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mercredi 14 août 2013

Le président haïtien accusé de «crime de haute trahison» par des parlementaires

Par RFI
 Des sénateurs accusent le président Michel Martelly de « crime de haute trahison » et réclament la démission du Premier ministre et du ministre de la Justice.
A la suite de leur enquête sur la mort par accident cardio-vasculaire d'un juge le mois dernier, ces parlementaires considèrent, dans un rapport rendu public jeudi 8 août, que le pouvoir exécutif a outrepassé son rôle et bafoué l'indépendance de la justice.
 Amélie Baron
 Pour les parlementaires, il est évident que le chef de l'Etat et ses ministres ont exercé des pressions illégales sur le juge d'instruction Jean-Serge Joseph.
Le magistrat était en charge du délicat dossier d'enquête sur des possibles corruptions au sein de la famille présidentielle.
 Depuis près d'un an, la première dame Sophia Martelly et le fils aîné du président Olivier Martelly sont accusés par des opposants au régime de détournements d'argent public.
Le pouvoir exécutif aurait, selon le rapport des sénateurs, exigé du juge qu'il enterre cette affaire nuisant à la réputation du président de la République et de sa famille.
 Réunion privée
 Selon les témoignages recueillis par les parlementaires, et contrairement aux déclarations des autorités, le juge aurait bien été amené à une réunion privée avec - notamment - le président, le Premier ministre et le ministre de la Justice, moins de 48 heures avant le décès du magistrat.
 Parce qu'ils auraient menti, parce qu'ils auraient voulu manipuler le travail d'un juge d'instruction, le chef du gouvernement Laurent lamothe et le ministre de la Justice Jean Renel Sanon doivent démissionner.
 Et les sénateurs, dans leurs conclusions, accusent Michel Martelly de « crime de haute trahison », un crime qui selon la Constitution est puni de la peine de travaux forcés à perpétuité.
http://www.rfi.fr/ameriques/20130809-haiti-michel-martelly-president-accusation-crime-haute-trahison

Création de la 1ère Zone Franche Agricole haïtienne

Les signataires étaient le Président du Conseil National des Zones Franches, le Ministre a.i. du Commerce et de l'Industrie, le Directeur Général de la DZF.
 Ainsi que le Président-Directeur Général d'Agitrans S.A., porteur du projet Nourribio, première Zone Franche Agricole en Haïti.
 Il faut savoir que le projet Nourribio devrait créer, sur cinq ans, près 3 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects.
 Implantée à Trou du Nord, à moins de 30 km du port du Cap-Haïtien et de la frontière haïtiano-dominicaine, elle produira environ 20 000 tonnes de bananes organiques, ainsi que d'autres légumes issus de l'agriculture biologique.
 « L'objectif est qu'Haïti retrouve sa place sur la carte mondiale des pays exportateurs de bananes et de légumes » explique Jovenel Moïse, PDG d'Agitrans S.A. Rode Préval, DG de la DZF, lui, a salué la création de cette première Zone Franche Agricole qu'il considère comme un « projet novateur et équilibré ».
 Et d'ajouter : « Nous voulons améliorer les conditions de culture sur les 1 000 hectares dédiés à Nourribio, mais aussi augmenter les revenus des petits planteurs, et donc à améliorer significativement leur pouvoir d'achat et leur qualité de vie ».
 En effet, dans la démarche de commerce équitable initiée par Nourribio, il est prévu que 20% des bénéfices soient redistribués aux petits planteurs vivant jusqu'ici en-dessous du seuil de pauvreté.
 Par ailleurs, Nourribio devra exporter au moins 70% de sa production, tout en jouissant des avantages fiscaux et douaniers incitatifs réservés aux Zones Franches.
 Le Gouvernement Martelly-Lamothe se dit ainsi est « prêt à encadrer et à encourager ce type d'investissements rapides dans tous les secteurs d'activités pour qu'Haïti intègre le marché international très vite » Il invite aussi « d'autres promoteurs à présenter des projets structurants dans le domaine agricole et dans bien d'autres » conclut le Ministre a.i. du Commerce et de l'Industrie.
 Photo de gauche à droite: Jovenel Moïse (PDG d'Agitrans S.A.), Wilson Laleau (Ministre a.i. du Commerce et de l'Industrie) et Rode Préval (DG de la Direction des Zones Franches). Karen Bourgeois - DOMactu.com
http://www.domactu.com/actualite/138121558010727/guadeloupe-creation-de-la-1ere-zone-franche-agricole-haitienne/

La cordiale visite du président taiwanais en Haïti

Le président taiwanais effectue actuellement une tournée dans la zone caraïbe et il s'est rendu ce mardi 13 août en Haïti. Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques cordiales depuis 1956, à l'époque où le dictateur François Duvalier menait une politique anti-communiste féroce.
Depuis le séisme de 2010, la coopération taiwanaise aide Port-au-Prince dans sa reconstruction.
Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron
C’est la première fois dans l’histoire d’Haïti qu’un président taiwanais vient en voyage officiel dans le pays. Ma Ying-jeou a profité de sa visite pour poser la première pierre de la future Cour de cassation qui avait été détruite lors du séisme de 2010.
Un don de plus de 15 millions de dollars pour ce chantier salué par le président haïtien Michel Martelly : « La République de Chine est l’un des principaux alliés sur lequel la République d’Haïti peut compter dans le cadre de sa reconstruction. »
 « Le président Ma et moi, a poursuivi M. Martelly, avons trouvé nécessaire d’œuvrer au renforcement des relations entre nos deux pays.
La promotion des investissements taiwanais dans notre pays est l’une des pistes de ce renforcement.
Haïti offre des opportunités d’investissements dans plusieurs domaines : dans le domaine du tourisme, du logement, de l’énergie et de la sous-traitance.
La République d’Haïti compte sur le soutien de Taiwan pour des investissements directs dans les secteurs productifs générateurs d’emplois ».
 Attirer les investisseurs étrangers et notamment taiwanais, c’est le leitmotiv de Michel Martelly.
Mais pour l’heure la coopération de Taipeh en Haïti se focalise sur l’agriculture et la lutte pour garantir la sécurité alimentaire.
http://www.rfi.fr/ameriques/20130814-cordiale-visite-president-taiwanais-haiti

Les controverses autour de la cérémonie du Bois-Caïman : quand le révisionnisme tue l'histoire

Notes de HRV
En cette journée du 14 Aout ramenant l'anniversaire de la cérémonie du Bois Caïman reconnue et célébrée comme la réunion fondatrice de l'esprit de la Révolution victorieuse haïtienne, nous présentons cet article écrit il y a un an ou un étudiant en Histoire fait le tour des différentes interprétation de ce MOMENT dans l'histoire d'Haïti...

Dans la nuit du 13 au 14 aout 1791, s'est produit l'événement fondateur de la longue et sanglante révolte collective des esclaves à Saint Domingue. Sous l'habitation Lenorman de Mézy, les es-claves réunis sous l'auspice de Dutty Boukman organisèrent une grande réunion pour planifier les lignes de combat à suivre pour se défaire du système esclavagiste. L'histoire retient cet événement sous le nom de cérémonie du Bois-Caïman... Comme bon nombre de faits de notre histoire de peuple, la cérémonie du Bois-Caïman sus-cite d'âpres controverses. Ils sont nombreux ceux qui s'arrogent le droit d'inventer chacun une version des faits, au point que les lecteurs se perdent, ne sachant à quelle version se fier. Blog-geurs, écrivains, orateurs se livrent à une véritable course à la vérité sur l'événement du 14 août..

  De la nature de la réunion
 Quelle est réellement la nature de ce qui s'est passé le 14 aout 1791 ? A cette question, chacun propose sa réponse. Cérémonie religieuse ou congrès politique ? Les historiens affirment qu'il s'agissait d'un rassemblement d'esclaves marrons à caractère politique ayant épousé une certaine forme de manifestation religieuse. La religion devait galvaniser cette effervescence révolutionnaire ayant animé les marrons qui entendaient briser à tout prix les chaines de l'esclavage. L'idée de cérémonie religieuse est apparue de manière beaucoup plus marquée à travers un certain discours porté non par les historiens mais par une certaine idéologie christianiste. Selon cette vision, l'événement du 14 août fut une cérémonie dans laquelle nos ancêtres auraient remis le destin de la nation au diable, ( les loas d'Afrique ). Elle soutient l'idée selon laquelle l'état de pauvreté extrême d'Haïti aujourd'hui est lié directement au fait que le pays a été, depuis cette alliance de sang, dirigé par des puissances diaboliques. La solution aux problèmes d'Haïti passe impérativement par une révocation de ce contrat qui lierait le pays à satan. Certains croyants zélés se sont même rendus sur les lieux où ils ont estimé que la cérémonie a eu lieu pour mettre fin, disent-ils, à la mainmise du diable sur le devenir de la nation...
 On retrouve également cette tendance à l'amplification de l'aspect religieux de la cérémonie chez certains vodouisants prosélytiques pour qui le vaudou était indispensable à la conquête de la liberté par les esclaves. Ils se servent de cet argument pour montrer l'importance pour le pays de cette religion enracinée dans l'histoire nationale. Ils réclament, par conséquent, un traitement beaucoup plus digne du vaudou par les responsables politiques...
 L'idée qui veut que la cérémonie du Bois-Caïman ait été un congrès politique est défendue par certains éléments de la classe moyenne ( intellectuels, professeurs, étudiants...) qui veulent écarter l'exagération du poids religieux dans le traitement de ce fait, contrairement à ce que veulent les approches chrétiennes et vodouisantes. Pour eux, si l'utilisation de la religion dans la cérémonie du 14 aout est un fait avéré, on ne peut pas réduire cet événement à une manifestation religieuse. Ils partagent, en quelque sorte, l'avis des historiens en jouant au jeu de l'équilibre. Ce qui s'est passé au Bois-Caïman est vu comme une réunion où les esclaves fuyant l'enfer colonial échan-gent leurs idées sur la possibilité de mener une révolte qui pourrait conduire à l'effondrement du système esclavagiste. Comme tout congrès, le débat fut suivi d'une résolution partagée par tous les participants : en finir avec l'ordre colonial...
  Le vaudou ou l'islam ? 
La réunion s'est déroulée, affirment certains, au Bois chez l'Imam ( Bwa kay imam, en créole ), donc chez Boukman. Selon cette version, Boukman ne serait pas un prêtre vaudou, contrairement à ce qui a été toujours admis, mais de préférence, un guide religieux musulman, un imam. Cette version « islamisante » n'hésite pas à avancer que la religion pratiquée par les esclaves venus d'Afrique fut d'abord l'islam, puis vient le vaudou. Cette thèse s'appuie sur le fait qu’à la même époque, les musulmans célébraient leur Aid-el-Adha ou Aid-el-Kebir ( fête du sacrifice). Cette fête est organisée entre le10 et le 14 du mois de dhou al-hijja, le dernier du calendrier musulman, en mémoire du sacrifice qu'avait demandé Yaveh à Abraham, celui-ci devait lui offrir son fils. La fin de cette fête correspondrait à la cérémonie du 14 aout 1791 (1). Le côté surprenant de cette version saute aux yeux quand on sait que le porc dont le sang a été bu par les participants à la cérémonie est un animal impur selon le Coran. Autant dire que ce discours est discordant et donc ne colle pas avec la réalité. A moins qu'on fasse abstraction du porc...
 Vixamar remplace le porc 
 Une autre thèse nie le fait qu'un porc fut égorgé dans la cérémonie. Sans pour autant réfuter l'utili-sation du sang par les participants, elle affirme qu'en lieu et place de l'animal un homme dénommé Jean Baptiste Vixamar s'est offert en sacrifice. Par une incroyable erreur de planification, affirment les tenants de ce point de vue, les organisateurs de la cérémonie n'ont pas prévu l'animal dont le sang devait constituer le serment qui lierait les esclaves contre le blanc oppresseur.
Pour combler le vide, le fervent Vixamar aurait pris la place du mammifère, en s'égorgeant volontairement pour s'assurer que la réunion produit l'effet souhaité (2). Étranges similitudes avec le sacrifice expiatoire de Jésus qui a donné sa vie pour sauver l'humanité !
 Trouvons l'erreur 
 Toute cette polémique au cœur de laquelle se trouve l'événement du 14 août 1791 soulève le problème de la production de la connaissance historique et son appropriation. La science historique est, comme le dit Auguste Comte, une discipline problématique. Le discours sur l'histoire est toujours confronté à ce problème de « légitimité », lequel sous-tend l'excellent ouvrage de Marc Bloch :l'apologie pour l'histoire et le métier d'historien. Qu'est ce qui constitue le bien-fondé du récit ou de l'analyse historique ? En affirmant que c'est l'historien qui « fait » l'histoire, Annah Arendt (Condition de l'homme moderne) met le doigt sur l'un des plus grands écueils du savoir historique : la question de la subjectivité. C'est sans doute en vertu de cette question qu'on peut avoir autant de récits et d'analyses –parfois même contradictoires‒ sur un même événement. Certains historiens ‒ou ceux qui écrivent l'histoire‒ proposent une version en fonction de ses sensibilités idéologiques... Cette liberté d'interprétation nous amène à aborder la question sous un autre joug en regardant le problème de légitimité en rapport à celui qui écrit l'histoire.
Qui peut faire de l'histoire ? Qui détient l'autorité du savoir historique ? La question s'est toujours posée, hier et maintenant, ici et ailleurs. En règle générale, cette tâche revient aux historiens reconnus par des titres universitaires, des chercheurs et qui enseignent dans les universités. Cela n'a pas empêché n'importe qui d'écrire l'histoire. Aujourd'hui, avec l'internet et la prolifération des médias, faire de l'histoire n'a jamais été plus facile. Autant qu'on a besoin d'étudier la chimie pour être chimiste, autant qu'on n’a pas besoin de faire des études d'histoire pour se dire « historien »...
 Voilà qui explique en partie l'apparition de nombreux courants révisionnistes qui n'entendent pas faire mais plutôt « refaire » l'histoire en se permettant d'introduire de nouvelles « vérités » prenant le contre-pied de celles jusque-là admises. La plupart de ces révisionnistes sont des gens en mal de popularité qui cherche à faire sensation chez leur lecteur. Dans leur quête de notoriété, ils n'hésitent pas à construire toute une thèse sur des détails ou des arguments invraisemblables, quitte à se ridiculiser...
 Mais le problème est aussi de l'autre côté de la chaîne, au niveau de la réception. Comment le public s'approprie le savoir historique ? Depuis plusieurs décennies, des études ont montré que l'intérêt du public-lecteur est motivé par un ensemble de conditions dont l'effet-surprise. C'est ce qui explique le succès du « journalisme jaune » qui exploite le goût du public pour le sensationnel. Ces mêmes procédés tape-à-l’œil sont utilisés par ceux qui travestissent l'histoire au nom de leur seule envie de faire sensation ou à des fins idéologiques. Un autre facteur non négligeable pour comprendre le succès de ces « novateurs » reste la 'nouveauté de ce qu'ils présentent au public. L'innovation a la particularité d'être attirante, elle renouvelle l'intérêt. Et, les lecteurs ont tendance à confondre vérité et nouveauté. Ignorant les méthodes de recherche en histoire, la plupart d'entre eux ne se servent pas de crible pour assimiler ce qu’on leur donne comme connaissance historique. La nouveauté, par la sensation qu'elle crée, amplifie sa diffusion. Voilà pourquoi même parfois absurdes, les thèses avancées par ceux qui dénaturent l'histoire se répandent comme une trainée de poudre. Au grand dam de l'histoire! Notes 1.
http://www.prevalhaiti.com/messages.php/14969. consulté le 14 aout 2012 2.La vérité autour du Bois-Caïman, 221 ans plus tard.
http://culture509.net/web/la-verite-autour-du-bois-caiman-221-ans-plus-tard/. consulté le 14 aout 2012 Josué Muscadin Étudiant en histoire