Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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lundi 28 janvier 2013
L'Amérique latine et Haïti au musée
Deux expositions se déroulent simultanément au Musée des maîtres et artisans du Québec. D'une part, celle du Collectif d’artistes latino-américains du Canada (CALAC), dont 11 des membres posent un regard sur le monde. D'autre part, celle de Ralph Maingrette, artiste d'origine haïtienne qui recycle des objets ordinaires pour composer ses œuvres.
L'exposition du CALAC regroupe 11 artistes, originaires pour la plupart d'Amérique du sud. Sous le thèmeConnotations actuelles: Regards sur notre diversité, les artistes réunis présentent leur vision du monde actuel. Une vision «à la fois apocalyptique dans la représentation catastrophée qu’en fait les médias, et multiple dans ses cultures et sa diversité», tel que le décrit Pierre Wilson, conservateur du musée.
«Nous essayons toujours d'offrir une visibilité à des artistes de la diversité pour mieux leur permettre d'affirmer leur appartenance, indique-t-il. Les artistes qui viennent d'ailleurs arrivent avec leur propre langage. Dans le même temps, ils démontrent l'universalité de l'art.»
L'exposition de Ralph Maingrette, intitulée Eco-design et Re-créations, reprend le principe de recyclage des enfants pour fabriquer des jouets. «Ralph expose des lampes et des bijoux créés à partir d'objets recyclés», précise M. Wilson.
Il faut souligner que cette exposition s’intègre aussi au calendrier d’activités publié dans le cadre du Mois de l’histoire des Noirs, ainsi qu’au Rallye-Expos 2013 de Vues d’Afrique. Ralph Maingrette est lauréat du concours 2013.
«Les artistes qui viennent d'ailleurs arrivent avec leur propre langage. Dans le même temps, ils démontrent l'universalité de l'art.»- Pierre Wilson, conservateur du Musée des maîtres et artisans du Québec
L'exposition du CALAC est présentée jusqu'au 17 mars, et celle de Ralph Maingrette jusqu'au 24 février.
Musée des maîtres et artisans du Québec: 615, avenue Sainte‐Croix; 514 747‐7367; mmaq.qc.ca.
samedi 19 décembre 2009
Haiti-Littérature : « Le cœur sur la main » de Georges Castera, finaliste au Prix Raphael Tardon
International, 18 déc. 09 [AlterPresse] --- L’ouvrage Le cœur sur la main de Georges Castera, publié à Montréal aux éditions Mémoire d’encrier cet automne, est finaliste au Prix Raphael Tardon, informe la maison d’édition.
L’ouvrage de Georges Castera est un recueil de poèmes-jeunesse, illustré par l’artiste québécoise Mance Lanctôt.
La qualité des poèmes et des dessins fait de ce livre une véritable source d’inspiration pour les jeunes lecteurs et auteurs, considèrent les critiques.
L’auteur Georges Castera signe son ouvrage à la librairie
Le Prix Raphaël Tardon, le seul et unique prix littéraire destiné à la littérature antillaise de jeunesse, est créé en 2007 par la ville du Prêcheur (Martinique). Ce Prix récompense un livre-jeunesse de qualité : contes, album, roman, bande dessinée. Mis en place avec l’aide des bibliothécaires, des libraires et des auteurs de
En 2007, le prix Raphaël TARDON a été remis à l’auteure martiniquaise Anique Sylvestre pour son album Les œufs de Man Firmin.
Le Prix Raphaël Tardon est décerné tous les deux ans au cours du mois de décembre par un jury composé de personnalités du milieu littéraire choisies par la municipalité. Le Prix est remis officiellement en avril à l’occasion d’une soirée autour du projet « Village Antillais de littérature de jeunesse ».
Le Prix Raphaël Tardon est un hommage à l’auteur du même nom. Un auteur du début du XIX siècle ayant publié le célèbre roman
Le cœur sur la main est publié dans
Les trois titres sont illustrés par la plasticienne Mance Lanctôt, et sont tous disponibles en Haïti, dans les Caraïbes, au Canada et en France. [apr 18/12/2009 09 :45]
jeudi 28 février 2008
« Une fenêtre musicale ouverte sur le monde »
la deuxième édition du Festival International de Jazz de Port-au-Prince se tiendra du 2 au 9 mars à l'Institut français d'Haïti, au Parc Historique de la Canne à Sucre et au Champ de Mars. Plus d'une dizaine d'artistes et de groupes musicaux haïtiens et étrangers sont sélectionnés cette année : le duo Strakhof/Bauer de l'Allemagne, Clube de Charo do Brasilia du Brésil, Annie Poulain du Canada, Siroco Trio du Chili, Jerez-Texas de l'Espagne, Mimi Jones Band des Etats-Unis, Henri Texier et le Strada Trio de la France, Sacbé du Mexique, le trio Weber/Doran/Amstad de la Suisse, et Jowie Omicil et The Core, Les frères Courtois, Mushy Widmaier, Turgot Théodat, Marc Richard Mirand d'Haïti.

« Le festival s'ouvrira le dimanche 2 mars à partir de 7 heures au Parc Historique de la Canne à Sucre avec Henri Texier et le Strada Trio de la France », a informé Joël Widmaier de la Fondation Haïti Jazz, l'institution coordonnatrice du festival.
Contrairement au Kiosque Occide Jeanty (Champs de Mars) et à l'Institut français d'Haïti où les spectacles seront ouverts, au Parc Historique de la Canne à Sucre les mélomanes paieront 500 gourdes par spectacle pour avoir droit à l'entrée les 2, 7 et 9 mars. Les 3, 4, 5, 6 et 7 mars, le public a rendez-vous à l'Institut français d'Haïti et le 6 mars au Champ de Mars.
Cette année, l'événement qui coûtera une enveloppe de 40 000 dollars américains s'accompagne de deux grandes nouveautés. Il s'agit premièrement des ateliers pour musiciens et amoureux du jazz qui seront animés par des Jazzmen du 5 au 8 mars à la FOKAL et à l'Ecole de musique Ste-Trinité. 

Les intéressés sont priés de contacter Pascal au 465-0418. La deuxième grande innovation, les « After Hours », des soirées visant à regrouper les artistes invités autour d'une Jam session dans un cadre chaleureux les 4, 5, 6, 7 et 8 mars à 8h. p.m., au Quartier Latin.
Turgot Théodat, Mark Richard et le trio Weber/ Doran/ Amstad de la Suisse animeront ces soirées.Née d'une idée de Joël Widmaier, de Paul-Elie Levy, directeur de l'Institut français d'Haïti (IFH), et de l'ambassade du Mexique, le Festival International de Jazz se propose de « promouvoir la culture haïtienne dans sa globalité en revalorisant une de ses composantes essentielles : la musique jazz lit-on dans le document de presse. 

Il se veut être à la fois un témoin de la vitalité du jazz haïtien et une porte ouverte sur des formations venues de tout le monde». L'initiative, dès la première édition, a été vite supportée par d'autres institutions : le ministère de la Culture et de la Communication, la Fondation Françoise Canez Auguste, la radio Métropole, L'Institut français d'Haïti et d'autres ambassades présentes en Haïti.
Les représentants d'institutions ayant participé à la cérémonie de lancement se sont montrés enthousiastes. Stéphane Malebranche du ministère de la Culture et de Communication, Paul-Elie Lévy de L'IFH, René Max Auguste de la Fondation Françoise Canez Auguste, Pascale Monier de Fondation Haïti Jazz et les représentants de différentes ambassades se sont dits enchantés de collaborer a cet événement qu'ils considèrent comme « la seule manifestation d'envergure autour du jazz en Haïti et une fenêtre musicale ouverte sur le monde».
dimanche 27 janvier 2008
Lyonel Allen, initiateur du « Samedi culturel » de Petit-Goâve
Le médecin pédiatre, Lyonel Allen, est l'un des initiateurs du « Samedi culturel » de Petit-Goâve, organisé le dernier samedi de chaque mois dans la Cité de Faustin 1er depuis environ un an. Voici l'entrevue qu'il nous a accordée.
Dominique Batraville: Lyonel Allen, vous avez initié depuis un an à Petit- Goâve et ceci tous les derniers samedis du mois, le « Samedi Culturel », quel bilan faites-vous de cet « agora »petit- goâvienne ?
Lyonel Allen : Nous ne pouvons pas parler de bilan pour des activités culturelles dans un pays exsangue comme le nôtre où la majorité des gens sont subjugués par la pression du « primum vivere », le pain quotidien, et où la communication de masse gagne plus rapidement les coeurs et inhibe assez souvent le travail de la pensée, l'activité créatrice.
Nous n'avons ni victoire, ni échec à mettre à notre actif. Nous voulons aménager simplement un espace de création et de réflexion littéraire que nous souhaitons voir s'élargir et même approprier par leurs destinataires : les jeunes. Certes, nous n'avons jamais raté le rendez-vous et nous avions toujours réuni un nombre intéressé d'étudiants et d'élèves qui ont apprécié la qualité des jeunes talents de la ville : poètes, acteurs, diseurs, chanteurs, musiciens qui ont participé activement aux débats après les conférences. C'est donc une semence prometteuse d'arbres de fruits délicieux. Sans tomber dans le vedettariat, nous avons pu bénéficier des services désintéressés d'écrivains et de journalistes dévoués : Jean-Euphèle Milcé, Ketly Mars, Lyonel Trouillot, Adler Jean-Pierre, Marc Exavier, sans oublier le linguiste Claude Pierre.
D B : Qu'est-ce qui pousse encore à maintenir dans votre ville natale cette rencontre intellectuelle mensuelle ?
L A : Nous aimerions voir se décupler l'enthousiasme de certains jeunes épris de choses intellectuelles, les aider à sortir de leur coin, de leur peur de s'affirmer, de se révolter pour des causes justes. Nous cherchons à inciter d'autres jeunes en leur offrant des ateliers de lecture et d'écriture (nous avons déjà commencé), nous voulons voir renaître une vie culturelle dans la cité.
D. B : Quel sera le calendrier 2008 des rencontres du « Samedi culturel » ?
L.A : Nous allons organiser un bouillon culturel à l'occasion de notre première sortie ce samedi 26 janvier. Nous comptons bien faire un peu d'histoire en février et en mars un peu de théologie. Déjà, nous planifions des ateliers sur le théâtre, la peinture et la musique pour sortir un peu du ghetto purement littéraire qui caractérise notre première année.
(Propos recueillis par Dominique Batraville)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53619&PubDate=2008-01-27
Dominique Batraville: Lyonel Allen, vous avez initié depuis un an à Petit- Goâve et ceci tous les derniers samedis du mois, le « Samedi Culturel », quel bilan faites-vous de cet « agora »petit- goâvienne ?
Lyonel Allen : Nous ne pouvons pas parler de bilan pour des activités culturelles dans un pays exsangue comme le nôtre où la majorité des gens sont subjugués par la pression du « primum vivere », le pain quotidien, et où la communication de masse gagne plus rapidement les coeurs et inhibe assez souvent le travail de la pensée, l'activité créatrice.
Nous n'avons ni victoire, ni échec à mettre à notre actif. Nous voulons aménager simplement un espace de création et de réflexion littéraire que nous souhaitons voir s'élargir et même approprier par leurs destinataires : les jeunes. Certes, nous n'avons jamais raté le rendez-vous et nous avions toujours réuni un nombre intéressé d'étudiants et d'élèves qui ont apprécié la qualité des jeunes talents de la ville : poètes, acteurs, diseurs, chanteurs, musiciens qui ont participé activement aux débats après les conférences. C'est donc une semence prometteuse d'arbres de fruits délicieux. Sans tomber dans le vedettariat, nous avons pu bénéficier des services désintéressés d'écrivains et de journalistes dévoués : Jean-Euphèle Milcé, Ketly Mars, Lyonel Trouillot, Adler Jean-Pierre, Marc Exavier, sans oublier le linguiste Claude Pierre.
D B : Qu'est-ce qui pousse encore à maintenir dans votre ville natale cette rencontre intellectuelle mensuelle ?
L A : Nous aimerions voir se décupler l'enthousiasme de certains jeunes épris de choses intellectuelles, les aider à sortir de leur coin, de leur peur de s'affirmer, de se révolter pour des causes justes. Nous cherchons à inciter d'autres jeunes en leur offrant des ateliers de lecture et d'écriture (nous avons déjà commencé), nous voulons voir renaître une vie culturelle dans la cité.
D. B : Quel sera le calendrier 2008 des rencontres du « Samedi culturel » ?
L.A : Nous allons organiser un bouillon culturel à l'occasion de notre première sortie ce samedi 26 janvier. Nous comptons bien faire un peu d'histoire en février et en mars un peu de théologie. Déjà, nous planifions des ateliers sur le théâtre, la peinture et la musique pour sortir un peu du ghetto purement littéraire qui caractérise notre première année.
(Propos recueillis par Dominique Batraville)
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=53619&PubDate=2008-01-27
lundi 16 juillet 2007
La deuxième indépendance
Il est trop facile de parler de « laideur » devant des oeuvres qui nous dévoilent notre face cachée. Là où des civilisations et leurs valeurs esthétiques ont fait un travail qui a bousculé la partie dite sauvage de l'homme, Freud, Picasso, Stravinsky, Césaire ont plutôt insisté sur les pulsions réprimées par des morales séculaires contraignantes. L'art annonce des libertés plus sûres. Des « Demoiselles d'Avignon » à « Cahier du retour au pays natal », l'esthétique a changé de camp. 
Par Pierre ClitandreCette année la « Fête de la Sculpture » a pris des dimensions surprenantes. Les organisateurs de cette activité culturelle annuelle n'ont pas hésité à se ruer sur les brancards de la tradition dite classique pour nous révéler l'existence d'un univers particulier que des sculpteurs allemands, brésiliens, croates et haïtiens ont le courage et l'audace de nous présenter.

Par Pierre ClitandreCette année la « Fête de la Sculpture » a pris des dimensions surprenantes. Les organisateurs de cette activité culturelle annuelle n'ont pas hésité à se ruer sur les brancards de la tradition dite classique pour nous révéler l'existence d'un univers particulier que des sculpteurs allemands, brésiliens, croates et haïtiens ont le courage et l'audace de nous présenter.
Comme pour nous sortir du trompe-l'oeil d'un Rodin ou d'une Camille Claudel (bien qu'à ce niveau, déjà, la sculpture prenait une certaine liberté dans l'aspect non fini des formes), la Fokal et l'Institut français d'Haïti nous ont fait circuler entre des silhouettes d'un monde en délabrement avancé. L'art de la récupération d'objets usés, d'autres diraient l'esthétique de la putréfaction, n'a jamais atteint des dimensions si dramatiques. 
Catharina Barich de l'Allemagne, Tania Stanic de la Croatie, Arjan Martin du Brésil et une dizaine de sculpteurs contemporains haïtiens ont révélé la ville à elle-même et l'homme à ses contraintes. Si avec Lionel St-Eloi nous sommes encore proches de la mythologie et de la métamorphose végétale, si ce sculpteur de Carrefour-Feuilles s'attache toujours à l'aspect longiligne qui rappellerait Brancusi ou Giacometti, Masson, Joseph Delpé, Celeur, Guyodo, Bazile Ronald, Falaise Péralte, pour leur part, ne travaillent pas dans la nuance d'un matériel élégant. Ces derniers changent notre perception de l'esthétique. Ils portent aussi le spectateur ahuri à mieux se connaître et à voir son environnement comme il est. Pour mieux l'exorciser.Il est trop facile de parler de « laideur » devant des oeuvres qui nous dévoilent notre face cachée. Là où des civilisations et leurs valeurs esthétiques ont fait un patient travail qui a repoussé dans les tiroirs intérieurs jamais visités la partie dite sauvage de l'homme, Freud avec la psychanalyse, Picasso par les masques africains, Césaire et la nouvelle prosodie moderne, Stravinsky et la dodécaphonie ont plutôt insisté sur des pulsions réprimées par des morales contraignantes. L'art annonce des libertés plus sûres... De Picasso à Césaire, l'esthétique a changé de camp.
Fascisme et art dégénéréLes sculptures présentées à l'Institut français et à la Fokal, avec le soutien de l'ambassade du Brésil, nous poussent inexorablement à regarder du coté du lent travail destructeur de l'homme et de son environnement. Non pas dans une perspective de culpabilité. Mais vers une approche plus sincère pour dire que l'ange qui dort sous des eaux calmes cache souvent un démon dont il faut aussi montrer la chaotique beauté.Et nous voilà bousculés dans un univers de ressorts brisés, de clous agressifs, de déchets industriels, de ventilateurs rouillés, de sexes proéminents, de visages dévorés par de sombres extases. Toute une lugubre machinerie qui traduit le sadisme, le fétichisme, l'envoûtement, une diablerie baroque de personnages chtoniens subitement figés entre le désastre et l'apocalypse.
Les jardins de l'Institut français d'Haïti dans leur décor naturel du XIXe siècle ont un peu juré d'avec la modernité sulfureuse de ces totems d'un monde en mutation. Par contre, la cour de la Fokal avec son architecture à la Beaubourg s'adapte mieux à la présentation de cette grande orthopédie collective et à l'ingérence subite du minimalisme électronique dans l'imaginaire merveilleux du caribéen.Souliers de femmes probablement mortes, poupées poussiéreuses sorties de quelque vieux dépôt , lampes à pétrole exhibées à côté de branlements sexuels montrés en spectacle, le fétichisme, la magie, l'envoûtement, le cauchemar et l'hallucination sont dans les moindres détails de ces oeuvres ténébreuses et ubuesques.Guyodo fait voir des estropiés d'hôpitaux, des os brisés, des chaises roulantes figées et l'éblouissement métallique d'un monde médical douloureusement aseptisé. Joseph Delpé présente un deuil aquatique entre le cercueil et la barque. Il y a de l'acte anthropophage suggéré dans ces croisements de fourchettes et de couteaux. Celeur déforme les visages et ses personnages, enchâssés dans des débris hétéroclites, captifs d'une force inconnue.
On se demande si, dans un système politique orthodoxe, ces oeuvres ne seraient-elles pas reléguées au musée des horreurs ou considérées comme de l'art dégénéré élaboré par une troublante maladie. Suivant une conception théorique qui a fait son temps, on dirait que ces sculptures annoncent l'arrivée d'un « fascisme ethnologique ancien »...L'art contemporain a contourné ces données idéologiques. La démocratie autorise une liberté individuelle de l'expression créatrice qui permet aux sciences de mieux connaître l'homme. Depuis les paysages tourmentés de Van Gogh passant par « Le cri » d'Eward Munch, on a mieux compris sur le plan médical, le tempérament artistique et l'univers de la schizophrénie des créateurs.
Chaos et harmonie
La troisième édition de « Fête de la Sculpture » suggère que les douloureuses crucifixions s'accompagnent toujours de réjouissantes renaissances. On traverse le feu pour être autrement. Le kanzo a accès à un savoir qui ordonne. C'est ce que nous apprend Celeur sur la cour de la Fokal.On dirait que les « stabiles » totémiques de quelque vampirique cérémonie sortent du chaos par leur propre mutation interne et accèdent, pour l'harmonie universelle attendue, vers des circularités mobiles plus généreuses. Il y a une beauté cosmique semblable au mouvement de fête d'une limousine de noce dans ces agencements de pneus qui trouvent leur équilibre dans l'anonymat de l'abstraction. Leur mobilité relie le spectateur à l'ordre originel. Leur aspect ludique et urbain remplace les tenailles dantesques de la captivité. Et ce n'est pas l'enfance que l'être retrouve dans le rythme de ces sphères. C'est une expression adulte du partage, de la sagesse, de la générosité, du don individuel et collectif. Allez-y pour prendre votre part de clarté et d'harmonie !
Sur la cour de la Fokal s'articule, dans la patience, une sortie du ténébreux pour une entrée dans la lumière qui initie notre histoire collective de la douleur à la paix. L'homme de la caverne doit vaincre son ombre, le tenace adversaire. La morale à tirer de cette exposition c'est que « la condition humaine » est faite d'ombre et de lumière. Il faut accepter avec lucidité notre part d'ombre. C'est elle, d'ailleurs, qui conduira plus sûrement vers notre « deuxième indépendance ». Elle sera un exorcisme culturel. Ou ne sera pas.

Catharina Barich de l'Allemagne, Tania Stanic de la Croatie, Arjan Martin du Brésil et une dizaine de sculpteurs contemporains haïtiens ont révélé la ville à elle-même et l'homme à ses contraintes. Si avec Lionel St-Eloi nous sommes encore proches de la mythologie et de la métamorphose végétale, si ce sculpteur de Carrefour-Feuilles s'attache toujours à l'aspect longiligne qui rappellerait Brancusi ou Giacometti, Masson, Joseph Delpé, Celeur, Guyodo, Bazile Ronald, Falaise Péralte, pour leur part, ne travaillent pas dans la nuance d'un matériel élégant. Ces derniers changent notre perception de l'esthétique. Ils portent aussi le spectateur ahuri à mieux se connaître et à voir son environnement comme il est. Pour mieux l'exorciser.Il est trop facile de parler de « laideur » devant des oeuvres qui nous dévoilent notre face cachée. Là où des civilisations et leurs valeurs esthétiques ont fait un patient travail qui a repoussé dans les tiroirs intérieurs jamais visités la partie dite sauvage de l'homme, Freud avec la psychanalyse, Picasso par les masques africains, Césaire et la nouvelle prosodie moderne, Stravinsky et la dodécaphonie ont plutôt insisté sur des pulsions réprimées par des morales contraignantes. L'art annonce des libertés plus sûres... De Picasso à Césaire, l'esthétique a changé de camp.
Fascisme et art dégénéréLes sculptures présentées à l'Institut français et à la Fokal, avec le soutien de l'ambassade du Brésil, nous poussent inexorablement à regarder du coté du lent travail destructeur de l'homme et de son environnement. Non pas dans une perspective de culpabilité. Mais vers une approche plus sincère pour dire que l'ange qui dort sous des eaux calmes cache souvent un démon dont il faut aussi montrer la chaotique beauté.Et nous voilà bousculés dans un univers de ressorts brisés, de clous agressifs, de déchets industriels, de ventilateurs rouillés, de sexes proéminents, de visages dévorés par de sombres extases. Toute une lugubre machinerie qui traduit le sadisme, le fétichisme, l'envoûtement, une diablerie baroque de personnages chtoniens subitement figés entre le désastre et l'apocalypse.
Les jardins de l'Institut français d'Haïti dans leur décor naturel du XIXe siècle ont un peu juré d'avec la modernité sulfureuse de ces totems d'un monde en mutation. Par contre, la cour de la Fokal avec son architecture à la Beaubourg s'adapte mieux à la présentation de cette grande orthopédie collective et à l'ingérence subite du minimalisme électronique dans l'imaginaire merveilleux du caribéen.Souliers de femmes probablement mortes, poupées poussiéreuses sorties de quelque vieux dépôt , lampes à pétrole exhibées à côté de branlements sexuels montrés en spectacle, le fétichisme, la magie, l'envoûtement, le cauchemar et l'hallucination sont dans les moindres détails de ces oeuvres ténébreuses et ubuesques.Guyodo fait voir des estropiés d'hôpitaux, des os brisés, des chaises roulantes figées et l'éblouissement métallique d'un monde médical douloureusement aseptisé. Joseph Delpé présente un deuil aquatique entre le cercueil et la barque. Il y a de l'acte anthropophage suggéré dans ces croisements de fourchettes et de couteaux. Celeur déforme les visages et ses personnages, enchâssés dans des débris hétéroclites, captifs d'une force inconnue.

On se demande si, dans un système politique orthodoxe, ces oeuvres ne seraient-elles pas reléguées au musée des horreurs ou considérées comme de l'art dégénéré élaboré par une troublante maladie. Suivant une conception théorique qui a fait son temps, on dirait que ces sculptures annoncent l'arrivée d'un « fascisme ethnologique ancien »...L'art contemporain a contourné ces données idéologiques. La démocratie autorise une liberté individuelle de l'expression créatrice qui permet aux sciences de mieux connaître l'homme. Depuis les paysages tourmentés de Van Gogh passant par « Le cri » d'Eward Munch, on a mieux compris sur le plan médical, le tempérament artistique et l'univers de la schizophrénie des créateurs.
Chaos et harmonie
La troisième édition de « Fête de la Sculpture » suggère que les douloureuses crucifixions s'accompagnent toujours de réjouissantes renaissances. On traverse le feu pour être autrement. Le kanzo a accès à un savoir qui ordonne. C'est ce que nous apprend Celeur sur la cour de la Fokal.On dirait que les « stabiles » totémiques de quelque vampirique cérémonie sortent du chaos par leur propre mutation interne et accèdent, pour l'harmonie universelle attendue, vers des circularités mobiles plus généreuses. Il y a une beauté cosmique semblable au mouvement de fête d'une limousine de noce dans ces agencements de pneus qui trouvent leur équilibre dans l'anonymat de l'abstraction. Leur mobilité relie le spectateur à l'ordre originel. Leur aspect ludique et urbain remplace les tenailles dantesques de la captivité. Et ce n'est pas l'enfance que l'être retrouve dans le rythme de ces sphères. C'est une expression adulte du partage, de la sagesse, de la générosité, du don individuel et collectif. Allez-y pour prendre votre part de clarté et d'harmonie !
Sur la cour de la Fokal s'articule, dans la patience, une sortie du ténébreux pour une entrée dans la lumière qui initie notre histoire collective de la douleur à la paix. L'homme de la caverne doit vaincre son ombre, le tenace adversaire. La morale à tirer de cette exposition c'est que « la condition humaine » est faite d'ombre et de lumière. Il faut accepter avec lucidité notre part d'ombre. C'est elle, d'ailleurs, qui conduira plus sûrement vers notre « deuxième indépendance ». Elle sera un exorcisme culturel. Ou ne sera pas.
Commissaires d'exposition
Nario Benjamin
Michèle Alfred
Reynald Lally
Artistes
Catharina Brich (Allemagne)
Tania Stanic (Croatie)
Arjan Martin (Brésil)
Lionel St-Eloi (Haïti)
Jorès Fils-Aimé (Haïti)
Eugène André (Haïti)
Jean-Héradd Céleur (Haïti)
Frantz Jacques dit Guyodo (Haïti)
Bazile Ronald dit Cheby (Haïti)
Maxence Denis (Haïti)
Nasson (Haïti)
Joseph Delpé (Haïti)
Falaise Péralte (Haïti)
Pierre Clitandre
Pierre Clitandre
vendredi 29 juin 2007
Cinq jours de fête à Cavaillon
La commune de Cavaillon s'est grisée de plaisir durant cinq jours de fête. Chaque nuit avait sa couleur, sa sonorité et sa saveur
Le célébrant principal de la messe d'action de grâces à l'église de Cavaillon a profité de la présence des autorités publiques dont la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue, pour soulever les problèmes de cette commune, à l'occasion de la fête de Notre Dame du Perpétuel Secours.
Une litanie de problèmes a ponctué le sermon du célébrant. Ils sont de tous ordres, les problèmes auxquels se trouve confrontée la commune de Cavaillon. Au point de vue sanitaire, cette commune n'a qu'un centre de santé qui arrive difficilement à offrir les soins de base à la population. Le centre à l'avenue Jean-Jacques Dessalines ressemble à une maison abandonnée. Avec ses murs lézardés, ses portes tremblant sur ses gons, avec ses fenêtres brisées, ouvertes à toutes les tentations, les gens qui ont un peu de moyens ne fréquentent pas ce centre.
Les jeunes Cavaillonnais, après leurs études, prennent le chemin de Port-au-Prince ou des Cayes pour apprendre un métier et ne reviennent pas à Cavaillon. Il n'y a aucun centre de métiers ! Beaucoup de cerveaux restent en friche. Le prêtre fait appel à Notre-Dame du Perpétuel Secours afin de secourir la population. Il juge le gouvernement inactif et fustige la lourdeur de la machine étatique qui met trop de temps avant de se pencher sur les urgences.La Notre-Dame du Perpétuel secours a été célébrée dans la joie, dans l'esprit de piété et de ferveur à Cavaillon, une commune verte et reposante du département du Sud d'Haïti située à environ 22 kilomètres des Cayes.Une ambiance de retrouvailles, de fête, de réjouissance populaire, a rythmé les jours précédant la patronale. Depuis le samedi 23 jusqu'au mercredi 27 juin, jour consacré à la Notre-Dame, des groupes musicaux de Port-au-Prince, des Cayes et des artistes de Cavaillon ont animé les soirées. Le groupe T-Zee a fait danser la population. Bélo, comme à l'accoutumée, a promené le public à travers un répertoire de musiques entraînantes, touchantes qui a plongé chacun en particulier dans la réflexion. Quelques groupes locaux ont charmé le public avec des airs inoxydables du Compas et quelques tubes dans le vent.
Des loas de trop
Des groupes traditionnels des lakou ont participé pleinement à la grande fête. Au milieu de la foule, une dame parée de vêtements aux couleurs criardes s'abandonne à la musique. « Cette année, je demanderai à Notre-Dame de me donner du travail », confie Saintalise. Pendant longtemps, elle a arpenté, en pèlerin, les fêtes patronales qui rythment la vie dans le Sud. « J'avais demandé à Sainte Anne une maison, un mari et un enfant. Elle m'a donné seulement un enfant et le père de celui-ci est parti après cinq mois », soupire-t-elle.
Pratiquante, à contre coeur, de la religion de ses ancêtres, Saintalise n'arrive pas à faire la jonction entre les saints et les « loas ». Elle se désespère que les dieux vaudou l'entraînent à sa perte : « M pa ka kenbe yon gason. Chak fwa yo vini yo ale. Se yon lwa fanm jalouz k ap maltrete m. Yo fè lanmou avè m nan dòmi, wi. » Comment se couper de ses racines ? Une jeune dame tempère sa crainte en lui confiant qu'elle a traversé le désert comme elle et pensera à son cas dans ses prières. Elles ont partagé leurs coordonnées... une fenêtre s'ouvre sur une amitié protectrice.Près de l'église paroissiale, les festivaliers vont et viennent, marchandent les articles des artisans cavaillonnais. C'est aussi le temps où certains d'entre eux qui ont longtemps laissé Haïti se retrouvent et promettent de participer à la vie économique de leur commune.
Cavaillon n'a pas d'hôtel pour accueillir celui qui voudrait faire du tourisme local. Le pays est beau, vert, ouvert sur une nature riante et sa population désespère d'attendre des investissements pour faire démarrer l'économie. « Ce qui est préoccupant à Cavaillon, c'est la misère », souligne père Wilkens Lampy, curé de la paroisse. Du côté du parc Sylvio Cator, la patronale prenait un air de famille.
A la tête du comité organisateur, Mme Lassègue et les membres de l'association Fanm Djanm de Cavaillon ont distribué des jouets à plus d'une centaine d'enfants. A l'avenue Jean-Jacques Dessalines, les enfants ont participé à toute une panoplie de jeux qui ont fait la joie du public. Cavillon donne rendez-vous au public à la fête de la rivière au mois d'août prochain.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45532&PubDate=2007-06-28
Le célébrant principal de la messe d'action de grâces à l'église de Cavaillon a profité de la présence des autorités publiques dont la ministre à la Condition féminine et aux Droits des Femmes, Mme Marie Laurence Jocelyn Lassègue, pour soulever les problèmes de cette commune, à l'occasion de la fête de Notre Dame du Perpétuel Secours.
Une litanie de problèmes a ponctué le sermon du célébrant. Ils sont de tous ordres, les problèmes auxquels se trouve confrontée la commune de Cavaillon. Au point de vue sanitaire, cette commune n'a qu'un centre de santé qui arrive difficilement à offrir les soins de base à la population. Le centre à l'avenue Jean-Jacques Dessalines ressemble à une maison abandonnée. Avec ses murs lézardés, ses portes tremblant sur ses gons, avec ses fenêtres brisées, ouvertes à toutes les tentations, les gens qui ont un peu de moyens ne fréquentent pas ce centre.
Les jeunes Cavaillonnais, après leurs études, prennent le chemin de Port-au-Prince ou des Cayes pour apprendre un métier et ne reviennent pas à Cavaillon. Il n'y a aucun centre de métiers ! Beaucoup de cerveaux restent en friche. Le prêtre fait appel à Notre-Dame du Perpétuel Secours afin de secourir la population. Il juge le gouvernement inactif et fustige la lourdeur de la machine étatique qui met trop de temps avant de se pencher sur les urgences.La Notre-Dame du Perpétuel secours a été célébrée dans la joie, dans l'esprit de piété et de ferveur à Cavaillon, une commune verte et reposante du département du Sud d'Haïti située à environ 22 kilomètres des Cayes.Une ambiance de retrouvailles, de fête, de réjouissance populaire, a rythmé les jours précédant la patronale. Depuis le samedi 23 jusqu'au mercredi 27 juin, jour consacré à la Notre-Dame, des groupes musicaux de Port-au-Prince, des Cayes et des artistes de Cavaillon ont animé les soirées. Le groupe T-Zee a fait danser la population. Bélo, comme à l'accoutumée, a promené le public à travers un répertoire de musiques entraînantes, touchantes qui a plongé chacun en particulier dans la réflexion. Quelques groupes locaux ont charmé le public avec des airs inoxydables du Compas et quelques tubes dans le vent.
Des loas de trop
Des groupes traditionnels des lakou ont participé pleinement à la grande fête. Au milieu de la foule, une dame parée de vêtements aux couleurs criardes s'abandonne à la musique. « Cette année, je demanderai à Notre-Dame de me donner du travail », confie Saintalise. Pendant longtemps, elle a arpenté, en pèlerin, les fêtes patronales qui rythment la vie dans le Sud. « J'avais demandé à Sainte Anne une maison, un mari et un enfant. Elle m'a donné seulement un enfant et le père de celui-ci est parti après cinq mois », soupire-t-elle.
Pratiquante, à contre coeur, de la religion de ses ancêtres, Saintalise n'arrive pas à faire la jonction entre les saints et les « loas ». Elle se désespère que les dieux vaudou l'entraînent à sa perte : « M pa ka kenbe yon gason. Chak fwa yo vini yo ale. Se yon lwa fanm jalouz k ap maltrete m. Yo fè lanmou avè m nan dòmi, wi. » Comment se couper de ses racines ? Une jeune dame tempère sa crainte en lui confiant qu'elle a traversé le désert comme elle et pensera à son cas dans ses prières. Elles ont partagé leurs coordonnées... une fenêtre s'ouvre sur une amitié protectrice.Près de l'église paroissiale, les festivaliers vont et viennent, marchandent les articles des artisans cavaillonnais. C'est aussi le temps où certains d'entre eux qui ont longtemps laissé Haïti se retrouvent et promettent de participer à la vie économique de leur commune.
Cavaillon n'a pas d'hôtel pour accueillir celui qui voudrait faire du tourisme local. Le pays est beau, vert, ouvert sur une nature riante et sa population désespère d'attendre des investissements pour faire démarrer l'économie. « Ce qui est préoccupant à Cavaillon, c'est la misère », souligne père Wilkens Lampy, curé de la paroisse. Du côté du parc Sylvio Cator, la patronale prenait un air de famille.
A la tête du comité organisateur, Mme Lassègue et les membres de l'association Fanm Djanm de Cavaillon ont distribué des jouets à plus d'une centaine d'enfants. A l'avenue Jean-Jacques Dessalines, les enfants ont participé à toute une panoplie de jeux qui ont fait la joie du public. Cavillon donne rendez-vous au public à la fête de la rivière au mois d'août prochain.
Claude Bernard Sérant
serantclaudebernard@yahoo.fr
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=45532&PubDate=2007-06-28
lundi 28 mai 2007
Funérailles dans l’intimité du célèbre artiste assassiné François Latour
Seuls quelques amis étaient aux côtés de la famille pour l’inhumation dans la douleur et la sobriété du très regretté François
samedi 26 mai 2007,
Radio Kiskeya
Les funérailles du célèbre metteur en scène, acteur, diseur, homme de radio et publicitaire haïtien François Latour, 63 ans, enlevé et exécuté mardi dernier par ses ravisseurs, se sont déroulées samedi matin dans la plus stricte intimité au cimetière privé Parc du Souvenir à Torcelles (banlieue nord de Port-au-Prince), a constaté Radio Kiskeya.
Seuls la famille éplorée et quelques amis triés sur le volet ont pu assister à la cérémonie, empreinte d’une grande émotion, qui s’est déroulée dans le silence, sans oraison funèbre ni offrande florale, conformément aux dernières volontés du disparu.
Reposant dans un cercueil très sobre, la dépouille a été inhumée sur place.
Dans l’assistance on reconnaissait notamment l’épouse de François Latour et ses trois enfants, ses frères et sœurs, l’acteur, compagnon de scène et fidèle ami de la victime, Fritz Valescot dit "Pitit Fèy", le sculpteur Patrick Vilaire, la directrice de l’agence publicitaire Multi-AD, Monique Brandt, le directeur de la station privée Radio Caraïbes FM, Patrick Moussignac et la journaliste Liliane Pierre-Paul, directrice de programmation de Radio Kiskeya.
Une messe de requiem ouverte au grand public sera chantée lundi matin à 9 heures locales (14h00 GMT) à l’église St-Pierre de Pétion-Ville (est), a appris Radio Kiskeya auprès de la famille.
La mort tragique et révoltante de l’immortel metteur en scène de "Pèlen Tèt", qui tenait le rôle de Polydor dans la même pièce de l’écrivain Frankétienne au cours des années 70, a provoqué une onde de choc et des réactions d’indignation en Haïti et à l’étranger.
Kidnappé mardi soir par des inconnus armés alors qu’il venait d’arriver devant la barrière de sa résidence au volant de son véhicule, François Latour a été tué d’une balle au ventre, quelques heures plus tard. Son cadavre a été retrouvé mercredi matin près des magasins Batimat (entrée nord de Port-au-Prince).
Les kidnappeurs réclamaient une rançon de 100.000 dollars, mais semblaient peu disposés à faire aboutir les négociations.
La police a annoncé l’arrestation d’une quarantaine de suspects dans le cadre de l’enquête criminelle ouverte sur l’exécution du comédien, considéré comme l’un des plus grands acteurs haïtiens de tous les temps. spp/RK
samedi 26 mai 2007,
Radio Kiskeya
Les funérailles du célèbre metteur en scène, acteur, diseur, homme de radio et publicitaire haïtien François Latour, 63 ans, enlevé et exécuté mardi dernier par ses ravisseurs, se sont déroulées samedi matin dans la plus stricte intimité au cimetière privé Parc du Souvenir à Torcelles (banlieue nord de Port-au-Prince), a constaté Radio Kiskeya.
Seuls la famille éplorée et quelques amis triés sur le volet ont pu assister à la cérémonie, empreinte d’une grande émotion, qui s’est déroulée dans le silence, sans oraison funèbre ni offrande florale, conformément aux dernières volontés du disparu.
Reposant dans un cercueil très sobre, la dépouille a été inhumée sur place.
Dans l’assistance on reconnaissait notamment l’épouse de François Latour et ses trois enfants, ses frères et sœurs, l’acteur, compagnon de scène et fidèle ami de la victime, Fritz Valescot dit "Pitit Fèy", le sculpteur Patrick Vilaire, la directrice de l’agence publicitaire Multi-AD, Monique Brandt, le directeur de la station privée Radio Caraïbes FM, Patrick Moussignac et la journaliste Liliane Pierre-Paul, directrice de programmation de Radio Kiskeya.
Une messe de requiem ouverte au grand public sera chantée lundi matin à 9 heures locales (14h00 GMT) à l’église St-Pierre de Pétion-Ville (est), a appris Radio Kiskeya auprès de la famille.
La mort tragique et révoltante de l’immortel metteur en scène de "Pèlen Tèt", qui tenait le rôle de Polydor dans la même pièce de l’écrivain Frankétienne au cours des années 70, a provoqué une onde de choc et des réactions d’indignation en Haïti et à l’étranger.
Kidnappé mardi soir par des inconnus armés alors qu’il venait d’arriver devant la barrière de sa résidence au volant de son véhicule, François Latour a été tué d’une balle au ventre, quelques heures plus tard. Son cadavre a été retrouvé mercredi matin près des magasins Batimat (entrée nord de Port-au-Prince).
Les kidnappeurs réclamaient une rançon de 100.000 dollars, mais semblaient peu disposés à faire aboutir les négociations.
La police a annoncé l’arrestation d’une quarantaine de suspects dans le cadre de l’enquête criminelle ouverte sur l’exécution du comédien, considéré comme l’un des plus grands acteurs haïtiens de tous les temps. spp/RK
jeudi 24 mai 2007
Hommage posthume de Raoul Peck à François Latour
Le cinéaste haïtien dédie à l’artiste assassiné un poème intitulé : Les lâches
jeudi 24 mai 2007,
Radio Kiskeya
Les lâches
Les lâches ont encore frappé.
Encore une fois ils ont frappé un poète.
Après Jacques, François.
Après le crime politique, la vulgarité d’une rançon.
Une balle dans le ventre a t’on rapporté.
Acte lâche.
Acte imbécile.
Acte futile.
La mort contre de l’argent.
François n’a pas eu froid aux yeux.
Je le sais.
François les a regardés droit dans les yeux.
C’est sûr.
Car François lui, il détestait la lâcheté.
Il détestait les abus, la trahison, et plus que tout, la bêtise.
Ils lui ont tiré dans le ventre, a t’on rapporté.
François, c’est sûr, ne leur a pas laissé le choix de lui tirer dans le dos.
Cette débâcle macabre, qui continue.
Des rats en fuite, mais cela ne suffit toujours pas assurément.
Il est trop tard pour François et pour beaucoup d’autres.
Tant d’irresponsables passés à la tête de ce pays.
Ils portent sur leur conscience muette,
la mort de François et de tous les autres,
connus et inconnus, riches ou pauvres, haïtiens ou étrangers,
sacrifiés à la bête.
Héritage politique mortel.
Sinistre récolte sans fin.
Les lâches ont encore frappé.
Ils ont tué François.
Avec lui disparait toute une génération d’artistes et d’haïtiens droits et “vanyan”.
Nous perdons un homme sans compromis.
Un intègre, qui avait réussi à survivre, rongé, torturé,
les sentiments à fleur de peau.
Un acteur inégalable, si rarement utilisé,
trop grand pour notre pays qui n’a su qu’en faire.
Un homme, souvent déçu et blessé,
fuyant amateurisme, médiocrité, et plus que tout la « malveillance ».
Un homme grand, droit, sincère, entier, modeste, drôle, généreux.
Un homme seul aussi, sans place pour ceux comme lui.
Voici le cercle bouclé.
Les lâches l’ont achevé.
Puisqu’il ne servait à rien dans leur plan de destruction acharné et aveugle.
Tout juste pour un morceau de rançon.
100.000 $ pour la vie d’un ami cher.
Chiffre ridicule pour la vie d’un être unique et précieux.
Mais chiffre obscène surtout,
révélant le prix inverse des cerveaux malades et vils des mécréants assassins,
qui ont abattu le poète.
Mais poète, Nous ne laisserons pas ta mort sans justice !
Comme pour tous les autres.
Un jour nous saurons les noms de tes meurtriers.
Les lâches ne gagnent jamais dans la longue histoire des peuples.
À très bientôt donc poète.
Nous te saluons.
Nous te suivons.
Poète nous t’aimons.
Honneur à toi Poète.
Et respect.
C’est pour la vie.
La mort n’y changera rien.
Raoul Peck 23 Mai 2007
Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com
jeudi 24 mai 2007,
Radio Kiskeya
Les lâches
Les lâches ont encore frappé.
Encore une fois ils ont frappé un poète.
Après Jacques, François.
Après le crime politique, la vulgarité d’une rançon.
Une balle dans le ventre a t’on rapporté.
Acte lâche.
Acte imbécile.
Acte futile.
La mort contre de l’argent.
François n’a pas eu froid aux yeux.
Je le sais.
François les a regardés droit dans les yeux.
C’est sûr.
Car François lui, il détestait la lâcheté.
Il détestait les abus, la trahison, et plus que tout, la bêtise.
Ils lui ont tiré dans le ventre, a t’on rapporté.
François, c’est sûr, ne leur a pas laissé le choix de lui tirer dans le dos.
Cette débâcle macabre, qui continue.
Des rats en fuite, mais cela ne suffit toujours pas assurément.
Il est trop tard pour François et pour beaucoup d’autres.
Tant d’irresponsables passés à la tête de ce pays.
Ils portent sur leur conscience muette,
la mort de François et de tous les autres,
connus et inconnus, riches ou pauvres, haïtiens ou étrangers,
sacrifiés à la bête.
Héritage politique mortel.
Sinistre récolte sans fin.
Les lâches ont encore frappé.
Ils ont tué François.
Avec lui disparait toute une génération d’artistes et d’haïtiens droits et “vanyan”.
Nous perdons un homme sans compromis.
Un intègre, qui avait réussi à survivre, rongé, torturé,
les sentiments à fleur de peau.
Un acteur inégalable, si rarement utilisé,
trop grand pour notre pays qui n’a su qu’en faire.
Un homme, souvent déçu et blessé,
fuyant amateurisme, médiocrité, et plus que tout la « malveillance ».
Un homme grand, droit, sincère, entier, modeste, drôle, généreux.
Un homme seul aussi, sans place pour ceux comme lui.
Voici le cercle bouclé.
Les lâches l’ont achevé.
Puisqu’il ne servait à rien dans leur plan de destruction acharné et aveugle.
Tout juste pour un morceau de rançon.
100.000 $ pour la vie d’un ami cher.
Chiffre ridicule pour la vie d’un être unique et précieux.
Mais chiffre obscène surtout,
révélant le prix inverse des cerveaux malades et vils des mécréants assassins,
qui ont abattu le poète.
Mais poète, Nous ne laisserons pas ta mort sans justice !
Comme pour tous les autres.
Un jour nous saurons les noms de tes meurtriers.
Les lâches ne gagnent jamais dans la longue histoire des peuples.
À très bientôt donc poète.
Nous te saluons.
Nous te suivons.
Poète nous t’aimons.
Honneur à toi Poète.
Et respect.
C’est pour la vie.
La mort n’y changera rien.
Raoul Peck 23 Mai 2007
Source Radio Kiskeya sur http://www.radiokiskeya.com
dimanche 18 mars 2007
"François Duvalier Titan ou Tyran ?" d'Anthony Georges-Pierre
Enfin, un inventaire objectif d'une tranche de la réalité socio-politique haïtienne.
Si d'ordinaire la critique objective réserve un accueil chaleureux aux oeuvres littéraires capables de séduire de larges fractions de l'opinion, il convient d'accorder une place de choix à François Duvalier, Titan ou Tyran ? Cette oeuvre magistrale de Me. Anthony Georges-Pierre (professeur de belles lettres, politologue, chercheur, historien et écrivain) certainement défiera l'usure du temps.
"La vérité est dans la contradiction" disait Jean Jaurès. Ainsi, elle doit influencer les méthodes d'investigation entreprises par le chercheur en vue d'aboutir à des résultants concrets, basés sur le raisonnement et la logique. Pour l'historien, le duvaliérisme reflétait une certaine vision de la société haïtienne, marquée par une lutte de classe aigue, opposant nantis et démunis confrontés à la dure réalité du préjugé de couleur. Aussi, avec cette honnêteté qui refuse toute contrainte et toute forme d'intolérance, l'écrivain a fustigé sans réserve les excès de la tyrannie duvaliérienne et a dénoncé les violations flagrantes des droits de l'homme, ainsi que les accrocs à la liberté citoyenne.
Anthony Georges-Pierre a mis en lumière avec brio le climat politique détestable de l'ère duvaliérienne sans s'enfoncer dans la mare sordide de l'émotivité qui d'ordinaire conduit à l'intransigeance ; ce qui donne de l'autorité au jugement de l'auteur, tout en rehaussant sa crédibilité. D'entrée de jeu, il manifeste un sens élevé de l'humain ainsi que sa fidélité aux valeurs transcendantales qui dépassent les affiliations idéologiques et permettent à l'esprit d'opérer la synthèse des expériences propices à la découverte de la vérité."François Duvalier, Titan ou Tyran ?" est une histoire palpitante d'intérêt, un livre de chevet, une biographie qui se situe à mi-chemin de l'engagement et de l'enracinement. Scrupuleux et méthodique, l'auteur a eu le courage de s'arracher aux interprétations malfaisantes, communes aux nombreux biographes du Dr. François Duvalier, dont le récit et les conclusions débouchent sur une histoire partisane sans prise sur l'événement.
Incontestablement, Me. Georges-Pierre s'est révélé un historien de talent par la flexibilité de son jugement, son sens élevé de l'objectivité, la profondeur de ses analyses qui font de ce livre un document important. "François Duvalier, Titan ou Tyran ?" permet de découvrir en son auteur l'étoffe d'un historien consciencieux et averti dont le talent consiste à mettre sous nos yeux et d'une manière convaincante les différents paramètres de la personnalité d'un homme passionné du pouvoir qu'il détenait. Aucun des biographes du 8e (huitième) président à vie d'Haiti ne l'a fait avant lui.
L'auteur refuse de se faire le thuriféraire d'un régime dictatorial et intolérant pour privilégier la vérité dans toute sa nudité. Aussi, nous a-t-il présenté son protagoniste comme un doctrinaire intransigeant, astucieux mais courageux et assumant ses actes. Le critique avisé peut aisément découvrir à travers des analyses sereines le profil d'un patriote sincère, fidèle à lui-même et à l'idéal qui le fascinait. Néanmoins, ce personnage est aussi pétri de contradictions, car, s'il a cherché à créer les évènements pour mieux les exploiter, il arrive des fois que ses démarches se heurtent à la force des circonstances et à l'ambiguïté des situations."François Duvalier, Titan ou Tyran ?" n'est pas une apologie du duvaliérisme, encore moins une tentative de rejoindre les pamphlétaires qui, par opportunisme politique ou par carence d'objectivité, ont flétri ou grandi sans réserve l'homme et sa politique. Historien occupé à faire de l'intervention intellectuelle une arme au service de la vérité, Me. Anthony Georges-Pierre a transcendé les conflits de chapelle, les déclamations partisanes et le parti pris vulgaire pour saisir les nuances et les subtilités, qui sont autant de points de repères utiles à l'analyse des nombreuses sources, des témoignages et des récits sélectionnés avec un souci didactique pour faire jaillir la lumière du choc des idées.En exposant sans fard les efforts déployés par le Dr. François Duvalier pour rallier sous le même drapeau les éléments disparates de l'entité haïtienne, Me. Anthony Georges-Pierre a fait montre d'un esprit chevaleresque, guidé par le souci de l'objectivité et par le besoin de transmettre aux générations postérieures, une oeuvre historique capable de marquer son époque et de transcender les franges émotionnelles du moi.
Il est souhaité que la clarté projetée avec une telle hardiesse sur la vie d'un homme qui a dominé, même par-delà la tombe, près de 3 (trois) décennies de notre existence nationale, fasse naître un engouement pour une histoire qui "dégonfle les baudruches". Ce qui ne manquera pas de faire de cette biographie un témoignage capital et émouvant.Après avoir lu ce livre de près de 900 pages "François Duvalier, Titan ou Tyran ?", disponible aux librairies La Pléiade et Astérix, je me laisse croire que François Duvalier s'identifiait aussi bien au Titan qu'au Tyran.
Jean-Albert SaindouxFévrier 2007
Paru dans Le Nouvellsite sur http://www.lenouvelliste.com
Commentaire
En peu de temps je suis tombé sur deux livres retraçant la vie et l’œuvre de ce personnage singulier de notre histoire. A quelques mois du cinquantième anniversaire de son ascension au pouvoir et du début de son régime de fer deux auteurs semblent nous inviter à faire un choix. Un choix qui risque d’être assez facile avec le recul et l’inertie morose que nous ont offerts les dirigeants qui ont succédé à la gestion des affaires du pays.
Ces récits ne semblent pas vouloir réveiller d’engouement chez les partisans d’un régime qui pourrait avoir sa place dans les débats aujourd’hui. Mais force est de constater que le duvalierisme n’avait point laissé d’héritiers tandis qu’une grande partie de la population aurait bien du mal à refuser une version corrigée des choses.
Après 1986, les duvaliéristes étaient plutôt intéressés – semble-t-il- par trouver un endroit pour se la couler douce et surtout dépenser ce qu’ils avaient pu emmagasiner en matière de richesse donnant l’impression hormis quelques velléités célèbres par la maladresse de leurs auteurs que le duvaliérisme n’a pas su résister le temps d’un « déchoucage »
Si d'ordinaire la critique objective réserve un accueil chaleureux aux oeuvres littéraires capables de séduire de larges fractions de l'opinion, il convient d'accorder une place de choix à François Duvalier, Titan ou Tyran ? Cette oeuvre magistrale de Me. Anthony Georges-Pierre (professeur de belles lettres, politologue, chercheur, historien et écrivain) certainement défiera l'usure du temps.
"La vérité est dans la contradiction" disait Jean Jaurès. Ainsi, elle doit influencer les méthodes d'investigation entreprises par le chercheur en vue d'aboutir à des résultants concrets, basés sur le raisonnement et la logique. Pour l'historien, le duvaliérisme reflétait une certaine vision de la société haïtienne, marquée par une lutte de classe aigue, opposant nantis et démunis confrontés à la dure réalité du préjugé de couleur. Aussi, avec cette honnêteté qui refuse toute contrainte et toute forme d'intolérance, l'écrivain a fustigé sans réserve les excès de la tyrannie duvaliérienne et a dénoncé les violations flagrantes des droits de l'homme, ainsi que les accrocs à la liberté citoyenne.
Anthony Georges-Pierre a mis en lumière avec brio le climat politique détestable de l'ère duvaliérienne sans s'enfoncer dans la mare sordide de l'émotivité qui d'ordinaire conduit à l'intransigeance ; ce qui donne de l'autorité au jugement de l'auteur, tout en rehaussant sa crédibilité. D'entrée de jeu, il manifeste un sens élevé de l'humain ainsi que sa fidélité aux valeurs transcendantales qui dépassent les affiliations idéologiques et permettent à l'esprit d'opérer la synthèse des expériences propices à la découverte de la vérité."François Duvalier, Titan ou Tyran ?" est une histoire palpitante d'intérêt, un livre de chevet, une biographie qui se situe à mi-chemin de l'engagement et de l'enracinement. Scrupuleux et méthodique, l'auteur a eu le courage de s'arracher aux interprétations malfaisantes, communes aux nombreux biographes du Dr. François Duvalier, dont le récit et les conclusions débouchent sur une histoire partisane sans prise sur l'événement.
Incontestablement, Me. Georges-Pierre s'est révélé un historien de talent par la flexibilité de son jugement, son sens élevé de l'objectivité, la profondeur de ses analyses qui font de ce livre un document important. "François Duvalier, Titan ou Tyran ?" permet de découvrir en son auteur l'étoffe d'un historien consciencieux et averti dont le talent consiste à mettre sous nos yeux et d'une manière convaincante les différents paramètres de la personnalité d'un homme passionné du pouvoir qu'il détenait. Aucun des biographes du 8e (huitième) président à vie d'Haiti ne l'a fait avant lui.
L'auteur refuse de se faire le thuriféraire d'un régime dictatorial et intolérant pour privilégier la vérité dans toute sa nudité. Aussi, nous a-t-il présenté son protagoniste comme un doctrinaire intransigeant, astucieux mais courageux et assumant ses actes. Le critique avisé peut aisément découvrir à travers des analyses sereines le profil d'un patriote sincère, fidèle à lui-même et à l'idéal qui le fascinait. Néanmoins, ce personnage est aussi pétri de contradictions, car, s'il a cherché à créer les évènements pour mieux les exploiter, il arrive des fois que ses démarches se heurtent à la force des circonstances et à l'ambiguïté des situations."François Duvalier, Titan ou Tyran ?" n'est pas une apologie du duvaliérisme, encore moins une tentative de rejoindre les pamphlétaires qui, par opportunisme politique ou par carence d'objectivité, ont flétri ou grandi sans réserve l'homme et sa politique. Historien occupé à faire de l'intervention intellectuelle une arme au service de la vérité, Me. Anthony Georges-Pierre a transcendé les conflits de chapelle, les déclamations partisanes et le parti pris vulgaire pour saisir les nuances et les subtilités, qui sont autant de points de repères utiles à l'analyse des nombreuses sources, des témoignages et des récits sélectionnés avec un souci didactique pour faire jaillir la lumière du choc des idées.En exposant sans fard les efforts déployés par le Dr. François Duvalier pour rallier sous le même drapeau les éléments disparates de l'entité haïtienne, Me. Anthony Georges-Pierre a fait montre d'un esprit chevaleresque, guidé par le souci de l'objectivité et par le besoin de transmettre aux générations postérieures, une oeuvre historique capable de marquer son époque et de transcender les franges émotionnelles du moi.
Il est souhaité que la clarté projetée avec une telle hardiesse sur la vie d'un homme qui a dominé, même par-delà la tombe, près de 3 (trois) décennies de notre existence nationale, fasse naître un engouement pour une histoire qui "dégonfle les baudruches". Ce qui ne manquera pas de faire de cette biographie un témoignage capital et émouvant.Après avoir lu ce livre de près de 900 pages "François Duvalier, Titan ou Tyran ?", disponible aux librairies La Pléiade et Astérix, je me laisse croire que François Duvalier s'identifiait aussi bien au Titan qu'au Tyran.
Jean-Albert SaindouxFévrier 2007
Paru dans Le Nouvellsite sur http://www.lenouvelliste.com
Commentaire
En peu de temps je suis tombé sur deux livres retraçant la vie et l’œuvre de ce personnage singulier de notre histoire. A quelques mois du cinquantième anniversaire de son ascension au pouvoir et du début de son régime de fer deux auteurs semblent nous inviter à faire un choix. Un choix qui risque d’être assez facile avec le recul et l’inertie morose que nous ont offerts les dirigeants qui ont succédé à la gestion des affaires du pays.
Ces récits ne semblent pas vouloir réveiller d’engouement chez les partisans d’un régime qui pourrait avoir sa place dans les débats aujourd’hui. Mais force est de constater que le duvalierisme n’avait point laissé d’héritiers tandis qu’une grande partie de la population aurait bien du mal à refuser une version corrigée des choses.
Après 1986, les duvaliéristes étaient plutôt intéressés – semble-t-il- par trouver un endroit pour se la couler douce et surtout dépenser ce qu’ils avaient pu emmagasiner en matière de richesse donnant l’impression hormis quelques velléités célèbres par la maladresse de leurs auteurs que le duvaliérisme n’a pas su résister le temps d’un « déchoucage »
mardi 27 février 2007
HAITI A LA FOIRE INTERNATIONALE DU LIVRE DE CUBA
Participation fructueuse d’Haïti à la XVIe foire internationale du Livre à Cuba
lundi 26 février 2007
P-au-P, 26 Fév. 07 [AlterPresse] --- Haïti, avec des œuvres de l’illustre écrivain et homme politique, Jacques Roumain, était bien représentée à la XVIe Foire Internationale de Livre qui s’est déroulée à la Havane, la capitale cubaine, du 12 au 18 février 2007.
Une délégation du Ministère haïtien de la culture, composée entre autres du directeur général des Presses Nationales, Willems Édouard, et de la directrice de la Direction nationale du Livre, Emmelie Prophète, s’était rendue à Cuba pour participer à cette manifestation.
« Nous avons été très impressionnés par la large participation à cette foire du Livre où les gens s’y rendaient par milliers », explique la poétesse Emmelie Prophète. C’est une foire du livre extraordinaire différente des autres foires du livre qu’on a l’habitude de voir partout dans le monde ».
La XVIe foire internationale du Livre à Cuba accueille près d’un million de visiteurs chaque année, selon le Ministre de la culture, Daniel Élie qui présentait l’agenda de la délégation haïtienne, dont la mission à Cuba reposait sur trois évènements majeurs. « C’est une bonne occasion qui nous a été offerte pour présenter notre politique éditoriale à Cuba. Notre présence était importante en ce sens que c’est pour la première fois qu’un éditeur assiste à cette foire », a tenu à préciser Willems Édouard.
La traduction espagnole de « Gouverneurs de la rosée », œuvre phare de jacques Roumain, par Nicolas Guillén en 1961, et une réédition de ce même roman par les Presses Nationales d’Haïti ont été lancées à la Havane dans le cadre de cette foire. Selon le directeur général des Presses Nationales d’Haïti, Jacques Roumain est un écrivain haïtien qui avait une importance capitale à l’intérieur de la foire.
« On a constaté une affluence de gens qui, la plupart, se dirigeaient vers les livres haïtiens. Ils sont beaucoup attirés par les livres en Français, les livres haïtiens en particulier », a déclaré Emmelie Prophète.
Des sollicitations de livres haïtiens traitant du vodou, de l’art culinaire haïtien et édité exclusivement en Créole ont été faites aux membres de la délégation haïtienne. « Cet intérêt pour les livres haïtiens mérite d’être entretenu chez les cubains et nous devons les inviter à venir ici pour découvrir Haïti à travers sa littérature », a indiqué la responsable de la Direction nationale du Livre.
L’architecte Didier Dominique et l’Ethnologue Rachèle Beauvoir-Dominique faisaient, eux aussi, partie de cette délégation. Ils avaient pour mission de faire le suivi d’une convention paraphée avec Cuba par le président René Préval concernant des échanges bilatéraux.
Cette mission s’était également rendue à Cuba pour commencer à mettre en œuvre la partie culturelle de cette convention portant sur la relance du projet Parc national historique, regroupant des monuments historiques comme La Citadelle Laferrière, Sans-Souci et Ramier, reconnus comme patrimoine mondial.
Les membres de la délégation haïtienne avaient aussi pour mandat de discuter de l’établissement d’écoles de musique dans différentes communes d’Haïti et de la mise sur pied d’une recherche en ethnomusicologie appelée à faire un inventaire exhaustif des instruments et des différentes musiques traditionnelles qui existent en Haïti.
Selon Rachèle Beauvoir-Dominique, en charge du projet de recherche, la culture haïtienne est très prisée à Cuba où la migration haïtienne est très nombreuse particulièrement à Santiago et dans la région de Guantanamo. « Dans les rues de Santiago, ils ont tracé des vèvè, joué du théâtre, parlé le Créole », a rapporté l’Ethnologue Rachèle Beauvoir.
Didier Dominique a, quant à lui fait le point sur ce projet de musique qui touchera d’abord les villes de Port-au-Prince (ouest), du Cap-Haïtien (nord) et de Jacmel (sud-est), comme cela a déjà été fait à Marmelade (nord), la ville natale du président René Préval.
L’accent sera également mis sur les enseignements artistiques donnés dans les péristyles et les « lakou » où la pratique du vodou est exercée. [do apr 26/02/2007 14 :00]
lundi 26 février 2007
P-au-P, 26 Fév. 07 [AlterPresse] --- Haïti, avec des œuvres de l’illustre écrivain et homme politique, Jacques Roumain, était bien représentée à la XVIe Foire Internationale de Livre qui s’est déroulée à la Havane, la capitale cubaine, du 12 au 18 février 2007.
Une délégation du Ministère haïtien de la culture, composée entre autres du directeur général des Presses Nationales, Willems Édouard, et de la directrice de la Direction nationale du Livre, Emmelie Prophète, s’était rendue à Cuba pour participer à cette manifestation.
« Nous avons été très impressionnés par la large participation à cette foire du Livre où les gens s’y rendaient par milliers », explique la poétesse Emmelie Prophète. C’est une foire du livre extraordinaire différente des autres foires du livre qu’on a l’habitude de voir partout dans le monde ».
La XVIe foire internationale du Livre à Cuba accueille près d’un million de visiteurs chaque année, selon le Ministre de la culture, Daniel Élie qui présentait l’agenda de la délégation haïtienne, dont la mission à Cuba reposait sur trois évènements majeurs. « C’est une bonne occasion qui nous a été offerte pour présenter notre politique éditoriale à Cuba. Notre présence était importante en ce sens que c’est pour la première fois qu’un éditeur assiste à cette foire », a tenu à préciser Willems Édouard.
La traduction espagnole de « Gouverneurs de la rosée », œuvre phare de jacques Roumain, par Nicolas Guillén en 1961, et une réédition de ce même roman par les Presses Nationales d’Haïti ont été lancées à la Havane dans le cadre de cette foire. Selon le directeur général des Presses Nationales d’Haïti, Jacques Roumain est un écrivain haïtien qui avait une importance capitale à l’intérieur de la foire.
« On a constaté une affluence de gens qui, la plupart, se dirigeaient vers les livres haïtiens. Ils sont beaucoup attirés par les livres en Français, les livres haïtiens en particulier », a déclaré Emmelie Prophète.
Des sollicitations de livres haïtiens traitant du vodou, de l’art culinaire haïtien et édité exclusivement en Créole ont été faites aux membres de la délégation haïtienne. « Cet intérêt pour les livres haïtiens mérite d’être entretenu chez les cubains et nous devons les inviter à venir ici pour découvrir Haïti à travers sa littérature », a indiqué la responsable de la Direction nationale du Livre.
L’architecte Didier Dominique et l’Ethnologue Rachèle Beauvoir-Dominique faisaient, eux aussi, partie de cette délégation. Ils avaient pour mission de faire le suivi d’une convention paraphée avec Cuba par le président René Préval concernant des échanges bilatéraux.
Cette mission s’était également rendue à Cuba pour commencer à mettre en œuvre la partie culturelle de cette convention portant sur la relance du projet Parc national historique, regroupant des monuments historiques comme La Citadelle Laferrière, Sans-Souci et Ramier, reconnus comme patrimoine mondial.
Les membres de la délégation haïtienne avaient aussi pour mandat de discuter de l’établissement d’écoles de musique dans différentes communes d’Haïti et de la mise sur pied d’une recherche en ethnomusicologie appelée à faire un inventaire exhaustif des instruments et des différentes musiques traditionnelles qui existent en Haïti.
Selon Rachèle Beauvoir-Dominique, en charge du projet de recherche, la culture haïtienne est très prisée à Cuba où la migration haïtienne est très nombreuse particulièrement à Santiago et dans la région de Guantanamo. « Dans les rues de Santiago, ils ont tracé des vèvè, joué du théâtre, parlé le Créole », a rapporté l’Ethnologue Rachèle Beauvoir.
Didier Dominique a, quant à lui fait le point sur ce projet de musique qui touchera d’abord les villes de Port-au-Prince (ouest), du Cap-Haïtien (nord) et de Jacmel (sud-est), comme cela a déjà été fait à Marmelade (nord), la ville natale du président René Préval.
L’accent sera également mis sur les enseignements artistiques donnés dans les péristyles et les « lakou » où la pratique du vodou est exercée. [do apr 26/02/2007 14 :00]
HAITI A LA FOIRE INTERNATIONALE DU LIVRE DE CUBA
Participation fructueuse d’Haïti à la XVIe foire internationale du Livre à Cuba
lundi 26 février 2007
P-au-P, 26 Fév. 07 [AlterPresse] --- Haïti, avec des œuvres de l’illustre écrivain et homme politique, Jacques Roumain, était bien représentée à la XVIe Foire Internationale de Livre qui s’est déroulée à la Havane, la capitale cubaine, du 12 au 18 février 2007.
Une délégation du Ministère haïtien de la culture, composée entre autres du directeur général des Presses Nationales, Willems Édouard, et de la directrice de la Direction nationale du Livre, Emmelie Prophète, s’était rendue à Cuba pour participer à cette manifestation.
« Nous avons été très impressionnés par la large participation à cette foire du Livre où les gens s’y rendaient par milliers », explique la poétesse Emmelie Prophète. C’est une foire du livre extraordinaire différente des autres foires du livre qu’on a l’habitude de voir partout dans le monde ».
La XVIe foire internationale du Livre à Cuba accueille près d’un million de visiteurs chaque année, selon le Ministre de la culture, Daniel Élie qui présentait l’agenda de la délégation haïtienne, dont la mission à Cuba reposait sur trois évènements majeurs. « C’est une bonne occasion qui nous a été offerte pour présenter notre politique éditoriale à Cuba. Notre présence était importante en ce sens que c’est pour la première fois qu’un éditeur assiste à cette foire », a tenu à préciser Willems Édouard.
La traduction espagnole de « Gouverneurs de la rosée », œuvre phare de jacques Roumain, par Nicolas Guillén en 1961, et une réédition de ce même roman par les Presses Nationales d’Haïti ont été lancées à la Havane dans le cadre de cette foire. Selon le directeur général des Presses Nationales d’Haïti, Jacques Roumain est un écrivain haïtien qui avait une importance capitale à l’intérieur de la foire.
« On a constaté une affluence de gens qui, la plupart, se dirigeaient vers les livres haïtiens. Ils sont beaucoup attirés par les livres en Français, les livres haïtiens en particulier », a déclaré Emmelie Prophète.
Des sollicitations de livres haïtiens traitant du vodou, de l’art culinaire haïtien et édité exclusivement en Créole ont été faites aux membres de la délégation haïtienne. « Cet intérêt pour les livres haïtiens mérite d’être entretenu chez les cubains et nous devons les inviter à venir ici pour découvrir Haïti à travers sa littérature », a indiqué la responsable de la Direction nationale du Livre.
L’architecte Didier Dominique et l’Ethnologue Rachèle Beauvoir-Dominique faisaient, eux aussi, partie de cette délégation. Ils avaient pour mission de faire le suivi d’une convention paraphée avec Cuba par le président René Préval concernant des échanges bilatéraux.
Cette mission s’était également rendue à Cuba pour commencer à mettre en œuvre la partie culturelle de cette convention portant sur la relance du projet Parc national historique, regroupant des monuments historiques comme La Citadelle Laferrière, Sans-Souci et Ramier, reconnus comme patrimoine mondial.
Les membres de la délégation haïtienne avaient aussi pour mandat de discuter de l’établissement d’écoles de musique dans différentes communes d’Haïti et de la mise sur pied d’une recherche en ethnomusicologie appelée à faire un inventaire exhaustif des instruments et des différentes musiques traditionnelles qui existent en Haïti.
Selon Rachèle Beauvoir-Dominique, en charge du projet de recherche, la culture haïtienne est très prisée à Cuba où la migration haïtienne est très nombreuse particulièrement à Santiago et dans la région de Guantanamo. « Dans les rues de Santiago, ils ont tracé des vèvè, joué du théâtre, parlé le Créole », a rapporté l’Ethnologue Rachèle Beauvoir.
Didier Dominique a, quant à lui fait le point sur ce projet de musique qui touchera d’abord les villes de Port-au-Prince (ouest), du Cap-Haïtien (nord) et de Jacmel (sud-est), comme cela a déjà été fait à Marmelade (nord), la ville natale du président René Préval.
L’accent sera également mis sur les enseignements artistiques donnés dans les péristyles et les « lakou » où la pratique du vodou est exercée. [do apr 26/02/2007 14 :00]
lundi 26 février 2007
P-au-P, 26 Fév. 07 [AlterPresse] --- Haïti, avec des œuvres de l’illustre écrivain et homme politique, Jacques Roumain, était bien représentée à la XVIe Foire Internationale de Livre qui s’est déroulée à la Havane, la capitale cubaine, du 12 au 18 février 2007.
Une délégation du Ministère haïtien de la culture, composée entre autres du directeur général des Presses Nationales, Willems Édouard, et de la directrice de la Direction nationale du Livre, Emmelie Prophète, s’était rendue à Cuba pour participer à cette manifestation.
« Nous avons été très impressionnés par la large participation à cette foire du Livre où les gens s’y rendaient par milliers », explique la poétesse Emmelie Prophète. C’est une foire du livre extraordinaire différente des autres foires du livre qu’on a l’habitude de voir partout dans le monde ».
La XVIe foire internationale du Livre à Cuba accueille près d’un million de visiteurs chaque année, selon le Ministre de la culture, Daniel Élie qui présentait l’agenda de la délégation haïtienne, dont la mission à Cuba reposait sur trois évènements majeurs. « C’est une bonne occasion qui nous a été offerte pour présenter notre politique éditoriale à Cuba. Notre présence était importante en ce sens que c’est pour la première fois qu’un éditeur assiste à cette foire », a tenu à préciser Willems Édouard.
La traduction espagnole de « Gouverneurs de la rosée », œuvre phare de jacques Roumain, par Nicolas Guillén en 1961, et une réédition de ce même roman par les Presses Nationales d’Haïti ont été lancées à la Havane dans le cadre de cette foire. Selon le directeur général des Presses Nationales d’Haïti, Jacques Roumain est un écrivain haïtien qui avait une importance capitale à l’intérieur de la foire.
« On a constaté une affluence de gens qui, la plupart, se dirigeaient vers les livres haïtiens. Ils sont beaucoup attirés par les livres en Français, les livres haïtiens en particulier », a déclaré Emmelie Prophète.
Des sollicitations de livres haïtiens traitant du vodou, de l’art culinaire haïtien et édité exclusivement en Créole ont été faites aux membres de la délégation haïtienne. « Cet intérêt pour les livres haïtiens mérite d’être entretenu chez les cubains et nous devons les inviter à venir ici pour découvrir Haïti à travers sa littérature », a indiqué la responsable de la Direction nationale du Livre.
L’architecte Didier Dominique et l’Ethnologue Rachèle Beauvoir-Dominique faisaient, eux aussi, partie de cette délégation. Ils avaient pour mission de faire le suivi d’une convention paraphée avec Cuba par le président René Préval concernant des échanges bilatéraux.
Cette mission s’était également rendue à Cuba pour commencer à mettre en œuvre la partie culturelle de cette convention portant sur la relance du projet Parc national historique, regroupant des monuments historiques comme La Citadelle Laferrière, Sans-Souci et Ramier, reconnus comme patrimoine mondial.
Les membres de la délégation haïtienne avaient aussi pour mandat de discuter de l’établissement d’écoles de musique dans différentes communes d’Haïti et de la mise sur pied d’une recherche en ethnomusicologie appelée à faire un inventaire exhaustif des instruments et des différentes musiques traditionnelles qui existent en Haïti.
Selon Rachèle Beauvoir-Dominique, en charge du projet de recherche, la culture haïtienne est très prisée à Cuba où la migration haïtienne est très nombreuse particulièrement à Santiago et dans la région de Guantanamo. « Dans les rues de Santiago, ils ont tracé des vèvè, joué du théâtre, parlé le Créole », a rapporté l’Ethnologue Rachèle Beauvoir.
Didier Dominique a, quant à lui fait le point sur ce projet de musique qui touchera d’abord les villes de Port-au-Prince (ouest), du Cap-Haïtien (nord) et de Jacmel (sud-est), comme cela a déjà été fait à Marmelade (nord), la ville natale du président René Préval.
L’accent sera également mis sur les enseignements artistiques donnés dans les péristyles et les « lakou » où la pratique du vodou est exercée. [do apr 26/02/2007 14 :00]
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