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samedi 23 mai 2009

Les transporteurs dominicains et haïtiens ne s’accordent pas

Les transporteurs dominicains et haïtiens ne s’accordent pas

Écrit par : TEOFILO BONILLA

Les efforts soutenus de fonctionnaires et diplomatiques dominicains pour obtenir la levée du blocus des camions chargés aliments, médicamentss et d'autres marchandises depuis Haïti et vice versa, n'ont pas obtenu qu’après deux jours que les dirigeants des syndicats haïtiens et dominicains se mettent d'accord.

Ce matin des centaines de camions et trailers chargés d’aliments, médicaments, matériaux de construction et d'autres marchandises, étaient stationnés dans des rues et des routes de la zone frontalière de Dajabón, Pedernales, Indépendance et d'Elías Piñas, devant le blocus qui perdure depuis lundi.

Blas Peralta, président de la Fédération Nationale de Transport dominicain (Fenatrado), a dit qu'ils ont répondu à une sollicitude des émissaires du gouvernement dominicain et ils ont accepté de s’asseoir à la table du dialogue et ont changé d’attitude, mais les membres du Syndicat de Chauffeurs de Transport haitiano-dominicain (Syntrans-Hai-Do) ont maintenu leur attitude intransigeante.

Les transporteurs haïtiens ont promis de donner une réponse demain à savoir s'ils acceptent ou non de ne pas laisser pénétrer les camions dominicains sur leur territoire, mais Peralta a signalé aujourd'hui que s'il n'y a pas d’accord ils prendront des mesures plus radicales dans le blocus de la frontière, mesures qui seront annoncées dimanche.

La commission officielle médiatrice intégré par le secrétaire Industrie et Commerce, José Ramón Fadul ; la vicechancelier Alejandra Liriano et l'ambassadeur Rubén Silié, venue de Jimaní mercredi dernier, est retournée hier tard, frustrée et avec les mains vides, n'ayant pas obtenu un accord entre les chauffeurs haïtiens et dominicains.

Les émissaires du gouvernement dominicain ont convoqué mercredi à 2:00 de l'après-midi à l'hôtel Jimaní les camionneurs haïtiens, mais ceux-ci ont laissé plantée la commission. Il a exprimé que les conflits politiques entre des secteurs du Gouvernement d’Haïti et ses adversaires empêchent une solution aux conflits qui se produisent à la frontière entre les deux nations. Il a dit que l'attitude des transporteurs haïtiens d'empêcher que les camionneurs dominicains rentrent en Haïti à transporter leur charge et percevoir quatre mille pesos par chaque unité, est appuyée et soutenue par des politiciens contraires au gouvernement du président René Preval. « Ces groupes de politiciens utilisent l'anti dominicanisme comme drapeau de lutte pour promouvoir leurs aspirations politiques à Haïti, et patronnent un candidat à la présidence défini comme politicien de positions anarchistes et anti dominicaines, et qui appuient les transporteurs de charge retranchés dans les Communautés de Malpasse et de Fon Parisien », il a indiqué.

Peralta et Jean Fritz Constant, président de la Fédération Nationale de Transport et de Travailleurs haïtiens (Fenatrath), ont essayé hier de dialoguer avec les directeurs de Syntrans-Hai-Do, mais ceux-ci se sont absentés de la réunion.

Peralta a accusé à ces groupes d'être ceux qui ont organisé la marche contre l'ambassade dominicaine à Haïti, de brûler le drapeau du pays, et d'extraire et détruire l'Ecu National du bâtiment de l'ambassade dominicaine à Port-au- Prince.

Peralta est d'accord avec l'ouverture de la circulation de camions par le territoire des deux pays, « mais avec la seule condition qu'on garantisse la sécurité des chauffeurs, les véhicules et les marchandises transportées, et qu’ils cessent de percevoir le péage illégal de quatre mille pesos ». http://www.elnacional.com.do/nacional/2009/5/22/16532/Camioneros-RD-Haiti-no-logran-acuerdos

De plus en plus de pays supporten la proposition de Leonel Fernandez

Costa Rica s’est uni aux pays qui soutiennent l’intégration d’Haïti Rédaction Internationale. EFE. La proposition de la République dominicaine pour que Haïti soit incorporée à la Communauté Latino-américaine a été bien reçue par plusieurs pays de l'Amérique latine et peut être débattue dans le sommet de novembre en Estoril (Portugal). Le président dominicain, Leonel Fernández, a profité de sa visite officielle à l'Espagne lundi passé pour proposer « comme un acte de justice et de réparation historique » l'admission d’Haïti dans les sommets latino-américains. L’initiative lancée, plusieurs pays ont exprimé leur approbation, comme le Costa Rica et le Nicaragua. Le président du Nicaragua, Daniel Ortega, a qualifié mercredi « de gestion précieuse » celle que mène le dirigeant dominicain pour qu’Haïti soit admis dans la Communauté latino-américaine, et il a ajouté que ce pays est dans le cœur de l'Amérique latine et des Caraïbes et c'est pourquoi il doit être intégré. Le Costa Rica, représenté par son ministre d'Extérieurs, Bruno Stgano, a aussi applaudi à Managua l'intérêt international croissant pour la Communauté latino-américaine à la suite de la proposition dominicaine.
http://www.hoy.com.do/el-mundo/2009/5/22/278584/Mas-paises-acogen-la-propuesta-de-Leonel

Les relations haïtiano-dominicaines pourraient être en danger

« Des agressions récurrentes, des meurtres gratuits, des harcèlements, rapatriements intempestifs, des incidents frontaliers… défient notre conscience et interrogent notre humanité »

La premier ministre d’Haïti, Michèle Pierre-Louis, a considéré hier que les incidents récents mettant en scène des citoyens de son pays et de la République dominicaine pourraient nuire aux relations de « bon voisinage » entre les deux nations frontalières. Mais espère que les deux nations peuvent « assainir le climat » qu'elle a décrit.

Port-au- Prince. EFE. La premier ministre d’Haïti, Michèle Pierre-Louis, a considéré hier que les incidents récents dans lesquels ont été insérés des citoyens de leur pays et de la République dominicaine pourraient nuire aux relations de « bon voisinage » entre les deux nations frontalières. « Des agressions récurrentes, meurtres gratuits, harcèlements, rapatriements intempestifs, fortuits frontaliers dont sont des victimes nos concitoyens et concitoyennes défient notre conscience et questionnent notre humanité », a déclaré Pierre-Louis.

Le chef de Gouvernement haïtien a mentionné que ces faits ont affecté les relations entre Haïti et la République dominicaine pendant les dernières semaines. Ces incidents, entre eux la décapitation d'un haïtien à Saint-Domingue face à une multitude qui a manifesté sa joie, pourraient nuire aux relations de bon voisinage qui doivent exister entre les deux pays, a considéré le premier ministre. La fonctionnaire s'est exprimée en ces termes pendant un acte dans lequel ont débuté les travaux de la partie haïtienne comme une partie de la Commission Mixte bilatérale entre son pays et la République dominicaine.

Le premier ministre a rappelé que « le rôle de la Commission Mixte est de tenir compte des questions d'État entre les deux pays qui partagent l'île (de l'Espagnol) et de les élever à un niveau de dialogue et de compréhension réciproque ».

Par le biais de cette commission, Michèle Pierre-Louis espère que les deux nations puissent « assainir le climat » et être engagées « dans un nouveau paradigme de coopération ».

Selon le premier ministre, une future rencontre entre les deux pays au niveau de chefs d'État ou de chanceliers est prévue. http://www.hoy.com.do/el-mundo/2009/5/21/278558/Peligrarian-lasrelacionesHaiti-RD

Le service national de météorologie Haïti décrète de nouveau dl’alerte rouge devant la possibilité de fortes des pluies

Port –au-Prince, (EFE). - Les autorités d’Haïti ont décrété aujourd'hui de nouveau dans tout le pays une situation d'alerte rouge, qui hier avait passé le niveau orange, devant le maintient d’importantes possibilités de pluies intenses.
Le Centre National de Météorologie a annoncé qu'on attend de nouvelles pluies dans tous les départements, avec possibilité d'importantes inondations.
Dans son dernier bulletin, le Centre a demandé à la population de respecter strictement les mesures de sécurité, tandis la reprise vols locaux et activités maritimes avec « les principes des précautions »a été confirmée.
Selon un bilan partiel de Protection Civile onze personnes ont trouvé la mort et 1.980 familles ont été sinistrées par les pluies des derniers jours.
Cinq des morts ont été enregistrées dans le département d'Artibonite (nord), trois dans le Plateau Central (ce), deux dans le département Sud et un dans la Grand Anse (sud-ouest), a indiqué à la presse le directeur de Haute Protection Civile, madame Alta Jean Baptiste.
Outre les 1.980 familles sinistrées, 33 maisons ont été détruites et 5.000 autres ont été endommagées dans les inondations, qui ont affecté plusieurs régions.
Le fonctionnaire a aussi informé que 3.000 personnes ont été évacuées dans les départements touchés par les inondations et 1.200 se trouvent dans des pensions, la majorité dans les départements de Sud et Grand Anse (sud-ouest). EFE
http://www.hoy.com.do/el-mundo/2009/5/22/278607/Meteorologia-Haiti-decreta-de-nuevo-alerta-roja-ante-posibilidad-de

Traduction D.L pour Haïti Recto Verso

Les dominicains fermeront frontière si le conflit des transporteurs dominicains et haïtien n’est pas résolu.

Les dominicains fermeront frontière si le conflit des transporteurs dominicains et haïtien n’est pas résolu.

Amílcar Nivar - 5/23/2009

Saint-Domingue. - La Fédération Nationale de Transport dominicain (Fenatrado) a signalé hier que si les autorités haitiennes ne cherchent pas de solutions au problème qu'affectent les exportations de produits dominicains à ce pays, elle procédera à la fermeture de la frontière dominico-haïtienne, ce qui empêchera le flux de commerçants entre les deux nations.

Le président de Fenatrado, Blas Peralta, a accusé le sénateur haïtien Anacassis Jean Hector de financer un hypothétique groupe de camionneurs pour qu'ils empêchent l’entrée des transporteurs de charge dominicains dans ce pays, dans le but d'obscurcir la gestion du président René Preval et parvenir à promouvoir son projet présidentiel.

Il a aussi dénoncé que les conflits politiques entre des secteurs du gouvernement haïtien et de l'opposition empêchent une solution au problème qui sévit à la frontière dominico-haïtienne par l'exigence des camionneurs haïtiens qui demandent un paiement de RD$4,000 aux transporteurs dominicains qui rentrent avec la marchandise.

En conférence de presse Peralta a déclaré que les politiciens du pays voisin qui patronnent ces inconvénients cherchent à accentuer les conflits apparu entre cette nation et République dominicaine pour nuire politiquement au gouvernement de Preval et favoriser ses prétentions de porter à la présidence d’Haïti à un politicien radical anti dominicain.

Il a déclaré que la Fédération de Camionneurs haïtiens est dans la disposition d'arriver à un accord, mais qu’un groupe appartenant à la Communauté Fon Parisien ne l'a pas permis en insistant sur le fait que les chauffeurs dominicains payent 4 mille pesos.

Il a affirmé que ceux qui soutiennent les transporteurs de Fon Parisien sont les mêmes que ceux qui ont organisé la manifestation contre l'ambassade dominicaine à Haïti, où ils ont brûlé le drapeau dominicain et ont détruit l'Emblème National. Peralta a qualifié comme un manque de respect aux autorités dominicaines l'action des haïtiens de laisser en attendre sans aucune explication une commission dirigée par le secrétaire Industrie et Commerce José Ramón Fadul qu'il s'est déplacé à Jimaní pour se réunir avec une commission de ce pays afin de consentir une solution au problème. http://www.listin.com.do/app/article.aspx?id=102144

Haïti Recto Verso commente :

Quand un syndicaliste de transport de charge se mue en analyste politique ça donne ça ! Lo ridiculo no mata señor Peralta. Verdad que si !

Haïti: La frontière est toujours fermée

Les containers de marchandises dominicains n'ont toujours pas accès au territoire haïtien. Une réunion d'urgence jeudi dernier entre les autorités haïtiennes et dominicaines autour de la question n'a pas donné les résultats escomptés.

Les membres du syndicat des transporteurs haïtiano-dominicains (Syn-Trans-Haido) sont inflexibles. Ils interdisent jusqu'à ce vendredi l'accès du territoire haïtien aux containers dominicains. Les différentes réunions organisées entre les autorités des deux pays depuis le rebondissement du conflit, mardi dernier, n'ont pas permis le déblocage de la situation. « Puisque le syndicat dominicain refuse toute idée de concertation, la frontière restera bloquée tant que nos revendications demeurent insatisfaites », a martelé le responsable de gestion de conflit au sein de Syn-Trans-Haido, Dérissaint Lergo.

L'ambassadeur dominicain accrédité à Port-au-Prince, Rubén Silié Valdez, qui participait à une réunion entre les deux parties, le 21 mai en cours, a déploré le fait qu'une entente ne soit pas encore trouvée. Cependant, il a mis l'accent sur la volonté de son gouvernement de garantir la sécurité des véhicules haïtiens souvent attaqués par des Dominicains. « S'il arrive qu'un camion haïtien soit victime d'actes d'agression de la part de Dominicains, je donnerai ma démission », a déclaré M. Silié ajoutant qu'il s'est engagé à respecter les dispositions prises par son gouvernement.
Dans un premier temps, le diplomate s'est entretenu avec le syndicat haïtien qui réclame un partage équitable du marché du transport de marchandises entre les deux pays. Cette revendication des transporteurs haïtiens, à la base du blocage de certains points de passage à la frontière, a été clairement exposée au diplomate dominicain. Aucune réponse, ni garantie, n'a été donnée aux Haïtiens qui décident de maintenir le mouvement. Une rencontre entre les deux groupes de syndicats en conflit, arbitrée par l'ambassadeur Rubén Silié Valdez, n'a pas donné les résultats escomptés.

Dans une note de presse datée du 22 mai en cours, le président de la Fédération nationale des transporteurs dominicains (Fenatrado), Blas Peralta, accuse le sénateur de l'Ouest, Jean Hector Anacacis, comme l'un des instigateurs du conflit qui a éclaté à la frontière entre Haïtiens et Dominicains. D'un autre côté, il menace de fermer la frontière aux Haïtiens si les autorités haïtiennes ne trouvent pas une solution durable aux problèmes qui affectent le secteur des exportations. Ce qui, selon lui, réduira le flux de commerce entre les deux pays.

Jerry Mourra, importateur et transporteur haïtien, se dit inquiet du fait que les usines haïtiennes ne pourront s'approvisionner en matières premières si cette crise persiste à la frontière. « La plupart des matières premières proviennent de la République dominicaine. En plus, beaucoup de marchandises transitent par des ports dominicains à cause d'une question de coût. » Par ailleurs, il est d'avis que les Dominicains doivent faire des concessions aux Haïtiens. « Les Dominicains doivent autoriser les transporteurs haïtiens à accéder à leurs ports, de la même façon qu'ils le font en Haïti », a-t-il ajouté.
Des tonnes de marchandises en provenance de la République dominicaine arrivent en Haïti chaque semaine. Mais ce sont les véhicules dominicains, selon le porte-parole de Syn-Trans-Haido, Pierre Garot Neré, qui assurent l'acheminement de ces produits depuis environ trois ans. Il réclame des transactions équilibrées pour les deux syndicats évoluant à la frontière haïtiano-dominicaine de Malpasse/Jimani. Pour l'instant, les nombreux containers dominicains remplis de fer, de ciment, d'engrais et de matières premières restent du côté de Jimani.
Plusieurs rencontres ont déjà été programmées depuis la fermeture de la frontière aux containers dominicains. Une nouvelle rencontre entre les autorités des deux pays est donc prévue pour ce samedi 23 mai. C'est dans ce contexte que le gouvernement du Premier ministre Michèle Duvivier Pierre-Louis a relancé jeudi dernier la Commission mixte binationale haïtiano-dominicaine qui a la responsabilité de trouver des solutions aux différends qui opposent les deux peuples de l'île d'Haïti.
Elizias
Joseph
josephelizias@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=70345&PubDate=2009-05-22

Haïti: Me Févry transféré au Pénitencier national

Me Févry, homme politique et avocat du barreau de Port-au-Prince, vient d'être transféré au pénitencier national après deux auditions au parquet de Port-au-Prince.
Après plus de dix heures d'horloge d'audition, les avocats de Me Osner H. Févry n'arrivaient pas à convaincre le parquet de Port-au-Prince de relaxer leur client. L'homme politique et avocat au barreau de Port-au-prince a été arrêté puis incarcéré depuis hier jeudi 21 mai 2009 avant d'être transféré au pénitencier national, actuellement ''Prison civile de Port-au-Prince''. A près une nuit à la DCPJ, il va passer son premier week-end au Pénitencier national. Il a été poursuivi pour « faux, usage de faux, et association de malfaiteurs au préjudice de M. et Mme Dessalines, prévus et punis par les articles 109, 110, 224, 226 et 227 du code pénal », selon les précisions du mandat d'amener émis contre lui par le commissaire du gouvernement près le paquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince, Me Joseph Manès Louis. Ledit mandat a été émis le 4 mai 2009 alors qu'il a été exécuté plus de quinze jours après. Une arrestation dénoncée par tous les hommes de loi qui se sont prononcés sur la question. Me Févry a été l'objet d'au moins deux auditions dont la deuxième assurée par Me Jean-Gabriel Ambroise, juge titulaire du tribunal de paix de la section sud de Port-au-Prince. Aucune information n'a filtré de ces auditions au cours desquelles les parties en présence seraient confrontées selon le principe de la contradiction. Me Févry, avocat notoire du barreau de Port-au-Prince a été arrêté 48 heures après la célébration de la Saint Yves, patron des avocats, au cours de laquelle le bâtonnier de l'Ordre des avocats de Port-au-Prince, Me Gervais Charles avait dénonçait les intimidations et menaces d'arrestations exercées contre les avocats en dehors, disait-il, des prescrits de la loi. Il aurait été arrêté dans le cadre d'un conflit terrien l'opposant à M. et Mme Dessalines, selon l'un de ses avocats et homme politique, Me Reynold Georges.

Selon les informations rendues publiques par radio Vision 2000, un autre avocat du barreau de Port-au-Prince, Me Gérard Mathurin, aurait déposé plainte contre Me Févry pour « faux et usage de faux », après un certificat délivré par le greffe du tribunal de première instance de Port-au-Prince niant l'existence d'un jugement signifié par Me Févry. Cependant, après des recherches effectuées personnellement par le greffier en chef, Me Fritz Victorin, un autre certificat a été émis en date du 5 mai en cours, attestant l'authenticité des documents détenus par Me Févry. Il s'agit d'un jugement rendu par le tribunal civil de Port-au-Prince en ses attributions commerciales pour une affaire régulièrement enrôlée, selon Me Victorin.

Plusieurs avocats se sont rendus au Parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince en solidarité avec leur collègue, Me Osner H. Févry, qui a déjà passé sa première nuit en garde-à-vue à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). D'autres membres de la famille Févry dont l'épouse, des amis et sympathisants de l'homme politique et avocat étaient également remarqués sur la cour du parquet de Port-au-Prince. Ils espéraient qu'il serait relâché. Mais leur attente, malheureusement, n'a pas été comblée. Me Févry a été transféré à la prison civile de Port-au-Prince où les conditions de détention sont souvent dénoncées tant par les organisations des droits humains que par les hommes politiques. Les avocats dont le bâtonnier de l'Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Me Gervais Charles, ont, dans l'ensemble, dénoncé le caractère arbitraire de l'arrestation de leur collègue. « Pour l'instant, nous ne voulons pas toucher au fond car la forme est incorrecte », dit un avocat alors que Me Gervais Charles dit ne pas voir d'aspect pénal dans ce dossier. « Jusqu'ici, il s'agit d'une affaire civile. Je ne vois pas l'aspect pénal. Il mérite d'être relâché », a-t-il dit, dénonçant au passage le caractère archaïque de la procédure judiciaire haïtienne. « J'espère que ses droits seront respectés », avait-il dit quelques heures avant le verdict final transférant Me Févry au Pénitencier national, en attendant la décision du cabinet d'instruction.

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=70522&PubDate=2009-05-22

Haïti sous haute surveillance

vendredi 22 mai 2009 ; Par Nancy Roc
Quatre sujets ont dominé l’actualité en Haïti cette semaine : la nomination de Bill Clinton comme envoyé spécial de l’Organisation des Nations Unies (Onu), le message du 18 mai du président René Préval, les intempéries et le salaire minimum qui continue à faire des vagues.
Le 19 mai écoulé, l’ancien président américain William Jefferson Clinton a été nommé envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, a annoncé Michèle Montas.
Selon la porte-parole du Secrétaire général de l’Onu, Clinton aura pour mission « d’appuyer les efforts des autorités haïtiennes visant un développement économique et social durable, de sensibiliser les donateurs à l’extérieur » à honorer leurs promesses envers Haïti et de « promouvoir le renforcement des capacités locales et la création d’un avenir meilleur » pour notre pays.
Pour éviter tout malentendu, elle a tenu à souligner que la mission de l’ancien président américain n’a rien à voir avec le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).
Un communiqué des Nations Unies, daté du 18 mai 2009, indique qu’en apprenant la nouvelle de sa nomination comme émissaire de l’Onu pour Haïti, Clinton a déclaré que « le bilan des catastrophes naturelles survenues l’année dernière est lourd mais le gouvernement et le peuple haïtien ont la détermination et la capacité de « mieux reconstruire » non seulement en vue de réparer les dégâts subis mais de jeter les bases du développement durable auquel ils aspirent depuis si longtemps » [
1]
Clinton au gouvernail
L’annonce de cette nomination crée une nouvelle donne politique en Haïti : la reprise en main du dossier haïtien par Washington, via l’Onu. Cette nomination consacre l’éviction des Latino-Américains et représente la réponse de l’administration Obama à l’impuissance et à l’irresponsabilité des dirigeants haïtiens, concrétisant du même coup la déclaration faite par Ban Ki Moon le 10 mars dernier, lors d’une visite de 24h en Haïti avec Clinton. Cette visite s’inscrivait dans le cadre des préparatifs nécessaires à la mise en œuvre du rapport de Paul Collier, rédigé à la demande du Secrétaire général de l’Onu.
Avec cette nomination, Haïti a un nouveau patron, même si son salaire annuel ne sera que d’un dollar ! Ainsi, Heidi Annabi et René Garcia Préval sont relégués au second plan et devront exécuter à la lettre les instructions de leur supérieur hiérarchique.
Au-delà de la nomination de Clinton
Vingt quatre heures avant la nomination de Clinton comme nouvel émissaire des Nations unies pour Haïti, une dépêche de l’agence Associated Press annonçait l’événement en soulignant « Bill Clinton est populaire chez nombre d’habitants d’Haïti, pour avoir brandi la menace d’une action militaire quand il était président en 1994 pour permettre la fin de la dictature et rétablir le président élu Jean-Bertrand Aristide au pouvoir ».
Faisons le point sur cette question : la popularité de Clinton en Haïti a été sérieusement érodée au cours des dernières années, principalement pour deux raisons :
- la première est que nombreux sont les Haïtiens qui n’ont pas pardonné à Clinton d’avoir rétabli Aristide dans ses fonctions et, surtout, d’avoir renforcé l’embargo décrété par l’Organisation des Etats américains (Oea) et l’Onu contre le pays et dont le bilan, notamment sur la santé des enfants, n’a jamais été dressé. Personne n’a oublié non plus la fermeture unilatérale des comptes bancaires détenus aux États-Unis d’Amérique par des milliers de simples citoyens haïtiens qui n’étaient mêlés ni de près ni de loin au coup d’État de 1991 ;
- la seconde relève du désenchantement régnant dans le camp de La Fanmi Lavalas. En effet, alors même que les partisans d’Aristide faisaient croire que la venue de Clinton faciliterait le retour de leur chef, l’ex-président américain avait déclaré à Cité Soleil qu’il fallait regarder vers l’avenir. Pour Clinton, la page d’Aristide était donc clairement tournée. Cette volte-face n’a certainement pas plu aux lavalassiens. D’autre part, ceux qui pensent encore que la nomination de Clinton pourrait avantager le retour d’Aristide ne comprennent rien à la politique internationale et encore moins à la nouvelle politique américaine.
Enfin, n’oublions pas que le camp Démocrate américain a été soupçonné, sous la présidence de Clinton, de tremper dans plusieurs dossiers de corruption, notamment au niveau de la compagnie nationale de télécommunications (TÉLÉCO). Ainsi, comment Clinton pourra-t-il convaincre la Communauté internationale d’aider un pays classé parmi les trois États les plus corrompus de la planète ? Or sans une lutte farouche contre la corruption, on ne peut envisager le développement d’Haïti.
Michèle Montas, elle, a bien eu raison de souligner que la mission de Clinton n’avait rien à voir avec celle de la Minustah. En effet, Obama - bien plus fin que Georges W. Bush - est passé par le biais des Nations Unies pour avancer sur le terrain politique haïtien, mais c’est bien la politique américaine qui prend ainsi un nouveau tournant dans notre pays et non celle des Nations Unies.
De l’inutilité des gouvernants
À l’occasion du 206e anniversaire du drapeau national, le président René Préval a plaidé pour une indépendance économique.
« Aujourd’hui, nous devons mener une autre forme de lutte afin d’aboutir à notre indépendance économique, dont l’inexistence rend fragile notre indépendance politique », a-t-il déclaré à l’Arcahaie le 18 mai dernier.
« Nous dépendons trop de l’aide étrangère », a-t-il ajouté.
Comment sortir de l’assistanat international ?
« Répondre à cette question n’est pas chose facile, estime Préval qui appelle la population au dialogue et à la solidarité. Mais c’est un devoir pour nous de protéger notre indépendance politique par une indépendance économique ».
Selon Préval, la stabilité politique et la sécurité nationale sont déjà réunies. Il faut désormais créer des emplois en redynamisant surtout le secteur agricole et augmenter également le prix de la main-d’œuvre.
Le locataire du Palais national a annoncé la poursuite et le démarrage d’un ensemble de travaux d’infrastructures routières, l’augmentation de 60 mégawatts de courant électrique, la récupération de plus de 100 millions de dollars dont bénéficiait l’Électricité d’Haïti en termes de subvention et l’annulation probable en juillet prochain de la dette externe estimée à plus de 1 milliard de dollars américains. Malgré ces annonces, l’accueil de la foule présente a été plutôt froid.
Et pour cause !
Trois ans après son retour au pouvoir, le bilan du président est bien maigre. Mis à part le retour à une certaine sécurité -principalement due aux forces de la Minustah-, René Préval tire inexorablement le pays vers le bas. En l’absence d’un Parlement efficace, de partis politiques structurés, d’une véritable opposition et d’une société civile active, il est seul à la tête d’un pouvoir de pacotille qu’il essaye de renforcer en plaçant ses hommes au Parlement.
Le chef de l’État prône une indépendance économique sans y croire lui-même. Idem pour la production agricole qu’il brandit dans tous ses discours du 18 mai, sans apporter les fonds ou la modernisation nécessaire à la dynamisation de ce secteur vital pour le pays.
Comment parler décemment de redynamiser l’agriculture alors que le nettoyage et la réhabilitation de certaines régions, durement affectées par le passage des derniers cyclones, n’ont toujours pas été effectués ? D’autre part, comment prôner une indépendance économique sans une lutte féroce contre la corruption et l’intégration de la diaspora dans le développement d’Haïti ?
La Communauté internationale n’est pas dupe et la nomination de Clinton en est la preuve. Lors de la conférence de presse du 19 mai écoulé, la porte-parole de Ban Ki Moon a souligné que « le mandat du président Clinton s’adresserait strictement à des problèmes économiques et sociaux ».
Les dés sont donc jetés : face à l’impuissance et à l’irresponsabilité des dirigeants, la Minustah continuera de garantir une certaine stabilité politique en Haïti alors que Clinton servira d’avocat international pour Haïti, comme précisé par Mme Montas, afin d’assurer le développement économique et social d’Haïti.
Devant un tel schéma tout tracé pour notre République, la question suivante se pose désormais : quelle est l’utilité de nos gouvernants aujourd’hui ?
Si, il y a 50 ans, Graham Green utilisait le terme de comédiens pour qualifier les autorités haïtiennes, aujourd’hui elles sont devenues tout simplement des marionnettes.
Le plus ancien quotidien d’Haïti s’interroge aussi sur la nomination de Bill Clinton, « présenté comme « un avocat international pour Haïti », même quand les nationalistes modérés voient déjà en lui le « nouveau gouverneur général ». Il aura « la lourde tâche d’appuyer les efforts des autorités haïtiennes en vue du développement économique et social durable du pays et de promouvoir le renforcement des capacités locales et un avenir meilleur pour Haïti . Qui va appuyer qui ? Qui va orienter quoi ? », se demande Le Nouvelliste dans son éditorial du 20 mai dernier, en ajoutant : « Qui faudra-t-il blâmer quand on s’apercevra que « plus ça change, plus c’est la même chose » ? Qui sera responsable du sous-développement ou du mal-développement du pays ? Comment des responsables d’un pays peuvent-ils accepter qu’un étranger, qui perçoit un salaire symbolique d’un dollar US annuellement, fasse le travail de développement économique et social à leur place ? ».n [
2]
En fait, la nomination de Clinton n’est finalement que l’aboutissement logique de 18 ans d’incurie lavalassienne et de la démission des élites politiques, économiques et sociales haïtiennes, ce qui fait d’Haïti une honte et une menace pour la région.
Une situation alarmante
À l’approche de la saison cyclonique, et malheureusement comme nous l’avions prévu, la dégradation environnementale du pays s’accentue. L’alerte rouge a été lancée dans plusieurs départements du pays, alors que 10 morts sont déjà recensés suite aux inondations dans les villes de St Marc (Artibonite, Nord), Les Cayes (Sud), Léogane (Ouest) et Gonaïves (Artibonite, Nord).
Les boat people continuent de quitter le pays et sont automatiquement rapatriés quand ils ne périssent pas au cours du trajet Haïti-Floride, comme le 16 mai dernier où 10 de nos compatriotes sont décédés suite au naufrage d’une embarcation surchargée.
Face au scénario catastrophe qui s’annonce pour la prochaine saison cyclonique, force est de constater l’incapacité des autorités haïtiennes à assumer leurs responsabilités, alors que des millions ont été investis dans des élections-sélections pour des sénateurs dont certains sont ou quasiment analphabètes ou proches des milieux de la drogue et/ou du crime organisé.
Selon nos dernières informations, Préval serait non seulement embarrassé par la nomination de Clinton, mais encore aurait renoncé à son projet de réviser la Constitution de 1987 en vue de briguer un troisième mandat.
Sans création d’emplois et avec la menace que fait peser le vote de la Loi sur le salaire minimum, René Préval a raison de dire qu’à présent « Gouvènman an sòti nan dodo meya pou pase nan jamè dodo ». [
3]
En effet, comment trouver le sommeil lorsqu’en prônant le populisme, il n’a fait qu’augmenter la misère et la précarité du peuple haïtien ?
Nancy Roc, Montréal, 20 mai 2009
[
1] Nations Unies, Communiqué nommant (Nomination) du Président Clinton au Poste d’envoyé Spécial des Nations unies en Haïti, New York / Port-au-Prince, le 18 mai 2009.
[
2] Le Nouvelliste, L’actualité en question, 20 mai 2009.
[
3] Le gouvernement est sorti de sa léthargie et a décidé de ne plus jamais dormir.
http://www.alterpresse.org/spip.php?article8374