des traces de sang. J'ai vu la coordination incroyable entre les forces de police. La façon dont l'événement a été géré était efficace, pas dans la répression mais calme.
La situation était quand même chaude et j'ai dû quitter le camp. C'est comme un baril de poudre. On a vu à quel point tout peut escalader rapidement. Clairement, il s'agissait d'un problème de pillage, avec une vengeance contre une personne venu voler des gens qui, eux, n'ont rien.

© Igor Rugwiza, MINUSTAH
 Une photographie réelle, brutale
Finalement, ce n'est pas un problème de catastrophes naturelles, ou un problème d'une soi-disant violence intrinsèque à la nature haïtienne. C'est le problème de la pauvreté et de ses maux. Et j'ai envie de reprendre cette notion qu'aimait partager avec moi l'Abbé Pierre, qui disait que "le plus important est d'ouvrir les yeux sur la pauvreté. De ne pas faire fuir le regard. De l'observer à fond". Aujourd'hui, j'ai ouvert les yeux totalement.
L'Abbé Pierre m'a donné du courage, je me suis engagé parfois, pas assez...mais ce matin, j'ai beaucoup pensé à l'Abbé Pierre. Je l'imaginais dans un camp comme Jean Marie Vincent. Il n'aurait pas voulu partir, il serait allé au-devant des gens. Je ne voulais pas partir non plus...

http://www.huffingtonpost.fr/lambert-wilson/haiti-pauvrete-absolue_b_3317788.html

Semana de la Cultura Haitiana en Cuba


ROBERTO MIGUEL TORRES BARBÁN
La Casa del Alba será sede, desde este lunes 27 de mayo, de las actividades por la Semana de la Cultura Haitiana en Cuba. Exposiciones, conciertos, conferencias, expo-venta de libros, así como proyección de películas y documentales sobre ese país matizarán la jornada, que se extenderá hasta el sábado primero de junio.
El embajador de la República de Haití, Jean Víctor Généus, explicó que este encuentro se erige en una nueva oportunidad para la concreción de los objetivos trazados por la CELAC, con los cuales —dijo— se promueven nuevos nexos integracionistas entre diferentes culturas de América Latina y el Caribe.
Entre las principales actividades de esta jornada destacan la exposición Pinturas primitivas y fotografías sobre Haití, así como la proyección de los documentales Martha Jean Claude en Haití, El creole, una cultura de resistencia y Haití cherie.
Como parte del programa teórico de la cita resaltan las conferencias de la doctora Yolanda Wood, el día 28 a las 10:30 a.m. sobre El arte contemporáneo haitiano y la que un día después —a la misma hora— impartirá la también doctora Yolanda Ricardo, bajo el título Mujeres del Caribe, resistencia e imaginarios. Mientras para la gala clausura de la jornada, el sábado a las 6:00 p.m., se anuncia la actuación de Luis Carbonell, acuarelista de la poesía antillana. http://granma.co.cu/2013/05/24/cultura/artic04.html