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mercredi 31 mars 2010

Haiti : Allocution du Premier Ministre Haïtien Jean-Max Bellerive

Haiti : Allocution du Premier Ministre Haïtien Jean-Max Bellerive
Madame le Secrétaire d'État des États Unis,
Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies,
Madame la Gouverneure Générale du Canada
Mesdames et Messieurs les Ministres haïtiens et des pays amis,
Monsieur le Représentant Spécial de la CARICOM,
Monsieur le Gouverneur de la Banque Centrale
Mesdames et Messieurs les Chefs de délégations,
Monsieur le Président de la Banque mondiale,
Monsieur le Président de la Banque interaméricaine de développement,
Messieurs les Présidents du Sénat et de la Chambre des Députés,
Mesdames, Messieurs les Représentants des Collectivités Territoriales,
Mesdames et messieurs les représentants du secteur privé haïtien,
Mesdames et messieurs les représentants des ONG,
Distingués collègues du Gouvernement,
Mesdames et messieurs,
Chers amis

UN PAS DE PLUS DANS LA LUTTE DU PEUPLE HAÏTIEN
Nous nous retrouvons ici ce matin à l'invitation des États Unis d'Amérique et des Nations Unies pour faire un pas de plus dans la lutte du peuple haïtien pour se relever de ce terrible désastre qui a frappé le pays tout entier.
Un pas de plus, puisque nous poursuivons la démarche solidaire entreprise avec nos partenaires de la communauté internationale en nous concertant à Santo Domingo sur l'immédiat, sur les moyens de faire face à l'horreur dans les jours et les semaines qui ont suivi le 12 janvier 2010.
Puis, dès le 25 janvier, la Conférence de Montréal, à l'initiative du Canada, nous a permis de jeter les bases de ce dialogue politique et de cette coopération technique pour unir nos efforts dans l'identification du « quoi et du comment faire ». Nous y avons posé les principes devant guider notre action, affirmer le leadership haïtien et réitérer que notre action devait être régie par les principes de la Déclaration de Paris.
C'est d'ailleurs au terme de cette conférence que la Secrétaire d'État, Madame Hillary Clinton a lancé l'invitation de nous réunir ici à New York pour prendre des engagements sur la reconstruction de notre pays, sur la refondation d'Haïti, comme le Chef de l'État, son Excellence René Préval, a eu l'occasion d'en exprimer toute la portée historique il y a quelques minutes.
Enfin, avant cela, nous nous sommes rencontrés de nouveau à Santo Domingo pour avancer sur le cadre d'une plus grande coordination de nos efforts conjugués.
Face à l'élan de solidarité sans précédent manifesté alors, le peuple haïtien avait compris, dès le lendemain du séisme, qu'il n'était pas seul. Nous confirmons maintenant que nos partenaires sont toujours là, qu'ils sont ici ce matin pour inscrire, dans la durée, ce pacte de responsabilité mutuelle pour remettre Haïti sur la voie du développement.
LE PLAN D'ACTION POUR LE RELÈVEMENT ET LE DÉVELOPPEMENT D'HAÏTI : LE FRUIT D'UNE LARGE CONSULTATION
C'est pour moi un honneur de vous soumettre le Plan d'Action pour le Relèvement et le Développement d'Haïti. Ce plan est une proposition haïtienne, issue de larges consultations entre l'Exécutif, le Corps législatif, le secteur privé, les ONG, la diaspora et, évidemment avec vous, partenaires de la communauté internationale.
Je prends un instant pour souligner l'apport de toutes ces consultations qui ont été menées à l'initiative d'institutions nationales et internationales, des efforts du secteur privé haïtien qui a soumis des propositions que le Président de la République a eu l'occasion de saluer lors d'un grand rassemblement la semaine dernière à Port-au-Prince. Que dire aussi des initiatives de la diaspora pour analyser la situation et formuler des recommandations.
Il y a quelques jours, ici meme à New York, plus d'une centaine d' ONG se sont réunis pour apporter leur contribution à cet effort collectif de réflexion et d'action. Elles sont des partenaires essentiels dans la reconstruction. Nous devons trouver ensemble les moyens de développer les synergies pour optimiser nos actions communes.
Je dois aussi faire état du dialogue constructif que, nous de l'Éxécutif, avons eu avec les représentants du Corps Législatif au cours des derniers jours afin d'unir nos efforts, dans le strict respect de nos responsabilités constitutionnelles respectives, pour arriver à un consensus le plus large possible sur les moyens de terminer la phase de l'urgence, de lancer celle du relèvement et de projeter dans l'avenir la vision que nous avons du devenir de ce pays.
Voilà pour la partie haïtienne, mais comme je l'ai dit plus tôt, nous n'étions pas seul. Ce Plan n'aurait pu être développé sans la contribution exceptionnelle de l'Équipe du Post Desaster Needs Assessment qui a travaillé durant des semaines pour nous aider à prendre toute la mesure de l'ampleur des pertes et dommages subis et suggérer des moyens de relever les défis multiples causés par le séisme.
Bien sûr le Plan ne peut faire écho à toutes ces suggestions et recommandations puisque d'une part, ces initiatives sont très récentes, certaines ont eu lieu durant le week-end dernier, mais surtout parce qu'il est du devoir de l'État de prendre les décisions qui s'imposent et de faire les choix, souvent déchirants, entre les diverses options. Cela ne veut pas dire, bien entendu, que le processus consultatif est terminé. Bien au contraire, il nous faudra à chaque étape écouter pour mieux nous adapter et puiser les solutions dans les idées partagées avec les uns et les autres.
Nous l'avions dit dès le début, c'est le pragmatisme qui nous guide dans ces choix qui n'ont d'autres buts que d'améliorer le sort de nos concitoyens et concitoyennes.
Permettez-moi d'abord de faire une remarque liminaire. Ce plan définit les actions à prendre pour faire face aux conséquences du séisme. Il est une partie fondamentale de l'action gouvernementale, il n'est pas toute l'action gouvernementale.

LES GRANDES COMPOSANTES DU PLAN DE RELÈVEMENT ET DE DÉVELOPPEMENT NATIONAL
Dans ce plan, nous avons voulu faire trois choses :
D'abord distinguer trois horizons, trois moments dans notre action.
Ensuite, proposer un programme d'action portant sur la fin de l'urgence (pas de l'humanitaire) et sur la gestion du relèvement et,
Enfin, Convenir avec nos partenaires des mécanismes de gestion des moyens à mettre en œuvre pour atteindre nos objectifs.
DISTINGUER TROIS TEMPS
L'immédiat
Notre premier horizon porte essentiellement sur les six prochains mois. Nous voulons durant cette période apporter l'appui aux sinistrés et soutenir la capacité du Gouvernement à assurer ses fonctions, à assumer son leadership. Cette étape porte largement sur ce qu'il convenu d'appeler l'aide humanitaire urgente. Nous devons dépasser ce stade dans les prochains mois et assurer par les circuits normaux l'approvisionnement de la population et reprendre en charge, avec l'appui de nos partenaires, le logement des sinistrés et l'accueil des populations déplacées dans les différentes régions du pays. Comme nous devons agir dans l'immédiat, il faut assumer les manques à gagner causés par le séisme et fournir au Gouvernement, les ressources nécessaires pour combler le déficit budgétaire creusé par les diminutions draconiennes des recettes fiscales. Le pays doit retrouver la normalité de sa vie économique et il nous faut appuyer le redressement du système financier durement touché Il faut aussi lui donner la capacité de rouvrir les écoles, de rétablir le système de santé et de lancer des initiatives pour créer des emplois, il y va de la légitimité de l'État. Finalement il nous faudra améliorer la prévention et la gestion des risques et des désastres. Notre pays est situé dans une zone vulnérable aux cyclones et ouragans. La vulnérabilité au séisme vient encore assombrir le tableau. Nous devons protéger notre population et notre environnement. Il nous faut être prêt pour la prochaine saison cyclonique
Les dix-huit prochains mois Les dix-huit prochains mois permettront de mettre en œuvre le programme pour la gestion du relèvement du pays. Le Plan est formulé dans notre document sous les thèmes des quatre refondations essentielles, celle du territoire, celle de l'économie, celle de nos services sociaux, incluant les investissements dans notre culture et la refondation de nos institutions Nous indiquons pour chacune d'entre elle les priorités et les domaines d'interventions ainsi que l'estimé des coûts afférents pour chaque « chantier ». Au plan territorial, notre objectif est sans équivoque. Il faut arriver à redéployer la population sur l'ensemble du territoire. Nous allons bien sûr reconstruire les zones dévastées, mais nous accorderons une importance à la création de pôles régionaux forts, dotés des infrastructures capables d'appuyer le développement économique, organisés à partir d'un plan d'aménagement du territoire. Ces pôles gravitent autour de villes importantes du pays, mais englobent une dynamique régionale qui va bien au-delà des zones urbanisées. Il nous faudra compléter le maillage routier pour relier ces zones à fort potentiel entre elles, ouvrir les voies commerciales, créer les incitatifs pour une qualité de vie moderne dans les régions.

REFONDATION ÉCONOMIQUE
Pour la refondation de notre économie, nous misons sur la relance de la production nationale avec un accent important sur l'agriculture. Il nous faut accroître la part de la production nationale dans les habitudes alimentaires des Haïtiens et Haïtiennes. En plus, et étroitement reliés à la création des pôles économiques, le développement des industries de transformation et des filières du textile devrait nous permettre de fournir des emplois de qualité, seule garantie durable de la population dans une région. Le secteur privé doit , bien entendu, pouvoir jouer sa partition. Encore faut-il créer les conditions favorables à son expansion et à sa rentabilité. Pour cela, nous allons renforcer les institutions financières, faciliter le crédit et nous doter de lois et de règlements favorables au développement des affaires. Tout ce développement projeté ne sera possible que si l'Électricité est disponible en quantité et en qualité suffisante, ce qui implique une capacité accrue de production, l'interconnexion de nos réseaux de transport et de distribution d'électricité. Nous avons avancé sur la question des barèmes. Nous continuerons d'améliorer la gestion technique et commerciale de l'énergie.

REFONDATION SOCIALE
Au plan social, il nous faut aborder des champs nouveaux d'intervention. Nous voulons faire de la culture un des moteurs de cette refondation en investissant dans la créativité de nos concitoyens, en renforçant la cohésion sociale par le partage d'une culture qui sait se renouveler sans oublier ses racines profondes. On ne peut prétendre progresser sur le plan social sans offrir à nos concitoyens l'accès à un logement décent, à une éducation fondamentale, à la formation technique et à l'enseignement supérieur sur l'ensemble du territoire. L'investissement dans notre capital humain, notre plus grande richesse par sa jeunesse, sa créativité n'aurait de sens sans une déserte complète des soins de santé sur l'ensemble du territoire et sans la présence de services spécialisés dans tous les chefs lieux de département. Pour le mettre en valeur, il faut créer massivement des emplois. Dans les mois qui viennent, l'accent sera mis sur des emplois à haute intensité de main d'œuvre, notamment par les travaux dans les infrastructures agricoles, l'aménagement des bassin versant et les emplois créés par le déblaiement des débris dans les zones dévastées. Il nous faudra trouver les moyens d'assortir ces emplois à de la formation vocationnelle et technique pertinente pour transformer cette corvée nationale en une entreprise de développement des compétences. Finalement, il n'est pas de santé publique sans une politique d'accès à l'eau potable, d'assainissement et de traitement des déchets solides dans les principales concentrations urbaines du pays.

La REFONDATION INSTITUTIONNELLE
La refondation institutionnelle porte d'abord sur nos institutions démocratiques. Elles doivent mieux fonctionner. L'unité d'action, la solidarité nécessaires en ces temps de crise doivent nous inciter à redoubler d'efforts pour harmoniser nos relations, faire prévaloir le bien commun et apprendre à travailler différemment. Les échéances constitutionnelles qui sont à nos portes demandent que l'on mette en place les mécanismes requis pour favoriser la mise en place de conditions humaines et matérielles décentes de travail des parlementaires. La présence de partis politiques disposant des moyens indispensables à leur fonctionnement doit aussi figurer dans notre tableau des priorités. Le redémarrage des institutions étatiques, la normalisation des effectifs de la police nationale dans les perspective d'avant séisme et la dotation adéquate en équipements est un impératif au fonctionnement approprié d'un État de droit qui assure les libertés individuelles et collectives ainsi que les droits de la personne sur l'ensemble du territoire national. Finalement nous devons établir une culture de transparence et de reddition de comptes qui rende la corruption impraticable sur le territoire. La démarche a déjà été bien engagée au cours des dernières années. Il nous faut aller plus vite et plus loin et nous sommes résolus à prendre les moyens nécessaires avec le concours de nos partenaires pour y arriver. Voilà un programme certes ambitieux pour les dix-huit prochains mois. Mais nous avons une obligation de résultat. Il faut créer le momentum nécessaire pour faire une différence, créer une masse critique qui donne espoir aux Haïtiens et aux Haïtiennes dans leur avenir. J'ai toutes les raisons d'être fier d'être haïtien face au courage, au calme avec lequel mes concitoyens et concitoyennes font face au défi hors du commun que l'histoire, la géographie et la politique ont dressé devant eux. Nous leur devons de créer les conditions de l'espoir dans l'avenir.

L'AVENIR AU DELÀ DES 18 MOIS
Nous avons partagé notre vision sur le devenir d'Haïti dans la durée. Nous avons énoncé ce rêve Celui de voir Haïti comme un pays émergeant d'ici 2030, société de la simplicité, équitable, juste et solidaire, vivant en harmonie avec son environnement, sa culture et une modernité maîtrisée où l'État de droit, la liberté d'association et d'expression et l'aménagement du territoire sont établis, dotée d'une économie moderne, forte, dynamique, compétitive, ouverte et à large base territoriale, où l'ensemble des besoins de base de la population sont satisfaits et géré par un État unitaire, fort, garant de l'intérêt général, fortement déconcentré et décentralisé. Il continue de nous inspirer. Pour le concrétiser, il faudra utiliser ces dix-huit mois qui sont devant nous pour planifier les programmes et les actions déterminantes capables de concrétiser ces progrès nécessaires. À Santo Domingo, nous avons évoqué le chiffre de 34 milliards de dollars sur dix ans. C'est un ordre de grandeur qui préfigure l'ampleur des investissements qui seront requis, tant par l'aide publique au développement que par les investissements privés, nationaux et étrangers. Mais, je vous le rappelle le Plan présenté aujourd'hui porte sur les 18 prochains mois.

LES MÉCANISMES DE GESTION DU PLAN
Nous avons beaucoup discuté au cours des dernières semaines sur les mécanismes de gestion, nommément la création d'une Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti et la mise en place d'un Fonds Fiduciaire Multi-Donateurs. Nous avons progressé et nous nous sommes entendus pour prendre des actions. Le Chef de l'État a mentionné les actions prises pour formaliser le cadre légal. Le dépôt d'un projet de loi est fait à l'Assemblée Nationale, des projets d'Arrêté circulent. Du côté de l'international, le Président Clinton a accepté l'invitation du Président Préval de co-présider le Conseil de la CIRH. On s'entend sur la composition du Conseil. Il reste des aspects organisationnel à régler, mais nous sommes sur la bonne voie. Di côté du Fonds Fiduciaire, la Banque mondiale a été désigné comme agent fiscal pour le fonds. Une entente est intervenue entre la Banque mondiale, les Nations Unies et la BID sur le partage des rôles et responsabilités. Il reste à harmoniser les mandats respectifs de ces deux entités. Je vous propose pour ce faire que nous nous donnions un échéancier rapproché pour arriver à une entente dans les meilleurs délais. Il faut agir et arriver à un compromis acceptable pour les uns et pour les autres. Ces instruments devraient nous permettre d'arriver à une nouvelle dynamique de coopération. Les expériences que nous avons étudiées (Aceh, Afghanistan, Irak) se sont toutes avérées déficiences à un égard ou à un autre. Nous devons faire mieux.

ATTENTES QUANT AUX ENGAGEMENTS
Pour y arriver, les ressources doivent être disponibles. C'est pourquoi nous demandons dans notre plan un appui budgétaire conséquent de 350 millions de dollars pour les six prochains mois de manière à faire face à nos responsabilités. Nous vous demandons dans ce plan de réunir vos ressources dans le Fonds Fiduciaire de manière à arriver à une forme de coordination réelle qui permette la mise en œuvre d'un véritable programme d'investissements publics. Nous demandons des ressources qui avoisinent les 4 milliards de dollars sur les dix-huit prochains mois pour arriver à cette masse critique tellement nécessaire pour créer ce momentum, faire cette différence que nous avons évoquée. Il nous faut innover. Les conditions favorables sont là et nous devons réussir. Haïti est un pays qui doit se relever. D'autant que je puisse en juger par votre présence ce matin la volonté politique d'agir et de nous accompagner dans la durée est manifeste. La taille du pays permet de concrétiser le « Saut qualitatif » nécessaire. Nous devons aplanir nos différents, surmonter nos difficultés, instaurer le climat de confiance, de transparence et de probité.

Cela est possible. 

Vous avez décidé d'écouter et d'accompagner Haiti. Le gouvernement et le peuple d'Haïti est maintenant à votre écoute
Merci de votre attention

Les pays donateurs promettent 9.9 milliards de dollars à Haïti

Les pays donateurs ont promis 9.9 milliards de dollars pour la reconstruction d'Haïti lors de la conférence du 31 mars. Ce montant dépasse les espérances les plus optimistes des organisateurs de la conférence consacrée à la reconstruction d'Haïti.
" Les Etats membres se sont engagés à verser 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, et 9,9 milliards au total pour les trois prochaines années et au-delà" a annoncé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. " Aujourd'hui la communauté internationale a répondu présente, de manière spectaculaire, aux côtés d'Haïti et de son peuple", s'est réjoui M. Ban. " Maintenant vient le tour de la mise en oeuvre, de la réalisation de notre promesse et de la transparence. Nous devons assurer que l'argent arrive à Haïti en temps voulu et garantir qu'il soit dépensé de manière avisée et coordonnée", a-t-il insisté.
L'Union européenne a fait état d'un engagement total de 1,235 milliard d'euros, soit environ 1,6 milliard de dollars. Le gouvernement américain représenté par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, s'est engagé à verser 1,15 milliard de dollars.
Le Canada, un des principaux partenaires d'Haïti, a promis 400 millions de dollars canadiens (390 millions US). Le Brésil, qui assure le commandement de la Mission de l'ONU pour la stabilisation en Haïti (Minustah), a promis 172 millions de dollars, destinés essentiellement au secteur de la santé.
D'autre part, la Banque mondiale a promis 250 millions de dollars supplémentaires et annoncé l'annulation de la dette d'Haïti estimée à 39 millions. Au cours des 15 prochains mois la Banque Mondiale accordera une aide de 479 millions de dollars d'ici à Haïti.
Les sommes promises devraient représenter un premier versement sur un montant total de 11,5 milliards de dollars estimés pour la reconstruction sur 10 ans d'Haïti.
LLM 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17391

Un policier tué à Port-au-Prince

Une patrouille policière a été attaquée ce mercredi dans le centre commercial de Port-au-Prince. Un policier a été tué, et quatre autres ont été blessés lors de cette attaque.
Selon le porte-parole adjoint de la Police Nationale, Gary Desrosier, les bandits armés ont eu le temps de prendre la fuite après avoir commis leur forfait.
Tout en annonçant l'ouverture d'une enquête dans le cadre de cette affaire, Monsieur Desrosiers précise que la victime est un agent 1 et il appartenait à la 18e promotion.
Par ailleurs, le porte-parole de l'institution policière, indique que plus de 370 arrestations ont été effectuées durant le mois de mars. Parmi les personnes arrêtées figurent de nombreux évadés du Pénitencier National.
EJ/ Radio Métropole Haiti 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17388

Ban Ki-moon nomme Edmond Mulet à la tête de la MINUSTAH en Haïti


Comme l'avait annoncé Nancy Roc, en scoop sur Radio Métropole, le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon, a nommé aujourd'hui M. Edmond Mulet, du Guatemala, comme son Représentant spécial, et Chef de la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH).
M. Mulet succède ainsi à Hédi Annabi, de la Tunisie, qui a péri tragiquement le 12 janvier 2010 au cours du tremblement de terre survenu en Haïti.  Le Secrétaire général demeurera éternellement redevable à Hédi Annabi, qui, dans les mémoires, restera l'un des responsables les plus énergiques et dévoués qu'ait connus l'Organisation.  L'engagement de Hédi Annabi, sa diligence et son intégrité, ont inspiré et marqué toute une génération de fonctionnaires des Nations Unies et continueront de représenter une référence incontournable pour tous les fonctionnaires internationaux.
M. Mulet était depuis août 2007 Sous-Secrétaire général aux opérations de maintien de la paix et Chef du Bureau des opérations.  Depuis le 14 janvier dernier, il était Représentant spécial et Chef de la MINUSTAH par intérim.  Dans les semaines qui ont suivi le séisme, il a démontré un sens remarquable du leadership, et, grâce à sa force, sa détermination, sa clairvoyance et sa capacité de résilience, il a facilité les efforts de la famille des Nations Unies, du peuple d'Haïti, des Gouvernements de la région et de la communauté internationale dans son ensemble.
De juin 2006 à août 2007, M. Mulet avait déjà occupé les fonctions de Représentant spécial et Chef de la MINUSTAH.  Avant cette nomination, il était diplomate et législateur dans son pays, le Guatemala, occupant diverses fonctions d'Ambassadeur auprès de l'Union européenne et des États-Unis.  Il a de plus travaillé comme membre du Congrès national du Guatemala pendant 12 ans, y compris en tant que Président de cette institution.  Au cours des années passées dans la législature guatémaltèque, M. Mulet a contribué activement aux processus de paix en Amérique centrale, aux Accords d'Équipollas, et aux Négociations de paix guatémaltèques.
M. Mulet a fait ses études au Guatemala, au Canada, aux États-Unis et en Suisse.  Outre ses activités dans la fonction publique, il a travaillé pendant de nombreuses années comme journaliste et conseiller juridique auprès d'institutions publiques et d'organismes privés. N/ONU/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17386

68 000 ménages en Haïti ont reçu des semences et des outils agricole.


La première série de distributions de la FAO, a ciblée 60,000 familles d'agriculteurs dans le sud d'Haïti et les départements du Sud-Ouest qui ont été directement touchés par le séisme du 12 Janvier. Les agriculteurs ont reçu, ou recevra au cours des prochains jours, des kits essentiels de céréales, de légumineuses, de graines de légumes et d'outils.
Un autre montant de 5 millions de dollars d'intrants essentiels pour les familles rurales, sera distribué à la fin de Juin. La FAO envisage de donner aux agriculteurs 1,500 tonnes de semences de cultures vivrières, deux tonnes de semences de légumes, 100 000 plants de bananiers, deux millions de boutures d'igname, mille tonnes d'engrais et 95 000 outils.
40 000 autres ménages bénéficiaires ont été ciblés par la FAO dans l'Artibonite,, le centre agricole d'Haïti, qui subit d'énormes pression sur ses ressources locales, en particulier la nourriture, à cause des dizaines de milliers de familles déplacées en provenance de Port-au-Prince.
Environ 60% des ménages déplacés sont dirigés par des femmes et beaucoup d'entre elles souhaitent relancer la production agricole et s'engager dans des activités de petit commerce. La FAO envisage de cibler 50 000 autres ménages dans le reste d'Haïti pour la saison estivale.
Le Brésil, la Belgique, le Fonds central d'intervention, la Fondation Clinton, le Fonds d'intervention d'urgence de secours, de la Finlande, l'Irlande, la Commission européenne, le FIDA et l'Espagne ont réaffecté des fonds du programme de la FAO avant le séisme afin de répondre à la nouvelle crise.
«Nous avons obtenu des intrants pour consolider la plantation printanière, mais les besoins à l'échelle nationale ne sont pas encore comblé, a déclaré la FAO, par la voix de José Maria Sumpsi, sous-Directeur Général pour la coopération technique,
«Nous avons atteint ces objectifs en raison de l'appui généreux des bailleurs de fonds. Le Brésil par exemple, a fait un don en nature de semences de base qui peuvent être multipliées dans le pays, et qui a contribué à accélérer la chaîne d'approvisionnement en semences».
Le Brésil est parmi les principaux donateurs à l'effort de secours de la FAO en Haïti, contribuant pour 2,3 millions de dollars. La plantation printanière compte pour environ 60 % de la production annuelle du pays. l'objectif de ces distributions est d'aider les agriculteurs afin qu'ils cultivent leurs aliments de façon que moins d'aide alimentaire soit nécessaire.
Le Pôle Agriculture, impliquant 121 organisations non-gouvernementales et les organisations internationales impliquées dans l'agriculture et coordonnée par la FAO, prévoit de distribuer 2 200 tonnes de légumineuses, 3,450 tonnes de semences de céréales, 30 millions de racines et tubercules et 7,5 tonnes de semences de légumes d'ici la fin de l'année. Ces aides couvrent 25% pour cent de la production des intrants essentiels d'Haïti estimé à l'échelle nationale et est nindispensable pour donner une impulsion à la production alimentaire en Haïti.
«Il est important non seulement d'accroître la production alimentaire nationale, mais aussi de donner de l'espoir aux familles déplacées et locales afin qu'elles restent dans les zones rurales, comme le Gouvernement d'Haïti voudrait [..] Pour cette raison, nous espérons que les bailleurs de fonds, au cours des prochaines semaines et mois, vont accroître leur soutien au secteur agricole, a-t-il ajouté José Maria Sumpsi.
L'agence espère recevoir davantage de fonds pour contribuer à ces besoins importants. La FAO a reçu à ce jour 13,5 millions de dollars en financement pour l'agriculture en Haïti, seulement 30 pour cent des 45 millions de dollars qu'il demandait pour les besoins immédiats.
N/ Radio Métropole Haïti

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17384

Haiti : Allocution d'ouverture de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton


SECRETARY CLINTON: Thank you very much, Secretary General, and thank you for your leadership and your personal commitment to this international endeavor.
President Preval, to you and the members of your government, we thank you for the extraordinary work that you have done leading up to this point.
To former President Clinton, with whom I first went to Haiti many years ago about two months after we were married, thank you for taking on another assignment from the Secretary General.
And to all of the countries and international institutions represented here, thank you. Thank you for the immediate response to the overwhelming catastrophe that afflicted the Haitian people and thank you for your continuing commitment.
We have had over 140 nations working to support the Government of Haiti in delivering food, temporary shelter, and medical care to thousands of survivors. But the emergency relief is only the beginning of what will be a long road to recovery, as the Secretary General just pointed out; one that will require global support.
Some people wonder, “Why Haiti? Why this great outpouring of international humanitarian concern and commitment to Haiti's future? Why is Haiti's fate of such consequence to the region and the world that it deserves sustained help? Why should we hope that this time, with our collective assistance, Haiti can achieve a better future?” These are questions that deserve answers and I believe that this conference will begin to do so.
The humanitarian need, we know, is great. Therefore, as fellow human beings, we respond from a position of conscience and morality to help those who, but for the grace of God, we could be in a world where natural disasters are often unpredictable, inflicting great costs. Haiti was a country of 9 million people before the earthquake. Today, more than a quarter of a million of those people have died. More than a million are homeless. Hundreds of thousands live in temporary camps without enough food or sufficient access to sanitation. Nearly every government agency has been destroyed along with universities, hospitals, and primary schools, which we know are the foundations to a nation's long-term progress. Close to a million young people were preparing to enter the job market within five years. Now their opportunities have crumbled while the need for jobs has multiplied.
Before the earthquake, Haiti was on a path to progress. The government, led by President Preval, had started enacting critical reforms. Haiti's economy grew by nearly 3 percent last year. Two international chains launched new hotels, a sign of a rising tourism industry. New factories were opening and others had been contracted to begin production. But with the earthquake, the results of much of this hard work were wiped away. But the people of Haiti never gave up. As they mourn their losses, they gathered the resources they had left and began working around the clock to put their lives and their country back together. They relied on the strength and the spirit that have carried them through tough times before. But they need our help. They cannot succeed without the support of the global community, and we need Haiti to succeed. What happens there has repercussions far beyond its borders.
There are two paths that lie before us. If Haiti can build safe homes, its citizens can escape many of the dangers they now face and return to more normal lives. If Haiti can realize broad-based, sustainable economic growth, it can create opportunity across the country beyond Port-au-Prince so Haitians don't have to move to their capital or leave their country to find work. If Haiti can build strong health and education systems, it can give its people the tools they need to contribute to their nation's progress and fulfill their own God-given potentials. If Haiti can create strong, transparent, accountable institutions, it can establish the credibility, trust, and stability its people have long-deserved. And if Haiti can do all of those things with our help, it will become an engine for progress and prosperity generating opportunity and fostering greater stability for itself and for countries throughout the hemisphere and beyond.

But there is another path that Haiti could take, a path that demands far less of Haiti and far less of us. If the effort to rebuild is slow or insufficient, if it is marked by conflict, lack of coordination, or lack of transparency, then the challenges that have plagued Haiti for years could erupt with regional and global consequences. Before the earthquake, migration drained Haiti of many talented citizens, many of whom live in our country. If new jobs and opportunity do not emerge, even more people will leave.

Before the earthquake, quality healthcare was a challenge for Haiti. Now, it is needed even more urgently. Haiti has the highest rate of tuberculosis in the hemisphere, the highest rate of HIV, the highest rates of infant, child, and maternal mortality, one of the highest rates of child malnutrition. And with the public health system now shattered, those numbers will climb. The lack of sanitation services could cause outbreaks of lethal illnesses. And the lack of reliable medical services could give rise to new drug-resistant strains of disease that will soon cross borders.

Before the earthquake, hunger was a problem for Haiti. Years of deforestation had stripped the land of its rich topsoil and people struggled to grow or purchase enough food to feed their families. The riots over food that broke out in 2008 toppled Haiti's government. Now, food is even more scarce, and people more desperate.

Before the earthquake, security was a challenge for Haiti, and a United Nations peacekeeping mission, MINUSTAH, helped promote the rule of law. Now the dedicated UN workers in Haiti have suffered terrible losses. So have the Haitian National Police, which were building their ranks and their capacity. With so much destruction and dislocation, security is even more tenuous. Drug trafficking is a half a billion dollar a year industry in Haiti. It thrives on political and social instability. Trafficking in human beings is also rampant. Tens of thousands of children are trafficked in Haiti every year, and now even more are vulnerable.

Now, each of these problems directly affects the people of Haiti, but they indirectly affect us all. And if they worsen, it is not only the people of Haiti who will suffer. Yet I have great confidence in the resilience of the people of Haiti. Their history has tested them and now they are being tested again. So are Haiti's leaders, in whom I also have great confidence. So we are called to do better than we have in the past. Many countries here have helped Haiti in the past. Many NGOs have helped Haiti in the past. We cannot do what we've done before.

The leaders of Haiti must take responsibility for their country's reconstruction. They must make the tough decisions that guide a strong, accountable, and transparent recovery. And that is what they are starting to do with the creation of a new mechanism that provides coordination and consultation so aid can be directed where it is most needed. And we in the global community, we must also do things differently. It will be tempting to fall back on old habits - to work around the government rather than to work with them as partners, or to fund a scattered array of well-meaning projects rather than making the deeper, long-term investments that Haiti needs now. We cannot retreat to failed strategies.
I know we've heard these imperatives before - the need to coordinate our aid, hold ourselves accountable, share our knowledge, track results. But now, we cannot just declare our intentions. We have to follow through and put them into practice. Therefore, this is not only a conference about what financially we pledge to Haiti. We also have to pledge our best efforts to do better ourselves - to offer our support in a smarter way, a more effective way that produces real results for the people of Haiti.
So let us say here, with one voice, we will pass this test for us. To that end, the United States pledges 1.15 billion for Haiti's long-term recovery and reconstruction. This money will go toward supporting the Government of Haiti's plan to strengthen agriculture, energy, health, security, and governance. We are committed to working with the people and organizations throughout Haiti, including civil society groups, private businesses, NGOs, and citizens. And I'm very glad to see so many of them represented here today.
We will also be looking for ways to engage our Haitian diaspora. Haitian Americans have much to contribute to this effort. And we will seek specifically to empower the women of Haiti. I've said this so many times that I know I sound like a broken record, but investing in women is the best investment we can make in any country. And investing in the Haitian women will fuel the long-term economic recovery and progress, not only for them, but for their families.
Over the years, all of our countries have learned many lessons, particularly from the tsunami that the United Nations was instrumental in leading the response to. Now, we must put those lessons to work in Haiti. I'm very excited and very committed on behalf of President Obama, the Government of the United States, and the people of the United States to help Haiti and to help the leaders of Haiti lead a recovery effort worthy of their highest hopes.
Thank you so much, Secretary General. (Applause.)
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Haiti : Allocution d'ouverture du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon

Monsieur le Président [René Préval], Madame la Gouverneure générale [Michaëlle Jean], Madame la Secrétaire d'État [Hillary Clinton], [Monsieur l'Envoyé spécial [Bill Clinton]],Mesdames et Messieurs,
Bonjour et bienvenue à l'Organisation des Nations Unies, où nous sommes réunis pour une occasion importante.
Nous apprécions vivement votre participation, et comptons sur votre soutien généreux.
Nous sommes ici par solidarité avec Haïti et les Haïtiens, peuple résistant et courageux , qui a tant souffert et mérite aujourd'hui notre aide.
Le Président Préval appelle à juste titre ce moment critique un « rendez-vous avec l'histoire ».
C'est le moment où nous nous rejoignons sous la bannière d'un pacte mondial pour la construction d'un nouvel Haïti, un Haïti transformé.
For weeks, experts have been assessing the needs and costs of the January 12 disaster.
In tandem, President Préval, Prime Minister Bellerive and their government have worked out the blueprint for a national strategic plan, a plan to guide Haiti's recovery and reconstruction.
He will present that vision in a moment.
And I am sure you will agree that it deserves our full and generous support.
As a plan for action, it is concrete, specific and, above all, ambitious.
Our goal is not just to rebuild. It is to “build back better.”
Again to quote the President, it is a plan to create a “new Haiti.”
A Haiti where the majority of people no longer live in deep poverty, where they can go to school and enjoy better health , where they have better options than going without jobs or leaving the country altogether.
Under this plan, a new Interim Haiti Recovery Commission will channel $3.9 billion into specific programmes and projects during the next 18 months. Over the next ten years, Haiti's reconstruction needs will total an estimated $11.5 billion.
Clearly, this assistance must be well-invested and well-coordinated.
In parallel with reconstruction, it must provide for continuing emergency relief: food, sanitation, health care and, most urgently at this moment, shelter.
You are all aware how difficult the situation is right now. The rainy season is fast approaching. Some camps for displaced persons are at risk of flooding. Health and sanitation issues are growing more serious.
We are also very concerned about the security situation in some of the camps, especially for women and children.
I therefore appeal for further support for the Revised Humanitarian Appeal for $1.4 billion, currently only 50 percent funded.
As we move from emergency aid to long-term reconstruction, let us recognize that we cannot accept business as usual.
What we envision, today, is wholesale national renewal, a sweeping exercise in nation-building on a scale and scope not seen in generations.
In partnership with the United Nations, Haiti's leaders are committing to a new social contract with the people.
Mesdames et Messieurs, Excellences,
Cela suppose un gouvernement pleinement démocratique;
Des politiques économiques et sociales de lutte contre l'extrême pauvreté, et contre les disparités de richesse profondément enracinées, un pouvoir judiciaire indépendant et une société civile vigilante qui garantissent l'universalité des droits de l'homme;
Des programmes qui permettent aux femmes d'assumer pleinement leurs rôles de chefs de famille, de dirigeantes d'entreprise, de décideuses.
Ce nouveau partenariat repose sur les principes de la bonne gouvernance, de la transparence, de la responsabilité mutuelle.
De la responsabilité entre gouvernants et gouvernés, entre secteurs privé et public, entre Haïti et la communauté internationale.
It requires fresh approaches to old problems.
Among them: investments that create jobs, modeled on the UN's own cash-for-work programmes, as well as incentives for people to relocate from Port au Prince to cities and villages elsewhere in the country.
Today, you will rise in solidarity with Haiti.
By the end of this day, I am confident we will truly have helped Haiti along the road to a new and better future.
Thank you. 

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Les pays arabes vont annoncer un don de 100 millions de dollars

Les pays arabes vont apporter une contribution généreuse à l'Organisation des Nations Unies au cours de la Conférence internationale des donateurs sur Haïti, ont déclaré les ambassadeurs de l'Arabie saoudite, du Qatar, du Koweït, d'Oman et Émirats arabes unis.
Le Ministre des Affaires étrangères de la république Dominicaine, Morales Troncoso, a participé hier à un déjeuner à New York ou était présent les ambassadeurs des 22 pays membres de la Ligue Arabes représentées aux Nations Unies. À la sortie de ce déjeuner, Morales Troncoso a annoncé que la Ligue Arabes allait consacré 100 millions de dollars à la reconstruction d'Haïti.
Les diplomates arabes ont convenu la nécessité d'une cohérence et d'une coordination en Haïti. «Faute de cohérence et de coordination, ces aides feront double emploi, et quand il y a chevauchement, il y a des retards », ont déclaré l'ambassadeur du Maroc, Mohammed Loulichki, et l'ambassadeur d'Arabie Saoudite, Khalid Alnafizee.
N/ Radio Métropole Haïti 
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L'UE et les USA s'engagent pour 3,100 millions de dollars

L'Union européenne (UE) et les États-Unis ont convenu aujourd'hui de contribuer pour près de 80% des 3.800 millions de dollars demandé par Haïti pour la première phase de reconstruction et de développement.
«Ce plan, va bien au-delà de la reconstruction, de la décentralisation, des investissements dans l'agriculture, dans l'éducation ou dans les infrastructures», a déclaré Catherine Ashton, haut représentant de la politique étrangère européenne, dans son discours, en annonçant l'engagement de l'Union Européenne de fournir 1.235 millions d'euros (1.600 millions dollars). Elle a appelé à un nouveau cadre juridique en Haïti afin d'attirer les investissements, et un «nouveau contrat social» pour faire progresser l'élimination de la pauvreté.
Washington, de son côté, s'est engagé à fournir 1.500 millions de dollars du montant demandé aujourd'hui par le Secrétaire général des Nations Unies pour Haïti, a déclaré Hillary Clinton, qui a dit que ces fonds seront utilisés pour promouvoir la production agricole dans le pays, renforcer la sécurité et améliorer le fonctionnement du gouvernement.
Elle a également appuyé le plan de développement élaboré par le gouvernement haïtien et exprimé sa confiance dans le leadership du Président René Préval, à sa réalisation. «Mais ils ne peuvent réussir sans le soutien de la communauté internationale. Haïti doit être un succès, et ce succès sera bénéfique pour tous» à t-elle ajouté. 

Le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a déclaré que la communauté internationale devrait mettre de côté les réticences traditionnelles de travailler avec les institutions haïtiennes, qui sont considérées comme inefficaces et corrompues, parce qu'elle exige que le gouvernement soit le pilier sur lequel sera construit le développement du pays.
N / radio Métropole Haïti 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17379 

Haiti : Allocution d'ouverture du Président Préval (MAJ 3h28pm)

Haiti : Allocution d'ouverture du Président Préval (MAJ 3h28pm)


RÉPUBLIQUE D'HAïTI

Allocution D'ouverture
Son Excellence Monsieur René PRÉVAL, Président de la République d'Haïti
Conférence internationale sur Haïti, New York, le 31 mars 2010
Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Secrétaire d'État,
Monsieur l'Envoyé Spécial Président Bill Clinton,
Madame la Gouverneure Générale du Canada, Michaëlle Jean,
Honorable P.J. Patterson, Représentant Spécial de la CARICOM,
Honorable Présidents du Sénat et de la Chambre des Députés d'Haïti,
Mesdames, Messieurs ministres et ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs
Les deux dernières fois où je me suis trouvé à cette tribune, à l'occasion de la 63ème et de la 64ème Assemblées générales des Nations Unies, c'était pour témoigner de l'expression de la souffrance de mes compatriotes, frappés par une série de désastres naturels: ouragans, cyclones et inondations. Bilan : 3 000 morts, des centaines de blessés et des pertes matérielles évaluées à 15% du PIB.
Nous voilà aujourd'hui encore réunis ici à l'occasion d'une souffrance sans commune mesure pour les Haïtiens, après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010. Bilan: 300 000 morts, des milliers de blessés et des pertes matérielles évaluées à 120% du PIB.
C'est l'occasion pour moi de remercier les pays amis qui ont rapidement mobilisé leurs ressources pour nous porter secours; d'abord nos voisins de proximité qui, quelques heures après le séisme, étaient déjà sur place avec une logistique humanitaire grandement appréciée.
Un remerciement également aux citoyennes et citoyens et aux gouvernements de ces pays éloignés, éloignés de notre histoire, éloignés de notre géographie, qui ont dépêché sur place et en masse, volontaires humanitaires, secouristes, personnels médicaux, charriant avec eux des tonnes de matériels, de médicaments, d'eau et de nourriture.
Le peuple haïtien historiquement ouvert sur le monde et ayant payé au prix du sang le combat pour la défense de la dignité humaine, n'est pas insensible à la portée de cet immense mouvement de solidarité et de compassion exprimé par le monde entier. Je veux dire à chacune des citoyennes, chacun des citoyens, à chacune des familles, à chacune des entreprises, à chacun des dirigeants de ces pays qui ont d'une manière ou d'une autre contribué à la réalisation de ce grand effort, que le peuple ha'itien leur exprime, par ma voix, sa profonde gratitude.
Si l'élan de solidarité et de fraternité qui nous est donné à voir depuis le 12 janvier ne s'évanouit pas, mais au contraire s'étend et s'approfondit, c'est que le rêve de l'appartenance de chaque pays, de chaque nation à une véritable communauté humaine planétaire a des chances de se réaliser un jour.
Nous devons également tiré quelques enseignements de ce tremblement de terre qui nous enseigne que la générosité des nations doit se discipliner.
L'occasion m'est offerte ici de souligner comme je l'ai déjà fait auprès du Secrétaire Général la nécessité de la création d'une force d'intervention humanitaire, sous l'égide de l'ONU pour coordonner les réponses aux différentes catastrophes qui ne manqueront certainement pas de survenir: tremblements de terre, tsumanis, et autres calamités dûs au changement climatique. L'aide internationale doit être coordonnée en amont si elle veut exprimer toute son efficacité. La proposition de la création des Casques Rouges de l'ONU mérite notre attention.
Mesdames, Messieurs,
Je ne saurais passer sous silence le courage, la solidarité et l'héroïsme dont ont fait preuve, sur place, les Haïtiens eux-mêmes. L'exemple de l'amour, de l'engagement, de l'esprit de sacrifice nous vient parfois des plus démunis qui n'ont pas hésité une seconde à mettre leur propre vie en danger pour courir au secours d'autres Haïtiennes, d'autres Haïtiens qu'ils ne connaissaient même pas.
L'attention, la solidarité et la mobilisation de la diaspora ont montré que la distinction entre être Haïtienne et Haïtien du dedans et être Haïtienne et Haïtien vivant à l'étranger n'est qu'une fiction administrative.
Là encore, le rêve d'une nation qui transcende ses clivages séculaires et accepte de se donner un nouveau destin forgé dans la solidarité et l'unité est peut-être en train de se réaliser.
Rêvons donc. Faisons ce double rêve.
Rêvons d'une planète nouvelle, forgeant son destin dans un nouveau projet d'humanité; un projet d'humanité qui place le bonheur des humains et la protection de nos espèces, de nos écosystèmes avant l'obsession de l'accumulation du profit.
Rêvons aussi d'une Haïti nouvelle retrouvant son destin dans un nouveau projet de société, sans exclusion, ayant vaincu la faim, et dans lequel tous et toutes peuvent avoir accès à un abri sûr, décent, à des soins de santé selon leurs besoins, à une éducation de qualité; des Haïtiennes et Haïtiens rendus ainsi mieux disposés, par leur créativité artistique légendaire, à contribuer à la joie du monde.

Mesdames, Messieurs,
Nous voilà réunis ce matin pour parler du développement du pays qui, avant la catastrophe du 12 janvier était déjà le plus pauvre de l'hémisphère.
Je suis persuadé, Monsieur le Secrétaire Général, Madame la Secrétaire d'État, Monsieur le Représentant Spécial, que le besoin d'investissements en infrastructures retiendra largement notre attention: routes, électricité, transport, télécommunications.
Mais n'oublions pas l'essentiel: Pour accomplir ce nouveau rêve de pays, pour donner une chance à ce nouveau projet d'humanité, l'éducation est, j'en suis persuadé, la voie principale.
Il y a à peine 50 ans, la plupart des institutions internationales répugnaient à consentir aux pays en développement des prêts pour l'éducation; les investissements étaient plutôt concentrés dans les infrastructures, parce que nous croyions, à ce moment-là, que celles-ci apportaient une contribution plus directe au développement des capacités productives de nos pays. L'éducation était au mieux considérée comme un droit et non comme un investissement productif pour l'économie.
A présent nous sommes tous d'accord que les choses ont changé; l'analyse théorique l'a établi; les faits l'ont démontré: aucun développement n'est possible sans l'éducation. Les études réalisées par ces mêmes institutions internationales et le cas d'un grand nombre de pays attestent que l'amélioration de l'éducation est une condition fondamentale du développement économique.
Dans le cas d'Haïti, dès avant le 12 janvier, il était déjà inacceptable que 38% de la population âgée de 15 ans et plus soient analphabètes, que 25% des enfants en âge scolaire ne puissent être admis dans une école{ que les enfants qui ont le privilège d'être dans une salle de classe ne puissent bénéficier des conditions appropriées pour développer de véritables apprentissages, que les emplois offerts par nos entreprises soient attribués à des expatriés parce que les jeunes diplômés de nos centres de formation professionnelle ne possèdent pas les compétences appropriées, que l'université ne puisse offrir au pays les cadres nécessaires à son développement ni constituer une source d'innovation pour notre société.
Le 12 janvier, en heurtant de manière particulière le monde de l'éducation, a mis à nu la profondeur de cette fracture sociale et humaine.
Une fracture que notre société ne peut plus supporter; et qu'elle se doit de réparer le plus vite possible.
Parce que l'éducation est l'exigence cardinale qui donne son sens à tout le reste. L'éducation est la condition essentielle du développement. Ne l'oublions pas!
J'appelle les Haïtiennes et les Haïtiens de l'intérieur; rappelle les Haïtiennes et les Haïtiens vivant à l'étranger à accorder leurs ressources avec celles de nos amis de la communauté internationale, pour transformer Haïti en une cité du savoir où la solidarité, le respect de l'autre, l'intégrité, le respect de l'environnement, la promotion du patrimoine culturel et historique, la capacité d'apprendre par soi-même, l'esprit critique, le sens de la responsabilité, la capacité de résoudre des problèmes, la diversité culturelle et linguistique, deviennent les valeurs cardinales de la nouvelle école haïtienne. Une école haïtienne sans exclusion où chaque enfant haïtien peut bénéficier d'un repas quotidien et de l'encadrement d'un maître qualifié; une école haïtienne ouverte sur le monde tout en étant en résonance avec son milieu, reflétant ainsi l'identité plurielle d'une nation à présent créolophone et francophone mais pleinement enracinée dans la mémoire de nos origines africaines, et acceptant le façonnement que l'Amérique et la Caraïbe apportent à son histoire quotidienne.
C'est dans ce nouveau projet d'école que nous devons forger notre nouveau projet de société et organiser d'une manière solidaire et conviviale notre vivre ensemble.
Quand nous parlons de développement, nous pensons spontanément au financement d'infrastructures matérielles. Mais, l'éducation est la condition essentielle, le socle du développement. Ne l'oublions pas!
Je formule donc le vœu que le rêve de cette Haïti nouvelle trouve les conditions de sa réalisation dans le concert des propositions et des engagements qui vont émaner de cette conférence.
Bon travail à tous et merci de votre attention!
René Préval

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SCANDALE: Vente de l'aide alimentaire d'Haïti à la frontière Dominicaine

Les autorités dominicaines ont saisie, la semaine dernière, des quantités importantes de vivres données par la communauté internationale aux victimes du séisme en Haïti, marchandises commercialisées sur le territoire dominicain.
The Border Security Specialist Corps (CESFRONT), unité militaire de surveillance des frontières, a révélé qu'une grande quantité de produits alimentaire ont été saisis dans des marchés à Dajabon, ville dominicaine à la frontière d'Haïti.
L'agence militaire rapporte que, tôt hier matin, elle a également confisqué, dans un commerce à Santiago, 3.300 produits alimentaires en conserve dans un commerce tenu par deux haïtiens et un dominicain, qui ont réussi à s'enfuir.
Le CESFRONT a également récupéré sur les marchés frontalier de nombreuses marchandises comme: du pain, des jus de fruits et des bouteilles d'eau provenant de l'aide internationale et destiné aux victimes du tremblement de terre en Haïti. Ces produits étaient revendu par des haïtiens sans scrupules sur le marché dominicain. Une femme, dont la nationalité n'a pas été révélée, est actuellement détenue par les autorités Dominicaine. Le Cesfront a informé la Minustah en Haïti de cette déplorable situation, afin de mettre un terme à ce trafic.
Toutes les marchandises saisies ont été remises aux services des douanes de la République Dominicaine à Dajabon, qui les a acheminée à des organismes religieux et humanitaires en Haïti afin qu'elles soient distribuées à des familles sans-abri et aux nécessiteux, selon le CESFRONT.
N/ Radio Métropole Haïti
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Les Etats-Unis offrent 1,15 milliard de dollars pour la reconstruction d'Haïti

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a annoncé ce mercredi que les Etats-Unis vont engager 1,15 milliard de dollars pour la reconstruction à long terme d'Haïti.
Intervenant à l'ouverture de la conférence des donateurs à l'ONU Mme Clinton a expliqué que les fonds seront affectés au plan du gouvernement d'Haïti pour renforcer l'agriculture, l'énergie, la santé, la sécurité et la gouvernance", a déclaré Mme Clinton à l'ouverture de la conférence.
La chef de la diplomatie américaine a aussi appelé tant les donateurs que le gouvernement de Port-au-Prince à "ne pas revenir aux stratégies qui se sont avérées incapables" de développer le pays le plus pauvre des Amériques. Le président Barack Obama avait précédemment promis 2,8 milliards de dollars d'aide pour satisfaire aux "besoins essentiels et urgents" du pays dévasté par un séisme le 12 janvier 2010.
Plusieurs personnalités dont le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, l'envoyé spécial en Haïti, Bill Clinton, le chef de l'Etat haïtien, René Préval et le Premier Ministre Jean Max Bellerive, ainsi que des représentants d'une centaine de gouvernement participent a cette conférence des donateurs consacrée à la reconstruction d'Haïti.
LLM/ Radio Métropole Haïti 

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Le gouvernement répond aux revendications des enseignants

L'annonce d'une assistance aux écoles répond aux revendications des responsables des syndicats d'enseignants et des sénateurs préoccupés par la rentrée des classes dans le département de l'Ouest.
Les dirigeants de L'Union des Parents d'élèves (UPEP) et de l'Union Nationale des Normaliens Haïtiens (UNNOH) avaient à plusieurs reprises affiché leur pessimisme en raison de l'absence d'appui aux enseignants, parents et élèves victimes du séisme.
Le ministre de l'éducation nationale Joël Desrosiers Jean Pierre a confirmé hier l'octroi d'une assistance aux établissements scolaires pour favoriser la reprise des activités académiques le 5 avril 2010. Le gouvernement a mobilisé des fonds pour prendre en charge les frais scolaires et les salaires des enseignants. Les responsables du ministère de l'éducation s'évertuent à identifier les établissements scolaires bénéficiant d'un appui financier avant le 12 janvier. Il faut isolé les écoles bénéficiant de subvention gouvernementale ou d'une aide des ONG insiste t-il.
Outre le paiement des salaire, le coordonnateur général de l'UNNOH, Josué Merilien, avait réclamé la distribution de tentes aux enseignants et élèves.
De plus, le gouvernement a investi des fonds dans la mise en place de clôtures et de toilettes sur les sites retenus.
Toutefois le ministre de l'éducation devra répondre à une convocation de la commission sénatoriale d'éducation le lundi 5 avril. Le président de la commission Maxime Roumer avait fait part de ses inquiétudes en raison de la stratégie adoptée par les responsables du ministère de l'éducation.
Les autorités ont adopté une stratégie qui privilégie les établissements scolaires disposant de grand espace. Ces sites ont été nettoyés rapidement parce qu'il accueilleront plusieurs milliers d'élèves.
LLM / Radio Métropole Haïti

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«La Communauté internationale veut changer sa façon de travailler en Haïti »

«La Communauté internationale veut changer sa façon de travailler en Haïti », déclare Edmond Mulet à quelques heures de l'ouverture de la conférence des Nations Unies.
C'est ce 31 mars que se tient la conférence des donateurs pour Haïti au siège des Nations Unies à New York. Lors de cette importante réunion intitulée « Vers un nouveau futur pour Haïti », c'est le financement à long terme du développement d'Haïti qui sera au centre des interventions. À quelques heures de l'ouverture officielle de cette conférence, M. Edmond Mulet, Représentant de Ban Ki–moon se montre confiant quant aux résultats attendus. Notre envoyée spéciale à New York, Nancy Roc, l'a rencontré dans son bureau des Nations Unies. Voici son reportage exclusif.
Haïti n'en est pas à sa première conférence internationale pour financer son développement. Les nombreuses conférences précédentes ont souvent constitué des « montagnes qui ont accouché d'une souris ». En quoi la conférence du 31 mars, intitulée « Vers un nouveau futur pour Haïti » se distinguera-t-elle des autres ? « Maintenant, ce sera vraiment différent », déclare Edmond Mulet. Pour le Représentant de Ban Ki-moon en Haïti, « il y a désormais un plan à moyen et long terme pour le pays, le monde a été secoué par ce qui est arrivé le 12 janvier et la communauté internationale souhaite changer sa façon de travailler en Haïti », déclare-t-il. M. Mulet se dit confiant qu'à la fin de la conférence du 31 mars, Haïti obtiendra les 3.8 milliard de dollars nécessaires au financement du début de son développement.
Pour le Représentant du Secrétaire général de l'ONU en Haïti, il ne faut pas confondre le PDNA (Post Disaster National Assessment) qui a été largement écrit par des institutions étrangères comme la Banque Mondiale, le PNUD etc. et le Plan pour le Relèvement et le développement National (PARDN), rédigé par les autorités haïtiennes et qualifié de plan «visionnaire » par Ban Ki-moon lors d'un entretien au Washington Post, 48h avant l'ouverture de la conférence du 31 mars. C'est bien ce dernier et non le PDNA qui sera présenté aux Nations Unies, selon M. Mulet. Soixante douze heures avant l'ouverture de cette conférence, M. Ban Ki-moon a déclaré au Washington Post, que le plan des autorités haïtiennes était « visionnaire » et que, à travers ce dernier, le gouvernement haïtien s'engageait « avec la Communauté internationale à conclure un nouveau contrat social avec le peuple haïtien ». Comment le Secrétaire général des Nations Unies peut-il parler de « nouveau contrat social avec le peuple », alors même que de nombreux secteurs sociaux, de la société civile à la classe politique, ont été exclus du Plan pour le Relèvement et le développement National (PARDN) ? À cette question, M. Mulet réplique : « à ce que je sache, le premier ministre a convié la société civile il y a quelques jours à l'hôtel Karibe pour partager la vision du PDNA et du PARDN, et la présence et la participation de la société civile n'était pas impressionnante et il n'y avait pas beaucoup de monde. Les invitations ont été faites mais il n'y a pas eu de réponse; alors, qu'on ne vienne pas réclamer qu'on ne partage pas ses idées avec certains groupes lorsque l'on ne s'est pas présenté ! Il en est de même pour le Parlement, avec qui le premier ministre a passé toute la journée de jeudi et de vendredi pour discuter avec les parlementaires. À ce que je sache, il y a eu des efforts assez importants de la part du gouvernement », a souligné M. Mulet. « L'autre problème, était le manque de temps ». a-t-il rappelé. « En effet, certains disaient qu'on pouvait attendre 3 ou 4 mois alors qu'il fallait préparer un plan immédiatement car nous sommes déjà à deux mois et demi du tremblement de terre », a-t-il précisé. Selon Edmond Mulet, le Plan pour le Relèvement et le développement National (PARDN) est un plan « vivant » qui reste ouvert à des améliorations, des ajouts et des revendications des différents secteurs sociaux, au fur et à mesure que les besoins seront établis et chiffrés pour la reconstruction d'Haïti. « Il faut comprendre qu'on ne pouvait pas s'attarder et que l'urgence, ici, était importante aussi », a-t-il conclu.
Selon de très bonnes sources, nous avons appris ces dernières soixante douze heures que le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon devrait annoncer ce 31 mars, la désignation officielle d'Edmond Mulet comme Chef de la MINUSTAH pour l'année à venir. Ceci devrait être fait officiellement devant l'Assemblée des Nations Unies. Edmond Mulet sera donc chargé, une nouvelle fois, d'accompagner le gouvernement haïtien dans les débuts de la reconstruction d'Haïti aussi bien que dans l'organisation des prochaines élections générales qui, selon les vœux de Ban Ki-moon, devraient se tenir à la fin de l'année au plus tard.
Nancy Roc, New York le 30 mars 2010.
Ce reportage a été rendu possible grâce au patronage de DIGICEL, du Groupe Rébo-Internégoce, du CONATEL et de NO PIN Long distance. 

http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17372

EXCLUSIF : SCOOP..EDMOND MULET NOMME CHEF DE LA MINUSTAH

EXCLUSIF : SCOOP
Selon de hautes sources des Nations Unies, le Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki-moon devrait annoncer ce 31 mars lors de la conférences des donateurs pour Haïti, la reconduction officielle de M. Edmond Mulet comme Chef de la MINUSTAH en Haïti pour les prochains 12 mois. 

M. Mulet serait donc chargé d'accompagner le gouvernement haïtien dans ses premiers pas vers la reconstruction d'Haïti et dans l'organisation des prochaines élections générales.
Réécoutez le reportage sur : 

http://newyork31mars.metropolehaiti.co

Valery, haïtien: Obligation de Quitter le Territoire Français

Valery Misalier, étudiant haïtien de 25 ans, est menacé d'expulsion de France. Une décision contraire aux engagements pris par le ministre de l'immigration Éric Besson qui avait donné instruction officielle le 13 janvier dernier de suspendre toute procédure d'expulsion envers les ressortissants haïtiens. «Je ne comprends pas», répète sans cesse Valery «Cela fait cinq ans que je suis en France, mon titre de séjour a toujours été renouvelé»
Le 16 janvier, quatre jours après le séisme en Haïti, Valery reçoit une lettre recommandé une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui le somme de quitter le territoire français dans un délai d'un mois. Motif: non-progression dans ses études. «Certes, j'ai eu des difficultés avec mes études, reconnaît Valéry, j'ai triplé ma première année d'anglais, mais je n'ai jamais renoncé. J'ai aussi un travail comme assistant d'éducation dans un collège de Pessac, et je réussis bien mon BTS. »
Tous les deux mois, Valery envoie de l'argent à sa famille. Des six enfants, il est le seul à être parti en France, après son baccalauréat. «Ma mère a pris un mur sur le dos. J'ai perdu une nièce et plusieurs amis d'enfance, la maison familiale, qui servait aussi d'atelier de couture est complètement détruite.
Il mise sur le recours au tribunal administratif, où il a déposé une demande «Si ma demande est acceptée, je pourrai obtenir mon diplôme de BTS et m'inscrire en licence pro, ils ne devraient plus pouvoir m'expulser»
Le risque d'un non-respect de la promesse d'Éric Besson semble inquiéter de plus en plus certaines associations. Romel Louis Isaac, secrétaire général de la plateforme d'associations franco-haïtiennes (PAFH) déclare quant à lui avoir «récupéré» deux ressortissants haïtiens dans des centres de rétention de la région parisienne depuis mercredi. Une manifestation pour le respect des engagements de la France est prévue le 10 avril devant la mairie de Paris.
N / radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17365

L'emploi, principale préoccupation des Haïtiens

Selon une enquête commanditée par l'organisation internationale Oxfam, et réalisée par une firme indépendante haïtienne, la création d'emplois devrait être la principale priorité dans le cadre du plan de reconstruction d'Haïti. Sur un échantillon de 1 723 personnes interrogées en région métropolitaine de Port-au-Prince et à Léogane, prés de 450 soit, 26% estiment que, le besoin le plus pressant des haïtiens en ce moment est l'emploi ; alors que 22% mettent en avant la construction d'écoles tandis que 10 % croient que la solution au problème du logement devrait être placée au cœur du plan de reconstruction du pays.
l'Oxfam indique que ces opinions sont le résultat d'une enquête réalisée auprès des haïtiens appartenant à diverses catégories d'âge, de statut socio-économique et vivant dans divers endroits.
Les sondés ont également exprimé leurs opinions sur des questions diverses, telles que l'efficacité de l'aide, le leadership des efforts de reconstruction et les priorités devant être établies à l'occasion de la conférence de New York, précise l'organisation internationale. Cette enquête sera présentée ce 31 mars lors de la conférence des donateurs qui se tiendra à New York.
Par ailleurs, un rapport publié la semaine dernière par l'Oxfam proposait un ensemble de recommandations aux membres de la communauté internationale. Parmi lesquelles, la demande de placer le gouvernement et la population haïtienne au centre des efforts de reconstruction.
EJ/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17366

La société civile se sent exclue

Les organisations non gouvernementales (ONG) - par lesquelles passent 65 pour cent des contributions actuelles des bailleurs de fonds - cherchent un rôle plus cohérent dans la reconstruction du pays. «Les ONG sont les troisièmes plus grands bailleurs de fonds en Haïti », a précisé Sam Worthington, président d'InterAction. «Nous avons de grandes responsabilités auprès du gouvernement haïtien et de la population haïtienne. La seule façon d'assumer cette responsabilité, c'est de mettre en place une coordination efficace entre nous et au sein du système des Nations Unies. La société civile haïtienne se sent toujours exclue de ce processus ».
«Nous, les Haïtiens, sommes fiers. Nous savons ce que nous voulons, nous savons ce dont nous avons besoin, mais nous n'en avons pas les moyens », a dit Jean Luc Dessables, coordonnateur de Haiti Response Coalition - l'une des trois seules ONG haïtiennes présentes à la réunion de New York.. «Nous nous sentons isolés, déconnectés, et nous voulons nous reconnecter. Nous sommes tellement habitués aux gens qui viennent en disant ce qu'ils veulent faire pour nous, mais ça n'a encore jamais marché. Nous craignons que ça ne marche encore pas».
Mario Joseph, directeur du Bureau des avocats internationaux, un cabinet de droit public siégeant dans la capitale haïtienne, s'est fait l'écho de ce sentiment «d'exclusion» de la société civile «Nous ne disposons pas de mécanisme favorisant la participation des ONG et, sans cela, sans ce genre d'engagement ouvert, comment trouver une responsabilité ?» a demandé M. Joseph. M. Clinton a reconnu la nécessité d'améliorer la transparence gouvernementale, mais a ajouté que cela devait s'étendre aux ONG locales travaillant en Haïti.
«S'il est vrai qu'Haïti a pris la décision de construire un pays véritablement indépendant, autosuffisant et moderne, digne de ses habitants, pour la première fois. S'il est vrai que les éléments de la société haïtienne qui ont été trop longtemps négligés et exclus du processus de décision s'y dirigent plus que jamais, alors nous devons nous demander comment cela devrait changer ce que font les ONG en Haïti», a déclaré l'envoyé spécial des Nations Unies, Kristalina Georgieva, commissaire de l'Union européenne.
N/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17368

500 sites disponibles pour accueillir des élèves

Le ministre de l'Education nationale et de la formation professionnelle, Joël Desrosiers Jean Pierre, annonce que 500 sites sont déjà disponibles pour accueillir les élèves du département de l'Ouest qui reprendront le chemin de l'école le 5 avril prochain. Il a fait ces déclarations alors qu'il visitait certains sites qui ont été aménagés par le gouvernement haïtien en vue de la relance des activités scolaires interrompues par la catastrophe du 12 janvier dernier.
Monsieur Desrosiers a toutefois précisé que les travaux de nettoyages vont se poursuivent dans certains espaces encore encombrés par les débris.

L'un des plus grands défis auxquels est confronté le gouvernement est l'espace devant accueillir les écoliers. En effet, selon un rapport du Ministère de l'Education Nationale, 57 % des écoles publiques et 26 % des écoles privées, dans le département de l'Ouest, ont été détruites. En outre, 2394 écoles privées, soit 52%, sont très endommagées et ne peuvent accueillir des enfants. Pour rendre effective la reprise des cours en avril prochain, le gouvernement promet des tentes. Selon le chef de l'Etat, une commande de plusieurs milliers a déjà été placée à l'étranger. Car le gouvernement n'entend pas loger les écoles même dans les bâtiments qui n'apparaissent pas avoir été affectés par le séisme.
D'autre part, le responsable du ministère de L'éducation Nationale a fait savoir que le gouvernement a promis de prendre en charge les frais scolaires des élèves ainsi que le payroll des professeurs évoluant dans les écoles privés les plus sérieusement touchées par le séisme du 12 janvier dernier.
Par ailleurs le titulaire de l'éducation affirme, qu'il a déjà mis en en place des groupes de travail afin de faciliter cette réouverture.
Dans un communiqué publié hier lundi, le ministère de l'Education a annoncé pour ce 5 avril, la reprise des activités scolaires au niveau du département de L'Ouest.
EJ/ Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17370

Haïti : Expropriation de terrains, les détails

Pour en savoir plus écouter "Le point sur le 100.1 / 30 Mars 2010"http://www.metropolehaiti.com/metropole/pageaudio.php
Un arrêté présidentiel portant sur l'expropriation de plusieurs terrains pour cause d'utilité publique a été publié dans le journal officiel de la République d'Haïti Le Moniteur le lundi 22 mars dernier. En voici les détails :
Article 1er.-
Sont déclarées d'utilité publique, les propriétés situées à l'intérieur du polygone dont les sommets ont les coordonnées géographiques suivantes :
Le point A : 773251.73 ; 207373738,11, partant de l'angle de la Rivière Bretelle à la Route nationale numéro 1 en allant vers Port-au-Prince jusqu'à Chapigny à l'entrée de Bon Repos ;
Le point B: 788 486.84 ; 2061596,09 et le point B1: 791360.24 ; 2063980.60 ;
Le point C: 792673.33 ; 2067244.09 Corail Cesselesse ;
Le point D: 790316.37 ; 2066689.19 Montet ;
Le point E : 787514.38 ; 2066908.95 Lerebours ;
Le point F : 783064.17 ; 2069326.35 Morne St Christophe ;
Le point G : 780108.35 ; 2072381.07 Latanier ;
Le point H : 777487.67 ; 2076836.77 Cocombre.

Les terrains retenus dans le cadre de cet arrêté de déclaration d'utilité publique seront utilisés au réaménagement de la région métropolitaine de Port-au-Prince et en partie à la relocalisation des victimes du séisme du 12 janvier 2010.
Article 2.-
Dès la publication du présent arrêté, tous travaux de construction, de percement de route, de lotissement ou autre exploitation du sol, ainsi que toute transaction ou aliénation immobilière sont et demeurent interdits sur toute l'étendue de l'aire définie à l'article 1er.
Article 3.-
Pour toute propriété retenue dans le cadre du projet objet du présent arrêté, l'expropriation des propriétaires détenteurs de titres légaux justifiant leur droit légitime d'occupation ou la reprise des biens donnés à bail par l'Etat ou occupés indument se fera conformément aux dispositions des lois du 5 septembre 1979 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique et du 28 juillet 1927 sur les reprises des biens donnés à bail ou indument occupés par les particuliers.
Article 4.-
La commission d'expertise prévue par les dispositions de la loi du 5 septembre 1979 sur l'expropriation pour cause d'utilité publique, sera immédiatement activée à l'effet de recueillir les informations et évaluations nécessaires pour une indemnisation juste et équitable dans le strict respect des droits des propriétaires à exproprier.
Article 5.-
Dans un délai de 15 jours, à compter de la date de la publication du présent arrêté, les propriétaires fonciers et les détenteurs de bail dans l'aire susmentionnée, déposeront, pour les suites nécessaires, au local provisoire de la Direction Générale des Impôts au numéro 62 de l'Avenue Christophe leurs titres de propriété et tous documents justifiant leurs droits d'occupation.
Article 6.-
Le présent Arrêté, qui entre immédiatement en vigueur, sera imprimé, publié et exécuté à la diligence des Ministres des Travaux Publics, Transports et Communications, de l'Economie et des Finances, de la Justice et de la Sécurité Publique, de l'Environnement, de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales, de la Planification et de la Coopération Externe, des Affaires Sociales et du Travail chacun en ce qui le concerne.
Donné au Palais National à Port-au-Prince le 19 mars 2010, An 207ème de l'Indépendance.
Cet arrêté porte la signature du Président de la république René PRÉVAL, du Premier Ministre Jean Max BELLERIVE, du Ministre de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales Paul Antoine BIEN-AIME, du Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique Paul DENIS, du Ministre de l'Economie et des Finances Ronald BAUDIN, du Ministre de la Planification et de la Coopération Externe Jean Max BELLERIVE, du Ministre des Affaires Sociales et du Travail Yves CRISTALLIN et le Ministre des Travaux publics Transports et Communications Jacques Gabriel.

Point de vue : Haiti : la culture doit devenir la norme antisismique de la reconstruction,

par Irina Bokova
LEMONDE.FR | 30.03.10 | 14h18
Les donateurs et les partenaires internationaux du développement vont se rencontrer le 31 mars à New York pour coordonner leur riposte consécutive au tremblement de terre qui a ravagé Haïti le 12 janvier. Les priorités les plus évidentes sont connues : la saison des pluies a commencé, celle des cyclones est imminente. Les habitants doivent pouvoir s'abriter, ils ont besoin d'eau et de nourriture, ils doivent pouvoir protéger leurs maigres biens.
Mais la vie continue au milieu des gravats et des ordures accumulées, et la culture est le ferment de cette résistance. Haïti ne part pas du néant. Le pays n'a pas perdu son histoire, dans laquelle il peut se ressourcer. Le peuple haïtien a une culture bien à lui, née dans les fers de l'esclavage puis dans une longue lutte pour la survie. La réunion de New York ne peut oublier cet atout, au moment où elle abordera la question de l'aide. Avec du matériel fourni par l'Unesco, les artisans s'emploient déjà à façonner les masques en carton mâché du carnaval. "Avec de l'aide, le carnaval 2011 peut être le plus grandiose de tous les temps, comme un défi", ai-je entendu dire.
Le patrimoine culturel du pays est d'une très grande richesse, et l'Unesco a appelé l'ensemble de la communauté internationale à tout faire pour protéger les œuvres d'art contre les risques de vol et de trafic. L'ONU surveille quelques sites, mais il faut se préoccuper des musées, des bibliothèques et des centres culturels endommagés. Il faut entreposer en toute sécurité les œuvres et les livres épargnés par le désastre. Sauvegarder le patrimoine d'Haïti – sauvegarder son passé – permettra d'édifier son futur. Je solliciterai le mois prochain l'accord du conseil exécutif de l'Unesco pour la création d'un Comité international de coordination pour la culture haïtienne. Sur le modèle de ceux créés pour le Cambodge, l'Afghanistan et l'Irak, il sera chargé de définir un programme d'action global. Il ne sera pas l'exclusivité des interlocuteurs institutionnels, mais un laboratoire d'idées associant intellectuels et artistes, artisans, acteurs culturels et éducatifs, dans l'île et dans la diaspora à travers le monde.
Car la culture, prise dans la plus large acception du terme, anime l'instinct vital des Haïtiens et redonnera sans nul doute à ce peuple la capacité de se réapproprier son destin. Elle peut contribuer à retrouver la cohésion d'une société fragmentée, jusque dans ses liens avec la communauté émigrée. La culture aidera à redessiner une mosaïque humaine et sociale, insufflera du sens à des existences disloquées. Les industries culturelles – artisanat, arts du spectacle, tourisme culturel– seront vitales dans la relance de l'économie. Les traditions culturelles et spirituelles forment un patrimoine intangible des peuples, mais en Haïti, elles ont acquis une force exceptionnelle, en raison de son histoire propre.
Les catastrophes passées nous ont appris qu'il ne fallait pas séparer le volet "matériel" de la reconstruction – le rétablissement des infrastructures – du volet "existentiel" – le retour à une vie normale, dans laquelle l'éducation et la culture comptent en toute priorité.
Michèle Oriol, une anthropologue qui anime plusieurs projets dans la campagne, nous a lancé : "Il faut s'appuyer sur la base, sur les communautés, pour avancer." J'ai rencontré à Port-au-Prince des étudiants des beaux-arts qui peignaient au milieu des ruines. J'ai parlé avec des artistes et des artisans de Jacmel, petite cité historique qui a gravement souffert du tremblement de terre, figurant sur la liste en attente d'inscription des sites du Patrimoine de l'humanité de l'Unesco.
La communauté des nations n'a pas seulement le devoir de mobiliser les moyens techniques et financiers du chantier de l'an I, elle doit soutenir la culture d'Haïti. L'aider à se ressourcer et à s'épanouir, c'est aider les Haïtiens à reprendre espoir. Reconnaître cette dimension est indispensable dès lors qu'on admet qu'ils doivent être eux-mêmes les principaux acteurs de leur renaissance. Les Nations unies ont leurs casques bleus. Combien de catastrophes faudra-t-il encore avant qu'elles ne constituent et ne déploient des forces d'intervention culturelle ?
Irina Bokova est directrice générale de l'Unesco.
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/03/30/haiti-la-culture-doit-devenir-la-norme-antisismique-de-la-reconstruction-par-irina-bokova_1326234_3232.html