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mardi 11 décembre 2007

L'ENTRETIEN DE MADAME MANIGAT ACCORDE A MONSIEUR ROBERT BENODIN SUR RADIO CLASSIQUE INTER: PREMIERE PARTIE

Bonsoir chers auditeurs. Vous écoutez sur les ondes de Radio Classique Inter, l’émission Actualités Politiques, Grandes lignes, animée par Robert Bénodin. Nous avons avec nous, sur les ondes de Radio Classique inter, Mirlande Hippolyte Manigat, Secrétaire Générale du RDNP sur la conjoncture de crise qui sévit en Haïti. Madame Mirlande Manigat, nous vous souhaitons la bienvenue une fois de plus sur les ondes de Radio Classique Inter.

RB : Préval est en train de jongler dangereusement des problèmes, sans se soucier de l’insatisfaction générale sous-tendue par la misère, la pauvreté, la faim, les inondations, la cherté de la vie, le chômage, l’insécurité etc. Il y a-t-il lieu de s’inquiéter qu’à court terme, on passe de l’insatisfaction générale, à l’éruption du mécontentement ?

MHM : Vous avez énuméré en un raccourci, les principaux problèmes que vivent les Haïtiens maintenant à l’intérieur du pays. Je crois que c’est une énumération qui est conforme à la vérité. Il y a peut être deux sortes de vérité, deux niveaux de vérité. Il y a la vérité objective. Et il y a la vérité vécue. C'est-à-dire que les gens peuvent avoir faim, peuvent être au chômage, peuvent vivre l’insécurité. Ca c’est le premier niveau. Mais le deuxième niveau interviendra, lorsqu’ils ont conscience que cette situation est intolérable. Et c’est ce passage de la vérité brute à la vérité vécue, à la vérité psychologique, qui est porteur de mécontentement possible.
Vous avez dit en outre à court terme. Je ne sais pas, si c’est à court terme ou à moyen terme. Disons que nous avons pour l’instant, tous les ingrédients qui pourraient. Je ne dis pas qui devraient. Vous savez ce passage n’est pas historiquement facile. Mais qui pourraient se convertir en mécontentement, si rien n’est fait pour essayer de résoudre les principaux problèmes.


RB : Force est de constater qu’en Haïti le mécontentement est latent au niveau des masses. A l’exception de lavalas, les partis de masse, faisant parti du gouvernement, sont pour le moment démobilisés. Comment voyez-vous une gestion de l’éruption éventuelle du mécontentement, pour empêcher à lavalas de s’accaparer non seulement du haut, mais surtout du monopole du pavé ?

MHM : Vous savez que dans l’histoire des peuples, il y a quand même toujours une inconnue. Il y a d’abord ce premier passage, dont je vous parlais tout à l’heure. C'est-à-dire qu’il y a des raisons d’être mécontent. Mais on n’est pas toujours mécontent. Cependant le mécontentement grossit, s’amplifie et à un certain moment, comme vous l’avez dit, fait une éruption. Mais c’est précisément, et c’est là le danger. Le propre d’une éruption, c’est qu’elle est incontrôlable. On ne peut pas savoir, comment ni quand. Parfois c’est un événement mineur, une décision banale qui peut être le détonateur du mécontentement. Donc gérer ce mécontentement c’est vraiment difficile.
Vous dites que lavalas pourrait se l’approprier. Mais d’autres personnes aussi, des groupes pourraient s’en approprier. Est-ce que dans votre question vous voulez dire, ce n’est pas que je sois en désaccord avec vous, mais je veux comprendre, que lavalas se trouve dans la meilleur position, pour gérer ce mécontentement.


RB : Ce n’est pas qu’il soit dans la meilleure position. Mais quand on compare les activités de lavalas sur tout le territoire, et qu’on voit les autres partis qui sont démobilisés parce qu’ils sont dans le gouvernement. On est obligé de se poser la question, s’il y a une éruption, lequel des partis sera en meilleure position ?

MHM : Si c’est lavalas qui attise le mécontentement. Car c’est bien possible. C’est bien possible que lavalas dans sa situation actuelle ait intérêt à non-seulement augmenter le mécontentement, à l’attiser, de façon à essayer de tirer profit de ce mécontentement. Maintenant, dans la mesure où les autres partis de masse, comme vous dites. Vous faites bien la distinction entre les partis, c’est ceux qui sont au gouvernement. Ceux qui sont au gouvernement, en principe, devraient manifester une certaine solidarité gouvernementale. Je veux dire par là, s’il y a un mécontentement qui est déclanché contre le gouvernement, ils devraient faire bloc. Ou alors retirer leur ministres du gouvernement. C’est ça la vision la plus logique. Mais cependant malheureusement, hélas la logique n’est pas toujours là présente, quand il s’agit d’apprécier les décisions politiques, les attitudes politiques. Et effectivement si les partis qui sont au gouvernement laissent lavalas, non-seulement attiser le mécontentement, l’augmenter, mais tirer profit de ce mécontentement, à ce moment là, ils auraient fait un mauvais choix, un mauvais calcul. Car ils risqueraient de sombrer avec le gouvernement, si jamais c’est lavalas qui arriverait à contrôler ce mécontentement.

Contrôler, cela veut dire quoi ? Cela veut dire de laisser se manifester à certains moments. A apaiser les choses à d’autres moments. Mais vous savez, les masses ne sont pas toujours contrôlables. On peut bien s’imaginer quand on est chef de partis politiques, comme lavalas par exemple, dire bon je mets mes troupes dehors. J’organise des manifestations quand je veux. Je retire les manifestations quand je veux. Je prêche la solidarité ou la paix quand je veux etc. Après un certain moment, les masses ne se laissent plus contrôler. Maintenant quand les masses ne sont pas contrôlées, parce que fondamentalement elles ne sont pas toujours contrôlables. Quel peut être l’issu ? Il se peut très bien que tout le monde perde. C'est-à-dire aussi bien le gouvernement que lavalas, ils perdent. C’est pourquoi c’est une situation que nous suivons avec un grand intérêt. Cette situation présente un danger. Et il s’agit peut être d’anticiper les dangers possibles, pas certains, de façon à précisément d’essayer de canaliser les événements dans un sens qui soit favorable à notre cause.

RB : Certains partis tels que l’OPL, la Fusion, le MOCHRENA etc. ont rejoint la Commission Episcopale Nationale Justice et Paix sur la question des élections indirectes que le régime lavalas inclus Préval I et Préval II refusent de faire. Il y a-t-il un suivi ? Si non pourquoi ?

MHM : Je ne sais pas si on peut parler de suivi. On peut de toute façon parler d’une certaine convergence de vue. Je ne sais pas si un parti tel que l’OPL suit la Conférence Episcopale. Peut être. Je ne sais pas quels sont les liens qu’il y a entre ces trois partis que vous avez mentionnés et cette Conférence. Je ne sais pas non plus, si la Conférence elle-même a pris contact avec ces partis, avant de se prononcer sur la question des élections indirectes.

Ce que je peux dire, c’est que beaucoup de partis avaient pris position avant le 17 octobre, puis après le 17 octobre. Ce que je constate dans mon analyse personnelle, c’est que le président Préval a réussit à les ramener sur son terrain. C'est-à-dire que tous ceux qui disaient qu’il fallait faire les élections indirectes, qu’il fallait maintenir par exemple le CEP dans sa structure actuelle. Que les membres du CEP ont fait du bon travail. Qu’on leur maintenait une certaine confiance. La confiance que précisément que ce CEP serait capable, comme c’était son mandat de faire les élections indirectes. Car c’est ça sont mandat tel que libellé dans le décret électoral de 2005. Mais ce qu’il y a, à partir d’un certain moment, c’est quelle raison ? On finira bien par le savoir. Pour l’instant, je suis prudente dans l’énoncé des raisons que apparemment, ces raisons là de prise de position d’une certaine façon et dans un certain sens ont été balayées. Et le président Préval les a ramenés sur son terrain. Il les a obligés, en quelque sorte, à dénoncer implicitement le CEP. Il les a obligé à choisir et à proposer des noms de personnes. Et tout en n’ayant pas la certitude que le président finalement choisirait ces noms. Car légalement, il n’est pas lié. Il n’y a pas d’entente. On parle de consensus, mais c’est un vain mot. Un consensus qui ne se traduit pas dans un document écrit, signé solennellement et surtout avec l’exigence qu’ils sont disposés à respecter la parole donnée. Et surtout lorsque cette parole est symbolisée par la signature d’un document officiel et public. Hé bien il n’est pas publié.

On attend jusqu'à présent comme vous le savez. Comme vous le savez, il y a des gens qui se voient déjà membre du CEP parce qu’ils ont été choisis par tel ou tel secteur. Mais cependant ce jeu politique apparemment se déroule. Et c’est ça qui est grave. Il se déroule à l’avantage du président Préval. Il laisse passer le temps. Bon Dieu choisir 9 membres, alors qu’on lui a donné une vingtaine de noms, ça ne semble pas tout de même quelque chose de très difficile. Et pourquoi jusqu'à présent il ne les choisit pas ?

Donc en ce qui concerne les élections indirectes, et si les partis ont exprimé des positions favorables à ces élections, on va voir si ayant donné, proposé des noms au président Préval, non-seulement ces personnes désignées seront choisies, au moins une des deux sera choisie. Mais quel sera le mandat de ce nouveau CEP ? Nous ne savons pas. C’est un jeu un peu obscure, sibyllin. Et apparemment, je dis bien apparemment, sous réserve de plus ample information, le président Préval semble tenir quand même les manettes. C’est lui qui dirige les jeux. Et les autres se laissent prendre à ces jeux là....
(A suivre)

L'ENTRETIEN DE MADAME MANIGAT ACCORDE A MONSIEUR ROBERT BENODIN SUR RADIO CLASSIQUE INTER

Ils sont très nombreux les haïtiens d’Haïti et de la Diaspora à accepter que la meilleure option pour Haïti en terme d’engagement en terme de proposition politique pour le futur reste et demeure l’accession au pouvoir d’un président de la trempe de Mirlande Manigat.
Après plus de 20 ans de tâtonnements et de tolalitos de secteurs de tout poil dans la gestion du pays, l’expérience des résultats plaident en faveur de la nécessité d’un revirement drastique pour démontrer qu’en 2007 la leçon a été mieux que bien assimilée.
Les erreurs de l’oligarchie duvalérienne n’ont pas été gommées par l’application de la politique de nivellement par le bas sous une fausse couverture de populisme, proposé par Jean Bertrand Aristide.
Les résultats sont présents avérés et vérifiables. L’union sacrée que prônent tous les observateurs ne semble pas encore envisagée. Moins encore aujourd’hui au moment ou la société haïtienne se retrouve dans un état de dislocation morbide avec l’exode de cadre et d’investisseurs natif-natals qui vont grossir les rangs des compatriotes vivant de l’autre côté de la frontière, pour le bonheur des dominicains qui apprécient beaucoup mieux les bourgeois haïtiens que nos compatriotes des bateys.
Aujourd’hui, le plus dur reste à convaincre les haïtiens qui ont l’habitude de faire la queue pour voter d’apprendre et de se décider à faire le bon choix. Comment faire pour faire sauter aux yeux du « peuple » l’urgence d’un plan pour la renaissance de ce pays moribond ?
Mirlande Manigat, comme avant elle son mari devrait aujourd’hui plus que jamais bénéficier du rassemblement de ce qui reste comme force vive et réserve morale. Car le salut d’Haïti ne passera jamais par nos politiciens qui sont des adeptes de la courte échelle pour escalader la haute magistrature de l’état dans l’unique but de s’enrichir.
Le passage de Mirlande Manigat aux USA devrait annoncer le début d’une longue bataille. D’où l’intérêt du contenu de son discours. C’est dans cet ordre d’idée que nous avons lu
http://www.moun.com/forum4/forum_posts.asp?TID=13097&PN=1 sur le forum de discussion de MOUN (http://www.moun.com), cet entretien accordé à Radio Classique Inter (http://radioclassiqueinter.com/rci/ )
Nous le reproduisons ici à l’intention de nos visiteurs de façon à assurer d’une part une meilleure diffusion des idées de cette future option présidentielle et surtout pour que nos lecteurs puissent s’informer sur une autre façons d’envisager, voir et faire la politique chez nous.
Bonne lecture !