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jeudi 9 octobre 2008

LONGUE VIE AUS FUTURES "CITES PREVAL"

Aujourd’hui, une de nos particularités comme peuple c’est que nous sommes dépositaires d’une certaine façon de pensée et d’ure certaine manière de faire les choses. Ce n’est plus intéressant de jauger ou valorises notre manière de faire puisque c’est un fait. A prendre ou à laisser. Surtout toujours en tenir compte. Comme dirait notre bonne amie Sara Gonzalez Villegas, auteur du livre publié en espagnol « Encontré el Olimpo Bajo mi cama » « ce n’est ni bon ni mauvais c’est dif-fé-rent ».
Ces particularités nous définissent et nous caractérisent en quelque sorte. Et elles nous stigmatisent à un point tel qu’elles prennent le pas sur notre essence même. Nous sommes l’un des pays les plus corrompus de la planète, le pays le plus pauvre de l’hémisphère, nous sommes les prototypes de ce qu’il ne faut surtout pas faire, nous sommes utilisés comme échantillons pour démontrer l’intérêt de lutter pour protéger l’environnement…
Ces considérations font planer sur toute entreprise destinée à Haïti le spectre d’un échec annoncé. Pessimisme démesuré ou fatalisme endémique, la réalité des faits et du terrain sont là pour les corroborer.
Alors que faire ? Quoi faire ? Comment faire ?
Ces questions doivent entretenir un combat constant dans l’esprit de tous ceux
qui voudraient agir pour améliorer les choses.
Le Président René Préval revient des Etats-Unis avec une promesse de récupérer 2.600 « mobile homes » utilisés à Miami depuis vingt ans comme abris de fortune mis à la disposition des gens déplacés ou victimes des intempéries. Pour reprendre le mot du président ces constructions qui ont survécu 20 ans en terre américaine auraient encore une durée de vie de 20 ans.
Ce que le président et les gestionnaires de ces futures « cités Préval » ne doivent pas oublier c’est que ces structures ne seront pas utilisées dans les mêmes conditions en Haïti. Hors mis les conditions climatiques qui devraient être à peu près identiques, les occupants risquent de diverger de façon diamétrale dans les modalités d’occupation et d’utilisation.
Le premier adversaire de taille contre lequel la survie de ces structures devra se battre c’est avant tout la conception haïtienne du « bien de l’état ». L’état pour nous les haïtiens n’est pas une « entité ». La notion d’identité ou entité étatique n’a jamais germé dans notre cerveau. Serait-ce à cause de l’absence notoire de ce dernier ou l’assimilation et l’amalgame Etat-Pouvoir ?

Toujours est-il que pour nous quelque chose qui appartient à l’état n’appartient à personne ou appartient à tout le monde. Et n’importe qui peut en disposer. Surtout à sa guise.
En ce qui concerne les « mobile homes » disposer à sa guise voudra dire les déchiqueter, les dépecer pour en vendre les pièces et les parties dans les rues. De leur supposée 20 ans de survie, nos pauvres mobile homes subiront les affres de la déconsidération de leurs occupants pendant quelques rares années pour finir en déchets encombrants.
Peut-on détourner le cours du destin ? dira-t-on. Oui. Rien n’est impossible. Il faut surtout se défaire de l’emprise du fatalisme pour attaquer l’irresponsabilité institutionnalisée érigée en déterminisme.

Si ces structures sont mises à la disposition des particuliers, il faut avertir clairement que toute tentative de destruction du matériel sera considéré et traité comme un délit puni par la loi. Les autorités locales qui auront à charge l’administration des « cités Préval » devront assumer une surveillance serrée et régulière des locaux.
Là encore surgit un obstacle d’un autre genre. Les surveillants. D’où vont-ils sortir des gens avec une vision différente des occupants éventuels ? Si ces individus promus partagent la même conception de la « chose de l’état », ce sera une occasion pour eux de se faire quelques sous en monnayant leur silence et leur cécité. Il faudrait faire appel aux membres de la force de l’occupation…LA MINUSTAH !

Nos réflexions sont parties un peu de trop loin. Nous avons mis la charrue avant les bœufs. Nous avons considéré certaines situations à partir d’un endroit établi avec des « mobile homes » distribués et attribués à des gens dans le besoin.
Cependant ce ne sera pas une mince affaire que de pouvoir distribuer justement ces logements.
Ceci pour plusieurs saines et bonnes raisons. La première elle est de taille : le ratio grand nombre de demandeurs – Nombre d’unités disponibles. Ceci va exiger dans le meilleur des cas de l’établissement de critères d’éligibilité clairs et stricts. Mais nous entendons déjà des voix s’élever pour dénoncer de la corruption dans les attributions. Vraies ou fausses, les dénonciations et accusations seront légions. Tout sera bon pour faire « monter » son nom : l’amitié avec les élus locaux, les liens de sang ou de cœur avec des responsables et surtout les sempiternels pots de vin.
Pour éviter tout soupçon, il faudra probablement en laisser la gestion à une entité capable de se situer au-dessus de ces éléments, capable d’une certaine objectivité acquise par la neutralité : LA MINUSTAH…
Nous vous laissons le choix de tirer vous-mêmes vos conclusions. En attendons nous souhaitons longue vie aux futures Cités Préval !

DL pour Haïti Recto Verso

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