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jeudi 26 avril 2012

PLAIDOYER POUR LE DROIT A LA VIE

DROITS, DEVOIRS ET INTERDITS

L’équilibre de toute société humaine repose sans doute sur une sorte de triptyque par l’enchevêtrement des droits des devoirs et des interdits. Les interdictions et les prohibitions sont toujours posées ou envisagées en sous entendu pour ne pas porter atteinte ou enlever de l’importance aux LIBERTES.
On est libre certes, mais…
Cette liberté est encadrée par des lois. Heureusement d’ailleurs. L’histoire de l’humanité regorge d’exemple de mauvaise interprétation de cette notion de liberté qui a conduit à des catastrophes horribles. Dont nous gardons malheureusement conscient ou inconsciemment des cicatrices qui ne s’effaceront sans doute jamais.
Il est vrai que l’on est souvent plus enclin à défendre ses droits ou le droit des autres que de respecter et accomplir ses devoirs.
Je n’ai jamais vu personnellement une manifestation pour vanter l’exercice de ses devoirs.
En ce qui concerne les droits, je me trouve souvent médusé devant cette hiérarchisation politiquement correcte faite et acceptée par tous.
Que Dieu vous garde de dire merde à un journaliste. Vous risquez de provoquer une guerre, un coup d’Etat ou la chute d’un gouvernement selon les latitudes ou ce « coup de tonnerre » s’est produit. Le droit est souvent vécu comme une sorte de liberté acquise. Le droit d’informer ou la liberté d’expression sont des acquis d’une valeur inestimable. Là il s’agit d’un droit inaliénable. Heureusement d’ailleurs.
J’ai l’impression que ce droit est plus fondamental que le droit à l’eau, à s’alimenter, à s’éduquer par exemple. Ou simplement le droit à la vie !
Personnellement, le rapport avec la vie est intégré parmi les critères fondamentaux dans l’approche des caractéristiques d’une société ou d’une civilisation.
Le droit à la vie est un droit incontournable. Presque divin si on veut être croyant.
Récemment j’ai suivi un documentaire sur le comportement des bandes armées et des gangs au Salvador. J’ai eu des frissons quand un des membres de ces tristement fameux gangs ont confirmé que l’on pouvait tuer quelqu’un contre cinquante dollars !
Le prix d’une vie ?
Haïti fait face actuellement à un début de crise. Oui, il y a de la place pour une nouvelle crise en Haïti. Cette fois-ci elle met en vedette les membres de la Police Nationale d’Haïti et en quelque sorte le pouvoir Législatif. Cette crise a pris naissance en effet après l’assassinat par balles d’un agent de la Police.
La victime aurait été abattue quelques heures après une altercation entre le policier en service et un député de l’actuelle législature. Le policier aurait auparavant mis en détention à un des membres du corps de sécurité du député. Celui-ci pour faire asseoir son autorité de parlementaire jouissant de l’immunité, aurait proféré des menaces contre le policier qui sera abattu quelques heures plus tard.
Bien entendu, l’entourage du policier assassiné accuse le député et ses proches. La justice s’est saisie du cas et les choses semblent se dérouler normalement.
Lors de l’agression perpétrée contre l’agent de la police, celui-ci aurait riposté et tiré sur un des agresseurs atteint mortellement. Celui-ci aurait été pris en charge dans une clinique privé ou il aurait rendu l’âme. Selon les rumeurs qui circulent dans les rues, l’agresseur décédé ferait partie du personnel de sécurité du député en question. Je dis bien les rumeurs et que l’on note bien l’emploi du conditionnel dans le texte. Les rumeurs vont encore plus loin en laissant croire que le député aurait offert de l’argent à la famille de l’agresseur tuer pour un enterrement rapide.
Fort heureusement le commissaire du gouvernement en charge du dossier aurait eu vent de la situation et aurait récupéré de justesse le cadavre.
Les choses de chez nous ne se font pas comme ailleurs. Il faut y ajouter toujours un zeste de surnaturel, une pincée de fantaisie et un brin de l’imaginaire coloré et pittoresque de notre société.
Toujours est-il que les Policiers pour répudier et protester contre le crime perpétré contre leur collègue ont appelé à un mouvement de grève. La Police Nationale d’Haïti, le corps qui se trouve au premier plan dans la hiérarchie des forces de l’ordre, va en grève !
Ce matin là, la circulation automobile se fait dans un contexte très difficile car des barricades de pneus enflammées sont érigées paralysant le transit des véhicules.
La riposte des parlementaires ne se fait pas attendre. La direction générale de la Police Nationale est rudement critiquée. Certains vont jusqu’à demander la tête de Mario Andrésol, son directeur général.
Les jours à venir s’assombrissent davantage. Car il n’est pas dit que la situation trouve une issue favorable dans le plus bref délai.
Dans tout ça, un homme a été dépouillé de son droit de vivre. Peu importe la raison c’est définitivement trop facile !
Dernièrement un jeune étudiant a été abattu par balles. L’agresseur détenu et confronté aux parents du jeune homme a simplement présenté des excuses en disant qu’il s’était trompé en visant et qu’il avait voulu tirer sur quelqu’un d’autre.
Trop facile ! Quelle que soit la raison c’est définitivement trop facile !
Ces parents qui avaient tout misé sur leur enfant ne sauraient accepter cette excuse à bon marché.
Pendant se temps il faut se rappeler que toute l’attention de la chambre des députés est détournée vers un moment crucial dans la procédure de ratification du premier ministre désigné. Le dossier de ce député avec un soupçon d’implication dans l’assassinat du policier sera évoqué sans aucun doute. Des compromis pourront même être demandés contre un vote favorable. Dans ce cas quelle sera l’attitude des policiers ?
Et finalement on se rappellera que le président Martelly est encore convalescent à Miami, qu’un gouvernement démissionnaire gère les affaires courantes, que 6.000 hommes armées défilent dans les rues de la capitale et des grandes villes de province, que la saison des pluies fait déjà des dégâts, que les cas de choléra augmentent, que des milliers de familles vivent sous des tentes…
Il faudra une baguette magique pour démêler tout ça.
En attendant, il est facile de commencer à éduquer les gens autour de l’importance et du droit à la vie.
Un plaidoyer pour la vie reste un combat juste et universel.
Ce ne sera pas une voix qui clame dans le désert. C’est une voix qui peut sérieusement toucher les âmes arides et faire bourgeonner l’espoir et la vie !
Bonne journée à tous.
DL pour AFHES
http://www.afhes.org/


mardi 24 avril 2012

ET L’AVION CONTINUE SON VOL SANS PILOTE

Que Haïti soit sans gouvernement pendant un moment plus ou moins long n’est pas choquant. On est même coutumier du fait. Et ce, à un point tel, quand il y a bien un gouvernement en place, la question c’est de savoir quand est-ce qu’il va « tomber ».
Là je me réfère bien entendu au gouvernement et non pas au poste de président de la République.
Après un passé marqué par des coups d’état, certains restent assez complaisants en observant des passassions de pouvoir successives après chaque mandat. Si l’on considère les dénouements des régimes politiques de 1986 à 2004, on comprend que certains peuvent parler d’une certaine stabilité.
Et l’institution responsable de cette situation n’est rien d’autre que la MINUSTAH dont la mission est essentiellement « contribuer à la stabilisation du pays ».
Cependant chaque quinquennat a toujours connu des crises gouvernementales. La liste des anciens premiers ministres est assez longue. La durée de vie d’un premier ministre en Haïti est plus courte que le temps de la crise qui prend naissance entre la démission ou révocation de l’ancien et la ratification du prochain.
Pourtant « les missionnaires stabilisateurs » de l’ONU ne voient pas le côté déstabilisant de cette situation. Ils se limitent à déplorer l’absence de gouvernement et applaudir la ratification du nouveau. Ainsi de suite.
De cette lecture on peut en fait déterminer que stabilisation pour la MINUSTAH signifie exclusivement une passation de pouvoir d’un président élu à un autre.
Depuis 2004, les crises ont souvent pris naissance au niveau des gouvernements avec un président jouant son rôle de chef d’Etat.
Aujourd’hui pour une fois la situation du pays est un peu différente.
Le gouvernement de Gary Conille a démissionné en février et depuis s’occupe des affaires courantes. Pendant ce temps un nouveau premier ministre est désigné et entame la longue et suspicieuse démarche de ratification.
Mais à la tête de l’Etat, il n’y a personne. Le président Michel Martelly après avoir été opéré d’une épaule dans un hôpital à Miami, aurait fait une complication identifiée par la présidence comme une embolie pulmonaire.
Selon les prescrits de la Constitution, en cas de vacances du chef de l’Etat, le chef du gouvernement assume ses fonctions. La Constitution n’avait certes pas prévu de provision dans le cas ou le chef du gouvernement aurait été démissionnaire.
Qui pis est, Monsieur Gary Conille a essayé de reprendre les commande du pouvoir exécutif en voulant réunir un Conseil ministériel. Son appel à été carrément boudé par les membres du gouvernement démissionnaire considérés proches de Martelly. Les membres du fameux cabinet rose.
En attendant on se demande qui dirige le pays ou s’accumulent des dossiers très brulants.
Tous les jours un nouveau problème, un nouveau conflit.
Dans un pays ou l’insécurité paralysent toute envie et une grande partie des activités, les forces de l’ordre locales, haïtiennes, rentrent en grève.
Les militaires démobilisés des anciennes Forces armées d’Haïti paradent à ciel ouvert dans une indifférence voulue et entretenue de façon maladroite par ceux qui tirent profit de cette situation ambigüe et inquiétante à la fois.
Maintenant s’ajoutent les doutes sur l’état de santé du président de la République. Ceux qui connaissent un peu l’histoire naturelle des maladies comprennent difficilement comme on peut faire une embolie pulmonaire après une intervention probablement endoscopique sur une épaule chez un individu de la cinquantaine.
On comprend moins encore comment un personnage de l’importance d’un président de la République, chez qui on pose le diagnostic d’embolie pulmonaire puisse monter dans un avion –un vol commercial-, sans assistance médicale pour aller se faire soigner.
Les suspicions sur l’état de santé réel du chef d’Etat trouvent du terreau fertile dans cette prise en charge scabreuse et non adaptée.
Cette semaine le chanteur de « konpa » devenu président à fait la couverture de Times Magazine avec ses amis le président dominicain Leonel Fernandez et le richissime Sénateur Felix Bautista. Une présentation dont les haïtiens en général ne sauraient être fiers.
Tout cela ajouté à la reconstruction qui ne démarre pas, au choléra qui continue à affecter la population, à l’approche des saisons de pluie et des cyclones.
L’avion continue de voler les cieux obscurs et incertains, sans pilote.
L’important ce n’est pas la destination, sinon le voyage lui-même, dit le renard !
Donc ne pensons surtout pas à la destination finale de ce vol
Bonne journée à tous.
Source AFHES http://www.afhes.org/

mercredi 18 avril 2012

EFFETS D'ANNONCE ET PROMESSES NON TENUES...

Aujourd’hui 18 avril 2012 !
Bonjour et bonne journée
… « Le représentant résident en Haïti du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le Français Joël Boutroue, annonce la finalisation d’un plan gouvernemental d’action sur 6 mois pour faire face aux problèmes d’insuffisances alimentaires dans des zones spécifiques du pays. Les Nations Unies renforceront leurs projets à haute intensité de main-d’œuvre dans les quartiers sensibles et sur les bassins versants, en vue de générer des revenus dans les communautés et permettre aux familles d’augmenter leurs capacités à faire face à leurs dépenses »…
J’ai retrouvé ce texte dans les éphémérides publiées par le site HAITI RECTO VERSO (http://haitirectoverso.blogspot.com). En principe ce fut l’une des grandes nouvelles publiée le 18 avril 2008. Elle faisait partie des publications « shock » qui accompagnent toujours les grands désastres et les grandes calamités qui ne cessent de secouer Haïti.
Si ma mémoire est bonne, cette prise de position catégoriquement louable de Programme des Nations Unies suivait les fameuses « émeutes de la faim » qui avaient quelques jours auparavant frappé d’autres pays pauvres.
En Haïti elles avaient poussé à la porte le gouvernement de Jacques Edouard Alexis et ouvert la porte à une sempiternelle crise qui allait paralyser la machine étatique.
Même si je dois reprendre malgré moi, cette phrase d’un homme d’Etat célèbre qui a dit que « l’histoire est un mensonge que personne ne conteste », j’aime bien fouiller dans les entrailles de l’histoire pour retrouver des contradictions qui caractérisent trop souvent, les discours, les actions et les attitudes des hommes.
Hier, je voulais écrire sur l’ordonnance de Charles X qui avait fixé le montant de la dette de l’indépendance haïtienne acceptée par Boyer. Je n’ai pas eu le temps de le faire.
Ce matin, c’est encore dans les pages de l’histoire que j’ai trouvé l’inspiration pouvant couver mes réflexions du jour.
Malgré les velléités intermittentes des nationalistes conjoncturels d’Haïti, il n’est un secret pour personne qu’Haïti vit de l’assistance et de l’aide internationale.
On en parle sans trop vouloir en parler. On évite volontairement certains vocables compromettants. Certains mots qui restent indignes pour certains et très accommodants pour d’autres.
La réalité telle qu’elle est, nous présente un pays dont le budget national dépend à plus de 60% de l’aide internationale, une nation dont les élections présidentielles sont fiancées presque totalement par la Communauté internationale.
Ce qui est plus difficile à expliquer c’est pourquoi cette communauté internationale qui injecte les ressources strictement indispensables pour pérenniser ce qui ressemble à un Etat ne semble poser aucune exigence de résultats.
J’ai compris cependant que les instances internationales, pour une raison que j’ignore, se complaisent pathologiquement à suivre les comportements et les attitudes des dirigeants qui sont souvent de vraies dérives.
Elles reprennent leurs quand bon leur semble leurs fauteuil d’observateurs quand ils ne se glissent pas dans leurs habits d’acteurs. Ainsi les responsables-coupables sont déjà indiqués.
C’est dommage que les individus qui peuplent ces instances ne comprennent pas notre langue créole et ne verraient rien dans notre proverbe qui explique que « si pa gen sitirèz, pa gen volè »
Revenons un peu à cette publication du PNUD sortie après les émeutes de la faim en Haïti. Selon cette note de presse la PNUD devrait, dans une période de six mois, « la finaliser un plan gouvernemental d’actions pour faire face aux problèmes d’insuffisances alimentaires dans des zones spécifiques du pays » Je ne suis pas sur que les haïtiens des zones ciblées ou zones difficiles (qui se trouvent partout en Haïti) aient bénéficié à un moment donné d’une suffisance alimentaire. Il faudrait poser la question au programme Alimentaire Mondial qui voit toujours les demandent à la hausse.
Les Nations Unies selon cette même dépêche devraient « renforcer leurs projets à haute intensité de main-d’œuvre dans les quartiers sensibles et sur les bassins versants, en vue de générer des revenus dans les communautés et permettre aux familles d’augmenter leurs capacités à faire face à leurs dépenses ». Wow ! Que c’est beau !
Et dans la forme et dans le fond. Mais je ne suis pas sûr que le taux de chômage ait diminué dans les quartiers sensibles.
Bref, tout ceci pour mettre en lumière les effets d’annonce qui ne sont pas toujours suivis d’une mise en œuvre ou une exécution qui pourrait bénéficier effectivement aux populations ciblées.
Ce sont sans doute les « connivences » faites lois, de la coopération internationale.
Heureusement qu’il existe une manière d’aider directe et efficace dont les résultats et l’apport sont souvent sous-estimés.
Les gens ne sont pas dupes !
Bonne journée !