Publié le 18 août 2010 à 05h00
Mis à jour à 05h00
Patrick Lagacé
Avant de parler de la catastrophe au Pakistan, j'aimerais vous entretenir de cette merveilleuse machine à tuer qu'est le F-16. Vous savez ce qu'est un F-16? C'est un des avions de chasse les plus populaires du monde.
Combien coûte un F-16?
Autour de 40 millions l'unité.
Bien sûr, pendant sa vie utile, l'appareil coûtera une fois et demie le prix d'achat en entretien, en réparations (et en lave-glace, c'est fou le prix du bidon de lave-glace pour ces joujoux).
Donc, parlons de la catastrophe au Pakistan. Terrible. S'il ne s'agissait pas d'un pays musulman, on pourrait parler d'inondations de calibre biblique: 20 millions de sinistrés. Épouvantable.
Et, depuis deux ou trois jours, on entend des voix s'élever contre le manque de générosité de l'Occident envers le Pakistan éprouvé. Au Canada, en France, en Grande-Bretagne: le public se fait tirer l'oreille. Dans La Presse, hier, ma collègue Marie-Claude Malboeuf rapportait qu'à peine 200 000$ avaient été récoltés pour le Pakistan par une coalition humanitaire. Dans les mêmes délais, après le séisme haïtien, on avait récolté 18 fois plus.
Les ONG tapent du pied. S'impatientent. Crient à la catastrophe et au choléra. Le plus tragique, c'est qu'elles ont probablement raison.
À l'échelle internationale, l'ONU n'a récolté que 40% des 460 millions requis pour l'aide d'urgence. Le vice-premier ministre britannique, Nick Clegg, a fustigé la communauté internationale pour sa pingrerie: «La réponse de la communauté internationale a été lamentable.»
Mais je m'éloigne. Je vous parlais de F-16. Tout récemment, un pays s'est doté d'une flotte toute neuve d'une vingtaine de ces merveilleux tueurs de l'air.
Quel pays, donc?
Eh oui, le Pakistan.
Avant d'aller plus loin, je vous préviens: c'est un naïf qui écrit cette chronique. Un naïf qui s'assume. Un naïf qui pose cette question: si le Pakistan avait tout récemment 1,4 milliard pour acheter des avions de chasse à Lockheed, pourquoi le Pakistan n'a-t-il pas 460 millions de dollars à consacrer à ses propres citoyens détrempés?
Je demande pardon à la Croix-Rouge, à CARE, à Oxfam et aux autres ONG, mais je ne donnerai pas une cenne pour les efforts humanitaires au Pakistan.
Je ne donnerai pas une cenne pour le Pakistan parce que le Pakistan n'a jamais de problème à acheter, ou à se faire financer, du matériel militaire.
Je veux bien donner pour Haïti, petit pays qui n'a rien (hormis des dirigeants corrompus). Je veux bien donner à l'Afrique, c'est la moindre des choses.
Je ne donnerai pas pour le Pakistan comme je ne donnerai pas pour les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans qui sont privés d'un gagne-pain depuis la fuite de pétrole causée par BP dans le golfe du Mexique.
Le chanteur Zachary Richard est sur le point d'enregistrer, avec plusieurs artistes québécois, un CD dont les profits seront distribués aux pêcheurs de La Nouvelle-Orléans. Il y aura ensuite un concert-bénéfice.
C'est très bien, les concerts-bénéfice. C'est très bien, la charité musicale. Et je sympathise avec les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans.
Mais, et c'est encore un naïf qui parle, je me demande pourquoi je devrais donner un sou aux habitants du pays le plus riche de l'histoire de l'humanité, dont le gagne-pain a été saccagé par une giga-multinationale jouissant d'une capitalisation boursière de 120 milliards US au sein d'une des industries - l'énergie - les plus lucratives de la planète.
Il me semble que les États-Unis d'Amérique, que BP, que l'industrie de l'énergie ont assez de fric pour dédommager les pêcheurs de La Nouvelle-Orléans et leurs familles et les descendants de leurs familles jusqu'en 2060, au moins.
Mais revenons au Pakistan. Le 19 juillet, le New York Times a publié un papier absolument dévastateur sur la fiscalité dans ce pays. Une fiscalité de république de bananes, où les riches se sont arrangés pour ne pas payer d'impôts.
Je ne parle pas de payer peu d'impôts. Je parle de ne pas en payer. Je parle d'un pays où 10 millions de personnes devraient payer de l'impôt, mais où seulement 2,5 millions en paient.
Et tout cela est légal. Les riches se sont arrangés, dans ce pays, pour ne pas payer d'impôts. Le Times rapporte que la valeur moyenne - moyenne! - des parlementaires pakistanais est de... 900 000$. Le chef de l'opposition, Nawaz Sharif, un millionnaire, n'a par exemple pas payé d'impôts en 2005, 2006 et 2007.
«C'est un système pour élitistes, pour l'élite et par l'élite, dit Riyaz Hussein Naqvi, fonctionnaire pakistanais à la retraite, qui a travaillé comme percepteur d'impôts pendant 38 ans. C'est un système biaisé où le pauvre subventionne le riche.»
Ce qui n'était pas dans le Times, mais que vous saviez probablement déjà - je sais que vous dévorez les pages internationales des quotidiens -, c'est que le Pakistan possède l'arme nucléaire. En fait, des dizaines de missiles nucléaires.
Donc, si je résume...
Le Pakistan est une oligarchie qui permet aux riches de ne pas payer d'impôts. Le Pakistan a du fric pour acheter des F-16. Le Pakistan a du fric pour entretenir un arsenal atomique capable de détruire la moitié de la planète?
Je ne suis pas naïf à ce point-là: le Pakistan a les moyens d'aider son peuple
http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/patrick-lagace/201008/17/01-4307405-je-suis-un-sans-coeur-je-sais.php
Une fenêtre ouverte sur Haïti, le pays qui défie le monde et ses valeurs, anti-nation qui fait de la résistance et pousse les limites de la résilience. Nous incitons au débat conceptualisant Haïti dans une conjoncture mondiale difficile. Haïti, le défi, existe encore malgré tout : choléra, leaders incapables et malhonnêtes, territoires perdus gangstérisés . Pour bien agir il faut mieux comprendre: "Que tout ce qui s'écrit poursuive son chemin, va , va là ou le vent te pousse (Dr Jolivert)
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mercredi 18 août 2010
mardi 17 août 2010
Pourquoi donner aux corrompus du Pakistan
Publié le 17 août 2010 à 13h44
Mis à jour à 13h52
Plusieurs familles du Pakistan ont besoin d'aide à la suite des inondations des dernières semaines, mais les gens hésitent à donner en raison de la corruption.
Christian Séguin, Montréal, Cyberpresse
On parle beaucoup de la lenteur de la mobilisation des gens à aider les Pakistanais victimes des inondations. Pour expliquer la chose, on parle de la non-proximité du pays, du manque de lien naturel avec ce peuple, de la mauvaise presse du pays côté international et même de la «lenteur» de la catastrophe par rapport au tsunami et au tremblement de terre en Haïti. On parle toutefois très peu de la gestion des dons que l'on fait et de la corruption qui sévit là aussi.Je ne suis certainement pas insensible au drame des Paskitanais, mais j'ai un sérieux problème avec la gestion de mon argent par certains organismes internationaux à qui je le donne, à commencer par l'ONU où bien des sommes aboutissent, semble-t-il.
Deux milliards de dollars ont été amassés pour Haïti. Deux milliards! Et que se passe-t-il sur le terrain? À peu près rien. En sept mois, c'est à peine si les choses se sont améliorées. Que font les gens grassement payés de l'ONU? Ils analysent, étudient, soupèsent, discutent, évaluent et deux fois plutôt qu'une pour être certain que le plan est bon et blablabla. Évidemment, ils n'oublient pas d'envoyer quelques bonzes sur le terrain pour serrer des mains et se montrer la face pour les caméras de télé. Il faut bien «justifier» les gras salaires. Et ces gens-là et autres acolytes du même acabit ont le culot de venir me dire que je ne suis pas assez prompt à donner?
Au Pakistan, c'est encore pire, car c'est un secret de polichinelle que la majeure partie des vivres envoyés aux gens dans le besoin ne se rendent jamais à eux, mais aboutissent dans les poches des corrompus du pouvoir et autres profiteurs de bas étage. Ce sont les groupes terroristes qui aident les Pakistanais dans le besoin. Les groupes terroristes! Et on sait trop bien à quel dessein.
Oui, je trouve la situation de ces pauvres Pakistanais extrêmement déplorable, mais j'en ai marre de nourrir des corrompus et des branleux dans le manche qui n'ont rien à foutre de la misère humaine et qui ne pensent qu'à s'enfler les poches et la panse. Il en va de même pour tous les gouvernements et organisations qui ferment les yeux sur la situation en pensant qu'elle va se régler comme par magie. Que les organisations qui ne méritent pas d'être associées à ces propos ne se sentent pas visées, car je suis certain qu'il y en a qui font du très bon boulot. Elles semblent toutefois trop rares et on n'a malheureusement pas toujours l'information pertinente nécessaire pour les identifier.
Je suis bien conscient que ces catastrophes ne se gèrent pas en criant ciseau, mais il y a une marge. En Indonésie, l'évolution de la situation après le tsunami nous a démontré qu'il y avait un certain esprit de solidarité entre tous et une volonté gouvernementale qui ont permis aux choses de bouger sans trop de délais après la catastrophe. Peut-on en dire autant en Haïti où l'invisibilité totale des «dirigeants» de ce pays est la preuve même de leur incapacité à gérer? Et on veut maintenant me faire donner de l'argent pour le Pakistan, où je sais très bien où elle va aboutir?
Qu'on cesse de prendre le bon peuple donateur pour une bande de cons. Qu'on me prouve plutôt concrètement - l'ONU en tête où la culture interne est à changer radicalement - que mon argent sert vraiment à bon escient et se rend en entier (moins les frais d'administration raisonnables et les salaires justifiables des travailleurs humanitaires dignes de cette appellation) à bon port et je reconsidérerai la chose.
En ce moment, ce n'est pas vrai que je vais engraisser des dirigeants corrompus et autres réchauffeurs de chaise qui ne méritent aucunement que l'adjectif «humain» soit accolé au mot «être» lorsqu'on les désigne.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201008/17/01-4307306-pourquoi-donner-aux-corrompus-du-pakistan.php
Mis à jour à 13h52
Plusieurs familles du Pakistan ont besoin d'aide à la suite des inondations des dernières semaines, mais les gens hésitent à donner en raison de la corruption.
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| Plusieurs familles du Pakistan ont besoin d'aide à... (PHOTO: AARON FAVILA, AP) |
On parle beaucoup de la lenteur de la mobilisation des gens à aider les Pakistanais victimes des inondations. Pour expliquer la chose, on parle de la non-proximité du pays, du manque de lien naturel avec ce peuple, de la mauvaise presse du pays côté international et même de la «lenteur» de la catastrophe par rapport au tsunami et au tremblement de terre en Haïti. On parle toutefois très peu de la gestion des dons que l'on fait et de la corruption qui sévit là aussi.Je ne suis certainement pas insensible au drame des Paskitanais, mais j'ai un sérieux problème avec la gestion de mon argent par certains organismes internationaux à qui je le donne, à commencer par l'ONU où bien des sommes aboutissent, semble-t-il.
Deux milliards de dollars ont été amassés pour Haïti. Deux milliards! Et que se passe-t-il sur le terrain? À peu près rien. En sept mois, c'est à peine si les choses se sont améliorées. Que font les gens grassement payés de l'ONU? Ils analysent, étudient, soupèsent, discutent, évaluent et deux fois plutôt qu'une pour être certain que le plan est bon et blablabla. Évidemment, ils n'oublient pas d'envoyer quelques bonzes sur le terrain pour serrer des mains et se montrer la face pour les caméras de télé. Il faut bien «justifier» les gras salaires. Et ces gens-là et autres acolytes du même acabit ont le culot de venir me dire que je ne suis pas assez prompt à donner?
Au Pakistan, c'est encore pire, car c'est un secret de polichinelle que la majeure partie des vivres envoyés aux gens dans le besoin ne se rendent jamais à eux, mais aboutissent dans les poches des corrompus du pouvoir et autres profiteurs de bas étage. Ce sont les groupes terroristes qui aident les Pakistanais dans le besoin. Les groupes terroristes! Et on sait trop bien à quel dessein.
Oui, je trouve la situation de ces pauvres Pakistanais extrêmement déplorable, mais j'en ai marre de nourrir des corrompus et des branleux dans le manche qui n'ont rien à foutre de la misère humaine et qui ne pensent qu'à s'enfler les poches et la panse. Il en va de même pour tous les gouvernements et organisations qui ferment les yeux sur la situation en pensant qu'elle va se régler comme par magie. Que les organisations qui ne méritent pas d'être associées à ces propos ne se sentent pas visées, car je suis certain qu'il y en a qui font du très bon boulot. Elles semblent toutefois trop rares et on n'a malheureusement pas toujours l'information pertinente nécessaire pour les identifier.
Je suis bien conscient que ces catastrophes ne se gèrent pas en criant ciseau, mais il y a une marge. En Indonésie, l'évolution de la situation après le tsunami nous a démontré qu'il y avait un certain esprit de solidarité entre tous et une volonté gouvernementale qui ont permis aux choses de bouger sans trop de délais après la catastrophe. Peut-on en dire autant en Haïti où l'invisibilité totale des «dirigeants» de ce pays est la preuve même de leur incapacité à gérer? Et on veut maintenant me faire donner de l'argent pour le Pakistan, où je sais très bien où elle va aboutir?
Qu'on cesse de prendre le bon peuple donateur pour une bande de cons. Qu'on me prouve plutôt concrètement - l'ONU en tête où la culture interne est à changer radicalement - que mon argent sert vraiment à bon escient et se rend en entier (moins les frais d'administration raisonnables et les salaires justifiables des travailleurs humanitaires dignes de cette appellation) à bon port et je reconsidérerai la chose.
En ce moment, ce n'est pas vrai que je vais engraisser des dirigeants corrompus et autres réchauffeurs de chaise qui ne méritent aucunement que l'adjectif «humain» soit accolé au mot «être» lorsqu'on les désigne.
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201008/17/01-4307306-pourquoi-donner-aux-corrompus-du-pakistan.php
samedi 14 août 2010
Pakistan: où est passé notre générosité
Stéphanie Alcaraz Robinson: Résidante de Longueuil, l'auteure complète un baccalauréat en ressources humaines à l'UQAM.
La Presse
La générosité, la solidarité, l'entraide, la mobilisation et la sympathie sont des qualités légendaires chez les Québécois et les Canadiens en général.
Nous avons maintes fois prouvé, par exemple lors du tsunami en Asie et du tremblement de terre qui a secoué Haïti, que nous étions capables de surmonter nos propres problèmes quotidiens pour venir en aide aux gens qui sont dans le plus terrible besoin.
Des marches, des concerts spontanés, des dons en profusion, de simples citoyens qui vont se rendre sur les lieux afin de reconstruire les ruines, des célébrités nationales qui parlent au nom de ceux qui se retrouvent sans voix. Bref, la société se met en branle et vient en aide aux sinistrés. Des montants d'argent astronomiques sont offerts par les citoyens, les gouvernements et les organismes de tout genre à ceux qui ont tout perdu. Dans les médias, les restaurants, le métro, au bureau, partout où on va, on parle de ces terribles tragédies.
Par contre, alors qu'une des pires catastrophes mondiales se produit en ce moment au Pakistan, toutes ces qualités admirables qui sont habituellement déployées sont terriblement absentes.
Des millions de sinistrés ont tout perdu. Et ça continue d'empirer. Où sont les Georges Laraque et Luck Mervil? Les pages couvertures et les innombrables reportages? Les dons et les téléthons? Les concerts et les marches? Combien a-t-on amassé si généreusement pour ce pays déchiré et ravagé? Où est donc passée toute cette générosité alors que ce pays a tant besoin de notre aide?
Il est triste de constater que le sort de ces Pakistanais nous importe peu. Que les morts haïtiens ont plus de valeur que les morts pakistanais. Que parce qu'il n'y a pas de plages superbes, de tourisme prisé et de célébrités pakistanaises au Canada, on préfère tourner la page, passer sous silence ce drame et oublier tous ces humains qui souffrent et qui sont dans le besoin.
Notre générosité vient-elle avec des conditions? On choisit ceux que l'on aide et que les autres se débrouillent? Comment peut-on évaluer la valeur de la vie humaine avec un désintéressement aussi vif et cruel? Est-on dérangé par leur religion, la couleur de leur peau? Nos préjugés envers ce pays sont-ils plus importants que ces gens qui souffrent?
Toutes ces belles qualités se sont transformées en un haussement d'épaules, un pur fait divers, une nouvelle sans trop d'artifice. On continue notre vie comme si de rien n'était, en jugeant que ces Pakistanais ne valent pas qu'on se mobilise pour eux. Le sommeil d'aucuns ne sera troublé, et demain, nous parlerons d'autre chose. Jusqu'à ce qu'un pays que l'on aime se fasse dévaster. Alors là, on sortira nos chéquiers, notre intérêt et notre générosité. On reparlera de héros, de personnes admirables, de tragédies et d'amour. On se tapera le dos, en disant que l'on a bien agi, que l'on est un peuple de bonnes personnes et que tous les pays devraient être comme nous. Mais, veut-on vraiment que l'humanité choisisse leurs intérêts comme nous le faisons?
A-t-on vraiment le droit de fermer les yeux sur le drame que vivent les Pakistanais en ce moment?
http://www.cyberpresse.ca/opinions/201008/11/01-4305768-pakistan-ou-est-passe-notre-generosite.php
mercredi 11 août 2010
L’ONU évalue la discrimination en France
Publié le 11 août 2010 |
Agence France-Presse, Genève
La France présente mercredi sa politique envers les minorités devant le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD) qui doit l'interroger en retour sur le sort des Roms, des gens du voyage et la question de l'identité nationale.
Selon le processus habituel de passage en revue des politiques des pays appliquant la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale de 1965, l'examen de deux jours concernant la France commence à 11H00 GMT par la présentation du rapport de 88 pages préparés par les autorités françaises.
Suivront les questions des experts du comité auxquelles la délégation française devra répondre jeudi matin. La séance se terminera par des recommandations du comité.
Dans son rapport, daté de 2008 en raison de plusieurs reports de l'examen dus à des problèmes d'organisation du CERD, la France tente ainsi de répondre aux recommandations qui lui ont été faites lors de son dernier passage devant le comité en 2005.
Elle aborde notamment le statut des minorités, les actions engagées pour la lutte contre les discriminations, le droit d'asile ou encore les problèmes des gens du voyage.
Elle rappelle ainsi la spécificité de la France en matière de minorités, soulignant que le pays ne reconnaît pas juridiquement l'existence de minorités, faisant primer le principe de l'égalité de tous devant la loi.
Sur la lutte contre les discriminations, le rapport se targue de la mise en place de nombreuses mesures, dont la création en 2007 d'un pôle antidiscriminations, la loi sur l'égalité des chances de mars 2006 créant l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances (Acsé), les pouvoirs renforcés de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) en mars 2006 et enfin la création d'un ministère spécial en mai 2007 dédié aux questions de l'immigration, de l'intégration, de l'identité nationale et du codéveloppement.
Concernant les gens du voyage, une population estimée par les ONG à 300 000 personnes, le rapport reconnaît des «discriminations en matière d'emploi, de logement, d'éducation, de santé et de citoyenneté».
Il assure toutefois qu'une «réflexion est engagée au niveau interministériel pour réformer la législation» de 1969 limitant leur circulation.
Le comité, qui a déjà mis en ligne une partie de ses questions, compte demander des précisions sur le «grand débat sur l'identité nationale» ainsi que «sur la discrimination à l'égard des Roms», des sujets qui agitent le monde politique français depuis quelques mois.
Les ONG prévoient des débats animés, estimant à l'instar de la Ligue des droits de l'homme qu'on assiste en France «à une régression (...) vers une rupture de l'égalité de traitement».
Russie : les incendies ont touché des zones radioactives
Par lefigaro.fr 11/08/2010
Les incendies de forêt ont atteint depuis juillet près de 4.000 hectares de zones polluées par les retombées nucléaires de la catastrophe de Tchernobyl dans l'ouest de la Russie.
En Russie, les incendies de forêt ont touché depuis juillet des zones polluées par les retombées nucléaires de la catastrophe de Tchernobyl dans l'ouest du pays, selon des données officielles disponibles mercredi sur le site des services de surveillance des forêts. «Des incendies de forêt ont été enregistrés sur 3.900 hectares», explique ainsi le service fédéral de défense des forêts, qui ne précise pas si ces feux sont maîtrisés. La région de Briansk, au sud-ouest de Moscou et à la frontière du Bélarus et de l'Ukraine, est notamment touchée : au total, 28 feux de forêt ont ravagé 269 hectares.
»Toutes les autorités dans les zones polluées par des éléments radioactifs doivent prendre des mesures d'urgence», indique le service de protection des forêts, citant notamment «la protection des populations dans les territoires touchés par les fumées» et «la détection des zones de transfert des matériaux radioactifs». Le directeur adjoint du service de protection des forêts Alexeï Bobrinski a cependant affirmé qu'il n'y avait «pas de raison de paniquer». «Je ne pense pas que la situation va connaître une évolution catastrophique. Avec la fumée, une partie de la pollution va aller ailleurs, mais ce n'est pas une catastrophe car ce qui brûle est en surface et l'essentiel des particules polluées sont dans les profondeurs», a-t-il assuré.
Répit de courte durée à Moscou
La Russie assure progresser dans la maîtrise de la situation. Mercredi, elle a annoncé avoir réduit de moitié la surface des incendies de forêts qui ravagent le pays depuis près de deux semaines. «Au cours des dernières 24 heures, le nombre des nouveaux départs de feu a été inférieur au nombre de ceux qui ont été éteints. A 6h (heure locale), 612 foyers étaient actifs sur une surface de 92.700 hectares», a ainsi indiqué le ministère à l'agence russe Itar-Tass. La veille, 174.000 hectares brûlaient. Quelque 165.000 employés du ministère continuent de combattre les incendies, qui ont fait au moins 54 morts, avec l'aide de 550 spécialistes étrangers équipés de six avions et sept hélicoptères.
A Moscou, l'air est devenu un peu plus respirable ces derniers jours. Quelques gouttes de pluie sont tombées mercredi, dans une atmosphère libérée de la fumée suffocante des feux de tourbières de la région. Pour autant, les services météorologiques ont prévenu que l'accalmie ne durerait pas. «Si l'on prend en compte le fait que la température dans la région de Moscou est (jusqu'à présent) de 36-37 degrés, la canicule va continuer. (…) Les incendies de forêt n'ont pas disparu. Les hautes pressions et l'anticyclone vont entraîner le retour des fumées à Moscou», a notamment confié le directeur des services météorologiques à l'agence Interfax. Les quelques pluies encore prévues dans les jours à venir ne seront d'aucune aide, a-t-il souligné.
http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/11/01003-20100811ARTFIG00320-russie-les-incendies-ont-touche-des-zones-radioactives.php
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| Crédits photo : REUTERS |
En Russie, les incendies de forêt ont touché depuis juillet des zones polluées par les retombées nucléaires de la catastrophe de Tchernobyl dans l'ouest du pays, selon des données officielles disponibles mercredi sur le site des services de surveillance des forêts. «Des incendies de forêt ont été enregistrés sur 3.900 hectares», explique ainsi le service fédéral de défense des forêts, qui ne précise pas si ces feux sont maîtrisés. La région de Briansk, au sud-ouest de Moscou et à la frontière du Bélarus et de l'Ukraine, est notamment touchée : au total, 28 feux de forêt ont ravagé 269 hectares.
»Toutes les autorités dans les zones polluées par des éléments radioactifs doivent prendre des mesures d'urgence», indique le service de protection des forêts, citant notamment «la protection des populations dans les territoires touchés par les fumées» et «la détection des zones de transfert des matériaux radioactifs». Le directeur adjoint du service de protection des forêts Alexeï Bobrinski a cependant affirmé qu'il n'y avait «pas de raison de paniquer». «Je ne pense pas que la situation va connaître une évolution catastrophique. Avec la fumée, une partie de la pollution va aller ailleurs, mais ce n'est pas une catastrophe car ce qui brûle est en surface et l'essentiel des particules polluées sont dans les profondeurs», a-t-il assuré.
Répit de courte durée à Moscou
La Russie assure progresser dans la maîtrise de la situation. Mercredi, elle a annoncé avoir réduit de moitié la surface des incendies de forêts qui ravagent le pays depuis près de deux semaines. «Au cours des dernières 24 heures, le nombre des nouveaux départs de feu a été inférieur au nombre de ceux qui ont été éteints. A 6h (heure locale), 612 foyers étaient actifs sur une surface de 92.700 hectares», a ainsi indiqué le ministère à l'agence russe Itar-Tass. La veille, 174.000 hectares brûlaient. Quelque 165.000 employés du ministère continuent de combattre les incendies, qui ont fait au moins 54 morts, avec l'aide de 550 spécialistes étrangers équipés de six avions et sept hélicoptères.
A Moscou, l'air est devenu un peu plus respirable ces derniers jours. Quelques gouttes de pluie sont tombées mercredi, dans une atmosphère libérée de la fumée suffocante des feux de tourbières de la région. Pour autant, les services météorologiques ont prévenu que l'accalmie ne durerait pas. «Si l'on prend en compte le fait que la température dans la région de Moscou est (jusqu'à présent) de 36-37 degrés, la canicule va continuer. (…) Les incendies de forêt n'ont pas disparu. Les hautes pressions et l'anticyclone vont entraîner le retour des fumées à Moscou», a notamment confié le directeur des services météorologiques à l'agence Interfax. Les quelques pluies encore prévues dans les jours à venir ne seront d'aucune aide, a-t-il souligné.
http://www.lefigaro.fr/international/2010/08/11/01003-20100811ARTFIG00320-russie-les-incendies-ont-touche-des-zones-radioactives.php
Au Pakistan, course contre la montre pour venir en aide aux sinistrés
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters, AP 10.08.10
Confrontées aux pires inondations depuis près de quatre-vingts ans, les autorités pakistanaises peinent encore à venir en aide aux sinistrés après de violentes pluies de mousson survenues ces deux dernières semaines dans la partie supérieure du bassin de l'Indus. Une zone d'environ 1 000 kilomètres de long allant du nord au sud du pays a été ravagée par les intempéries, tuant plus de mille six cents personnes. Selon Islamabad, près de 14 millions de personnes sont affectées par les inondations. L'ONU, qui s'apprête à lancer un appel de fonds international pour venir en aide aux sinistrés, estime que ce chiffre est plus proche des 6 millions. Ces personnes "ont besoin d'une assistance humanitaire immédiate, c'est-à-dire qu'ils en ont besoin pour survivre", a affirmé Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).
Mme Byrs a comparé l'ampleur du désastre au tremblement de terre qui a frappé Haïti en début d'année, soulignant que près de trois cent mille habitations ont été détruites par les conséquences de la mousson. L'ONU demandera plusieurs centaines de millions de dollars à la communauté internationale. L'émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU chargé de l'assistance au Pakistan, Jean-Maurice Ripert, a déclaré que le coût de la catastrophe et les travaux de reconstruction s'élèveraient à des milliards de dollars.
CRITIQUÉ, ZARDARI RETOURNE AU PAYS
Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, qui était à l'étranger pour des visites officielles depuis le début du mois d'août, est revenu au Pakistan, mardi. Vivement critiqué pour son absence alors que la crise humanitaire empirait sur place, M. Zardari avait décidé de maintenir ses voyages. Il s'est rendu en France, en Grande-Bretagne puis en Syrie, où il s'est entretenu avec le président Bachar Al-Assad. M. Zardari a confié la gestion de la crise au chef du gouvernement, Yusuf Raza Gilani. Dans les faits, c'est l'armée qui a pris la tête des opérations de secours, ce qui lui vaut de retrouver la confiance populaire quelque peu perdue depuis la chute du général Pervez Musharraf. Un responsable du gouvernement a fait savoir que Zardari se rendrait dans des zones sinistrées au cours des prochains jours.
Le temps s'est éclairci dans certaines régions sinistrées, ce qui permet aux hélicoptères, américains notamment, de reprendre leurs missions d'assistance au profit de la population affectée. Plusieurs ONG françaises, comme Médecins sans frontières (MSF), le Secours catholique ou l'Acted (Agence d'aide à la coopération technique et au développement) sont présentes sur place, et s'inquiètent d'une possible nouvelle montée des eaux.
"Les risques de maladies liées à l'eau polluée aggravent la situation avec déjà cent mille cas de choléra signalés, touchant principalement des enfants", s'alarme le Secours catholique. "La situation dans les provinces du Pendjab et de Sind est très inquiétante", ajoute MSF, alors que dans le nord de la vallée du Swat, où opère l'Acted, "des distributions alimentaires massives pour près de soixante mille personnes" sont en cours.
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/08/10/au-pakistan-course-contre-la-montre-pour-venir-en-aide-aux-sinistres_1397736_3216.html
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| AP/Shiekh Saleem Raza Dans le village de Ghazi Ghat, au Pakistan, mardi 10 août. |
Mme Byrs a comparé l'ampleur du désastre au tremblement de terre qui a frappé Haïti en début d'année, soulignant que près de trois cent mille habitations ont été détruites par les conséquences de la mousson. L'ONU demandera plusieurs centaines de millions de dollars à la communauté internationale. L'émissaire spécial du secrétaire général de l'ONU chargé de l'assistance au Pakistan, Jean-Maurice Ripert, a déclaré que le coût de la catastrophe et les travaux de reconstruction s'élèveraient à des milliards de dollars.
CRITIQUÉ, ZARDARI RETOURNE AU PAYS
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| AP/Shakil Adil Un Pakistanais dans les eaux près de Sukkar, mardi 10 août. |
Le temps s'est éclairci dans certaines régions sinistrées, ce qui permet aux hélicoptères, américains notamment, de reprendre leurs missions d'assistance au profit de la population affectée. Plusieurs ONG françaises, comme Médecins sans frontières (MSF), le Secours catholique ou l'Acted (Agence d'aide à la coopération technique et au développement) sont présentes sur place, et s'inquiètent d'une possible nouvelle montée des eaux.
"Les risques de maladies liées à l'eau polluée aggravent la situation avec déjà cent mille cas de choléra signalés, touchant principalement des enfants", s'alarme le Secours catholique. "La situation dans les provinces du Pendjab et de Sind est très inquiétante", ajoute MSF, alors que dans le nord de la vallée du Swat, où opère l'Acted, "des distributions alimentaires massives pour près de soixante mille personnes" sont en cours.
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2010/08/10/au-pakistan-course-contre-la-montre-pour-venir-en-aide-aux-sinistres_1397736_3216.html
La Colombie et le Venezuela prêts à la "réconciliation"
LEMONDE.FR avec AFP, Reuters.- 10.08.10
la Villa San Pedro Alejandrino, dernière demeure du général Simon Bolivar, que les présidents colombien et vénézuélien ont tenté de mettre un terme à la crise diplomatique entre les deux pays. Sous le symbole du général Bolivar, libérateur des deux pays, le président vénézuélien, Hugo Chavez, et son homologue, Juan Manuel Santos, ont multiplié les déclarations pacifiques et les marques d'amabilité. "Nous nous rendons dans un lieu historique afin de chercher à rétablir les relations entre deux pays frères (...) de manière ferme et durable", a lancé M. Santos, tout juste entré en fonction. "Malgré toutes les tempêtes, je viens dire mon amour éternel pour la Colombie", a lancé pour sa part M. Chavez, qui a eu droit aux honneurs militaires à son arrivée.
Le mini-sommet entre les deux chefs d'Etat est censé mettre un terme à la brouille diplomatique qui dure depuis le 22 juillet, date à laquelle Caracas a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie. En cause, des documents qui affirmaient que des guérilleros des FARC étaient présents sur le territoire vénézuélien. Hugo Chavez avait alors dénoncé les intentions "guerrières" du désormais ex-président colombien Alvaro Uribe.
LE SUJET DES FARC "NE SERA PAS ÉVOQUÉ"
La dégradation des relations entre les deux pays voisins date de bien avant ce dernier épisode. En 2009, un accord entre Washington et Bogota permettant à l'armée américaine de faire usage d'au moins sept bases militaires en Colombie avait été très mal perçu au Venezuela. Caracas avait alors menacé de suspendre ses importations en provenance de Colombie, qui ont chuté de 71,4 % les cinq premiers mois de l'année.
Au-delà des déclarations optimistes des deux chefs de l'Etat, cette rencontre doit permettre de mettre au clair leurs relations économiques. Le commerce bilatéral entre le Venezuela et la Colombie pèse pour plus de sept milliards de dollars. La dette du Venezuela envers les exportateurs colombiens, ainsi que la sécurité et le développement le long de la frontière commune seront les principaux sujets de discussion. La ministre des affaires étrangères colombienne, Maria Angela Holguin, a en revanche déclaré que les accusations du gouvernement sortant de M. Uribe au sujet des FARC "ne seraient pas évoquées". Si "les présidents tombent d'accord, les relations seront rétablies. Cela dépendra du dialogue de demain [mardi]", a résumé Mme Holguin.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/08/10/la-colombie-et-le-venezuela-prets-a-la-reconciliation_1397756_3222.html
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| AFP/RODRIGO ARANGUA Juan Manuel Santos et Hugo Chavez, mardi 10 août à San Pedro Alejandrino |
Le mini-sommet entre les deux chefs d'Etat est censé mettre un terme à la brouille diplomatique qui dure depuis le 22 juillet, date à laquelle Caracas a rompu ses relations diplomatiques avec la Colombie. En cause, des documents qui affirmaient que des guérilleros des FARC étaient présents sur le territoire vénézuélien. Hugo Chavez avait alors dénoncé les intentions "guerrières" du désormais ex-président colombien Alvaro Uribe.
LE SUJET DES FARC "NE SERA PAS ÉVOQUÉ"
La dégradation des relations entre les deux pays voisins date de bien avant ce dernier épisode. En 2009, un accord entre Washington et Bogota permettant à l'armée américaine de faire usage d'au moins sept bases militaires en Colombie avait été très mal perçu au Venezuela. Caracas avait alors menacé de suspendre ses importations en provenance de Colombie, qui ont chuté de 71,4 % les cinq premiers mois de l'année.
Au-delà des déclarations optimistes des deux chefs de l'Etat, cette rencontre doit permettre de mettre au clair leurs relations économiques. Le commerce bilatéral entre le Venezuela et la Colombie pèse pour plus de sept milliards de dollars. La dette du Venezuela envers les exportateurs colombiens, ainsi que la sécurité et le développement le long de la frontière commune seront les principaux sujets de discussion. La ministre des affaires étrangères colombienne, Maria Angela Holguin, a en revanche déclaré que les accusations du gouvernement sortant de M. Uribe au sujet des FARC "ne seraient pas évoquées". Si "les présidents tombent d'accord, les relations seront rétablies. Cela dépendra du dialogue de demain [mardi]", a résumé Mme Holguin.
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/08/10/la-colombie-et-le-venezuela-prets-a-la-reconciliation_1397756_3222.html
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