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jeudi 21 janvier 2016

ET NOTRE DIASPORA DANS TOUT ÇA ?

Les opinions des gens avisés font constamment l’éloge de l’immense potentialité de la population haïtienne résidant en dehors des frontières du pays. Se basant sur les transferts d’argent pour les besoins de leurs familles et le nombre de professionnels formés et exerçant dans leurs pays d’accueil, les espoirs de développement du pays devraient inclure obligatoirement une participation des haïtiens du dehors.
Cependant, l’activité de la diaspora haïtienne reste définitivement insuffisante malgré des velléités sporadiques et des actions adaptées à des moments clé de la vie nationale à travers lesquelles certains membres de ce groupe veulent affirmer une existence qui peine à s’affirmer.
Il faut admettre que les facteurs qui conditionnent et qui configurent les caractéristiques de cette diaspora sont multiples. Souvent on évoque la mise en place d’un verrou tenu par les acteurs locaux qui cultivent une peur ancestrale de se voir supplanter par des compatriotes ayant vécu à l’extérieur considérés bien souvent à tort comme dotés d’une formation beaucoup plus solide.
Il est clair que des mesures légales facilitant l’intégration de la Diaspora dans la vie nationale pêchent par leurs raretés.
Mais, mieux que ces facteurs extrinsèques, l’émancipation de ce groupe est perturbée par des éléments qui lui sont propres, des aspects qui expliqueraient certaines modalités d’un comportement qui ressemble beaucoup à celui qui est reproché à une grande franche de la population d’haïtiens de l’intérieur.
Les battements d’ailes timides dans des circonstances de mode ou à la mode n'en font point un corps vivant utile et qui compte.
Loin de se regrouper, de s'organiser pour se renforcer, notre Diaspora s'enferme dans des modèles identiques à ceux qui traînent entre néant et nihilisme en Haïti, sans apporter les changements comportant les solutions aux problèmes diagnostiqués depuis deux siècles.
Plusieurs cherchent des vitrines pour s'exprimer ou se faire voir; d'autres agissent comme des donneurs de leçons parce que détenteurs de titres, de diplômes et de savoir.
Dans les moments spécieux ou l'attention se porte pour une raison ou une autre sur Haïti, elle prise dans une effervescence dont l'obsolescence reste programmée dans le court terme jusqu'à la nouvelle actualité.
Après le tremblement de terre de janvier 2010 les rencontres et les débats fusèrent de toute part faisant croire que la Diaspora aurait son mot à dire et une participation effective dans ce rêve de reconstruction qui entrevoyait Haïti repartir sur de nouvelles bases.
Aujourd'hui, six ans plus tard le constat est à la fois amer et brûlant: rien n'a été fait avec la Diaspora à qui on a justement légué le droit de demander où est donc passé l'argent de la reconstruction du pays.
Nos compatriotes de l'extérieur ont aussi rêvé de vivre comme tout haïtiens les moments forts des élections nationales. Alors que peu de voix se lèvent pour exiger le droit de vote, elle a voulu exister et se faire entendre.
Les débats présidentiels les plus animés comptent parmi leur participation à cette aventure électorale.
Elle est encore allée plus loin car sur la liste longue et invraisemblable de candidats à la présidence se sont ajoutés des représentants ou des membres de la communauté haïtienne de l'extérieur. Leurs scores sensiblement supérieur à zéro laissent de l'espace à des conjectures autour de leurs motivations à assumer une telle décision qui termine dans le ridicule et dans le discrédit.
Les organisateurs du dernier forum d'un des groupes se voulant l'un des plus influents, s’enorgueillissaient de réunir plusieurs ex premiers ministres. Même si parmi eux on dénombrait un dont le gouvernement a été éphémère et l'autre un premier ministre de vitrine placé à côté du président pour insuffler un soupçon de légitimité démocratique aux décisions machiavéliques du Président devenu tout puissant avec le parlement mis volontairement hors jeu.
Une plaque de reconnaissance lui a été décernée!
Cependant voici Haïti encore une fois placée à un pas du gouffre dans cette conjoncture de crise électorale. La Diaspora comme la société civile en Haïti, comme une bonne frange de la population haïtienne fait profil bas.
Aucune position officielle!
Aucune sollicitude dans la recherche de solutions!
Pourtant jamais une implication des haïtiens de l'extérieur n'aurait été plus utile que dans la conjoncture actuelle.
On sait très bien que le pays vit sous tutelle depuis bon nombre d'années.
Toutes les grandes décisions sont dictées par la fameuse communauté internationale qui finance nos élections.
L’actuel président du CEP a reconnu que notre président de la République n'a pas été élu mais choisi. Et comme exception culturelle haïtienne -empruntée par atavisme à la France- il est encore le grand artificier de cette situation de crise qui paralyse la nation et qui hypothèque son avenir.
Un des éléments qui empêchent le dénouement logique de la crise électorale est justement la volonté de cette communauté internationale de faire respecter son agenda. Suivant le principe du « celui qui paie décide", elle fait fi de tout bon sens pour pousser le directeur du CEP à foncer contre toute logique vers un mur qui va déboucher sur une longue période d'incertitude et d'instabilité.
La définition étrangère et tutélaire de stabilité est qu'un président remet le pouvoir à un autre le 7 février tous les cinq ans. Les moyens pour arriver au pouvoir pour l'instant importent peu.
Sinon comment justifier la présence des soldats de L'ONU et leur fameuse mission en Haïti!
La diaspora haïtienne regorge de personnalités publiques et privées à succès dans les pays qui pilotent les décisions. Constamment les médias rapportent le succès d'un haïtien ou d'un descendant d' haïtiens dans des domaines variés aux USA, en France et au Canada. Ces nations sont les pays décideurs par excellence de tout ce qui se passe -d'important- en Haïti.
Des instances, des médias et des personnalités publiques de ces pays là questionnent la procédure électorale. Comme exemple un éditorialiste du Washington Post a rendu responsable de la crise, l'intervention américaine.
Un autre exemple se trouve dans ce courrier envoyé au ministre des affaires étrangères américaines par un élu (sénateur) pour demander plus de transparence dans la participation américaine dans notre processus électoral.
Ceci démontre que la crise haïtienne ne laisse pas indifférent. Et les gouvernements qui tirent les ficelles de nos marionnettes en Haïti ne sont pas des régimes totalitaires. La cause haïtienne si elle cherche des alliés, pourra très facilement les trouver car dans ces pays là, Haïti compte de vrais amis.
C'est à ce niveau que la Diaspora aurait dû intervenir en portant un message plus sérieux et différent de ceux que colportent les décideurs qui alimentent à des desseins inconnus la revue à la baisse des standards et le nivellement par le bas.
Aujourd'hui il est clair que l'ennemi du progrès l'entrave au progrès pour Haïti est un adversaire coriace multi Céphale dont la portion de cerveau la plus influente agit depuis l'extérieur.
Donc cette phase, le combat doit être mené par les patriotes de l'extérieur.
Il faut croire que de bonnes leçons auront été tirées de cette crise électorale et que tous les haïtiens comprendront les caractéristiques de leurs responsabilités face à l'histoire et qu'ils agiront en conséquence.
Les membres de la Diaspora devraient revoir la hiérarchie de leurs priorités pour configurer différemment leurs actions vers une efficacité réelle pour le pays.
Dr Jonas JOLIVERT
8/01/2016
Marseille, France

lundi 6 août 2012

Haïti – Diaspora : Pour une intégration des Haïtiens vivant à l’étranger

P-au-P, 6 août 2012 [AlterPresse] --- « Oui ! Il faut qu’un jour la diaspora (haïtienne) puisse pouvoir intervenir dans les affaires politiques haïtiennes ». Cette déclaration a été faite, en France, par le ministre des Haïtiens vivant à l’étranger, Daniel Supplice. Le ministre, qui a rencontré la plateforme des associations franco-haïtiennes (Pafha), en France le 27 juillet 2012, s’est prononcé en faveur d’une participation de la diaspora haïtienne dans la gestion de l’État, tout en posant des balises. La diaspora haïtienne, couramment appelée "le onzième département d’Haïti". apporte un souffle important à la vie économique du pays avec les transferts de devises, argumente Supplice. A ce titre, la diaspora haïtienne a « le droit et la responsabilité de vouloir participer et d’avoir un mot à dire dans les questions de la politique haïtienne ». Supplice juge également nécessaire de faire un inventaire de la potentialité de cette diaspora, en vue de savoir ce que chaque haïtienne / chaque haïtien - qui évoluent en terre étrangère - peuvent apporter dans le cadre de la reconstruction du pays. Au cours de la rencontre avec la Pafha, ont été abordés d’autres points, importants pour une meilleure intégration des Haïtiennes et Haïtiens de l’extérieur. Parmi ces éléments importants, figurent la nécessité pour la diaspora haïtienne de se fédérer, de s’organiser en association pour devenir représentative dans les pays où elle évolue. Quant à la participation de la diaspora à la vie politique, Daniel Supplice croit que ces Haïtiennes et Haïtiens doivent, au départ, avoir leurs cartes d’identification nationale, s’inscrire sur une liste électorale. Ensuite, il faudra que le système de vote soit mis en place. L’identification de chaque Haïtienne et de chaque Haïtien, la modification des lois électorales et les moyens pour mettre en œuvre ces initiatives, sont d’autres étapes à franchir, aux yeux de Daniel Supplice. a Au nom du gouvernement du premier ministre Laurent Lamothe, Supplice a promis de faciliter l’acquisition de passeports haïtiens aux gens de la diaspora, de travailler à une refonte des lois sur l’acquisition de biens en Haïti, en sorte que les femmes et hommes de la diaspora haïtienne puissent acheter, sans problème, des propriétés dans le pays. http://www.alterpresse.org/spip.php?article13194

jeudi 28 avril 2011

la diaspora haïtienne va passer à la caisse

Par Achim Lippold Michel Martelly lance un programme d’éducation
Le président élu Michel Martelly a présenté un projet pour financier l’éducation des enfants non scolarisés. Selon l’ancien chanteur populaire, les Haïtiens de l’étranger doivent y contribuer. Leurs transferts d’argent seront désormais taxés. La diaspora va passer à la caisse, titre Le Nouvelliste. Le quotidien haïtien rappelle qu’ils sont environ quatre millions de compatriotes à vivre à l’extérieure du pays. Et la plupart d’entre eux veulent s’engager d’une façon ou d’une autre dans la reconstruction de leur pays. Ils le font déjà à travers leur soutien financier aux familles restées sur place. « L’argent de la diaspora représenterait – selon les données disponibles - près d’un quart du produit intérieur brut », selon Le Nouvelliste.
Mais l’idée de taxer les transferts suscite quelques interrogations. Ainsi, un Haïtien de l’étranger commente cette initiative sur le site du Nouvelliste : « Nous, on a toujours soutenu notre pays. Et pour nous remercier, on n’a même pas droit à la double-nationalité. Ils veulent seulement notre argent. Ca suffit maintenant. Donnez-nous d’abord un passeport ! »
http://www.rfi.fr/ameriques/20110427-une-diaspora-haitienne-va-passer-caisse

vendredi 22 octobre 2010

Plainte pour violence conjugale: le SPVM ouvre une enquête interne

Publié le 22 octobre 2010
Daphné Cameron et Catherine Handfield,
La Presse
La police de Montréal (SPVM) a annoncé hier qu'elle ouvrira une enquête interne pour faire la lumière sur les «délais inexplicables» dans le traitement d'une plainte pour violence conjugale dont l'auteure a été poignardée à mort six jours plus tard.
 Marie Altagracia Dorval a été assassinée dans la nuit de samedi à dimanche dans son logement de Montréal-Nord. Son ancien conjoint, Edens Kenol, 34 ans, fait face à des accusations de meurtre prémédité. Près d'une semaine avant le drame, le 11 octobre, la victime de 28 ans avait porté plainte contre le suspect pour harcèlement et violence.
«Selon les documents que j'ai en main à l'heure actuelle, il n'y aurait pas eu de communications avec la plaignante après la plainte, a expliqué Sylvain Brouillette, directeur adjoint de la région Est. Il semble que le suspect n'ait pas été rencontré non plus.»
Le SPVM gère en moyenne chaque année 10 000 dossiers de violence conjugale, dont 7500 sont portés devant les tribunaux, a expliqué M. Brouillette. Mais un homicide est une mort de trop, a-t-il reconnu. «On aurait pu être meilleurs. Nous sommes vraiment désolés du déroulement.»
L'enquête se penchera sur «le processus» de gestion des plaintes et ne ciblera pas nécessairement uniquement les enquêteurs. «S'il y a un nouveau mode de fonctionnement à mettre en place, on le fera, a-t-il assuré. On veut trouver tout de suite les lacunes afin de faire des corrections à court terme.»
"Elle vivait l'enfer»
Le frère de la victime, Miguel Dorval, a dit plus tôt cette semaine à La Presse qu'il craignait qu'il y ait eu négligence dans le dossier de sa soeur. Il n'a pas été possible de le joindre hier pour obtenir sa réaction à l'ouverture de l'enquête interne.
Miguel Dorval, 31 ans, voyait rarement sa soeur cadette. Il avait repris contact avec elle il y a environ six mois, lorsqu'elle a quitté Repentigny pour s'installer à Montréal-Nord avec son conjoint et leurs trois enfants.
Craignant pour sa sécurité et pour celle de ses enfants, elle aurait demandé le divorce, dit-il. Edens Kenol n'acceptait pas du tout la séparation, selon Miguel Dorval. «Elle m'a dit que sa vie avait basculé, qu'elle vivait l'enfer avec son mari.»

Disparition de la fillette
L'an dernier, Edens Kenol a été accusé de voies de fait, de complot et d'entrave à la justice pour une affaire de négligence envers sa fillette de 7 ans. Comme la DPJ songeait à lui enlever la garde de l'enfant, Edens Kenol l'aurait envoyée en Haïti en février 2009 avec sa mère, Marie Altagracia Dorval. Trois mois plus tard, les autorités canadiennes ont finalement retracé la fillette en Haïti et l'ont rapatriée. Marie Altagracia Dorval avait également été accusée dans le dossier.
http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/justice-et-faits-divers/201010/22/01-4334965-plainte-pour-violence-conjugale-le-spvm-ouvre-une-enquete-interne.php

mercredi 29 septembre 2010

Haïti-Coopération/Diaspora : Harmoniser les relations entre Haïtiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur

P-au-P, 28 Sept. 2010 [AlterPresse] --- Une délégation du ministère des Haitiens vivant à l’étranger (MHAVE), conduite par le ministre Edwin Paraison, achève, ce mardi, une mission officielle de quatre jours au Mexique.
Elle s’inscrit dans le cadre des démarches devant faciliter la coopération entre les Haïtiens de l’extérieur et ceux de l’intérieur du pays pour une meilleure harmonisation des actions de développement, confient à AlterPresse des responsables du MHAVE.
Mais ils ne sont pas en mesure d’informer sur les activités entreprises durant la mission par le ministre Paraison et les trois autres membres de la délégation (Leprince Joseph Augustin, directeur général, Francisque Saint-Hubert, directeur de l’Unité d’Études et de Programmation, Henry Boucicaut, directeur de la coopération inter-haïtienne).
Selon un communiqué du MHAVE, en date du 22 septembre dernier, la délégation devait profiter de ce séjour pour rencontrer des migrants haïtiens autour de la nécessité de leur implication dans les efforts de reconstruction d’Haïti.
Outre des rencontres avec des représentants de la communauté haïtienne, la délégation devait avoir des entretiens avec des autorités mexicaines sur la situation de plus de cinq cent Haïtiens accueillis au Mexique dans le cadre d’un accord migratoire post-séisme, indique le communiqué.
Des rencontres étaient également prévues avec, entre autres, des responsables du groupe d’Amitié Mexique-Haiti, des officiels de la Commission Économique pour l’Amérique Latine (CEPAL), ainsi que du « Colegio de Mexico », toujours selon le communiqué.
La délégation devrait, en principe, regagner Port-au-Prince ce mercredi 29 septembre.
Toujours dans le cadre de l’harmonisation des relations inter-haïtiennes, le ministère des Haitiens vivant à l’étranger prévoit de rencontrer, à une date non encore déterminée, des migrants haïtiens vivant à Cuba et à Turks and Caicos (iles Turques-et-Caïques), situées au sud-est de Bahamas, dans les Antilles.
Le ministère a, par ailleurs, déjà pris contact, pour les mêmes raisons, avec des représentants des communautés haïtiennes vivant en République Dominicaine, aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse et en Espagne. [cer rl gp apr 28/09/10 14:30]
http://www.alterpresse.org/spip.php?article10051

jeudi 19 août 2010

L'ambassadeur d'Haïti à Washington en faveur du vote de la diaspora

Tout comme son neveu Wyclef Jean,  l'ambassadeur d'Haïti
à Washington Raymond Joseph est candidat à la présidentielle
du 28 novembre et réclame que la diaspora  haïtienne
 ait le droit de participer au chapitre politique.
PHOTO: ALLISON SHELLEY, REUTERS
Publié le 18 août 2010
Agence France-Presse, Port-au-Prince
Il faut amender la constitution d'Haïti afin de permettre aux quelque 4 millions de membres de la diaspora du pays de participer aux élections, a plaidé mercredi Raymond Joseph, ambassadeur d'Haïti à Washington et candidat à la présidentielle de novembre.
«Les Haïtiens de l'étranger contribuent pour 2 milliards de dollars chaque année à l'économie nationale, vous ne pouvez pas les maintenir à l'écart de la politique», a déclaré le diplomate lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince.
En conséquence, il faut remanier la constitution d'Haïti qui interdit aux Haïtiens vivant à l'étranger de participer aux scrutins de leur pays, comme candidats ou électeurs, a estimé M. Joseph, oncle du rappeur Wyclef Jean, qui brigue comme lui la succession de l'actuel président René Préval.
En outre, la loi interdit à un Haïtien ayant obtenu une nationalité étrangère de briguer une fonction élective.
Installé depuis plus de trente ans aux États-Unis, où il publie le journal Haïti-observateur, M. Joseph fait partie des 34 Haïtiens qui ont déposé leur dossier de candidature pour participer à l'élection présidentielle du 28 novembre.
«La diaspora a des ressources, elle peut investir au pays, mais elle doit pouvoir participer à la direction des affaires», a-t-il encore soutenu.
Dans une allusion à son neveu Wyclef Jean, star internationale du hip-hop ne s'exprimant qu'en anglais, M. Joseph a lancé: «Certaines personnes devraient d'abord s'immerger dans la culture haïtienne et apprendre les langues du pays, le créole et le français», avant d'aspirer aux plus hautes fonctions.
Membre de la diplomatie haïtienne depuis 20 ans, l'ambassadeur estime posséder les capacités et l'expérience pour apporter les changements nécessaires en Haïti, pays qui a bénéficié d'une exceptionnelle solidarité internationale après le terrible séisme du 12 janvier.
Le conseil électoral haïtien a reporté au 20 août la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle du 28 novembre.
http://www.cyberpresse.ca/international/amerique-latine/201008/18/01-4307713-lambassadeur-dhaiti-a-washington-en-faveur-du-vote-de-la-diaspora.php?utm_categorieinterne=trafficdrivers&utm_contenuinterne=cyberpresse_lire_aussi_4307777_article_POS2
Commentaires:
Cette question a été soulevée en maintes occasions. Toujours avec les archimêmes arguments: l'apport des haïtiens de la diaspora dans la vie économique du pays et surtout dans la survie des ressortissants haïtiens.
Les politiciens quand ils se trouvent en dehors du pouvoir insistent et réclament le vote de la diaspora. Quand ils sont dans le pouvoir ou au pouvoir ils ne font que constater la difficulté qui entourent et accompagnent une telle démarche.
Le dernier en date à avoir pris conscience de cela c'est juste l'actuel ministre des haïtiens vivant à l'extérieur, Monsieur Edwin Paraison. En effet l'année dernière, lors du Forum dela diaspora, l'ardent défenseur de la cause des haïtiens vivant enRépublique Dominicaine, le président Fondateur de la Fondation "ZILE" avait réclammé pour nepas dire exiger le vote des haïtiens de la diaspora en commençant justement par les concitoyens se trouvant de l'autre côté de la frontière.
Aujourd'hui, comme Ministre défendant les intérêts de cette diaspora, il n'a pu, le visage contrit, que constater que les diasporiens ne pourront pas participer aux prochaines élections.
Il faut savoir que ce chapitre demanderait une organisation et des débours financiers considérables. quand on sait que malgrnotre statut de nation "souveraine" ou de pays "indépendant", nous sommes obigés de faire appel à l'aide internationale pour organiser nos élections qui se devraient d'être un exercice haïtiano-haïtien. Puisque nous ne possédons pas les moyens financiers, nous sommes obligés de nous plier aux exigences de ceux qui noustendent la main. Même quand on sait que généralement les bailleurs n'ont pas les mêmes intérêts que l'immense majorité des haïtiens.
Je ne pense pas que la Communauté internationale voit d'un bon oeil l'utilité de dépenser des sous en plus pour faire voter des haïtiens qui ont fait le choix de quitter le pays!
DeckyLakyel

dimanche 27 décembre 2009

Le gouvernement se réjouit du lancement du projet de ferme de Colora


Les autorités haïtiennes saluent l'initiative de l'organisation The Haitian League (THL) qui a lancé en début de semaine un projet de ferme agricole à Colora, localité de Belladères (Centre).
Les ministres des haïtiens vivant à l'étranger, Edwin Paraison, de l'agriculture, Joanas Gué et le directeur exécutif du Fonds de Développement Frontalier (FDF), Max Antoine, avaient pris part à la cérémonie de lancement du projet dénommé " Lakou Colora".
Le ministre Paraison saluant l'initiative de THL a rappelé que la migration est l'une des conséquences de la détérioration des conditions de vie des citoyens. Il a soutenu que les transferts de fonds des haïtiens de la diaspora évalués à 2 milliards de dollars par an dépassent l'ensemble de l'aide de la communauté internationale.
Tout en se réjouissant de cette solidarité des haïtiens de la diaspora, M. Paraison a fait valoir que l'implication des associations haïtiennes dans des actions de développement sera très bénéfique pour le pays.
Le MHAVE, le MARNDR et le FDF sont impliqués à divers échelon dans la réalisation du projet de Colora.
Dans son intervention, le ministre de l'agriculture a rappelé que le projet s'inscrit dans le cadre de l'une des priorités du gouvernement, renforcement du partenariat entre les secteurs public et privé. La revalorisation des fermes de l'Etat est également une priorité du ministère de l'agriculture révèle M. Gué faisant remarquer que les propriétés du MARNDR ne sont pas exploités.
Le projet comporte des fermes d'élevage, des plantations, des installations de protection des bassins versants et de production d'énergie électrique, un établissement scolaire et un centre de formation. Le " Lakou de Colora", s'étend sur 174 hectares dans la ville frontalière de Belladères.
Le directeur du FDF, Max Antoine II croit que la cérémonie de lancement du projet est la preuve que les haïtiens se sont engagés à " apprendre à vivre ensemble, construire ensemble pour réussir ensemble".

LLM

Haitian League œuvre au renforcement de la production nationale

Des membres du gouvernement haïtien et des leaders de la diaspora ont participé le 21 décembre à la cérémonie de lancement du projet de ferme agricole de Colora dans la ville frontalière de Belladères. Le projet dénommé « Lakou Colora » consiste à introduire dans les communautés des techniques modernes de production agricole et de préservation de l'environnement.
Le projet qui s'étendra sur une superficie de 174 hectares de terre sera financé par des fonds recueillis par les organisations de la diaspora dont The Haitian League (THL).
Le président de THL, Dr Bernier Lauredan assure que le programme permettra d'améliorer les conditions de vies de la population.
Docteur Lauredan, qui a vécu pendant 40 ans aux Etats-Unis, a tenu a rappelé aux paysans qu'il n'est pas un étranger puisque son père a été un spéculateur de Savanette.
A terme le projet permettra de réduire considérablement l'exode vers les métropoles locales et Port-au-Prince.
Les ministres de l'agriculture, Joanas Gué et des Haïtiens Vivant à l'Etranger, Edwin Paraison, le directeur exécutif du Fonds de Développement Frontalier (FDF), Max Antoine II, des élus locaux, des représentants de l'ambassade américaine avaient pris part à cette cérémonie organisée deux mois avant le début des travaux dans la ferme de Colora.
Outre les officiels, des membres de l'association des producteurs agricole de la République Dominicaine, plusieurs centaines de paysans d'amis et de sympathisants de THL, dont docteur Altema et Joe Celestin (New York) étaient également présents.

LLM
http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=16219
Commentaires :
Quelles sont ces techniques modernes que les agriculteurs vont appliquer ? Quel est le coût du projet ? Combien de personnes sont supposées pouvoir bénéficier de ce projet ?
En Haïti on est tellement habitué à d’annoncer en grandes pompes n’importe quoi que nous sommes obligés de nous poser certaines questions.
Dernièrement pour l’inauguration de 650 mètres de routes goudronnées ( !!!) on a eu droit à la présence du premier ministre pour un discours de circonstances !

jeudi 20 mars 2008

Considérable apport de la diaspora

En dépit de la contribution de la diaspora haïtienne dans différents domaines, la Constitution de 1987 comporte de sérieuses restrictions qui tiennent cette partie de la société à l'écart. Au moment où le débat sur la nationalité revient au devant la scène, le ministre des Haïtiens vivant à l'étranger, Jean Généus rappelle la loi d'août 2002 relatif aux droits dont jouissent les citoyens d’origine haïtienne du monde entier. Ladite loi ratifiée par le Parlement haïtien n'interdit pas aux Haïtiens ayant une autre nationalité d'accéder à tous les postes de la fonction publique.
La loi d'août 2002 relatif à la citoyenneté ratifiée par le parlement haïtien n'interdit pas aux Haïtiens ayant une autre nationalité d'accéder aux postes de ministres et de secrétaires d'Etat, selon les propos du ministre des Haïtiens vivant à l'étranger, Jean Généus.Jean Généus qui était, ce mercredi, l'invité du journal « Tout nouvèl » sur le 100. 9 (Magik 9) s'est toutefois gardé d'interpréter la loi en question. Il pense que l'interprétation serait le travail d'un juriste.

Le ministre Généus, tout en précisant le rôle d'interface et transversal de son ministère, juge l'apport de la diaspora haïtienne dans tous les domaines inestimable, des transferts d'argent aux transferts de connaissance en passant par la culture.
M. Généus souhaite que tous les secteurs de la vie nationale engagent une réflexion pour débattre des questions de l'accès à la citoyenneté des Haïtiens qui, pour une raison ou une autre ont opté pour une autre, nationalité. « En tant que ministre des Haïtiens vivant à l'étranger, mon plaidoyer sera toujours en faveur de la double nationalité en raison de la contribution de ce groupe dans tous les domaines », a insisté M. Généus.
Jean Généus rappelle la tenue de la première Semaine de la diaspora initiée en 1999 qui avait un volet concernant la double nationalité, les publications de l'époque existent et les intéressés peuvent les consulter par l'intermédiaire de son ministère.
A l'époque, les chefs de l'exécutif avaient clairement pris position en faveur de la double nationalité, a rappelé ministre sur les ondes de Magik 9.
« Même si la loi d'août 2002 avaient permis d'enlever certains irritants, d'autres demeurent et on doit se pencher dessus », a précisé le ministre des Haïtiens vivant à l'étranger ajoutant que d'autres travaux de la même nature doivent se poursuivre.
le ministre met en garde ceux qui lisent les articles à leur manière : « La Constitution est un tout, on ne doit pas seulement lire ou interpréter un article, il faut tenir compte des autres ».
Les récents événements qui se sont produits au Parlement haïtien relancent vigoureusement le débat sur la double nationalité.
Chacun y trouve son compte. En attendant, les quelque deux millions d'Haïtiens vivant hors de l'alma mater continuent de visiter le pays lors des grandes fêtes et surtout de transférer des fonds vers Haïti comme ils l'ont prouvé l'an dernier avec plus 1.3 milliard de dollars américains donnés au pays sans contrepartie.

Dieudonné Joachim

djoachim@lenouvelliste.com
http://www.lenouvelliste.com/article.php?PubID=1&ArticleID=55759&PubDate=2008-03-19

dimanche 13 janvier 2008

MONSIEUR JEAN CLAUDE VALDEMAR PRESIDENT DE L’ASSOCIATION FRANCO-HAITIENS ET AMIS D’HAITI RECU PAR L’ASSOCIATION CULTURELLE HAITIENNE DE MARSEILLE EN R

Pour une organisation efficace et utile de la Communauté Haïtienne de FRANCE
L’étude des relations entre la France et Haïti peuvent résulter une source d’inspiration inépuisable pour celui qui s’intéresse aux grands moments et grands évènements de l’histoire. Ces relations peuvent être aujourd’hui plus que passionnantes si on observe la réalité des conjonctures que connaissent les deux pays.
D’un côté la France exhibe un gouvernement tout neuf dont l’objectif avoué semble contempler le repositionnement du pays dans l’univers des grandes nations soucieuses de l’avenir du monde et des peuples. De l’autre côté Haïti qui vit grâce à la volonté des autres nations.
Si on se tourne vers l’histoire, on acceptera que Haïti a été dans le temps, l’espace où les principes de liberté, égalité, fraternité ont été assimilés, défendus et appliqués.
Les français l’ont prôné, les haïtiens l’ont fait !
On acceptera aussi qu’à un moment de la durée, la configuration géopolitique des intérêts faisant loi, Haïti a été victime de la doctrine de Monroe. L’Amérique aux américains certes et tacitement l’Afrique aux Français. Ceci suffirait à justifier l’état pseudo délabré des relations entre les deux pays pendant des siècles. Surtout si on se refuse à pousser la réflexion très ,très loin pour comprendre comment et pourquoi Haïti peut se retrouver dans un état aussi pourri si elle compte parmi ses amis des nations comme La France, Le Canada, Les Etats-Unis d’Amérique entre autres.
L’actuel gouvernement haïtien est en quelque sorte conforme à la volonté de l’administration française. Il faut remonter à l’année 2004 ou la politique étrangère française faisait le bonheur de ceux-là qui ne supportaient pas l’hégémonie américaine dans la prise de certaines décisions faisant intervenir l’intérêt de certaines régions du monde.
A l’époque Monsieur De Villepin comme ministre des affaires étrangères exprimait le désaccord de la France face à la politique américaine qui voulait attaquer l’Irak à n’importe quel prix.
En Haïti, Jean Bertrand Aristide sous un air de faux ange, se comportait en vrai démon, obsédé par ce rêve d’enfance de diriger comme président de la République, les festivités commémoratives du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, consécration victorieuse de la révolte des esclaves.
On se rappelle encore ces scènes affreuses et macabres des « chimères » d’Aristide, investissant les locaux de l’université d’état d’Haïti, pour massacrer et tabasser les étudiants et le personnel de l’administration. Le recteur lui-même avait subi une double fracture des membres inférieurs !
On se rappelle aussi la rentrée sur la scène politique du mouvement des 148 et surtout des rebelles venant de la République Dominicaine. Il ne s’agissait plus d’un mécontentement général mais une vraie révolte contre le gouvernement de Jean Bertrand Aristide qui ne disposait que de la détermination criminelle de ses partisans pour un dernier sursaut lui permettant de se maintenir au pouvoir.
A un moment donné, il fallait vite trouver une solution au problème. Comme souvent, le prétexte d’éviter un bain de sang a été évoqué. Il fallait choisir entre envoyer des troupes pour supporter et protéger le gouvernement « démocratiquement » élu (5% de la population seulement avait participé aux élections !), ou éviter la confrontation entre les rebelles menés par Guy Philippe et les chimères d’Aristide.
La voix de Monsieur De Villepin s’est faite entendre. Clair, fort et convaincu, il a reconnu que Jean Bertrand Aristide se comportant comme un vrai dictateur, s’était « affranchi de toute légitimité ».
Dans le milieu pro-Aristide, la position de la France s’expliquait par le fait que Jean Bertrand Aristide voulant fédérer une partie de la population haïtienne autour d’une cause patriotique, avait exigé une réparation et la restitution de la dette de l’indépendance payée à la France par Haïti.
Dans la pratique Aristide n’a pas reçu le support militaire souhaité et il a été invité à s’exiler en Afrique du Sud en Février 2004.
Depuis, l’administration française a été omniprésente dans les différentes sphères de la vie politique nationale. Cette présence française s’est renforcée davantage avec les voyages de la secrétaire d’Etat Rama Yade et récemment de Monsieur Bockel, ministre de la Coopération pour participer aux cérémonies commémoratives du 204 ème anniversaire de l’indépendance d’Haïti.
En matière de Coopération, on parle beaucoup de la Coopération décentralisée, un concept cher à l’administration française. Cette vision de la coopération fait intervenir directement les immigrés dans des démarches et des actions visant a améliorer la situation des habitants vivant dans les pays d’origine de façon à ce que l’immigration en se présente plus comme seule alternative.
L’idée novatrice peut être bénéfique si elle n’exclut point d’une la coopération entre les gouvernements centraux et si elle peut bénéficier de l’apport d’une communauté d’immigrés intégrée et consciente des besoins de leurs localités dans les limites du réalisable.
Cependant, la communauté haïtienne de l’extérieur n’a jamais été caractérisée par une organisation parfaite et solide pouvant faire d’elle un levier effectif pour développement malgré les apports considérables dans l’économie du pays.
Haïti ne pourra donc tirer aucun bénéfice de la coopération décentralisée si la communauté haïtienne de France ne s’organise pas une fois pour toute, de façon à pouvoir proposer de vrais projets utiles à la nation.
C’est dans cette perspective que l’Association Culturelle Haïtienne de Marseille a reçu la visite de Monsieur Valdemar Jean Claude, Président Fondateur de l’Association de Franco-Haïtiens et amis d’Haïti, lors de leur réunion mensuelle le dimanche 6 janvier dernier.
Nous avions rencontré Monsieur Jean Claude Valdemar en Octobre dernier lors de la réunion de l’Association GAMAH. Il avait tout de suite manifesté un fervent désir de prendre contact et d’établir des relations de travail avec la Communauté Haïtienne de Marseille.
Ceci nous paraissait très profitable puisque nous étions déjà acquis à la cause de cet amoureux du pays qui avait, par l’intermédiaire de l’association Franco-Haïtiens et des Amis d’Haïti (FHAH), avait réalisé des prouesses dans sa région natale d’Haïti.
La FHAH reste un projet ambitieux supporté par des citoyens soucieux du développement socio-économique et culturel d’Haïti, leur pays d’origine, qui veulent partager avec leurs amis et leurs enfants une intégration réussie et s’engager dans une démarche de sensibilisation et action en faveur du développement d’Haïti.
La rencontre a été empreinte d’une franche hospitalité à la sauce haïtienne, très natif-natale. Monsieur VALDEMAR a été reçu comme un frère et surtout comme un frère important partageant des préoccupations communes autour du pays.
Sa présentation ornée de conviction, sincérité et humilité a su maintenir en alerte les membres de l’Association Culturelle Haïtienne de Marseille qui lui ont voué une attention religieuse en retour. Les questions et les interrogations suscitées par sa présentation ont été répondues avec circonspection et un vrai sens de la réalité.
Les présents, en nombre considérable, ont vu d’un très bon œil l’idée de travailler ensembles sur certains projets.

A la fin de la réunion avec l’ensemble des membres de l’Association Culturelle Haïtienne de Marseille, ponctuée par le partage du gâteau des rois et d’une bonne coupe de champagne, dans une ambiance cordiale et fraternelle, Monsieur VALDEMAR s’est entretenu avec le comité directeur de l’Association Culturelle Haïtienne, représentée par son président Monsieur Pierre Saint-Jules, Monsieur Pierre Faustin et Docteur Jonas JOLIVERT, vice-présidents, Edmon Brehil trésorier, du jeune et dynamique Steven MICHEL secrétaire adjoint.
De même ont participé à la réunion Docteur Anne-Marie Straboni présidente de l’association HISPANIOLA et Anne Marie Dominique OHERESSER de l’association Chrétiens et Sida de Marseille deux personnalité qui ont joué un rôle important dans l’épopée de la petite Nephtalie ILISSE et octobre dernier.


Des propositions concrètes et des pistes réelles de coopération ont été évoquées.
La communauté haïtienne de Marseille s’est sincèrement réjouie de pouvoir compter sur la collaboration de FHAH pour travailler à la réalisation de projets concrets et utiles à Haïti et souhaite du succès à monsieur Jean Claude VALDEMAR

jeudi 11 octobre 2007

Haïti : Les transferts ne sont pas synonymes de développement

Mercredi 10 octobre 2007
P-au-P., 10 oct. 07 [AlterPresse] --- Pendant les soixante dernières années, de nombreux haïtiens ayant pris naissance en Haïti ont migré vers l’étranger.
L’une des raisons à l’origine de cette situation, c’est l’inefficacité des modèles de développement que les dirigeants successifs du pays prétendent officiellement appliquer. Dit autrement, ces modèles explicites n’ont jamais contribué à améliorer les conditions de vie de la population.
C’est l’opinion par exemple de l’économiste Rémy Montas qui intervenait récemment à un forum organisé à Port-au-Prince par le Centre Pétion Bolivar. Cet ancien dirigeant de la Banque centrale haïtienne note que les principaux éléments propulseurs de croissance économique ont en général toujours été absents ou faibles.
Montas cite parmi ces facteurs le capital, les ressources naturelles importantes, la technologie et une main d’œuvre de plus en plus en plus qualifiée ainsi que des politiques économiques adéquates permettant de mettre en combinaison l’ensemble de ces facteurs pour propulser la croissance économique.
« Étant donné que nous n’avons jamais réussi dans ce domaine, dans un tel contexte, l’émigration a toujours été considérée comme une voie de sortie pour un très grand nombre d’individus et de ménages », renchérit l’économiste.
La carte mondiale de la migration haïtienne donne à voir que les Haïtiens sont éparpillés aux quatre coins du monde. On les retrouve dans les Amériques (Amérique du Nord, Caraïbe, Amérique centrale, Amérique du sud), mais aussi en Europe, en Asie, en Afrique et au Moyen Orient.
Neuf sur dix Haïtiens vivant à l’étranger sont recensés dans les Amériques alors que cinq sur dix le sont en Europe.
« Le revenu annuel moyen des ménages est de trente-six mille dollars américains. Les ménages pauvres, parmi les haïtiens, c’est environ dix neuf pour cent. Les ménages avec chef féminin (environ) trente-et-un pour cent. Parmi ces haïtiens, (environ) quarante pour cent sont des propriétaires de maisons. Le coût médian de propriété est de quelque cent vingt-deux mille dollars américains ».
Ces données ont été présentées par le statisticien et démographe Gabriel Bidegain à ce (même) forum du Centre Pétion Bolivar auquel participait également un autre expert dans le domaine, Jacques Hendry Rousseau.
Les transferts envoyés par les Haïtiens de l’étranger à leurs familles (en Haïti) dépassent de loin l’aide publique au développement et l’investissement externe privé.
Une récente étude de la Banque interaméricaine de développement a en effet estimé à plus d’un milliard 650 millions de dollars le montant des transferts (des haïtiens de la « diaspora ») vers Haïti.
Le professeur Jacques Hendry Rousseau relève le fait que les transferts en provenance de l’extérieur ont permis, au cours des années récentes, à des familles de survivre à « la situation de crise qui sévit au pays », de « résister, si vous voulez bien, à ce contexte de crise généralisée en tant que telle. Ça a permis à pas mal de ménages, de familles de subvenir à leurs besoins fondamentaux, c’est-à-dire de couvrir les frais de logement, d’éducation de leurs enfants, les frais d’alimentation, pour ne citer que ceux-là ».
Cependant la migration internationale ne comporte pas que des avantages. Il y a aussi le revers de la médaille. Un des effets pervers est la fuite des cerveaux (en provenance d’Haïti).
Les données telles que présentées par les statisticiens et démographes Gabriel Bidegain et Jacques Hendry Rousseau (à ce forum du Centre Pétion Bolivar) concernant les Haïtiens en Amérique du Nord font voir que, rien qu’aux Etats-Unis, 13,5% (des Haïtiens) ont le niveau de licence alors que 20% sont des managers et des professionnels.
Les deux experts ont par ailleurs souligné la politique migratoire attractive menée par certains pays occidentaux. « Des pays comme les Etats-Unis d’Amérique, la France et le Canada, en particulier le Québec à cause de la langue, ont une politique pour attirer des professionnels, notamment des médecins et des infirmières », fragilisant par ainsi le système (national) de santé.
L’administration publique et privée haïtienne en a déjà ressenti les effets pervers. Les impacts se répercuteront à coup sûr à moyen terme sur le fonctionnement des structures de la société (haïtienne). Les experts craignent à moyen terme « un effondrement des activités étatiques et même privées » dans le cas où « le pays n’arrive pas à sortir du cycle de la pauvreté et à retenir les professionnels ».
Autant dire que les transferts ne sont pas synonymes de développement. Ils peuvent seulement soulager les ménages et contribuer à réduire, un tant soit peu, la pauvreté. Mais les transferts ne sauraient remplacer les politiques publiques appropriées que les gouvernements se doivent de mettre en place. Et pour cause, les transferts ne sont pas stables (à long terme), ils ne peuvent pas être considérés comme une source intarissable.
Selon l’économiste Rémy Montas, par un effet démographique normal, les générations d’Haïtiens ou d’étrangers d’origine haïtienne auront moins d’attaches avec leurs familles d’origine et les transferts de fonds s’en trouveront réduits. Il s’agit, selon lui, d’un phénomène classique. « La première génération connaît ses parents, envoie de l’argent. La deuxième génération est venue voir sa grand-mère une fois, deux fois. Sur la troisième génération, ils ne connaissent plus de grand-mère, plus de grand-père, encore moins les cousins et cousines ». [vs gp apr 10/10/2007 21:00]
Notes : Nous nous sommes inspirés pour ce texte d’un panel auquel ont notamment participé les professeurs Rémy Montas (économiste), Gabriel Bidegain (démographe et statisticien) et Jacques Hendry Rousseau (démographe et statisticien), de documents de l’UNFPA, du CELADE-CEPAL et du RNPD.
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Cet article fait partie d’une série intitulée « Nou tout konte » et réalisée avec le concours du
Fond des Nations-Unies pour la Population (UNFPA). Dans ce cadre, des chroniques radios hebdomadaires sont également diffuées sur Radio Kiskeya suivant l’horaire ci-dessous : - Mardi, au journal de 6 :00 AM - Mercredi au journal de 7 :00 AM - Jeudi au journal de 4 :00 PM - Vendredi, peu avant le journal des sports (12 :55 PM)
http://www.alterpresse.org/spip.php?article6500