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samedi 27 mars 2010

Séisme en Haïti: le génie québécois a aussi tremblé

Publié le 27 mars 2010 à 00h00

Mis à jour à 00h00
La Presse.-  Philippe Mercure et Hugo De Grandpré


Devant l'École d'agronomie et de médecine vétérinaire de Damien, près de Port-au-Prince, une dizaine d'étudiants sont assis dans l'herbe, l'air de s'ennuyer. Ils n'ont rien à faire: leur école est fissurée de partout et il est dangereux d'y entrer.
Les dortoirs sont endommagés et ne leur inspirent pas confiance. Alors ils dorment à la belle étoile, sur le terrain de basketball, en attendant une éventuelle reprise des cours.
Les plans initiaux du bâtiment ont été dessinés par un architecte montréalais, Guy de Varennes. Lorsqu'est venu le temps d'agrandir l'école, ce sont encore des architectes québécois, ceux de BBGL International (une firme aujourd'hui fusionnée avec la firme ABCP) qui ont dessiné les plans. Et c'est le bureau haïtien de la firme SNC-Lavalin, LGL SA, qui a supervisé la construction de cet agrandissement.
Un mois après le tremblement de terre du 12 janvier, l'école était si endommagée qu'elle attendait d'être démolie.
Le cas n'est pas unique. Le mois dernier, La Presse s'est rendue en Haïti pour tenter de répondre à une question: les bâtiments auxquels des firmes québécoises ont travaillé ont-ils mieux ou moins bien résisté au séisme du 12 janvier que les autres immeubles?
Après l'examen d'une demi-douzaine de constructions à forte contribution québécoise, le bilan est mitigé.


Série de facteurs
Certains immeubles, comme l'Hôpital de la communauté haïtienne (également une réalisation de BBGL International et de LGL SA) ou l'Institut national de gestion et des hautes études internationales ont admirablement tenu le coup.
D'autres, comme l'Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe, se sont effondrés. Cet effondrement a même coûté la vie à au moins trois étudiants et à un professeur, selon l'Agence universitaire de la Francophonie, propriétaire de l'immeuble.
L'ambassade canadienne a quant à elle subi de lourds dommages. L'architecte Michel Gallienne, qui en a fait les plans, est néanmoins soulagé de voir que l'immeuble est resté debout. «Je suis assez satisfait de cela parce que, dans la zone de l'ambassade, il y a eu beaucoup de dégâts. Ça montre que les calculs des ingénieurs étaient bons», dit-il.
Dans l'ensemble, toutefois, force est de constater que les immeubles auxquels ont travaillé les Québécois n'ont pas mieux résisté que les autres.
Des sept immeubles à forte contribution québécoise dans la région de Port-au-Prince, quatre ont subi d'importants dommages ou se sont effondrés, tandis que les trois autres ont tenu le coup (voir autre texte).
Dans les circonstances, toutefois, il est impossible d'accuser qui que ce soit d'avoir mal fait son travail.
D'abord, de l'architecte à l'ouvrier qui prépare le ciment en passant par le superviseur de chantier et le client qui a mal défini ses exigences, la liste des responsables potentiels est longue.
Il y a aussi le séisme lui-même, un événement exceptionnel d'une puissance destructrice peu commune.
«Les conséquences étaient absolument imprévisibles», juge l'architecte Michel Gallienne, qui a travaillé avec LGL SA à la supervision du projet de l'école de médecine vétérinaire de Damien.
«Un séisme d'une telle ampleur! Même chez nous, pas mal de choses tomberaient par terre, j'en suis assez sûr», ajoute-t-il.
L'exemple du récent tremblement de terre au Chili, qui a libéré 500 fois plus d'énergie que celui d'Haïti a tué 700 personnes, comparativement à plus de 200 000 en Haïti, montre toutefois qu'un autre coupable se cache sous la tragédie haïtienne.
«C'est bien simple. L'immense différence, c'est le code du bâtiment», a récemment déclaré à La Presse le sismologue à la retraite Reynald Du Berger.
«Le fait qu'il n'y ait pas de code national du bâtiment et les conséquences que ça entraîne, c'est un constat qui a été fait depuis longtemps en Haïti», dit aussi Bernard Chancy, directeur de SNC-Lavalin en Haïti.
Faute de normes haïtiennes, SNC dit avoir toujours appliqué les normes canadiennes en Haïti (voir à ce sujet notre dossier de lundi prochain sur la reconstruction d'Haïti et le code du bâtiment).


Des questions
Les firmes québécoises sont d'ailleurs loin d'être les seules à avoir été mises à l'épreuve lors du séisme du 12 janvier. Du palais national à l'hôtel Montana en passant par bon nombre d'immeubles ministériels, de banques et d'écoles, de nombreuses autres constructions majeures ont subi de lourds dommages. Plusieurs avaient été conçues ou construites par des firmes étrangères.
Les ingénieurs de chez nous tentent actuellement de comprendre ce qui a pu clocher dans les bâtiments qui ont mal résisté. Le bureau haïtien de SNC-Lavalin a dû fournir des explications à son client concernant l'écrasement de l'Institut de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe.
«On est en train d'examiner ce qui s'est passé pour donner une explication au client, qui est l'Agence (universitaire) de la francophonie. Dans ce cas, on nous a clairement demandé d'expliquer ce qui s'est passé», dit Bernard Chancy.
Même si personne ne lui a demandé d'explication, SNC se penche aussi sur le cas de l'ambassade canadienne. Selon la porte-parole Gaëlle Delaquis, 50% du bâtiment a subi des dommages; un mois après le séisme, environ 30% de la superficie était encore inutilisable.
«On est en train de comprendre. Et ensuite, on va expliquer», promet Bernard Chancy.
Michel Gallienne, lui, demeure convaincu du bon travail des firmes québécoises. «Ça a sûrement été fait au meilleur des connaissances de tout le monde, dit-il. Personne n'a lésiné sur rien.»
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/26/01-4264871-seisme-en-haiti-le-genie-quebecois-a-aussi-tremble.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_les-plus-populaires-title_accueil_ECRAN1POS3

État de sept structures à forte contribution de firmes du Québec

Publié le 27 mars 2010 à 00h00

L'Institut national de gestion et des hautes études internationales de Port-au-Prince a très bien tenu le coup. L'agrandissement et la construction d'une nouvelle aile ont été supervisés par SNC-Lavalin.


La Presse.-  Philippe Mercure et Hugo De Grandpré


Démolis ou assez endommagés
1. Institut Aimé-Césaire de la Francophonie pour la gestion dans la Caraïbe, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Études de génie et supervision des travaux de construction par SNC-Lavalin
État des lieux: Un coup d'oeil suffit pour comprendre qu'on ne travaillera plus jamais dans ce bâtiment. Une grande partie du toit s'est effondrée, écrasant la majeure partie de l'édifice sous son poids. Aujourd'hui, l'immeuble se résume en bonne partie à un amas de murs affaissés, de vitres cassées et de débris de ciment. Selon l'Agence universitaire de la Francophonie, au moins trois étudiants et un professeur ont perdu la vie dans l'effondrement.


2. Siège social des télécommunications d'Haïti SAM (la Téléco, comme on dit en Haïti), Port-au-Prince
Contribution québécoise: Études de génie réalisées par SNC-Lavalin
État des lieux: SNC-Lavalin parle de «fissures apparemment superficielles». Selon l'entreprise, le béton du bâtiment a été recouvert d'un enduit pour des raisons esthétiques. «À beaucoup d'endroits, c'est cet enduit qui a décollé», dit Bernard Chancy, directeur du bureau haïtien de SNC-Lavalin.
Le bâtiment, en tout cas, est encore debout. Un mois et demi après le séisme, il était toutefois encore barricadé et personne n'y travaillait. De larges pans de revêtement ont décollé des murs. Autour, des blocs de ciment gisent par terre, éclatés. Une petite Chevrolet a été complètement écrasée par des débris. Selon le gardien de sécurité, une personne est morte le jour du séisme, tuée par la chute d'un bloc alors qu'elle tentait de quitter l'édifice.


3. Ambassade du Canada, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Conception et exécution des travaux par SNC-Lavalin, plans dessinés par les firmes d'architectes BBGL International et ABCP.
État des lieux: Selon la chargée des affaires publiques de l'ambassade, Gaëlle Delaquis, la moitié du bâtiment a subi des dommages. Un mois et demi après le séisme, 30% de la superficie était encore déclarée «zone rouge» - aucun employé n'y travaillait pour des raisons de sécurité. Même l'ambassadeur a aménagé son bureau dans le garage, le sien étant inutilisable.

4. Faculté d'agronomie et de médecine vétérinaire de Damien
Contribution québécoise: Les plans préliminaires ont été faits par un architecte montréalais, Guy de Varennes, aujourd'hui décédé. Le bureau haïtien de la firme SNC-Lavalin, LGL SA, a supervisé l'agrandissement de l'immeuble existant (bibliothèque et résidences), en collaboration avec les architectes québécois BBGL International. L'ACDI a participé au financement du projet.
État des lieux: Une partie du toit s'est effondrée, les murs sont fissurés et la cour est jonchée de débris de ciment et de verre cassé. Un mois après le séisme, des poutrelles de métal avaient été installées pour soutenir le toit pendant l'évacuation du matériel. Le bâtiment est voué à la démolition.


Ont tenu le coup


5. Institut national de gestion et des hautes études internationales (INAGHEI), Port-au-Prince
Contribution québécoise: L'agrandissement et la construction d'une nouvelle aile ont été supervisés par le bureau haïtien de SNC-Lavalin.
État des lieux: Le bâtiment a très bien tenu le coup. Un mois et demi après le séisme, les cours n'avaient pas repris à l'INAGHEI, mais on pouvait y circuler et beaucoup d'étudiants y déambulaient. Seules quelques vitres cassées, des pupitres renversés et des livres éparpillés témoignaient du séisme.


6. Hôpital de la communauté haïtienne, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Mission dirigée par le Service administratif canadien outre-mer (SACO). L'ancienne firme d'architectes BBGL International, en collaboration avec l'architecte haïtien Albert Mangonèse, ont tracé le plan fonctionnel et technique de la petite clinique externe qui y est rattachée et ont fait des esquisses préliminaires de l'hôpital lui-même.
État des lieux: En pleine construction au moment du séisme, l'hôpital a très bien tenu le coup. Au moment du passage de La Presse, un peu plus d'un mois après le tremblement de terre, il était bondé de patients. Sur les murs, des certificats de l'armée française et d'experts en structure américains attestent qu'il est sûr.
Le directeur général de l'hôpital, Jean Adrien, nous montre des joints de dilatation qui, selon lui, ont encaissé le gros du choc. «On a eu bien du mal à convaincre les patients de revenir dans l'hôpital: ils avaient peur qu'il tombe. Mais il est en parfait état», assure M. Adrien.


7. Banque nationale de la république d'Haïti, Port-au-Prince
Contribution québécoise: Gestion de projet et contrôle de la qualité de l'ingénierie par Genivar.
État des lieux: La banque, située près du Palais national dans l'une des zones les plus dévastées de Port-au-Prince, présente le meilleur comme le pire. Une large partie de la banque s'est complètement écrasée. Un mois et demi après le séisme, des corps s'y trouvaient encore prisonniers et dégageaient une forte odeur de putréfaction.
La partie la plus moderne, construite par la société française Bouygues et dont Genivar a fait la gestion de projet, a par contre beaucoup mieux tenu le coup. En fait, il s'agit de l'un des très rares bâtiments du secteur à être encore debout et fonctionnel.
«Il y a quelques fissures et quelques consolidations à faire, mais le bâtiment ne sera pas démoli», a expliqué Philippe W. Lahens, gouverneur adjoint de la banque.
Au moment du passage de La Presse, les étages supérieurs étaient par contre fermés en attendant d'être certifiés sécuritaires.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/26/01-4264874-etat-de-sept-structures-a-forte-contribution-de-firmes-du-quebec.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_meme_auteur_4264871_article_POS1

Bélo, l'artiste [HAITIEN] au coeur immense

Par Philippe Lesaffre, publié le 23/03/2010 à 18:05 - mis à jour le 24/03/2010 à 11:46
Actuellement en France, Bélo, 30 ans et très populaire en Haïti, veut participer à la reconstruction de son pays, après le séisme.
Bélo, artiste haïtien en tournée en France, est une mégastar. Mais il a su rester proche de ses racines. A peine évoque-t-il "la chance qu'il a eue de pouvoir aller à l'école à Port-au-Prince", qu'il ajoute: "en quatorze ans d'études, j'ai moins appris que ma nièce, scolarisée en France, depuis cinq ans".
Quand le chanteur évoque le séisme, il succombe à l'émotion. Il n'était pas chez lui "ce 12 janvier". Loin des siens, loin de sa "base" de Pétionville, un quartier de Port-au-Prince, il se trouvait en tournée en Guadeloupe lors du tremblement de terre. "Cela m'a fait plaisir qu'on parle d'Haïti", lance t-il, bien que l'île se présente sous un bien mauvais jour. "On parle toujours de mon pays en mal: on ne relève jamais les bons côtés: les plages, la beauté des filles, les artistes qui, sans ressource, réussissent à tracer leur carrière"... Comme lui.
Bélo veut des "changements"
Une fois ses études de sciences comptables terminées et vite oubliées, les portes du succès se sont ouvertes: "J'ai voyagé sur le continent américain, en Europe, en Afrique de l'Ouest". Il donne des concerts de musique traditionnelle haïtienne -un mélange de reggae, ragga, blues et jazz. Et ça marche: "je ressens un certain confort économique", confie t-il. Au contraire de la majorité de ses concitoyens.
Bélo pense souvent, dit-il à "ces 80% de la population sur 8 millions d'habitants qui n'ont pas accès à l'eau potable, aux enfants qui n'ont guère les moyens de s'inscrire à l'école et la pauvreté extrême du pays". Il "voudrait du changement". Pour cet artiste engagé, c'est devenu une obsession: "Aider la majorité de mes compatriotes qui n'ont rien du tout".
Bélo sera à Marseille ("Babel-Med-Music"), le 26 mars puis à Montélimar au Théâtre de la ville, pour un concert de charité, le 29 mars en faveur de la reconstruction de l'école hôtelière de Port-au-Prince. D'autres dates et une biographie ici.
"Suite au séisme, je me suis demandé si je devais retourner chez moi, consoler les survivants ou bien voyager pour récolter des fonds grâce à la musique." Bélo a choisi la deuxième voie. Il a joué une vingtaine de concerts afin de soutenir, par exemple, la Croix Rouge haïtienne. Le 15 mars dernier, il a joué à Ney-York pour la reconstruction de la "seule" école de cinéma en Haïti ("Ciné Institut"), située à Jacmel (Sud de l'île). La soirée a rapporté 45000 dollars.


"Les gens m'écoutent davantage que les politiques"
Dans ses chansons, comme "Lakou Trankil" (2005), son titre de référence, il dénonce le sort des enfants délaissés, les femmes abandonnées, et la violence, prônant au passage le vivre- ensemble. "Quand je chante, je peux délivrer des messages universels, mobiliser mon peuple car les gens m'écoutent plus que les politiques, dont les discours indiffèrent". Pourquoi, alors, ne pas débuter une carrière en politique, à trente ans passé ? "Je préfère rester neutre." Cela reflète t-il une crainte de sa part ? "Pas du tout: si j'avais peur, je ne chanterais pas des chansons pour déranger". Bélo en profite pour adresser une pique indirecte aux élus haïtiens: "Je suis très connu, mais je refuse de vivre telle une star, de manipuler les gens et de me placer au dessus des autres".
L'urgence, désormais, c'est la reconstruction de son pays :"Il faut lancer des écoles, créer des salles de spectacles et de musique". Mais d'abord, celui qui voudrait devenir "messager du monde" invite les siens en quête d'un peu de confort à ne pas quitter leur île. Il leur demande de ne "plus se croiser les bras", de se "poser pendant cinq ans" pour "réfléchir à la manière dont ils pourraient régler les problèmes économiques, écologiques, sociaux et politiques". Il faut "éviter que nous dépensions de l'argent en l'air, poursuit-il; et mettre un terme aux programmes qui n'aboutissent pas. Sinon les investisseurs en auront marre, un jour!", avance t-il, avant de conclure: "Il convient de poser les vraies questions", comme celle concernant "la santé de nos enfants", en particulier, les épidémies dévastatrices de diarrhée chez les plus jeunes. "Donner des médicaments aux enfants qui souffrent de cette maladie servira-t-il sur le long terme? Les nouveaux-nés auront toujours le même souci, en buvant, à leur tour, l'eau de la même rivière ..."
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/belo-l-artiste-haitien-au-coeur-immense_857567.html

"En Haïti, la culture est inversement proportionnelle à la richesse"


La maison d'édition parisienne Le Serpent à plumes publie une revue hors-série Spécial Haïti, au bénéfice d'un hôpital de Port-au-Prince. Une action humanitaire doublée d'un projet culturel qui permet de mieux saisir la réalité de cette île caribéenne. Nathalie Fiszman, directrice littéraire, répond à LEXPRESS.fr.

Pourquoi la maison d'édition du Serpent à Plumes a-t-elle tenu à participer au mouvement de solidarité avec Haïti?
Etant donné le nombre d'auteurs haïtiens présents dans notre catalogue, -comme Dany Laferrière qui a publié sept ouvrages chez nous- je me suis dit que nous pouvions difficilement rester les bras croisés. Et que nous avions une sorte d'obligation à mener une action éditoriale pour Haïti.
Dès le lendemain du tremblement de terre, j'ai donc proposé à nos auteurs l'idée de cette revue dont les bénéfices sont destinés à l'hôpital de la Communauté haïtienne, situé à Pétionville, un quartier de Port-au-Prince. Cet établissement de 50 lits, dont nous connaissons personnellement les dirigeants, accueille des malades particulièrement démunis. Comme il a été construit dans le respect des normes sismiques (en 1985), il demeure intact et tout son personnel ou presque est sorti indemne du séisme.


Comment les écrivains ont-ils réagi à l'idée de ce projet littéraire?
Ils ont immédiatement répondu, malgré leur état de choc et d'épuisement. Ils se trouvaient en effet presque tous à Haïti au moment du séisme, car le festival littéraire "Etonnants voyageurs" devait s'y dérouler [du 14 au 16 février, deux jours après le tremblement de terre]. La revue a été bouclée en huit jours, ce qui représente un petit tour de force.


En quoi consiste exactement le projet "Le Serpent à plumes pour Haïti"?
Au-delà de l'action humanitaire, il s'agit de proposer un panorama complet de la vie à Haïti et de donner à comprendre la réalité sociale de cette île en proposant un autre angle que celui des journaux télévisés. Ce numéro spécial se compose d'extraits de romans déjà publiés mais également de textes nouveaux, d'articles, de témoignages. Il y a par exemple cette magnifique Lettre à Sergine, de Thomas Spear, qui écrit à une amie disparue sous les décombres du tremblement de terre. On y découvre aussi les photos joyeuses ou tendres de la vie quotidienne sur l'île, signées Fred Koenig et David Damoison [Voir notre diaporama].


Quelle est la spécificité de la littérature haïtienne?
C'est une langue magnifique, colorée. On y trouve un mélange de réalisme cru et de naïveté. Evidemment, l'arrière-fond historique, politique, économique de l'île imprègne l'oeuvre des écrivains. Mais il me paraît gênant de vouloir enfermer ces auteurs dans une catégorie. Il s'agit surtout d'une littérature de grande qualité qui a pris de plus en plus d'importance en France au cours de 20 dernières années. On y trouve également beaucoup de diversité. Frankétienne mêle la langue créole et le Français dans une écriture expérimentale quasi-surréaliste tandis que Dany Laferrière (lauréat du prix Médicis 2009 pour L'Enigme du retour) poursuit, livre après livre, un travail plus autobiographique.
Quelques jours à peine après le séisme, Dany Laferierre a résumé l'importance de la place de la culture dans la vie des Haïtiens: "Quand tout tombe, il reste la culture, a-t-il déclaré. Et la culture, c'est la seule chose qu'Haïti a produite. Ca va rester. Ce n'est pas une catastrophe qui va empêcher Haïti d'avancer sur le chemin de la culture. Et ce qui sauve cette ville, c'est le peuple. C'est lui qui fait la vie dans la rue, qui crée cette vie. Il ne faut pas se laisser submerger par l'événement." Il a raison: la culture haïtienne est probablement inversement proportionnelle à la richesse économique de l'île.


Le Serpent à Plumes pour Haïti, 175 pages, 15 euros. En vente en librairie (Au profit d'un hôpital de Port-au-Prince).


http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/en-haiti-la-culture-est-inversement-proportionnelle-a-la-richesse_853579.html

Forum de l'UNESCO sur Haïti – La France annonce une série de mesures en coopération culturelle avec Haïti

Le ministre Français de la Culture et de la Communication, M. Frédéric Mitterand, était absent à Paris lors du Forum de l'UNESCO sur Haïti. C'est donc l'Ambassadrice de la France auprès de l'UNESCO, Mme Catherine Collona, qui a lu son message de solidarité envers le peuple haïtien. Dans ce message, Frédéric Mitterand souligne que : « La culture constitue un enjeu déterminant » de la reconstruction d'Haïti, « car elle est au cœur de ce qui fonde les valeurs communes des Haïtiens et de ce « tissu » – économique bien sûr, mais avant tout social, artistique, intellectuel, culturel – qui relie ensemble chacun des Haïtiens ». Mme Collona a annoncé des initiatives "concrètes" qui marqueront le début d'un processus complexe et délicat de coopération, car le patrimoine culturel haïtien a profondément souffert du séisme. La France souhaite, par exemple, soutenir fortement le secteur des médias en fournissant des contenus libres de droits, notamment pour la télévision, à apporter un soutien technique d'urgence aux radios, à former des journalistes ou encore à réfléchir aux moyens de moderniser le système de diffusion. « Ce n'est pas là seulement une contribution technique, mais un engagement humain qui crée ou recrée le tissu social et culturel là où il en a le plus besoin », a déclaré Mme Collona.
Le soutien aux artistes Haïtiens est également un enjeu déterminant pour la France. Tout au long de l'année 2010, des artistes haïtiens, venus du théâtre, de la musique, des arts plastiques, seront accueillis en résidence en France, que ce soit dans des centres culturels de rencontre, à la Cité internationale des arts ou au couvent des Récollets.
Mme Collona a annoncé la restauration du tableau « Le Serment des ancêtres ». « Ce tableau hautement symbolique de l'accession d'Haïti à son indépendance en 1804, que les pompiers français ont retrouvé dans les ruines du palais présidentiel, sera restauré à Port-au-Prince par le Centre de recherche et de restauration des Musées de France. Cette restauration sera accompagnée d'une opération d'information et de sensibilisation pédagogique du public haïtien, indispensable complément au renforcement du lien social et culturel entre les Haïtiens », a-t-elle souligné.
Le ministère français de la Culture et de la Communication enverra ainsi en Haïti, dans les prochains jours, une mission chargée d'effectuer un état des lieux des dommages et des besoins dans les domaines du patrimoine, de la restauration du patrimoine bâti et de la sauvegarde des œuvres d'art menacées.

Enfin, la Bibliothèque nationale de France se propose d'envoyer aux bibliothèques haïtiennes pas moins de 30.000 livres, dès que cela sera matériellement possible, et a d'ores et déjà engagé une réflexion sur la création d'une bibliothèque numérique haïtienne.
Soulignons que le Forum de l'UNESCO sur Haïti a été clôturé le 24 mars dans la soirée par la première mondiale de la pièce de théâtre de Franckétienne, « Mélovivi ou le piège» qui a été ovationnée par le public présent. Ce texte théâtral, à dimension écologique universelle, a été écrit en novembre 2009. « Melovivi” ou “le piège » raconte l'histoire de “2 individus enfermés, prisonniers dans un espace délabré, dévasté, sans issue, à la suite d'un désastre. Pour ne pas mourir dans ce lieu d'enfermement, les 2 individus parlent, déparlent, délirent sur les malheurs provoquées par les prédateurs de la planète”. Le public devait constamment se rappeler qu'elle a bien été écrite avant la catastrophe du 12 janvier tellement le texte est prémonitoire du séisme dévastateur qui a frappé Haïti. C'est le jeune acteur, Garnel Innocent, 37 ans, qui accompagnait Franckétienne sur scène dans un duo de 90 minutes qui vous bouleverse et vous interpelle tant sur Haïti que sur les enjeux climatiques de la planète.
Nancy Roc, Paris le 26 mars 2010.
Ce reportage a été rendu possible grâce au soutien de l'UNESCO et au patronage de DIGICEL, du CONATEL, du Groupe REBO-INTERNEGOCE et de NO PIN LONG DISTANCE.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17324

Les Etats-Unis investissent dans la protection de l'environnement

L'ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Kenneth Merten, a visité hier le projet de protection des bassins versant dans le quartier de Carrefour feuilles. Accompagné des deux maires adjoints de Port-au-Prince, Nadège Joachim Augustin et Guercy Mouscardi, le diplomate américain a inspecté les travaux à Ravine Pierre Nau, Martissant. Le projet de réhabilitation et de reconstruction de ravins à Martissant permettra de déblayer et de nettoyer des ravins et de construire des murs secs dans les mornes. Les travaux de nettoyage de la ravine Nau font partie du projet de réhabilitation de ravins sur les pentes les plus dénudées dans les zones les plus pauvres de Martissant et de Fontamara. Le gouvernement américain par le biais de l'USAID a décaissé 550 000 dollars pour la réalisation du projet.
La réalisation de ces travaux s'inscrit dans le cadre du programme Initiative de Stabilisation pour Haïti-Martissant financée à hauteur de 15 millions de dollars. Plus de 600 personnes ont été embauchées dans le cadre du programme.

L'ambassadeur Kenneth Merten assure que le projet sera bénéfique pour les résidents des bassins versants ainsi que les riverains. A la fin des travaux de nombreux résidents seront protégés contre les inondations explique le diplomate américain rappelant que des travaux de curage de ravins avaient été également entrepris à Cité Soleil. Il indique que la sécurité des résidents rendra la région plus prospère.
Les investissements dans la protection de l'environnement figurent parmi les priorités du gouvernement américain qui poursuit sa collaboration avec les autorités policières et judiciaires ainsi que les élus locaux.
LLM / Radio Métropole Haïti

Le sénat analyse le plan de reconstruction

Le premier débat au sénat autour du plan d'action pour le relèvement et le développement national a eu lieu hier. Cette séance de travail a permis au Premier Ministre haïtien Jean Max Bellerive de mettre en relief les différents axes prioritaires de la refondation d'Haïti. La efforts seront concentrés sur la refondation territoriale (définir des pôles de développement), refondation économique (modernisation du secteur agricole), refondation sociale (éducation accessible à tous) et refondation institutionnelle ( fonctionnement des institutions étatiques). Le Premier Ministre assure que le plan reflète les préoccupations des différents secteurs qui ont soumis des recommandations au gouvernement. Dans cet optique M. Bellerive a fait remarquer que le document soumis aux élus avait subi de profondes modifications au cours de ces dernières 48 heures.
Plusieurs sénateurs, dont Youri Latortue, ont critiqué la composition de la commission intérimaire, chargée de gérer les fonds de la reconstruction au cours des 18 premiers mois. Cette commission comptera 17 membres dont 10 étrangers.
Le chef de file de AAA plaide pour le renforcement des institutions dans le cadre du plan de reconstruction. Il estime que la commission intérimaire contribuera à affaiblir les institutions notamment le Parlement et la Primature.

Le sénateur Latortue préconise de préférence la création de conseils techniques en vue d'accompagner les ministères. Selon le parlementaire cette formule s'inscrit dans le cadre du respect de la constitution puisque les ministres sont responsables politiquement devant le Parlement.

Au cours de la séance M. Bellerive a promis d'insérer les recommandations des sénateurs dans le document qui sera soumis aux bailleurs lors de la conférence de New York. M. Bellerive a révélé avoir eu précédemment des rencontres avec des parlementaires autour du plan de reconstruction Des représentants de la société civile et de la diaspora avaient également fait part de leur point de vue.
LLM / Radio Métropole Haïti

Des officiels de l'ONU préoccupés par la situation des sinistrés

Les secrétaires généraux adjoints aux opérations de maintien de la paix et d'appui aux missions, Alain Le Roy et Susana Malcorra, ont fait état des efforts visant a améliorer les conditions de vies des sinistrés du séisme du 12 janvier. Le secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a révélé hier que le chef de l'Etat haïtien avait signé un décret présidentiel identifiant les principaux sites d'accueil des personnes déplacées. Il a rappelé qu'il n'a jamais été facile de répondre aux besoins de 500 000 déplacés repartis dans 900 camps ni d'acheminer de la nourriture à 1,3 million de personnes.
C'est également l'avis de la secrétaire générale adjointe à l'appui aux missions, Susana Malcorra, pour qui la lenteur des opérations humanitaires est liée à la difficulté d'identifier des zones d'accueil pour des centaines de millier des personnes autour de Port-au-Prince. Elle souligne que la situation devient plus compliquée en raison du refus d'un grand nombre de personnes de s'éloigner de leur domicile.
En début de semaine lors d'une rencontre au siège des Nations Unies, les représentants d'une cinquantaine d'états membres avaient salué la qualité du travail de la Mission Des Nations Unies Pour La Stabilisation En Haïti (Minustah), avant ou après le tremblement de terre.
LLM / Radio Métropole Haïti

Fin de mission pour le Bataan (LDH5) du corps des marines

Le navire-amphibie Bataan (LHD5) du corps des Marines, arrivé le 18 janvier, a terminé sa mission d'aide humanitaire et a quitté Haïti mercredi dernier, selon un communiqué du commandement américain chargé des opérations militaires dans la zone. Au plus fort des opérations internationales d'aide humanitaire après le tremblement de terre, plus 20 000 soldats américains étaient en Haïti. Avec ce départ il ne restera désormais qu'environ 3300 soldats américains sur place, a précisé Jose Ruiz, un porte-parole de Southcom, Ce départ a été décidé alors que les efforts humanitaires en Haïti sont passés des activités urgentes de sauvetage à une celles de reconstruction à long terme. Pendant les deux mois de sa mission, les hélicoptères du groupe amphibie Bataan Ready (ARG) et de la MEU ont effectué 2.200 missions pour aider les communautés touchées par le tremblement de terre, livrant près de 560.000 litres d'eau en bouteilles, 200.000 litres d'eau en vrac, 8,000 tonnes de rations alimentaire et 15 tonnes de fournitures médicales.
Les équipes médicale de la Navy ont travaillé côte à côte, avec des représentants du gouvernement haïtien, l'ONU et les organisations non gouvernementales pour évacuer les blessés survivants du séisme, en hélicoptères et bateaux de débarquement sur coussin d'air (LCAC) vers et depuis le navire-hôpital USNS Comfort, le porte-avions USS Carl Vinson (CVN 70) et vers des installations médicales dans tout Port-au-Prince.
Sur le terrain, les Marines, soutenus par l'USAID ont conduit des opérations de secours dans une zone de plus de 60 km qui comprend les villes de Carrefour, Léogâne, Petit Goâve et Grand Goâve. Ils ont également aidé le Programme Alimentaire Mondial (PAM) avec la livraison de plus de 8 tonnes d'aliments en vrac, comme le riz aux points de distribution dans, et autour de Léogane et Carrefour. Les équipes du Bataan ont aussi déblayé plus de 150 tonnes de gravats, et construit 65 abris pour 130 familles en plus de distribuer directement 500.000 repas.
«Les Marines et marins du groupe amphibie Bataan et du SME ont une fois de plus démontré combien leur vitesse d'intervention, leur flexibilité et leur formation peuvent être appelés à aider à sauver des vies», a déclaré le général Cornell A. Wilson, Jr., commandant du US Marine Corps Forces du Sud. «Ils ont apporté de la nourriture, de l'eau, de l'aide médicale, et de l'espoir au peuple d'Haïti dans certaines des régions les plus sinistrées du pays à un moment où obtenir de l'aide en Haïti était extrêmement difficile».
À ce jour, le gouvernement américain a engagé plus de 779 millions de dollars pour venir en aide aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti.
N / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17329

Viols en Haïti: Sous estimations et contradictions

Des milliers de femmes vivant dans des camps provisoires en Haïti sont menacées par la violence sexuelle. Les autorités n'offrent pas une protection suffisante a déclaré un responsable d'Amnesty International. suite au rapport d'une délégation qui, durant 3 semaines, a visité 8 camps: à Port-au-Prince et dans les villes de Jacmel et Lascahobas, certains de ces camps ayant été visité plusieurs fois. «Il y a un sentiment général d'insécurité à l'intérieur et autour des camps, en particulier la nuit. Les femmes vivant dans des abris de fortune se sentent vulnérables et ont peur des agressions» dit Chiara Liguori, chercheure au sein d'Amnesty International de Port-au-Prince. «La violence sexuelle est largement présente dans les camps [...] c'était déjà une préoccupation majeure dans le pays avant le tremblement de terre mais la situation dans laquelle aujourd'hui, vivent les femmes et les jeunes filles déplacées, les exposent à des risques encore plus grands».
Michel Martin, le chef du renseignement criminel pour la police de l'ONU, UNPOL, a réfuté les rumeurs selon lesquelles de nombreux viols auraient été commis dans les camps de déplacés, en précisant que moins d'une dizaine de viols avaient donné lieu à une enquête jusqu'à maintenant.
Pour sa part, Amnesty International déclare que l'absence de mécanismes de protection adéquats pour les femmes et les jeunes filles victimes d'abus sexuelles les découragent à dénoncer leurs auteurs. Une organisation de femmes locales a rapporté 19 cas de viol, seulement dans une partie du Champ-de-Mars, l'un des plus grands camps de Port-au-Prince. Aucune des femmes et des filles n'avait signalé les agressions à la police par crainte de représailles de leurs agresseurs.
Amnesty International, constate que la plupart des victimes de violences sexuelles interrogées sont des mineurs. Un fillette de 8 ans a été violée alors qu'elle était seule dans sa tente pendant la nuit, sa mère était sortie du camp et n'avait personne pour s'occuper de sa fille pendant son absence. Une jeune adolescente de 15 ans a été violée alors qu'elle était sortie du camp, car il n'y avait pas de latrines dans ce camp.
Le manque de moyens des forces de police et le système de justice au lendemain du tremblement de terre signifie que les coupables ne risquent pas d'être punis. Amnesty International a déclaré que l'absence de mesures visant à prévenir et à répondre adéquatement à la menace de violence sexuelle contribue à la crise humanitaire et a exhorté les autorités haïtiennes à prendre des mesures immédiates et efficaces pour freiner la violence sexuelle et protéger les femmes vivant dans les camps.


Il semble qu'au delà de la déclaration de Michel Martin, la situation soit bien plus préoccupante qu'il ne le laisse entendre. En effet si seulement 10 cas de viols ont été rapporté, comment expliquer
Que 350 policier de l'UNPOL travaillent avec la police haïtienne et la MINUSTAH, la force militaire de l'ONU en Haïti, pour mettre fin aux violences dans les 460 camps recensés dans Port-au-Prince et ses environs, ou l'UNPOL travaille avec les leaders de chaque camps?
Pourquoi avoir installé un numéro d'urgence que les femmes peuvent appeler en cas d'agression, s'il y a si peu de viol?
Comment expliquer la mise en place du projet pilote actuellement en cours dans le camp de Pétion-Ville où des policières de l'UNPOL et de la PNH travaillent spécifiquement sur les violences faites aux femmes, informations rapportée dans notre article du 21 mars?
Pourquoi, si le problème n'est pas si «généralisé», l'ONU vient-elle de produire plusieurs spots en créole pour aider les haïtiennes à se prémunir contre les viols dans les campements de fortune. Spots qui seront diffusé 6 fois par jours, par 7 stations de radio pendant 60 jours et qui expliqueront comment se protéger si elles se font agresser?
Pourquoi le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) est-elle en train de distribuer 17 000 lampes de poche aux femmes et 300 tentes pour créer dans les camps des «espaces sécuritaires pour les femmes» ?
Tout ces moyens mis en œuvres, important mais sans doute insuffisant, démontrent à l'évidence qu'entre les déclarations publique et la réalité la situation concernant les violence sexuelles dans les camps en Haïti est infiniment plus grave.
«Les autorités d'Haïti doivent prioriser le renforcement de la présence policière dans les camps, surtout la nuit, y compris leur capacité à protéger les femmes et les filles contre la violence sexuelle et répondre adéquatement aux cas signalés» a déclaré Chiara Liguori d' Amnesty International.
Michel Martin, le chef du renseignement criminel pour la police de l'ONU, UNPOL explique que «C'est une situation très particulière: des milliers de personnes campent dans des zones où il est difficile de patrouiller. Il y a des cordes et des poteaux partout. La nuit en particulier c'est très, très difficile [...] nous ne pouvons pas patrouiller dans les camps, 24 heures sur 24 et dans tous les camps en même temps. Nous avançons petits pas par petits pas», a-t-il poursuivi.
Amnesty International déplore aussi le manque de refuge dans le pays où les victimes de violences sexuelles pourraient être protégées et avoir accès aux services se soutien indispensables. La réponse d'urgence à cette situation par les ONG internationales présentes en Haïti, ne peut se faire qu'en coordination avec les autorités haïtiennes », a déclaré Chiara Liguori.
Les délégués d'Amnesty International ont rencontré les autorités gouvernementales, y compris le Président de la République, René García Préval, et le Premier ministre, Jean-Max Bellerive. Ils ont eu des entretiens avec le chef de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) et avec divers organismes des Nations Unies opérant en Haïti, locaux et internationaux de défense des droits et les ambassadeurs du Brésil, du Canada et la France en vue de trouver des solutions.
Des moyens et des solutions doivent être mis en place de toute urgence, chaque jour qui passe des femmes et des fillettes haïtiennes deviennent de nouvelles victimes, chaque jour qui passe sans solution, est un jour de trop.
N / Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17328

Jacmel rêve de revoir des touristes

Andrew Gully Agence France-Presse ; Jacmel Les peintres de sa vieille ville et l'eau turquoise de ses plages en avaient fait la capitale touristique d'Haïti. Une liaison aérienne avec Miami était même à l'étude. Mais à l'image des villas coloniales détruites par le séisme, tout est à rebâtir à Jacmel.
Une armée d'employés municipaux, le casque de chantier vert vissé sur la tête, fouillent le lit de la rivière de La Cosse qui traverse la ville et où gisent des tonnes de gravats du tremblement de terre du 12 janvier.

Car ici plus qu'ailleurs dans le pays francophone, les Haïtiens sont déterminés à reconstruire vite pour ranimer le tourisme, moteur économique de cette ville de 40 000 habitants.

Jadis mitraillées par les touristes, de nombreuses façades des vieilles bâtisses en brique de la basse ville se sont effondrées. Un quart des quelque 700 chambres d'hôtels sont en ruine. Et on se demande comment il sera possible de restaurer la splendeur perdue.
Mais pour les habitants de cette cité située au bord de la mer des Caraïbes, à 80 km au sud de Port-au-Prince, soit 3 heures de route, il n'y a pas d'alternative: «Mon rêve est de voir Jacmel tel que je le connaissais avant, que beaucoup de touristes viennent, que l'on rebâtisse le littoral de nos communautés ainsi que nos maisons», dit à l'AFP Georges Metellus, un enfant du pays qui dirige une fondation d'art pour les enfants.
La catastrophe a frappé alors que devait débuter le carnaval, époque où les rues sont habituellement prises d'assaut par les fêtards, comme à Rio de Janeiro, et durant laquelle les tiroirs-caisses sonnent sans discontinuer.
«Pendant la période du carnaval, on gagne normalement assez d'argent pour tenir toute l'année, pour nos enfants, nos familles», raconte à l'AFP Jules André, un artisan qui confectionne des décorations et des masques en papier-mâché pour lesquels Jacmel est réputée.
Prisée par les jet-setteurs américains et européens pendant les années 1960 et 1970, la ville avait ensuite été délaissée par les touristes, victime collatérale de l'instabilité politique chronique du pays.
Depuis peu, les voyageurs occidentaux avaient commencé à revenir, attirés par les charmes de la capitale culturelle d'Haïti, ainsi que par son faible taux de criminalité. Quelque 25.000 touristes avaient ainsi déambulé l'année dernière entre les maisons hautes aux piliers en fonte et la halle couverte du marché, construite en 1895 par «les ateliers et armureries de Bruges».
Et au ministère de la Culture, on veut croire que le projet de vols directs entre Jacmel et Miami verra bien le jour.
Mais «la hausse du tourisme était due aux beaux bâtiments. Si (les Jacmelliens) ne restaurent pas au moins les façades, le tourisme va vraiment en prendre un coup», pense Annie Nocentie, une journaliste américaine qui donne des cours à l'école de cinéma de Jacmel.
«L'économie locale a été ravagée. Cela va prendre des années pour que les gens se sentent suffisamment en sécurité pour revenir en Haïti», ajoute-t-elle, relevant également que Jacmel a non seulement perdu sa clientèle étrangère, mais que la cité a également été désertée par l'élite de Port-au-Prince qui venait se prélasser chaque week-end sur ses plages.
Pour l'un de ses étudiants, Bayard Jean-Bernard, 28 ans, l'esprit de Jacmel s'est éteint avec l'annulation du carnaval.
«On aime cet esprit, cette atmosphère. Elle nous manque cette année».
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201003/25/01-4264278-jacmel-reve-de-revoir-des-touristes.php