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mercredi 27 février 2013

Manifestation d’une autre faille sismique

MAXImini.com | Météorologie - Publié le 26/02/2013 à 21:53:56 en Haïti Le séisme de faible magnitude ressenti dans la soirée du 25 février n’est pas une réplique générée par la meurtrière catastrophe de janvier 2010, a indiqué l’Unité technique de sismologie (UTS), du bureau des mines et de l’énergie. "C’est la manifestation d’une autre faille, connue jusqu’ici sous le nom de Trans-haïtienne", a fait savoir l’Unité technique de sismologie (UTS) dans un communiqué de presse. Cette faille, selon ladite unité bureau des mines et de l’énergie, part de l’Etang Saumâtre pour finir au pied de la chaîne des Matheux. L’UTS prie la population de ne pas céder à la panique et de continuer à appliquer les consignes. La secousse tellurique de magnitude 3,5 sur l’échelle de Richter ressentie lundi soir à Port-au-Prince semait la panique au sein des résidents de certains quartiers de la zone métropolitaine. Ces derniers qui ont encore en mémoire les 250 000 morts provoquées par les secousses telluriques du 12 janvier 2010 n’hésitaient pas à abandonner pour gagner les rues. L’épicentre de ce tremblement de terre modéré, qui s’est produit à 19h30 (heure locale), a été localisé à 6 kilomètres du Nord-Ouest de la commune de Thomazeau, selon les précisions techniques de l’Institut américain de géophysique (USGS). http://www.maximini.com/fr/news/haiti/meteorologie/manifestation-d-une-autre-faille-sismique-21180.html

dimanche 13 mars 2011

Ce qui distingue le séisme du Japon de celui d'Haïti

Par LEXPRESS.fr, publié le 11/03/2011 à 17:10, mis à jour à 18:30 Quelles sont les premières différences entre les séisme du Japon et celui survenu en Haïti il y a un an?

Le séisme
La préfecture de Myagi, proche de épicentre du séisme du 11 mars 2011.
Japon. La magnitude du séisme du 11 mars 2011 est évaluée à 8,9 sur l'échelle de Richter par l'Institut de géophysique américain (USGS). C'est le plus violent jamais enregistré au Japon. Son épicentre, l'endroit le plus intensément touché, se situe dans l'océan, à 130km à l'est de Sendai (préfecture de Miyagi), et 400 km de Tokyo.
La secousse la plus destructrice s'est produite à 24,4km de profondeur.
Haïti. Le tremblement de terre qui a frappé l'île d'Hispaniola le 12 janvier 2010, peu avant 17h était d'une magnitude comprise entre 7 et 7,3 sur l'échelle de Richter. C'est le pire séïsme de l'Amérique en 200 ans. Son épicentre se situait à Léogane, 16 km au sud-ouest de la ville de Port-au-Prince et se trouvait à une faible profondeur: de 8 à 10 km au-dessous de la surface du sol. Les tremblements de ce type frappent une moins grande surface géographique que les séismes profonds, mais ils sont beaucoup plus intenses.

Léogane, épicentre du séisme du 12 janvier 2010.
"La presqu'île où est construite la capitale haïtienne, Port-au-Prince, est traversée par des failles capables de séismes de magnitude 7,1 à 8", rapporte le journaliste scientifique Sylvestre Huet sur son blog. Hispaniola, l'île où se trouve le pays, se situe sur une 'frontière de plaque tectonique', selon Jean-Paul Montagner, de l'Institut de physique du globe de Paris, interrogé par le blogueur. "Haïti se situe sur la plaque caribéenne. Cette plaque se frotte à la plaque nord-américaine sur ses frontières nord et est. Un contact rugueux qui se traduit par un mouvement de coulissage entre les deux plaques d'environ 2 centimètres par an", conclut le scientifique.

Le bilan humain
Japon. Vendredi en fin d'après-midi, le bilan était de près de 1000 morts. Le plus grand nombre de victimes proviendrait du tsunami consécutif au séisme.

Haïti. Le bilan est d'environ 230 000 morts, mais le nombre de morts n'est pas connu avec exactitude: en effet, dans les jours qui ont suivi le séisme, des Haïtiens ont été enterrés par milliers dans des fosses communes. Or, une partie de la population n'a pas de papiers d'identité.
Selon le gouvernement haïtien, le séisme a fait 300 000 blessés et 1,2 million de sans-abri.

Le coût financier
Japon. Il est encore trop tôt pour évaluer les coûts de cette catastrophe. On estime néanmoins que le coût pour les réassureurs européens devrait se situer entre 1 et 2 milliards de dollars, a estimé le courtier JPMorgan Cazenove, qualifiant la facture de "gérable" mais aussi l'estimation de "très préliminaire". Sur ce sujet, lire l'article de L'Expansion.
Haïti. La Banque interaméricaine de développement a estimé le coût total à une fourchette comprise entre 8,1 et 13,9 milliards des dollars (5,8 et 10 milliards d'euros). La communauté internationale avait promis une aide de de 2,1 milliards de dollars pour 2010. Mais un an plus tard, les bailleurs de fonds n'ont pas tenu leurs promesses. Moins de la moitié de la somme a été livrée.
Lors du séisme, 400 000 bâtiments ainsi que 180 000 maisons ont été rasés. 60% de bâtiments gouvernementaux, administratifs, économiques et infrastructures de base sont détruits dans la région de Port-au-Prince selon la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti. Un an plus tard on ne dénombre que 1000 maisons reconstruites. 800 000 personnes sont encore sans abris, vivant dans les 1150 camps de la capitale.

Pourquoi une telle différence?
Le Japon, situé au confluent de quatre plaques tectoniques, subit chaque année environ 20% des séismes les plus violents recensés sur Terre. Troisième puissance économique mondiale, le Japon a eu les moyens de faire de la lutte anti-sismique une priorité. Les normes de construction ainsi que les techniques parasismiques et systèmes d'alerte au tsunami très avancés permettent de réduire considérablement les risques de dommages corporels et matériels.
Haïti, en revanche est le pays le plus pauvre de l'Amérique et l'un des plus pauvres au monde, avec un PNB par habitant de 520 € (716 $) en 2008 contre 28.020 € (38.578 $) pour le Japon selon l'ONU.
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/ce-qui-distingue-le-seisme-du-japon-de-celui-d-haiti_971223.html

vendredi 26 novembre 2010

Haïti : "Rien n’a changé en un an"

Publié le 26 novembre 2010
Jimmy Jean-Louis, acteur haïtien de la série Heroes, fait le point sur la situation de son pays natal.
Né en Haïti, l’acteur Jimmy Jean-Louis, révélé dans la série Heroes, reste très proche de son pays d'origine. Invité sur Europe 1 vendredi, il raconte à Guillaume Cahour l’état catastrophique dans lequel se trouvent les Haïtiens.
Les enfants sont plus particulièrement touchés. Beaucoup sont orphelins, et la plupart ne sont plus scolarisés. Jimmy Jean-Louis évoque ainsi sa rencontre avec un enfant d’un camp de réfugiés, qui n’a plus aucun repère "pour se construire".
"Les enfants oublient leur avenir" :
"Aucun changement en un an"
Le séisme qui a dévasté Haïti a eu lieu le 12 janvier, il y a presque un an. Et pour l’acteur, la situation y est toujours aussi catastrophique. "Le pays est presque dans le même état qu’une semaine après le tremblement de terre", déplore Jimmy Jean-Louis. "J’étais sur place trois jours après le drame. Ce que j’avais vu m’avait vraiment choqué. Malheureusement, je le suis toujours autant quand je retourne en Haïti".
"Toujours de l’espoir"
Mais malgré les 250.000 morts, le million et demi de sans-abri et l’épidémie de choléra, les Haïtiens gardent espoir. "Je vois beaucoup de sourires chez les gens", raconte Jimmy Jean-Louis. "Ils gardent l’espoir, que les choses s’arrangent, qu’ils retrouvent leur maison, qu’ils mangent à leur faim, qu’ils aient de l'électricité". L’acteur espère également que les élections, qui ont lieu dimanche, "apporteront une certaine stabilité".
Un documentaire et un film
Jimmy Jean-Louis s’est rendu plusieurs fois en Haïti depuis le séisme. Il a tiré de ses voyages un documentaire, Haïti 16:53, qui devrait sortir dans les mois à venir. Il prépare également un film sur Toussaint Louverture, ancien esclave devenu une figure historique à l’origine de l’indépendance du pays, avec Lorànt Deutsch et Samuel Le Bihan.
http://www.europe1.fr/International/Haiti-Rien-n-a-change-en-un-an-317995/

mercredi 27 octobre 2010

La Banque mondiale consacre 30 millions de dollars à la reconstruction des habitations détruites, le 12 janvier

Les bénéficiaires seront quelque 140.000 sans-abri qui, par la réparation ou la reconstruction de leurs maisons, accéderont à la réhablitation économique, affirme l’institution multilatérale Mardi 26 octobre 2010, Radio Kiskeya
Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a accordé mardi à Haïti une subvention de 30 millions de dollars destinés aux travaux de remise en état ou de reconstruction des logements endommagés ou détruits par le séisme de janvier, afin de permettre aux résidents de reprendre leurs activités économiques.
Selon un communiqué rendu public à Washington, ce programme de l’institution financière internationale viendra en aide à environ 140.000 habitants de la capitale vivant en situation précaire depuis la catastrophe qui avait détruit 115.000 habitations en plus des dommages sévères ou modérés qu’avaient subis respectivement 14.500 et 167.000 foyers.
"Sortir les personnes des camps et créer les conditions propices pour leur retour en toute sécurité dans leurs quartiers d’origine est l’un des besoins les plus pressants, tout en demeurant également un élément-clé pour garantir la stabilité sociale", a fait savoir Ronald Baudin, le ministre haïtien de l’économie et des finances qui paraphait l’accord de don.
La Banque mondialee, qui joue le rôle d’agent fiscal dans le cadre du processus de reconstruction post-séisme piloté par la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haiti (CIRH), indique que son implication dans la reconstruction du logement est étroitement liée au "Cadre pour la reconstruction et la mise à niveau du quartier". Un projet que le gouvernement Préval/Bellerive est en train d’examiner.
Le communiqué met en également en relief l’importance du Projet de développement communautaire participatif en milieu urbain (PRODEPUR) qui devrait contribuer, dans les communes de Port-au-Prince et de Delmas, à l’amélioration de "l’accès aux infrastructures et aux services de base, y compris le déblayage des débris résultant du tremblement de terre, la réparation et la reconstruction des maisons, ainsi que la réparation et l’amélioration des infrastructures de proximité".
Outre un tableau effroyable de de 300.000 morts, 300.000 blessés et 1,3 million de sinistrés, le tremblement de terre a aussi ruiné l’économie haïtienne à travers des destructions massives d’infrastructures, d’investissements et d’emplois. spp/Radio Kiskeya

dimanche 24 octobre 2010

La faille d'Haïti encore capable de provoquer un violent séisme

Publié le 24 octobre 2010
Agence France-Presse, Paris
Le séisme qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010 a certes été dévastateur mais n'a pas relâché toutes les tensions accumulées au fil des ans le long d'une faille sismique bien connue, qui présente toujours un danger important pour la capitale, Port-au-Prince, selon une étude américaine.
Ce puissant tremblement de terre, d'une magnitude de 7 et dont l'épicentre a été localisé à seulement 25 km de la capitale, a fait plus de 250.000 morts.
Son origine a été attribuée à la faille de l'Enriquillo-Plantain Garden (EPGF), bien identifiée mais dont le fonctionnement est encore mal compris, qui avait déjà provoqué deux séismes de magnitude similaire en 1751 et 1770.
Cette faille complexe, longue de 270 km, court le long de l'étroite péninsule occidentale de l'île d'Hispaniola, deuxième plus grande île des Antilles, qu'Haïti partage avec la République dominicaine.
Mais selon une équipe de géologues dirigée par Carole Prentice, de l'US Geological Survey de Menlo Park, en Californie, le rôle de l'EPGF dans ce séisme est plus compliqué qu'il y paraît.
Relevés terrestres, photos aériennes, observations satellites: les chercheurs ont examiné en détail la surface de l'île au-dessus de cette faille, à la recherche de traces laissées par le séisme. Mais s'ils ont trouvé de multiples preuves laissées par les secousses du 18e siècle (failles, soulèvement de terrain, cours d'eau détournés...), aucune n'a pu être attribuée au séisme du 12 janvier 2010.
Ce cas de figure n'est pas unique dans l'histoire de la sismologie, mais il est d'autant plus rare et surprenant que le tremblement de terre était puissant et proche de la surface.
Le séisme a pu être causé par une autre faille proche, non identifiée, ou alors par l'EPGF mais à une grande profondeur.
Quelle que soit l'explication, les observations et les modélisations informatiques réalisées par les géologues pour tenter d'expliquer ce phénomène laissent penser que le séisme de janvier n'a pas suffi à évacuer toutes les tensions telluriques qui se sont accumulées à la surface de cette faille depuis les précédentes secousses, il y a 250 ans.
La faille l'Enriquillo-Plantain Garden «reste un grave danger sismique pour Haïti, en particulier pour la région de Port-au-Prince», met en garde l'étude, publiée par le journal Nature Geoscience.
L'inquiétude est particulièrement vive concernant une bande de 110 km qui passe juste au sud de la capitale, entre le lac Miragoane, à l'ouest, et Dumay à l'est.
Ces sections de la faille sont capables de générer un séisme qui pourrait créer dans cette zone urbanisée des secousses encore plus violentes en surface que lors du 12 janvier, avertissent les auteurs.
http://www.cyberpresse.ca/sciences/201010/24/01-4335606-la-faille-dhaiti-encore-capable-de-provoquer-un-violent-seisme.php
Commentaires:
Merci beaucoup à ces scientifiques qui font de la science fondamentale. Aujourd'ui Haïti fait face à une épidémie de choléra qui prend des allures d'appocalypse annoncé du au délabrement des infrastrutures et social du pays. L'image qui me revient à la tête c'est la conversion des camps de réfugiés en des camps de malades couchés à même le sol avec des perfusions pour les réhydrater tandis que les morts se dénombrent par centaines de milliers.
Donc aujourd'hui le problème d'Haïti ne s'explique pas par la présence de failles sinon par la présence de plus d'un millions de personnes logées dans des conditions déplorables.
Que l'on concentre les attentions sur les vrais problèmes et que l'on cesse de nous prendre pour des cobayes.

mercredi 18 août 2010

Le séisme du 12 janvier : quête et enquête

Les recherches en cours sur le séisme qui a si durement frappé le pays le 12 janvier dernier illustrent le processus scientifique : quête et enquête. Leurs résultats montrent surtout, s'il en était besoin, que notre connaissance de la menace sismique en Haïti reste rudimentaire. La science nécessaire pour aller de l'avant sera aussi au service du développement du pays. Haïti: Au lendemain du 12 janvier, tout accusait la faille de la Presqu'Ile du Sud (dénommée faille d'Enriquillo dans la littérature nord-américaine). La première information disponible : l'épicentre du séisme situé sur la faille, pointait le coupable du doigt. La faille de la Presqu'Ile du Sud, un des deux « parrains » de la menace sismique en Haïti (avec son alter ego du nord, la faille Septentrionale) était prise « la main dans le sac », en quelque sorte. D'ailleurs la liste des suspects était courte : les recherches géologiques en Haïti s'étant arrêtées à la fin des années 80, la faille de la Presqu'Ile du Sud, figurait seule sur la liste des géo-délinquants dans le sud du pays.
Une enquête fut néanmoins diligentée tout de suite après le séisme afin de recueillir les indices et preuves de ce qui s'était passé - où, quand, comment, pourquoi ? Elle a été menée par plusieurs équipes internationales et coordonnée en Haïti par le Bureau des Mines et de l'Energie et la Faculté des Sciences de l'Université d'Etat. L'enquête est en voie d'aboutir : un nouveau coupable émerge des observations et données recueillies par les scientifiques. Il s'agit d'une petite faille, jusqu'alors inconnue, proche de la faille de la Presqu'Ile du Sud. Le coupable n'est donc pas « le parrain », mais un de ses lieutenants...
Rien de bien surprenant pour les scientifiques qui savent que la géologie d'Haïti reste très mal connue, les recherches s'y étant arrêtées il y a plus de 20 ans. En particulier, on sait peu de choses des failles sismiques qui parcourent le pays et de leur niveau de menace. Bien sûr, les deux failles majeures, Presqu'Ile du Sud et Septentrionale, sont connues car leur trace est évidente dans la géologie et les paysages. Mais, comme toutes les failles importantes, elles sont accompagnées de petites failles annexes. Cela est courant : la célèbre faille de San Andreas, en Californie, est encadrée de dizaines de petites failles. Des investigations scientifiques ciblées ont permis d'en identifier certaines. Pour d'autres, il a aussi fallu un séisme pour que leur discrète présence se révèle.
L'existence de failles annexes autour de la faille de la Presqu'Ile du Sud n'est d'ailleurs pas une découverte. Les travaux de recherche des Nations unies au début des années 70 et de plusieurs scientifiques haïtiens au milieu des années 1980 en ont déjà décrit certaines, en particulier en mer de part et d'autre de la presqu'ile. Rien d'étonnant donc si, lorsque l'on y regarde de plus près - à la lumière d'un séisme par exemple - on en découvre encore de nouvelles. Une surprise relative donc, qu'il a fallu vérifier - « nous avons d'abord cru que nos calculs étaient erronés » avons-nous déclaré aux médias (phrase malheureusement mal traduite par le Nouvelliste dans son édition du 11 août). Ils ne l'étaient pas - la faille responsable du séisme est bien distincte du « parrain » de la Presqu'Ile du Sud.
La découverte d'une faille qui était inconnue avant le 12 janvier n'a donc rien de révolutionnaire. Elle ne change pas l'estimation du niveau de menace sismique, qui reste à peu de chose près ce qu'il était avant le 12 janvier. La faille de la Presqu'Ile du Sud reste de fait une menace significative, comme elle l'était avant le 12 janvier. Là encore, rien de nouveau - et surtout aucune information quant au danger immédiat, qui reste insondable aux méthodes scientifiques. Ce nouveau résultat rappelle cependant que notre connaissance de la géologie d'Haïti, en particulier des facteurs qui déterminent la menace sismique, est plus que rudimentaire. L'identification des failles n'en est d'ailleurs qu'un des aspects. Il manque aussi un inventaire de la capacité du sous-sol à amplifier les vibrations sismiques, donnée fondamentale pour la planification du futur Port-au-Prince et des autres agglomérations qui avoisinent des failles sismiques.
Plus généralement, ce résultat nous rappelle que la menace sismique doit faire partie intégrante des politiques de reconstruction et de développement - comment construire, dimensionner, planifier, si l'ennemi est inconnu ? Il y a urgence à identifier et quantifier cette menace en Haïti, la seule parmi les risques naturels majeurs qui ne donne pas de signe avant-coureur permettant de déclencher une alerte. Il s'agit bien sûr d'un travail de fond, de longue haleine. Mais il est d'ores et déjà possible d'informer les politiques pour assurer que cette menace soit incluse dans les décisions de la reconstruction, tous secteurs confondus. Ne gaspillons pas cette occasion de bâtir une Haïti meilleure.
Ces recherches ont par ailleurs une fonction au-delà des aspects purement techniques de l'identification de la menace sismique. Menées grâce à l'assistance de partenaires internationaux, elles offrent une opportunité sans précédent de développer les capacités des institutions haïtiennes concernées en les impliquant au coeur des travaux de recherche, en formant leurs cadres et, au-delà, en puisant dans le vivier des étudiants des universités pour former une nouvelle génération de scientifiques dans le pays. La mise en place d'une capacité scientifique en Haïti est le garant d'une motivation et d'une capacité durables et internes au pays, pour analyser et comprendre les risques naturels. La science au service du développement.
Eric Calais, Université de Purdue (USA), et UNDP Haïti
Claude Prépetit, Bureau des Mines et de l'Energie, Haïti
Roberte Momplaisir, Faculté des Sciences, Université d'Etat d'Haïti
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=82554&PubDate=2010-08-17

vendredi 30 juillet 2010

Haïti : toujours un champ de ruines.

Colères et désespoir.

Il y a 7 mois, la Terre tremblait en Haïti. Depuis les grandes envolées humanitaires du lendemain, on n’en cause plus beaucoup. Restent et dominent colères, frustrations, désespoirs dans les quelques 1300 campements où ont été obligés de se réfugier plus d’un million et demi de personnes.
Dans le Monde, on souligne que « les plus démunis y côtoient les sinistrés de la classe moyenne, enseignants, avocats et étudiants qui ont tout perdu, les plongeant brutalement dans la misère et la promiscuité des camps ».
Quelques chiffres.
1. L’Etat haïtien a perdu 20% de ses cadres et 70% de ses infrastructures.
2. Sur les 22000 écoles que comptent le pays, près de 5000 ont été frappées par le séisme. 80% ont été très endommagées ou détruites. Seulement 40% ont été déblayées.
3. Mortalité infantile : Cuba : 5,82; France : 3,33; Haïti : 59,69%, Espérance de vie à la naissance : Cuba : 77, 4 ans; France: 81 ans ; Haïti : 60, 78 ans. Chiffres relevés sur l’article complet de emcee.
4. « Il faudra compter de sept à dix ans pour se relever complètement de cette crise » déclare un représentant de la Croix-rouge.
5. Le tremblement de terre a tué quelque 16.000 fonctionnaires civils et détruit un nombre incalculable de titres de propriété et des dossiers du registre foncier.
6. L’ Unicef estime que « le séisme a décimé l’infrastructure déjà faible du système de santé et placé un lourd fardeau dans un pays qui n’avait déjà que quatre médecins pour 10 000 habitants ».
7. Haïti compte moins de dix psychiatres.
8. Il n’y a que 300 camions disponibles alors qu’il en faudrait au moins 1000 : « Sept mois après le séisme, Haïti reste un champ de ruines ».
http://www.lepost.fr/article/2010/07/29/2167658_haiti-toujours-un-champ-de-ruines.html

dimanche 27 juin 2010

Le PAM est déjà venu en aide à plus d'un millions d'haïtiens

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé au cours d'un bilan, que cinq mois après le tremblement de terre du 12 janvie, qu'il il a déjà fourni une aide alimentaire à 1,3 million d'Haïtiens. Selon Alejandro Chicheri, "Plus de 1,3 million de personnes bénéficient des différents programmes mis en place en Haïti par l'agence onusienne, dans les zones touchées par le séisme à Port-au-Prince et dans les provinces.
Il a fait remarquer que durant la phase d'urgence, deux millions d'Haïtiens avaient reçu une assistance alimentaire du PAM.
Monsieur Chicheri, affirme que la situation des plus vulnérables est en train de s'améliorer toutefois il dit qu'il reconnait que la situation reste difficile pour certains haïtiens.
Par ailleurs il a précisé que plus 30 mille haïtiens sont actuellement embauchés dans le cadre du nouveau programme baptisé « Cash and food For work, », mis en place par le programme alimentaire mondial.
Intervenant à la traditionnelle conférence de presse hebdomadaire de la Minustah, Monsieur Chichero a indiqué que l'objectif du PAM est d'arriver à 70 mille emplois dans le second semestre de 2010.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17894

mercredi 23 juin 2010

Haïti, cinq mois plus tard: «Je suis toujours sous les décombres»

Publié le 21 juin 2010

(Québec) Cinq mois plus tard, des milliers de kilomètres plus loin et malgré le miracle d'être en vie, Nicolas Mazellier reste prisonnier des décombres de l'hôtel Montana.
En janvier dernier, à peine débarqué en Haïti, cet ex-conseiller de Mario Dumont, administrateur invité à l'ENAP (École nationale d'administration publique), s'est retrouvé coincé pendant 17 heures sous les gravats. Sa chance d'être secouru et de survivre au tremblement de terre meurtrier n'a pourtant rien d'une bénédiction.
«Ça aurait été plus simple de mourir là-bas», confie l'homme de 38 ans, Français d'origine et résidant de Stoneham.
Le concentré de violence, de solitude, d'angoisse et d'impuissance encaissé pendant son calvaire laisse des traces difficiles à effacer. Probablement analogues à celles du syndrome de stress post-traumatique chez les militaires.
Nicolas Mazellier ne passe pas cinq minutes sans replonger dans l'effondrement, le chaos, l'horreur. Son manque de sensibilité dans la jambe gauche est aussi là pour lui rafraîchir la mémoire. Il se souvient très précisément du fil des événements.
«Ton cerveau te joue des tours, explique calmement M. Mazellier. Il y a des choses qui me tombent dessus. La terre tremble. Le psychologue m'explique que mon cerveau, la dernière fois, a été pris de court. Et là, il essaie de prévoir tout ce qui peut se passer.»
Au volant, il a souvent l'impression qu'il va avoir un accident lorsqu'il croise un autre véhicule. «L'autre jour, quelque chose m'est tombé dessus à travers le toit ouvrant, raconte-t-il. Il n'y a rien qui est tombé, mais j'ai levé la tête et j'ai senti quelque chose me tomber dessus. Et ça, c'est très déstabilisant.»

Grande solitude
L'incompréhension des proches est aussi difficile à accepter. L'entourage qui s'interroge sur son incapacité à se réjouir d'être vivant. «Ma femme, mon fils, ma mère, mes proches me voient me lever, manger, m'habiller, me mettre à faire du sport, donc tout va bien, énumère M. Mazellier. En définitive, ça ne va pas bien. Je suis encore sous les décombres. C'est un grand moment de solitude qui se continue.»
Reste qu'il est sur la bonne pente. Il a repris le travail pour «briser l'isolement». La seule médication dont il a besoin est un somnifère qui l'assomme pendant six heures. «Une nuit, je ne l'ai pas pris, relate-t-il. Ç'a été l'horreur. Je n'ai pas dormi. Je sais que mes nuits sont habitées, mais au moins, je ne m'en souviens pas.»
Les questionnements continuent à exercer leur torture. «Pourquoi moi?» se répète-t-il en boucle sans trouver de réponse. Sa voix se noue d'émotion au souvenir des «deux Anne», Labelle et Chabot, des collègues qui n'ont pas survécu à l'écroulement de l'hôtel Montana.
Un peu comme un exutoire, et aussi pour expliquer ses états d'âme à sa famille, Nicolas Mazellier a couché sur papier son expérience. Il en naît un livre, publié aux éditions Anne Sigier, intitulé simplement Pourquoi? Au coeur des ruines de l'hôtel Montana. L'ouvrage, qui fait une bonne place aux réflexions religieuses et spirituelles de M. Mazellier en lien avec l'événement, est lancé ce soir à l'ENAP, à 17h. Il sera aussi publié en France.
Si, d'aventure, le bouquin devait être profitable, M. Mazellier compte utiliser les sommes pour un projet en Haïti qui reste à définir. Parce qu'il veut y retourner. Son employeur a déjà soumis quelques dates pour un projet auquel il tient à participer à la fin de l'été ou à l'automne.
«Je suis tout le temps sur les collines du Montana, dit-il. Ils pensaient nous sauver quand ils nous ont mis le C-17 pour nous renvoyer à la maison. Mais je ne suis jamais parti de là-bas.»
http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/dossiers/seisme-en-haiti/201006/20/01-4291840-haiti-cinq-mois-plus-tard-je-suis-toujours-sous-les-decombres.php

mercredi 16 juin 2010

Haïti-Séisme : Des sinistrés abandonnés à la fureur des éléments ?

Mardi 15 juin 2010.- Par Karenine Francesca Théosmy P-au-P, 15 juin 2010 [AlterPresse] --- Les sinistrés du séisme ont le sentiment d’être abandonnés à la furie des éléments alors que la saison des pluies bat son plein depuis plusieurs semaines et que la saison cyclonique a déjà débuté, confient-ils à AlterPresse.
Sous une pluie battante les enfants nus dansent donnant l’illusion que la pluie est une manne du ciel. Mais autour d’eux les adultes courent dans tous les sens essayant de trouver un abri où d’aller conserver un peu d’eau sous les tentes et les bâches qui leur servent de demeures.
Cette situation est celle observée un jour de pluie à la place St-Pierre à Pétionville (périphérie est), l’un des grands sites d’hébergement spontanés érigés au lendemain du 12 janvier.
« Je suis née à Pétionville, j’y habite également. C’est ici que je réalise toutes mes activités, c’est ici que mes enfants sont nés : je n’ai aucun autre endroit où aller. Depuis la catastrophe je dors dans la rue avec mes deux enfants et personne jusqu’à date ne nous est jamais venue en aide », explique Dieulène, une jeune mère de 18 ans.
Le cas de cette jeune mère est semblable à celui d’un million de personnes qui vivent dans des sites comme celui de la Place St-Pierre et qui pour la plupart dépendent de l’assistance internationale.
« Après le passage d’une catastrophe naturelle (…) chaque individu doit être pris en charge par le gouvernement. Mais comme vous le savez, l’Etat haïtien ne prend pas ses responsabilités. C’est pourquoi la population Petionvilloise est confrontée à pas mal de problèmes. Or nous voici en juin et il pleut presque chaque après-midi », signale un déplacé.
L’une des inquiétudes liées à la pluie est le risque d’insécurité alimentaire. Le programme alimentaire mondial (Pam) a d’ailleurs pour cela pré-positionné 2 millions de rations alimentaires en des points stratégiques du territoire national.
Mais le risque d’inondation est encore plus alarmant quand on sait que certains sites sont inondables et que ni les tentes, ni les bâches en plastique ne résisteront aux vents des cyclones que l’on prévoit cette année.
« Quand il pleut ma famille et moi sommes obligés de dormir au beau milieu de la boue. IL est bruit qu’on va nous déplacer, qu’on va nous donner une tente. Mais nous n’avons plus d’espace, nous n’avons pas de terrain, nous ne savons pas où nous mettrons cette tente », rapporte un homme.
Le déplacement vers des sites situés hors de la capitale, l’une des solutions de relogement du gouvernement quoique controversée, demeure un processus qui suit son chemin.
Une autre solution est la construction d’habitats transitionnels dans la communauté des victimes. Par exemple, dans plusieurs quartiers de la commune de Carrefour, l’Adra (Adventiste developpement and relief agency) s’apprête à construire 5 000 de ces habitats.
Cette initiative rejoint le vœu de Dieulène qui rêve de vider les lieux. « Je pense que si on me donne des tôles et des planches je pourrai quitter la place St-Pierre. Ma maison à morne Hercule a été détruite je n’ai plus de toit. Si on me donne des tôles et des planches, je chercherais où les installer pour habiter avec les enfants », dit-elle.
Le gouvernement a fait savoir en plusieurs occasions qu’il ne pourra pas reloger tout le monde. A Port-au-Prince notamment, seul 40% des maisons sont sûres.[kft gp apr 14/06/2010 13:00]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article9605

vendredi 14 mai 2010

1.7 millions d'haïtiens vivent actuellement sous des tentes selon l'OCHA

Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination de l'aide humanitaire (l'OCHA) a révélé que le nombre de personnes sous des tentes est de loin supérieur à la quantité de sinistrés recensés après la catastrophe du 12 janvier. 1.7 millions de personnes vivent actuellement sous des tentes, ce qui dépasse largement les 1.5 millions de sans-abri recensés après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier, a indiqué la porte parole de l'OCHA, France Hurtubise.
Madame Hurtubise a souligné la volonté des Nations Unies de poursuivre avec le processus de relocalisation des milliers de sinistrés dans des nouveaux centres d'hébergement déjà disponibles.

L'OCHA a fait remarquer que plus 235.000 personnes ont été relogées dans plusieurs camps, repartis un peu partout au niveau de la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Par ailleurs, l'organisation annonce que plus de 60 mille tentes ont été distribuées à plus d'un million de sinistrés à travers le pays.

Le Bureau des Nations Unies pour la Coordination de l'aide Humanitaire s'engage à s'impliquer d'avantage dans le processus de reconstruction du pays.

EJ/Radio Métropole
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17721

mercredi 5 mai 2010

Les Port-au-Princiens vivent dans l'angoisse à cause des répliques

Les secousses telluriques sont devenues le premier sujet de conversation des résidents de la Capitale depuis la forte réplique du lundi 3 mai. Plusieurs immeubles de la région métropolitaine ont tangué lors de cette réplique de magnitude 4.4. Toutefois les medias n'ont pas fait état de dommages ni de pertes en vies humaines. Entre faux sourires et inquiétudes, les résidents de Port-au-Prince expriment leurs craintes en raison de la persistance des répliques.
De nombreux citoyens ont cédé à la panique en se précipitant dans n'importe quelle direction pour chercher refuge lors de la secousse de lundi.

Une petite réplique a provoqué hier une bousculade au lycée Firmin au centre ville de Port-au-Prince. 4 élèves ont été blessés au moment où les élèves se précipitaient vers la sortie. Le directeur départemental du Ministère de l'éducation, Yvalan Esperance, qui s'est rendu sur place a estimé nécessaire la poursuite du programme d'appui psychosocial.

Les élèves à l'instar de nombreux résidents de la capitale avouent qu'ils sont apeurés et n'arrivent pas à s'habituer à la situation.

De nombreux commerçants avaient cru à une fin des répliques enregistrées sur la faille de la presqu'ile du sud. Les deux secousses de magnitude 4.0 et 4.4 du lundi 3 mai ont mis un terne à une période d'accalmie de plus de trois semaines.

LLM / Radio Métropole Haïti

mardi 4 mai 2010

Deux nouvelles répliques ressenties à Port-au-Prince

Une nouvelle réplique de moyenne intensité a été ressentie lundi à Port –au-prince. Selon L'Institut géophysique américain (USGS) Cette secousse de magnitude 4.4, s'est produite vers 2h 21 PM à 40 kilomètres à l'Ouest de la Capitale haïtienne. Mais certains résidents de la région métropolitaine de Port-au-Prince ont également ressenti une autre réplique quelques heures plus tôt, dont la magnitude n'a pas révélée par USGS.
Les répliques provoquent un climat de peur chez les haïtiens. A chacune de ces secousses, les gens se précipitent dans les rues craignant un nouveau séisme.
Les Responsable du Bureau Des Mines, avaient récemment appelé à la vigilance, expliquant que les répliques peuvent détruire certains bâtiments déjà endommagés précédemment.
Depuis quelque temps ces secousses résiduelles avaient quasiment cessées. Toutefois, selon les experts, la poursuite des répliques à la suite d'un tremblement de terre de forte magnitude, est un phénomène normal.
EJ/Radio Métropole Haïti
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=17668

lundi 19 avril 2010

Haïti-Reportage: « Regarde où je vis»

Les averses quasi-quotidiennes, le manque d'un abri sûr et sécuritaire, l'éventualité d'expulsions arbitraires de terrains affermés et les difficultés d'accès à l'éducation pour leurs enfants, sont autant de préoccupations des déplacés du camp KID (Le « camp Kid » compte environ 400 familles totalisant près de 2000 personnes), situé à l'entrée de la rue Christ-Roi. Lors d'une visite d'une équipe du GARR le 14 avril, des occupants-tes ont fait part de leurs inquiétudes et attentes. 

«Regarde ou je vis» 
«Il n'y a de l'espace que pour mon lit. J'ai avec moi mon petit-fils, orphelin. On nous a sauvés sous les décombres. Maintenant, il a peur de la pluie. Quand il fait mauvais temps, il pleure et me demande si nous allons mourir», a confié Jeanne, une sexagénaire en montrant du doigt sa maisonnette envahie par la boue. «Si l'Etat entamait le déblaiement de ma maison et démolissait les maisons endommagées alentour, je pourrais retourner chez moi», a-t-elle ajouté. 
De même que Jeanne, une autre résidente a exprimé son souhait de laisser le camp, mais sa maison a été détruite et elle n'est plus en mesure de la faire reconstruire, a-t-elle expliqué. «Si L'Etat pouvait me prêter un peu d'argent pour reconstruire ma maison et entamer une activité commerciale avec des conditions raisonnables de remboursement, je m'efforcerais de remettre l'argent et de reprendre une vie normale», a-t-elle affirmé. 
Par ailleurs, dans un autre secteur du camp, un groupe discutait vivement de cas de saisie arbitraire de terrains affermés dans la zone de Christ-Roi. Sans avertissement, sans tenir compte du délai d'expiration du contrat d'affermage, «des propriétaires s'arrogent le droit de s'installer sur des propriétés qu'ils avaient affermées», a critiqué le groupe. «Le terrain où j'habitais avant le tremblement de terre, je l'occupe depuis 35 ans ; c'est un terrain que j‘ai affermé pour un montant de 250 gourdes. Comment un quelconque propriétaire peut-il venir et saisir ces terres», s'est demandé un sexagénaire devant son étalage de clairin. 
D'un autre côté, des parents ont affirmé qu'ils ne sont pas en mesure d'envoyer leurs enfants à l'école alors que les activités scolaires ont repris depuis 2 semaines à Port-au-Prince. «Je vendais au marché «anba». J'ai perdu toutes mes marchandises. Je n'ai aucun moyen d'envoyer mes enfants à l'école», s'est lamentée une mère de famille. «Et les enfants qui sont devenus orphelins après le séisme, que vont-ils devenir ? Que prévoit l'Etat haïtien pour leur éducation ?», s'est-elle questionnée. 
Quant au processus de déplacement des sans-abri entamé par le gouvernement haïtien, il suscite de grandes inquiétudes chez des occupants-tes du «camp KID» qui craignent un délogement forcé du jour au lendemain. Ils ont fait savoir qu'ils ne souhaitent nullement se rendre à Corail (premier camp de relocalisation des sans-abri), un endroit qu'ils qualifient d'«isolé». 
Haïti: Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés GAAR /N/ Radio Métropole Haïti

mardi 13 avril 2010

Haïti: réunion après la pénurie d'essence

AFP.- 12/04/2010 Mise à jour : 21:12 Réagir
Le gouvernement haïtien a convoqué une réunion d'urgence lundi afin de résoudre une grave pénurie d'essence qui affecte le pays caribéen, et qui pourrait durer jusqu'au 26 avril, a-t-on appris de source diplomatique occidentale.
Face à la baisse des stocks de pétrole du pays le plus pauvre des Amériques, à genoux depuis le séisme du 12 janvier, les autorités ont décidé de rationner l'essence à 1.000 gourdes (environ 30 litres) par plein, a indiqué cette source à l'AFP.
Certaines stations de Port-au-Prince étaient déjà lundi midi à court de carburant, tandis que d'autres distribuaient encore du diesel et de l'essence.
"La pénurie est temporaire", a assuré un pompiste d'une station Texaco, où les gens se bousculaient pour faire le plein, certains apportant des bidons dans des brouettes.
http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2010/04/12/97002-20100412FILWWW00675-haiti-reunion-apres-la-penurie-d-essence.php

lundi 12 avril 2010

Le déplacement forcé de sinistrés provoque la colère

Publié le 11 avril 2010 à 19h26

Agence France-Presse
Port-au-Prince
L'Organisation française Action contre la faim a critiqué à Port-au-Prince le déplacement forcé et non préparé de milliers de sinistrés qui occupaient un stade de football au coeur de la capitale d'Haïti depuis le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 1,3 million de sans-abri.
Les autorités haïtiennes ont évacué avec l'assistance des forces de l'ordre, 7 335 personnes qui avaient dressé leurs tentes de fortune dans les gradins et sur le gazon synthétique de l'unique stade haïtien de football, en vue de permettre la reprise des activités suspendues il y a trois mois.
«Nous sommes choqués de la manière que cela se passe. Il n'y a pas de planification. Il n'y a aucune solution offerte aux gens qui vivaient dans ce stade, contrairement à d'autres», a déclaré à Port-au-Prince Lucille Grosjean porte-parole d'Action contre la faim.
Samedi, près de 8 000 personnes, sur environ 50 000, qui vivaient sur un terrain de golf ont été accompagnées dans un nouveau centre à 20 km au nord de la capitale avec l'assistance de l'ONU et des militaires américains sur place.
Plusieurs centaines de sinistrés du golf, volontaires au départ, devraient continuer à rejoindre le site, et ainsi de suite pendant dix jours, dit le commandant brésilien Yvon Werneck, qui travaille sur ce projet depuis un mois.
«Il y a un deux poids deux mesures dans cette affaire», a poursuivi Lucille Grosjean. Elle a estimé que des Haïtiens «expulsés» des espaces qu'ils occupaient allaient se réinstaller dans des endroits où ils sont encore plus exposés.
Au moins sept sites qui hébergent des sans-abri sont considérés à hauts risques par l'ONU, la saison pluvieuse susceptible de provoquer inondations et glissements de terrain ayant commencé en Haïti, mettant en danger la vie de plusieurs milliers de personnes qui vivent sous des tentes.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/seisme-en-haiti/201004/11/01-4269365-le-deplacement-force-de-sinistres-provoque-la-colere.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_B12_en-manchette_278_section_POS1

Le magasinage des camps

(Port-au-Prince) Hier matin, en bas de la longue côte de la rue de Bourdon, une opération de distribution de vivres dans un camp avait provoqué un bouchon dans lequel nous nous trouvions coincés depuis de longues minutes. J'ai distraitement regardé à droite, en arpentant l'escarpement du regard, et j'ai vu cette maison aplatie, dans laquelle on voit encore distinctement la tête d'un lit, l'oreiller et quelques meubles. J'ai surtout constaté avec un léger froid dans le dos que cette ruine de béton était suspendue au-dessus de nous, surplombant la route.
J'ai promptement suggéré à mon jeune chauffeur, qui était dans la lune, d'avancer pour rejoindre le bouchon, quelques mètres plus bas...

Avec les répliques fréquentes (dont une bonne dans la nuit de mercredi à jeudi), cette maison va finir, comme bien d'autres, par s'écraser dans la rue.

J'avais remarqué cette maison, déjà, à mon premier passage ici, il y a un peu plus de deux mois. Comme j'avais remarqué avec une certaine inquiétude cet immeuble en hauteur fissuré du solage au toit à côté du Royal Supermarket où je fais mes courses. Même constat dans Canapé-Vert, dans Delmas, au centre-ville: les mêmes ruines, le même paysage de fin du mond

Jeudi soir, deux pelles mécaniques se sont approchées du Palais national et ont même commencé la démolition, avant toutefois de reculer de quelques mètres, la pelle basse, comme par pudeur.
En apparence, rien n'a vraiment changé à Port-au-Prince depuis janvier. Il est évident qu'une ville aussi pauvre, aussi mal construite sur un échafaudage de paliers instables ne peut se relever en si peu de temps.
Mais il est faux de dire que la ville n'a pas changé. Elle a changé. Pour le pire, si une telle chose est possible.
Vrai, il n'y a plus de morts dans les rues, plus d'odeur de cadavres en décomposition non plus, seulement des squelettes parfois déterrés et rongés par les chiens.
Vrai, les commerces qui le pouvaient ont rouvert et la foule dense entre les étals rend la circulation difficile pour les automobilistes et périlleuse pour les piétons.
Il y a bien ici et là de ces escouades de jeunes portant des t-shirts jaunes ou vert fluo payés cinq dollars par jour pour nettoyer la ville. Ils ne peuvent toutefois pas grand-chose avec un balai et une pelle.
Le VRAI problème n'est pas dans les ruines et dans les tas de détritus. Il est dans les camps de réfugiés, qui se sont multipliés au cours des dernières semaines. On en trouve partout, dans chaque parcelle disponible, même sur les terre-pleins en ciment au milieu des grands boulevards, comme dans la rue du Ray, à Carrefour. Des familles entières entassées dans des abris de fortune, au milieu (littéralement) du trafic, respirant les gaz d'échappement des moteurs diesel pourris.
Les camps sont surtout devenus «permanents», avec non seulement des tentes et des bâches, mais aussi des toits de tôle, des murs, des blocs de béton et même... des portes, autant de matériaux récupérés dans les ruines avoisinantes.
C'est sans compter tous les gens qui campent sur leur terrain, à côté de leur maison détruite ou fissurée.
Près de trois mois après le séisme, le problème des réfugiés reste entier. Et aussi absurde que cela puisse paraître, des centaines de milliers de gens ont, en fait, vu leur sort s'améliorer passablement depuis qu'ils vivent dans des camps.
Des gens qui vivaient déjà dans la rue ou dans des bidonvilles trouvent maintenant de la nourriture, de l'eau, parfois des médecins et des services. En plus de créer toutes sortes d'occasions de petit commerce (et de petite criminalité, évidemment).
Ce «magasinage» de camps cause un sérieux casse-tête aux autorités.
«Ça bouge beaucoup d'un camp à l'autre. Les gens entendent dire qu'il y a plus de bouffe à certains endroits ou que c'est mieux comme endroit. Alors, il garde quelqu'un dans la tente et vont trouver un autre emplacement dans un autre camp, m'a expliqué le premier ministre Jean-Max Bellerive cette semaine.
«En plus, les gens pensent qu'ils auront une maison gratuite donnée par l'État s'ils sont enregistrés dans un camp», ajoute-t-il.
Le séisme a fait environ 600 000 sans-abri, ils sont plus de 1,5 million dans les camps de la capitale. Faites le calcul, il y a quelque chose qui cloche.
Autre phénomène aggravant, les habitants de Port-au-Prince qui avaient quitté la capitale dans les jours suivant le tremblement de terre sont revenus. En plus des autres qui quittent leur village dévasté et abandonné par les autorités et peu desservies par les ONG.
«Après l'exode des premiers jours, on en récupère et d'autres viennent s'ajouter parce que c'est là qu'il y a de la bouffe», constate le premier ministre.
Pour citer les sages paroles de Jean-Pierre Taschereau, coordonnateur de la Croix-Rouge internationale: «Les enjeux pré-tremblement de terre ont rattrapé l'action humanitaire.»
La priorité absolue du gouvernement, c'est de déplacer les réfugiés de six camps jugés à «haut risque» à cause de la saison des pluies.
Hier, les autorités ont évacué 8000 personnes entassées dans un camp au club de golf de Pétionville vers unmégacamp situé à 20 km au nord de la capitale. L'endroit a été joliment baptisé «Corail» et peut accueillir 250 000 personnes!
Mais comment s'assurer qu'elles ne reviendront pas? Et comment forcer la main de tous ceux qui ne voudront pas quitter Port-au-Prince?

Une loi d'urgence adoptée jeudi donne au gouvernement tous les pouvoirs pour ce faire, mais les lois en Haïti, vous savez...

«Pour le moment, la population est étrangement calme», m'a dit le premier ministre.

Pour le moment.

Pour joindre notre chroniqueur: vincent.marissal@lapresse.ca

http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/vincent-marissal/201004/10/01-4269144-le-magasinage-des-camps.php