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lundi 19 octobre 2009

Haïti : quand adoption rime avec transaction

(Syfia / Haïti). Haïti est un des principaux « fournisseurs » d'enfants adoptables. Une filière quasi commerciale s'y est installée, basée sur la loi du marché plus que sur une logique d'aide à l'enfance. Beaucoup d'enfants adoptés ont encore leurs parents…
Sur le tarmac surchauffé de l'aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince, pas un jour ne passe sans qu'un enfant d'Haïti n'embarque sur un vol international, accompagné de ses parents adoptifs ou d'un représentant d'un organisme d'adoption. Beaucoup partent vers l'Europe : Haïti est en effet devenu un gros «fournisseur » d'enfants adoptables : le premier pour la France, un des principaux pour la Belgique et la Suisse. Plus de 400 petits Haïtiens sont adoptés chaque année en France et une cinquantaine en Belgique. Dans ce pays, leur nombre est en baisse, « notamment à la suite d'une campagne qui dénonçait les mauvaises pratiques d'adoption en Haïti », explique Gerrit De Sloover, le vice-consul honoraire de Belgique en Haïti, consultant sur les questions liées à l'adoption internationale.
De 300 à 400 dans les années 1990, le nombre de dossiers d'adoption internationale d'enfants haïtiens déposés par an à Port-au-Prince, à l'Institut du bien-être social et de la recherche (IBESR) est aujourd'hui compris entre 1 000 et 1 500. Exactement 1 367 pour la période d'octobre 2007 à octobre 2008. Cette augmentation résulte du fait qu'Haïti est un des rares pays à n'avoir pas encore ratifié la Convention de La Haye de 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale, qui fixe un cadre éthique clair et pose comme principe qu'un enfant n'est adoptable que lorsque aucune famille ne peut l'accueillir dans le pays même.

Business


Souvent portée par un vrai désir d'enfant du côté des parents, l'adoption internationale apparaît sur le terrain comme un véritable business. En 2005, la procédure pouvait coûter aux adoptants entre 5 000 et 6 500 $ US en moyenne, selon l'Unicef, y compris les frais d'avocats engagés par les crèches et ceux de procédure. Aujourd'hui, on approche des 10000 $ US. L'offre a toujours existé du côté haïtien, témoigne Geerit De Sloover, mais la demande a augmenté récemment. Les maisons d'enfants ont dès lors pullulé dans le pays. En 2008, 66 crèches étaient accréditées par l'IBESR (contre 47 en 2005), dont une majorité à Port-au-Prince. Mais leur contrôle par l'Institut est problématique, compte tenu du manque de moyens de l'institution et du manque de volonté de sa part. Aux dires du directeur adjoint de l'IBESR lui-même, M. Casseus, les crèches seraient beaucoup plus nombreuses que celles accréditées par l'Institut, « près de deux cents», lâche-t-il, sans en avoir l'air très certain.
Selon l'Unicef, « l'adoption internationale via des organisations privées qui n'ont pas reçu l'autorisation est malheureusement possible ». « Je connais des cas où des crèches non reconnues sous-traitent à des crèches accréditées», affirme Gerrit De Sloover. Car « parfois, certains n'ont pas assez d'enfants 'en stock', explique X. V., directrice depuis dix ans d'une crèche à Port-au-Prince. Ils vont donc en chercher ailleurs » pour répondre aux désirs des parents adoptifs. « J'ai reçu nombre de courriels de parents, toujours les mêmes : ''nous avons l'autorisation d'adopter, nous cherchons un enfant, une fille'' », poursuit-elle.


Contrôle de pure forme

Les petits qui présentent des «défauts » ne sont guère prisés : les plus âgés et les malades ont peu de chance d'être adoptés et certaines crèches tournées exclusivement vers l'adoption internationale ne les acceptent pas. De plus, la majorité des enfants adoptés en Haïti ont toujours des parents en vie, soit les deux, soit l'un d'eux, une tante, une grand-mère... à qui ils sont littéralement « achetés » pour être confiés aux adoptants. « Il semblerait que certaines crèches donnent de l'argent à la famille », reconnaît M. Casseus. Le plus fréquent est que des gens liés à la crèche recherchent activement des mères pauvres et leur proposent de mettre leurs petits en adoption. « Une fois les papiers signés, on va leur expliquer ce qu'est l'adoption. Ce n'est pas illégal, mais illégitime et abusif », explique Gerrit De Sloover, qui estime cependant que ces cas seraient moins nombreux qu'en Inde.
Parfois, l'initiative vient des parents. On a beaucoup parlé de vente d'enfants en Haïti. Le cas d'une maman ayant vendu les deux siens pour 500 gourdes (10 €) a fait du bruit. « Les parents, dans l'incapacité de s'occuper de leurs enfants, viennent les placer », explique X. V. L'absence de sécurité sociale, de garantie pour les vieux jours, le haut taux de mortalité infantile poussent les parents à avoir beaucoup d'enfants dans l'espoir que quelques-uns s'occuperont d'eux plus tard. Pour le directeur adjoint de l'IBESR, de nombreux parents sont conscients de ce qu'ils font lorsqu'ils placent leur enfant dans une crèche, et se bercent d'illusions en se disant qu'un jour celui-ci les fera voyager... La législation haïtienne, en effet, ne reconnaît pas l'adoption dite plénière qui implique une rupture des liens de filiation avec les parents biologiques. Elle entre ainsi en contradiction avec nombre de législations étrangères. Au moment de donner leur consentement, beaucoup de parents ne sont pas bien informés, et de plus, une majorité signent des documents qu'ils ne savent pas lire (Voir encadré « On a signé pour 18 ans »).


Limiter l'adoption individuelle…

Selon la législation haïtienne actuelle, l'IBESR n'a pas l'obligation de vérifier la véracité du consentement des familles avant qu'une décision d'adoption ne soit prise en justice. Seule la présence dans les dossiers des documents administratifs et judiciaires est vérifiée, ce qui vaut également pour les consulats qui interviennent avant le départ. «C'est un travail purement administratif à la fin du processus », rappelle Gerrit de Sloover. « Durant des années, les critères n'ont pas été appliqués. Aujourd'hui, la procédure est assez lente, car ils ont tendance à l'être plus strictement. On a commencé à demander plus de papiers pour l'adoption, ce qui a avant tout été source de plus de corruption », déclare X. V. De six mois à un an auparavant, le délai peut aujourd'hui atteindre deux ans et demi. « Une part importante est laissée à l'interprétation personnelle des juges et fonctionnaires dans la gestion des cas, explique Gerrit De Sloover. Le concept de 'faciliter le dossier' est assez élastique. » X. V. soupire : « Les crèches subissent tellement de pressions... Si vous ne payez pas, le dossier traîne des mois et des mois, et les parents adoptifs vous reprochent de ne pas être aussi rapide que d'autres crèches. Aucun responsable de crèche ne vous dira évidemment qu'il paie... »
Les ambassades aussi exercent des pressions sur les autorités haïtiennes, non pour augmenter les contrôles, mais pour accélérer les procédures. Un projet de loi correctif a été déposé au Parlement, mais il a peu de chances d'être adopté à court terme. Pourtant, la responsabilité relève aussi des pays adoptants. Certains, comme la France, acceptent les démarches faites individuellement par les futurs parents, qui s'adressent directement à une crèche haïtienne. 90 % des enfants "exportés" d'Haïti vers l'Hexagone suivent cette filière.
Ailleurs, l'adoption individuelle est limitée et les parents sont obligés de passer par des organismes d'adoption agréés (OAA), où la procédure est réputée plus longue. « Mais ce qu'il faut, c'est plus de contrôles sur place », explique une autre directrice de crèche. L'IBESR estime qu'il faut aussi « renforcer la procédure du consentement pour que les parents haïtiens soient bien conscients de ce qu'implique l'acte qu'ils posent ». Mais, paradoxe, le salaire du personnel de l'Institut est payé, pour partie, grâce aux recettes issues des dossiers d'adoption déposés : 5 000 gourdes (100 €) par dossier. Même incomplets ou problématiques, ceux-ci sont acceptés en nombre…
Maude Malengrez


« On a signé pour 18 ans »

Kettelie Wesh vit à Soleil 17, à Port-au-Prince. En 2005, la violence ronge le quartier. Kettelie entend parler de femmes dans le quartier qui ont « placé » leur enfant en crèche pour l'adoption internationale. C'est ainsi qu'elle a rencontré le blan (l'étranger) qu'elle montre sur une photo jaunie avec sa fille, Jenny. Il est pasteur, soutenu par un réseau d'Églises aux États-Unis pour gérer en Haïti une crèche orientée vers l'adoption internationale, mais qui aide aussi un peu les familles à s'occuper de leurs enfants. « Si j'avais pu, j'aurais placé tous mes enfants. » En octobre 2005, elle y amène la plus jeune, Jenny, 4 ans, qui a plus de chances d'être adoptée parce que c'est une fille, encore petite.


 « Le Blanc nous a expliqué que même si l'enfant part, vous restez sa maman. Que vous serez toujours en communication avec lui, même si vous ne pouvez pas le voir et qu'à 18 ans, il reviendrait faire votre connaissance. Il ajoutait que quand les Blancs viendront prendre votre enfant en Haïti, ils auront la courtoisie de venir vous rencontrer et vous expliquer quelle va être la vie de l'enfant. Que vous aurez toujours de ses nouvelles.»
En octobre 2007, Jenny part pour les États-Unis. Kettelie reçoit quelques photos. Mais depuis un an et demi, plus aucune nouvelle. Le pasteur blanc est parti sans qu'elle le sache et son ancien chauffeur transformé à son tour en pasteur a repris les rênes de la crèche. « Quand nous venons demander des nouvelles de nos enfants et que nous faisons un esclandre devant sa porte, il nous envoie la police. J'ai déjà été arrêtée. »
Les enfants adoptés en Haïti ont, pour la plupart, des parents encore en vie, mais qui ne peuvent plus s'en occuper. Ceux-ci signent un consentement à l'adoption, sans souvent avoir conscience de ce que cela implique. « On a signé pour 18 ans, clame Lucienne Ophelia, dont la fille est partie pour l'Allemagne à l'âge de 5 ans. Elle est restée un an dans la crèche. J'allais la voir de temps en temps. J'ai reçu une photo dans les six premiers mois après son départ. Ensuite, plus rien : ni photo, ni nouvelles. Elle va avoir 16 ans. » Lucienne attend son retour, dans deux ans : « Dans mon quartier, tout le monde dit que j'ai vendu mon enfant ». « Nous avons voulu rechercher une vie meilleure pour notre enfant, mais nous n'avions jamais imaginé que nous allions le perdre », témoigne Kettelie.
Et quand, exceptionnellement, des photos arrivent, les crèches changent les enveloppes avant de les remettre aux parents, « pour qu'on ne retrouve pas la trace de l'enfant », souffle d'une voix éteinte Emilio Rafael, père de deux petits adoptés en France en 2001 et dont il est sans nouvelle depuis 2003.
M. M.


jeudi 15 octobre 2009




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mardi 29 juillet 2008

Plan du gouvernement (français) pour relancer les adoptions, en perte de vitesse

Le gouvernement met la dernière main à un plan pour faciliter les adoptions en France, où trop peu d'enfants sont adoptables, et à l'étranger, où les procédures seront revues pour donner plus de chances aux couples français, face à la "concurrence" de pays comme l'Italie.
S'appuyant sur le rapport Colombani remis à l'Elysée en mars, les propositions des secrétaires d'Etat à la Famille, Nadine Morano, et aux Affaires étrangères, Rama Yade, seront présentées au conseil des ministres le 21 août mais les ministres en ont dévoilé à la presse l'essentiel lundi.

Réformé en 2005, le système français de l'adoption marche mal, selon l'ancien patron du Monde, Jean-Marie Colombani, dont les propositions devraient être largement suivies par le gouvernement, notamment la création d'une véritable Autorité centrale chargée de pallier le manque de coordination actuelle.

Dans l'immédiat, est créé un Comité interministériel de l'adoption, animé par Nadine Morano, a-t-elle précisé. Un ambassadeur pour l'adoption internationale, Jean-Paul Moncheau, a par ailleurs été nommé en juin.

Le nombre d'adoptions à l'étranger est tombé à 3.162 en 2007 contre 4.136 en 2005. La baisse a été de 20% entre 2006 et 2007, alors que dans la même période, l'Italie a vu les adoptions augmenter de 9%.

C'est à la fois pour accompagner les familles adoptantes et soutenir des projets d'aide aux orphelinats que Rama Yade a annoncé en présence de l'acteur Gérard Depardieu l'envoi dans les ambassades des pays d'adoption de "Peace Corps", jeunes volontaires français de l'Association française des volontaires du progrès (AFVP).

L'ambassade de Phnom Penh au Cambodge sera la première à accueillir ces volontaires.

Par leur intermédiaire, pourront être financés, sur les crédits de coopération du ministère des affaires étrangères, des projets liés à l'enfance abandonnée, qui pourraient accompagner les demandes d'adoption.

Le rapport Colombani avait en effet noté que les associations françaises se trouvaient en concurrence difficile avec des pays qui ne se privent pas d'accompagner les demandes d'adoption d'aides financières dans le secteur humanitaire.

Lors de la conférence de presse, Gérard Depardieu a expliqué qu'il avait "un peu honte" et qu'il était "choqué" par les célébrités qui obtiennent rapidement l'enfant adoptif souhaité, citant Johnny Halliday et Madonna.

Par ailleurs, jugée trop laxiste et peu uniforme, la procédure d'agrément va être "mieux encadrée", selon Mme Morano. Près de 8.000 agréments sont délivrés chaque année et 30.000 familles françaises en détenaient en 2006.

L'information et la formation des familles vont être rendues obligatoires, et les consultations d'orientation et de conseil à l'adoption (COCA) passeront de 15 dans tout le pays à une par région.

L'adoption nationale va aussi être développée. Concernant les enfants nés sous le secret ou abandonnés, elle est très limitée: 706 enfants adoptés en France en 2007, contre 3.600 en 1995.

En 2006, sur 23.000 enfants placés après décision d'un juge, 219 demandes judiciaires d'abandon ont été prononcées, selon Mme Morano, après déclaration par les services sociaux que l'enfant est "délaissé".

La procédure de déclaration de délaissement sera simplifiée, et les parquets pourront saisir le tribunal d'une demande de déclaration d'abandon.

Mais le sujet est sensible. Certes, lorsque l'abandon est déclaré après des années en familles d'accueil, l'enfant est souvent trop grand pour être adopté. Mais nombre de travailleurs sociaux répugnent à rompre les liens familiaux, et craignent la séparation des fratries lorsque l'un des enfants est adopté.

http://news.fr.msn.com/article.aspx?cp-documentid=9044783#toolbar

mercredi 12 septembre 2007

Des spécialistes réclament une nouvelle loi sur l’adoption

Dans le cadre de ses efforts contre le trafic d’enfants l’Institut du Bien Etre Social et de Recherches (Ibesr) bénéficie de l’appui de Marlene Ophtenter, expert dans la législation sur l’adoption, pour qui l’adoption international en Haïti s’apparente à un commerce.
" Il y a beaucoup d’enfants adoptés internationalement qui ne devrait pas l’être ", soutient-elle précisant qu’il y a une forte demande d’enfants haïtiens. Elle estime que la situation est alarmante en raison des nombreuses failles dans le système.
En raison des cris d’alarme lancés par les ONG en ce qui a trait au trafic d’enfants, l’Institut du Bien Etre Social vient de lancer une campagne d’identification des crèches à travers le pays. " 671 crèches détiennent une autorisation légale de fonctionnement ", indique Edwin Casseus, directeur du service social de l’Ibesr, qui ne se fait pas d’illusions sachant qu’il existe de nombreuses crèches illégales.
Afin de réaliser efficacement la lutte contre le trafic d’enfants, les responsables de l’Ibesr planchent sur l’élaboration d’un projet de loi appelé à remplacer le décret du 4 avril 1974. "
On réclame une nouvelle loi qui permettra de changer les procédures pour justifier une adoption internationale", souligne Mme Ophtenter rappelant que l’adoption doit servir aux intérêts supérieurs de l’enfant. " L’adoption internationale est le dernier recours après l’adoption local, l’accueil par parenté ou le retour ou maintien de l’enfant dans sa famille", explique t-elle.
Cependant les responsables de l’Institut du Bien Etre Social et de recherches indiquent que 90 % des dossiers concernent des adoptions internationales. On assiste à une hausse vertigineuse des demandes d’adoption depuis une quinzaine d’années. " Pour la période septembre 2006 – septembre 2007 nous avions eu 1875 dossiers traités alors que les demandes avoisinaient 6 a 700 au cours de la décennie 1990.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=13029

mercredi 22 août 2007

Adoption et trafic d'enfants en Haïti:

Haiti : Après 2 ans d’enfer dans un orphelinat… Une cinquantaine d’enfants retrouvent leurs familles à Jérémie
mardi 21 août 2007
Jérémie (Haiti), 21 août. 07 [AlterPresse] --- Les responsables locaux du Ministère des affaires sociales à Jérémie (Sud-ouest) ont remis à leurs parents la semaine dernière une cinquantaine d’enfants qui avaient été confiés à des représentants d’un orphelinat à Port-au-Prince dénommé « Souris d’Amour ».
Après deux ans passés dans cette crèche, ces enfants sont pour la plupart méconnaissables. Leur état de santé s’est dégradé.
C’est à la suite de démarches menées conjointement par le Ministère des affaires sociales, l’Organisation internationale de la migration (OIM) et l’Initiative départementale contre la traite et le trafic d’enfants (IDETT) que ces enfants ont pu être retrouvés et remis à leurs parents, a fait savoir le directeur des affaires sociales à Jérémie, Joël Jean Baptiste.
Les parents venus accueillir leurs enfants, tout en se réjouissant d’avoir pu retrouver ces derniers, étaient très attristés par leur état de santé. Ces pères et mères de famille demandent à l’Etat haïtien de les assister. [vs gp apr 21/08/2007 14:40]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6324

samedi 18 août 2007

ADOPTION ET TRAFIC D'ENFANTS EN HAITI

L’OIM dénonce la présence de 100 enfants dans une crèche clandestine

Une semaine après le sauvetage de 47 enfants d'une crèche clandestine en Haïti, une centaine d'autres enfants sont toujours retenus dans l'établissement, aux mains de trafiquants qui les proposent à l'adoption, a indiqué vendredi à Genève ( Suisse) l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les autorités haïtiennes avaient dans un premier temps estimé qu'une quarantaine d'enfants âgés de deux à sept ans étaient encore dans la crèche, mais ont révisé ce chiffre à une centaine, dont des frères et soeurs des enfants qui ont pu être retirés, selon l'OIM. Parmi les 47 enfants qui ont pu être retirés de la crèche la semaine dernière dix sont toujours hospitalisés en raison de leur état de malnutrition et de maladies de peau contagieuses, a indiqué l'OIM.

Les quelque 100 enfants encore retenus ont besoin de soins médicaux d'urgence, mais les ressources financières limitées des services haïtiens compétents ne leur permettent pas d'intervenir, selon l'OIM qui lance un appel à des dons.

Un groupe de 47 enfants haïtiens âgés de deux à sept ans ont été rendus le 8 août dernier mercredi à leurs parents qui les avaient confiés à des trafiquants d'enfants destinés à l'adoption. Les enfants, originaires de la Grande Anse (sud-ouest), étaient retenus dans un centre d'accueil à Port-au-Prince. Dans des conditions de vie déplorables, ils y attendaient une adoption éventuelle depuis six mois à deux ans, selon l'OIM.

Les enfants avaient été confiés aux trafiquants contre des promesses d'aides et de soins aux enfants. Les parents, ne voyant venir aucune aide et informés du traitement inhumain infligé à leurs enfants ont porté plainte en 2006 contre le directeur du centre avec l'aide d'ONG humanitaires. Ce n'est que fin juillet dernier qu'un tribunal haïtien a ordonné la restitution des enfants à leurs parents.

Selon l'institut du Bien Etre Social et de Recherches (IBESR), qui supervise notamment les procédures d'adoption, "beaucoup de centres d'accueil sont impliqués dans le trafic d'enfants en vue de leur adoption à l'étranger", mais les autorités haïtiennes indiquent manquer de moyens pour mener des enquêtes et fermer les établissements impliqués.
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.phtml?id=12943