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mercredi 25 janvier 2012

HAÏTI: La nationalité du président Martelly - scandale ou écran de fumée?

par Patrick Elie
De la Nationalité

La question de la nationalité fait de nouveau la une de nos journaux et autres médias. Le Sénateur Moïse Jean-Charles a en effet lâché une véritable bombe sur une scène politique déjà passablement agitée: notre Président serait un Italo-Américain et plusieurs des membres du gouvernement Conille détiendraient plus d'une nationalité. C'est le plus récent scandale sorti du chapeau de nos politiciens et directeurs d'opinion, pour semaine après semaine, nous hypnotiser et détourner notre attention des problèmes réels de ce pays, qui sont pourtant si profonds et nombreux.
C'est établi: l'Haïtien est nationaliste et orgueilleux. Qui pourrait le lui reprocher, compte-tenu du prix extrême payé par nos ancêtres, pour transformer le camp de concentration appelé Saint Domingue en une patrie.
Je me revendique Haïtien, mais j'abhorre le nationalisme dont se gargarisent ceux qui encombrent et polluent le discours médiatique. Nous venons tout juste d'en avoir un exemple à l'occasion de l'inauguration du campus de Limonade. Je précise “campus” et non “université”. En fait, le terme exact devrait être “complexe immobilier” de Limonade. Mais peu importe ! Cependant, parler de “l'Université de la Honte” ou de la giffle assénée à notre pays par la République Dominicaine, relève de la plus crasse bêtise. Un cadeau s'accepte avec élégance et gratitude, puis s'utilise avec efficacité. En aucun cas, il ne saurait servir de “casus belli” entre deux peuples dont tout l'intérêt est de vider progressivement leurs contentieux et de saisir l'occasion de développer leur solidarité. Il faut remarquer que ce nationalisme est aussi sélectif qu'exacerbé; il ne s'exerce que contre les “petits pays” les plus proches de nous. Nos ténors nationalistes sont requarblement silencieux devant les cadeaux de l'Espagne, de la France et des États-Unis, trois pays qui nous ont pourtant causé le plus de torts. “Dan pouri gen fòs sou banann mi”. Affaire de visas sans doute.
En outre, je me sens très mal à l'aise face à une nationalité basée sur le sang. Scientifiquement, cela ne tient pas la route. Il n'y a pas de races humaines, seulement une espèce de bipèdes assez étranges, tous également doués pour le langage et la connerie. On a beaucoup insisté sur leur propension à s'affronter sous des prétextes divers, à se traiter mutuellement d'animaux, voire de démons. La réalité est qu'ils n'ont cessé d'inter-copuler, avec toujours le même résultat: ni une nouvelle espèce, ni un mûlet, ni un mûlâtre, ni un mutant mais tout simplement un humain, avec la même impressionante capacité pour la communication et la connerie.
Je hurle en silence, chaque fois que j'entends insulter Toussaint Louverture, en l'affublant du titre de “Génie de la Race”, ou Dessalines de “Défenseur de la Race”. L'un comme l'autre étaient des génies et défenseurs de l'humanité, point boule. Réduire ces deux géants à une dimension qu'ils ont contesté au prix de leur vie, me paraît extraordinairement irrévérencieux.

La nationalité fondée sur le sang. Quelle bêtise !
De ce nationalisme là, on glisse imperceptiblement, vers le national-socialisme, le fascisme, le racisme et l'intolérance. J'attends avec angoisse la résurgence du terme: “Haïtien authentique”.
Un de mes amis soufre d'anémie aplasique. Il doit être transfusé au Canada, chaque 15 jours. Vous imaginez bien qu'il n'est pas très regardant sur la nationalité de ses donneurs. Mais qui est-il aujourd'hui ? Depuis le temps que dure son épreuve il n'a plus une goutte de ce sang précieux transmis par une mère ou un père, eux-mêmes Haïtiens d'origine et “n'ayant jamais renoncé à leur nationalité”. Est-il condamné à ne plus servir le pays où il est né et auquel il n'a pas cessé de vouer sa vie ? Un éternel touriste à la peau bronzée ?
Faut-il rappeler à nos nationalistes de service, que pas un des héros de l'Indépendance n'était “Haïtien d'origine”; ni Makandal, ni Pétion, Toussaint ou Dessalines. Quant aux sublimes va-nus-pieds, ils étaient en majorité des Africains pur jus, nés hors Saint-Domingue. Ces héros que nous ne cessons de célébrer ont forgé eux-mêmes une patrie, au prix “du sang de la sueur et des larmes”, plutôt que d'accepter la nationalité dont la France proposait de les affubler. Et si j'ai bien compris la Constitution de 1805, elle insistait sur le patriotisme plutôt que sur la nationalité. Très tôt après la proclamation de l'Indépendance, des Haïtiens sont partis se battre et verser leur sang pour libérer les pays de notre Amérique, qui leur en gardent encore reconnaissance.
D'ailleurs, l'histoire mondiale nous offre bien des exemples de ces hommes et femmes qui se sont battus, ont sacrifié volontairement leurs vies pour des pays où ils n'étaient pas nés.
Faut-il rappeler le glorieux épisode des Brigades Internationales, qui ont mobilisé des milliers de volontaires de nombreux pays, pour la défense de la République Espagnole contre les fascistes dirigés par Franco et appuyés par Hitler et Mussolini ?
Le groupe Manouchian, résistant à l'occupation nazie de la France a été immortalisé par le poème “L'Affiche Rouge” de Louis Aragon, plus tard mis en musique par Léo Ferré. Sur les 23 membres du groupe qui furent capturés et exécutés, par la Gestapo seuls 3 étaient de nationalité française. Ont-ils moins mérité de la France que les miliciens de Vichy, nés de père ou de mère français “n'ayant jamais renoncé...”
Plus près de nous, Che Guevara offre un exemple encore plus saisissant de la dissociation entre nationalité et patriotisme. Né Argentin, il a participé au Guatemala au mouvement de Jacobo Arbenz, est devenu l'un des 5 Commandantes de la Révolution cubaine, s'est battu au Congo contre la dictature de Mobutu, avant d'être assassiné en Bolivie.
Les nationalistes de chez nous qui vocifèrent le plus, sont en même temps les plus fervents admirateurs de nos tuteurs Nord-Américains. Certains sont même allés jusqu'à fonder un “Club Barak Obama” en Haïti, et tous tiennent à leur visa ou à leur “green card”, plus qu'à la prunelle de leurs yeux.
Ils oublient sans doute, que si les USA sont devenus et restent encore hégémoniques, tant des points de vue économique, scientifique et militaire, c'est en grande partie pour avoir été peu regardants sur l'origine ou la nationalité de qui pouvait contribuer au progrès du pays. Ainsi, Einstein, juif allemand, Enrico Fermi, Italien, qui ont tous les deux joué un rôle déterminant dans le développement de l'arsenal et de l'industrie nucléaires américains. On peut ajouter à cette liste, Modibo Diarra, le Malien. En politique on peut citer Henry Kissinger, né en Allemagne; Zbigniew Brzezinski le Polonais et Madeleine Albright native de la Tchécoslovaquie. Le premier a été sous Nixon, le Ministre des Affaires Étrangères le plus influent de la seconde moitié du 20ème siècle. Brzezinski a servi Jimmy Carter comme principal conseiller en sécurité nationale, il a été entre autre l'architecte de la normalisation des relations avec la Chine et des accords de Camp David. Quant à Madame Albright, elle a représenté le régime Clinton et les États-Unis à l'ONU.
La plupart d'entre nous sommes fiers de Michaëlle Jean, qui a été Gouverneur-Général du Canada, donc Chef d'État de ce pays où des milliers de nos compatriotes ont émigré pour des raisons diverses et se sont signalés par leur contribution au développement de leur société d'acceuil. Ils on été médecins, savants, enseignants à tous les niveaux et mêmes maires et députés, car jamais le Canada n'a refusé leur apport, au prétexte de leur lieu de naissance. Pour revenir à Madame Jean, dont l'attachement à sa patrie d'origine ne peut être mis en doute, rappelons qu'elle est Haïtienne de sang, Française par le mariage et Canadienne par naturalisation. Dans notre pays toujours singulier, mais de moins en moins beau, elle eût été crucifiée pour cette triple appartenance, si jamais elle avait prétendu postuler la mairie de Jacmel.
Nous nous obstinons, au nom d'un nationalisme viscéral, à priver notre patrie de la compétence et du patriotisme patiemment engrangés dans notre diaspora, mais également de la contribution d'étrangers d'origine, sincèrement attachés à la cause haïtienne. Haro, sur qui n'est pas Haïtien de sang ! Pourtant des diplomates et dirigeants d'ONG qui n'ont ni affection ni respect pour nous, dirigent notre vie quotidienne et balisent notre futur, depuis le contenu de nos assiettes, jusqu'au budget de l'État et au formatage de notre force publique.

Constitution et Nationalité
La Constitution de 1987 est un tissu d'incohérences et d'incongruités, élaboré par une dictature militaire, surtout préoccupée de garantir les privilèges de la soldatesque, quitte à jeter quelques os démocratiques à un peuple assoifé de changement. Les ambiguités de cette charte, les différences entre ses versions Créole et Française, sont devenues le fond de commerce des juristes, constitutionalistes et autres politologues qui prétendent nous faire la leçon.
Aujourd'hui, que nous avons, non pas une mais trois Constitutions (en Français non-amendée, en Français amendée et en Créole intouchée), nos experts se déchaînent. Cependant, la vérité est toute simple: la Constitution de 1987, si pointilleuse quant à la nationalité du Président de la République, celle du Premier Ministre, des Députés et Sénateurs, est muette sur celle des Délégués et Vice-Délégués, des membres de la Cour de Cassation, des Commandant-en Chef des FAd'H et de la PNH, du Protecteur du Citoyen, et est plutôt vaseuse sur les membres d'ASEC, les maires, le Conseil Électoral Permanent etc... Quoi d'étonnant que dans un tel marécage, les crocodiles se meuvent avec tant de souplesse.
A la Commission sénatoriale, récemment formée, je recommanderais de se concentrer sur la nationalité du Chef de l'État et celle du Premier Ministre, plutôt que de se lancer dans une chasse tout azimut, équivalant de fait à noyer le poisson. Si l'un ou l'autre de ces plus hauts fonctionnaires détenait de fait une autre nationalité, il devrait être condamné, non sur cette base, mais pour avoir délibérément trompé leurs concitoyens.
Le nationalisme est une revendication tonitruante et souvent creuse, le patriotisme un engagement, un don de soi. La nationalité est un héritage, alors qu'une patrie se mérite, c'est une conquête permanente. L'être humain n'est pas ce qu'il naît, mais ce qu'il fait.
Pour ma part, je n'aurais aucun problème à être dirigé par un Chef de l'État serbo-croate, pourvu qu'il aie démontré, hors de tout doute, son engagement pour la démocratie et le progrès en Haïti. Un patriote en somme.
Patrick Elie fut secrétaire d’État à la Sécurité publique (1994-1995) sous Jean-Bertrand Aristide.
Patrick Elie est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.
http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=28843
Commentaires:
En honneur à la liberté d'expression , nous publions ce document tout en faisant remarquer que les arguments de l'auteurs restent assez superficiels et farfelus. Le problème avec la nationalité de Michel Martelly ce n'est va au-delà de sa propre nationalité sinon il s'agit du respect de la Constitution. C'est la Constitution qui nous dit qu'il faut être haïtien pour briguer la première magistrature de l'Etat. Elle peut être nulle ou imparfaite mais il faut commencer par la respecter car elle prévoit un cadre "constitutionnel" pour modifier les dispositions erronées ou inadaptées.

Haïti-France : Lamothe promet d’intégrer les futurs cerveaux haïtiens

Paris, 23 janv. 2012 [AlterPresse] --- Le ministre haïtien des affaires étrangères, Laurent Lamothe, en visite d’exploration à Paris, promet aux étudiants haïtiens en France la solidarité du gouvernement, lors d’une rencontre le 22 janvier, apprend AlterPresse. Laurent Lamothe promet également la mise en place d’un programme pour faciliter leur intégration dans l’administration publique après leurs études.
Le ministre Lamothe assure aux jeunes haïtiens qui poursuivent leurs études supérieures en France que le gouvernement Martelly /Conille est là pour eux et avec eux au cours de la rencontre qui s’est déroulée à l’Académie diplomatique internationale (ACI) dont Haïti est membre depuis 1935.
« Vous avez la solidarité du gouvernement, le gouvernement est solidaire avec vous ! », déclare Laurent Lamothe en la circonstance.
Lamothe a été accompagné de la ministre au tourisme, Stéphanie Villedrouin, du ministre du commerce, Wilson Laleau, et de celui de la planification et de la coopération externe, Jude Hervé Day. Des parlementaires étaient aussi de la partie.
Présentant la jeunesse estudiantine haïtienne en France comme l’avenir du pays, Laurent Lamothe promet de créer un climat qui permettra à ces futurs cadres de se mettre au service d’Haïti, particulièrement après leur formation en niveau de maitrise et de doctorat.
La fuite des cerveaux haitiens est un phénomène qui tend à s’accroitre depuis ces dernières années. Loin d’être endiguée, cette fuite avait déjà soulevé des promesses en 2005, alors qu’on estimait que 125 mille cadres haitiens résidaient au Canada.
« Le nouveau gouvernement va tout faire pour vous accompagner et pour vous aider. Nous allons mettre en place un programme d’excellence (au niveau de certains ministères) … », affirme le titulaire du ministère des affaires étrangères.
Ce programme consistera à octroyer un stage à trois étudiants considérés comme meilleurs dans chaque domaine d’étude.
Le secteur privé des affaires sera également appelé à prendre part à cette démarche, toujours selon les propos du chancelier haïtien.
Par ailleurs, il annonce, lors de la rencontre, la construction d’infrastructures sociales, gouvernementales et scolaires pour l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne, à hauteur de 200 millions de dollars.
Cette somme provient de l’accord pétro-caribe, sorte de crédit accordé par le Vénézuela à Haïti sur l’achat de certains produits pétroliers. [do rh kft gp apr 23/1/ 2012 13 :30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12257

Haïti-Minustah : Enquête sur deux cas d’abus sexuels impliquant des casques bleus

P-au-P., 24 janv. 2012 [AlterPresse] --- La mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) a annoncé avoir pris connaissance de deux cas d’allégations graves d’exploitation et d’abus sexuels qui auraient été commis par des éléments de son personnel de police. « Conformément à la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies en la matière, une enquête a immédiatement été ouverte », indique la Minustah dans un communiqué transmis à AlterPresse.
Aussitôt informé de ces allégations, le Commissaire de police de la Minustah, a relevé les suspects de leurs fonctions à titre conservatoire, ajoute le communiqué.
Cette mesure a été prise afin de prévenir tout contact de ces derniers avec la population et d’empêcher toute tentative d’ingérence dans le déroulement de l’enquête, explique la Mission.
Le quartier général de l’organisation des Nations Unies (Onu), à New York, a dépêché une équipe d’enquête en Haïti, laquelle est arrivée le samedi 21 janvier 2012 dans le pays.
« En tant que Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, et en ma qualité de chef de la Minustah, je tiens à réitérer mon engagement à faire respecter la politique de tolérance zéro en matière d’ ;abus commis par le personnel de la Mission », assure le chef civil de la Minustah, Mariano Fernández Amunátegui.
Par ailleurs, le ministère haïtien des affaires étrangères et des Cultes vient de demander à la Minustah d’apporter des éclaircissements à propos de la situation de soldats uruguayens accusés de viol l’année dernière sur le jeune haïtien, Johnny Jean, à Port-Salut (Sud).
Ces derniers jours, les médias de la capitale ont rapporté que les 5 soldats uruguayens concernés dans cette affaire ont été libérés par la justice de leur pays.
Par la suite, la porte-parole de la Minustah, Sylvie Van den Wildenberg, a annoncé que cette libération n’est que conditionnelle.
Au début du mois de septembre 2011, l’affaire Johnny Jean a soulevé la consternation dans la société haïtienne. Plusieurs personnalités et institutions, dont le parlement, ont exprimé leur indignation par rapport à cet acte qu’elles ont qualifié d’odieux.
D’autre part, en automne 2007, 108 soldats du bataillon sri lankais de la Minustah ont été impliqués dans des abus sexuels sur des mineures en Haïti. Ces militaires ont été rapatriés suite à un rapport d’enquête des services de contrôle internes de l’Onu.
Des organisations de femmes ont exigé en vain la publication de ce rapport et le public n’a pas été informé de la suite donnée à cette affaire au Sri Lanka. [gp apr 24/01/2012 08:00]http://www.alterpresse.org/spip.php?article12263

Haïti- Rép. Dominicaine : Consensus autour de la réouverture immédiate de la frontière haïtiano-dominicaine

P-au-P, 23 janv. 2012 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien et celui de la République dominicaine envisagent la réouverture immédiate de la frontière haitiano-dominicaine à Jimani / Malpasse suite à sa fermeture par des transporteurs dominicains en signe de protestation, annonce un communiqué émanant du bureau de presse du ministère haïtien des affaires étrangères. La frontière haitiano-dominicaine à Jimani / Mappasse a été fermée par les syndicalistes dominicains les 21 et 22 janvier 2012 après une altercation impliquant un chauffer dominicain et un agent de la Police Nationale d’Haïti (PNH).
Les pourparlers ont été engagés par une délégation haïtienne composée des secrétaires d’Etat des affaires étrangères, Pierre-Richard Casimir, de la sécurité publique, Réginald Delva, d’un membre de cabinet du ministère de l’intérieur, des collectivités territoriales et de la défense nationale et des cadres des deux ministères.
Cette délégation, qui s’est rendue à Malpasse le dimanche 22 janvier 2012, a entamé des négociations avec l’ambassadeur de la République dominicaine en Haïti, Ruben Silié Valdez, et d’autres représentants.
Une rencontre est prévue pour ce mardi 24 janvier à Port-au-Prince, réunissant les représentants des gouvernements haïtien et dominicain et les syndicalistes des deux pays, en vue de trouver une solution définitive à la problématique du transport transfrontalier, annonce-t-on. [emb kft gp apr 23/01/2012 15:05]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article12261

PEROU – Trafic d’haïtiens rescapés du séisme en direction du Brésil : 254 arrestations à la frontière entre le Pérou et le Brésil

Agenzia Fides , le 25 janvier 2012 Madre de Dios (Agence Fides) – Il s’agit de victimes des trafiquants d’êtres humains qui spéculent sur le séisme qui a bouleversé Haïti voici deux ans. Ainsi que Fides l’apprend de l’Eglise locale, depuis 10 jours environ, 254 immigrés haïtiens rescapés du séisme de 2010 se trouvent bloqués à la frontière entre le Pérou et le Brésil, dans la ville péruvienne d’Iñapari, attendu que la police brésilienne interdit l’accès à son pays.
Les haïtiens sont arrivés à Iñapari (ville du sud-est de la forêt péruvienne) en suivant la route considérée comme « la plus économique », passant par le Panama et traversant le Pérou clandestinement. Ils se trouvent dans des conditions désespérées, sans papiers, et parmi eux se sont présents également des femmes et des enfants. L’Eglise locale s’est mobilisée pour assurer l’accueil : la majorité d’entre eux a été prise en charge par la Paroisse locale et c’est la communauté catholique du lieu qui pourvoit à leur nourriture et à leur entretien alors que d’autres se trouvent dans un camp de réfugiés mis en place par le gouvernement régional de Madre de Dios.
Iñapari se trouve dans la région de Madre de Dios, dans le triangle de frontière entre le Pérou, le Brésil et la Bolivie. Il s’agit de l’une des villes enregistrant l’un des taux de pauvreté les plus élevés de la nation. Le maire d’Iñapari, Celso Curi, a déclaré publiquement que cette situation a altéré la vie de sa petite cité, qui compte seulement 2.000 habitants et n’a pas les moyens d’assister de manière digne de si nombreux réfugiés.
Le Curé de la ville péruvienne, le Père René Salizar, a indiqué que, depuis 2010, environ 8.000 haïtiens ont passé la frontière à Iñapari pour se rendre au Brésil, payant chacun jusqu’à 3.200 dollars aux trafiquants qui organisent le transfert depuis Haïti. A partir du 12 janvier dernier, le gouvernement brésilien a fixé un plafonds de 100 visas de travail par mois pour les immigrés haïtiens et la police a intensifié les contrôles. Depuis lors, les haïtiens ne parviennent plus à passer la frontière.
Le Père Salizar demande aux gouvernements du Pérou et du Brésil de trouver une solution à ce problème, comme signe de respect des droits humains des haïtiens, frappés par le séisme et victimes des trafiquants. (CE) (Agence Fides 25/01/2012)
http://www.chretiente.info/201201253539/perou-trafic-dhaitiens-rescapes-du-seisme-en-direction-du-bresil-254-arrestations-a-la-frontiere-entre-le-perou-et-le-bresil/

Cergy-Pontoise : Une conférence sur la situation d’Haïti le 28 janvier à l’université


« Haïti, deux ans après » : c'est le thème de la prochaine conférence de l'université de Cergy-Pontoise, le jeudi 26 janvier à 18h. Dans le cadre du programme « Université Ouverte », plusieurs spécialistes reviendront sur la situation sanitaire d'Haïti. L'université de Cergy-Pontoise (UCP) accueillera le jeudi 26 janvier à 18h une conférence intitulée « Haïti, deux ans après », dans le cadre de son programme « Université Ouverte ».
Deux ans après le séisme qui a fait 230 000 morts et 1,2 millions de sans-abri, de nombreux spécialistes témoigneront. Ils dresseront un bilan de la situation sanitaire du pays et tenteront d'indiquer des solutions pour améliorer la condition des Haïtiens.
Philippe Joseph, spécialiste en stratégie des pathologies infectieuses et praticien hospitalier à l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne, Laurent Carius, chirurgien cervico-faciale et membre de médecins sans frontières, Yannique Mervius, conseillère au collectif « Aubervilliers pour Haïti » et Huguette Marcellin, vice secrétaire de ce même collectif seront les principaux invités.
L'ambassade d'Haïti sera également présente.
« Haïti, deux ans après », jeudi 26 janvier à 18h.
Site universitaire des Chênes, Salle des conférences, 33, boulevard du Port 95011 Cergy-Pontoise
Tarifs : 4 € la séance, 30 € l’abonnement annuel, gratuit pour les lycéens, les enseignants, les étudiants, les demandeurs d’emploi et les personnels de l’université de Cergy-Pontoise sur présentation d’un justificatif.
Renseignements et réservations : 01 34 25 63 79 –universite.ouverte@ml.u-cergy.fr -http://universiteouverte.u-cergy.fr/
http://www.vonews.fr/article_16197

Pamela Anderson met sa Range Rover en vente pour Haïti

Pamela Anderson, la sirène de Malibu en maillot rouge, joue la carte de l'artiste engagée. La blonde soutient la noble cause de l'acteur Sean Penn et son association Haitian Relief Organisation en mettant en vente sa voiture sur eBay.
Les enchères sont ouvertes pour la vente de sa Range Rover achetée en 2007.

Pamela, qui reste toujours aussi sexy en bikini, utilise Twitter pour faire augmenter les enchères et ainsi récolter un maximum de fonds pour les Haïtiens démunis. Elle poste une photo de son bolide suivi d'un message : "Ce que j'ai fait, j'ai regardé dans mon allée et j'ai compris que je n'avais pas besoin de deux véhicules.
Je veux partager une partie de mon confort avec ceux qui n'en ont pas ! A part quelques égratignures sur la chaise du conducteur, à cause de Tommy Lee à qui je l'ai prêtée, tout est intact !" Si elle peut par la même occasion lancer des piques à son ex, pourquoi se priver ?
Il reste quatre jours avant la fin de la vente. Pour l'instant, les enchères ont atteint les 30 000 dollars. Et pour rendre la vente plus alléchante, l'actrice use de son charme en déclarant que si le prix atteignait les 50 000 dollars, elle remettrait les clefs en personne à l'acheteur !
http://www.letelegramme.com/people/pamela-anderson-met-sa-range-rover-en-vente-pour-haiti-23-01-2012-1575576.php

L’origine du choléra en Haïti : on a trouvé l’irresponsable !

•Par Claire Magone, membre du Crash
Deux études scientifiques parues l’été dernier ont confirmé l’origine de l’épidémie de choléra qui a frappé Haïti en octobre 2010 : celle-ci a bien été provoquée par la présence d’une quantité massive de la bactérie Vibrio cholerae dans le delta de la rivière de l’Artibonite, en provenance des égouts du campement des soldats de la Minustah. Avant d’être déployé en Haïti, ce contingent avait lui-même été exposé au Népal à une épidémie de choléra de souche similaire en septembre 2010.
Soutenu par des avocats exigeant des compensations, un groupe de victimes s’est constitué et impute aujourd’hui la responsabilité de l’épidémie de choléra « à la négligence flagrante et l'indifférence délibérée des Nations unies pour la santé et la vie des citoyens haïtiens ». Dans le même temps, une ONG qui travaille en Haïti a mis la main sur l’irresponsable parfait. Dans un article paru dans une revue scientifique (1), Partners in health affirme en effet que le premier cas de choléra (ou en tous cas un « des premiers cas importants ») est celui d’un homme de 28 ans habitant Mirabelais, ville abritant le campement des Nations unies d’où s’est propagée l’épidémie. D’après l’ONG, cet homme était atteint d’une « maladie psychiatrique sévère non pris en charge ». Bien « qu’ayant accès à l’eau potable dans sa maison, [il] vagabondait nu à travers la ville durant le jour et se baignait et buvait l’eau de la rivière ». L’homme serait mort 24 heures après l’apparition des premiers symptômes, contaminant les personnes s’étant occupées de sa dépouille.
Pour les auteurs de l’article, cette découverte est riche d’enseignements pour l’amélioration de la santé publique globale, dans la mesure où la déficience mentale de cette personne l’aurait amenée à boire l’eau de la rivière. Ainsi pour éviter qu’une épidémie de ce type ne se reproduise, l’enjeu serait donc de repérer et de prendre en charge les comportements déviants, comme celui de ce malheureux malade mental irresponsable qui, sans le savoir, aurait causé la mort de plus de 7000 personnes.
L’utilisation de l’eau de la rivière comme eau de boisson et de lavage n’est pourtant pas un phénomène marginal en Haïti, mais une pratique courante de l’ensemble de la population. L’importation de l’épidémie de choléra par la Minustah est sans doute riche d’enseignements pour la santé publique globale. Mais elle questionne avant tout les procédures de contrôle des infrastructures et du personnel des organismes d’aide étrangers, comme les possibilités de réparation des dommages que ces organismes peuvent provoquer. En insistant sur l’irresponsabilité d’un individu au comportement déviant, Partners in health, dont le co-fondateur, Paul Farmer, n’est autre que l’envoyé spécial adjoint des Nations unies pour Haïti depuis 2009, chercherait-il à faire diversion autour d’un fait divers ?
(1) publié ce mois-ci dans le American journal of tropical medicine and hygiene, revue à comité de lecture, non disponible en ligne.
Photo © Reuters
http://humanitaire.blogs.liberation.fr/msf/2012/01/par-claire-magone-membre-du-crash-deux-%C3%A9tudes-scientifiques-parues-l%C3%A9t%C3%A9-dernier-ont-confirm%C3%A9-lorigine-de-l.html