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samedi 28 avril 2012

Une soirée de gala par les pompiers de Bouvines pour les enfants d'Haïti

Janvier 2010. Un très violent tremblement de terre ravage Haïti. ...
Des bâtiments s'effondrent par milliers, les secours affluent et, parmi les équipes envoyées sur place, un groupe de pompiers du Nord s'installe à Port-au-Prince. « On est restés quinze jours, explique le lieutenant Patrick Boulen, de la caserne Lille-Bouvines, on a installé un hôpital de campagne, fait du secours à personnes, assisté les orphelins.
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 » Des gamins grièvement blessés retrouvés dans les décombres, souffrant de fractures ouvertes, nécessitant parfois des amputations. « Ça nous a hyper marqué, on a secouru des enfants de 8 ans déshydratés, affamés, abandonnés. »De retour en France, les pompiers nordistes ne veulent pas s'arrêter là : « On s'est dit qu'il fallait continuer à aider les orphelins.
 » Ainsi naît l'association Haïchtis, qui organise cet après-midi et ce soir un gala en faveur des enfants haïtiens, à Villeneuve-d'Ascq.
Au programme : une exposition de toiles haïtiennes et de photos et, en soirée, un concert swing par les Dispos de Chéreng (dont est membre Patrick Boulen), puis la pièce de théâtre Love Letter. L'argent récolté ira à « la construction d'un dispensaire au profit des enfants haïtiens ». • A. D.
Aujourd'hui de 15 h à 20 h, salle Alfred-Dequesnes, 46, rue Jean-Baptiste-Bonte à Villeneuve-d'Ascq. 6 E.

mercredi 31 octobre 2007

Autour de Jacques Roumain : Louis Borno et les nationalistes

Par Michel Acacia

L'énumération des emprisonnements par Petit et Roumain -pour respecter l'ordre de la signature - est-elle surfaite ? Non ! Elle est même sensiblement inférieure au nombre réel d'arrestations, quand on prend en compte les journalistes écroués plusieurs fois. Durant les trois premières années du premier mandat du président Borno, pas moins de 22 journalistes auront été incarcérés. C'est le journal La Poste qui nous l'apprend dans un numéro de novembre 1925.Trois ans plus tard, comme pour faire contrepoids, Le Petit Impartial publie une liste de citoyens, particulièrement liés au maintien du gouvernement de Louis Borno et de l'occupation. Cette liste parait un mois et demi après l'arrestation, le 13 décembre 1928, de Roumain, Petit et Guérin. Elle est là pour signifier que, si la lutte tourne autour d'idéaux politiques, cette lutte est incorporée par des êtres qui se partagent et se divisent ces idéaux.

L'on comprend dans ces conditions que le bouillant Jacques Roumain n'ait pu échapper à la prison. Quand il rejoint Petit au Petit Impartial, celui-ci aura déjà purgé plus de seize mois de détention en trois tours de prison. Elie Guérin, lui aussi, était un habitué « de la grande pension de famille de la rue du Centre », pour reprendre une satire de Jacques Roumain. Cet engagement de Roumain, après la collaboration aux périodiques La Trouée et La Revue Indigène, n'est pas issue d'une décision prise à la légère. Avec Petit, puis Guérin qui viendra se joindre à eux deux, Roumain avait de qui tenir. Le ton acerbe de Le Petit Impartial correspond au tempérament de l'homme.

Pourquoi Roumain fut-il emprisonné ? La question ainsi posée risque d'être d'une naïveté déroutante. Roumain, Petit et Guérin furent arrêtés conjointement sous le même chef d'accusation, celui d'outrage à la personne du chef de l'Etat. Selon l'acte d'accusation, c'est la qualification de « traître » attribuée au président Borno qui signifie l'outrage. Les articles incriminés, qui ne portent aucune signature, sont datés du 13 décembre 1928, du jour même de leur arrestation. Petit avait été écroué avant la parution de ce numéro du journal : « Il était moins que six heures quand le juge F. Deverson accompagné du capitaine Shaker vinrent procéder à l'arrestation de notre directeur [Georges Petit]. Quelques minutes après la nouvelle parvint à notre gérant [Jacques Roumain] qui immédiatement prit une voiture et se rendit au Bureau de la gendarmerie d'où lui aussi fut fait prisonnier. Par ailleurs nous savons que notre vaillant collaborateur, M. Elie Guérin, doit être aussi arrêté ». Ces arrestations virent sans surprise pour les victimes : « Nous étions encore sous presse quand un ami qui est dans le secret des Sous dieux vint bride abattue nous annoncer que le traître Borno, ou, pour employer le terme de l'honorable sénateur King, la marionnette, va faire procéder à notre arrestation, sous prétexte d'injure adressée à sa trop chétive personne...Peu nous chaut que l'on nous jette en prison, que l'on nous assassine...M. Borno, de concert avec l'occupant et le clergé français, veut quand même réduire à néant la race haïtienne... ». Le Petit Impartial insiste que la véritable raison de leur arrestation loge dans leur campagne de promotion « d'un clergé haïtien ». Suite à l'arrestation de Roumain, Petit et Guérin, une foule immense vînt leur manifester sa sympathie. Le Petit Impartial en prend acte. Il y eut, en même temps que la leur, d'autres arrestations. Ce qui autorise le journal à signaler qu'ils « ont été les premiers à voir le juge d'instruction après quinze jours de détention préventive ».
Le jugement eut lieu le 22 avril 1929. Les prisonniers eurent pour avocats Yrech Chatelain, David Jeannot, André Laraque et Perceval Thoby. Le principal avocat, Yrech Chatelain, en guise de plaidoirie, fît le procès de l'occupation. Guérin, hospitalisé, n'a pu prendre part au procès. De toute manière, ce procès était perdu d'avance. Les accusés ne pouvaient se dérober à la responsabilité d'avoir qualifié Borno de traître. Les accusés furent condamnés à un an d'emprisonnement et à mille dollars d'amende, en l'absence d'Elie Guérin.
On peut juger de la ferveur du courant nationaliste et de l'imposante personnalité des prisonniers à partir du dispositif de sécurité mis en place par le général Evans lors du procès. Ce dispositif de sécurité comprend 10 officiers, 7 sous-officiers, 41 soldats, 10 gardes, 11 détectives, en plus d' « une compagnie mobile tenue en réserve à la caserne Dartiguenave ». C'était pour donner le change à une foule dont on ne pouvait pas anticiper le nombre. Et voilà que, durant le procès, Roumain s'agite. Il administre à l'officier américain Belton « trois coups de poing et le saisit à la taille...Tous deux tombèrent sur le parquet...Belton s'étant remis sur ses pieds, Roumain fonça à nouveau sur lui...Le chef des détectives, Bonté, tira son gourdin et l'en frappa deux fois sur la tête...Pendant ce temps, Bonté tenait à distance la foule qui voulait se ruer sur lui... » N'est-ce pas Le Nouvelliste qui disait de ces arrestations qu'elles constituent « une maladresse et une grande faute » ?
Dans des lettres adressées au général Evans, les prisonniers se plaignent des mauvais traitements à eux infligés. Et même, dans l'une de ces lettres, ils parlent de discrimination raciale, Renaud et Brandt, deux prévenus de droit commun de race blanche, étant mieux traités qu'eux.Quelles sont les conditions de détention auxquelles ils font référence ? Quand, en novembre 1923, Antoine Pierre-Paul, Georges Petit, Joseph Jolibois et Elie Guérin sont détenus au Pénitencier national, c'est à Georges Sylvain, leur avocat, qu'il revînt d'écrire au juge d'instruction Emmanuel Beauvoir pour faire part des doléances de ces prisonniers qui « ne peuvent recevoir ni papier, ni plume, ni encre... ». Un an plus tard, durant ce même mois de novembre, voilà ce qu'écrit La Poste sur les conditions de détention : « Aujourd'hui, dans les prisons de la Gendarmerie, le prévenu ne peut ni lire, ni écrire, ni recevoir. Aux heures de visite réglementaires, les condamnés, les fous et les prévenus, pêle-mêle, ne peuvent causer avec un parent qu'à une distance de trois mètres, à travers une toile métallique, à haute voix et en présence des gendarmes ». Il arrive que des prisonniers ne puissent recevoir leurs parents. En 1928-1929, Roumain et Petit auront « remarqué de tous petits enfants de 7 à 9 ans vêtus de la casaque du forçat ». On sait cependant qu'à l'occasion, ils trouvent à écrire des lettres où ils réclament une amélioration de leurs conditions de détention. Auraient-ils réussi à tromper la vigilance du geôlier ?

Roumain connaîtra la prison dans la prison, c'est-à-dire le cachot. Le voilà qui explique ce que c'est à des membres de la rédaction de L'Action : « Le cachot, explique t-il, est une chose infecte. Figurez-vous une tombe de 1 m. ¾ de long...On ne m'a même pas donné une natte pour me coucher...comme nourriture, trois fois par jour, du pain et de l'eau. Je refusais, comme vous supposez bien ».Nommons la réaction de Roumain. C'est une grève de la faim, à la manière de celle que s'est imposée, neuf jours durant, Louis-Edouard Pouget et qui le détermina à emprunter le chemin de l'exil en avril 1926.La presse nationaliste veille à ce que des prisonniers ne bénéficient pas de traitements de faveur. Tout au moins est-elle prête à divulguer toute information qui irait en ce sens. Roumain se défend de cette accusation portée contre lui par le journal L'Haïtien : « Lorsque je recevais la visite de mes parents, j'ignorais que mon droit de le faire ne me venait pas du juge d'instruction. Dès que j'ai appris que c'était grâce à une démarche de M. E. Chauvet, directeur du Nouvelliste (démarche entreprise de son plein gré et sans que personne ne l'en ait prié) qu'il m'était permis de m'entretenir avec ma famille, je fis savoir à l'officier de service qu'à l'avenir je refusais de recevoir les miens ».La lutte est collective. Sauf à la déserter, il y a une exigence de solidarité.
Les historiens disent des nationalistes qu'ils sont des martyrs. Le ton, pour en parler, varie de la glorification au mépris. Voyons, avec des perspectives radicalement différentes, l'appréciation de deux historiens.
D'abord, celle de Jean Price-Mars qui publie en 1929, c'est-à-dire en pleine occupation :« Et puis-je citer l'un après l'autre tous ces preux qui affrontent la prison, sacrifient leur repos, immolent leurs ressources, pour défendre les idées dont ils se sont constitués les intraitables protagonistes comme ces martyrs qui, autrefois, allaient gaiement au bûcher en proclamant la sainteté de leur idéal et la noblesse de leur foi ?« Y eut-il jamais dans ce pays, excepté à la belle période de l'Epopée révolutionnaire, un plus grand épanouissement de crânerie tel qu'en montrent un Jolibois fils, un Elie Guérin, un Jacques Roumain, un Georges J. Petit ? »
Il ne faudrait pas par ailleurs passer sous silence l'action autrement militante de Charlemagne Péralte et de Benoit Battraville.

François Blancpain, publiant en 1998, prend le contre-pied de l'appréciation de Price-Mars. Il écrit :« On se demande si cet acharnement à provoquer les emprisonnements relevait de la folie, de l'idéalisme ou d'une sorte de penchant mystique pour la condition de martyr ».Cette qualification de « martyr » ne fait pas peur aux nationalistes, qui se l'attribuent eux-mêmes. Le Petit Impartial titre : « LE MARTYR DES JOURNALISTES HAITIENS ». Il est clair cependant que la distance par rapport aux pratiques que recouvre cette qualification peut varier de zéro à 100%. Tout dépend de la représentation que l'on se fait de l'un ou l'autre mode d'existence de la nation haïtienne. Dans une lutte de libération nationale, le radicalisme opère comme un miroir à travers et contre lequel se projettent les différents agents sociaux. Y voir de la folie, c'est faire abstraction des motivations psychologiques travaillées par la mémoire historique. L'on comprend dès lors que, bien que disposant de la force répressive et jouissant de privilèges de toutes sortes, les collaborateurs ont toujours mauvaise conscience.

Pour Jacques Roumain et les nationalistes de l'époque, la question se pose dans les termes d'une alternative entre une occupation musclée et intéressée et la jouissance de l'autonomie politique.
Fin
Ce texte constitue une version abrégée d'un chapitre d'un livre en préparation sur Jacques Roumain.
Michel Acacia

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=50304&PubDate=2007-10-30

mardi 30 octobre 2007

Autour de Jacques Roumain : Louis Borno et les nationalistes

Par Michel Acacia
Louis Borno (1922-1930) est le Chef d'Etat haïtien qui, durant l'occupation (1915-1934), pratiqua comme un hobby la mise en détention d'adversaires politiques. Il fait « réviser périodiquement les lois sur la presse de façon à alourdir les sanctions, du moins lorsque les journalistes (sont) déférés devant les tribunaux ». Cet alourdissement des sanctions ne tempère pas l'ardeur des journalistes, qui continuent à s'en prendre à Borno et à l'occupant. Leur patriotisme est « fanatique », comme s'en enorgueillit Roumain qui définit ainsi l'attitude du patriote face à l'occupation étrangère : « Le fanatique, le patriote instinctif, le seul véritable dit : Je ne veux pas savoir. Homme, tu es étranger et tu foules le sol que foulèrent mes pères. Ferme la bouche débordante du miel du mensonge. C'est inutile. Je te hais ». Que de nationalistes ont vécu ainsi leur patriotisme !
Ces « fanatiques » font l'objet d'une étroite surveillance de la part du gouvernement. Le président Borno fait intercepter leur correspondance, comme c'est le cas pour Georges Sylvain et Joseph Jolibois. Des articles qui, par leur tournure allusive ou elliptique, auraient pu échapper à la vigilance de l'occupant, sont disséqués par le gouvernement qui s'en sert comme pièces à conviction à l'encontre de leur auteur par devant les tribunaux. Le gouvernement obtient le plus souvent gain de cause, mais il lui arrive d'essuyer des déboires. Comme quand, en 1924, Joseph Jolibois est déféré devant ses juges, puis relâché pour manque de preuves. Un journal de l'époque interprète ainsi la décision du juge : Le directeur de Le Courrier Haïtien « n'ayant nommé personne, ne peut être légalement tenu pour outrage envers quiconque à qui il plait de se reconnaitre dans le personnage imaginaire peint par Le Courrier ». C'est cette tentative d'incriminer l'implicite que Georges Petit dénonce dans les termes qui suivent : « Depuis l'invasion américaine, nous avons assisté à ce phénomène extraordinaire qui fait du sens des mots une sorte d'attribution exclusivement présidentielle ».
Il va de soi que certaines critiques ne conservent de l'allusif que la forme. Lisons ce qu'écrit La Poste en novembre 1925 : Toussaint Louverture, le Premier des Noirs, est incontestablement l'homme le plus génial qu'ait produit la race noire. Si M. Louis Borno veut être L'autre Premier, il faut que dans la rangée des hommes de cette race il nous permette de commencer à compter...par l'autre extrémité ». Ou encore, concernant un voyage incognito du président en République voisine, cette relation de Le Petit Impartial, sans doute sous la plume de Georges Petit : Le président Borno « laissa la capitale samedi à 4 heures, pour Santo Domingo, et rentra hier soir un peu plus tard que 6 heures...Nous ne pouvons pas dire à M. Borno la honte que nous éprouvons pour lui, de crainte qu'il ne se fâche et ne nous envoie pourrir ».
C'est le genre de propos qui destine un journaliste, ou un directeur d'opinion, à la prison. La mise entre guillemets de propos attribués à d'autres, même sans commentaire, peut faire l'objet d'une incarcération. Voilà Carl Brouard, incarcéré « pour avoir reproduit les propos de Jacques Roumain ». C'est la version officielle. Le Petit Impartial, auquel Carl Brouard collabore, se fait une autre idée de cette incarcération : « Son incarcération était chose décidée dès le jour où crânement il endossa la responsabilité de notre journal ». Lors de la libération du prisonnier, Le Petit Impartial précise : « M. Brouard qui avait été incarcéré pour un bout de phrase mal inopiné, ne présentant aucun sens, et forcément aucune injure, a passé près de deux mois en prison. L'arbitraire des agents de M. Borno en avait décidé ainsi ». En réalité, la détention aura duré plus de deux mois.Il arrive au président de faire incarcérer des journalistes pour ensuite, en grand seigneur, les libérer « avant qu'ils eussent purgé leurs peines ». Ainsi MM. [Ernest] Chauvet et [Frédéric] Duvigneaud ont été mis en liberté [le vendredi 23 décembre 1927], après une combinaison qui a reçu le nom d'amnistie ». C'est aussi le cas lors de l'arrestation de sept directeurs de journaux et des deux principaux administrateurs de l'Union Patriotique, emprisonnés pour avoir « dans une dépêche au journal [dominicain] 'El Diario de la Marina'...affirmé que le gouvernement de M. louis Borno est l'instrument de Washington et que sa politique constitue un danger pour l'Amérique latine ». Cette déclaration contredit des propos tenus en République dominicaine par le Nonce Apostolique, Mgr Caruana. C'était à la veille d'une visite du président dominicain Vasquez. Le journal L'Haïtien dont le directeur avait été emprisonné écrit : Borno « a espéré jusqu'à la dernière minute obtenir une certitude que les cercles mondains de Port-au-Prince relâcheraient leur intransigeant refus de fêter Vasquez et sa suite » en échange de la libération des prisonniers. Le journal s'insurge contre ce procédé : « Victimes de l'arbitraire de M. Borno, dans la séquestration de leur liberté, par l'incarcération de leur personne, ils demeureront victimes de toute décision, qu'en dehors de la voie légale, M. Borno aura imaginée pour les jeter hors prison ».
Ce n'est pas la première fois que des journalistes s'insurgent contre cette manière de faire. Alcius Charmant opte pour rester en prison, en dépit d'un ordre formel de libération émis en sa faveur par le président Borno. Il explique ainsi sa décision : « Je n'avais pas voulu qu'il fut dit que Mr. Borno, après s'être donné âpre satisfaction de s'être vengé de mes écrits contre et lui et son gouvernement, avait usé de quelque acte de magnanimité en ma faveur ». Un épistolier, s'adressant à Georges Sylvain, rapporte que les prisonniers Antoine Pierre-Paul, Simon Lambert et Seymour Lafontant sont relâchés sous ordre « venu de Washington », tandis que le gouvernement tente de faire accroire qu'ils bénéficient de la clémence du chef de l'Etat. Et ce n'est pas une anecdote quand L'Haïtien écrit, en référence à des prisonniers : « M. Borno disait à un journaliste américain, qui l'a transmis à la presse mondiale : 'Ils seront relâchés quand je penserai à eux' ». Le journal dit partager avec ses lecteurs une réflexion qui court les rues : « On a fait justement la réflexion que si le gouvernement des 'satrapes' d'autrefois avaient été moins bons pour Mr. Borno et qu'il eût lui-même connu la prison, il serait moins prodigue de ses billets de logement ».
De fait, « ...les arrestations sont monnaie courante, dans la mesure où la parole nationaliste continue à choquer et l'agitation à s'étendre à chaque rendez-vous politique...Journalistes et politiques continuent d'être harcelés, convoqués ou arrêtés au besoin ». Voici une relation d'un cas d'arrestation parmi d'autres, mais qui offre l'intérêt d'impliquer Georges Petit, le futur compagnon de lutte de Jacques Roumain : « Depuis près d'un mois MM. Georges Petit et Ottanès Duplessy, deux nationalistes sans peur qui ont, à différentes reprises affronté la prison au service de la défense nationale, ont été à nouveau incarcérés sous une accusation fantaisiste...M. Georges Petit, par deux termes, a passé seize mois en prison et Duplessy en est à sa troisième incarcération , réalisant à peu près sept à huit mois de séjour au pénitencier national...Et toute cette misère, toutes ces souffrances, pourquoi ? Pour que quelques nantis, s'appuyant sur l'étranger envahisseur, puissent rouler automobile, fumer bons cigares et se payer des maîtresses ».
On ne trouve rien à redire de la Protestation du Comité Central de l'Union Patriotique datée du 16 février 1925 : « D'illégalité en illégalités, le gouvernement en est venu à retirer aux hommes politiques et aux journalistes en proie à la détention préventive même les garanties élémentaires.. », dérogeant aux principes ci-après : « Tout individu, incarcéré sous une prévention quelconque, doit être interrogé dans les vingt quatre heures sur l'objet de son arrestation par le juge légalement constitué à cet effet.« 2) L'accusé est présumé innocent, tant qu'un jugement de condamnation ne l'a pas déclaré coupable...« 3) Au cours de sa détention, il a droit à toutes les facilités compatibles avec la nécessité d'une prompte et complète justice...« 4) L'ingérence des autorités administratives...pour aggraver la situation du prévenu ou pour faire obstacle à l'impartialité des juges, est une atteinte à la dignité et à l'indépendance de la Magistrature...« 5) Toute perquisition au domicile d'un détenu, si elle s'opère hors de sa présence ou en l'absence de représentants autorisés, rend plausibles les plus sévères suspicions de fraude et ne peut servir de fondement à une accusation sérieuse.« La violation d'une seule de ces règles constitue un abus d'autorité...Or il n'en est une qui n'ait été délibérément violée dans les poursuites intentées contre les citoyens Ls. ED. Pouget, D. Heurtelou, Clément Juste, Pierre-Paul et Simon Lambert, présentement détenus dans la Prison de Port-au-Prince, sous une prévention de complot contre la sûreté de l'Etat et contre la vie du Chef de l'Etat ».On sait que l'atteinte à la sûreté de l'Etat et/ou à la vie du chef de l'Etat constitue la faute la plus grave qui puisse être imputée à un citoyen. Il s'agit, pour le président Borno, de brider, par des moyens spectaculaires, l'opposition au Gouvernement. Les grands moyens sont ici utilisés, l'accusation la plus courante durant les deux mandats du président Borno étant celle d'outrage à la personne du chef de l'Etat. Pouget, Heurtelou, Juste, Pierre-Paul et Lambert seront élargis.Les nationalistes ne désarmeront pas. Le gouvernement non plus, dont l'argument politique principal est l'emprisonnement des opposants. Les arrestations se multiplient. De l' « APPEL A LA PRESSE » signé Georges J. Petit et Jacques Roumain le 2 février 1929, nous extrayons les passages suivants : « ...c'est plus de cinquante fois que M. Borno aura jeté ces patriotes [de la Presse] en prison...Contre tous ses assauts nous avons résisté, nous relayant infatigables dans les cachots de la prison...Confrères de la Presse, du fond de notre cachot, nous vous crions : Soyez fermes ! » Cet appel de journalistes emprisonnés à la solidarité de confrères en liberté peut paraître un jeu d'enfants. Il y avait au contraire tout un tissu de solidarité réciproque entre journalistes incarcérés et journalistes en fonction. Telle cette note de sympathie à Joseph Jolibois : « A notre vaillant confrère Jolibois, martyr d'une noble cause, nous envoyons l'expression de nos plus vives sympathies ». Ou encore, ce simple rappel, qui semble relever tant du politique que de l'affectif : « Me Charmant est enfermé à la prison de Jacmel. L'A-T-ON OUBLIÉ ?A suivre!
Ce texte constitue une version abrégée d'un chapitre d'un livre en préparation sur Jacques Roumain.
Michel Acacia prendra part au Colloque International sur Jacques Roumain qui se tiendra du 27 au 30 novembre 2007 à Port-au-Prince. Le thème de ce colloque est « Penser avec Jacques Roumain aujourd'hui ».
Michel Acacia
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=49952

vendredi 26 octobre 2007

Haiti : Un colloque international sur Jacques Roumain

Jeudi 25 octobre 2007
P-au-P., 25 oct. 07 [AlterPresse] --- L’Université d’État d’Haïti (Ueh) organise, du 27 au 30 novembre 2007, un Colloque International Jacques Roumain, en partenariat avec des institutions locales impliquées dans l’Éducation et la Culture.
Lors de cette rencontre pluridisciplinaire, des personnalités scientifiques et littéraires du monde entier seront à Port-au-Prince et dans les principales villes de province, apprend AlterPresse auprès des organisateurs.
Venant de Belgique, Cuba, Canada, France, États-Unis d’Amérique, Pérou, Martinique, Sénégal, Cap vert, etc. des personnalités, pour la plupart des professeurs d’Université, interviendront aux cotés de leurs homologues haïtiens sur le thème « Penser avec Jacques Roumain aujourd’hui ».
Parmi les noms mentionnés, figurent ceux de Hérold Toussaint, Léon-François Hoffmann, Gary Klang, Joel Desrosiers, Yolanda Wood, Gérald Bloncourt, Jean Michaël Dash, Rodney Saint Éloi, Raphaël Confiant, Franck Laraque, Jack Hirschmann, Jean André Victor, Maximilien Laroche, Kathleen Gyssels, Clotaire Saint Natus, Claude C. Pierre, Franklin Midy, Max Manigat, Frantz-Antoine Leconte et Alain Deneault.
Ce colloque qui sera organisé dans le cadre de l’ensemble des activites marquant le centenaire de la mort de Jacques Roumain, sera l’occasion de faire le point sur la connaissance actuelle autour de cet auteur haïtien de premier plan.
Diverses manifestations scientifiques et culturelles ont eu lieu dans différents pays, à l’occasion de l’année Jacques Roumain, officiellement décrétée en Haïti et à Cuba au début de 2007. [kj gp apr 25/10/2007 16:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6565

mardi 4 septembre 2007

C'est honteux, mais c'est comme ça !

Commémorer le centenaire d'un écrivain, d'un homme ou d'une femme remarquable dans un pays comme Haïti où les jeunes n'ont plus de modèles s'avère important. C'est même primordial dans ce pays où les bonnes valeurs (aimer son prochain, respecter les autres, être prêt à pardonner, fidèle, honnête, digne de confiance et juste, sérieux et travailleur, compatissant) s'effritent.

Cependant, dans la République dessalinienne, on a une drôle façon d'honorer les vivants ou les morts. C'est une source d'enrichissement. Jusqu'à présent, Shakespeare est sur les lèvres des Anglais ; Hugo est toujours présent dans les coeurs des Français ; Bob Marley existe toujours pour les Jamaïcains ; Ghandi roule sur les langues des Indiens ; le président cubain Fidel Castro reste et demeure l'idole des Cubains.
Mais en Haïti, on oublie vite et facilement quelqu'un qui a marqué son époque. L'année 2007 devrait être entièrement consacrée à deux grands écrivains haïtiens : Jacques Roumain, né en 1907 et Justin Lhérisson décédé en 1907. En outre, on a catégoriquement omis le second nom. On se demande pourquoi ? Comme disait l'autre, on a raté trop d'occasions.

Nous devons organiser des banquets culturels au mois de novembre dans le dessein de rendre un hommage bien mérité à Lhérisson. Il aimait beaucoup son pays et on pouvait même le compter parmi les patriotes malades d'Haïti. Evidemment cette mauvaise réaction des autorités diminuera sans doute le souffle patriotique de la jeunesse haïtienne. En effet, on devrait organiser beaucoup plus de manifestations culturelles pour célébrer le centenaire de Roumain. Beaucoup d'élèves de rhéto n'ont pas étudié Jacques Roumain, voire la population. "Gouverneurs de la Rosée" devrait être un signe de réconciliation. Pourquoi on ne projette pas ce film sur les places publiques en août dans le dessein de rendre un dernier hommage à Roumain ? Il avait prêché l'unité à travers Manuel, le Christ haïtien. Honnêtement, on n'a rien fait de valeur pour commémorer les deux centenaires. Chaque groupe a choisi une facette de ces deux écrivains dans le dessein de tirer des profits.
Je lance dès maintenant la première pierre pour l'année 2008. Une année qui devrait être consacrée à Massillon Coicou, le fondateur du théâtre haïtien. Enfin, tout Haïtien doué doit se questionner dans la suite pour prendre une décision. Je termine par cette fameuse citation de Jacques Stephen Alexis : « Un peuple qui vient de produire ces deux grands écrivains ne peut pas mourir ».
Bibliothèque Frédéric Marcelin

Route nationale # 1,
29 carrefour Shada
Tel : 409-6626
Mégie Carlo, avocat
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=47499&PubDate=2007-09-04

lundi 27 août 2007

Montréal au rythme de Jacques Roumain

Le plus grand spectacle sur l'oeuvre de Roumain se déroule à Montréal. Le vendredi 14 septembre, au Lion d'or, le cabaret Jacques Roumain, conçu par Rodney Saint-Éloi, inaugure le 13e Festival international de la littérature (FIL).
La mise en lecture est conçue comme un cabaret, nous a appris Rodney Saint-Éloi. « Sont donc associées diverses formes d'expression comme la musique, la danse contemporaine, de manière à faire ressortir la fluidité du discours et ses jeux ludiques. Poésie, fiction, écrits journalistiques et pamphlétaires sont articulés ensemble, de sorte que le spectateur participe dans une recréation globale de l'oeuvre de Roumain, l'une des plus importantes du 20e siècle.»Le FIL accueille cette année près de 200 écrivains et artistes du 14 au 22 septembre 2007 à Montréal.
De ces manifestations, deux centenaires de naissance d'écrivain seront célébrés : le poète français René Char et le célèbre auteur haïtien Jacques Roumain, les deux nés respectivement les 14 et 4 juin 1907.
Cette mise en lecture de l'oeuvre de Jacques Roumain rassemble une quinzaine d'auteurs, de comédiens, de danseurs et de musiciens québécois et haïtiens, dont Pascale Montpetit, Dany Laferrière, Stanley Péan, Michel Vezina, Mélanie Demers, Anthony Rozankovic, Marie Laure Rozas, Franz Benjamin, Chantale Lavigne.
Ce sera l'occasion pour le public de découvrir le roman culte de Jacques Roumain Gouverneurs de la rosée ( Mémoire d'encrier 2007).
D'après Dany Laferrière « Chaque pays a son Roumain, c'est-à-dire un écrivain qui résume en quelque sorte les rêves, les élans et les échecs de sa société. Ce n'est pas forcément le meilleur écrivain du pays, mais c'est celui en qui tout le monde se reconnaît. On ne doit pas penser pour autant à un poète bucolique qui vit retiré à la campagne, ni à un historien complaisant qui agite facilement ce vieux chiffon rouge du nationalisme sous le nez d'un peuple déjà énervé. C'est plutôt quelqu'un qui n'hésite pas à asséner ses quatre vérités à ses compatriotes. Pour le Québec, je pense à Miron. Pour Haïti, c'est Roumain. »

Source

http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=47501&PubDate=2007-08-24

vendredi 27 juillet 2007

Mon Roumain à moi


Par Josaphat-Robert Large

Celui qui jette un regard en survol sur le Collectif « Mon Roumain à moi » découvre un livre fabriqué avec minutie, peaufiné et agrémenté d'une illustration du grand artiste haïtien Philippe Dodard : un jet de couleurs étalant, sur la couverture, ce qui ressemble à un individu bravant les flammes d'un incendie. Ce mélange de formes et de nuances contraste bien avec le blanc du carton.

Dans son cadre thématique, l'ouvrage est plus que bien représenté. Une approche polyphonique où chaque écrivain/musicien joue assez bien sa partition. Une pluralité de thèmes dérivant de la plume des noms parmi les plus connus de l'intelligentsia haïtienne contemporaine. Des témoignages, des poèmes, des études. Et la polyphonie se déclenche. Le lecteur se régale en rassasiant pour de bon son appétit de beaux textes. Il faut aussi tenir son chapeau bien haut pour complimenter le ministère de la Culture et de la Communication, les Presses nationales d'Haïti et la directrice du livre, Emmelie Prophète, dont la délicieuse « Solitude » nous sert jusqu'à présent de livre de chevet.

Du côté des études, James Noël nous plonge dans une réalité (la nôtre) sous une occupation orchestrée par des forces étrangères. L'auteur fait un constat : l'oeuvre de Roumain ne fait pas partie, chez nous, du programme de l'enseignement secondaire. Le modèle Roumain est-il connu des jeunes ? Gary Klang questionne un autre aspect. Il soulève un point qui a déjà fait couler beaucoup d'encre : la fabrication linguistique de Gouverneurs de la rosée. La grille des connaissances acquises à La Sorbonne à son actif, Klang réalise une dissection du texte et nous présente certaines phrases de Roumain que ne sauraient comprendre des francophones non antillais. Claude Pierre, dans son étude où les mots sont bien pesés, fait ressortir l'importance de la poésie roumainienne. Le langage philosophique de Jean Josué Pierre nous porte à le lire avec avidité, à apprécier son texte et à vouloir en recommander la lecture à d'autres liseurs.

Les témoignages sont plus nombreux et je dois avouer le penchant de ma préférence pour celui de Lyonel Trouillot. Avec ce travail, l'auteur effectue une remise en situation. Il se souvient de ses réactions lors de la première lecture de Gouverneurs de la rosée et évoque, par association d'idées, l'importance de Roumain pour les camarades de sa génération. Trouillot va plus loin. À la fin de son texte, il replace Roumain dans l'espace des années 1930. À côté d'une star qui lui a peut-être servi de modèle, s'agissant de sa garde-robe. On s'imagine Jacques, dans un film de l'époque, cigarette au bout des lèvres, appuyé contre le piano que fait vibrer un grand pianiste américain, complotant, planifiant, avec Humphrey Bogart, la prise de Casablanca. Magnifique !

Côté poèmes : de bons textes. Où, au fil de la lecture, on tombe sur des vers qui accrochent l'intérêt : « la table d'écriture grenier de lune/ ne s'enchante d'aucun arbre ». Signé : Bonel Auguste.

En gros, ce faisceau de phrases projette de nouvelles idées qui exposent les différentes perceptions qu'ont, sur Jacques Roumain et son oeuvre, des professeurs et des écrivains haïtiens contemporains, en cette année 2007 où l'on célèbre le centenaire de la naissance de cet illustre écrivain. Et c'est très bien. Trente et un auteurs se côtoient dans ce miroir ayant pour titre « Mon Roumain à moi ». Ils se jettent des regards en coin, échangent des idées, se disputent, polémiquent même entre eux. Saint-Eloi me vient à l'esprit, qui déclenche une rafale (et atteint tout le monde). Des retombées pourraient provoquer un grand débat... Et ça, ce serait un pas de géant vers la provocation de chocs d'idées à même de faire jaillir des lumières indispensables sur les communautés haïtiennes à travers le monde. Trente et un auteurs haïtiens cohabitent dans un même miroir...textuel. Quelle prouesse !

Après tout, quand l'Haïtien effectue un vrai retour sur la terre de sa réalité, la première phrase qui le hante en est une qu'il feint toujours d'oublier : L'union fait la force !

(1) COLLECTIF, Mon Roumain à moi, Editions Presses nationales d'Haïti, Port-au-Prince, 2007, 309 p.

Josaphat-Robert Large
Juillet 2007
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=46523

jeudi 19 juillet 2007

Centenaire de naissance de Jacques RoumainJacques Roumain et les relations haïtiano-dominicaines

Soumis à AlterPresse le 17 juillet 2007
Par le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr)
Réflexions à l’UEH sur Jacques Roumain et les relations haïtiano-dominicaines
17 juillet 2007
Dans le cadre des activités commémoratives du centenaire de l’écrivain haïtien Jacques Roumain, l’Université d’Etat d’Haïti(Ueh) a organisé, le 14 juillet 2007, un panel autour des relations haïtiano-dominicaines, objet de préoccupations, déjà en 1937, chez l’auteur du célèbre roman paysan, Gouverneurs de la Rosée.
Ce panel, tenu à l’auditorium de l’Institut National d’Administration, de Gestion et des Hautes Etudes Internationales (Inaghei), a réuni le doyen de la Faculté d’Ethnologie, Yves Dorestal, l’ex-ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine, Guy Alexandre, et la coordonnatrice du Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr), Colette Lespinasse qui, avant son exposé, a invité l’assistance à observer une minute de recueillement, en mémoire d’un autre poète, Jacques Roche, assassiné le 14 juillet 2005.
D’entrée de jeu, le doyen de la Faculté d’Ethnologie a campé le personnage de Roumain : un théoricien marxiste original, un internationaliste qui prônait un mouvement socialiste mondial.
Pénétré de cette vision, il a développé des relations avec les partis communistes de la région et encouragé une alliance des masses opprimées en vue de combattre tous les fascismes locaux. Roumain était également sensible à l’idée du projet de création, sur des bases socialistes, d’une Union des Grandes Antilles incluant entre autres, Haïti, la République Dominicaine et Cuba.
Selon le professeur Dorestal, Jacques Roumain nous a offert « une leçon de vigilance théorique et politique », car, tout en dénonçant le massacre de 1937, il avait évité le piège de l’anti-dominicanisme.
A travers un article titré "La tragédie haïtienne" publié, en novembre 1937, dans la revue française "Regards", l’écrivain avait accusé Rafael Leonidas Trujillo d’avoir commis un génocide, ce qui lui a valu des poursuites judiciaires et même une condamnation pour outrages à un chef d’Etat étranger.
Mais l’auteur avait critiqué également l’attitude complice du président haïtien d’alors, Sténio Vincent.
De l’avis de Roumain, les peuples haïtien et dominicain sont deux grandes victimes de la surexploitation et de l’oppression des classes dominantes des deux pays.
« La question haïtiano-dominicaine est trop sérieuse pour être laissée aux deux gouvernements », prévient le professeur Dorestal, qui invite plutôt à déconstruire l’anti-haïtianisme et éviter la voie dangereuse de l’anti-dominicanisme.
En ce sens, il estime que Roumain a innové en théorisant sur le concept de racisme périphérique pour expliquer l’anti-haïtianisme qu’on retrouve en République Dominicaine.
S’appuyant sur la vision de Roumain, l’ambassadeur Guy Alexandre s’est évertué à identifier différents moments de manifestations de cet anti-haïtianisme, qui empoisonne jusqu’à date les rapports entre les deux peuples et dont s’accommodent les deux oligarchies de l’île.
Il cite, entre autres, la période de création de l’Etat dominicain en rupture avec l’Etat haïtien, celle de Trujillo - qui a mis en place un anti-haitianisme d’Etat - et la période actuelle, caractérisée par une remontée du nationalisme anti-haïtien dont les événements de Hatillo Palma (2005) sont une tragique illustration.
Malgré le poids réel des stéréotypes et préjugés, il y a, tout de même, un ensemble de témoignages qui attestent que « le peuple dominicain, dans sa grande majorité, n’a pas fonctionné nécessairement selon des comportements anti-haïtiens », assure Guy Alexandre.
De son côté, la coordonnatrice du GARR, Colette Lespinasse, invitée à se prononcer sur la réalité et les perspectives de la migration haïtienne en République Dominicaine, a proposé un parallèle entre le contexte actuel de cette migration et celui qui a prévalu à l’époque de Roumain.
« La présence actuelle de milliers de travailleurs haïtiens en territoire dominicain n’est pas le fruit d’un hasard, mais le résultat d’une politique économique enclenchée dans un contexte géo-politique très particulier, caractérisé par l’occupation de plusieurs pays de la région en vue de l’expansion du capitalisme. A cette fin, les Américains avaient décidé d’occuper simultanément les deux pays (1915 pour Haïti et 1916 pour la RD) et d’intensifier sur l’île la production sucrière en installant les usines du côté dominicain et en puisant la main d’œuvre en Haïti ».
Ce qui a ouvert la voie à des flux migratoires vers la République Dominicaine, qui persistent encore de nos jours, déplore la coordonnatrice du GARR.
Comme à l’époque de Jacques Roumain, l’Haïti d’aujourd’hui connaît une occupation étrangère, les migrants haïtiens sont trafiqués vers divers secteurs de l’économie dominicaine et on insiste sur le retour en force de la culture de la canne en vue de la fabrication de l’éthanol, comme bio-carburant, a fait remarquer Lespinasse.
Une autre similitude relevée fut la poursuite judiciaire contre Roumain qui avait dénoncé le massacre de plus de 10,000 haïtiens, orchestré en 1937 par le dictateur Rafael Leonidas Trujillo.
En 2007, souligne Colette Lespinasse, des représentants du gouvernement et du Parlement dominicains, à travers notes officielles et résolutions, accusent de diffamation les auteurs d’une exposition en France de photos et de documentaires décrivant la réalité inhumaine des coupeurs de canne haïtiens dans les bateyes sucriers et ont annoncé des poursuites judiciaires à leur encontre.
La coordonnatrice du GARR s’est interrogée au passage sur le sens de la récente "célébration" du centenaire de Jacques Roumain en République Dominicaine", sous l’égide des présidents René Préval et Léonel Fernandez.
Dans quel esprit s’est donc effectuée cette célébration ?, se demande-t-elle, ajoutant que, tout comme à l’époque de Jacques Roumain, les dirigeants haïtiens et dominicains ont toujours conclu des alliances dans le sens de leurs intérêts, et rarement au bénéfice des deux populations.
En guise de conclusion, elle a souligné la nécessité pour les populations des deux pays, dans leurs composantes marginalisées et surexploitées, de construire une autre alliance en vue de l’émergence de meilleurs rapports sur l’île ». (Fin de texte GARR-17/7/07
).
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6207

lundi 16 juillet 2007

Jacques Roumain : l'irrépressible engagement poétique

Au combat du journalisme incandescent succède chez Roumain celui d'une poésie engagée. Elle naît de causes inextricables qui traversent la société haïtienne bouleversée, qui devait connaître de plus les horribles exactions de l'Occupation américaine de1915 à 1934. La renaissance de la poésie haïtienne à laquelle Roumain a été mêlé, a dû sa gestation surtout aux événements sociologiques et politiques d'ordre national et international.

Naomi M. Garret nous apprend dans The Renaissance of Haitian Poetry que :« Haïti n'a pu développer une tradition ou un mécanisme politique pouvant prévenir des hommes ambitieux et sans scrupule à aspirer au sommet de l'état pour en faire une source d'enrichissement personnel et s'accrocher au pouvoir par des moyens, quelque immoraux qu'ils soient. Ce qui était important, c'était de savoir qui était en mesure de garantir le plus de profit possible aux opportunistes ou qui pouvait étaler plus de puissance militaire que les autres. Ces troubles ont légué une somme d'anxiété sur la jeunesse du pays pendant les quinze premières années du 20e siècle »(1) (ma traduction)
Les Haïtiens ont ressenti les secousses de l'occupation et les lettres haïtiennes opposent, par stratégie de réplique depuis l'arrivée des forces américaines, soit un retour à la poésie patriotique et héroïque qui glorifie l'épopée de 1804, l'hominisation de l'île, soit une évasion dans les évocations des légendes amérindiennes du passé, tandis que d'autres poètes plus actifs préféraient abonder dans les anathémes vengeurs contre l'Amérique et ses collaborateurs les plus proches- ce qui opérait une évidente actualisation du conflit.

Les affirmations d'Antonio Vieux et Philippe-Thoby Marcelin dans La Nouvelle Ronde allaient faire presque l'unanimité. Pour prouver l'existence de la littérature haïtienne, les oeuvres devraient adopter la nouvelle mission d'exprimer les aspirations légitimes, les nouvelles tendances de la génération plus fidèlement: il fallait véritablement toucher l'âme même du pays « la disséquer et la mettre à nue »(La Nouvelle Ronde,1er juillet 1925,p.30).
Cette philosophie qui recevait un suffrage massif animait non seulement La Nouvelle Ronde, mais aussi La Trouée : revue d'intérêt général et plus encore La Revue Indigène Les Arts et La Vie, deux journaux auxquels Roumain offre une chaleureuse collaboration. L'emphase sur la psychologie et l'esthétique répondait à une phase de la résistance contre l'occupation. La résistance par les armes n'était plus de mise,la futilité était évidente ;l'échec des cacos était encore dans les esprits. La possibilité de l'avènement d'un gouvernemnt nationaliste était presque nulle.
L'affairisme de l'armée et le comportement intéressé de l'élite avaient presque provoqué une paralysante démoralisation de la jeunesse du pays. « Mais gardons-nous de considérer les élégies comme des fantaisies de mandarin. L'exercice littéraire est fondamentalement une catharsis. Face à l'Occupation américaine, Jacques Roumain rumine sa peine, la projette sur son environnement humain et objectal. Le poète subit l'anéantissement avant de s'éveiller à la révolte, c'est-à-dire de concevoir et d'écrire les textes de Bois d'Ebène ».(2) .
La difficulté de la poésie de Roumain découle d'abord du fait qu'il n'a pas réuni de son vivant, ni publié des poèmes dans un recueil. Leur éparpillement dans les journaux de l'époque en Haïti et ailleurs et la possession de certains par des collègues, amis et parents ont retardé la collection de l'ensemble -lequel ne peut être déclaré complet jusqu'à maintenant. Le seul florilège qui ait paru serait d'ordre posthume et on en relève -c'est un constat d'évidence -une multiplicité de courants, de thèmes, d'intentions autant qu'une profonde modification du style. Que l'on consulte Pradel Pompilus (3), Ghislain Gouraige, (4) Carolyn Fowler(5), Hénock Trouillot (6), tous ces critiques s'accordent sur la genèse et l'évolution de sa poésie, même si certains d'entre eux mettent l'accent sur des aspects particuliers qui les fascinent en minimisant d'autres qui mériteraient peut-être autant notre attention.
Les critères de sélection ne peuvent être universels, dépendent de la grille de lecture par laquelle le critique procède et surtout selon le projet et l'objectif qu'il compte réaliser et atteindre.

Très certainement, on ne saurait rater l'élan descriptiviste de Roumain qui pourrait avoir constitué une sorte de poésie première manière où le poète met dans le collimateur les manifestations de la nature susceptibles de provoquer des échos au plus profond de nous. «Midi », »Pluie », « Calme », « Orage » et «Cent mètres » exemplifient un défilé de brèves impressions et d'images, de sensations auditives et visuelles, des visions fulgurantes.
Le lectorat pénètre sidéré dans un monde irréel dont tous les éléments constitutifs semblent évoluer dans une permanente mutation ou tout se rejoint. On a bien l'impression d'assister à la construction d'un monde qui n'en finit pas,qui se fait et se défait dans un mouvement de gestation perpétuelle. Dans cet univers merveilleux, disruptif et distendu » les palmiers veillent sur le paysage ». On « écoute le rythme du silence embaumé de l'encens des fleurs irréelles » ( Midi ). On assiste dans une parfaite communion avec le narrateur à la transfiguration de la pluie. Elle devient une sorte de « monotone dactylo » qui « tapote aux fenêtres closes », crée un espace « où pleure sans bruit le deuil des roses qui s'effeuillent »(Pluie).
Selon Michel Prat ,Roumain, dans le poème « Calme », « apparaît comme un homme réconcilié avec le monde, par-delà la révolte et se préparant déjà à la mort » :
« Une grande indifférence entre en moi avec un goût de cendre.
Ma table est une île lumineuse
dans la nuit noire de la silencieuse
nuit.
Hors un homme courbé sur ses désirs morts
Je ne suis plus rien...
La route s'arrête avec les pas du pèlerin »
C'est aussi:«une parfaite illustration de la pensée de Camus selon qui tout écrivain doit être à la fois solitaire et solidaire, ce recueil établit un équilibre entre la solidarité dans la révolte et la solitude dans l'apaisement suscité par la beauté des choses ».(7)Dans ce merveilleux vortex « Le vent chassa un troupeau de bisons dans la vaste prairie du ciel. Ces bisons dans leur fuite, « silencieux et puissants » »écrasèrent le soleil »qui « s'éteignit ». On apprend que le vent ne fait pas que souffler.
En furie « le vent hurla tel une femme en mal d'enfant ». La pluie s'amène joyeusement. « La pluie accourut, fille du feu et de la mer ; elle accourut en dansant...» Les feuilles de leur côté savent chanter en tremblant en attendant les ovations du tonnerre:

« les feuilles chantèrenten tremblant comme des débutantes de Music-Hall ;vint le tonnerreet applaudit »(Orage)

« Cent mètres », aventure extraordinaire, se détache des autres poèmes et devient avant tout une authentique illustration, une leçon d'énergie et de volonté irréductible. Le héros, l'athlète, va au-delà de ses limites physiques en bandant ses muscles, en recevant joyeusement « la volupté du vent entre les dents » et dont les poumons deviennent « des carburateurs douloureux dans une poitrine en feu ». L'homme qui jouit du libre arbitre veut se dépasser en accomplissant un ultime effort. Il connaît sa capacité de réussite et d'échec.
Cela ne lui empêche pas de se surpasser tout en sachant qu'il peut tomber dans cette chute de l'échec. Il arbore le rictus de Prométhée. Comme lui, il relève un défi perpétuel en voulant franchir les limites imposées. Il a lui aussi un feu à dérober au ciel.
Ces frémissements lyriques dévoilent une bonne part des caractéristiques esthétiques de Roumain. Mais, cette langue sonore et jouissive ne révèle qu'en partie ses grandes qualités poétiques. C'est vrai qu'il excelle dans l'art de la description que ses tableaux éblouissants illustrent. Cet art enchanteur qu'il cultive pour atteindre une omniprésente séduction anime surtout ses beaux poèmes intérieurs. Pradel Pompilus a su reconnaître chez Roumain « tout un jeu d'allitération qui n'est pas sans intention et qui témoigne du sens de la musique chez le poète.»(8)
C'est aussi vrai qu'on y relève un délice de l'imagination. Ghislain Gouraige,(9) très moderne, pensera chez Roumain à la séduction des mots neufs, à une évidente recherche d'harmonie imitative, l'ivresse de la vitesse et à la présentation des paysages irréels. S'il faut saluer en Roumain la modernité poétique, la nouveauté percutante de sa syntaxe, des touches surréalistes réussies et cette profonde poésie de l'âme; bien plus grand se révélera-t-il comme poète de la négritude et de la solidarité humaine -les littératures ne tendent-elles pas à sortir des frontières ? Vérité immuable qui n'empêche pas à Roumain de devenir chef de file d'un courant nouveau en littérature qui promouvait le droit à l'originalité et à l'haïtiannité de l'inspiration. Son regard vers l'Afrique par les poèmes « Langston Hugues » et « Guinée » devait lancer cette réorientation certaine de la poésie. Dans le premier cas, c'est la Seine, illustration de la remarquable civilisation occidentale, fleuve aux dimensions mythiques qui traverse Paris, la ville lumière, l'éternelle cité rêvée par les anciens colonisés et tous les peuples du Tiers-Monde, qui paraît « moins belle que le Congo ». Ensuite, le pèlerinage de Harlem à Dakar s'impose, il faut aller au berceau, aux sources de la grande civilisation première.

C'est un retour à l'Afrique qui entame, on le comprend bien, un processus de revalorisation du continent des ancêtres géniteurs. Si la Guinée dans le vaudou demeure le séjour des morts, cette terre transfigurée devient aussi le terminus,la fin de la quête de l'homme noir, l'asile qui peut donner le repos sans nécessairement faire référence à la mort. Mais, c'est aussi une terre mythifiée, demeure du merveilleux, rempli de palabres »où « les ruisseaux grelottent comme des chapelets d'os » au « ciel fumeux percé de cris d'oiseaux. »Ghislain Gouraige voit juste quand il perçoit Roumain comme « poète exalté et inspiré » porteur d'une poésie « ample et ondoyante » où « coule la passion d'une âme ardente »(10). La saisissante évocation de la guerre civile d'Espagne, l'un des épisodes les plus sanglants de l'histoire de ce pays dans « Madrid » se recoupe dans « Bois-d'ébène », magnifique chant poignant qui retrace l'odyssée « du nègre colporteur de révolte ». Il connaîtra tous les chemins du monde depuis qu'il aura été vendu en Guinée. Sur son itinéraire, calvaire de douleur, il ne recueillera que du mépris, « un vin de haine », « l'écume des cris » et il habitera dans des « taudis cuves d'émeute ». Le nègre saura chanter « tous les chants du monde et même ceux qu'il aura appris sur des chantiers immémoriaux du Nil ». Il ne peut oublier le poids des pierres d'Egypte avec lesquelles il aura dressé les colonnes des temples, ni la piste des caravanes d'esclaves où levant des bras implorant vers nos dieux, gémissant un chant qu'étranglaient les carcans. C'est un peuple qui a connu des hivers en flammes et qui aura appris un chant d'immense peine et qui périra en grand nombre au cours des travaux forcés pour la construction des lignes de chemin de fer en Afrique.

Et ce silence qui devient plus rugissant qu'un cyclone de fauves, appellera à la vengeance et au châtiment, versera sur la félonie du monde un raz de marée,de pus et de lave et aura crevé le tympan du ciel avec le poing de la justice.

Le narrateur, le « je poétique » ou le locuteur voudra faire tomber les barrières et les frontières pour se joindre aux ouvriers paysans de tous les pays, un monde unifié sans différence de clan, de tribu, de nation, de peau, de race et de dieux, sans dissemblance inexorable. L'indignité est commune et le servage invariable sous tous les cieux. Que l'on soit mineurs des Asturies ou de Johannesburg , paysans de Castille, de Sicile ou parias des Indes, véritables intouchables, il faudra se donner la main pour rebâtir les mondes détruits, pillés et dévalorisés. Nous sommes épaule contre épaule, condamnés dans les galères capitalistes à un destin commun et pitoyable. Il faut « rassembler nos forces écartelées » reconnaître et proclamer « l'unité de la souffrance et de la révolte de tous les peuples sur toute la surface de la terre » et « brasser le mortier des temps fraternels ».Et Les « Sales Nègres »plus tard n'accepteront plus de cirer les bottes, de récolter la canne à sucre, le café, le coton, de mitrailler leurs frères grévistes, d'être un instrument à chanter, des êtres destinés à la fornication ou d'être achetés et vendus au marché du plaisir. On n'acceptera plus d'être pendus, fusillés et égorgés au nom de la civilisation, au nom de la religion, au nom de Dieu, au nom de la trinité. Au Congo, en Afrique du Sud, en Louisiane, aux Antilles, partout, il faudra se donner la main et se lever avec dignité « debout tous les damnés de la terre, tous les justiciers marcheront à l'assaut de vos casernes et de vos banques »


«Comme une forêt de torches funèbres
Pour en finir
Une fois pour toute
Avec ce monde
De nègres
De niggers
De sales nègres »


La poésie de Jacques Roumain, séductrice et rédemptrice, doit sa réussite par un heureux mélange du fond et de la forme. Cependant, il faut aller au-delà de cette musique irrésistible et fulgurante pour en découvrir la vraie quintessence:sa mission invariable. Par ses efforts continus et son engagement irrépressible, le poète parvient à une formidable maîtrise d'une alchimie verbale qui transforme ses derniers poèmes en un immense cri du coeur solidaire et fraternel, qui appelle Haïti aux armes et qui invite tous les damnés de la terre et les forçats de la faim à se mettre debout et à renverser les citadelles qui les maintiennent partout dans un monde coercitif et invivable.

________________________
Bibliographie
1-Naomi M.Garret.The Renaissance of Haitian Poetry.Presence Africaine,Paris :1963.P.55.
2-Marc Roland Tadale in Jacques Roumain :Poèmes .Editions des Antilles,SA :1993.P.11.
3-Pradel Pompilus et Raphaël Berrou. Histoire de la littérature haïtienne(Tome III)Editions Caraïbes,Haïti,1977.
4-Ghislain Gouraige. Histoire de la littérature haïtienne.Editions de l'Action sociale,Haïti, 1982.
5-Carolyne Fowler .A Knot in the Thread.The Life and Work of Jacques Roumain.Howard University Press,1980.
6- Hénock Trouillot. Dimension et limites de Jacques Roumain,Les Editions Fardin,Haïti,1981.
7-Michel Pratt. Gouverneurs de la rosée.Hatier,1986.P.11,12.
8-Pradel Pompilus. P.135.
9-Ghislain Gouraige.P.241.
10-Ghislain Gouraige. P.241.

Frantz-Antoine LeconteProfesseur à l'Université d'état de New York

Jacques Roumain : l'irrépressible engagement poétique (I)

Au combat du journalisme incandescent succède chez Roumain celui d'une poésie engagée. Elle naît de causes inextricables qui traversent la société haïtienne bouleversée, qui devait connaître de plus les horribles exactions de l'Occupation américaine de1915 à 1934. La renaissance de la poésie haïtienne à laquelle Roumain a été mêlé, a dû sa gestation surtout aux événements sociologiques et politiques d'ordre national et international.

Naomi M. Garret nous apprend dans The Renaissance of Haitian Poetry que :« Haïti n'a pu développer une tradition ou un mécanisme politique pouvant prévenir des hommes ambitieux et sans scrupule à aspirer au sommet de l'état pour en faire une source d'enrichissement personnel et s'accrocher au pouvoir par des moyens, quelque immoraux qu'ils soient. Ce qui était important, c'était de savoir qui était en mesure de garantir le plus de profit possible aux opportunistes ou qui pouvait étaler plus de puissance militaire que les autres. Ces troubles ont légué une somme d'anxiété sur la jeunesse du pays pendant les quinze premères années du 20e siècle »(1) (ma traduction)Les Haïtiens ont ressenti les secousses de l'occupation et les lettres haïtiennes opposent, par stratégie de réplique depuis l'arrivée des forces américaines, soit un retour à la poésie patriotique et héroïque qui glorifie l'épopée de 1804, l'hominisation de l'île, soit une évasion dans les évocations des légendes amérindiennes du passé, tandis que d'autres poètes plus actifs préféraient abonder dans les anathémes vengeurs contre l'Amérique et ses collaborateurs les plus proches- ce qui opérait une évidente actualisation du conflit.

Les affirmations d'Antonio Vieux et Philippe-Thoby Marcelin dans La Nouvelle Ronde allaient faire presque l'unanimité. Pour prouver l'existence de la littérature haïtienne, les oeuvres devraient adopter la nouvelle mission d'exprimer les aspirations légitimes, les nouvelles tendances de la génération plus fidèlement: il fallait véritablement toucher l'âme même du pays « la disséquer et la mettre à nue »(La Nouvelle Ronde,1er juillet 1925,p.30). Cette philosophie qui recevait un suffrage massif animait non seulement La Nouvelle Ronde, mais aussi La Trouée : revue d'intérêt général et plus encore La Revue Indigène Les Arts et La Vie, deux journaux auxquels Roumain offre une chaleureuse collaboration. L'emphase sur la psychologie et l'esthétique répondait à une phase de la résistance contre l'occupation. La résistance par les armes n'était plus de mise,la futilité était évidente ;l'échec des cacos était encore dans les esprits. La possibilité de l'avènement d'un gouvernemnt nationaliste était presque nulle.L'affairisme de l'armée et le comportement intéressé de l'élite avaient presque provoqué une paralysante démoralisation de la jeunesse du pays.


Mais, en revanche, il faut aussi avouer que les Haïtiens n'étaient pas tout à fait isolés durant l'occupation de leur pays, leurs liens culturels et intellectuels avec la France s'étaient raffermis.Beaucoup d'entre eux préféraient vivre en France où ils subissaient moins de discrimination plutôt que de faire face aux inévitables humiliations que les Marines imposaient au pays.
D'autant plus qu'en France, après la grande guerre, un concours de circonstances favorisait l'accroissement de l'intérêt porté à l'art nègre. Cela produisait une véritable mutation de la perception, une nouvelle dynamique qui permettait aux insulaires d'abord d'appréhender leurs ancètres africains avec moins d'hésitation et de se familiariser avec les oeuvres de la littérature afro-américaine dont les auteurs partageaient les mêmes intérêts qu'eux.
Il faut rappeler qu'une instabilité presque générale s'étendait sur le monde émergeant du conflit mondial. On rêvait du retour à la vie simple et heureuse de l'avant-guerre. (A suivre)

JACQUES ROUMAIN...Célébration sur fond de rapatriement

Après une brève visite, jeudi, en République dominicaine pour assister aux festivités marquant le centenaire de naissance de l'écrivain haïtien Jacques Roumain, le président René Préval a regagné, le même jour, la capitale haïtienne. Sa rencontre avec son homologue dominicain Leonel Fernandez s'inscrit dans le but de renforcer les « liens fraternels » entre les deux pays.

Arrivé dans la matinée en République dominicaine, le chef de l'Etat haïtien s'est entretenu pendant une demi-heure au palais national dominicain avec son homologue Leonel Fernandez. Selon le journal dominicain « El Nuevo Diario », les deux chefs d'Etat ont, au cours de leur entretien, insisté sur la nécessité d'établir définitivement un plan de développement commun à tous les niveaux entre les deux pays partageant l'île. Ils ont, du même coup, reçu le document officiel de la Déclaration de Santo Domingo. Un document qui engage Haïti, la République dominicaine et Cuba à créer le premier « Corridor biologique de la Caraïbe ».

Qualifiant la rencontre « d'exceptionnelle », le Président dominicain a estimé qu'elle constituait « une grande opportunité pour le renforcement des liens fraternels qui doivent exister entre Haïti et la République dominicaine ». De son point de vue, «les deux pays sont destinés à être des frères malgré les différences du passé. Les conquêtes de l'avenir nous unissent davantage que les affrontements et les problèmes ».Le quotidien dominicain El Nuevo Diario précise que Leonel Fernàndez a établi un parallèle entre « Les gouverneurs de la rosée » et un roman de l'ancien président dominicain Juan Bosch titré « La mañosa », en insistant sur la communauté thématique et idéologique des deux oeuvres inscrites dans l'univers rural et dans la quête d'un projet national.« En ce moment, nous célébrons le centenaire de Jacques Roumain et dans deux ans, nous allons célébrer en République dominicaine le centenaire de Juan Bosch (1909-2001). Je crois qu'une grande opportunité s'offre à nous pour le renforcement des liens fraternels qui doivent exister entre Haïti et la République dominicaine à travers la culture et particulièrement à travers ces deux géants de la création et de la pensée qui, dans ces temps de globalisation, contribuent à la réaffirmation de l'identité culturelle nationale de nos peuples », a conclu M. Fernàndez considéré comme l'héritier politique de Bosch.
Dans le cadre d'un effort mutuel visant à surmonter les divergences, René Préval s'est, pour sa part, déclaré prêt à travailler à un rapprochement entre les citoyens des deux nations. « Nous allons regarder le monde d'une manière positive », a assuré le Président.Un conservatoire pour Jacques Roumain
Dans l'idée de pérenniser la mémoire de Jacques Roumain, les deux chefs d'Etat concoivent de mettre sur pied un conservatoire sur la vie, les oeuvres narratives, poétiques et politiques de l'auteur du livre "Gouverneurs de la rosée". Le poète dominicain Andrés L. Mateo de concert avec des intellectuels haïtiens dont Maximilien Laroche, Claude Roumain, Jean Euphèle Milcé et Bonel Auguste auront la responsabilité de ce conservatoire. Après la rencontre, la délégation a été conduite à l'Université autonome de Santo Domingo où des activités socioculturelles et conférences-débats ont marqué la journée. Elle était composée de différentes personnalités dont le ministre de la Culture Daniel Elie, du professeur de la littérature française et haïtienne à l'université de Princeton, Léon François Hoffmann, du doyen de l'académie diplomatique et consulaire du Haïti, Myrtho Bonhomme, du directeur de la Bibliothèque nationale, Françoise Beaulieu Tybulle, et du sénateur Wesner Emmanuel. Ont pris part aussi aux activités festives d'autres personnalités haïtiennes telles que : Me Osner Fevry, Claude Roumain, Frantz Jean...

Sur fond de rapatriement...

Par ailleurs, il faut préciser que la visite du président Préval en territoire voisin s'est déroulée sur fond de rapatriement et de recrudescence de la violence perpétrée contre les Haïtiens. La veille, les autorités dominicaines ont procédé au rapatriement forcé d'environ 300 Haïtiens. Ces compatriotes ont été, sans preuve, accusés de l'assassinat d'un fermier dominicain Héctor Bienvenido Cabrera, 51 ans, dans la province de Montecristi. Comme pour épargner les Haïtiens de la fureur des citoyens dominicains, les autorités dominicaines affirment qu'ils ont été obligés de les rapatrier. Cette décision jugée anarchique et arbitraire par les organismes de droits humains tend à marquer la recrudescence des pratiques discriminatoires à l'égard des ressortissants haïtiens.
Le Groupe d'appui aux rapatriés et réfugiés (GARR) qui a fait état d'une série d'attaques contre les ressortissants haïtiens a indiqué qu'à la fin du mois dernier, des étudiantes haïtiennes ont été violées à Santiago par des délinquants qui circulaient à bord d'un camion. Le domicile de certaines d'entre elles a été attaqué.

Toujours selon le GARR, le corps décapité d'un Haïtien a été retrouvé à Los Brujos le mois dernier. À Montecrisri, plusieurs maisonnettes occupées par des Haïtiens ont été incendiées et bien d'autres cas ont été signalés par la presse dominicaine.
À Barahona, poursuit le GARR, le corps d' Isma Daï, un travailleur agricole haïtien de 50 ans, a été découvert dans un canal. Le rapport d'autopsie prouve que ce dernier est mort asphyxié avant d'être jeté dans le canal.

samedi 14 juillet 2007

Des personnalités de différents horizons avec Préval à Santo Domingo

Célébration du centenaire de Jacques Roumain

vendredi 13 juillet 2007,
Jeudi à Santo Domingo, le Président dominicain Leonel Fernàndez a accueilli son homologue haïtien René Préval et une imposante délégation qui l’accompagnait à l’occasion de la célébration du centenaire de Jacques Roumain.

Un communiqué de la direction de l’information et des relations publiques de la Présidence, repris par l’agence en ligne dominicaine ClaveDigital, souligne que le chef de l’Etat haïtien avait à ses côtés le ministre de la culture Daniel Elie, l’ambassadeur d’Haïti à Santo Domingo, Fritz Cinéas, la directrice de la bibliothèque nationale, Françoise Beaulieu Thybulle et le professeur franco-américain Léon François Hoffman, spécialiste de la culture et de la littérature haïtiennes.

La délégation comprenait aussi l’ex-Sénateur Wesner Emmanuel, l’avocat et leader politique Osner Févry, le doyen de l’unité de l’Université Notre-Dame d’Haïti au Cap-Haïtien, Cary Hector, l’intellectuel Max Manigat, l’éditeur et écrivain Dieudonné Fardin, également représentant en Haïti de la Fondation Globale pour la démocratie et le développement (FUNGLODE) du Président Leonel Fernàndez, le responsable de l’Académie diplomatique et consulaire d’Haïti, Myrtho Bonhomme et le numéro deux de l’Alyans Demokratik, Claude Roumain.

Neveu de Jacques Roumain, ce dernier a pris la parole à Santo Domingo après avoir souligné, il y a une semaine, lors d’un colloque international à La Havane, que l’écrivain haïtien fut le premier noir à avoir fondé un parti communiste dans l’histoire du monde.

Pour sa part, le dirigeant dominicain réunissait autour de lui le chancelier Carlos Morales Troncoso, le ministre de la culture, José Rafael Lantigua, l’ambassadeur dominicain en Haïti, José Serulle Ramia, le Président du Sénat Reynaldo Pared Pérez et celui de la Chambre des Députés, Julio César Valentìn.

Né en 1907 à Port-au-Prince, Jacques Roumain mourut en 1944 à Mexico, à l’âge de 37 ans. Ecrivain, ethnologue, anthropologue et penseur politique, il publia notamment Les gouverneurs de la rosée et La montagne ensorcelée et créa le Bureau national d’ethnologie. spp/RK

Préval de retour en Haïti après une visite à Santo Domingo pour célébrer Roumain

Le Président haïtien et son homologue dominicain expriment leur volonté de "renforcer les liens fraternels" entre les deux pays sans poser le problème migratoire
Le Président René Préval est rentré à Port-au-Prince jeudi soir à l’issue d’une brève visite à Santo Domingo consacrée au centenaire de Jacques Roumain et au cours de laquelle le dirigeant haïtien et son homologue dominicain Leonel Fernàndez se sont engagés à renforcer les relations bilatérales.

Selon l’agence espagnole EFE, les deux chefs d’Etat ont jugé nécessaire de favoriser l’approfondissement des "liens fraternels"qui unissent les deux pays dont les relations ont été, ces dernières années, très affectées par l’épineux problème de flux migratoire haïtien en territoire voisin.

Après un tête-à-tête d’une demi-heure au bureau du premier mandataire dominicain, Préval et Fernàndez n’ont fait aucune déclaration à la presse, mais leurs propos ont été relayés par la diffusion d’un vidéo et des déclarations de leurs proches collaborateurs.

Qualifiant la rencontre "d’exceptionnelle", le Président dominicain a estimé qu’elle constituait "une grande opportunité pour le renforcement des liens fraternels qui doivent exister entre Haïti et la République Dominicaine". De son point de vue, "les deux pays sont destinés à être des frères malgré les différences du passé. Les conquêtes de l’avenir nous unissent davantage que les affrontements et les problèmes".

Dans le cadre d’un effort mutuel visant à surmonter les divergences, René Préval s’est, pour sa part, déclaré prêt à travailler à un rapprochement entre les citoyens des deux nations. "Nous allons regarder le monde d’une manière positive", a assuré le Président.

Les deux dirigeants ont visiblement évité d’aborder le thème migratoire à l’origine ces derniers mois d’une nouvelle fièvre nationaliste à la suite de la publication d’un rapport d’Amnesty International et de la sortie de plusieurs documentaires dénonçant les conditions proches de l’esclavage dans lesquelles vivent des haïtiens en République Dominicaine.

Leonel Fernàndez a préféré souligner que l’agenda de cette visite était dominé essentiellement par la célébration du centenaire de l’illustre homme de lettres et penseur politique haïtien Jacques Roumain (1907-1944). "La culture va nous unir", a laissé entendre le chef de l’Etat. Après un déjeûner offert au salon vert situé au troisième étage du Palais National (siège de la Présidence), il a assisté en compagnie de son homologue haïtien à une table ronde autour de l’œuvre littéraire et politique de Roumain. A l’auditorium Pedro Mir de l’Université Autonome de Santo Domingo (UASD), le chercheur franco-américain Léon François Hoffman a été le principal animateur des débats sur l’auteur des "Gouverneurs de la rosée", le plus célèbre roman de la littérature haïtienne, traduit en 32 langues, salué par la critique du monde entier et qui a fait l’objet d’adaptations cinématographiques.

Une projection spéciale du documentaire du cinéaste haïtien Arnold Antonin intitulé "Vie et œuvre de Jacques Roumain" était également au programme.

Le quotidien dominicain El Nuevo Diario précise que Leonel Fernàndez a établi un parallèle entre "Les gouverneurs de la rosée" et un roman de l’ancien Président dominicain Juan Bosch titré "La mañosa", en insistant sur la communauté thématique et idéologique des deux œuvres inscrites dans l’univers rural et dans la quête d’un projet national.

"En ce moment, nous célébrons le centenaire de Jacques Roumain et dans deux ans nous allons célébrer en République Dominicaine le centenaire de Juan Bosch (1909-2001). Je crois qu’une grande opportunité s’offre à nous pour le renforcement des liens fraternels qui doivent exister entre Haïti et la République Dominicaine à travers la culture et particulièrement à travers ces deux géants de la création et de la pensée qui, dans ces temps de globalisation, contribuent à la réaffirmation de l’identité culturelle nationale de nos peuples", a conclu M. Fernàndez considéré comme l’héritier politique de Bosch.

Pour sa part, le ministre haïtien de la culture, Daniel Elie, a affirmé en présence des deux chefs d’Etat que cette commémoration représentait une "réparation historique de l’Etat dominicain envers le poète haïtien".

Il a notamment rappelé que Roumain fut emprisonné à Paris en 1937 à la suite d’une plainte de l’ancien dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo (1930-1961) contre l’écrivain qui dénonçait l’horreur du massacre des haïtiens -entre 20.000 et 50.000- ordonné par le maître de Santo Domingo.

"Nos deux pays doivent avancer dans leurs relations pour créer une amitié irréversible. Nous devons reconnaître nos erreurs pour ne pas les répéter et nous avons le devoir de le faire parce que si nous faisons le contraire l’histoire ne nous le pardonnera pas", a averti Daniel Elie.

Avant Santo Domingo, l’année Roumain avait donné lieu à des manifestations culturelles d’inégale importance notamment en Haïti, dans les Antilles françaises, en France métropolitaine, aux Etats-Unis et au Canada.

Après neuf heures passées dans la capitale dominicaine, la délégation haïtienne a regagné Port-au-Prince jeudi soir à bord d’un vol privé. spp/RK

vendredi 13 juillet 2007

Le Président René Préval à Santo Domingo

Une visite privée dans le cadre du centenaire de Jacques Roumain
jeudi 12 juillet 2007,
Radio Kiskeya

Le Président haïtien René Préval s’est entretenu jeudi à la mi-journée avec son homologue dominicain Leonel Fernàndez peu après son arrivée à Santo Domingo où il devait assister à des festivités organisées pour marquer le centenaire du célèbre écrivain et homme politique haïtien Jacques Roumain (1907-1944).
A l’aéroport international Las Américas, le chef de l’Etat a été accueilli par un bataillon militaire avant d’être transporté au cœur de la capitale à bord d’un hélicoptère des forces aériennes dominicaines.
Selon la presse locale, Préval s’était rendu en début d’après-midi au Palais National (siège de la Présidence) où un déjeûner a été offert en son honneur.
Accompagné notamment du chef de la diplomatie dominicaine, Carlos Morales Troncoso et des ambassadeurs haïtien à Santo Domingo, Fritz Cinéas et dominicain à Port-au-Prince, José Serulle Ramia, le Président a fait le tour des relations bilatérales avec Leonel Fernàndez. Cependant, la teneur des discussions n’a pas été immédiatement révélée.
Par la suite, les deux chefs d’Etat ont reçu le document officiel de la Déclaration de Santo Domingo dans laquelle Haïti, la République Dominicaine et Cuba se sont engagées cette semaine à créer le premier "Corridor biologique de la Caraïbe". Le texte a été remis par les ministres de l’environnement haïtien Jean-Marie Claude Germain, dominicain Max Puig et cubain Fernando Gonzàlez au cours d’une brève cérémonie.
René Préval est arrivé à la tête d’une délégation composée du ministre de la culture, Daniel Elie et de membres de son cabinet particulier.
Le chef de l’Etat devait regagner Port-au-Prince en début de soirée après avoir participé aux cérémonies commémoratives organisées dans le cadre de l’année du centenaire de Jacques Roumain. M. Préval avait quitté la capitale haïtienne tôt jeudi matin. Contacté par Radio Kiskeya, le secrétariat général de la Présidence n’avait prévu de faire aucune déclaration officielle à l’aller comme au retour.
Décédé en 1944 à Mexico à l’âge de 37 ans, le brillant romancier, ethnologue et penseur politique avait ouvertement pris position contre la politique du dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo vis-à-vis d’Haïti qui avait conduit au masscre en 1937 d’au moins 20.000 haïtiens. spp/RK


Version español disponible en Haiti Crema Y Nata en
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mercredi 11 juillet 2007

Célébration officielle du centenaire de Jacques Roumain en République Dominicaine : Réhabilitation ou Récupération ?

Mercredi 11 juillet 2007
Analyse
P-au-P., 10 juil. 07 [AlterPresse] --- Les 11 et 12 juillet 2007, des activités pour commémorer le centenaire de l’écrivain poète et homme politique haïtien, Jacques Roumain, sont prévues à Santo Domingo, République Dominicaine, en présence du chef d’Etat haïtien, René Garcia Préval qui doit faire le déplacement spécialement pour l’événement.
S’agit-il d’une réhabilitation ou d’une récupération de la mémoire de Jacques Romain ?
Pour mémoire et pour l’histoire, il faut rappeler que Roumain, qui a toujours défendu les couches les plus pauvres d’Haiti, en particulier les paysans, a été trainé en justice par la République Dominicaine parce qu’il avait osé critiquer le massacre perpétré en 1937 contre plus de 10,000 ressortissants haïtiens dans ce pays, par le dictateur Léonidas Trujillo.
Selon un extrait de la biographie de J. Roumain réalisé par L F Hoffmann et mis en ligne sur le site Ile en Ile (www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/) :
« En novembre 1937, à la demande du Quai d’Orsay, sur plainte de la légation de la République dominicaine, Jacques Roumain et Pierre Saint-Dizier, gérant de la revue Regards, sont arrêtés et inculpés d’outrages à un chef d’État étranger. Était mis en cause l’article de Roumain ‘La Tragédie haïtienne’, paru dans le numéro du 18 novembre 1937 de la revue (c’est-à-dire cinq mois plus tôt), qui accuse de génocide le dictateur dominicain et de complicité le président Sténio Vincent. C’est la première fois qu’un journal français est poursuivi pour ‘outrage à un chef d’État étranger’.
L’audience a lieu le 5 décembre 1937 devant la 12e Chambre correctionnelle. Les écrivains Romain Rolland, Jean Cassou et Charles Vildrac et de nombreuses autres personnalités protestèrent contre les poursuites. Le 13 décembre, après plusieurs ajournements, Jacques Roumain et Pierre Saint-Dizier sont jugés et condamnés à quinze jours de prison avec sursis et 300 francs d’amende.
Raphaël Léonidas Trujillo, quant à lui, obtient un franc symbolique de dommages intérêt. »
Les événements qui auront lieu les 11 et 12 juillet à Santo Domingo, vont-ils réhabiliter Jacques Roumain ou s’agit-il d’un faux semblant pour détourner les regards de l’essentiel de sa pensée et de ses actes ? Les discussions autour de ses œuvres, notamment autour de son chef d’œuvre « Gouverneurs de la Rosée », roman qui met en scène la dure réalité des paysans haïtiens, seront-elles l’occasion de mieux faire comprendre au public dominicain l’évolution et la réalité du milieu rural haïtien d’où sont originaires la majorité des immigrants haïtiens qui se trouvent en République Dominicaine. Les discussions vont-elles se confiner aux beaux salons ou se transformeront-elles par la suite en actions concrètes en faveur de ces gens qui fuient leur pays en quête d’un mieux être ?
A noter que cette commémoration du Centenaire de Jacques Romain en République Dominicaine s’effectue dans un contexte où en France, pendant un mois durant (15 mai au 15 juin 2007), à travers une exposition de photos qui a fait coulé beaucoup d’encre et de salives, l’on vient de mettre en relief et de débattre de la réalité des travailleurs haïtiens en République Dominicaine, en particulier les coupeurs de canne.
Cet événement réalisé sous le label « Esclaves au Paradis » avec un colloque autour du thème « Sang, Sucre et Sueur », a occasionné une mobilisation hors paire du gouvernement dominicain et des secteurs nationalistes de ce pays pour condamner l’activité.
Les organisateurs ont reçu des menaces et comme pour Jacques Roumain en 1937, une plainte a été déposée contre eux à l’ambassade française à Santo Domingo.
De leur côté, les dirigeants haïtiens ont gardé le mutisme ou ont apporté leur appui à la campagne contre toutes organisations ou personnalités qui osent parler de cette réalité. Faut-il interpréter la nouvelle visite de René Préval dans cette même optique, à savoir : la réhabilitation ou la récupération de la mémoire de Jacques Romain ? [ apr 10/07/2007 23:00]

http://www.alterpresse.org/spip.php?article6183
Commentaires :
Il voit très loin l’auteur de cette analyse autour de la célébration d’un évènement dont la portée va bien au-delà des circuits qui ne savent que présenter une dialectique fondée sur l’opposition et les conflits quand il s’agit de parler d’Haïti et République Dominicaine.
Pourquoi ne pas voir cette célébration dans le simple cadre d’un évènement culturel au même titre que les célébrations réalisées à New York au Canada ou en France.
Pendant pas mal d’années, pour les dominicains les haïtiens ne représentaient que les coupeurs de canne. L’élite dominicaine en étant consciente de la valeur et surtout la qualité de l’élite intellectuelle haïtienne (Celle d’avant !) avait fait usage d’un regard divergent et dissocié pour expliquer leur comportement ambigu et discordant selon qu’il s’agisse des travailleurs agricoles jetés dans les bateyes ou de la bourgeoisie haïtienne.
Très peu de dominicains ont eu connaissance de l’existence d’un personnage de l’envergure de notre Jacques Roumain. L’épisode que rapporte le journaliste en s’appuyant sur la biographie chronologique de l’auteur de Gouverneur de la rosée traduit entre autre le sens profond de Jacques Roumain des vraies valeurs humaines et patriotiques. Il avait osé lever la voix devant une atrocité que beaucoup d’autres individus importants de l’époque avaient vue avec une indifférence complice.
Depuis la mort el la disparition du dictateur Rafael Leonidas Trujillo l’opinion publique dominicaine avait répudié le massacre. Aujourd’hui malgré les velléités sournoises ou manifestes d’anti-haitianisme personne ne saurait évoquer une nouvelle édition de cet épisode douloureux et malheureux qui butte encore contre la conscience collective.
Ceci c’est pour dire que Jacques Roumain, plutôt inconnu pour les dominicains, n’avait jamais été « déshabilité » par les dominicains donc point n’est besoin de le réhabiliter.
Pendant mes années d’études en République Dominicaine, j’avais eu l’occasion de m’approcher de l’œuvre de Jacques Stéphen Alexis dont j’avais lu les publications en espagnol : Compadre general sol (Compère général Soleil) ; En un abrir y cerrar de ojos, el romancero de las estrellas. J’avais pu initier mon entourage à la lecture d’auteurs haïtiens. Tous mes amis avaient été enchantés de lire Gouverneur de la rosée qui a fait aussi l’unanimité comme le meilleur roman haïtien.
La célébration de l’année Jacques Roumain en République Dominicaine présente une occasion sérieuse d’intéresser un pan de la conscience dominicaine à s’approcher d’Haïti. Pour vivre ensemble il faut se connaître. Pour bien vivre ensemble il faut bien se connaître.
L’auteur de cet article excelle aussi dans l’art d’amalgamer. Il est ou le rapport entre la célébration de l’année Jacques Roumain et la réalisation des évènements de Paris autour du thème « ESCALVES AU PARADIS » Si ce n’est que ce déterminisme temporel qui a voulu que les évènements se déroulent à quelques mois d’intervalle ?
On pourrait reprendre beaucoup d’éléments de l’actualité des deux pays pour délimiter le cadre conceptuel de cette célébration !
Toujours est-il que Jacques Roumain est notre « kinan nou ». Il nous revient à nous autres haïtiens de revoir le fond et la profondeur des réflexions de Jacques Roumain pour en faire des paroles d’évangile pour transformer la nation haïtienne. Aujourd’hui encore, les ancêtres se sont battus pour retrouver la source de la vie. Pour ramener l’eau indispensable pour lutter contre la sécheresse de nos convictions il nous faut la réconciliation de la nation haïtienne avec elle-même et avec les autres.
Il nous faut convaincre les GERVILIEN de toujours et les inviter à prendre une part active et effective à la réconciliation eu au « coumbite. »
La République Dominicaine en connaît et vénère ses grands penseurs. La mémoire d’un Pedro Henriquez Ureña est immortalisée dans une des plus grande et prestigieuse Université du pays.
Après les célébrations utiles mais encore abstraites de la vie et de l’œuvre de Jacques Roumain il nous faut une action concrète et intelligente. A quand l’Université Jacques Roumain ?
Dr JJ

mardi 26 juin 2007

Une nouvelle édition de « Gouverneurs de la rosée » de Jacques ROUMAIN



En 2007, « Gouverneurs de la rosée », chef-d'oeuvre de Jacques Roumain, a été repris à Montréal par Mémoire d'encrier. Cette édition est la plus complète de ce chef-d'oeuvre de Jacques Roumain. De plus, elle permet aux lecteurs de découvrir l'auteur, sa vie et son combat. Elle a été conçue dans une perspective didactique.
Cette nouvelle édition est réalisée à l'occasion du centenaire de la naissance de Jacques Roumain (1907-2007). Elle est annotée et suivie d'une notice bibliographique détaillée de la vie et de l'oeuvre de Jacques Roumain, établie par le chercheur Léon-François Hoffmann, coordonnateur de l'édition des oeuvres complètes de Jacques Roumain et auteur du livre « Frédéric Marcelin : un Haïtien se penche sur son pays (Mémoire d'encrier, 2006) ».
L'édition est suivie également d'un lexique, qui met en valeur la langue créole et les choix de métissage linguistique de Jacques Roumain. Donc, elle est d'un grand professionnalisme.

Traduit dans plus d'une vingtaine de langues, « Gouverneurs de la rosée » est le grand livre de la solidarité, de l'amour et de la vie.
Jacques Roumain est né à Port-au-Prince le 4 juin 1907. Il est sans doute l'écrivain haïtien le plus lu et le plus connu. Poète, journaliste, militant marxiste, romancier, polémiste, ethnologue, Jacques Roumain est décédé le 18 août 1944 à Port-au-Prince.

Depuis 2003, Mémoire d'encrier a commencé par travailler à la mise en valeur des oeuvres de Jacques Roumain. Cette maison d'édition a publié respectivement « La montagne ensorcelée » (2005), « Bois d'ébène » suivi de Madrid (poésie, 2004), « Sur les superstitions » (Essai, 2005).

« La montagne ensorcelée », le premier roman de Jacques Roumain, est le premier modèle de ce que l'on qualifiera plus tard en Haïti de roman paysan. Divisé en huit courts chapitres, ce roman fait état de l'immense dénuement matériel et moral des paysans plongés dans l'angoisse de la survie quotidienne, puis dans l'horreur d'un meurtre collectif. Ensuite, l'essai « Sur les superstitions » montre la fascination de Jacques Roumain pour l'ethnologie.
« Sur les superstitions » a l'avantage de montrer le Roumain polémique. Le Roumain qui part à la défense du vaudou, de la culture et de l'imaginaire haïtien. Ce Roumain pamphlétaire, rebelle, qui dénonce le clergé. Jacques Roumain disait ainsi:« Ce qu'on peut reprocher au clergé, c'est d'avoir laissé des prêtres ignorants offrir à nos masses une vision si élémentaire du surnaturel qu'une fusion des croyances africaines et catholiques a pu se réaliser ».
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=44875&PubDate=2007-06-25

jeudi 31 mai 2007

ROUMAIN SOCIAL VOUS CONNAISSEZ ?

Nous aimons bien quand le hasard nous traîne sur ses sentiers battus ou nous arrivons à cueillir de ces perles d’espoir. Ce sont ces rencontres inédites et inattendues qui emplissent de satisfaction nos quêtes de l’inconnu et l’indicible. Et, pour nous mettre à la mode du temps nous répétons que ces idées et ces initiatives existent pour nous convaincre que HAITI ne mourra jamais.

Nous proposons cet article, magnifique dans son contenu, publié par Alterpresse à la considération de ceux-là qui par manque de temps sont devenus des lecteurs d’informations de deuxième, troisième voire quatrième main. Il peut éventuellement servir de source d’inspiration à ceux-là qui travaillent dans le monde associatif et se retrouvent à cours d’idées ou en quêtes de partenaires fiables.
L’association « Roumain social » revêt une importance de marque pendant les célébrations de l’année JACQUES ROUMAIN.

Pourquoi ne pas « joindre l’utile à l’agréable » en réalisant un buffet-débat autour de l’auteur de Gouverneurs de la rosée et que les fonds recueillis soient destinés et utilisés au profit des œuvres de cette association ?
Bonne Lecture à tous !

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Haiti : Faire vivre l’esprit de Jacques Roumain dans des activités sociales à Gros-Morne
jeudi 31 mai 2007
Depuis 7 ans, une association dénommée « Roumain Social » s’est lancée dans des activités humanitaires de solidarité avec les enfants démunis de Gros-Morne (Nord), pour leur permettre d’aller à l’école.
Mobilisant les cotisations des élèves du lycée Jacques Roumain de Gros-Morne, l’association a pu venir en aide à 400 enfants de 7 à 10 ans.
Aujourd’hui, « Roumain Social » recherche des appuis pour pouvoir mettre en place un Centre Educatif et Professionnel pour tous les enfants déshérités de Gros-Morne.
L’association a soumis la présentation/bilan suivante à AlterPresse.
Tout a commencé en 1999 à partir d’une idée du professeur de Chimie et de Biologie du lycée Jacques ROUMAIN, Monsieur Gaston JEAN. A la suite de plusieurs rencontres et réflexions avec la direction et les autres professeurs du lycée, ces derniers ont organisé une réunion le 8 mai de la même année rassemblant une trentaine d’élèves afin de donner naissance à l’Association « Roumain Social ».
Un comité de 9 membres, à raison d’un représentant par classe, est formé le même jour. Le Comité a nommé l’association « Roumain Social » parce qu’elle a vu le jour au sein du lycée qui porte le nom du romancier haïtien Jacques Roumain.
Cette association est créée dans le but d’encadrer les enfants généralement méprisés et délaissés (soit 400 âgés de 7 à 10 ans) dont les rues de la ville de Gros-Morne constituent leur unique espace vital.

Si personne ne s’occupe d’eux, ils risquent de sombrer dans la délinquance, ce qui représenterait un danger pour notre Communauté et notre pays. Il s’agit d’une démarche humanitaire, une action de solidarité avec ces futurs citoyens que sont les enfants. Les activités de « Roumain Social » sont supervisées par une autre association constituée d’anciens élèves du lycée (L’Amicale des Anciens Elèves).

Pour financer son programme, une entente a été trouvée entre la direction du Lycée et l’ensemble des élèves pour qu’ils cotisent 50 centimes de gourdes (environ un centime d’euro) chaque vendredi. Ce qui était loin de répondre aux besoins du programme d’autant plus que tous les élèves n’étaient pas disposés à cotiser. Ainsi, de 50 centimes hebdomadaires, la direction a proposé aux élèves volontaires d’apporter 25 gourdes par an (52 centimes d’euro) pour alimenter la caisse de l’association.

C’est ainsi qu’au début de l’année scolaire 1999-2000, le comité s’est réuni plusieurs fois avec les enfants intéressés par le programme de scolarisation et a pu financer la scolarité de 16 enfants des rues. Mais, l’action de « Roumain Social » ne s’arrête pas là.
Elle vient également en aide à des enfants qui ont été obligés d’arrêter l’école faute de moyens économiques, spécialement les orphelins.

Malgré les difficultés et incompréhensions rencontrées, l’association n’a pas cessé son programme. « Roumain Social » a un grand besoin du support de toutes les femmes et de tous les hommes de bonne volonté afin de poursuivre ses activités et atteindre son noble objectif qui est la réalisation d’un Centre Educatif et Professionnel pour tous les enfants déshérités.

BILAN DE 7 ANNEES D’ACTIVITES
Voici comment « Roumain Social » a utilisé l’argent des cotisations reçu à la direction du Lycée durant les 7 années écoulées (1999-2006) :
1-Année scolaire 1999-2000, « Roumain Social » a dépensé 10944 gourdes (228 euros) pour acheter des uniformes, des livres, des cahiers, des stylos à bille, des crayons, payer l’écolage, etc. Le nombre de bénéficiaires s’est élevé à 16 enfants.
2- Année scolaire 2000-2001 : 8455 gourdes (176 euros) pour 13 enfants (les dépenses de cette année ne concernent que l’écolage et les fournitures classiques).
3- Année scolaire 2001-2002 : 12494 gourdes (260 euros) pour 19 enfants.
4- Année scolaire 2002-2003 : 13099 gourdes (273 euros) pour 17 enfants.
5- Année scolaire - 2003-2004 : 16526 gourdes (344 euros) pour 18 enfants.
6- Année scolaire 2004-2005 : 32547 gourdes (677 euros) pour 23 enfants.
7- Année scolaire 2005-2006 : 32071 gourdes (667 euros) pour 20 enfants.

N.B. Durant les 2 dernières années, l’association a organisé 3 fêtes culturelles pour les enfants. Les dépenses effectuées en la circonstance sont inclues dans celles des années scolaires.
Pour les 7 années scolaires écoulées, « Roumain Social » a financé l’école pour 126 enfants. 126136 gourdes (2624 euros) ont été ainsi dépensées.
L’argent dépensé par l’Association « Roumain Social » pour les enfants aurait pu être plus élevé que les 126136 gourdes si certains établissements scolaires n’accordaient pas des demi-bourses notamment aux élèves du secondaire.
Pour les années à venir, « Roumain Social » aura besoin de l’appui de tous pour continuer à sortir les enfants de la rue pour leur bien et celui de la communauté.
Le montant des cotisations des élèves s’élève à 87375 gourdes (1818 euros) pour les 7 années scolaires. La différence provient des bénéfices réalisés sur la plastification de documents et la vente d’uniformes du Lycée effectuées par l’association.
N.B. une gourde = 0.02080 euro (valeur 16/10/06)