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vendredi 20 septembre 2019

La situation exige un Premier ministre expérimenté, crédible avec une réputation exempte d’égratignure, selon le sénateur Joseph Lambert

Le sénateur Joseph Lambert, un temps prétendant à la Primature, ne fait pas de mystère sur ce qu’il pense de Fritz William Michel choisi par le président Jovenel Moïse, plébiscité par la Chambre des députés. Bien qu’il évoque son inconfort de « parler des personnes » et préfère « apprécier les actes », Joseph Lambert partage la position de l’ex-Premier Evans Paul qui croit que Fritz William Michel n’est pas l’homme de la situation. « Je reconnais les grandes difficultés de l'heure et je conviens avec M. Paul que cette situation requiert non seulement une expérience et des capacités mais encore une crédibilité et une réputation exemptes d'égratignure », a confié au journal le sénateur du Sud-Est.

« Depuis les événements des 6 et 7 juillet 2018, l'État, qui ne fonctionne plus, n'est plus contrôlé. Les institutions ne jouissent plus d'aucune confiance auprès de la population. Le président de la République est dépouillé de toute respectabilité et, depuis six mois, il peine à doter le pays d'un gouvernement .Le Parlement survit péniblement avec ses problèmes internes et l'impression qui s'en dégage n'est pas la bonne pendant que nos tribunaux et nos cours font mentir l'allégorie de la femme aux yeux bandés. Tout ce décor pour un peuple aux abois qui côtoie au quotidien l'opulence et l'arrogance d'une minorité », a détaillé Joseph Lambert, soulignant que le temps n’est pas à l’amateurisme.

« Une situation aussi compliquée mérite des interventions majeures et la direction du pays ne peut pas être confiée à des amateurs. Le prochain chef de gouvernement doit être en mesure de combler le très grand déficit du président Jovenel Moïse. Il doit avoir ses bagages et ses valeurs propres, tenant en main un bon carnet d'adresses », a indiqué le sénateur Joseph Lambert.
Roberson Alphonse
https://lenouvelliste.com/article/207107/la-situation-exige-un-premier-ministre-experimente-credible-avec-une-reputation-exempte-degratignure-selon-le-senateur-joseph-lambert

Joseph Lambert : « Chaque pas du président Moïse est un pas vers l'abîme… »

Le président Jovenel Moïse, en mode « suicide politique », avance vers l’abîme. Sans accord politique, conseillé par des alliés dont, Evans Paul, Sainphor Liné Balthazar, le sénateur Joseph Lambert, fraichement passé à l’opposition, redoute le pire pour le chef de l’Etat et pour le pays…
Publié le 2019-09-19 | Le Nouvelliste
Le sénateur Joseph Lambert, interrogé mardi, au second jour d’un nouvel épisode « peyi lòk » et dans le sillage des sorties dans la presse de Sainphor Liné Balthazar, président du PHTK et de l’ex-Premier ministre Evans Paul, a confié au journal que dans l’état actuel des choses, le président Jovenel Moïse avance vers l’abîme et le pays avec lui. « Chaque pas du président est un pas vers l'abîme et, malheureusement, le pays avec lui », a-t-il indiqué.
« Il s'est laissé guider par une certaine conception du pouvoir et, à la Chambre des députés, il a composé avec sa majorité parlementaire pour compliquer davantage la situation », a poursuivi le sénateur Joseph Lambert, soulignant que le président Jovenel Moïse « n'a pas une conscience de la réalité de notre pays »; il n’a su mesurer la vraie dimension du problème haïtien, s'en remettant « à ses impressions naturellement sans portée ». « J'ai tenté l'ultime pour son mandat, j'ai voulu éviter le pire à mon pays. J'ai suggéré, j'ai proposé, j'ai agi et les réponses muettes ont plutôt encouragé le pourrissement », a déploré le sénateur du Sud-Est, qui a rompu de manière fracassante avec le président Jovenel Moïse.
Pas de salut dans le « suicide politique »
Comme Evans Paul et Sainphor Liné Balthazar, l’ex-président du Sénat Joseph Lambert appelle le président Jovenel Moïse à œuvrer en faveur d’un accord politique avant qu’il ne soit trop tard et pour évider le suicide politique. « Il faut absolument un accord politique, un bon, un vrai, qui tient compte de nos énormes problèmes, de la meilleure façon de les évaluer et des bonnes formules pour les résoudre cette fois. J'insiste pour des raisons de principe et d'opportunité. Il y a d'une part les sacrifices extraordinaires du peuple haïtien, d'autre part, la stratégie sans cesse renouvelée des forces de l'opposition et enfin l'entêtement improductif du président Jovenel Moïse. Nous n'avons pas besoin d'attendre une plus grande catastrophe avant de conclure un accord politique. Les conséquences pourraient être trop fortes pour le pays qu'il faut préserver par dessus tout et le président de la République doit comprendre qu'il n'y a pas de salut dans le suicide politique », a indiqué le sénateur Joseph Lambert.
Pourquoi un accord ?
« Les défis sont nombreux devant nous. Parce que nous n'avons pas su prendre la bonne direction, nous sommes devant un dilemme. Le pays vit une crise gouvernementale et il y a plusieurs échéances que nous ne pouvons pas honorer compte tenu des conditions et du temps. La 50e législature, l'espace d'un trimestre, touche à sa fin pour être renouvelée avec une portion du Sénat et les collectivités territoriales aussi. Ce sont des faits de notre vie politique qui, autant qu'ils se répètent, semblent commander une réforme constitutionnelle. J'ajoute immédiatement la nécessité pour qu'une telle œuvre s'accompagne de projets porteurs qui tiennent compte de nos erreurs et de nos fautes», a indiqué Joseph Lambert, estimant que « nous devrions prendre prétexte de cette conjoncture pour poser des actes majeurs et initier la nouvelle gouvernance » .
Les choses, telles qu'elles sont à l'heure actuelle, a poursuivi Joseph Lambert, ne permettent pas ce nouveau départ s'il ne survient pas un accord politique. Je souhaite que les esprits apaisés, la lucidité revenue, les acteurs politiques ou économiques, assistés des élites intellectuelles parviennent à la tenue d'un dialogue vrai pour un accord politique qui annonce la nouvelle république pour Haïti. Dans notre champ politique, il y a beaucoup trop d'orateurs et trop peu d'implication», selon le sénateur Joseph Lambert, qui s’est exprimé sur les sorties de Evans Paul et de Sainphor Liné Balthazar.
Evans Paul et Sainphor Liné Balthazar se sont acquittés d’un devoir citoyen…
« Evans Paul est un acteur politique crédité d'une expérience politique longue et riche. Liné Balthazar, depuis quelques bonnes années, vit dans le monde politique haïtien et il est l'actuel président du PHTK qui a conduit Jovenel Moïse à la présidence. Je sais qu'ils ont travaillé avec le président Jovenel Moïse et qu'ils ont essayé en vain de limiter les dégâts. Certainement, ils ont évalué le danger qui, aujourd'hui, menace Haïti et les Haïtiens. Ils ont décidé de livrer au public leur compréhension de la conjoncture. Ils se sont acquittés d'un devoir citoyen en expliquant ce qu'ils ont fait, pourquoi ils l'ont fait et en indiquant aussi ce qui, pour eux, peut constituer une voie de sortie», a indiqué Joseph Lambert dans cet entretien avec le journal .
Auteur: Roberson Alphonse
https://lenouvelliste.com/article/207106/joseph-lambert-chaque-pas-du-president-moise-est-un-pas-vers-labime

Jovenel Moïse se tait, travaille, ne se passera pas du Sénat et part dimanche pour l'Assemblée générale de l'ONU

Plus d’un mois depuis que le chef de l’Etat ne fait aucune déclaration publique. La dernière apparition en public de Jovenel Moïse remonte au 14 août dernier dans la commune de Léogâne quand il devait participer à la remise des diplômes à la base militaire Anacaona à 15 officiers, 50 aspirants sous-officiers et 250 soldats qui composent la nouvelle version des Forces armées d’Haïti (FAd’H). Selon un proche du président, même s’il ne fait pas de déclaration, Jovenel Moïse rencontre et discute avec les secteurs de la société en vue de trouver une solution à la crise politique.
Alors que le pays est dans une situation de paralysie totale concernant toutes ses activités depuis plus de quatre jours et fait face à une pénurie d’essence depuis environ quatre semaines, le président de la République ne pipe mot. Disparu des radars depuis le 14 août dernier, Jovenel Moïse se fait rare, une grande première depuis son arrivée au pouvoir le 7 février 2017. Même si on ne l’entend pas, « le président avait fait de la pénurie d’essence une priorité », a fait savoir mercredi au Nouvelliste une source proche du chef de l’État au Palais national.
« L’information qu’il faut surtout retenir au-delà du silence du président, c’est que la cargaison d’essence est arrivée comme prévue au pays», insiste notre source.
Notre contact au Palais national a souligné qu’il n’y aura pas d’augmentation des prix dans les prochains jours des produits pétroliers à la pompe. Toutefois, il a reconnu que des réflexions et des discussions sont en train d’être faites sur une éventuelle hausse des prix de l’essence sur le marché local.
S’agissant du long silence du président de la République, notre contact proche de Jovenel Moïse a fait savoir que ce dernier ne veut pas parler pour parler. « Il y a une crise politique dans le pays, le président se concentre sur le problème, il rencontre et discute avec tous les acteurs afin de trouver une solution », a-t-il avancé.
Interrogé sur la proposition de sortie de crise du sénateur Dieupie Chérubin supportée par plusieurs de ses collègues qui conseille au chef de l’État d’installer dans ses fonctions le Premier ministre nommé Fritz William Michel et les membres de son gouvernement sans passer par le Sénat, notre source au Palais national a déclaré que « jamais le président de la République n’acceptera une telle proposition. Le président est prisonnier du Parlement. Il n’ira jamais à l’encontre des prérogatives du Parlement », a soutenu notre source proche de Jovenel Moïse.
Notre contact a souligné aussi que Jovenel Moïse se prépare à se rendre à New York la semaine prochaine pour participer à la 74e session de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies qui se déroule cette année autour du thème : « Dynamiser les efforts multilatéraux pour l'éradication de la pauvreté, l'éducation de qualité, l'action contre le changement climatique et l'inclusion. »
Par ailleurs, les réseaux sociaux ces derniers jours les internautes se questionnent régulièrement sur le silence du président de la République.
https://lenouvelliste.com/article/207100/jovenel-moise-se-tait-travaille-ne-se-passera-pas-du-senat-et-part-dimanche-pour-lassemblee-generale-de-lonu

Des civils armés remarqués dans plusieurs endroits à P-au-P ce jeudi

En début de la journée du jeudi 19 septembre, des individus lourdement armés ont été remarqués dans certains quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Cela a été le cas au Boulevard Harry Truman, non loin de Village de Dieu et à bas Delmas. Des vidéos circulent sur les réseaux sociaux, des citoyens s’inquiètent.
Armes à feu en main, cagoulés, une dizaine de jeunes défilaient entre Delmas 18 et Delmas 16, quartiers contrôlés par Jimmy Cerisier alias « Barbecue », ancien policier et membre d’un groupe armé de la zone. Certains d’entre eux plaçaient des pneus et des barricades pour obstruer la circulation sur l’autoroute de Delmas. La scène a été filmée discrètement par un riverain. « Gadon peyi ! Oh ! (Quel pays, ndlr)», lance avec désolation un autre citoyen à la fin de la séquence.
Cette scène s'est déroulée à quelques mètres du quartier général du Corps d'Intervention et de Maintien d'Ordre (CIMO) et des locaux de l'Inspection Générale de la PNH, se trouvant entre Delmas 4 et Carrefour de l'Aviation. Durant toute la journée, plusieurs automobilistes qui fréquentaient l'endroit ont été rançonnés. Le journaliste Wadson Désir a fait d'ailleurs une publication sur Facebook après avoir vécu un moment de panique. "Dieu merci je suis sorti sain et sauf. C'était une imprudence de ma part", a-t-il écrit.
A peu près au même moment, sur le Boulevard Harry Truman, au Bicentenaire, les hommes armés de Village de Dieu offraient leur spectacle. Juste en face du bâtiment logeant le bureau de l’Electricité d’Haïti (ED’H), un individu muni d’une arme lourde qui se réclame de « Baz 5 Segond », enregistrait une vidéo. Sur les images parvenues à la rédaction, on voit et entend des jeunes qui courent s'abriter alors qu’un camion de police se trouve à quelques mètres.
Pas de véhicule, ni de motocyclette, encore moins de piéton. De Théâtre National jusque devant le parquet de Port-au-Prince, l’endroit était quasi désert ce jeudi 19 septembre. Le Bicentenaire se présentait comme une zone livrée aux bandits armés, qui ne cessent d'y régner en maitres et seigneurs.
Parallèlement, une autre vidéo circulant sur les réseaux sociaux, montre plusieurs boites de cartouches étalées sur un lit, et d’autres empilées sur le sol. A visage couvert, un homme montre les munitions, d'autres discutent entre eux. Tout près, une arme de calibre T-65 est également visible. Des images qui ont suscité des émois sur la toile et provoqué un sentiment d’inquiétude chez des citoyens, à la veille d'une journée de mobilisation gouvernementale prévue ce vendredi.
Pour ce jeudi, Port-au-Prince a offert un visage pâle. S’il est vrai qu’une reprise timide des activités est constatée dans certains endroits de la région métropolitaine, les parents quant à eux, ont préféré garder leurs enfants chez eux jusqu'à présent, pour ne pas les exposer aux dangers.
http://www.loophaiti.com/content/des-hommes-armes-remarques-dans-plusieurs-endroits-port-au-prince?fbclid=IwAR0wN399E5n2IQ8bWB7Tngq9tFwVu6y_My1ltT3tFgLaY4UKOY9Yzh4uWqk